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Full text of "Collection des anciens alchimistes grecs"

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Digitized by the Internet Archive 
in 2009 with funding from 
University of Ottawa 


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DES ANCIENS 


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COLRECPION 


DES ANCIENS 


ALCHIMISTES GRECS 


PUBLIÉE 
SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 


Par M. BERTHELOT 


SÉNATEUR, MEMBRE DE L'INSTITUT, PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE 


AVEC LA COLLABORATION DE M. CH.-Em. RUELLE 


3IBLIOTHÉCAIRE A LA BIBLIOTHÈQUE SAINTE-GENEVIÈVE 


PREMIÈRE LIVRAISON A 
COMPRENANT : ΓΑ a 


. 
INTRODUCTION avec PLANCHES ET FIGURES EN PHOTOGRAVURE 1% 


INDICATIONS GÉNÉRALES. — TRAITÉS DÉMOCRITAINS 
(DÉmocriTe, SYNÉSIUS, OLYMPIODORE) 


TEXTE GREC ET TRADUCTION FRANÇAISE 
AVEC VARIANTES, NOTES ET COMMENTAIRES 


PARIS 
GEORGES STEINHEIL, ÉDITEUR 


2, RUE CASIMIR-DELAVIGNE, 2 


1887 


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MEN PROPOS 


RAPPORT 
FAIT AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES ET SCIENTIFIQUES 


Par M. BERTHELOT 


SUR LA COLLECTION DES MANUSCRITS GRECS ALCHIMIQUES 


ET SUR L'UTILITÉ DE LEUR PUBLICATION 


SUIVI DE L'EXPOSÉ DES CONDITIONS ET DE L'ORDRE ADOPTÉS DANS CETTE PUBLICATION 


« Il existe dans ia plupart des grandes bibliothèques d'Europe 
une collection de manuscrits grecs, fort importante pour l’histoire 
des Sciences naturelles, de la Technologie des métaux et de la 
Céramique, ainsi que pour l’histoire des idées philosophiques aux 
premiers siècles de l’ère chrétienne : c’est la collection des manu- 
scrits alchimiques, demeurés inédits jusqu'à ce jour. La Biblio- 
thèque Nationale de Paris contient un certain nombre de ces 
manuscrits, et des plus intéressants. Le plus ancien de tous ceux 
que l’on connaît, paraît remonter à la fin du x° siècle de notre 
ère; il existe à Venise. Il est resté deux ans à Paris, entre les 
mains de M. Berthelot, par suite d’un prêt momentané, fait avec 


beaucoup de libéralité par le Gouvernement Italien. 
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vj AVANT-PROPOS 


« Tous ces manuscrits ont une composition pareille. Ils sont 
formés par un même ensemble de traités théoriques et pratiques, 
constituant une sorte de Corpus des auteurs chimiques, antérieurs 
presque tous au vir siècle de notre ère. Les principaux de ces 
auteurs paraissent avoir écrit aux re et 1v° siècles, vers les temps 
de Dioclétien, de Constantin et de Théodose. Le plus impor- 
tant, Zosime, serait contemporain de Clément d'Alexandrie, 
de Porphyre et de Tertullien ; c’est un écrivain congénère des 
gnostiques et des néo-platoniciens, dont il partage les idées et 
les imaginations. Le Pseudo-Démocrite, sur lequel! M. Berthelot 
a publié récemment un article étendu dans le Journal des Savants, 
remonterait vers le commencement de l’ère chrétienne. Enfin les 
recettes relatives aux teintures des verres et à la composition des 
alliages se rattachent en partie, d’après certaines indications, à 
la vieille Égypte. 

« Ce Corpus des Alchimistes grecs a été formé vers le vin 
ou 1x° siècle de notre ère, à Constantinople, par des savants 
byzantins, de l’ordre de Photius et des compilateurs des 53 séries 
de Constantin Porphyrogénète, savants qui nous onttransmis sous 
des formes analogues les restes de la science grecque. Les auteurs 
qu’il renferme sont cités parles Arabes, notamment dans le Kitab- 
al-Fihrist, comme la source de leurs connaissances en chimie. Ils 
sont devenus, par cet intermédiaire, l’origine des travaux des 
savants occidentaux, au moyen âge, et par suite le point de 
départ initial des découvertes de la Chimie moderne. 

« En raison de cette connexion leur publicationoffreune grande 
importance. Ils renferment d’ailleurs une multitude de procédés 
et de recettes techniques, susceptibles de jeter un jour nouveau 
sur la fabrication des verres, des alliages et des métaux antiques : 
‘sujet jusqu'ici si obscur et si controversé dansl’histoire des grandes 


AVANT-PROPOS vij 


industries. M. Maspero, à qui l’on a donné communication de 
ces manuscrits, pense qu'ils contiennent de précieux débris des 
pratiques industrielles et des idées techniques de l’ancienne 
Égypte, débris dont une publication complète permettra seule 
de reconnaître tout l'intérêt et de poursuivre la filiation dans les 
inscriptions des monuments. L'histoire des doctrines et des illu- 
sions qui ont régné dans le monde au moment de l'établissement 
du Christianisme tirera également des lumières nouvelles de cette 
publication. Bref, elle offre un égal intérêt, au point de vue spé- 
cial des débuts des sciences chimiques et industrielles, et au 
point de vue général des développements de l'esprit humain. 

« Si cette publication n'a pas été faite jusqu'à présent, c’est en 
raison de l'obscurité du sujet, du caractère chimérique d’une 
partie des questions traitées, telles que celle de la transmutation 
des métaux ; enfin de la difficulté de rencontrer le concours d’un 
savant versé dans la connaissance de la langue et de ia paléogra- 
phie grecque, avec un savant au courant des théories et des pra- 
tiques de la chimie. Un heureux ensemble de circonstances per- 
met de réunir aujourd’hui cette collaboration. 

« La publication dont il s’agit comprendrait environ quatre à 
cinq cents pages de textes grecs inédits, avec traduction, colla- 
tion des manuscrits, notes et commentaires, etc. Mais la publi- 
cation peut être faite par parties successives, de façon à donner 
ses fruits sans de trop grands délais et à partager la dépense sur 
un certain nombre d'années. En effet ces textes peuvent être 
classés à peu près par moitié, en deux séries : les textes histo- 
riques et théoriques, et les textes techniques relatifs à des fabri- 
cations spéciales. Chacune de ces deux séries pourrait être 
partagée en groupes, tels que les traités Démocritains, les œuvres 
de Zosime, les Commentateurs, les traités sur la fabrication 


vii] AVANT-PROPOS 


des verres et pierres précieuses artificielles ; les traités sur la 
fabrication des métaux et des alliages, etc. 

« Il s'agirait dès lors de publier chaque année un demi-volume 
renfermant 120 à 150 pages de textes grecs, avec traduction, 
tables, etc., ce qui ferait environ 300 à 350 pages en tout chaque 
année, 1400 à 1500 pages pour l’ensemble. La publication des 
figures des appareils, dessinées dans les manuscrits, et qui seraient 
reproduites par la photogravure avec la perfection et l'exactitude 
absolue des procédés modernes, augmenterait beaucoup l'intérêt 
de la publication. Telle que nous le comprenons, ce serait une édi- 
tion princeps, accompagnée d’un appareil développé de variantes 
d’après les principaux manuscrits, ainsi que de notes et commen- 
taires appropriés. Dans l’espace de quatre à cinq ans, on pourrait 
venir à bout de cette œuvre, désirée depuis longtemps par les 


savants et qui ferait honneur à la nation qui l’exécuterait.» 


Ce rapport a été adopté par la section du comité des travaux 
historiques et scientifiques, chargée spécialement des sciences 
mathématiques, physiques et météorologiques, dans sa séance 
du 12 novembre 1884. Le présent rapport a été lu de nouveau 
devant le comité central, le 17 décembre 1884, et adopté par ce 
comité, qui a chargé M. Berthelot de présenter le rapport et la 
proposition de publication au Ministre. 

M. Charmes, directeur du Secrétariat, a bien voulu, avec le 
zèle pour les intérêts de la science qui le distingue, rechercher 
les ressources nécessaires à l'exécution, transmettre le rapport et 
faire des propositions définitives au Ministre, qui a ordonné la 
publication. 


AVANT-PROPOS ΙΧ 


Cette publication a lieu dans les conditions suivantes : 

M. Ch.-Em. Ruelle, bibliothécaire à la bibliothèque Sainte- 
Geneviève, s’est chargé du texte grec. Il a exécuté d’abord une 
copie fondamentale, d'après le manuscrit n° 299 de la Biblio- 
thèque de Saint-Marc, à Venise, manuscrit de la fin du xe siècle, 
le plus ancien et le plus autorisé de tous. Pour Îles parties non 
contenues dans ce manuscrit, la copie fondamentale a été faite 
en général, d’après le manuscrit n° 2327 de la Bibliothèque natio- 
nale de Paris, manuscrit de la fin du xv° siècle, le plus complet et 
le meilleur, après celui de Saint-Marc. La copie fondamentale une 
fois établie, elle a été collationnée avec les manuscrits principaux 
de la Bibliothèque nationale, tels que les n° 2325 (xm® siècle), 
2275, 2326, 2329 (xvi°-xvii siècle), 2249 et 2447 (xvi° siècle), 
2250, 2251 et 2252 (xvu° siècle), 2419 (xv° siècle), et quelques 
autres : en tout douze manuscrits étudiés d’une manière appro- 
fondie. Les variantes principales, résultant de cet ensemble 
de collations, ont été transcrites en note ; travail rendu double- 
ment considérable, par la nécessité de relever toutes les varian- 
tes des manuscrits, puis de faire un choix convenable entre ces 
variantes. Dans certains cas où les variantes ont plus d’impor- 
tance et d’étendue, on les a données dans le texte même, comme 
rédaction parallèle. M. Ruelle a joint à ces variantes un grand 
nombre de notes philologiques. Il se propose de publier aussi 
une notice sur les manuscrits et une liste des mots nouveaux 
rencontrés dans le cours de son travail. 

Il y aurait eu quelque avantage à poursuivre ces comparaisons 
d'une façon complète, en étudiant tous les manuscrits de la 
même collection qui existent dans les principales bibliothèques 
de l'Europe, manuscrits sur lesquels M. H. Kopp (Beitrage zur 
Geschichte der Chemie, 1869, p. 254 à 340) a réuni des renseigne- 


X AVANT-PROPOS 


ments très étendus et très intéressants, tirés de leurs catalogues 
imprimés. Mais ces manuscrits sont fort nombreux, et dissé- 
minés. Leur collation aurait exigé bien des années, et le travail 
serait devenu ainsi presque inexécutable par sa durée et sa com- 
plication. On a dû se limiter aux douze manuscrits ci-dessus ; 
ce qui représente déjà un très grand travail. 

Cependant les éditeurs, dans le désir de n’omettre aucune 
œuvre importante, ont cru utile de faire procéder à un examen 
spécial, non seulement des catalogues imprimés des diverses 
Bibliothèques d'Europe, mais aussi de certains manuscrits qui 
avaient été signalés comme susceptibles de contenir des traités 
antérieurs au vir siècle, manquant dans les deux manuscrits fon- 
damentaux pris comme base de notre travail, celui de Saint-Marc 
et le n° 2327 de Paris. Tels sont les manuscrits du Vatican, de 
Leide et de l'Escurial. 

M. André Berthelot, maître de conférences à l’École des 
Hautes-Études, a été sur les lieux étudier les manuscrits du 
Vatican et de Leide, et il en a comparé la composition avec celle 
des manuscrits fondamentaux. Il a aussi examiné les manuscrits 
des Bibliothèques allemandes, notamment ceux de Gotha, de 
Munich, de Weimar, de Leipsick et divers autres. Les résultats 
de son étude ont été publiés en partie dans les Archives des 
Missions scientifiques (3° série, t. XIII, p. 819 à 854); ils seront 
signalés dans l’Zntroduction. Sauf un court fragment de l’auteur 
alchimique qui a pris le nom de Justinien, ils n’ont pas fourni de 
morceau inconnu ; mais ils ont été fort utiles par l'étude des 
figures de ces manuscrits, qui ont jeté une lumière nouvelle 
sur les transformations successives des appareils alchimiques 
dans le cours des siècles. 

Le manuscrit principal de l'Escurial a été l’objet d’un examen 


AVANT-PROPOS x) 


spécial par M. de Loynes, secrétaire de l'ambassade française à 
Madrid, principalement au point de vue de l'existence soupçonnée 
de traités propres à ce manuscrit. Mais ces traités n'existent point 
en réalité, comme 11 sera dit en détail dans l’Zntroduction; ce 
manuscrit étant une copie, probablement directe, de celui de 
Venise. 

Les manuscrits pris comme base de notre publication renfer- 
ment donc tout ce qu’il y a d’essentiel et d’antique, c'est-à-dire 
d’antérieur au vin‘ siècle de notre ère, dans la collection ; plu- 
sieurs traités qu'il a paru utile d’y comprendre sont même de 
date plus récente, mais connexes avec les précédents. Quant au 
long détail des variantes des manuscrits que nous n'avons pas 
dépouillés, c’est un travail considérable, qu'il conviendra de 
faire ultérieurement en prenant pour base la publication actuelle: 
nous avons dit plus haut que nous n'avions pas cru possible de 
l'entreprendre, dans la crainte de compromettre notre entreprise 
en lui donnant une étendue démesurée. Voici déjà trois ans écou- 
lés depuis ses débuts et nous n’avons réussi à terminer que l’im- 
pression de la 1° Livraison. Mais la seconde, texte et traduction, 
est tout entière aux mains de l’imprimeur, et les textes de la 
troisième livraison sont presque entièrement copiés à l’heure 
présente : nous sommes donc en mesure de la conduire jusqu’au 
bout, sans interruption, et cela dans un délai qui ne dépassera pas 
désormais deux années. 

Il est utile de prévenir le lecteur que pour la publication de 
ces textes nous nous sommes attachés d’abord aux écrits inédits; 
mais nous avons cru devoir ajourner jusqu'à nouvel ordre une 
nouvelle mise au jour de certains traités déjà imprimés, tels que : 
l'ouvrage du commentateur Stephanus, auteur du ν πὸ siècle, 
précédemment imprimé par Ideler, d’après une copie de Dietz, 


xi) AVANT-PROPOS 


faite sur un manuscrit de Munich, dérivé lui-même de celui de 
Venise (dans l'ouvrage intitulé Physicr et medici græci minores, 
ἘΠῚ ΠΡ ΘΟ ἃ 253, 1842): et les Poëtes alchimiques, imprimés 
par le même éditeur (t. Il, p. 328 à 352). Quoique ces impres- 
sions laissent à désirer sous divers rapports et qu'elles ne 
renferment pas de variantes, nous avons pensé qu'elles sufliraient 
pour le moment aux personnes qui s'intéressent à ce genre d'étu- 
des. Quant nous atteindrons le terme de notre travail, nous nous 
réservons de revenir sur ces divers traités et même d’en entre- 
prendre.une édition plus complète, si le temps le permet et siles 
crédits consacrés à la présente publication ne sont pas épuisés. 

Nos manuscrits contiennent encore un petit traité des poids 
et mesures, sous le nom de Cléopâtre, traité que nous avons 
également jugé superflu de reproduire, parce qu’il a été déjà 
plusieurs fois imprimé depuis le temps d'Henri Estienne; il 
a en outre été commenté et rapproché des textes analogues par 
les savants qui se sont occupés de la Métrologie des anciens, 
notamment dans l'ouvrage classique de Hultsch. 

En général, nous n'avons pas cru devoir comprendre dans notre 
publication les écrits grecs alchimiques postérieurs aux Arabes, 
à l'exception de certains traités techniques, transcrits dans les 
manuscrits que nous imprimons et connexes avec des ouvrages 
plus anciens. Il existe cependant un certain nombre d'auteurs 
alchimiques grecs plus récents que cette date dans [65 manuscrits 
des bibliothèques, tels que : une lettre sur la Chrysopée par 
Michel Psellus, polygraphe byzantin du xi1° siècle, mise en guise 
de préface en tête de certains manuscrits (voir mes Origines de 
l’Alchimie, p. 240); un ouvrage de Nicéphore Blemmidès, du 
ΧΙ siècle (transcrit entr'autres dans le n° 2320 de la Bibliothèque 


nationale); plusieurs traités et opuscules relevés par M. André 


AVANT-PROPOS ΧΙ] 


Berthelot dans la Bibliothèque du Vatican (Archives des Mis- 
sions scientifiques, 3° série, t. XIII, p. 819 à 854); et divers autres 
contenus dans le précieux manuscrit grec in-folio, astrologique, 
magique et alchimique (xv- siècle) qui portele n° 2419 à la Biblio- 
thèque nationale de Paris. L'ouvrage alchimique le plus considé- 
rable que ce dernier renferme est un traité méthodique, inscrit 
sous le nom de Theoctonicos, et qui est le même que l’Alchimie 
latine attribuée à Albert le Grand. L'existence de cet ouvrage 
dans les deux langues grecque et latine, avec des variantes 
considérables d’ailleurs, soulève des problèmes historiques très 
curieux : on les discutera dans l'Zntroduction, d’après une étude 
approfondie des deux textes. En tous cas, cet ouvrage grec 
de Theoctonicos est postérieur aux Arabes : il est tout au plus 
de la fin du xur siècle; il appartient donc à une période beau- 
coup plus moderne que les nôtres; le texte latin correspondant 
a été publié à diverses reprises, dans le Theatrum Chemicum 
et à la fin des œuvres d'Albert le Grand. Le manuscrit 2419 
nous a fourni en outre divers renseignements essentiels relatifs 
à l’histoire des notations alchimiques, à la liste planétaire 
des métaux et de leurs dérivés, aux rapports entre les parties 
de l'homme et les signes du Zodiaque, aux cercles de Péto- 
siris pour prévoir l'issue des maladies, cercles dont les analo- 
gues se retrouvent dans les Papyrus de Leide, dans le manuscrit 
2327 εἴα: 

Le texte grec étant ainsi arrêté et défini, M. Ruelle en a fait 
une traduction littérale, sans se préoccuper des obscurités ou 
des passages en apparence incompréhensibles. M. Berthelot a 
repris cet essai de traduction; avec l’aide de ses connaissances 
techniques, il a cherché à en tirer un sens régulier, en se 


conformant au texte grec, dont il a été ainsi conduit à faire à 
ΠῚ 


XIV AVANT-PROPOS 


son tour une revision spéciale. il réclame toute l’indulgence du 
lecteur pour cette tentative d'interprétation, dans une matière 
rendue triplement difficile : par les obscurités du sujet, des 
notations et du langage technique, les explications des praticiens 
laissant toujours beaucoup de choses sous-entendues ; par le 
symbolisme mystique et le vague intentionnel des auteurs, sans 
parler de leurs erreurs scientifiques ; enfin par les fautes maté- 
rielles des copistes, qui souvent ne comprenaient rien aux signes 
et aux textes qu’ils transcrivaient. La langue même de cet ordre 
de traités était très incorrecte dès le début, comme le montrent 
les papyrus alchimiques de Leide, publiés par M. Leemans et 
dont M. Berthelot donne une traduction complète avec commen- 
taires dans l'INTRopucTION. En somme, on ne saurait envisager 
notre traduction des alchimistes grecs que comme un premier 
essai, qui sera assurément perfectionné par suite des études 
ultérieures, auxquelles il n'a d’autres prétentions et d’autre 
mérite que de fournir leur premier fondement. 


Les conditions de notre publication étant ainsi définies, expo- 
sons l’ordre que nous avons adopté. Elle se compose de trois 
parties, savoir : 

Une InrRopucTIoN, due à M. Berthelot; 

Un TExTE GREC, avec variantes et notes philologiques, établi 
par M. Ruelle; 

Et une Trapucriow, due à la collaboration des deux savants, 
avec notes et commentaires de M. Berthelot. 

Parlons d'abord du TEXTE GREC. 


AVANT-PROPOS XV 


Nous avons partagé les nombreux morceaux qui le constituent 
dans les manuscrits en six parties distinctes, savoir : 

Une Première partie, sous le titre d’Indications générales, 
contient les morceaux d’un caractère général, tels que: la Dédicace 
antique, le Lexique, les nomenclatures de l Œuf philosophique, 
les articles sur le Serpent, sur l’'Instrument d'Hermès pour prévoir 
l'issue des maladies, sur la liste planétaire des métaux et de leurs 
dérivés, sur les noms des Faiseurs d’or et des Villes où l’on fabri- 
quait l'or, les Serments, les mœurs des philosophes, l'assemblée 
des philosophes, la fabrication de l’asèm et du cinabre, les pro- 
cédés de diplosis, et enfin le Labyrinthe de Salomon; soit en 
tout vingt morceaux, que nous avons recueillis dans les diverses 
parties des manuscrits, où ils sont disséminés. 

La Seconde partie comprend les Traités Démocritains, c'est- 
à-dire le Pseudo-Démocrite, contemporain des auteurs anonymes 
du Papyrus alchimique de Leide, représenté par deux ouvrages, 
savoir : Physica et Mystica, et un livre dédié à Leucippe; puis 
le traité philosophique de Synésius (fin du rv° siècle); enfin le long 
et curieux écrit d'Olympiodore (commencement du v° siècle). Ce 
sont les œuvres les plus intéressantes, au point de vue historique 
et philosophique. 

Ces deux parties constituent la première livraison du texte 
grec, celle que nous donnons aujourd’hui au public. 

La seconde livraison, complètement préparée et livrée à 
l'impression, renferme aussi deux parties. Ce sont : 

La Troisième partie, la plus longue de toutes, laquelle 
embrasse les œuvres ou plutôt les fragments attribués à Zosime,. 
fragments recueillis et parfois développés par des commenta- 
teurs plus récents, de diverses époques, quelques-uns posté- 
rieurs au vu siècle. Les œuvres de Zosime, telles que nous 


XV) AVANT-PROPOS 


pouvons en entrevoir la composition d’après ces fragments, 
offraient déjà le caractère d’une compilation étendue, faite vers 
le m° siècle de notre ère avec les écrits de Démocrite et ceux 
de divers écrivains perdus, tels que: Cléopâtre, auteur de traités 
sur la distillation, dont les figures ont été en partie conservées 
dans les manuscrits et seront reproduites dans l’Introduc- 
tion; Marie la Juive, auteur d'ouvrages sur les appareils de 
digestion et les fourneaux, dont [65 figures ont été aussi con- 
servées en partie et seront également reproduites ; Pamménès, 
Pébéchius, Ostanès, Pétésis, Pausiris, Africanus, les apo- 
cryphes Sophé (Chéops), Chymès, Hermès et Agathodé- 
mon, etc. Toute une littérature alchimique, aujourd’hui perdue, 
a précédé Zosime qui l'avait résumée. Ses œuvres ont servi à 
leur tour de base à des compilations plus récentes, qui se sont 
confondues avec le texte primitif. Au lieu de chercher à démêler 
immédiatement une semblable complication, il a paru préférable 
de donner ces œuvres, telles qu’elles existent dans les manuscrits, 
en nous bornant à en réunir les morceaux parfois dispersés, et 
au risque d'y intercaler des ouvrages plus récents. Nous avons 
pensé qu’il convenait d’abord de mettre aux mains des érudits les 
textes, avant d'en discuter la formation. 

La Quatrième partie, comprise aussi dans notre seconde livrai- 
son, contient tous les ouvrages anciens qui portent un nom 
d'auteur, que cette attribution soit apocryphe ou non. Tels sont 
les Écrits de Pélage, d'Ostanès, de Jean l’Archiprètre, d’Aga- 
thodémon, de Comarius, et le traité technologique inscrit sous 
le nom de Moïse, lequel renferme des morceaux de diverses 
dates, quelques-uns contemporains des Papyrus alchimiques de 
Leide. 


La 3° livraison enfin, dès à présent arrêtée quant à son plan et 


AVANT-PROPOS XVI) 


quant à la plus grande partie de ses textes, sera formée des deux 
dernières parties, qui sont : 

La Cinquième partie, essentiellement technologique, com- 
prenant le livre de l’Alchimie métallique, un traité d'Orfèvrerie 
beaucoup plus moderne, le travail des quatre éléments, la tech- 
nurgie de Salmanas, la coloration des verres et émeraudes, 
la trempe du fer et du bronze, la fabrication du verre, de la 
bière, etc., etc. Ces traités ou articles, presque tous anonymes, 
portent le caractère d'ouvrages pratiques, remaniés successive- 
ment dans le cours des siècles; à côté de certaines recettes remon- 
tant, ce semble, jusqu’à la vieille Égypte, ils renferment parfois 
des procédés contemporains de la dernière copie du manuscrit 
qui nous les a transmis. 

La Sixième partie sera consacrée aux commentateurs, tels 
que le philosophe Anonyme et le philosophe Chrétien, auteurs 
dont les écrits se confondent souvent avec la rédaction actuelle 
de ceux de Zosime, transcrits dans la 3° partie. C’est là que nous 
donnerons la réimpression de Stephanus et celle des poètes, si 
les ressources de notre publication le permettent. 

Le texte grec est publié avec une pagination indépendante : 
il est dû au travail consciencieux de M. Ch.-Em. Ruelle, qui a 
collationné les manuscrits mis à notre disposition et reproduit 
les variantes principales, en notes développées au bas des pages. 
Son travail personnel était plus étendu et plus complet; mais 
il a dû en restreindre l'impression aux limites actuelles, se 
réservant de donner ailleurs, s’il y a lieu, le surplus. Voilà ce 
qui est relatif au texte. 

Quelques mots maintenant sur la Trapucrion. Le volume 
actuel la contient, imprimée dans un fascicule séparé, avec 
pagination spéciale. Au bas des pages se trouvent également 


xvii) AVANT-PROPOS 


des notes, constituant un commentaire perpétuel, technique, 
historique et philosophique. Elle est nécessairement partagée en 
six parties et trois livraisons, comme le texte grec correspondant. 
Cette traduction est donnée aussi clairement que possible, toutes 
les fois que l’on a cru réussir à comprendre la vraie signification 
des procédés. Pour le reste, on s’est tenu au plus près du sens 
littéral, laissant aux lecteurs le soin de pénétrer plus avant dans 
l'interprétation de ces textes difficiles, et au besoin de rectifier, 
à l’aide du grec, les erreurs qui auraient pu être commises. 

Texte et traduction sont précédés par une INTRODUCTION, 
formant dans la livraison actuelle près de 300 pages, que 
M. Berthelot a jugé utile de rédiger pour l'intelligence du texte : 
elle constitue une sorte d'introduction générale à la métallurgie 
et à la chimie des anciens. Elle est formée par huit chapitres ou 
mémoires, séparés et indépendants les uns des autres, savoir : 

1° Une étude sur les Papyrus grecs de Leide, avec traduction 
complète du papyrus X spécialement alchimique, et explication 
des recettes qui y sont contenues. C’est Le plus vieux texte authen- 
tique de cet ordre qui soit connu. Il a été écrit au nr siècle de 
notre ère; mais une partie des procédés techniques qu’il renferme 
remontent beaucoup plus haut, ce genre de procédés se trans- 
mettant d'âge en âge. M. Berthelot a montré comment les recettes 
d’alliage destinées à l’orfèvrerie que ce texte expose ont été le 
point de départ pratique des travaux et des tentatives des alchi- 
mistes. Le Pseudo-Démocrite et le Pseudo-Moïse notamment s’y 
rattachent très directement. 

2° Une étude sur les relations entre les métaux et les planètes, 
relations originaires de Babylone; elles président à toute la 
notation alchimique et jouent un rôle capital dans l’histoire des 
croyances et des superstitions humaines. 


AVANT-PROPOS XIX 


3° Une notice sur la sphère de Démocrite et sur les médecins 
astrologues, avec deux figures des cercles de Pétosiris, en photo- 
gravures, tirées du manuscrit 2419 de Paris. 

4° La reproduction, d’après des photogravures, des listes des 
signes et notations alchimiques, contenues dans le manuscrit de 
Saint-Marc et dans le manuscrit 2327 de Paris. Cette reproduc- 
tion comprend huit planches, avec traduction et commentaire; on 
y a joint un petit lexique alphabétique, pour servir de point de 
repère. 

5° La reproduction des figures d'appareils et autres, au nombre 
de 35, contenues dans le manuscrit de Saint-Marc, et dans le 
manuscrit 2327 de Paris; reproduction faite pour la plupart en 
. photogravure, et qui dès lors doit être regardée comme aussi 
voisine que possible des manuscrits: On a donné l’explication 
des opérations accomplies à l’aide de ces appareils, ainsi qu'une 
comparaison des dessins des mêmes appareils, faits à des époques 
éloignées les unes des autres de plusieurs siècles. Cette compa- 
raison constitue une véritable histoire des manipulations des 
alchimistes, ainsi que des changements qui s’y sont introduits 
pendant le cours du moyen âge. 

6° Divers renseignements et notices sur quelques manuscrits 
alchimiques et sur leur filiation. On y trouvera l'étude d’une vieille 
liste d'ouvrages, placée en tête du manuscrit de Saint-Marc; 
une discussion sur divers traités perdus depuis ; l'indication des 
lacunes que ce manuscrit offre dans son état présent; sa compa- 
raison avec les manuscrits 2325 et 2327 de Paris; l'examen com- 
paratif des manuscrits de l’Escurial, du Vatican, de Leïde, etc. ; 
certaines hypothèses sur l’origine et la filiation de nos manuscrits 
actuels; une étude spéciale du manuscrit 2419 de la Bibliothèque 
Nationale de Paris et sur Τ᾿ Alchimie de Theoctonicos ; enfin 


XX AVANT-PROPOS 


quelques indications sur un manuscrit arabe d'Ostanès, existant 
à la Bibliothèque Nationale de Paris. 

7° Une note relative à quelques minéraux et métaux provenant 
de l'antique Chaldée, et tirés des Collections du Musée du Louvre: 
minéraux et métaux que M. Berthelot a soumis à ses analyses. 

8° Des zotices de minéralogie, de métallurgie et diverses, desti- 
nées à servir de commentaires aux expressions chimiques et miné- 
ralogiques employés par les alchimistes. Ce commentaire a été éta- 
bli d’après Théophraste, Dioscoride, Pline et les écrivains anciens, 
et complété à l'aide du Speculum majus de Vincent de Beauvais, 
des auteurs contenus dans la Bibliotheca Chemica de Manget, le 
Theatrum chemicum, la Bibliothèque des Philosophes alchimiques 
publiée chez Cailleau, à Paris(1754), joints aux articles du Lexicon 
Alchemiæ Rulandi, ouvrages qui nous font connaître les interpré- 
tations du moyen âge. On a tiré également parti des dictionnaires 
de du Cange (Glossarium mediæ et infimæ Græcitatis), d'Henri 
Estienne (Thesaurus, édition Didot), et de ceux du grec moderne. 

Si la place le permet, on présentera à la fin de la présente collec- 
tion un résumé des procédés et méthodes chimiques qui y sont 
signalés; enfin on terminera par des Tables analytiques et un 
Index général. 

Peut-être ne sera-t-il pas superflu d'ajouter que les commen- 
taires et explications de la publication actuelle doivent être 
complétés par l'ouvrage de M. Berthelot, intitulé les Origines 
de l’Alchimie, ouvrage composé en grande partie d’après une 
première lecture de nos manuscrits, et dans lequel les faits histo- 
riques et les théories philosophiques se trouvent exposés avec 
des développements plus considérables. 


Paris, 25 Octobre 1887. 


TABLE ANALYTIQUE 


DE L'INTRODUCTION 


I.— Les PAPYRUS DE LEIDE........ 


Leur publication. — L’alchimie est 
sortie des pratiques des orfèvres 
égyptiens pour imiter les métaux. 

Concordance entre les papyrus et 
les textes des manuscrits alchi— 


ΠΟ ΕΘ Ἐν ΟΝ τ cou 
Origine des papyrus de Leide...... 
Papyrus V. — Formules magi- 

ques. — Gnosticisme...... ARR = Σ 
Auteurs cités. — Agathodémon..…. 
Noms sacrés des plantes. — No- 

menclature prophétique de Dios- 

coride. — Noms alchimiques..... 


Recette d'encre. — Encre mystique. 
Procédé pour affiner l'or. — Ἴωσις. 
— Recette de Pline. — Cément 


Papyrus W gnostique.— Ouvrages 
apocryphes de Moïse. — Affinités 
ΘΕ ee en RE ANSE tn Ve 

Nom de Dieu.— Serpent qui se mord 


TANQUEUE CIC AE NN ER RER δ 
Nitre tétragonal. — Invocation. — 
Récit de la création........ Los 


Papyrus X, — Science des alliages. 
— Recettes conformes à celles des 
AICHLMISTES NRA EE ΤΙΣ 

Définitions du motor. — Imitations. 
— Nécessité des formules ma 
BTOC SRE ΠΝ EU 


ιὸ 


[82] 


NS ὧν 


20 


Description du papyrus. — Son 
COMÉCRLER TEE PPT Eee a. 
Teinture des métaux. — Recettes 


répétées. — Notes de praticiens. 
Auteur cité : Phiménas ou Pam- 
MENÉS EEE eee dr ΠΕ ave 
Signes de l'or et de l'argent. — Ar- 
ticles sur les métaux et sur la 
teinture en pourpre. — Extraits 
de Dioscoride. — Article mercure. 
Traduction des 90 articles relatifs 
AUX MÉLAUX. ne 
Id. des onze articles sur la teinture. 


EXPLICATION DES RECETTES. ΡΟ ΣΟ 5 


1.— Recettes pour écrireen lettres d'or. 
Comparaison avec celles du manuel 


11. — Manipulations des metaux..….. 
Imitation de l'or et de l'argent. — 
Augmentation de leur poids avec 
des MÉFAUX ÉFTANLETS...-.... 
Fraudes. — Absence de règlements. 
Tentatives pour faire des métaux 
artificiels. — Vague des idées des 
anciens. — Airain, orichalque. — 
Électrum. — Alliage monétaire. — 
Claudianon. —  Stannum. — 


Recettes pour la teinture superfi- 
cielle des métaux. — Opération de 
la diplosis. — Fermentation sup- 
[Ρλοσεζείξ ρας ὁ potter oetoosoconedcese 

Rôle du mercure, du soufre, de l'ar- 


Procédés pour-reconnaître la pureté 
ES METAURICLC EEE ELEC 


XXI) 


Soudure, décapage, etc...... eee 
Procédé pour teindre l'or. 

cédés actuels.......:.........#."." 
Dorure avec de l'or et sans or.... 
Recettes du Pseudo-Démocrite. — 


Vernissage..............sss.rree 
Procédés d'argenture superficielle. . 
Teinture à fond. — Alliages........ 


Diplosis de Moïse. — Emploi actuel 
des composés arsenicaux. — Tom- 
bac. — Formule d'Eugenius...... 

πι. — Fabrication de l'Asèm.. 

Asèm et ἄσημος. — Électrum ....... 

Diversité de propriétés. — Change- 
ment en or ou en argent. — Fa- 
brication artificielle............... 

Vingt-huità trenterecettes.— Douze 
alliages d'argent, d'étain, de cuivre, 
de plomb, de zinc, de mercure, 
d'arsenic.— Alliages modernes... 

Recettes du Pseudo-Démocrite et 
d'Olympiodore..................... 

Le cuivre blanchi par l’arsenic. — 
Alun. — Coquille d'or.::..:..-.. 

Procédés de Diplosis. — Eau de 
soufre ou eau divine. — Pétésis. — 
Polysulfure de calcium........... 

Asèm noir. — Article de Pline..... 

1v. — Recettes du Pseudo-Démocrite 
comparées aux précédentes....... 

Confusion des pratiques et des théo- 
ries. — La matière première. — La 
MAPIE. ee Job ad erae dé d 


II. — RELATIONS ENTRE LES MÉTAUX 
ἘΠῚ ΤῈΞ PANETESS. 2.00. τ το το εν 


Unité des lois de la nature, — La 
CRAMEN ROME τεῖος CEE 
Influence du soleil et des astres. — 
FalGhaldéE RE Er RTC et 
Le nombre Sept — Origine as- 
tronomique. — Semaine.......... 
Nombre des planètes.— Voyelles. — 
Couleurs. Métaux ee 
Le soleil et l'or : Pindare, — Lalune 
et l'argent. — Mars et le fer. — 
Vénus et le cuivre. — Le plomb et 
SALURN ERA ΡΥ ET ΡΤ 
Génération des métaux sous l'in 
fluence des effluves sidérales...…… 
Liste de Celse. — Vieilles listes. — 


TABLE ANALYTIQUE 


Tablettes de Khorsabad..........…. 
Variations dans les attributions de 
la planète Jupiter, assignée à l'élec- 
trum, puis à l'étain; et de la planète 
Hermès, assignée à l’'étain, puis au 
mercure. — Époque de ces varia— 
tions. — Électrum rayé de la liste 
des métaux, vers le νι" siècle. — 
Symboles alchimiques des métaux. 
— Le plomb. — Passage de Ste- 
phanus. — Liste d'Albumazar.... 
Nomenclature des dérivés métal- 


III. — La SPHÈRE DE DÉMOCRITEET 
LES MÉDECINS ASTROLOGUES 


Les médecins astrologues. — Papy- 
rus V. — Tableaux divers........ 
Les deux tableaux de Pétosiris : J£- 
gures I et 2. — Autres tableaux. 


IV.— Sicnes ΕἸ NOTATIONS ALCHI- 
MIQUES. etc en eUte ne PES Ε 


Notation des métaux, signes divers. 
Notation des dérivés des métaux. 
Produits minéraux et matière médi- 


Neuf listes consécutives ; discussion 
SUTIeUTALIATONTEEC EME τὺ - 
Signes multiples d'un même corps, 
TÉPÉLITIONS AE EE ECC TEE 
Huit planches en photogravure, re- 
produisant les signes du ms. de 
St-Marc et du ms. 2327, avec tra- 
duction: figures 3 à 10. ......... 
Lexique alphabétique des notations 
alCHIMIQUES EE RE Ferrer 


V.— FIGURES D'APPAREILS ET AUTRES 
OBIETS see LC Te Peel 


Figures des manuscrits. — Figures 
symboliques des mss. latins. — 
Heures id'ppATELS ξστ΄ - 

Figures du ms. de St-Marc......…. 

Chrysopée de Cléopâtre: figure 11. 

Cercles concentriques, axiomes, ser- 
pent appareils lelC---------Cerece 

Alambic. — Reproductions du ms. 
2325 et du ms. 2327 : figures 12 
CRT τ Lee = ae e δὲ 

Chrysopée prototype des dessins 


82 
85 


86 


86 
87 
92 
94 
95 
96 
96 


IOI 


103 


NS 


TABLE ANALYTIQUE xXxiij 


HAPHATEILS CR AMAR τ AE 137 
Alambic à deux pointes : figures 14 

CT AS διε ταν ΤΡ ΠΥ τ το SE 137 
Alambic à trois pointes (tribicos) : 

LEUR ENTORSES ee de Us τι, 139 
Alambic à tube et récipient unique. 

ΣΕ δ SERRE SR A. 140 


Tribicos du ms. 2325 : figure 17.. 141 
Chaudière distillatoire : figure 18. 141 
Ébauche d'alambic : figure TOPERCE 142 
Appareils à kérotakis ou palette, 
avec vase à digestion cylindrique: 
DLOUTES LEZ ORCTEZNR αι τ D 142 
Ramollissement des métaux par le 
mercure,lesoufre,l'arsenicsulfuré. 144 
Vases de condensation ; sublimation 
réitérée ; opération rétrograde ou 


χαρχίνος (Écrevisse)...... AD AN 144 
Baïin-marie à kérotakis : figure 22 

PIN D DE INR EE GET 0 1. 146 
Autre bain-marie : figure 24...... 148 


Kérotakis triangulaire : figure 24,bis 14S 
Autre vase à Kérotakis et Ecrevisse : 


figure PSE RO one te nn τς 149 
Récipient supérieur de ee figure : 

HIRUTER2 OBS RE AE AURSA ν 150 
Autre vase à Kérotakis : figure 2 151 
Formule de l'Écrevisse : figure Die 

SODMÉRÉCRPEC AO. nee 152 


Alphabets magiques : figure 29... 155 

Labyrinthe de Salomon : figure 30 155 

Symbole cordiforme et dessins mys- 
tiques -Migures 37, 32\er 33,558 


HEURES UNS DS TRE UP 158 
Serpent Ouroboros : figure 34... 159 
Signe d'Hermès. — Images géomé- 
triques : figures DOTCRT OS CM 160 
Alambics et vases à digestion : figu- 
PES SAGE RUE SE Re 161 
Modifications dans la forme des ap- 
pareils rétrogrades:. 1. 162 


Petits alambics: figures 30,40, 41 164 
Fiole : figure42; alambic avec six 


appendices : figure 43........... 166 
Hioures dUMSNS25 RE 166 
Figures des mss. de Leide. ....... 167 


Vase à digestion: figure {4, rappro- 
chée de l'aludel arabe : figure 45. 172 


VI. — RENSEIGNEMENTS ET NOTICES 
SUR QUELQUES MANUSCRITS ALCHI= 
MIQUES ....: ER ΜΡ τὸς et ὁ 173 


1.— Ancienne liste du ms.de St-Marc. 174 
Comparaison avec le contenu actuel. 

— Traités perdus d'Héraclius et 

de Justinien.—Additions.— Modi- 

fications dans l’ordre relatif...... 176 
Partage des traités en sept séries.. 178 


11. — Sur les copies actuelles de la 
9° leçon de Stephanus............ 179 
Six finales différentes. — Confusion | 
dans le texte du ms. de St-Marc. 
— Morceauxiperdus... «τον τσ νυν 180 
ur. — Diverses lacunes et transposi- 
tions du ms. de St-Marc......... 184 
iv. — Mss. de l'Escurial............ 186 


v.— Mss. älchimiques grecs du Vati- 
can et des Bibliothèques de Rome. 101 


γι. — Mss. de Gotha et de Munich. 
— Publications de Grüner....... 193 


vu. — Comparaison du contenu 
du ms. de St-Marc avec ceux du 
n° 2325 et du n° 2327 de la Bi- 
bliothèque nationale de Paris... 194 


vi. — Hypothèses générales sur 
l'origine et la filiation des manus- 
crits alchimiques grecs.......... 200 

Recettes techniques en Égypte. — 
Stèles.— Transcriptionsen grec. — 
Dioscoride, Pline, Papyrus de 
Leide. — Textes d’un caractère ana- 
RES cadence ic arte ΡΣ 200 

École Démocritaine — Gnostiques. 

— Traités de Cléopâtre et de Marie 
— Zosime, Africanus............…. 201 

Écrits apocryphes de Chéops, d'Her- 
mès, d'Agathodémon, lettre d'Isis. 

A AUTCUESITIVETS 20. πτ τ πὶ ϑ τες τὸς 202 

Commentaires de Synesius, d'Olym- 
piodore, du Philosophe Chrétien, 


de l'Anonyme, de Stephanus ..... 202 
Première Collection. — Séries de 
Constantin Porphyrogénète...... 203 


Prototype de St-Marc : ses altéra- 
tions successives jusqu'au manu- 
SCTIHACTICI EEE ET EE 203 

Filiation des autres manuscrits .... 204 


ix. — Sur le manuscrit grec 2419 
de la Bibliothèque de Paris... 205 
Son caractère général. —1 Figure 


XXIV 


astrologique du corps humain. — 
Cercle et tableau de Pétosiris. — 
Relations planétaires des métaux. 
— Signes. — Alphabets magiques 
Alchimie grecque de Theoctonicos, 
comparée avec le traité latin d’Al- 


bert le Grand..." το τς 
Alchymus, massa, orpiment........ 
Noms grecs et latins des opérations 
alchimiques au x1v° siècle......... 
x. — Manuscrits alchimiques de 
PAL OS accro none bobo ne . 


Codex Vossianus. — Figures. — 
Fragment de Justinien sur l'œuf. 


χι. — Manuscrits divers. — Copte- 


xu. --- Manuscrit arabe d'Ostanès. 
— DES os ado duo pdndon0bn 


VII. — SUR QUELQUES MÉTAUX ET 
MINÉRAUX PROVENANT DE L'AN— 
CIENNE CHALDÉE 


Coffre de pierre trouvé dans les fon- 
dations du palais de Sargon à 
Khorsabad. — Ses tablettes vo- 
tives. — Analyse de quatre d’entre 
elles, en or, argent, bronze, carbo- 
nate de MaSnESIC ee ser G 

Sens anciens du mot magnésie. — 
Nom de la 4° tablette en assyrien 

Pierre des Taureaux ailés.......... 

Objets trouvés à Tello. —Vase d'anti- 
moine.— Ce métal dans Dioscoride 
et Pline. — Nécropole de Redkin- 
Éd bodauorsonntasbposbhc uen 

Figurine votive en cuivre pur. — 
AbsencendlenétaNe re tee 

Transport de l'étain dans l'anti- 
quité.— Gites des îles de la Sonde 
et des îles Cassitérides. — Petits 
gites locaux. — Mines du Kho- 
rassan. — Passage de Strabon..... 

Age du cuivre antérieur à l’âge du 
bronze, d'après certains archéo- 


VIII. — NoTicFs DE MINÉRALOGIE, DE 
MÉTALLURGIE ET DIVERSES. — Liste 
ΒΡ Ραμ 


“Ἐ5, airain, bronze, cuivre... 
Idées des anciens sur les métaux. — 


219 


224 


TABLE ANALYTIQUE 


Le cuivre n'était pas regardé 
comme distinct du bronze..... one 
Variétés d'airain, dénommées selon 
les provenances et les proprié- 
ÉAITES ΠΟ MINES Re ere t : 
Orichalque. — Airain de Corinthe. 


Ærugo, rubigo, viride æris, vert- 
(οὔτι στο σὸς ΘΟ σας πος ΣΟ ΟΣ ΣΕ ë 
Produits naturels (fossiles) : soudure 
d'or. — Produits factices ; verdet 


Scolex, sels basiques. — flos ou 
ES Boocauce ea RES ARE 


«ἘΞ ustum, protoxyde de cuivre. — 
Scoria, lepis, squama, stomoma : 


sous-oxydes et sels basiques... 
Smegma; diphryges; fæx; craie 
vente." ---t Pere e-cLertre - 
Aëétite ou pierre d'aigle............ ὃ 
Alchimistes grecs (tradition au 
MOYEN-AGE).......-.. eee 
Alphabets et écritures hermétiques. 
Alun.— Variétés.— Acide arsénieux. 
Ammoniac (sel). — Deux sens : sel 
de sodium et chlorhydrate d’am- 
MONATEE EE Ce re EPEEE do 


Antimoine, — Stimmi. — Stibi. — 
Larbason. — Calcédoine. — Sul- 
fure d’antimoine. — Alabastrum, 
— Oxydes. — Oxysulfures 


Arsenic. — Orpiment. — Sandara- 
que.—Réalgar et Kermès minéral. 
— Autres sens du mot sandaraque. 

Arsenic métallique, second mercure 
des alchimistes.—Hermaphrodite. 


Cadmie. — Naturelle, minerais de 
laiton. — Artificielle, fumée des 
métaux : capnitis, botruitis, pla- 
codes, onychitis, ostracitis. — Sens 
divers 

Le cadmium des modernes ......... 


Pompholyx, nihil album, spodos 
blanche ou noire. — Antispode. — 
Tutie. — Magnesie.............. 


Chalcanthon, couperose, vitriol. — 
Produit de la macération des mi- 


237 


TABLE ANALYTIQUE 


nerais. — Les vitriols. — Précipi- 
tation du’cuivre par le fer......... 
Misy. — Sory. — Melanteria...…. 
Chalcitis. - Altérations de la pyrite. 


Chaux vive, asbestos. — Titanos, 
calcaire. — Gypse, plâtre......... 


Chrysocolle. — Sens multiples. — 
Malachite, azurite — armenium, 
cyanos, etc... 


Chrysolithe,sensancienetmoderne. 


Cinabre. — Sulfure de mercure, 
anthrax, minium, réalgar, sang- 
dragon, tout oxyde ou sulfure 
TOURE SIENNE ον τ οτος τον ὡς 


Claudianon 


Clefs (les). — Titre d'ouvrage ....….. 
Les clefs de l’art, opérations ....... 


Cobalt, Cobathia, Kobold. — Ori- 
gine de ce nom.— Bleu de cobalt 
connu des anciens. — Étymologie 
grecque. — Confusion avec le mot 


HERMANN TEE EN ere 
Cobalt métallique connu des alchi— 
mistes du moyen âge........... τς 
GOUPROMRERRRRE EE : 
Éléments actifs. — Qualités. — Ex- 
halaisons sèche et humide, géné. 
ratrices des minéraux, d'après 
PARIS LO LES cn el aan ole 
Esprits, πνεύματα, — Corps, âmes. — 
DEDSIAICRHIMIQUES ec ΣΕ 


Liste des quatre esprits: des sept 
esprits. — Aludel. — Wismath.., 
Sublimation simple, ou compliquée 
d'une oxydation : tutie, magnésie, 
marcassite 
Étain. — κασσίτερος. — Stannum. — 
Plomb blanc — Sens anciens de 
ces mots 
Étymologies chimiques doubles 
asèm, chimie, ammoniac 


Fer. — Basalte. — Rubigo, ἰός, 
rouille. — Squama, scoria........ 
Aimant, magnes, Sideritis, ferrum 
yivum; mâle et femelle, etc. — 
Hématite. — Ocres, sil, usta. — 
Pyrites, chalcopyrite, marcassite. 


XXV 
— Rubrique.............. COR CL ἘΦ ΡΣ 
Feulflesiventus du)... 2 209 
Figures géométriques des saveurs 
CAES OAEUTS RER eee ee ete 253 
Fixation des métaux, — Sens de ce 
τη δος ΚΣ ΝΣ DOTÉ OS OS 254 
Gagates (pierre) ......... AO De ΤῸ 254 
los, virus.—Sensmultiples.—Josis. 254 
Magnésie, sens anciens. — Sens 


alchimiques. — Métal de la ma- 
gnésie. — Pyrites.— Amalgames. 


ΞΕ Masnesienoire tee 0 He 
Magnésie calcaire au xvirr siècle. 
SENS MOUETN EC... 
MOT CASSUES NT Ἐν end e 
PASS ART EE ti = cote 


Mercure. — Préparation ancienne. 
— Distillation.— Idées mystiques.— 
Mercure des philosophes. — Ses 
noms.— Dialogue de l'or et du 


MÉECULEN TT Es etelaee etais ais τ » ses 010 
Métaux. — Leur génération. — 
Passage d’Aristote............... 5 


Leur production dans la terre, par 
latransformation desvapeurs sous 
les influences sidérales.— Doutes 


ATOME ceci 
Odeur des métaux. — Or du Trésor 
dE ΠΕ ΕΙΤΙΘΕν ποῦς τ τ τος see 


Minium, rubrique, u\x0:.— Cinabre, 
vermillon, oxyde de fer, de cuivre, 


sulfure d’arsenicetd’antimoine,etc.- 


Sinopis; terre de Lemnos, meli- 
num, leucophoron : ammion ou mi- 
nium, usta, fausse sandaraque, 
sandy*. — Le minium de Callias. 
— Sericum. — Armenium, ceru- 
leum ; couleurs vertes, jaunes... 


Nitrum, natron. — Carbonate de 
soude. — Spuma ou aphronitron. 
= HOCLEDIÉTE = e- ee--ne 


Opérations alchimiques. — Leurs 
TDODIS BEC Sie eee ec 


Or.— Coupellation par le sulfure 
d'antimoine. — Bain du soleil; 


261 


XXV) 


loup des métaux ............... 264 
Paros et porus...................... 264 


Plomb blanc et noir..— Stannum, 
galena,sens anciens et modernes. 
Plomb layé.— Soudure autogène. 
Plomb η΄ 204 

Scorie, spode, pierre plombeuse 
galena, molybdène, helcysma ou 


encauma. — Sens moderne ...... 265 
Litharge : chrysitis, argyritis, lau- 
riotis, — Céruse.— Minium....... 266 


IPSEUAGTPRNE EEE == eee 266 


TABLE ANALYTIQUE 


Samos (pierre de). ΠῚ -- 262 


Sel, — Fossile et factice. —Lanugo. 
— Saumure.— Flos, favilla.... 266 


Sélenite ou aphrosélinon.......... . 267 
ΟΜ ΘΑΡΥΤΕ. τ .-.------------ 267 


Terres. — Calcaires et argiles. — 
N'OMSNdIVERSe- ee τ- 267 


Trempe, teinture, βαφή. — Trempe 


dufer ΘΕ dUDrTOnZE τόπο πΠΠτπ . 267 
PAROI ΝΜ EUR 268 


TABLE DES MATIÈRES 


DE LA Ire LIVRAISON 


(TEXTE GREC ET TRADUCTION) 


Texte Traduction 


Note préliminaire sur les abréviations, les sigles des manuscrits, etc. 2 2 

PREMIÈRE PARTIE. — ÎNDICATIONS GÉNÉRALES............... 3 3 
te DÉdicace (6 Πὶ Vers) ERA 2 mesmeteces sets den Nec 3 3 
ἹΕ τς ÉexiquerdelaiGhEySOPÉC eee creer. 4 4 
I. ur. Ce que les anciens disent de l’œuf (philosophique) ...... 18 18 
vies nomsdeœutimystérede latte"... 20 21 
LE erSerpentiOULOPOrROSe eee 5 .-.--:---..1..- 21 22 
ISvre serpent (20 21 1106}}.τ| τς τς τς cc οἷος πο. 22 23 
vins EUMentAHHerMesElTISMÉBISTE ce -ὕ- 23 24 
vu istelplanetaire desIMEtAER- τὴ τ eme 24 25 
NN OMS ES AISCUTS HOT. CE rec -ce--eeel 25 26 
ee Lieux où l’on prépare la pierre métallique.............. 26 27 
I. xt SCAN ELoepodocsthcens eunocco eco ce ob eo pe DToc 27 29 
xu Sermentidu philosophe/Pappus.....:.:-....-......... 0 027 29 
I. x. Isis la prophétesse à son fils (1r rédaction) ....... ..... 28 31 
DÉS ΕΞ (PO ΤΕ ΠΟ ΠΟΤ ere men eee eme c eme vees ces 33 » 
I. xiv. Quelles doivent être les mœurs du philosophe.......... 35 36 
Ἔεν L'assemblée des philosophes....-....-................. 35 37 
Txvr. Fabrication del Asèm (3recettes)....................... 36 38 
ἐπ εν Fabrication du cinabre|(3/recettes)... "1". 37 39 
cure DIS EMOISE Re cc 38 40 
RS DIDIOSISHEUPERIUS τς eee cree 39 40 
RE SDyrnthelde SalOMON 5.1’: 39 41 


ΧΧΥΠ] TABLE DES MATIÈRES 


Texte Traduction 


DEUXIÈME PARTIE. — TRAITÉS DÉMOCRITAINS............... At 43 
1.1.  Physica et mystica (questions naturelles et mystérieuses). 41 43 
II.u. Livre de Démocrite adressé à Leucippe.................. 53 BF 
11. ur, Synesius à Dioscorus, commentaire sur le livre de Démo- 

Éritésesemmanesex armee eee οὐ eee 56 60 
HÉAMC)DNONEEOLe0o Dante do, oounoonchoooononcvdooe 69 75 
ITavibis AppendiCete.-c--e-erCe CCE CC ETC ere 104 113 

dppendice 11..........:...........ee..e..ee een 105 114 
Appendice tes -ce- rer CE EC CE 106 115 


CORPEC RION 


ALOMIMISTES.GRECS 


INTRODUCTION 


LISTE 


DES MÉMOIRES CONTENUS DANS L'INTRODUCTION 


L — Les Papyrus de Leide. 


Π. — Relations entre les métaux et les planètes. 

III. — La sphère de Démocrite et les médecins astrologues (figures). 

IV. — Signes et notations alchimiques (planches). 

V. — Figures d'appareils et autres. 

VI. — Renseignements et notices sur quelques manuscrits. 

NII. —— Sur quelques métaux et minéraux provenant de l'antique Chaldée. 


VIII.— Notices de Minéralogie, de Métallurgie et diverses. 


M. BERTHELOT. 


7 


INTRODUCTION 


I. - LES PAPYRUS DE LEIDE 


PAPYRI GRÆCI musei antiquari publici Lugduni Batavi..…. edidit, interpretationem 
latinam, adnotationem, indices et tabulas addidit C. LEEMANS, Musei antiquartii 
Lugduni Batavi Director. — PAPYRUS GRECS du musée d’antiquités de Leide, 
édités, avec une traduction latine, notes, index et planches par C. LEEMANS, direc- 
teur du Musée. — Tome II, publié à Leide, au Musée et chez E. 1. Brill. 1885. 
In-4, viu-310 pages ; 4 planches. — Tiré à 150 exemplaires. 


La Chimie des anciens nous est connue principalement par quelques 
articles de Théophraste, de Dioscoride, de Vitruve et de Pline l'Ancien sur 
la matière médicale, la minéralogie et la métallurgie ; seuls commentaires 
que nous puissions joindre jusqu’à présent à l'étude et à l'analyse des 
bijoux, instruments, couleurs, émaux, vitrifications et produits céramiques 
retrouvés dans les débris des civilisations antiques. L’Egypte en particulier, 
si riche en objets de ce genre et qu'une tradition constante rattache aux 
premières origines de l’Alchimie, c’est-à-dire de la vieille Chimie théorique 
et philosophique ; l'Egypte, dis-je, ne nous a livré jusqu'ici aucun document 
hiéroglyphique, relatif à l’art mystérieux des transformations de la matière. 
Nous ne connaissons l’antique science d'Hermès, la Science sacrée par 
excellence, que par les textes des alchimistes gréco-égyptiens; source 
suspecte, troublée dès les débuts et altérée par les imaginations mystiques 
de plusieurs générations de rêveurs et de scoliastes. 

C’est en Egypte cependant, je le répète, que l’Alchimie a pris naissance; 


c'est là que le rêve de la transmutation des Métaux apparaît d’abord et il a 


4 INTRODUCTION 


obsédé les esprits jusqu’au temps de Lavoisier. Le rôle qu'il a joué dans 
les commencements de la Chimie, l'intérêt passionné qu'il a donné à ces 
premières recherches dont notre science actuelle est sortie, méritent toute 
l'attention du philosophe et de l’historien. Aussi devons-nous saluer avec 
joie la découverte des textes authentiques que nous fournissent les papyrus 
de Leiïde. 

La publication de ce volume était réclamée depuis longtemps et atten- 
due (1) avec impatience par les personnes qui s'intéressent à l’histoire des 
sciences antiques, et le contenu du volume actuel, déjà connu par une 
description sommaire de Reuvens (Lettres à M. Letronne, publiées à Leide 
en 1830), paraissait de nature à piquer vivement la curiosité des archéo- 
logues et des chimistes. En effet, l’un des principaux papyrus quis’y trouvent, 
le papyrus X {p. 199 à 250 du volume actuel), est consacré à des recettes 
de chimie et d’alchimie, au nombre de cent-une, suivies de dix articles 
extraits de Dioscoride. C’est le manuscrit le plus ancien aujourd’hui connu, 
où il soit question de semblables sujets : car il remonte à la fin du troisième 
siècle de notre ère, d’après Reuvens et Leemans. 

Ce serait donc là l’un de ces vieux livres d’Alchimie des Égyptiens sur 
l'or et l'argent, brûlés par Dioclétien vers 290, « afin qu'ils ne pussent s’en- 
richir par cet art et en tirer la source de richesses qui leur permissent de se 
révolter contre les Romains. » 

Cette destruction systématique nous est attestée par les chroniqueurs 
byzantins et par les actes de saint Procope (2); elle est conforme à la pra- 
tique du droit romain pour les livres magiques, pratique qui a amené 
l’anéantissement de tant d'ouvrages scientifiques durant le moyen âge. 
Heureusement que le papyrus de‘Leide y a été soustrait et qu'il nous 
permet de comparer jusqu’à un certain point, et sur un texte absolument 
authentique, les connaissances des Égyptiens du mr siècle avec celles des 
alchimistes gréco-égyptiens, dont les ouvrages sont arrivés jusqu’à nous 
par des copies beaucoup plus modernes. Les unes et les autres sont liées 


étroitement avec les renseignements fournis par Dioscoride, par Théo- 


(1) Le premier volume avait paru en 


(2) Voir mon ouvrage : Origines de 
1843. 5 


Ν 
l’Alchimie, p. 72. 1885. 


PAPYRUS DE LEIDE 2 
phraste et par Pline sur la minéralogie et la métallurgie des anciens; ce qui 
paraît indiquer que plusieurs de ces recettes remontent aux débuts de l’ère 
chrétienne. Elles sont peut-être même beaucoup plus anciennes, car les 
procédés techniques se transmettent d'âge en âge. Leur comparaison avec 
les notions aujourd’hui acquises sur les métaux égyptiens (1), d’une part, 
et avec les descriptions alchimiques proprement dites, d’autre part, 
confirme et précise mes inductions précédentes sur le passage entre ces 
deux ordres de notions. Je me suis attaché à pénétrer plus profondément 
ces textes, en faisant concourir à la fois les lumières tirées de l’histoire des 
croyances mystiques des anciens et de leurs pratiques techniques, avec 
celles que nous fournit la chimie actuelle : je me proposais surtout d'y 
rechercher des documents nouveaux sur l’origine des idées des alchimistes 
relatives à la transmutation des métaux, idées qui semblent si étranges 
aujourd’hui. Mon espoir n’a pas été trompé; je crois, en effet, pouvoir 
établir que l’étude de ces papyrus fait faire un pas à la question, en mon- 
trant avec précision comment les espérances et les doctrines alchimiques 
sur la transmutation des métaux précieux sont nées des pratiques des 
orfèvres égyptiens pour les imiter et les falsifier. 

Le nom même de l’un des plus vieux alchimistes, Phiménas ou Pam- 
menès, se retrouve à la fois, dans le papyrus et dans le Pseudo-Démocrite, 
comme celui de l’auteur de recettes à peu près identiques. 

Étrange destinée de ces papyrus! ce sont les carnets d’un artisan 
faussaire et d’un magicien charlatan, conservés à Thèbes, probablement 
dans un tombeau, ou, plus exactement, dans une momie. Après avoir 
échappé par hasard aux destructions systématiques des Romains, à des 
accidents de tout genre pendant quinze siècles, et, chose plus grave peut- 
être, aux mutilations intéressées des fellahs marchands d’antiquités, ces 
papyrus nous fournissent aujourd’hui un document sans pareil pour appré- 
cier à la fois les procédés industriels des anciens pour fabriquer les alliages, 
leur état psychologique et leurs préjugés mêmes relativement à la puis- 
sance de l’homme sur la nature. La concordance presque absolue de ces 


textes avec certains de ceux des alchimistes grecs vient, je le répète, 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 211. 


6 INTRODUCTION 


appuyer par une preuve authentique ce que nous pouvions déjà induire 
sur l’origine de ces derniers et sur l'époque de leur composition. En 
même temps la précision de certaines des recettes communes aux deux 
ordres de documents, recettes applicables encore aujourd’hui et parfois 
conformes à celles des Manuels Roret, opposée à la chimérique prétention 
de faire de l’or, ajoute un nouvel étonnement à notre esprit. Comment 
nous rendre compte de l’état intellectuel et mental des hommes qui prati- 
quaient ces recettes frauduleuses, destinées à tromper les autres par de 
simples apparences, et qui avaient cependant fini par se faire illusion à 
eux-mêmes, et par croire réaliser, à l’aide de quelque rite mystérieux, la 
transformation effective de ces alliages semblables à l'or et à l’argent en un 
or et en un argent véritables ? 

Quoi qu'il en soit, nous devons remercier vivement M. Leemans d’avoir 
terminé sur ce point, avec un zèle que la vieillesse n’a pas épuisé, une 
œuvre commencée dans son âge mûr, il y a quarante-deux ans. Elle fait 
partie de la vaste publication des papyrus de Leïde, poursuivie par lui 
depuis près d’un demi-siècle. Les papyrus grecs n'en constituent d’ailleurs 
qu’une partie relativement minime; ils viennent compléter les impressions 
antérieures des papyrus grecs de Paris (1), de Turinet de Berlin (2). J’ai déjà 
examiné ces derniers au point de vue chimique (3), ainsi que ceux de Leide, 
d’après les seules indications de Reuvens (4). Il convient aujourd’hui de 
procéder à une étude plus approfondie de ces derniers, à l’aide du texte 
complet désormais publié : je ferai cette étude surtout au point de vue 
chimique, sur lequel je puis apporter les lumières d’un spécialiste, réser- 
vant la discussion philologique des textes à des savants plus compétents. 

Rappelons d’abord l’origine des papyrus grecs du musée de Leide; puis 
nous décrirons sommairement les principaux écrits contenus dans le 
tome Il, tels que les papyrus- V, W et X. A la vérité, les deux premiers 


sont surtout magiques et gnostiques. Maïs ces trois papyrus sont associés 


(1) Tome XVIII, 2e partie, des No- (2) Publié par Parthey, sous le patro- 
tices et extraits des Manuscrits, etc., nage de l’Académie de Berlin. 
publiés par l’Académie des inscriptions (3) Origines de l'Alchimie, p. 331. 
(1866), volume préparé par Letronne, (4) Mème ouvrage, p. 80-94. 


Brunet de Presle et le regretté Egger. 


. PAPYRUS DE LEIDE 7 


entre eux étroitement, par le lieu où ils ont été trouvés et même par 
certains rénvois du papyrus X, purement alchimique, au papyrus V, 
spécialement magique. L'histoire de la magie et du gnosticisme est étroi- 
tement liée à celle des origines de l’alchimie : les textes actuels fournissent 
à cet égard de nouvelles preuves à l’appui de ce que nous savions déjà (1). 
Le dernier papyrus est spécialement chimique. J'en examinerai les recettes 
avec plus de détail, en en donnant au besoin la traduction, autant que j'ai 
pu réussir à la rendre intelligible. 

Les papyrus de Leide, grecs, démotiques et hiéroglyphiques, pro- 
viennent en majeure partie d’une collection d’antiquités égyptiennes, 
réunies au commencement du xix° siècle par le chevalier d’Anastasi, vice- 
consul de Suède à Alexandrie. Il céda en 1828 cette collection au gouver- 
nement des Pays-Bas. Un grand nombre d’entre eux ontété publiés depuis, 
par les ordres du gouvernement néerlandais. Je ne m’occuperai que des 
papyrus grecs. [15 forment, je le répète, deux volumes in-4, l’un de 
144 pages, l’autre de 310 pages : celui-ci a paru l’an dernier. Le texte grec y 
est accompagné par une version latine, des notes et un index, enfin par des 
planches représentant le fac-similé de quelques lignes ou pages des manus- 
crits. En ce qui touche les planches, on doit regretter que M. Leemans 
n'ait pas cru devoir faire cette reproduction, au moins pour lesecond volume, 
par le procédé de la photo-gravure sur zinc, qui fournit à si bon marché 
des textes si nets, absolument identiques avec les manuscrits et susceptibles 
d’être tirés typographiquement d’une façon directe (2). Les planches litho- 
graphiées des Papyri græci sont beaucoup moins parfaites et ne donnent 
qu'une idée incomplète de ces vieilles écritures, plus nettes en réalité, 
ainsi que j'ai pu m'en assurer sur des épreuves photographiques que je dois 
à l’obligeance de M. Révillout. 

Le tome I, qui a paru en 1843, est consacré aux papyrus notés A, B, C, 
jusqu’à V, papyrus relatifs à des procès et à des contrats, sauf deux, qui 
décrivent des songes : ces papyrus sont curieux pour l'étude des mœurs et 


du droit égyptien; mais je ne m’v arrêterai pas, pour cause d’incompétence. 
J 1 J ») 


(ἡ Voir également : Origines'de l’Al- (2) Voir les Signes et les Notations 
chimie, p. 211. alchimiques, dans le présent volume. 


ὃ INTRODUCTION 


Je ne m'arrêterai pas non plus dans le tome IT au papyrus Y, qui renferme 
seulement un abécédaire, ni au papyrus Z, trouvé à Philæ, très postérieur 
aux autres; car il a été écrit en l’année 301 de notre ère, et renferme 
la supplique d’Apion, « évêque de la légion qui tenait garnison à Syène, 
Contre-Syène et Eléphantine » : cette supplique est adressée aux empereurs 
Théodose et Valentinien, pour réclamer leur secours contre les incursions 
et déprédations des barbares. 

Décrivons au contraire avec soin les trois papyrus magiques et alchi- 


miques. 


PAPVRUSM 


Le papyrus V est bilingue, grec et démotique; il est long de 3", 60, haut 
de 24 centimètres; le texte démotique y occupe 22 colonnes, longues chacune 
de 30 à 35 lignes. Le texte grec y occupe 17 colonnes de longueur inégale. 

Le commencement et la fin sont perdus. Il paraît avoir été trouvé à 
Thèbes. Il ἃ été écrit vers le rrre siècle, d’après le style et la forme de l’écri- 
ture, comme d’après l’analogie de son contenu avec les doctrines gnostiques 
de Marcus. Le texte grec est peu soigné, rempli de répétitions, de solécismes, 
de changements de cas, de fautes d'orthographe attribuables au mode de 
prononciation locale, telles que «& pour € et réciproquement ; # pour t. 
» pour οἱ, etc. [Il contient des formules magiques : recettes pour philtres, 
pour incantations et divinations, pour procurer des songes. Ces formules 
sont remplies de mots barbares ou forgés à plaisir et analogues à celles que 
l'on lit dans Jamblique {De Mysteriis Egyptiorum) et chez les gnostiques. 


Donnons seulement l’incantation suivante, qui ne manque pas de grandeur. 


Les portes du ciel sont ouvertes ; 

Les portes de la terre sont ouvertes : 

La route de la mer est ouverte; 

La route des fleuves est ouverte ; 

Mon esprit a été entendu par tous les dieux et les génies : 
Mon esprit a été entendu par l'esprit du ciel; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit de la terre ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit de la mer ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit des fleuves. 


L 
PAPYRUS DE LEIDE 0 
Ce texte rappelle le refrain d’une tablette cunéiforme, citée par F. Lenor- 


mand dans son ouvrage sur la magie chez les Chaldéens. 


᾿ Esprit du ciel, souviens-toi. 
Esprit de la terre, souviens-toi. 


Dans le papyrus actuel on retrouve la trace des vieilles doctrines égyp- 
tiennes, défigurées par l’oubli où elles commencçaient à tomber. Les noms 
juifs, tels que Jao, Sabaoth, Adonaï, Abraham, etc., celui de l’Abraxa, l’impor- 
tance de l'anneau magique dontla pierre porte la figure du serpent qui se mord 
la queue, anneau qui procure gloire, puissance etrichesse{1), le rôle prépon- 
dérant attribué au nombre sept (2), « nombre des lettres du nom de Dieu, 
suivant l'harmonie des sept tons», l’invocation du grand nom de Dieu (3), la 
citation des quatre bases et des quatre vents: tout cela rappelle les gnosti- 
ques et spécialement (4) les sectateurs de Marcus, au mi siècle de notre ère. 
Les pierres gravées de la Bibliothèque nationale de Paris portent de même 
la figure du serpent ouroboros, avec les sept voyelles et divers signes caba- 
listiques (5) du même ordre. Ce serpent joue d’ailleurs en Aïchimie un rôle 
fondamental. Le nom de Jésus ne paraît qu’une seule fois dans le papyrus, 
au milieu d’une formule magique (6) et sans attribution propre. Le papyrus 
n’a donc point d’attaches chrétiennes. Par contre, les Egyptiens, les Grecs 
et les Hébreux sont fréquemment rapprochés et mis en parallèle dans les 
invocations (col. 8,1. 15) : ce qui est caractéristique. Signalons aussi le nom 
des Parthes (7), qui disparurent avant le milieu du me siècle de notre ère et 
dont il n’est plus question ultérieurement ; il figure dans le papyrus V, aussi 
bien que dans l’un des écrits de l’alchimiste Zosime. Plusieurs auteurs sont 
cités dans le papyrus, mais ils appartiennent au même genre de littérature. 
Les uns, tels que Zminis le Tentyrite, Hémérius, Agathoclès et Urbicus, 

. sont des magiciens, inconnus ailleurs. Mais Apollo Béchès (Horus l’Éper- 


vier ou Pébéchius}, Ostanès, Démocrite et Moïse, lui-même, figurent déjà à 


(1) Papyrus V, col. 8, 1. 24; col. 6, (4) Pap. V, col: 2; Ε 70. 29, etc. — 
1226: | Origines de l’Alchimie, p. 34. 

(2)BapV; col: 1121625; 50;1col.4, (5) Origines de l’Alchimie, p. 62. 
PrS cols 16: 1col "9 I 20; Εἴς: (6) Pap. V, col: 6; 1: 17. 

(BROSSE col 58.1.05: (7) Pap..V, col: 8; 1. 18: 


10 INTRODUCTION 


ce même titre dans Pline l'Ancien, et ils jouent un grand rôle chez les 
alchimistes. Au contraire, dans le papyrus, Agathodémon n’est pas encore 
évhémérisé et transformé en un écrivain, comme chez ces derniers : c’est 
toujours la divinité « au nom magique de laquelle la terre accourt, l'enfer 
est troublé, les fleuves, la mer, les lacs, les fontaines, sont frappées de con- 
gélation, les rochers se brisent ; celle dont le ciel est la tête, l’éther le corps, 
la terre les pieds, et que l'Océan environne (pap. V, col. 7, 1. 30). Il y a là 
un indice d’antiquité plus grande. 

Trois passages méritent une attention spéciale pour l'histoire de la 
science ; ce sont : la sphère de Démocrite, astrologico-médicale; les noms 
secrets donnés aux plantes par les scribes sacrés; et les recettes alchi- 
miques. Le mélange de ces notions, dans le même papyrus, avec les incan- 
tations et recettes magiques, est caractéristique. Je consacrerai un article 
spécial à la sphère de Démocrite et aux figures du même ordre qui existent 
dans plusieurs manuscrits grecs. 

Les noms sacrés des plantes donnent lieu à des rapprochements analo- 
gues entre le papyrus, les écrits alchimiques et l'ouvrage, tout scientifique 
d’ailleurs, de Dioscoride. Voici le texte du papyrus V (col. r2 fin et 
col. 13). 

« Interprétation tirée des noms sacrés dont se servaient les scribes sacrés, 
afin de mettre en défaut la curiosité du vulgaire. Les plantes et les autres 
choses dont ils se servaient pour les images des dieux ont été désignées par 
eux de telle sorte que, faute de les comprendre, on faisait un travail vain, en 
suivant une fausse route. Mais nous en avons tiré l'interprétation de beau- 
coup de descriptions et renseignements cachés. » 

Suivent 37 noms de plantes, de minéraux, etc., les noms réels étant mis 
en regard des noms mystiques. Ceux-ci sont tirés du sang, de la semence, 
des larmes, de la bile, des excréments et des divers organes (tête, cœur, os, 
queue, poils, etc.) des dieux égyptiens grécisés (Héphaistos ou Vulcain, 
Hermès ou Mercure, Vesta, Hélios ou Soleil, Cronos ou Saturne, Hercule, 
Ammon, Arès ou Mars); des animaux (serpent, 1015, cynocéphale, porc, 
crocodile, lion, taureau, épervier), enfin de l’homme et de ses diverses 
parties (tête, œil, épaule). La semence et le sang y reparaissent continuel- 


lement : sang de serpent, sang d'Héphaistos, sang de Vesta, sang de 


PAPYRUS DE LEIDE IT 


l'œil, etc. ; semence de lion, semence d'Hermès, semence d'Ammon; os 
d'ibis, os de médecin, etc. Or cette nomenclature bizarre se retrouve 
dans Dioscoride. En décrivant les plantes et leurs usages dans sa Matière 
médicale, il donne les synonymes des noms grecs en langue latine, égyp- 
tienne, dacique, gauloise, etc., synonymie qui contient de précieux ren- 
seignements. On y voit figurer, en outre, les noms tirés des ouvrages qui 
portaient les noms d’Ostanès (1), de Zoroastre (2), de Pythagore (3), de 
Pétésis (4), auteurs également cités par les alchimistes et par les Geoponica. 
On y lit spécialement les noms donnés par les prophètes (5), c’est-à-dire 
par les scribes sacerdotaux de l'Égypte : J'ai relevé 54 de ces noms, formés 
précisément suivant les mêmes règles que les noms sacrés du papyrus : 
sang de Mars, d'Hercule, d'Hermès, de Titan, d'homme, d’ibis, de chat, 
de crocodile; sang de l'œil; semence d'Hercule, d'Hermès, de chat; œil 
de Python; queue de rat, de scorpion, d’ichneumon ; ongle de rat, d’ibis; 
larmes de Junon, etc. 

Il existe encore dans la nomenclature botanique populaire plus d’un 
nom de plante de cette espèce : œil de bœuf, dent de lion, langue de 
chien, etc., lequel nom remonte peut-être jusqu’à ces vieilles dénomi- 
nations symboliques (6). Le mot de sang dragon désigne aujourd’hui la 
même drogue que du temps de Pline et de Dioscoride. Ces dénominations 
offraient, dès l’origine, bien des variantes. Car, dans le papyrus comme 
dans Dioscoride, un même nom s’applique parfois à deux ou à trois plantes 
différentes. Ainsi le nom de semence d’Hercule désigne, dans les papyrus, 
la roquette; dans Discoride, le safran (1, 25), le myrte sylvestre (IV, 144) 
et l’ellébore (IV, 148). Le sang de Cronos signifie l'huile de cèdre et le lait 
de porc, dans le papyrus. D’autres noms ont une signification différente dans 
le papyrus et dans Dioscoride, quoique unique dans chacun d’eux. Ainsi 


la semence d'Hermès signifie l'anis dans le papyrus ; le bouphthalmon 


(ἡ) Diosc., Mat. médicale, I, 0; 11, 134: ΠΠ 144, 192, 105.) 180; Εἴς: ΜΠ 
10, 207: τοῦ: ΠΝ 1.39,.1.26. 175. 6, 565 58, etc. ;tIV, 4, 23,1etc. 

(2) Zbid., 11, 144; IV, 175. (6) Cependant ces noms populaires 

(3) Zbid., II, 144, 207; III, 33. 41. sont plutôt destinés à faire image. A ce 

4) Tbid., N,, 114. titre, ils auraient pu précéder la nomen- 


(4) 
(5) Diosc., Mat. méd., 1, 9, 25, 120, clature symbolique et en suggérer l’idée 


12 INTRODUCTION 


dans Dioscoride (III, 146). Le sang de taureau signifie l'œuf du scarabée 
dans le papyrus, le Marrubium dans Dioscoride (IIT, 109). Réciproque- 
ment, une même plante peut avoir deux noms différents dans les deux au- 
teurs. L'Artemisia s'appelle sang de Vulcain dans le papyrus, sang humain 
dans Dioscoride (111, 117). Un seul nom se trouve à la fois dans le papyrus 
et dans Dioscoride, c’est celui de l’Anagallis, désigné par le mot : sang de 
l'œil. 

On voit que les nomenclatures des botanistes d’alors ne variaient pas 
moins que celles de notre temps, alors même qu’elles procédaient de con- 
ventions symboliques communes, comme celles des prophètes égyptiens. 
Quelques-uns de ces mots symboliques ont passé aux alchimistes, mais 
avec un sens différent; tels sont les noms : semence de Vénus, pris pour 
la fleur (oxyde, carbonate, etc.) de cuivre; bile de serpent, pris pour le mer- 
cure, ou bien pour l’eau divine; éjaculation du serpent, pris pour le mer- 
cure ; Osiris (1), pris pour le plomb (ou le soufre); lait de la vache noire, 
pris pour le mercure tiré du soufre (2); sang de moucheron, pris pour l’eau 
d’alabastron; boue (ou lie) de Vulcain, pour l'orge, etc.; toutes désignations 
tirées du vieux lexique alchimique. Dans le papyrus et dans Dioscoride, 
on trouve souvent les mêmes mots, mais avec une autre sigrification. Tout 
ceci concourt à reconstituer le milieu intellectuel et les sources troublées 
où a eu lieu l’éclosion des premières théories de la chimie. 

Arrivons aux quelques notions de cette science dont le papyrus V con- 
serve la trace. Elles se bornent à une recette d’encre, en une ligne (col. 12, 
1. 16) et ἃ τὰ procédé pour affiner l'or (col. 6, 1. 18). 

1° L’encre dont il s’agit est composée avec 4 drachmes de misy, 2 draçh- 
mes de couperose (verte), 2 drachmes de noix de galle, 3 drachmes de 
gomme et 4 drachmes d’une substance inconnue, désignée par deux Z, dans 
chacun desquels est engagé une petite lettre complémentaire. Un signe ana- 
logue existe chez les alchimistes et les médecins et paraît signifier pour 
eux le gingembre {voir plus loin le tableau des signes reproduit d’après une 
photogravure) ; mais ce sens n’est pas applicable ici. Je crois qu’il s’agit de 


(1) Dans Dioscoride, III, 8o, c’est le | propre, à ce qu'il semble. (Pap. W, 
nom d’une plante. | col 55111 45;tetcol #4, 1.5.2: 
(2) Lait d’une vache noire, au sens ἃ 


PAPYRUS DE LEIDE 13 


l'encre mystique fabriquée avec les sept parfums (1) et les sept fleurs (2), 
au moyen de laquelle on écrivait les formules magiques sur le nitre, 
d’après le papyrus suivant {pap. W, col. 6, 1. 5 ; col. 5, 1.8 ; col. 9,1. ro; 
col. το, 1. 41) : en effet, la lettre Z exprime précisément le nombre sept, 
et se retrouve, isolée, avec ce sens dans le même papyrus (col. 11, 1. 26 ; 
v. aussi col. 6, 1. 5). 

Cette composition rappelle, par sa complexité, celle du Kyphi, substance 
sacrée (3) des Égyptiens. 

20 Le procédé (4) pour affiner l'or (Ἴωσις χρυσοῦ). (5), ne manque pas d’in- 
térêt, il est cité d’ailleurs dans une préparation sur la coloration de l'or; 
donnée dans le papyrus X alchimique; ce qui établit la connexité des 
deux papyrus. Ajoutons qu’il se trouve transcrit entre une formule pour 
demander un songe (ὀνειρετητόν) et la description d’un anneau magique qui 
donne le bonheur; ce qui montre bien le milieu intellectuel d'alors: les 
mêmes personnes pratiquaient la magie et la chimie. Enfin ce procédé ren- 
ferme une recette intéressante, par sa ressemblance avec la méthode con- 


nue sous le nom de cément royal, à l’aide de laquelle on séparait autre- 


fois l’or et l'argent. Donnons d’abord la traduction de ce texte: 


(1) Voici le texte même du Papyrus 
W : « Les sept parfums sont : le styrax 
consacré à Saturne, le malabathrum à 
Jupiter, le costus à Mars, l’encens au 
soleil, le nard indien à Vénus, le casia 
à Hermès, la myrrhe à la lune. » 

(2) Voici le texte du papyrus W 
« Les sept fleurs, d’après Manéthon 
(lastrologue), sont: la marjolaine com- 
mune, le lis, le lotus, l'Eriphyllium 
(renoncule?) le narcisse, la violette 
blanche, la rose. » (Pap. W, col. 1, 1. 
22.) On les broie dans un mortier blanc 
21 jours avant la cérémonie et on les 
sèche à l'ombre. 

(3) Origines de l’Alch., p. 30. Diosc. 
Mat. méd.; 1, 24. 

(4) Papyri græci, V, col. 6. 

(5) Le mot ἴωσις a quatre sens : il 
siguifie : 


1° L'opération de la rouille, c’est-à- 
dire l’oxydation d’un métal; 

20 L’affinage du métal, lequel est 
souvent connexe avec l'oxydation du 
métal impur, celle-ci tendant à éli- 
miner les métaux étrangers dont les 
oxydes sont plus stables : ce qui est 
le cas des métaux alliés à l’or dans la 
nature ; 

3° La virulence, ou possession d’une 
propriété active spécifique ;telle notam- 
ment que celle que l'oxydation déve- 
loppe dans certains métaux; mais avec 
un sens plus compréhensif ; 

4° Enfin la coloration en violet. Ce 
dernier sens, qui se trouve chez les 
alchimistes et qui répond parfois à la 
formation de certains dérivés colorés de 
l'or, n’est pas applicable ici. 


14 INTRODUCTION 


« Prenez du vinaigre piquant (1), épaississez, prenez de... (2),8 drachmes 
de sel commun, 2 drachmes d’alun lamelleux (schiste), 4 drachmes de 
litharge, broyez avec le vinaigre pendant 3 jours, séparez par décantation 
etemployez. Alors ajoutez au vinaigre 1 drachme de couperose, une demi- 
obole de... (3), trois oboles de chalcite (4), une obole et demie de sory (5), 
une silique (6) de sel commun, deux siliques de sel de Cappadoce (7). Faites 
une lame ayant deux quarts (d’obole?) Soumettez-la à l’action du feu... jus- 
qu’à ce que la lame se rompe, ensuite prenez les morceaux et regardez-les 
comme de l’or affiné. 

« Ayant pris quatre paillettes (8) d’or, faites-en une lame, chauffez-la et 
trempez-la dans de la couperose broyée avec de l’eau et avec une autre 
(couperose) sèche, battez (une partie)... avec la matière sèche, une autre 
avec la matière mélangée : déversez la rouille et jetez dans... » 

Il y a là deux recettes distinctes. Dans toutes deux figure le sulfate 
de cuivre plus ou moins ferrugineux, sous les noms de chalcanthon ou 
couperose et de sory. La seconde recette semble un fragment mutilé d'une 
formule plus étendue. La première présente une grande ressemblance 
avec une formule donnée dans Pline pour préparer un remède avec l'or, 
en communiquant aux objets torréfiés avec lui une propriété spécifique 
active, désignée par Pline sous le nom de virus. Remarquons que ce mot 
est la traduction littérale du grec ἰός, rouille ou venin, d’où dérive ἴωσις : 
ce qui complète le rapprochement entre la formule de Pline et celle du 
papyrus. Voici les paroles de Pline (ist. Nat., XXXIII, 25) : 


« On torréfie l'or dans un vase de terre, avec deux fois son poids de selet 


(1) Le texte porte δριάου. qui n’a pas 
de sens; c’est δριμύ qu'il faut lire. 

(2) Lacune. 

(3) τ drachme — 6 oboles, mesure de 
poids. 

(4) Mineraïi de cuivre, tel que la pyrite. 

(5) Produit de l’altération de la pyrite, 
pouvant renfermer à la fois du sulfate 
de cuivre et du sulfate de fer basique. 
Le sory est congénère du misy, produit 
d’altération analogue, mais moins riche 
en cuivre. (V. Diosc. Mat. méd., V, 


116-118 ; Pline, Æ1. N., XXXIV, 30, 31. 

(6) Silique — tiers de l’obole, mesure 
de poids. 

(7) Variété de sel gemme. 

(8) Le texte porte le mot ὄζεια. Ce 
mot ne se trouve pas dans les diction- 
naires et a fort embarrassé M. Lee- 
mans et Reuvens, qui y a vu le nom du 
roi (ou du prophète) juif Osée. Je le 
rattacherai à ὄζος, nœud ou rameau. Il 
répondrait au latin ramentum, si fré- 
quent dans Pline. 


PAPYRUS DE LEIDE 15 


trois fois son poids de misy (1); puis on répète l'opération avec 2 parties de 
sel et τ partie de la pierre appelée schiste (2). De cette façon, il donne des 
propriétés actives aux substances chauffées avec lui, tout en demeurant pur 
etintact. Le résidu est une cendre que l’on conserve dans un vase de terre. » 

Pline ajoute que l’on emploie ce résidu comme remède. L’efficacitéde l’or, 
le plus parfait des corps, contre les maladies et contre les maléfices est un 
vieux préjugé. De là, au moyen âge, l’idée de l’or potable. La préparation 
indiquée par Pline devait contenir les métaux étrangers à l’or, sous forme 
de chlorures ou d’oxychlorures. Renfermait-elle aussi un sel d’or ἢ A la ri- 
gueur, il se pourrait que le chlorure de sodium, en présence des sels basi- 
ques de peroxyde de fer, ou même du bioxyde de cuivre, dégageât du chlore, 
susceptible d'attaquer l’or métallique ou allié, en formant du chlorure d’or, 
ou plutôt un chlorure double de ce métal. Mais la chose n’est pas démon- 
trée. En tous cas, l’or se trouve affiné dans l'opération précédente. 

C’est en effet ce que montre la comparaison de ces textes avec l’exposi- 
tion du procédé du départ par cémentation, donnée par Macquer (Diction- 
naire de chimie, 1778). Il s’agit du problème, fort difficile, qui consiste à 
séparer l’or de l’argent par voie sèche. On y parvient aujourd’hui aisément 
par la voie humide, qui remonte au xvure siècle. Mais elle n’était pas connue 
auparavant. Au moyen âge on opérait cette séparation soit au moyen du 
cément royal, soit au moyen d’une sorte de coupellation, assez difficile à 
réaliser, et où le soufre et l’antimoine remplacçaient le plomb. 

Voici la description donnée par Macquer du cément royal, usité autrefois 
dans la fabrication des monnaies. On prend 4 parties de briques pilées et 
tamisées, 1 partie de vitriol vert, calciné au rouge, 1 partie de sel commun; 
on en fait une pâte ferme que l’on humecte avec de l’eau ou de l'urine. 
On la stratifie avec des lames d’or minces, dans un pot de terre; on lute 
le couvercle et on chauffe à un feu modéré pendant vingt-quatre heures, en 


prenant garde de fondre l’or. On répète au besoin l'opération. 


(1) Le misy représente le produit de | (2) Le schiste de Pline signifie un 
l'oxydation lente des pyrites, renfer- | minerai divisible en lamelles: c’est tan- 
mant à la fois du sulfate de cuivre et tôt de l’alun, tantôt un minerai de fer 
du sulfate de fer plus ou moins basique. | congénère de l’hématite (Hist. nat., 
(Voir plus haut, page précéd., note 5. |  XXVI, 35). 


10 INTRODUCTION 


En procédant ainsi, l'argent et les autres métaux se dissolvent dans le 
chlorure de sodium, avec le concours de l’action oxydante et, par suite, 
chlorurante, exercée par l’oxyde de fer dérivé du vitriol ; tandis que l'or 
demeure inattaqué. Ce procédéétait même employé, d’après Macquer, parles 
orfèvres, qui ménageaient l’action, de façon à changer la surface d’un bijou 
en or pur, tandis que la masse centrale demeuraït à bas titre. 

Il est facile de reconnaître la similitude de ce procédé avec la recette de 
Plineetaveccelle du papyrus égyptien. Geber, Albert le Grand (pseudonyme) 


et les chimistes du moyen âge en ont gardé constamment la tradition. 
PAPYRUS W 


Passons au papyrus W, qui fournit plus spécialement des lumières sur 
les relations entre la magie etle gnosticisme juif. Il est formé de 7 feuillets 
et demi, haut de o",27, large de 0",32. Il renferme 25 pages de texte en let- 
tresonciales, quelques-unes cursives, chacune de ces pages a de 52 à 31 lignes, 
parfois moins. [] remonte au 118 siècle etse rattache fort étroitement aux doc- 
trines de Marcus et des Carpocratiens(r). Il esttiré principalement des ouvra- 
ges apocryphes de Moïse, écrits à cette époque; il cite, parmi ces ouvrages, la 
Monade, le Livre secret, la Clef (2),le Livre des Archanges, le Livre lunaire, 
peut-être aussi un Livre sur la loi, le 5e livre des Ptolémaïques, le livre 
Panarètos (3): ces derniers donnés sans nom d'auteur. Tous ces ouvrages 
sont congénères et probablement contemporains dela Chimie domestique de 


Moïse, dont j'airetrouvé des fragments étendus dans les alchimistes grecs (4) 


(1) Matter, Aist. du gnosticisme, τ. 11, 
p. 265. 

(2) On attribuait à Hermès un ou- 
vrage du mème titre, KAs<, adressé à 
Toth,et cité par Lactance et par Stobée. 

(3) Un ouvrage du mème titre, attri- 
bué à Hermès Trismégiste, est cité par 
Scaliger, dans son édition de Manilius, 
p. 200. Il y était question des sept 
« sorts » répondant aux sept planètes, 
savoir : 


τὰ χλῆροι ἐν τῇ ΠΠαναρέτῳ Τρισ- 
μεγίστου. 

Saturne : νέμεσις. 

Jupiter : νίκη. 

Mars : τόλμα. - 

Soleil : ἀγαθοδαΐμων. 

Vénus : ἔρως. 

Mercure : ἀνάγχη. 

Lune : ἀγαθὴ τύχη. 
(4) Origines de l'Alchimie, p. 55, 125, 

ΤΙΣ 


PAPYRUS DE LEIDE 17 


ainsi que des écrits de Moïse le magicien cité dans Pline{r): c’estla même 
famille d'apocryphes. Le manuscritactuel est, d’ailleurs, remplide solécismes 
et de fautes d'orthographe, attestant l’ignorance des copistes égyptiens. On 
y cite Hermès Ptéryx, Zoroastre le Persan, Tphé l'hiérogrammate, auteur 
d’un livre adressé au roi Ochus, Manéthon l’astrologue, le même sans doute 
que celui dont nous possédons un poème, les mémoires d'Evenus, Orphée 
le théologien. Érotyle, dans ses Orphiques. Les noms d'Orphée et d’Éro- 
tyle se retrouvent aussi chez les alchimistes grecs. Le nom du second, cité 
aussi par Zosime, a été d’ailleurs méconnu et pris pour celui d’un instru- 
mentchimique; sa reproduction dansle Papyrus W (Papyri, τ. II, p. 254) en 
fixe lesens définitif. Toth{t. IT, p. 103) et l'étoile du chien(Il, 109-115) rap- 
pellent la vieille Égypte. Les noms d'Abraham, Isaac, Jacob, Michel 
(t. IT,p. 144-153), celui des deux Chérubins (t. II, p. 101), l'intervention du 
temple de Jérusalem (τ. IT, p. 99), montrent les affinités juives de l’auteur. 
Apollon et le serpent Pythien (11, 88) manifestent le mélange de traditions 
grecques, aussi bien que dans les papyrus de Berlin et chez les alchi- 
mistes (2). Ces affinités sont en même temps gnostiques. C’est ici le lieu de 
rappeler que les Marcosiens avaient composé un nombre immense d'ou- 
vrages apocryphes, d'après Irénée (Æéresies, I, 17). Letitre même énoncé 
à la première Jigne du papyrus: « livre sacré appelé Monas, le huitième de 
Moïse, sur le nom saint », est tout à fait conforme aux doctrines des Car- 
pocratiens, pour lesquels Monas était le grand Dieu ignoré(3). Le grandnom 
ou le saint nom possède des vertus magiques (Papy-ri, τ. Il, p. 99); il rend 
invisible, il attire la femme vers l’homme, il chasse le démon, il guérit les 
convulsions, il arrête les serpents, il calme la colère des rois, etc. Le saint 
nom est appelé aussi Ogdoade (Papyri, t. II, p. 141) et formé de sept 
voyelles, lamonas complétant le nombre huit. Lenombre sept joue ici, comme 
dans toute cette littérature, un rôle prépondérant: il est subordonné à celui 
des planètes divines, à chacune desquelles est consacrée une plante et un 
parfum spécial (Papyri, τ. II, p. 33; voir ci-dessus les notes de la p. 13). 


᾿ 


Sans nous arrêter aux formules d’incantation et de conjuration, farcies 


(PA NX Σὲ (5) Matter, Hist. du gnosticisme, 
(2) Origines de l’Alchimie, p. 333. ἘΠῚ Ip 265: 


18 INTRODUCTION 


de mots barbares, nous pouvons relever, au point de vue des analogies 
historiques, la mention du serpent qui se mord la queue et celle des sept 
voyelles entourant la figure du crocodile à tête d’épervier, sur lequel se 
tient le Dieu polymorphe (Papyri, τ. II, p. 85). C’est encore là une figure 
toute pareille à celles qui sont tracées sur les pierres gravées de la Biblio- 
thèque nationale. (Origines de l’alchimie, p. 62). 

Citons aussi la mention de l’Agathodémon ou serpent divin : « le ciel 
est ta tête, l’éther ton corps, la terre tes pieds, et l’eau t’environne; tu es 
l'Océan qui engendre tout bien et nourrit la terre habitée. » 

J'y relève, en passant, quelques mots chimiques pris dans un sens inac- 
coutumé : tel est le « nitre tétragonal » (p. 85), sur lequel on doit écrire des 
dessins et des formules compliquées. Ce n'était assurément pas notre 
salpêtre, ni notre carbonate de soude, qui ne se prêteraient guère à de pa- 
reilles opérations. Le sulfate de soude fournirait peut-être des lames suffi- 
santes; mais il est plus probable qu'il s’agit ici d’un sel insoluble, suffisam- 
ment dur, tel que le carbonate de chaux (spath calcaire), ou le sulfate de 
chaux, peut-être le feldspath : car il est question plus loin de lécher et de 
laver deux deses faces(Papyri, τ. I1,p. 01); ilyaläune énigme. Sur cenitre, 
on écrit avec une encre faite des sept fleurs et des sept aromates (Papyri, 
τ. Il, p. 90, 99). On doit y peindre une « stèle » sacrée renfermant l’invoca- 
tion suivante : 

« Je vinvoque, toi, le plus puissant des dieux, qui as tout créé; toi, né de 
toi-même, qui vois tout, sans pouvoir être vu. Tu as donné au soleil la 
gloire et la puissance. A ton apparition, le monde a existé et la lumière a 
paru. Tout t'est soumis, mais aucun des dieux ne peut voir ta forme, parce 
que tu te transformes dans toutes... Je t’invoque sous le nom que tu pos- 
sèdes dans la langue des oiseaux, dans celle des hiéroglyphes, dans celle 
des Juifs, dans celle des Égyptiens, dans celle des cynocéphales..…. dans 
celle des éperviers, dans la langue hiératique.…… » 

Ces divers langages mystiques reparaissent un peu plus loin, après une 
invocation à Hermès et en tête d'un récit gnostique de la création, récit que 
je reproduis en l’abrégeant, afin de donner une idée plus complète de ce 
genre de littérature qui a eu un rôle historique si considérable. 


« Le Dieu aux neufs formes te salue en langage hiératique…. et ajoute : 


PAPYRUS DE LEIDE 19 


jete précède, Seigneur. Ce disant, il applaudit trois fois. Dieu rit : cha, 
cha, cha, cha, cha, cha, cha (sept fois), et Dieu ayant ri, naquirent les sept 
dieux qui comprennent le monde ; car ce sont eux qui apparurent d’abord. 
Lorsqu'il eut éclaté de rire, la lumière parut et éclaira tout; car le Dieu 
naissait sur le monde et sur le feu. Bessun, berithen, berio. 

« Il éclata de rire pour la seconde fois: tout était eau. La terre, ayant 
entendu le son, s’écria, se courba, et l’eau se trouva partagée en trois. Le 
Dieu apparut, celui qui est préposé à l’abîme; sans lui l’eau ne peut ni 
croître, ni diminuer. » 

Au troisième éclat de rire de Dieu, apparaît Hermès; au cinquième, le 
Destin, tenant une balance et figurant la Justice. Son nom signifie la bar- 
que de la révolution céleste: autre réminiscence de la vieille mythologie 
égyptienne. Puis vient la querelle d'Hermès et du Destin, réclamant chacun 
pour soi la Justice. Au septième rire, l’âme naît, puis le serpent Pythien, 
qui prévoit tout (1). 

Jai cité, en l’abrégeant, tout ce travestissement gnostique du récit biblique 
des sept jours de la création, afin d'en montrer la grande ressemblance avec 
la Pistis Sophia et les textes congénères, et pour mettre en évidence le 


milieu dans lequel vivaientet pensaient les premiers alchimistes. 


PAPYRUS X 


Nous allons maintenant examiner le papyrus X, le plus spécialement 
chimique : il témoigne d’une science des alliages et colorations métalliques 
fort subtile et fort avancée, science qui avait pour but la fabrication et 
la falsification des matières d’or et d’argent: à cet égard, il ouvre des jours 
nouveaux sur l’origine de l’idée de la transmutation des métaux. Non seu- 
lement l’idée est analogue; mais les pratiques exposées dans ce papyrus 
sontles mêmes, comme je l’établirai, que celles des plus vieux alchimistes, 
tels que le Pseudo-Démocrite, Zosime, Olympiodore, le Pseudo-Moise, 


Cette démonstration est de la plus haute importance pour l’étude des ori- 
4 


(1) Voir plus haut (p. 16, note 3) les sept χλῆροι, tirés du livre Panaretos. 


20 INTRODUCTION 


gines de l’alchimie. Elle prouve en effet que ces origines ne sont pas fon- 
dées sur des imaginations purement chimériques, comme on l’a cru quel- 
quefois ; mais elles reposaient sur des pratiques positives et des expériences 
véritables, à l’aide desquelles on fabriquait des imitations d’or et d'argent. 
Tantôt le fabricant se bornaït à tromper le public, sans se faire illusion sur 
ses procédés ; c’est le cas de l’auteur des recettes du papyrus. Tantôt, au 
contraire, ilajoutait à son art l’emploi des formules magiques ou des prières, 
et il devenait dupe de sa propre industrie. 

Les définitions du mot « or », dans le lexique alchimique grec qui fait 
partie des vieux manuscrits, sont très caractéristiques : elles sont au nombre 
de trois, que voici: 

« On appelle or le blanc, le sec et le jaune et les matières dorées, à l’aide 
desquelles on fabrique les teintures solides ; » 

Et ceci: « L'or, c’est la pyrite, et la cadmie et le soufre ; » 

Ou bien encore : « L'or, ce sont tous les fragments et lamelles jaunis et 
divisés et amenés à perfection. » 

On voit que le mot «or», pour les alchimistes comme pour les orfèvres des 
papyrus de Leide, et j'ajouterai même, à certains égards, pour les orfèvres et 
les peintres d'aujourd'hui, avait un sens complexe: il servait à exprimer 
l'or vrai d’abord, puis l’or à bas titre, les alliages à teinte dorée, tout objet 
doré à la surface, enfin toute matière couleur d’or, naturelle ou artificielle. 
Une certaine confusion analogue règne même de nos jours, dans le langage 
courant; mais elle n’atteint pas le fond des idées, comme elle le fit autre- 
fois. Cette extension de la signification des mots était en effet commune chez 
les anciens ; le nom de l’émeraude et celui du saphir, par exemple, étaient 
appliqués par les Egyptiens aux pierres précieuses et vitrifications les plus 
diverses (1). De même que l’on imitait l'émeraude et le saphir naturels, on 
imitait l'or et l’argent. En raison des notions fort confuses que l'on avait 
alors sur la constitution de la matière, on crut pouvoir aller plus loin et on 
s’imagina y parvenir par des artifices mystérieux. Mais, pour atteindre le 
but, il fallait mettre en œuvre les actions lentes de la nature et celles d’un 


pouvoir surnaturel. 


(1) Origines de l'Alchimie, p. 218. 


PAPYRUS DE LEIDE 21 


« Apprends, ὃ ami des Muses, dit Olympiodore, auteur alchimique du 
« commencement du v° siècle de notre ère, apprends ce que signifie le mot 
« économie (1) et ne vaspas croire, comme le font quelques-uns, que l’action 
« manuelle seule est suffisante : non, il faut encore celle de la nature, etune 
« action supérieure à l’homme. » 

Et ailleurs : « Pour que la composition se réalise exactement, dit Zosime ; 
« demandez par vos prières à Dieu de vous enseigner, car les hommes ne 
« transmettent pas la science; ils se jalousent les uns les autres, et l’on ne 
« trouve pas la voie... Le démon Ophiuchus entrave notre recherche, ram- 
« pant de tous côtés et amenant tantôt des négligences, tantôt la crainte, 
« tantôt l’imprévu, en d’autres occasions les afictions et les châtiments, afin 
« de nous faire abandonner l’œuvre. » 

De là la nécessité de faire intervenir les prières et les formules magi- 
ques, soit pour conjurer les démons ennemis, soit pour se concilier la 
divinité. 

Tel était le milieu scientifique et moral au sein duquel les croyances à la 
transmutation des métaux se sont développées: il importait de le rappeler. 
Mais il est du plus haut intérêt, à mon avis, de constater quelles étaient 
les pratiques réelles, les manipulations positives des opérateurs. Or ces pra- 
tiques nous sont révélées par le papyrus de Leide, sous la forme la plus 
claire et en concordance avec les recettes du Pseudo-Démocrite et d’'Olym- 
piodore. Nous sommes ainsi conduits à étudier avec détail les recettes du 
papyrus, qui contient la forme première de tous ces procédés et doctrines. 
Dans le Pseudo-Démocrite, et plus encore dans Zosime, elles sont déjà com- 
pliquées par des imaginations mystiques; puis sont venus les commenta- 
teurs, qui ont amplifié de plus en plus la partie mystique, en obscurcissant 
ou éliminant la partie pratique, à la connaissance exacte de laquelle ils 
étaient souvent étrangers. Les plus vieux textes, comme il arrive souvent, 
sont ici les plus clairs. 

Donnons d’abord ce que l’on sait sur l’origine de ce papyrus, ainsi que sa 
description. Le papyrus X a été trouvé à Thèbes, sans doute avec les deux 


précédents; car la recette 15 qui s'y trouve s’en réfère au procédé d'affinage 


(1) I s’agit du traitement mis en pratique pour fabriquer l’or. 


22 INTRODUCTION 


de l'or cité dans le papyrus V (v. plus haut, p. 13). Il est formé de dix 
grandes feuilles, hautes de o"30, larges de o"34, pliées en deux dans le 
sens de la largeur. IL contient seize pages d'écriture, de vingt-huit à qua- 
rante-sept lignes, en majuscules de la fin du τη siècle. Il renferme soïxante- 
quinze formules de métallurgie, destinées à composer des alliages, en vue 
de la fabrication des coupes, vases, images et autres objets d’orfèvrerie; à 
souder ou à colorer superficiellementles métaux; à enessayerla pureté, etc.; 
formules disposées sans ordre et avec de nombreuses répétitions. Ily a 
en outre quinze formules pour faire des lettres d’or ou d'argent, sujet 
connexe avec le précédent. Le tout ressemble singulièrement au carnet de 
travail d’un orfèvre, opérant tantôt sur les métaux purs, tantôt sur les mé- 
taux alliés ou falsifiés. Ces textes sont remplis d’idiotismes, de fautes d’or- 
thographe et de fautes de grammaire : c’est bien là la langue pratique d'un 
artisan. Ils offrent d’ailleurs le cachet d’une grande sincérité, sans ombre 
de charlatanisme, malgré l’improbité professionnelle des recettes. Puis vien- 
nent onze recettes pour teindre les étoffes en couleur pourpre, ou en couleur 
glauque. Le papyrus se termine par dix articles tirés de la Matière médi- 
cale de Dioscoride, relatifs aux minéraux mis en œuvre dans les recettes 
précédentes. 

On voit par cette énumération que le même opérateur pratiquait l’or- 
fèvrerie et la teinture des étoffes précieuses. Mais il semble étranger à la 
fabrication des émaux, vitrifications, pierres précieuses artificielles. Du 
moins aucune mention n’en est faite dans ces recettes, quoique le sujet 
soit longuement traité dans les écrits des alchimistes. Le papyrus X ne 
s'occupe d’ailleurs que des objets d’orfèvrerie fabriqués avec les métaux 
précieux; les armes, les outils et autres gros ustensiles, ainsi que les 
alliages correspondants, ne figurent pas ici. 

Les recettes relatives aux métaux sont inscrites sans ordre, à la suite les 
unes des autres. Cherchons-en d’abord les caractères généraux. 

En les examinant de plus près, on reconnaît qu’elles ont été tirées de 
divers ouvrages ou traditions. En effet, les unités auxquelles se rappor- 
tent ces compositions métalliques sont différentes, quoique spéciales pour 
chaque recette. L'écrivain y parle tantôt de mesures précises, telles que les 


mines, statères, drachmes, etc. (le mot drachme ou le mot statère étant 


PAPYRUS DE LEIDE 23 


employé de préférence); tantôt il se sert du mot partie; tantôt enfin du 
mot mesure. 


La teinture des métaux est désignée par plusieurs mots distincts: 


χρυσίου χρῶσις, teinture en Or; 
LE A ? 


jpou χρύσωσις, dorure de l’argent; 


χοῦ χρυσοφανοῦς ποίησις, coloration (superficielle) du cuivre en or. 


coloration par enduits ou vernis. 

χρυσοῦ χαταθαφή ; il s’agit d’une teinture en or, superficielle et opérée 
par voie humide. 

ἀσήμου χαταθαφή ; cette fois c’est une teinture en argent, ou plutôt 


en asèm, faite à chaud, avec trempe. 


Nous avons affaire, je le répète, à.plusieurs collections de recettes de 
dates et d’origines diverses, mises bout à bout. C’est ce que confirment les 
répétitions qu’on y rencontre. 

Ainsi, la même recette pour préparer l'asèm (1) fusible (amalgame de 
cuivre et d’étain) reparaît trois fois. L’asèm, dans une formule où il est 
spécialement regardé comme un amalgame d’étain, figure deux fois avec 
de légères variantes; la coloration en asèm, deux fois; la coloration du 
cuivre en or à l’aide du cumin, trois fois; la dorure apparente, àl'’aide 
de la chélidoine et du misy, deux fois ; l'écriture en lettres d’or, à l’aide 
de feuilles d’or et de gomme, deux fois. D’autres recettes sont repro- 
duites, une fois en abrégé, une autre fois avec développement: par 
exemple, la préparation de la soudure d'or, l'écriture en lettres d’or au 
moyen d’un amalgame de ce métal, la même écriture au moyen du soufre 
et du corps appelé alun. En discutant de plus près ces répétitions, on pour- 
rait essayer de reconstituer les recueïls originels, si ce travail semblait 
avoir quelque intérêt. 

Les recettes mêmes offrent une grande diversité dans le mode de rédac- 
tion : les unes sont les descriptions minutieuses de certaines opérations, 
mélanges et décapages, fontes successives, avec emploi de fondants divers. 


Dans d’autres, les proportions seules des métaux primitifs figurent, avec 


(ἡ Voir plus loin ces diverses recettes. 


24 INTRODUCTION 


l'énoncé sommaire des opérations, les fondants eux-mêmes étant omis. Par 
exemple (pap. X, col. 1, 1. 5), on lit: le plomb et l'étain sont purifiés par 
la poix et le bitume; ils sont rendus solides par l'alun, le sel de Cappadoce 
et la pierre de Magnésie jetés à la surface. Dans certaines recettes on n’in- 
dique que les proportions des ingrédients, et sans quil soit fait mention des 
opérations auxquelles ils sont destinés. Ainsi: 

« Asèm fusible (col. 2, 1. 14) : cuivre de Chypre, une mine ; étain en 
baguettes, une mine ; pierre de Magnésie, seize drachmes ; mercure, huit 
drachmes ; pierre de Paros, vingt drachmes. » 

Parfois même l’auteur se borne à donner la proportion de quelques- 
uns des produits seulement: « Pour écrire en lettres d’or (col. 6, 1. 1): 
litharge couleur d’or une partie, alun deux parties. » 

Ceci ressemble beaucoup à des notes de praticiens, destinées à conserver 
seulement le souvenir d’un point essentiel, le reste étant confié à la mémoire. 

Les recettes finales : asèm égyptien, d'après Phiménas le Saïte ; eau 
de soufre ; dilution de l’asèm, etc.; ont au contraire un caractère de com- 
plication spéciale qui rappelle les alchimistes ; aussi bien que les signes 
planétaires de l'or et de l'argent, inscrits dans la dernière. 

Deux questions générales se présentent encore, avant d'aborder l'étude 
détaillée de ces textes : celle des auteurs cités et celle des signes ou abré- 
viations. Un seul auteur est nommé dans le papyrus X, sous le titre: 
Procédé de Phiménas le Saïte pour préparer l’asèm égyptien (col. 11,1. 15). 
Ce nom parait le même que celui de Pamménès, prétendu précepteur 
de Démocrite, cité par Georges le Syncelle, et qui figure dans les textes 
alchimistes de nos manuscrits (1). Ce nom s'écrit aussi Paménasis et Pa- 
ménas, peut-être même Phaminis : dévoué au dieu Mendès; dévoué au 
roi Ménas (2). Le rapprochement entre Phiménas et Pamménès doit être 
regardé comme certain : attendu que la dernière des deux recettes don- 
nées sous le nom de Phiménas dans le papyrus se trouve presque sans 
changement dans le Pseudo-Démocrite, parmi des recettes attribuées 


pareïllement à l'Egyptien Pamménès : j'y reviendrai. 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 170. peut en rapprocher le nom grécisé de 
(2) Papyri græci,t. Il, p. 250. On Menodore. 


PAPYRUS DE LEIDE 


19 
[SA 


Il y a quelque intérêt à comparer les signes et abréviations du papyrus 
avec les signes des alchimistes. Je note d’abord le signe de l'or (col. 12, 
1. 20), qui est le même que le signe astronomique du soleil, précisément 
comme chez les alchimistes : c’est le plus vieil exemple connu de cette 
identification. A côté figure le signe lunaire de l’argent (1). Ces notations 
symboliques ne s'étendent pas encore aux autres métaux. On trouve aussi 
dans le papyrus (col. 9, 1. 42 et 44) un signe en forme de pointe de flèche, 
à la suite des mots θείου ἀπύρου (soufre apyre) : ce signe est pareil à celui 
qui désigne le fer, ou, dans certains cas, répété deux fois, les pierres, dans 
les écrits alchimiques (2). Dans le papyrus il semble qu’il exprime une 


mesure de poids. Les autres signes sont surtout des abréviations techniques, 


d'elles en particulier (pap. X, col. 6, 1. r9) est toute pareille à celle des alchi- 
mistes (3). Les noms des mesures sontabrégés ou remplacés par des signes, 
conformément à un usage qui existe encore de notre temps dans les recettes 
techniques de la pharmacie. 

I1 convient d'entrer maintenant dans l'examen détaillé des cent onze arti- 
cles du papyrus : articles relatifs aux métaux, au nombre de quatre-vingt-dix, 
dont un sur l'eau divine ; articles sur la teinture en pourpre, au nombre de 
onze ; enfin dix articles extraits de Dioscoride. La traduction complète des 
articles sur les métaux va être donnée et suivie d’un commentaire; mais 
je ne m'arrêterai guère sur les procédés de teinture proprement dite, fondés 
principalement sur l'emploi de l’orcanette et de l'orseille, procédés dont 
quelques-uns sont à peine indiqués en une ligne : comme si l'écrivain avait 
copié des lambeaux d’un texte qu’il ne comprenait pas. D’autres sont plus 
complets. Le tout est du même ordre que la recette de teinture en pourpre 


du Pseudo-Démocrite, contenue dans les manuscrits alchimiques et dont 


(1) Le signe de l’or est absolument 
certain. Quant à celui de l'argent, 
M. Leemans a pris ce signe pour un 
B : il est assez mal dessiné, comme le 
montre la photographie que je possède; 
mais le texte ne me paraît pas suscep- 
tible d’une autre interprétation. M. Lee- 
mansdansses notes (t.Il,p.257)letraduit 


aussi par Luna ; maïs il n’a pas compris 
qu’il s'agissait ici de l'or et de l'argent. 
(2) Voir les photogravures que je 
reproduis plus loin dans ie présent 
volume Planche PE στ ΡΠ 1 5: 
ΕΝ 9: ΕΙΠΕ 5: 
(3) Zbid., PI. ΤΙ 1 5 à droite; PI. IV, 


ILE 
4 


26 INTRODUCTION 


j'ai publié naguère le texte et la traduction, reproduits dans le présent 
volume. 

J'ai coliationné avec soin les dix articles extraits de Dioscoride, tous 
relatifs à des minéraux employés dans les recettes, et qui donnent la mesure 
des connaissances minéralogiques de l’auteur du papyrus. [15 concernent 
les corps suivants: 

Arsenic (notre orpiment); 

Sandaraque (notre réalgar) ; 

Misy (sulfate basique de fer, mêlé de sulfate de cuivre); 

Cadmie (oxyde de zinc impur, mêlé d'oxyde de cuivre, voire même d'oxyde 
de plomb, d'oxyde d’antimoine, d’acide arsénieux, etc) ; 

Soudure d’or ou chrysocolle (signifiant à la fois un alliage d’or et d’argent 
ou de plomb, ou bien la malachite et divers corps congénères) ; 

Rubrique de Sinope (vermillon, ou minium, ou sanguine); 

Alun {notre alun et divers autres corps astringents) ; 

Natron (ritrum des anciens, notre carbonate de soude, parfois aussi le 
sulfate de soude); 

Cinabre (notre minium et aussi notre sulfure de mercure); 

Enfin Mercure. 

Le texte du papyrus sur ces divers points est, en somme, le même que 
le texte des manuscrits connus de Dioscoride (édition Sprengel, 1829); à 
cela près que l’auteur du papyrus a supprimé les vertus thérapeutiques des 
minerais, le détail des préparations et souvent celui des provenances. Ces 
suppressions, celle des propriétés médicales en particulier, sont évidem- 
ment systématiques. 

Quant aux variantes de détail, elles sont nombreuses ; maïs la plupart 
n'ont d'intérêt que pour les grammairiens ou les éditeurs de Diosco- 
ride. 

Je note seulement que, dans larticle GCinabre, l’auteur du papyrus 
distingue sous le nom de minium le cinabre d’Espagne; tandis que 
Sprengel a adopté la variante ammion (sable ou minerai) : cette confusion 
entre le nom du cinabre et celui du minium existe aussi dans Pline et 
ailleurs. 


L'article Mercure donne lieu à des remarques plus importantes. On y 


PAPYRUS DE LEIDE 27 


trouve dans le papyrus, comme dans le texte de l'édition classique de 


Sprengel, le mot ἄμδιξΞ désignant le couvercle d’un vase, couvercle à la 
face inférieure duquel se condensent les vapeurs du mercure sublimé (2021) : 
ce même mot, joint à l’article arabe αἱ, a produit le nom alambic. On voit 
que l’ambix est le chapiteau d'aujourd'hui. L’alambic proprement dit et 
l’aludel, instrument plus voisin encore de l'appareil précédent, sont d’ailleurs 
décrits dans les alchimistes grecs : ils étaient donc connus dès le rv° ou 
ν" siècle de notre ère. 

Il manque à l’article Mercure du papyrus une phrase célèbre que Hæfer, 
dans son Histoire de la chimie (τ. 1, p. 149, 2° édition) avait traduite 
dans un sens alchimique :.« Quelques-uns pensent que le mercure existe 
essentiellement et comme partie constituante des métaux. » ‘Ever δὲ ἵστο- 
polar χαὶ χαθ᾿ ἑαυτὴν ἐν τοῖς μετάλλοις εὑρίσχεσθαι τὴν ὑδράργυρον, J'avais 
d’abord adopté cette interprétation de Hæfer : mais en y pensant davantage, 
je crois que cette phrase signifie seulement : « quelques-uns rapportent que 
le mercure existe à l’état natif dans les mines. » En effet le mot μέταλλα a le 
double sens de métaux et de mines, et ce dernier est ici plus naturel. En 
tous cas la phrase manque dans le papyrus : soit que le copiste l'ait sup- 
primée pour abréger; soit qu’elle n’existât pas alors dans les manuscrits, 
ayant été intercalée plus tard par quelque annotateur. 

Une autre variante n’est pas sans intérêt, au point de vue de la discus- 
sion des textes, dans l’article Mercure. Le texte donné par Sprengel porte : 
« on garde le mercure dans des vases de verre, ou de plomb, ou d’étain, ou 
d’argent ; car il ronge toute autre matière et s'écoule. » La mention du verre 
est exacte ; mais celle des vases de plomb, d’étain, d'argent est absurde ; 
car ce sont précisément ces métaux que le mercure attaque : elle n’a pu 
être ajoutée que par un commentateur ignorant. Or le papyrus démontre 
qu’il en est réellement ainsi : car il parle seulement des vases de verre. 
sans faire mention des vases métalliques. Zosime insiste aussi sur ce 
point. 

On sait que l’on transporte aujourd’hui le mercure dans des vases de fer, 
dont l'emploi ne paraît pas avoir été connu des anciens. 

Venons à la partie vraiment originale du papyrus. 


Je vais présenter d’abord la traduction des articles relatifs aux métaux, au 


28 INTRODUCTION 


nombre de quatre-vingt-dix, dont un article sur l’eau de soufre ou eau 
divine : et celle des articles sur la teinture, au nombre de onze; puis jen 


commenterai Jes points les plus importants (τὴ. 


TRADUCTION DU PAPYRUS X DE LEIDE 


1. Purification et durcissement du plomb. 
« Fondez-le, répandez à la surface de l’alun lamelleux et de la couperose 


réduits en poudre fine et mélangés, et il durcira. » 


2. Autre (purification) de l’étain. 
« Le plomb et l’étain blanc sont aussi purifiés par la poix et le bitume. 
Ils sont rendus solides par l’alun et le sel de Cappadoce, et la pierre de 


Magnésie (2), jetée à leur surface. » 


3. Purification de l’étain que l'on jette dans le mélange de l’asèm (3). 

« Prenez de l’étain purifié de toute autre substance, fondez-le, laissez-le 
refroidir ; après l'avoir recouvert d’huile et bien mélangé, fondez-le de nou- 
veau ; ensuite ayant broyé ensemble de l'huile, du bitume et du sel, frottez- 
en le métal, et fondez une troisième fois; après fusion, mettez à “part 
l'étain après l'avoir purifié par lavage; car il sera comme de l'argent durci. 
Lorsque vous voudrez l’employer dans la fabrication des objets d’argent, 


de telle sorte qu’on ne le reconnaisse pas et qu'il ait la dureté de l'argent, 


(1) Papyri Græci de Leide, t. Il, 
Ρ- 199 à 259. — Quelques mois après 
l'impression de mon travail dans le 
Journaldes Savants, M. le Dr W. Pleijte 
a publié en hollandais un mémoire 
sur l’Asemos, avec étude chimique par 
le Dr W. K. J. Schoor, dans les Ver- 
slagen des koninklijke Akademie van 
Wetenschappen, Amsterdam(Juin18S6; 
p. 211 à 256). Il confirme en général 
mes propres résultats. 


(2) Ce n’est pas notre magnésie, mais 
l'oxyde magnétique de fer, ou quelque 
autre minerai noir, roux (pyrite) ou 
blanc, venant des villes ou provinces 
qui portaient le nom de Magnésie (Voir 
Pine, Η. N., XXXNII, 25.) Chez les 
alchimistes le sens du mot s’est encore 
étendu. ù 

(31) Asém désignait divers alliages 
destinés à imiter l'or et l'argent ; voir 
plus loin. 


PAPYRUS DE LEIDE 29 


mêlez 4 parties d’argent, 3 parties d’étain, etle produit deviendra comme un 
objet d'argent. » 
C’est la fabrication d’un alliage d’argent et d’étain, destiné à simuler 


l'argent ; ou plutôt un procédé pour doubler le poids du premier métal. 


4. Purification de l’étain. 
« Poix liquide et bitume, une partie de chaque; jetez {sur l’étain), fon- 


dez, agitez. Poix sèche, 20 drachmes; bitume, 12 drachmes. » 


5. Fabrication de l'asèm. 
« Etain, 12 drachmes ; mercure, 4 drachmes; terre de Chio (1), 2 drach- 
mes. À l'étain fondu, ajoutez la terre broyée, puis le mercure, agitez avec 


du fer, et mettez en œuvre {le produit). » 


6. Doublement de l’asèm. 

Voici comment on opère le doublement de l’asèm. 

« On prend: cuivre affiné, 40 drachmes; asèm, 8 drachmes; étain en 
bouton, 40 drachmes; on fond d’abord le cuivre et, après deux chauffes, 
l’étain; ensuite l’asèm. Lorsque tous deux sont ramollis, refondez à plu- 
sieurs reprises et refroidissez au moyen de la composition précédente (2). 
Après avoir augmenté le métal par de tels procédés, nettoyez-le avec le 
coupholithe (3). Le triplement s'effectue par les mêmes procédés, les poids 
étant répartis conformément à ce qui a été dit plus haut. » 


C’est un bronze blanc amalgamé, analogue à certain métal de cloche. 


7. Masse inépuisable (ou perpétuelle). 

« Elle se prépare par les procédés définis dans le doublement de l’asèm 
Si vous voulez prélever sur la masse 8 drachmes, séparez-les et refondez 
4 drachmes de ce même asèm ; fondez-les trois fois et répétez, puis refroi- 
dissez et mettez-les en réserve dans le coupholithe. » 


Voir aussi recette 60. 


(1) Sorte d'argile. — Diosc., Mat. (2) Amalgame d’étain décrit dans l'ar- 
méd., Ν, 173. — Puine, A. N., XXXV, ticle 5. 
56. (3) Talc ou sélénite. 


30 INTRODUCTION 


ΠΥ a là l’idée d’un ferment, destiné à concourir à la multiplication de 


la matière métallique. 


8. Fabrication de l’asèm. 

« Prenez de l’étain en petits morceaux et mou, quatre fois purifé; pre- 
nez-en 4 parties et 3 parties de cuivre blanc pur et 1 partie d’asèm. Fondez, 
et, après la fonte, nettoyez à plusieurs reprises, et fabriquez avec ce que 
vous voudrez : ce, sera de l’asèm de première qualité, qui trompera même 
les ouvriers. » 

Alliage blanc, analogue aux précédents; avec intention de fraude. 


9. Fabrication de l’asèm fusible. 

« Cuivre de Chypre, 1 mine; étain en baguettes, 1 mine; pierre de 
Magnésie, 16 drachmes; mercure, ὃ drachmes ? pierre de Poros (1), 20 dra- 
chmes ». 

« Ayant fondu le cuivre, jetez-y l'étain, puis la pierre de Magnésie en pou- 
dre, puis la pierre de Poros, enfin le mercure; agitez avec du fer et versez 
au moment voulu. » 


Alliage analogue, avec addition de mercure. 


το. Doublement de l'asèm. 

« Prenez du cuivre de Chypre affiné, jetez dessus parties égales, c’est-à- 
dire 4 drachmes de sel d'Ammon (2) et 4 drachmes d’alun; fondez et ajou- 
tez parties égales d'asèm. » 


Bronze enrichi en cuivre. 


11. Fabrication de l’asèm. 
« Purifiez avec soin le plomb avec la poix et le bitume, ou bien l’étain; et 


mêlez la cadmie (3) et la litharge, à parties égales, avec le plomb, et remuez 


(1) Pune, ἢ. N., XXX VI, 28. Pierre l'origine il s’appliquait à un sel fos- 
blanche et dure, assimilée au marbre sile qui se développait par efflores- 
de Paros. cence, sel analogue au natron. PLINE, 

(21 Ce mot a changé de sens; à la H. N., XXXI, 39. On y reviendra dans 
fin du moyen âge il signifiait notre le présent ouvrage. 


chlorhydrate d'ammoniaque; mais à (3) Voir p. 26. 


PAPYRUS DE LEIDE 31 


jusqu'à mélange parfait et solidification. On s’en sert comme de l'asèm 
naturel (1). » 


Alliage complexe renfermant du plomb, ou de l’étain, et du zinc. 


12. Fabrication de lasèm. 

« Prenez les rognures (2) des feuilles (métalliques), trempez dans le vinai- 
gre et l’alun blanc lamelleux et laissez-les mouillées pendant sept jours, et 
alors fondez avec le quart de cuivre ὃ drachmes de terre de Chio (3), et 
8 drachmes de terre asémienne (4), et τ drachme de sel de Cappadoce, plus 


. A . . s 
alun lamelleux, τ drachme ; mêlez, fondez, et jetez du noir à la surface. » 


13. Fabrication du mélange. 
« Cuivre de Gaule (5), 8 drachmes ; étain en baguettes, 12 drachmes ; 
pierre de Magnésie, 6 drachmes ; mercure, 10 drachmes; asèm, 5 drach- 


mes. » 


14. Fabrication du mélange pour une préparation. 
« Cuivre, r mine (poids), fondez et jetez-y 1 mine d’étain en boutons et 


travaillez ainsi. » 


15. Coloration de l'or. 

« Colorer l'or pour le rendre bon pour l’usage. Misy et sel et vinaigre 
provenant de la purification de l'or ; mêlez le tout et jetez dans le vase (qui 
renferme) l’or décrit dans la préparation précédente ; laissez quelque temps 
et, ayant Ôté (l'or) du vase, chauffez-le sur des charbons ; puis de nouveau 
jetez-le dans le vase qui renferme la préparation susdite ; faites cela plusieurs 
-fois, jusqu’à ce qu’il devienne bon pour l'usage. » 

C’est une recette d’affinage, qui s’en réfère à la préparation décrite 


plus haut (p. 14); ce qui montre que le papyrus alchimique X er le 


liage d’or et d'argent, χρυσὸς λευχὸς cette 5. 


(τὴ L'asèm naturel est l'électrum, al- | (3) Sorte de terre argileuse. Voir re- 
| 
d'Hérodote. Voir Origines de l’Alchi- | (4) Est-ce un minerai d’asèm ὃ ou plu- 


mie, p. 215. tôt la terre argileuse de Samos? PLINE, 
(2) La nature du métal qui fournit | A. Ν., XXXV, 53, et XXXVI, 40. — 
les rognures n’est pas indiquée : est-ce Diosc., Mat. méd., V. 171, 172. 


de l’argent, ou de l’asèm précédent ? (5) Voir Pune, A. Ν., XXXIV, 20. 


32 INTRODUCTION 


papyrus magique V se faisaient suite et ont été composés par un même 


écrivain. 


16. Augmentation de l'or. 
« Pour augmenter l'or, prenez de la cadmie de Thrace, faites le mélange 
avec la cadmie en croûtes [1], ou celle de Gaule. » 


Cette phrase est le commencement d’une recette plus étendue; carelle 
doit être complétée par la suivante, qui en est la suite : le secondtitre fraude 
de l'or étant probablement une glose qui a passé dans le texte, par l'erreur 


du copiste. ᾿ 


17. Fraude de l'or. 

« Misy et rouge de Sinope (2) parties égales pour une partie d’or. Après 
qu'on aura jeté l'or dans le fourneau et qu'il sera devenu d’une belle teinte, 
jetez-y ces deux ingrédients et, enlevant (l'or), laissez refroidir, et l'or est 
doublé. » 

La cadmie en croûtes, c’est-à-dire la portion la moins volatile des oxydes 
métalliques condensés aux parois des fourneaux de fusion du cuivre, ren- 
fermait, à côté de l’oxyde de zinc, des oxydes de cuivre et de plomb. On 
devait employer en outre quelque corps réducteur, omis dans la recette. Le 
tout formait un alliage d’or et de plomb, avec du cuivre et peut-être du 


zinc. C'était donc en somme une falsification, comme la glose l'indique. 


18. Fabrication de l’asèm. 

« Étain,un dixième de mine; cuivre de Chypre, un seizième de mine ; 
minerai de Magnésie, un trente-deuxième ; mercure, deux statères (poids). 
Fondez le cuivre, jetez-y d’abord l’étain, puis la pierre de Magnésie; puis, 
ayant fondu ces matières, ajoutez-y un huitième de bel asèm blanc, de nature 
conforme. Puis, lorsque le mélange a eu lieu et au moment de refroidir, ou 


de refondre ensemble, ajoutez alors le mercure en dernier lieu. » 


quer une ocre rouge; car il est indiqué 
commeunremèdesusceptible d'être pris 
à l'intérieur. De même dans Pine, ἢ. 
N., XXXV, 13. Ici ce serait, semble-t- 
il, du minium, lequel fournirait du 
plomb à l’alliage. 


(1) Sur ies diverses variétés de cad- 
mie, voir Dioscorine, Matière medi- 
cale, V, S4: Pine, A1. N., XXXIV, 22. 

(2) Ce mot a eu plusieurs sens : ver- 
millon, minium, rouge d'oxyde de fer. 
Dans Dioscoride, V, ut, il semble indi- 


PAPYRUS DE LEIDE 33 


19. Autre (formule). 

« Cuivre de Chypre; 4 statères; terre de Samos, 4 statères ; alun lamel- 
leux, 4 statères ; sel commun, 2statères ; asèm noirci, 2statères, ou, si vous 
voulez faire plus beau, 4 statères. Ayant fondu le cuivre, répandez dessus 
la terre de Chio et l’alun lamelleux broyés ensemble, remuez de façon à 
mélanger ; et, ayant fondu cet asèm, coulez. Ayant mêlé ce qui vient d’être 
fondu avec du (bois de) genièvre, enlevez; avant de l’ôter, après avoir 
chauffé, éteignez le produit dans l’alun lamelleux et le sel, pris à parties 
égales, avec de l’eau visqueuse; épaississement minime; et, si vous voulez 
terminer le travail, trempez de nouveau dans le mélange susdit; chauffez, afin 
que (le métal) devienne plus blanc. Ayez soin d'employer du cuivre affiné 
d'avance; l'ayant chauffé au commencement et soumis à l’action du souf- 
flet, jusqu'à ce qu'il ait rejeté son écaille et soit devenu pur; et alors 
employez-le, comme il vient d'être écrit. » 

C'est encore un procédé d’alliage, mais pour lequel on augmente la pro- 
portion du cuivre dans l’asèm déjà préparé : ce qui devait rapprocher le 


bronze obtenu de la couleur de l'or. 


20. Autre (formule;. 

« Prenez un statère Ptolémaïque (1) ; car ils renferment dans leur com- 
position du cuivre, et trempez-le ; or la composition du liquide-pour trem- 
per est celle-ci : alun lamelleux, sel commun dans le vinaigre pour trempe ; 
épaississement visqueux. Après avoir trempé et lorsque le métal fondu aura 
été nettoyé et mêlé avec cette composition, chauffez, puis trempez, puis 


enlevez, puis chauffez. » 


20 bis (sans titre). 

« Voici la composition du liquide pour tremper : alun lamelleux, sel com- 
mun dans le vinaigre pour trempe, épaississement visqueux ; ayant trempé 
dans cette mixture, chauffez, puis trempez, puis enlevez, puis chauffez ; 
quand vous aurez trempé quatre fois ou davantage, en chauffant chaque 
fois auparavant, le (métal) deviendra supérieur à l'asèm noirci. Plus nom- 


breux seront les traitements, chauffes et trempes, plus il s’améliorera. » 


(1) I s’agit ici d'une monnaie. 


34 INTRODUCTION 


Ce sont des formules de décapage et d’affinage, dans lesquelles n'entre 
aucun métal nouveau. Il semble que, dans ceci, il s'agisse soit de rehaus- 
ser la teinte, comme on le fait en orfèvrerie, même de notre temps; soit de 
faire passer une monnaie riche en cuivre pour une monnaie d'argent, en 
dissolvant le cuivre à la surface. 

En effet, les orfèvres emploient aujourd’hui diverses recettes analogues 
pour donner à l'or une belle teinte. 


21. Traitement de l'asèm dur. 

« Comme il convient de faire pour changer l’asèm dur et noir en (un 
métal) mou et blanc. Prenant des feuilles de ricin, faites infuser dans l’eau 
un jour; puis mouillez dans l’eau avant de fondre et fondez deux fois et 
aspergez avec l’aphronitron (1). Et jetez dans la fonte de l’alun; employez. 


Il possède la qualité, car il est beau. » 


22. Autre (formule). 
« Secours pour tout asèm gâté. Prenant de la paille et de l’orge et dela 


rue sauvage, infusez dans le vinaigre, versez-y du sel et des charbons; jetez, 


le tout dans le fourneau, soufflez longtemps et laissez refroidir. » 


Ce sont des procédés d’affinage d’un métal oxydé ou sulfuré à la surface. 


23. Blanchiment du cuivre. 

« Pour blanchir le cuivre, afin de le mêler à l’asèm à parties égales, sans 
qu’on puisse le reconnaître. Prenant du cuivre de Chypre, fondez-le, jetant 
dessus 1 mine de sandaraque décomposée (2), 2 drachmes de sandaraque 
couleur de fer, 5 drachmes d’alun lamelleux, et fondez. Dans la seconde 
fonte, on jette 4 drachmes de cire du Pont, ou moins; on chauffe et l’on 
coule. » 

C'est ici une falsification, par laquelle le cuivre est teint au moyen de l’ar- 
senic. La recette est fort voisine de celle des alchimistes. — On prépare 
aujourd’hui par un procédé analogue (avec le concours du flux noir) le 


cuivre blanc ou tombac blanc. 


(1) Peut-être s'agit-il ici de notre sal- signait des efflorescences salines de 
ΡΥ 7" “κι 1" 1 . . 

pêtre? Voir Dioscorine, Matière médi- | composition fort diverse. 

cale, V, 131. Le mot d'aphronitrondé- | (2) Sulfure d’arsenic grillé ? 


LS 


ωο 
σι 


PAPYRUS DE LEIDE 


24. Durcissement de l'étain. 

« Pour durcir l’étain, répandez séparément (à sa surface) l’alun lamelleux 
et la couperose; si en outre vous avez purifié l’étain comme il faut et 
employé les matières dites précédemment, de sorte qu’il ne leur échappe pas 
en s’écoulant pendant la chauffe, vous aurez l’asèm égyptien pour la fabri- 


cation des objets (d’orfévrerie). 


25. Enduit d’or. 

« Pour enduire l'or, autrement dit pour purifier l’or et le rendre bril- 
lant : misy, 4 parties ; alun, 4 parties; sel, 4 parties. Broyez avec l’eau. Et 
ayant enduit l’or, placez-le dans un vase de terre déposé dans un fourneau 
et luté avec de la terre glaise, jusqu’à ce que les matières susdites aient été 


fondues (1), retirez-le et nettoyez avec soin. » 


26. Purification de l'argent. 

« Comment on purifie l'argent et on le rend brillant. Prenez une partie 
d’argent et un poids égal de plomb ; mettez dans un fourneau, maintenez 
fondu jusqu’à ce que Le plomb ait été consumé ; répétez l’opération plusieurs 
fois, jusqu’à ce qu’il devienne brillant. » 

C'est une coupellation incomplètement décrite. 


Srabon signale déjà cette méthode. 


27. Coloration en argent. 

« Pour argenter les objets de cuivre : étain en baguettes, 2 drachmes ; 
mercure, 2 drachmes ; terre de Chio, 2 drachmes. Fondez l’étain, jetez 
dessus la terre broyée, puis le mercure, et remuez avec du fer et façonnez 
en globules. » 


C’est la fabrication d’un amalgame d’étain, destiné à blanchir le cuivre. 


28. Fabrication du cuivre pareil à l'or. 
« Broyez du cumin : versez-y de l’eau, délayez, laissez en contact pendant 
trois jours. Le quatrième jour, secouez, et si vous voulez vous en servir 


comme enduit, mêlez-y de la chrysocolle (2); et l’or paraîtra. 


(1) Ou plutôt, jusqu’à ce que le fon | par le vase, ou complètement évaporé, 
dant ait été en quelque sorte absorbé | (2) Soudure d’or. Voir la recette 31. 


36 INTRODUCTION 


C’est un vernis. 


20. Fabrication de l’asèm fusible. 

« Cuivre de Chypre, 1 partie; étain, 1 partie; pierre de Magnésie, 
1 partie, pierre de Paros brute broyée finement... D’abord on fond le cuivre, 
puis l’étain, puis la pierre de Magnésie (1); ensuite on y jette la pierre de 
Paros pulvérisée; on remue avec du fer et l’on exécute l'opération du 


creuset. » 


30. Fabrication de l'asèm. 

« Étain, une mesure ; cuivre de Gaule, une demi-mesure. Fondez d’abord 
le cuivre, puis l’étain, remuez avec du fer, et jetez dessus la poix sèche, 
jusqu’à saturation ; ensuite versez, refondez, en employant de l’alun lamel- 
leux, à la façon dela poix; et alors versez. Si vous voulez fondre d’abord 
l'étain, puis la limaille de cuivre ci-dessus, suivez la même proportion et 


la même marche. » 


31. Préparation de la chrysocolle (2). 
« La soudure d’or se prépare ainsi : cuivre de Chypre, 4 parties ; asèm, 


2 parties; or, 1 partie. On fond d’abord le cuivre, puis l’asèm, ensuite l'or. » 


32. Reconnaître la pureté de l’étain. 

« Après avoir fondu, mettez du papier au-dessous et versez : si le papier 
brûle, l’étain contient du plomb. » 

Ce procédé repose sur le fait que l’étain fond à une température plus basse 
que le plomb, température incapable de carboniser le papier. 

Pline donne un procédé analogue (4. N. XXXIV, 48). On exécute encore 


aujourd'hui dans les’ Cours de Chimie une manipulation du même ordre. 


35. Fabrication de la soudure pour travailler l'or. 

« Comment il convient de faire la soudure pour les ouvrages d’or : or, 
2 parties ; cuivre, 1 partie; fondez, divisez. Lorsque vous voulez une couleur 
brillante, fondez avec un peu d’argent. » 


(1) Ceci semble indiquer un oxyde (2) Soudure d’or. 


de fer (Ὁ. 


PAPYRUS DE LEIDE 37 


Ce sont là des recettes d’orfèvrerie. On lit de même aujourd’hui dans le 
Manuel Roret (1832): 

« Argent fin, τ partie; cuivre, 1 partie; fondez ensemble, ajoutez or, 2 
parties. » 


34. Procédé pour écrire en lettres d'or. 

« Pour écrire en lettres d'or, prenez du mercure, versez-le dans un vase 
propre, et ajoutez-y de l'or en feuilles ; lorsque l’or paraîtra dissous dans le 
mercure, agitez vivement ; ajoutez un peu de gomme, 1 grain, par exemple, 


et, laissant reposer, écrivez des lettres d’or. » 


35. Autre (recette). 


« Litharge couleur d’or, 1 partie; alun, 2 parties. 


36. Fabrication de l'asèm noir comme de l'obsidienne (1). 

«Asèm, 2 parties ; plomb, 4 parties. Placez sur un vase de terre vide, jetez-y 
un poids triplede soufre apyre (2), et, l'ayant mis dans le fourneau, fondez. 
Et l'ayant tiré du fourneau, frappez, et faites ce que vous voulez. Si vous 
voulez faire un*objet figuré, en métal battu, ou coulé, alorslimez et taillez: 
il ne se rouille pas. » 

C'est un alliage ΠΟΙ͂ΓΟΙ par les sulfures métalliques. 


Pline décritune préparation analogue, usitée en Égypte (A. N.XXXIII, 46). 


37. Fabrication de l’asèm. 

« Bon étain, τ partie; fondez ; ajoutez-y : poix sèche, le tiers du poids de 
l'étain ; ayant remué, laissez écumer la poix jusqu’à ce qu’elle ait été entière- 
ment rejetée ; puis, après refroidissement de l’étain, refondez-le et ajoutez 
13 drachmes d’étain, τ drachme de mercure, agitez; laissez refroidir et 
travaillez comme l’asèm. » 


C'est de l’étain affiné, avec addition d’un peu de mercure. 


38. Pour donner aux objets de cuivre l'apparence de l'or. 
« Et que ni lecontactni le frottementcontrela pierre de toucheneles décèle; 


mais qu'ils puissent servir surtout pour (la fabrication d’) un anneau de belle 


(1) Sur l’obsidienne, Prin, A. N. (2) N'ayant pas subi l’action du feu. 
XXXVI, 67. 


38 INTRODUCTION 


apparence. En voici la préparation. On broïe l'or et le plomb en une pous- 
sière fine comme de la farine, 2 parties de plomb pour 1 d’or, puis, ayant 
mêlé, on incorpore avec de la gomme, et l’on enduit l'anneau avec cette 
mixture ; puis on chauffe. On répète cela plusieurs fois, jusqu’à ceque l’objet 
ait pris la couleur. Il est difficile de déceler (la fraude) ; parce que le frotte- 
ment donne la marque d’un objet d’or; et la chaleur consume le plomb, 


mais non l'or. » 


30. Écriture en lettres d'or. 


« Lettres d’or : safran, bile de tortue fluviale. » 


40. Fabrication de l'asèm. 

« Prenez étain blanc, très divisé, purifiez-le quatre fois; puis prenez-en 
4 parties, et le quart de cuivre blanc pur et partie d’asèm, fondez: lorsque 
le mélange aura été fondu, aspergez-le de sel le plus possible, et fabriquez 
ce que vous voudrez, soit des coupes, soit ce qui vous plaira. Le métal sera 


pareil à l’asèm initial, de façon à tromper même les ouvriers. » 


41. Autre (procédé). 
« Argent, 2 parties; étain purifié, 3 parties ; cuivre... drachmes; fondez,; 
puis enlevez et décapez; mettez en œuvrecomme pour les ouvrages d'argent 


de premier ordre. » 


42. Enduit du cuivre. 

« Si vous voulez que le cuivre ait la couleur de l’argent ; après avoir purifié 
le cuivre avec soin, mettez-le dans le mercure et la céruse : le mercure seul 
suffit pour l’enduit. » 


C’est du cuivre simplement blanchi à la surface par le mercure. 


43. Essai de l'or. 

« Si vous voulez éprouver la pureté de l’or, refondez-le et chauffez-le : 
s’il est pur, il garde sa couleur après. le chauffage et reste pareïlà une pièce 
de monnaie. S'il devient plus blanc, il contient de l'argent ; s’il devient plus 
rude et plus dur, il renferme du cuivre et de l’étain ; s’il noircit ets’amollit, 
du plomb. » 


Ce procédé d'essai sommaire répond à des observations exactes. 


PAPYRUS DE LEIDE 39 


44. Essai de l'argent. 

« Chauffez l'argent ou fondez-le, comme l'or ; εἴ, s’ibreste blanc, brillant, 
il est pur et non fraudé; s’il parait noir, il contient du plomb; s’il paraît 
dur et jaune, il contient du cuivre. » 

Pline donne un procédé analogue (4. N. XXXIII, 44). On voit par là 
que les orfèvres égyptiens, tout en cherchant à tromper le public, se réser- 


vaient à eux-mêmes des procédés de contrôle. 


45. Ecriture en lettres d'or. 
« Ecrire des lettres d’or. Ecrivez ce que vous voulez avec de la soudure 


d'orfèvre et du vinaigre. » 


46. Décapage des objets de cuivre. 
« Ayant fait cuire des bettes, décapez soigneusement avec le jus les objets 


de cuivre et d'argent. On fait bouillir les bettes dans l’eau. » 


47. Cuivre pareil à l'or. 

« Cuivre semblable à l'or par la couleur, soit: broyez du cumin dans 
l’eau; laissez reposer avec soin pendant trois jours ; le quatrième, ayant 
arrosé abondamment, enduisez le cuivreet écrivez ce que vous voudrez. 


Car l’enduit et l'écriture ont la même apparence. » 


48. Décapage des objets d'argent. 
« Nettoyez avec de la laine de mouton, après avoir trempé dans de la 
saumure piquante; puis décapez avec de l’eau douce (sucrée?) et faites 


emploi. » 


49. Dorure de l'argent. 

« Pour dorer sans feuilles (d’or), un vase d’argent ou de cuivre, fondez 
du natron jaune et du sel avec de l’eau, frottez avec et il sera (doré). » 

Recette obscure. Elle se réfère au natron jaune, corps dont il est question 
dans Pline, Æ._N. XXXI, 46. Pline le donne comme un sel natif; mais, 
dans les lignes précédentes, il parle de la fusion du natron avec du soufre: 
ce qui formerait un sulfure, capable en effet de teindre les métaux. Zosime 


signale aussi le natron jaune. 


40 INTRODUCTION 


50. Écriture en lettres d'or. 
« Broyez l'arsenic (1) avec de la gomme, puis avec de l’eau de puits ; en 


troisième lieu, écrivez. » 


51. Dorure de l'argent. 
« Broyez le misy avec la sandaraque et le cinabre et frottez-en l’objet 


d'argent. » 


53. Écriture en lettres d'or. 


« Après avoir séché des feuilles d’or, broyez avecde la gomme et écrivez.» 


54. Préparation de l'or liquide. 
« Placez des feuilles d’or dans un mortier, broyez-les avec du mercure et 


ce sera fait. » 


55. Coloration en or. 

« Comment on doit préparer l’argent doré. Délayez du cinabre avec de 
l'alun, versez dessus du vinaigre blanc, et ayant amené le tout en consis- 
tance de cire, exprimez à plusieurs reprises etlaissez passer la nuit. » 


Il semble qu'il s’agit ici d'un enduit préliminaire. 


56. Préparation de l'or. 
« Asèm, 1 statère, ou cuivre de Chypre, 3 ; 4 statères d’or ; fondez 
ensemble. » 


C’est une préparation d’or à bas titre. 


57. Autre préparation. 

« Dorer l’argent d’une façon durable. Prenez du mercure et des feuilles 
d'or, façonnez en consistance de cire ; prenant le vase d'argent, décapez-le 
avec l'alun, et prenant un peu de la matière cireuse, enduisez-le avec le 
polissoir et laissez la matière se fixer ; faites cela cinq fois. Tenez le vase 
avec un chiffon de lin propre, afin qu'il ne s’encrasse pas ; et prenant de la 
braise, préparez des cendres, adoucissez avec le polissoir et employez- 


le comme un vase d’or. 1] peut subir l’épreuve de l’or régulier. » 


(1) Sulfure d'arsenic. 


PAPYRUS: DE. LEIDE 41 


Ces derniers mots montrent qu’il s’agit d’un procédé de falsification, à 
le) ΟῚ 


l'épreuve de la pierre de touche. 


58. Écriture en lettres d'or. 
« Arsenic couleur d’or, 20 drachmes ; verre pulvérisé, 4 statères; ou blanc 
d'œuf, 2 statères, gomme blanche, 20 statères, safran, après avoir écrit, 


laissez sécher et polissez avec une dent{1). » 


59. Fabrication de l'asèm. 

« On prépare aussi l’asèm avec le cuivre ; (argent,) 2 mines; étain en 
bouton, 1 mine; fondant d’abord le cuivre, jetez-y l’étain et du coupho- 
lithe, appelé craie (2), une demi-mine par mine; poursuivez jusqu’à ce que 
vous voyiez fondus l'argent et la craie ; après que le reste aura été dissipé et 
que l'argent restera seul, alors laissez refroidir, et employez-le comme de 


l’asèm préférable au véritable... » 


60. Autre (préparation). 
« L’asèm perpétuel (3) se prépare ainsi : 1 statère de bel asèm; ajoutez-y 


2 statères de cuivre affiné, fondez deux ou trois fois. » 


61. Blanchiment de l’étain. 
« Pour blanchir l’étain. Ayant chauffé avec de l’alun et du natron, 
fondez. » 


62. Ecriture en lettres d'asèm. 
« Délayez de la couperose et du soufre avec du vinaigre; écrivez avec la 


matière épaissie. » 


63. Ecriture en lettres d'or. 
« Fleur du cnecos (4), gomme blanche, blanc d'œuf mélangés dans une 
coquille, et incorporez avec de la bile de tortue, à l'estime, comme on fait 


pour les couleurs ; faites emploi. La bile de veau très amère sert aussi pour 


la couleur. » 
(1) Voir Pune, ΕἾ. N., XIII, 25. ! gileuse, jouant le rôle de fondant. 
; | 8 J 
(2) Ce n’est pas notre craie, mais, | (3) Voir recette n° 7. 


sans aucun doute, quelque terre ar- | (4) Plante analogue au carthame. 
δ' 


42 INTRODUCTION 
Ici la couleur est à base organique. 


64. Essai de l'asèm. 

« Pour reconnaître si l’asèm est fraudé. Placez dans la saumure, chauf- 
fez ; s’il est fraudé, il noircit. » 

Cette recette est obscure. Se rapporte-t-elle à la formation d’un oxychlo- 


rure de cuivre ? 


65. Décapage de l'étain. 


« Placez du gypse dans un chiffon et nettoyez. » 


66. Décapage de l'argent. 

« Employez l’alun humide. » 

De même aujourd’hui, dans le Manuel Roret (1. IT, p. 195 ; 1832). 

« Dissolvez de l’alun, concentrez, écumez, ajoutez-y du savon et frottez 


l'argent avec un linge trempé dans cette composition. » 


67. Teinture de l'asèm. LU 


« Cinabre, 1 partie; alun lamelleux, 1 partie ; terre cimolienne, 1 partie; 


mouillez avec de l’eau de mer et mettez en œuvre. » 


68. Amollissement du cuivre. 
« Chauffez-le; placez-le dans la fiente d’oiseau et après refroidissement 


enlevez. » 


69. T'einture de l'or. 
« Misy grillé, 3 parties; alun lamelleux, chélidoine, environ 1 partie; 
broyezen consistance de miel avec l’urine d’un enfant impubère et colorez 


l'objet; chauffez et trempez dans l’eau froide. » 


70. Écriture en lettres d'or. 

Prenez un quart d'or éprouvé, fondez dans un creuset d’orfèvre ; 
quandil sera fondu, ajoutez un kération (carat, tiers d’obole) de plomb ; après 
qu'il a été mélangé, Ôtez et refroidissez et prenez un mortier de jaspe, jetez-y 
la matière fondue ; ajoutez 1 kération de natron et mêlez la poudre avec soin 
avec du vinaigre piquant, à la façon d’un collyre médicinal, pendant trois 
jours ; puis, quand le mélange est fait, incorporez 1 kération (mesure) d’alun 


lamelleux, écrivez et polissez avec une dent. » 


PAPYRUS DE LEIDE 43 


71. Écriture en lettres d’or. 
« Feuilles d’or ductiles; hroyez avec du mercure dans un mortier; et 


employez-le pour écrire, à la façon de l'encre noire. » 


72. Autre (préparation). 
« Soufre apyre,.…, alun lamelleux ...; gomme ... ; arrosez la gomme 


avec de l’eau. » 


73. Autre (préparation). 

« Soufre apyre, …, alun lamelleux, une drachme ; ajoutez au milieu dela 
rouille sèche ; broyez la rouille, le soufre et l’alun finement ; mêlez pour le 
mieux, broyez avec soin, et servez-vous-en comme d’encre noire à écrire, 
en délayant dans du vin exempt d’eau de mer. Écrivez sur papyrus et par- 


chemin. » 


74. Autre (préparation). 

« Écrire en lettres d’or, sans or. Chélidoine, 1: partie; résine pure. 
1 partie; arsenic couleur d’or, 1 partie, de celui qui est fragile ; gomme 
pure; bile de tortue, 1 partie; partie liquide des œufs, 5 parties; prenez de 
toutes ces matières sèches le poids de 20 statères; puis jetez-y 4 statères de 
safran de Cilicie. On emploie non seulement sur papier ou parchemin; 
mais aussi sur marbre bien poli ; ou bien si vous voulez faire un beau dessin 


sur quelque autre objet et lui donner l’apparence de l'or. » 


75. Dorure. 

« Dorure faisant le même effet. Arsenic lamelleux, couperose, sandaraque 
dorée (τ), mercure, gomme adraganthe, moelle d’arum, à parties égales; 
délayez ensemble avec de la bile de chèvre. On l’applique sur les objets de 
cuivre passés au feu, sur les objets d’argent, sur les figures de (métal) et sur 


les petits boucliers. L’airain ne doit pas avoir d’aspérité. » 


(1) Il s’agit probablement d’un sul- 

fure d’arsenic naturel ou artificiel, in- 
Ἵ 

termédiaire entre l’orpiment et le réal- 

gar. La poudre même du réalgar est 

plus jaune que la masse compacte. 

Peut-être aussi était-ce du réalgar mo- 


difié par un commencement de gril- 
lage, mode de traitement auqueltousles 
minéraux usités en pharmacie étaient 
alors soumis. (Voër Dioscorine, Mat. 
méd., passim;' et spécialement V, 120 
Ὁ 121}: 


44 INTRODUCTION 


76. Autre (procédé). 
« Misy des mines, 3 statères; alun des mines, 3 statères : chélidoine, 
1 statère ; versez-y l'urine d’un enfant impubère; broyez jusqu’à ce que le 


mélange devienne visqueux et trempez (-y l’objet). » 


77. Autre (procédé). 
« Prenez du cumin, broyez, laissez infuser trois jours dans l’eau, le 
quatrième, enlevez ; enduisez-en les objets de cuivre, ou ce que vous voulez. 


Il faut maintenir le vase fermé pendant les trois jours. » 


78. Écriture en lettres d’or. 
« Broyez des feuilles d’or avec de la gomme, séchez et employez comme 


de l’encre noire. » 


79. Ecriture en lettres d'argent. 
« Écrire des lettres d'argent. Litharge, 4 statères: délayez avec de la fiente 


de colombe et du vinaigre ; écrivez avec un stylet passé au feu. » 


80. Teinture de l'asèm (ou en couleur d'asèm). 
« Cinabre, terre cimolienne, alun liquide, parties égales ; mêlez avec de 


l’eau de mer, chauffez et trempez plusieurs fois. » 


81. Coloration en argent. 
« Afin qu’elle ne puisse être enlevée que par le feu. 
« Chrysocolle et céruse et terre de Chio, et mercure broyés ensemble ; 


ajoutez du miel et, ayant traité d’abord le vase par le natron, enduisez. » 


82. Durcissement de l’étain. 

« Fondez-le, ajoutez-y un mélange homogène d’alun lamelleux et de cou- 
perose ; pulvérisez, et aspergez (le métal), et il sera dur. » 

Le durcissement (σχλήρωσ!ις, σχληρασία) de l'étain et du plomb (1) sont regar- 


dés ici comme corrélatifs de leur purification. 


83. Fabrication de l’asèm. 


« Bon étain, 1 mine; poix sèche, 13 statères : bitume, 8 statères; fondez 


(1) Voir recettes 1, 24. 


PAPYRUS DE LEIDE 45 


dans un vase de terre cuite luté autour ; après avoir refroidi, mêlez 10 sta- 
tères de cuivre en grains ronds et 3 statères d’asèm antérieur et 12 statères 


de pierre de Magnésie broyée. Fondez et faites ce que vous voudrez. » 


84. Fabrication de l'asèm égyptien. 

« Recette de Phiménas le Saïte. Prenez du cuivre de Chypre doux, puri- 
fiez-le avec du vinaigre, du sel et de l’alun ; après l'avoir purifié, fondezen 
jetant sur 10 statères de cuivre 3 statères de céruse bien pure, 2 statères de 
litharge couleur d’or{ou provenant de la coupellation de l’or), ensuite 1] 
deviendra blanc ; alors ajoutez-y 2 statères d’asèm très doux et sans défaut, 
et l’on obtiendra le produit. Empêchez en fondant qu’il n’y ait liquation. 
Ce n’est pas l’œuvre d’un ignorant, mais d’un homme expérimenté, et l'union 
des deux métaux sera bonne. » 

Cette recette est fort claire, sauf l’omission des agents destinés à réduire 


la litharge et la céruse, 


85. Autre (procédé). 

« Préparation exacte d’asèm, préférable à celle de l’asèm proprement 
dit. Prenez : orichalque (1), par exemple, 1 drachme ; mettez dans le creuset 
jusqu’à ce qu’il coule; jetez dessus 4 drachmes de selammoniac {2), ou cap- 
padocien; refondez, ajoutez-y alun lamelleux, le poids d’une fève d'Égypte; 
refondez, ajoutez-y 1 drachme de sandaraque décomposée (3), non de la san- 


daraque dorée, mais de celle qui blanchit; ensuite transportez dans un 


(1) Laiton ou analogue. de fumée. Mais dans GEBER, Summa 


(2) ILest plus que douteux qu'il s’agisse 
ici de notre sel ammoniac moderne. 
C’est plutôt une variété de sel gemme 
ou de carbonate de soude, d’après les 
textes formels de DioscoriDr, Mat. 
med., V, 125; et de Pur, A. N., 
XXXI, 59. De même, dans le traité 
De Mineralibus, attribué à ALBERT LE 
Gran». 1. V, tr. I, ch. II, Dansle Pseu- 
DO-ARISTOTE, auteur de l’époque arabe, 
(MaxGer, Bibl. chem., t. 1, p. 648), 
c'est aussi un sel fusible, qui n’émetpas 


perfectionis, livre I, ch. X et Libri in- 
vestigationis (IX®siècle), ainsi que dans 
AwvicenNE (XIe siècle), cité dans le Spe- 
culum majus de VINCENT DE BEAUVAIS 
(Speculum naturale, 1. VIIT, 60), le mot 
sel ammoniac s'applique à un corps 
sublimable, tel que notre chlorhydrate 
d’ammoniaque. Le sens de ce mot ἃ 
donc changé dans le cours des temps. 

(3) Sulfure d’arsenic, probablement 
en partie désagrégé par le grillage. 


46 INTRODUCTION 


autre creuset enduit à l'avance de terre de Chio ; après fusion, ajoutez un 


tiers d’asèm et employez. » 
Cette préparation donne un alliage de cuivre et dezinc arsénical. 


86. Autre (procédé). 
« Prenez: étain, 12 drachmes; mercure, 4 drachmes: terre de Chio, 


2 drachmes; fondez l’étain; jetez-y la terre en poudre, puis le mercure ; 


remuez avec un morceau de fer; mettez en globules. » 


87. Doublement de l'or. 

« Pour augmenter le poids de l’or. Fondez avec le quart de cadmie, etil 
deviendra plus lourd et plus dur. » 

Il fallait évidemment ajouter un agent réducteur et un fondant, dont la 
recette ne fait pas mention. On obtenait ainsi un alliage de l’or avec les 
métaux dont les oxydes constituaient la cadmie, c’est-à-dire lezinc,le cuivre, 
ou le plomb spécialement ; alliage riche en or. La même recette se lit aussi 
dans le Pseudo-Démocrite, mais comme toujours plus compliquée et plus 


obscure. Ce qui suit est plus clair. 


88. Autre (procédé). 

« On altère l’or en l’augmentant avec le misy et la terre de Sinope (1) ; 
on le jette d’abord à parties égales dans le fourneau ; quand il est devenu 
clair dans le creuset, on ajoute de chacun ce qui convient, et l’or est 
doublé. » 


89. Autre (procédé). 
« Invention de l’eau de soufre (2). Une poignée de chaux, et autant de 
soufre en poudre fine; placez-les dans un vase contenant du vinaigre fort, ou 


de l'urine d’enfant impubère (3); chauffez par en-dessous, jusqu’à ce que la 


(1) Minium ou sanguine. 

(2) Ou de l’eau divine; le mot grec 
est le même. 

(3) L’urine d’un enfant impubère, 
παιδὸς ἀφθόρου, était employée par les an- 
ciens dans beaucoup de recettes, 
commeon le voit dans Dioscoride, dans 
Pline, dans Celse, etc. Elle agissait 


vraisemblablement comme source de 
phosphates alcalins et d’ammoniaque, 
résultant de la décomposition de l’urée. 
Mais nous ne voyons pas pourquoi 
toute urine humaine ne ferait pas le 
même effet; à moins qu’il n’y ait là une 
idée mystique. Plus tard, le mot d’en- 
fant ayant disparu dans les recettes des 


__—— 


pe ἂν héhé on ννάνσον, 


PAPYRUS DE LEIDE 47 


liqueur surnageante paraisse comme du sang ; décantez celle-ci proprement 
pour la séparer du dépôt, et employez. » 
On prépare ainsi un polysulfure de calcium, susceptible d’attaquer l'or, 
du moins à sec, capable aussi de teindre les métaux par voie humide. 
L’eau de soufre ou eau divine joue un très grand rôle chez les alchimistes 


grecs. 


90. Comment on dilue l’asèm. 

« Ayant réduit l’asèm en feuilles et l'ayant enduit de mercure, et appliqué 
fortement sur la feuille, on saupoudre de pyrite la feuille ainsi disposée, et 
on la place sur des charbons, pour la dessécher et jusqu’à ce que la couleur 
de la feuille paraisse changée ; car le mercure s’évapore et la feuille s’at- 
tendrit. Puis on incorpore dans le creuset 1 partie d’or (1), 2 parties d’ar- 
gent (2); les ayant mêlées, jetez sur la rouille qui surnage de l’arsenic cou- 
leur d’or, de la pyrite, du sel ammoniac (3), de la chalcite (4), du bleu (5), 
et ayant broyé avec l’eau de soufre, grillez, puis répandez le mercure à la 
surface. » 


Les recettes suivantes sont des recettes de teinture en pourpre. 


οι. Fixation de l'orcanette. 

« Urine de brebis ; ou arbouse, ou jusquiame pareillement. » 

C’estun fragment de recette sans suite, recueilli sans doute par un copiste 
ignorant. À moins qu'il ne s’agisse d’un simple détail, destiné à compléter 


une recette connue du lecteur. 


copistes, celles-ci ont appliqué l’épi- | 12 circiter annos natorum, etc. ». 
thète à l'urine; et il n’est plus guère (1) L’or est désigné ici par lesigne du 
mention que d'urine non corrompue Soleil, exactement pareil à celui des 
(οὖρον ἄφθορον) dans les ouvrages alchi- alchimistes : c’est le plus vieil exemple 
miques grecs. Cependant la notion connu de cette notation. 

primitive a subsisté pendant tout le (2) L'argent est désigné par le crois- 
moyen âge, dans quelquestextes. Ainsi | sant lunaire, toujours comme chez les 
on lit encore dans la Bibliotheca |  alchimistes. 

Chemica de Mancer, t. I. Préface, | (3) Voir la remarque de la page 45. 
avant-dernière page (1702) : « Sal vola- (4) Minerai pyriteux de cuivre. 

tile et fixum, ut et, spiritus urinæ, sic (5) Sulfate de cuivre, ou émail bleu, 


parantur. Recipe urinæ puerorum ou azurite. 


48 INTRODUCTION 


92. Dilution |falsification) de l'orcanette. 
« On dilue l’orcanette avec les pommes de pins (ἢ), la partie intérieure des 


pêches, le pourpier, le suc des bettes, la lie de vin, l'urine de chameau et 


l’intérieur des citrons. » 


93. Fixation de l'orcanette. 
« Cotylédon (τ) et alun mélés à parties égales, broyez finement, jetez-y 


l’orcanette. » 


04. Agents styptiques. 
« Melanteria (2),couperose calcinée, alun, chalcitis, cinabre, chaux, écorce 
de grenade, gousse d’arbre épineux, urine avec aloës : ces choses servent en 


teinture. » 


95. Préparation de la pourpre. 

« Cassez en petits morceaux la pierre de Phrygie (3); faites bouillir et, 
ayant immergé la laine, abandonnez jusqu'à refroidissement; ensuite jetant 
dans le vase une mine (poids) d’algue (4), faites bouillir et jetez-y une mine 
d'algue ; faites bouillir et jetez-y la laine, et, laissant refroidir, lavez dans 
l’eau de mer [la pierre de Phrygie est grillée (5), avant d’être concassée], 


jusqu’à coloration pourpre. » 
] 


06. T'einture de la pourpre. 
« Mouillez la chaux avec de l’eau et laissez reposer pendant une nuit; 
ayant décanté, déposez la laine dans la liqueur pendant un jour ; enlevez-la, 


séchez ; ayant arrosé l’orcanette avec du vinaigre, faites bouillir et jetez-y la 


(1) Plante, voir Dioscorine, Mat. 
méd., IV, go et ar. 

(2) Vitriol, produit par la décompo- 
sition de certains minerais à l’orifice 
des mines de cuivre (Diosc., Mat. mé- 
dicale. V, 117). 

(3) Pue, A. N. XXXNI, 36. — 
Dioscorine, Mat. medicale, V, 140. 
Cette pierre éfait autrefois employée 
pour la teinture des étoffes. Il sem- 


ble que ce fût une sorte d’alunite. 

(4) Herbes et lichens marins fournis- 
sant l’orseille. 

(5) Ceci s'accorde avec Pline. C'est 
d’ailleurs une parenthèse, la coloration 
en pourpre s'appliquant à la laine. Il y 
a avant deux mots inintelligibles, par 
suite de quelque transposition du co- 
piste. 


PAPYRUS DE LEIDE 49 


laine et elle sortira teinte en pourpre — (l’orcanette bouillie avec l’eau et 
le natron produit la couleur pourpre). » 

« Ensuite séchez la laine, et teignez-la comme il suit: Faites bouillir 
l’algue avec de l’eau, et, lorsqu'elle aura été épuisée, jetez dans l’eau une 
quantité imperceptible de couperose, afin de développer la pourpre, et alors 
plongez-y la laine, et elle se teindra: s’il Υ a trop de couperose, elle devient 
plus foncée. » 

Il y a là deux procédés distincts, l'un avec l’orcanette, l’autre avec 


l’'orseille. 


07. Autre (procédé). 

« Broyez des noix avec de l’orcanette de bonne qualité ; cela fait, met- 
tez-y du vinaigré fort ; broyez de nouveau; ajoutez-y de l’écorce de grena- 
dier; laissez trois jours; et après, plongez-y la laine et elle sera teinte 
à froid. » 

« On dit qu’il y a un certain acanthe {r) qui fournit de la couleur pour- 
pre ; mouillé avec du natron de Bérénice, au lieu de noix, il produit le 


même effet. » 


οὗ. Autre [procéde). 

« Nettoyez la laine avec l'herbe à foulon, et tenez à votre disposition de 
l’alun lamelleux; en broyant la partie intérieure de la noix de galle, jetez 
avec l’alun dans un pot, puis mettez la laine et laissez reposer quelques 
heures ; enlevez-la et laissez-la sécher. Au préalable, suivez cette marche. 
Ayant broyé de la lie (2) et l’ayant mise dans un vase, versez de l’eau de 
mer, agitez et laissez déposer. Puis décantez l’eau claire dans un autre vase 
et tenez-la à votre disposition. Prenant de l’orcanette etla mettant dans un 
vase, mêlez avec l’eau de la lie, jusqu’à ce qu’elle s’épaississe convenable- 
ment et devienne comme sablonneuse. Alors mettez le produit dans le vase 
(réservé), délayant à la main avec l’eau précédente qui provient de l’orca- 


nette. Ensuite, lorsqu'il sefa devenu comme visqueux, mettez-le dans une 


(1) Plante nonidentifiée.( Voir Diosc., | (2) La lie de vin agit ici par le bitar- 
Mat. med. III, 17. — Pine, H. N. | trate de potasse qu’elle contient. 
XXII, 34.) 


50 INTRODUCTION 


petite marmite, ajoutez-y le reste de l’eau d’orcanette, et laissez jusqu’à ce 
qu'il ait tiédi ;alors plongez-y la laine, laissez quelques heures et vous trou- 


verez la pourpre solide. » 


09. Autre (procédé). 

« Prenant de l’orcanette, de la léontice (τὴ, ôtez l'écorce, prenez-la pour 
la broyer dans un mortier, aussi fine que de l’antimoine : ajoutez-y de l’hy- 
dromel dilué avec de l’eau, broyez de nouveau, mettez le produit broyé dans 
un vase, et faites bouillir : quand vous verrez tiédir (la liqueur), plongez-y 
la laine; laissez séjourner. La laine doit être nettoyée avec l'herbe à foulon 
et épaissie (cardée et feutrée). Alors prenez-la, plongez-la dans l’eau de 
chaux (2), laissez imbiber ; enlevez-la, lavez fortement avec du sel marin, 


séchez ; plongez de nouveau dans l’orcanette et laissez séjourner. » 


100. Autre (procédé). 

« Prenez le suc des parties supérieures de l’orcanette et une noix de galle 
compacte | omphacite (3) ] grillée dans la rôtissoire ; l’ayant broyée avec addi- 
tion d’un peu de couperose, mêlez au suc, faites bouillir, et donnez la tein- 


ture de pourpre. » 


101. Substitution de couleur glauque (4). 

« Au lieu de couleur glauque, prenez la scorie de fer, écrasez-la avec soin 
jusqu’à réduction à l'apparence du smegma (5), et faites bouillir avec du 
vinaigre, jusqu'à ce qu'il durcisse ; plongez la laine préalablement nettoyée 
avec l'herbe à foulon épaissie (cardée et feutrée), et vous la trouverez teinte 
en pourpre ; teignez ainsi avec les couleurs que vous avez. » 


͵ 
Droscoripe. Extraits du livre sur la Matière médicale. 


102. Arsenic. — 103. Sandaraque. — 104. Misy. — 105. Cadmie. 
— τοῦ. Chrysocolle. — 107. Rubrique de Sinope. — τοῦ. Alun. — 
109. Natron. — 110. Cinabre. — 111. Mercure. 


(4) Bleu verdâtre. Cette recette est 
obscure et incomplète. 

(5) Variété d'oxyde de cuivre pro- 
duite par le vent du soufflet sur le cui- 
vre fondu. PLINE ἢ. N. XXXIV, 36. 


(1) Plante. Voir Diosc., Mat. mea. 
III, 100. — PLiINE, H. Ν. XXV, 85. 

(2) Est-ce la même chose que la disso- 
lution de la chaux vive dans l’eau ? 


| 
| 
] 
(3) Diosc., Mat. τπόά. I, 146. | 


PAPYRUS DE LEIDE J)I 


On se borne à rappeler ces titres pour mémoire, les articles ayant été 


tirés d’un Ouvrage connu et publié (voir p. 26). 


EXPLICATION DES RECETTES DU PAPYRUS DE LEIDE 


Ces textes étant connus, il s’agit maintenant de les rapprocher et d’en 
tirer certaines conséquences. 

Les recettes relatives aux métaux sont les plus nombreuses et les plus 
intéressantes. Elles montrent tout d’abord la corrélation entre la profession 
de l’orfèvre, qui travaillait les métaux précieux, et celle de l’hiérogram- 
mate ou scribe sacré, obligé de tracer sur les monuments de marbre ou de 
pierre, aussi bien que sur les livres en papyrus ou en parchemin, des carac- 
tères d’or ou d’argent : les recettes données pour dorer les bijoux dans le 
papyrus sont en effet les mêmes que pour écrire en lettres d'or. Nous com- 
mencerons par ce dernier ordre de recettes, dont les applications sont tou- 
tes spéciales, avant d'entrer dans le détail des préparations métalliques; 
car elles forment en quelque sorte l'introduction aux procédés de teinture 


des métaux. 


I. — Recettes pour écrire en lettres d’or. 


L’art d'écrire en lettres d’or ou d’argent préoccupait beaucoup les artisans 
qui se servaient de notre papyrus; il ny a pas moins de quinze ou seize 
formules sur ce sujet, traité aussi à plusieurs reprises dans les manuscrits 
de nos bibliothèques; Montfaucon et Fabricius ont déjà publié plusieurs 
recettes, tirées de ces derniers. 

Rappelons rapidement celles du papyrus : 

Feuilles d’or broyées avec de la gomme (53) et (78). 

Ce procédé figure encore de nos jours dans le Manuel Roret (τ. II, p. 136; 
1832) [Triturer une feuille d’or avecdu miel et de la gomme, jusqu’à pulvé- 
risation, etc.]| 


52 INTRODUCTION 


Or amalgamé et gomme (34) et (71). 

Amalgame d'or (54). 

Dans une autre recette (70) et (45), on prépare d’abord un alliage d’or et 
de plomb, auquel on fait subir certaines préparations. 

Dans les recettes précédentes, l’or forme le fond du principe colorant. 
Mais on employaitaussi des succédanés pour écrire en couleur d’or, sans or : 
par exemple, un mélange intime de soufre natif, d’alun etde rouille, (72) et 
(73), délayés dans du vin; 

Et encore : litharge couleur d'or (35); 

Safran et bile de tortue (39); 

Cuivre rendu semblable à l'or par un enduit de cumin (47) ; voir aussi (77). 

Fleur de carthame et bile de tortue ou de veau (63). 

Les recettes suivantes reposent sur l'emploi de l’orpiment {arsenic des 
anciens); telles sont les recettes (50) et (38), avec addition de safran. 

Dans une autre préparation plus compliquée (74), l’'orpiment, la chéli- 
doine, la bile de tortue et le safran sont associés, suivant une recette com- 
posite. 

L'orpiment apparaît ici comme matière employée pour sa couleur pro- 
pre, et non comme colorant des métaux, emploi qu'il a pris plus tard. 

Ontrouve encore une recette (62) pour écrire en lettres d’asèm (alliage 
d'argent et d’or), au moyen de la couperose, du soufre et du vinaigre ; c’est-à- 
dire sans or ni argent; 

Et une recette (79) pour écrire en lettres d’argent, avec de la litharge 
delayée dans la fiente de colombe et du vinaigre. 

Il existe aujourd’hui des recettes analogues dans le Manuel Roretit. 11,0. 
140 ,1832):« Étain pulvérisé et gélatine, on forme un enduit, on politau bru- 
nissoir ; on ajoute une couche de vernis à l’huile ou à la gomme laque, ce qui 
fournit une couleur blanche, ou dorée, sur bois, sur cuir, fer, etc.» 

Si j'ai donné quelques détails sur ces recettes pour écrire des lettres 
d'or ou d'argent, c’est parce qu’elles caractérisent nettement les personnes 
à qui elles étaient destinées. Ce sont, je le répète, des formules précises 
de praticiens, intéressant spécialement le scribe qui transcrivait ce papyrus, 
et toute la classe, si importante en Égypte, des hiérogrammates; car il ne 


s'agissait pas seulement d'écrire et de dessinef sur papyrus, mais aussi 


PAPYRUS DE LEIDE 55 


sur marbre ou sur tout autre support. Certaines de ces recettes, par une 
transition singulière, sont devenues, comme je le dirai bientôt, des recettes 


de transmutation véritable. 


IT. — Manipulation des Métaux. 


Venons aux formules relatives à la manipulation des métaux. Elles por- 
tent la trace d’une préoccupation commune: celle d’un orfèvre préparant 
des métaux et des alliages pour les objets de son commerce, et poursuivant 
un double but. D'une part, il cherchait à leur donner l'apparence de l'or 
et de l’argent, soit par une teinture superficielle, soit par la fabrication 
d’alliages ne renfermant ni or, ni argent, mais susceptibles de faire illusion 
à des gens inhabiles et même à des ouvriers exercés, comme il le dit expres- 
sément. D’autre part, il visait à augmenter le poids de l’or et de l'argent 
par l'introduction de métaux étrangers, sans en modifier l'aspect. Ce sont 
là toutes opérations auxquelles se livrent encore les orfèvres de nos jours ; 
mais l'Etat leur a imposé l'emploi de marques spéciales, destinées à définir 
le titre réel des bijoux essayés dans les laboratoires officiels, et il a séparé 
avec soin le commerce du faux, c'est-à-dire les imitations, ainsi que 
celui du doublé, du commerce des métaux authentiques. Malgré toutes 
ces précautions, le public est continuellement décu, parce qu’il ne connaît 
pas et ne peut pas connaître suffisamment les marques et les moyens de 
contrôle. 

Il y a là des tentations spéciales : les fraudes professionnelles ne sem- 
blent pas toujours, dans l'esprit des gens du métier, relever des règles de 
la probité commune. Le prix de l'or est si élevé, les bénéfices résultant 
de son remplacement par un autre métal sont si grands, que, même de nos 
jours, il s'exerce de la part des orfèvres une pression incessante dans ce 
sens, pression à laquelle les autorités publiques ont peine à résister. Elle a 
pour but, soit d’abaisser le titre des alliages d'or employés en orfèvrerie, 
tout en les vendant comme or pur; soit de vendre au prix du poids total, 
estimé comme or, les bijoux renfermant des émaux ou des morceaux de 


fer ou d'autres métaux ; même de notre temps, c’est là une tradition com- 


54 INTRODUCTION 


merciale que l’on n’a pas réussi à interdire. Déjà l’on disait au siècle 
dernier, au temps des métiers organisés par corporations: « [l semble 
que l’art de tromper ait ses principes et ses règles; c’est une tradition que 
le maître enseigne à son apprenti, que le corps entier conserve comme un 
secret important. » Ici, comme dans bien d’autres industries, il y a ten- 
dance perpétuelle à opérer des substitutions et des altérations de matière, 
fort lucratives pour le marchand et exécutées de façon que le public ne 
s’en aperçoive pas; sans cependant se mettre en contradiction flagrante avec 
le texte des lois et règlements. Au delà commence la criminalité, et il n’est 
pas rare que la limite soit franchie. 

Or ces lois et règlements, cette séparation rigoureuse entre l’industrie 
du faux, du doublé, du plaqué, des imitations, et l’industrie du vrai 
or et du vrai argent, ces marques légales, ces moyens précis d'analyse 
dont nous disposons aujourd’hui, n’existaient pas au temps des anciens. 
Le papyrus de Leide est consacré à développer les procédés par lesquels 
les orfèvres d’alors imitaient les métaux précieux et donnaient le change 
au public. La fabrication du doublé et celle des bijoux fourrés ne 
figurent cependant pas dans ces recettes, quoiqu’on en trouve des traces 
chez Pline (τὴ. Les recettes sont ici d'ordre purement chimique, c’est-à- 
dire que l'intention de fraude est moins évidente. De là pourtant à l’idée 
qu’il était possible de rendre limitation si parfaite qu’elle devint identique 
à la réalité, il n'y avait qu’un pas. C’est celui qui fut franchi par les alchi- 
mistes. 

La transmutation était d'autant plus aisée à concevoir dans les idées 
du temps que les métaux purs, doués de caractères définis, n'étaient pas 


distingués alors de leurs alliages : les uns et les autres portaient des 


(1) Hist. nat., XXXIII, 6, anneau de mêlait en certaines proportions avec la 
fer entouré d’or; lame d’or creuse rem- monnaie lovale dans ses émissions, dès 
plie avec une matière légère, 52, lits le temps de la République romaine et 
plaqués d'or, etc. Les monnaies four- aussi à l’époque impériale, ce que l’on 
rées, c'est-à-dire formées d’une âme de appelait miscere monetam : — tingere 
cuivre, de fer ou de plomb, recouverte ou inficeremonetam,— dernière expres- 
d’une feuille d'argent ou d’or, ont été sion applicable à l'or. (La Monnaie 


usitées dans l'antiquité et même fabri- dans l'antiquité, par Fr. Lenormant, I, 
quées par le Gouvernement, qui les | 221 à 236). 


PAPYRUS DE LEIDE 5.5 


noms spécifiques, regardés comme équivalents. Tel est le cas de l’airain 
(æs), alliage complexe et variable, assimilé au cuivre pur, et qui était sou- 
vent désigné par le même nom. Notre mot bronze reproduit la même 
complexité; mais ce n’est plus pour nous un métal défini. Le mot de 
cuivre lui-même s'applique souvent à des alliages jaunes ou blancs, dans 
la langue commune de nos jours et dans celle des artisans. De même l’orichal- 
que, qui est devenu après plusieurs variations notre laiton (1); le chrysochal- 
que, qui est devenu notre chrysocale ou similor, etc. L’electrum, alliage 
naturel d’or et d’argent, a servi à fabriquer des monnaies en Asie Mineure, 
(Lydie et villes d’Ionie), en Campanie et à Carthage, où l’on prenait même 
soin de leur faire subir une cémentation, destinée à leur donner l’aspect de 
l'or pur (v. p. 16). L’airain de Corinthe, alliage renfermant de l’or, du cui- 
vre et de l’argent, n’était pas sans analogie avec le quatrièmetitre de l'or, usité 
aujourd’hui en bijouterie. L’alliage monétaire, employé pour les monnaies 
courantes, était aussi un métal propre: de même que notre billon d’aujour- 
d’hui; la planète Mars lui est même attribuée, au même titre que les autres 
planètes aux métaux simples, dans la vieille liste de Celse. Le claudianon et 
le molybdochalque, alliages de cuivre et de plomb mal connus, souvent 
cités par les alchimistes, ne sont pas sans analogie avec le clinquant, le po- 
tin et avec certains laitons ou bronzes artistiques, spécialement signalés 
dans divers passages de Zosime. Mais ils ont disparu, au milieu des nom- 
breux alliages que l’on sait former maintenant entre le cuivre, le zinc, le 
plomb, l’étain, l’antimoine et les autres métaux. Le pseudargyre de Strabon 
est un alliage qui n’a pas non plus laissé d’autre trace historique; peut-être 
contenait-il du nickel. Les Romains ajoutaient parfois au bronze monétaire, 
(cuivre et étain), du plomb, jusqu’à la dose de 29 p. 0/0 dans leurs mon- 
naies. Le stannum de Pline était un alliage analogue au claudianon, ren- 
fermant parfois de l'argent, et dont le nom a fini par être identifié avec 
celui du plomb blanc, autre alliage variant depuis les composés de plomb 
et d'argent, qui se produisent pendant le traitement des minerais de plomb, 


jusqu’à l’étain pur, qu’il a fini par signifier exclusivement. La monnaie 


(1) Le nom même du laiton vient | pendant le moyen âge, d'aprés du 
d’electrum, qui avait pris ce sens |  Cange. 


56 INTRODUCTION 


d’étain frappée par Denys de Syracuse, d’après Aristote, devait être un 
alliage de cet ordre; même au temps des Sévères on a fabriqué des mon- 
naies d’étain, simulant l'argent (Lenormant, La Monnaie dans l’antiquite, 
p. 213) et qui sont venues jusqu’à nous. 

Au point de vue de l’imitation ou de la reproduction de l'or et 
de l'argent, le plus important alliage était l’asèm, identifié souvent avec 
l’électrum, alliage d’or et d’argent qui se trouve dans Ia nature: mais le 
sens du mot asèm est plus compréhensif. Le papyrus X offre à cet égard 
beaucoup d'intérêt, en raison des formules multipliées d’asèm qu'il ren- 
ferme. C’estsurla fabrication de l’asèm en effet que roule surtout l’imitation 
de l'or et de l’argent, d’après les recettes du papyrus : c'est aussi sa fabri- 
cation et celle du molybdochalque, qui sont le point de départ des procédés 
de transmutation des alchimistes. Toute cette histoire tire un singulier 
jour des textes du papyrus qui précisent nettement ce qu’il était déjà per- 
mis d’induire à cet égard (1) : je les rapprocherai des textes des vieux alchi- 
mistes que j'ai spécialement étudiés. 

Abordons donc de plus près la discussion du papyrus. Nous y trouvons 
d’abord des recettes pour la teinture superficielle des métaux (2) : telles que 
la dorure et l’argenture, destinées à donner l'illusion de l'or et de l’argent 
véritables et assimilées soit à l'écriture en lettres d’or et d'argent, soit à 
la teinture en pourpre, dont les recettes suivent. Tantôt on procédait par 
l'addition d’un liniment ou d’un vernis: tantôt, au contraire, on enlevait 
à la surface du bijou les métaux autres que l'or, par une cémentation qui en 
laissait subsister à l’état invisible et caché le noyau composé (v. p. 16). 

On y rencontre aussi des recettes destinées à accomplir une imitation 
plus profonde : par exemple, en alliant au métal véritable, or ou argent, une 
dose plus ou moins considérable de métaux moins précieux ; c'était l’opé- 


ration de la diplosis, qui se pratique encore de nos jours (3). Mais l'orfèvre 


(1) Origines de l'Aichimie. Les mé- |  testéeautrefois par des raisons à priori: 
taux chez les Egyptiens, p. 211 et sui- la diplosis étant réputée inconnue avant 
vantes. le moyen âge. Maisla connaissance posi- 


(2) Zbid., p. 238. 

(3) Manilius, poète latin du rer siècle 
de l'ère chrétienne, en parle aussi dans 
un vers dont l’authenticité a été con- 


tive de cette opération chez les anciens, 
établie par le papyrus de Leide, tend à 
rétablir la valeur du texte de Manilius. 
— Voir Origines de l'Alchimie, p. 70. 


PAPYRUS DE LEIDE 57 


égyptien croyait ou prétendait faire croire que le métal vrai était réelle- 
ment multiplié, par une opération comparable à la fermentation ; deux 
textes du papyrus [”1asse inépuisable, recettes (7) et (66), etc.] le montrent 
clairement. C’est là d’ailleurs la notion même des premiers alchimistes, 
clairement exposée dans Enée de Gaza (τ᾿. 

Enfin la falsification est parfois complète, l’alliage ne renfermant pas 
trace d’or ou d’argent initial. C’est ainsi que les alchimistes espéraient 
réaliser une transmutation intégrale. 

Dans ces diverses opérations, le mercure joue un rôle essentiel, rôle qui 
a persisté jusqu’à nos jours, où il a été remplacé pour la dorure par des 
procédés électriques. L’arsenic, le soufre et leurs composés apparaissent 
aussi comme agents tinctoriaux : ce qui complète l'assimilation des recettes 
du papyrus avec celles des alchimistes. 

Les divers procédés employés dans le papyrus, pour reconnaître la 
pureté des métaux (docimasie, 43, 44, 64, 32) ; pour les affiner et les purifier 
(15, or), (26, argent), (2, 3, 4, étain), (21, 22, asèm) ; pour les décaper, opéra- 
tion qui précède la soudure ou la dorure (46, 48, 65, 66, 20, 20 bis), sont 
rappelés ici seulement pour mémoire. ͵ 

En ce qui touche la soudure des métaux, il n’y a que deux recettes relatives 
à la soudure d’or (chrysocolle). Observons que ce nom a plusieurs sens 
très différents chez les anciens : il signifie tantôt la malachite (2), tantôt un 
alliage de l’or avec l’argent (3), ou avec le plomb, parfois avec le cuivre; ces 
divers corps étant d’ailleurs mis en œuvre simultanément. Enfin on le 
trouve appliqué dans Olympiodore à l’opération même, par laquelle on 
réunissait en une masse unique les parcelles ou paillettes métalliques. C’est 
un alliage de l’or et du cuivre, associé à l’argent ou à l’asèm, qui est désigné 
sous ce nom dans notre papyrus, recettes (31) et (33). 

Venons aux procédés pour dorer, argenter, teindre et colorer les métaux 
superficiellement. Deux formules de décapage rappelées plus haut (19, 20, 
20 bis) ont déjà cette destination ; dans un but de tromperie, ce semble,en 


modifiant l’apparence de la monnaie. La recette (25) tend vers le même but: 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 75. 
(2) Dioscorine, Mat. med., V. 104. 


(3) Puixe, Hist. Nat., XXXIII, 20. 


8. 


58 INTRODUCTION 


c’est à peu près celle du cément royal, au moyen duquel on séparaïit l'or de 
l'argent et des autres métaux (p. 11). Employée comme ci-dessus, elle a 
pour effet de faire apparaître l'or pur à la surface de l’objet d'or, le centre 
demeurant allié avec les autres métaux. C'est donc un procédé de fraude 
(v. p. 16). Mais on pouvait aussi s’en servir pour lustrer l'or. 

Aujourd’hui encore les orfèvres emploient diverses recettes analogues, 
pour donner à l’or une belle teinte: 

« Or mat, salpêtre, alun, sel; 

« Or fin, avec addition d’acide arsénieux ; 

« Or rouge, par addition d’un sel de cuivre; 

« Or jaune, par addition de salpêtre, de sel ammoniac. 

« Pour lustrer et polir. Tartre brut,2 onces; soufre en poudre, 2 onces; 
sel marin, 4 onces; faites bouillir dans parties égales d’eau et d'urine; 
trempez-y l'or, ou l'ouvrage doré. » (Manuel Roret, τ. 11, p. 188; 1832). 

Le soufre et l’urine se retrouvent ici, dans le manuel Roret, comme chez 
les alchimistes égyptiens. 

Voici maintenant des procédés de dorure véritable. L’un d’eux (38) est 
remarquable, parce qu'il procède sans mercure, au moyen d’un alliage de 
plomb: il représente peut-être une pratique antérieure à la connaissance 
du mercure, dont il n’est pas question jusqu'au v° siècle avant notre ère. 

En tout cas, c’est toujours un procédé pour tromper l'acheteur, comme 
le texte le dit expressément. 

Un autre procédé (57) est destiné à dorer l’argent, par application avec 
des feuilles d’or et du mercure. L'objet, dit l’auteur, peut subir l'épreuve de 
l’or régulier (la pierre de touche) : c'est donc un procédé de fraude. 

D’autres recettes donnent seulement l'apparence de l’or: on la commu- 
nique au cuivre par l'emploi du cumin par exemple (28) ; avec des variantes 
(47) et (71). 

Rappelons ici les recettes pour écrire en couleur d’or avec l’aide du safran, 
du carthame et de la bile de veau ou de tortue (39), (63), (74). Pline explique 
également que l’on colore le bronze en or avec le fiel de taureau (4. N. 
XXVIII, 146). 

Une autre recette est destinée à dorer sans or un vase d’argent ou 


de cuivre, au moyen du natron jaune, substance mal connue (49): c'était 


| 
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PAPYRUS DE LEIDE 59 


peut-être un sulfure, capable de teindre superficiellement les métaux 
(v. p. 39). 

Une recette pour dorer l’argent (51) repose sur l'emploi de la sandaraque 
(c’est-à-dire du réalgar), du cinabre et du misy (sulfates de cuivre et de fer 
basiques). Elle constate ainsi l’apparition des composés arsénicaux pour 
teindre en or. Mais ces composés semblent employés ici seulement par 
application, sans intervention de réactions chimiques, telles que celles qui 
font au contraire la base des méthodes de transmutation par l’arsenic chez 
les alchimistes. 

{πὸ apparence de dorure superficielle (69) et (76) repose sur l'emploi du 
misy grillé, de l’alun et de la chélidoine, avec addition d’urine. 

Ces procédés de teinture superficielle sont devenus un procédé de trans- 
mutation dans le Pseudo-Démocrite (Physica et Mystica), qui s'exprime 
ainsi: 

« Rendez le cinabre (1) blanc au moyen de l’huile, ou du vinaigre, ou du 
miel, ou de la saumure, ou de l’alun; puis jaune, au moyen du misy, ou du 
sory, ou de la couperose, ou du soufre apyre, ou comme vous voudrez. 
Jetez le mélange sur de l’argent et vous obtiendrez de l’or, si vous avez 
teint en or; si c’est du cuivre, vous aurez de l’électrum : car la nature jouit 
de la nature. » 

Cette recette est reproduite avec plus de détails un peu plus loin, dans le 
même auteur. 

Ailleurs le Pseudo-Démocrite donne un procédé fondé sur l’emploi du 
safran et de la chélidoine, pour colorer la surface de l'argent ou du cuivre 
et la teindre en or : ce qui est conforme aux recettes pour écrire en lettres 
d'or exposées plus haut. 

La chélidoine apparaît aussi associée à l’orpiment, dans l’une des recettes 
du papyrus pour écrire en lettres d’or sur papier, sur parchemin, ou sur 
marbre (74). 

A la suite figure un procédé de dorure par vernissage, fondé sur l'emploi 
simultané des composés arsénicaux, de la bile et du mercure (75). 


(ἢ Ce mot semble signifier ici le minium (oxyde de plomb), sens que l’on trouve 
dans Dioscoride. | 


60 INTRODUCTION 


Ce procédé rappelle à certains égards le vernis suivant, pour donner 
une couleur d’or à un métal quelconque (Manuel Roret, τ. II, p. 192; 
1832) : 

« Sangdragon, soufre et eau, faire bouillir, filtrer; on met cette eau dans 
un matras avec le métal qu'on veut colorer. On bouche, on fait bouillir, on 
distille. Le résidu est une couleur jaune, qui teint les métaux en couleur 
d’or. On peut encore opérer avec parties égales d’aloès, de salpêtre et de sul- 
fate de cuivre. » 

Les procédés suivants sont des procédés d’argenture, tous fondés sur une 
coloration apparente, opérée sans argent. Ainsi (42), sous le nom d’enduit 
de cuivre, on enseigne à blanchir le cuivre en le frottant avec du mercure : 
c’estencore aujourd’hui un procédé pour donner à lamonnaie de cuivre l’ap- 
parence de l’argent et duper les gens inattentifs. 

De même un amalgame d’étain, destiné à blanchir le cuivre (27). 

De même le procédé pour colorer l’argent (81). 

La teinture en couleur d’asèm (80) et (67), intermédiaire entre l’or et l’ar- 
gent, est répétée deux fois. 

Citons encore une recette pour blanchir le cuivre par l’arsenic (23). 

Au lieu de teindre la surface des métaux, pour leur donner l’apparence 
de l’or ou de l'argent, les orfèvres égyptiens apprirent de bonne heure à les 
teindre à fond, c’est-à-dire en les modifiant dans toute leur masse. Les pro- 
cédés employés par eux consistaient à préparer des alliages d’or et d’argent 
conservant l’apparence du métal:c’estcequ’ils appelaient la diplosis, l’art de 
doublerlepoidsdeloretdel’argent{V.plus haut p. 56); expression quiapassé 
aux alchimistes, en même tempsque la prétention d'obtenir ainsi des métaux, 
non simplement mélangés, mais transformés à fond. Le mot actuel de doublé 
se rapporte au même ordre d’idées, mais avec un sens tout différent, puis- 
qu’il s’agit aujourd’hui de deux lames métalliques superposées. Chez les 
anciens la significationétait plus extensive. Eneffet, le mot diplosisimpliquait 
autrefois, tantôt la simple augmentation de poids du métal précieux, addi- 
tionné d’un métal de moindre valeur qui n’en changeait pas l'apparence, (16, 
et (17,, (56), (87) et (88); tantôt la fabrication de toutes pièces de l’or et de 
l'argent, par la transmutation de nature du métal surajouté ; tousles métaux 


étant au fond identiques, conformément aux théories platoniciennes sur la 


PAPYRUS DE LEIDE OI 


matière première. L'agent même de la transformation est une portion de 
l’alliage antérieur, jouant le rôle de ferment. 

Toutes ces préparations sont aussi claires et positives, sauf l'incertitude 
sur le sens de quelques mots, que nos recettes actuelles. Il n’en est que plus 
surprenant de voir naître, au milieu de procédés techniques si précis, la 
chimère d’une transmutation véritable ; elle est corrélative d’ailleurs avec 
l'intention de falsifier les métaux. Le faussaire, à force de tromper le public, 
finissait par croire à la réalité de son œuvre ; ily croyait, aussi bien que la 
dupe qu’il s'était d’abord proposé de faire. En effet, la parenté de ces recet- 
tes avec celles des alchimistes peut être aujourd’hui complètement établie. 

J'ai déjà signalé l'identité de quelques recettes de dorure du papyrus 
avec les recettes de transmutation du Pseudo-Démocrite ; je poursuivrai 
cette démonstration tout à l'heure en parlant de l’asèm. Elle est frappante 
pour la diplosis de Moïse (τὴ, recette aussi brève, aussi claire que celle des 
papyrus de Leide et tirée probablement des mêmes sources; du moins si 
l’on en juge par le rôle de Moïse dans ces mêmes papyrus (ce volume, 
Ρ- 16). 

Le procédé de Moïse, exposé en quelques lignes, est celui-ci : 

« Prendre du cuivre, de l’arsenic (orpiment), du soufre et du plomb (2); 
on broie le mélange avec de l'huile de raifort; on le grille sur des charbons 
jusqu’à désulfuration ; on retire; on prend de ce cuivre brûlé τ partie et 3 
parties d’or ; on met dans un creuset; on chauffe ; et vous trouverez le tout 
changé en or, avec le secours de Dieu. » 

C’est un alliage d'or à bas titre, analogue à ceux signalés plus haut. 

Les soudures d’argent des orfèvres de nos jonrs sont encore exécutées 
au moyen des composés arsénicaux. On lit par exemple dans le Manuel 
Roret, τ. II, p. 186 (1832): 

« 3 parties d’argent, 1 partie d’airain : fondez ; jetez-y un peu d’orpiment 
en poudre. 

« Autre : argent fin, 1 once; airain mince, 1 once; arsenic, 1 once. On 


fond d’abord l’argent et l’airain et l’on y ajoute l’arsenic. 


(1) Manuscrit 299 de Saint-Marc (2) Ou bien du soufre natif; d'après 
(M), f. 185, recto. le symbole du manuscrit. 


62 INTRODUCTION 


« Autre : argent, 4 onces; airain, 3 onces; arsenic, 2 gros. 

« Autre : argent, 2 onces ; clinquant, 1 once; arsenic, 4 gros ; couler de 
suite ; bonne soudure. » 

On remarquera que l'énoncé même de ces formules de nos jours affecte 
une forme analogue àcelui des formules du papyrus (23 notamment) et des 
manuscrits. C’est d’ailleurs par des recettes analogues que l’on prépare 
aujourd’hui le tombac blanc ou cuivre blanc, et le faux argent desAnglais. En 
tous cas, le cuivre est teint dans le papyrus au moyen de l’arsenic, comme 
chez les alchimistes ; le tout dans une intention avouée de falsification. 

La formule d'Eugenius, qui suit dans le manuscrit de Venise, est un peu 
plus complexe que celle de Moïse. 

Elle repose aussi sur l'emploi du cuivre brûlé, mêlé à l'or et fondu, 
auquel on ajoute de l’orpiment : ce composé traité par le vinaigre est exposé 
au soleil pendant deux jours, puis on le dessèche; on l’ajoute à l'argent, ce 
qui le rend pareil à l’électrum ; le tout ajouté à l'or, par parties égales, con- 
somme l'opération. 

C’est toujours le même genre d’alliages, que l’auteur prétend identifier 


finalement avec l'or pur. 


III. — Fabrication de l'Asèm. 


Le nœud de la question est dans la fabrication de l’asèm. 

L’asèm (1) des Égyptiens désignait à l’origine l’électrum, alliage d’or et 
d'argent, qui se trouve dans la nature et qui se produit aisément dans les 
traitements des minerais. Sonnomaététraduitchezles Grecsanciens par celui 
de ἄσημον. ἄσημος, ou actu, qui étaitaussi celuide l'argent sans marque, c’est- 
à-dire sans titre, lequel est devenu chez les Grecs modernes le nom même de 
l’argent. De là une confusion extrême dans les textes. Mais à l’origine l’asèm 
égyptien avait un sens propre, comme le montrent, sans doute possible, les 
papyrus de Leide. D’après Lepsius, d’ailleurs, l’asèm était regardé comme 


un métal distinct, comparable à l’or et à l’argent; 1] est figuré à côté d’eux 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 215. 


PAPYRUS DE LEIDE 63 


sur les monuments égyptiens. Il a été placé de même sous le patronage 
d’une divinité planétaire, Jupiter, qui, plus tard, fut attribuée à l’étain, vers 
le v° ou vie siècle de notre ère, lorsque l’électrum disparut de la liste des 


métaux. 
Cependant ce métal prétendu variait notablement dans ses propriétés, 


suivant les doses relatives d’or, d'argent et des autres corps simples, alliés 
dans sa constitution : mais alors la chose ne paraissait pas plus surpre- 
nante que la variation des propriétés de l’airain, nom qui comprenait à la 
fois et notre cuivre rouge, et les bronzes et les laitons d’aujourd’hui. 

Ce n’est pas tout : l’asèm jouissait d’une faculté étrange : suivant les trai- 
tements subis, il pouvait fournir de l’or pur, ou de l’argent pur, c’est-à-dire 
être changé en apparence en ces deux autres métaux. 

Enfin, et réciproquement, on pouvait le fabriquer artificiellement, en al- 
liant l'or et l'argent entre eux, voire même sans or, et sans argent et en 
outre avec association d’autres métaux, tels que le cuivre, l’étain, le zinc, le 
plomb, l’arsenic,le mercure, qui en faisaient varier la couleur et les diverses 
propriétés : on va citer tout à l'heure de nombreux exemples de ce genre 
de fabrication (v. aussi p. 54 et 56, les formules des monnaies falsifiées). 

C'était donc à la fois un métal naturel et un métal factice. Il établissait 
la transition de l’or et de l’argent entre eux et avec les autres métaux etsem- 
blait fournir la preuve de la transmutation réciproque de toutes ces subs- 
tances, métaux simples et alliages. On savait d’ailleurs en retirer dans un 
grand nombre de cas l’or et l'argent, au moinspar une analyse qualitative, et 
l’on y réussissait même dans des circonstances, telles que le traitement du 
plomb argentifère, où il ne semblait pas qu’on eût introduit l'argent à 
l'avance dans les mélanges capable de fournir ce métal. 

Teis sont les faits et les apparences qui servaient de bases aux pratiques, 
aux conceptions et aux croyances des orfèvres des papyrus de Leide, comme 
à celles des alchimistes gréco-égyptiens de nos manuscrits. On voit par là 
que, étant donné l’état des connaissances d'alors, ces conceptions et ces 
croyances n'avaient pasle caractère chimérique qu’elles ont pris pour nous; 
maintenant que les métaux simples sont définitivement distingués, les uns 
par rapport aux autres, comme par rapportà leurs alliages. La seule chose 


surprenante, c’est la question de fait : je veux dire que les praticiens aient 


64 INTRODUCTION 


cru si longtemps à la réalité d’une transmutation complète, salors qu’ils 
fabriquaient uniquement des alliages ayant l'apparence de l’or et de l'argent, 
alliages dont nous possédons maintenant, grâce au papyrus de Leide, les 
formules précises. Or ces formules sontles mêmes que celles des manuscrits 
alchimiques. En fait, c'étaient là des instruments de fraude et d’illusion vis- 
à-vis du publicignorant. Mais comment les gens du métier ont-ils pu croire 
si longtemps qu’ils pouvaient réellement, pardes pratiques d’artisan, ou par 
des formules magiques, réussir à changer ces apparences en réalité ? Il y a 
là un état intellectuel qui nous confond. Quoi qu’il en soit, il estintéressant 
de pousser la connaissance des faits jusqu’à son dernier degré, et c’est ce que 
je vais essayer de faire. 

Le nombre des recettes relatives à l’asèm s'élève à 28 ou 30; c’est plus du 
quart du nombre total des articles du papyrus. Elles comprennent des pro- 
cédés pour la fabrique de toutes pièces; des procédés pour faire l'asèm 
noir, correspondant à ce que nous appelons l'argent oxydé; des procédés 
pour teindre en asèm; pour faire des lettres de cette couleur, pour essayer 
l'asèm ; enfin des procédés pour doubler et multiplier la dose de l’asèm, pour 
le diluer, etc. : ce qui répond à la diplosis de l'or, signalée plus haut (Ρ. 56 
et 60). 

Entrons dans quelques détails, en commençant par les procédés de fabri- 
cation, qui mettent en pleine évidence le caractère réel de l’asèm. On trouve 
désignés sous ce nom, indépendamment de l’asèm naturel ou electrum, al- 
liage d'or et d'argent figuré sur les monuments égyptiens : 

1° Un alliage d’étain et d'argent (3). 

C’est un procédé de diplosis de l’argent. 

2° Un amalgame d’étain, (5) et (86). 

Ici il s’agit uniquement de simuler l'argent. 

Dans une autre recette (37), l'étain affiné est simplement additionné d’un 
peu de mercure : ce qui montre que la dose de ce dernier variait. 

3° L’étain affiné aété parfois identifié à l’asèm (v. p. 55), commele montre 
la recette suivante, tirée du manuscrit 299 de Saint-Marc (M, fol. 106, recto): 

« Prenez de l'étain affiné, fondez-le et, après cinq fusions, jetez du bitume 
à sa surface dans le creuset ; et chaque fois que vous le refondrez, coulez-le 


dans du sel ordinaire, jusqu’à ce qu’il devienne un asèm parfait et abondant.» 


PAPYRUS DE LEIDE | 65 


C’est la formule (3) du papyrus, dans lequel elle précède la fabrication 
d’un alliage d’étain et d'argent. En tous cas, elle montre la similitude par- 
faite des recettes du papyrus et de celles du manuscrit de Saint-Marc. 

4° Le nom de l’asèm paraît avoir été aussi appliqué à un alliage de 
plomb et d'argent, obtenu dans la fusion des minerais de plomb; ainsi 
que l’établit le texte suivant (τ΄. tiré du manuscrit de Saint-Marc (fol. 106, 
recto) : 

« Prenez du plomb fusible, tiré des minerais lavés. Le plomb fusible est 
très compact. On le fond à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il devienne 
asèm. Après avoir obtenu l’asèm, si vous voulez le purifier, jetez dans le 
creuset du verre de Cléopâtre et vous aurez de l’asèm pur; car le plomb 
fusible fournit beaucoup d’asèm. Chauffez le creuset sur un feu modéré et 
pas trop fort. » 

Et un peu plus bas: 

« On tire l’asèm du plomb purifié, comme 1] est écrit sur la stèle d’en 
haut (2). Il faut savoir que cent livres de plomb ordinaire fournissent dix 
livres d’asèm. » 

Dans les autres recettes, le cuivre intervient toujours; on rapprochait 
par là l’apparence et les propriétés de l’alliage de celles del’or. L’asèm for- 
mait dès lors, aussi bien que l’électrum naturel, la {transition entre l'or et 
l'argent. Toutefois, dans aucune des recettes, sauf la dernière (90), l'or 
n'est ajouté; ce qui montre bien l'intention d'imitation, ou plutôt de 
fraude. 

5° Un alliage d’étain et de cuivre, sorte de bronze où l’étain dominait 
(30); ou bien il était pris à parties égales (29) et (14). 

6° Un alliage analogue, avec addition d’asèm antérieur (8) et (40). 

L’intention de fraude est ici très explicitement avouée. 

Dans cette formule, il n'est pas question des fondants et des tours de 
main pour affiner l’alliage, mais ils sont décrits en détail dans une autre 


recette (19), par laquelle on augmente la proportion de cuivre dans l'asèm 


(1) Le titre est : Sur la fabrication de (2) Il s’agit évidemment de la recette 
lasèm ; tandis que le signe employé précédente, inscrite probablement dans 
dans le courant du texte est celui de le temple sur une stèle ou colonne. 


l'argent. (Texte grec ci-après, I, xvi.) 


9* 


66 INTRODUCTION 


déjà préparé : ce qui devait rapprocher le bronze obtenu de la couleur de 
l’or. De même (83), dansune recette où l'on décrit les précautions pour éviter 
l'oxydation. 

7° Un alliage d’argent, d’étain et de cuivre (41). 

Une recette analogue, un peu plus détaillée et avec moitié moins d'étain, 
se termine par ces mots: «Employez-le comme de l’asèm, préférable au véri- 
table (59). » 

8° Un amalgame de cuivre et d’étain (9) et (29). 

9° Un amalgame de cuivre, d’étain et d’asèm (13) et (18). 

C’est une variante de la formule précédente. 

Ces recettes paraissent se rapporter à ces prescriptions fondamentales du 
Pseudo-Démocrite : « Fixe le mercure avec le corps (ou métal) de la magné- 
sie. » La magnésie était, à proprement parler, tantôt la pierre d’'aimant, avec 
addition de divers métaux et oxydes métalliques, tantôt un sulfure métallique 
contenant du fer, du cuivre, du plomb, etc. 

10° Un alliage de plomb, de cuivre, de zinc et d’étain (11); avec ces mots 
à la fin : « On s’en sert comme de l'asèm naturel. » 

On voit paraître ici l’idée d’imiter par l’art le métal naturel, par analogie 
avec la reproduction artificielle des pierres précieuses. 

110 Un alliage de plomb, de cuivre et d'asèm (84), désigné sous le nom 
d'asèm égyptien, d'après la recette de Phiméenas le Saîte, personnage qui 
est le même que le Pamménès des alchimistes. En effet, il est expressément 
cité parle Pseudo-Démocrite, comme artiste en Chrysopée, au début d’une 
série de recettes pour la fabrication de l’asèm (p. 24). 

Cet ordre d’alliages rappelle le metal anglais de nos jours, formé de 
80 parties de cuivre; 4, 3 de plomb; 10, 1 d’étain; 5, 6 dezinc. 

De même l’alliage indien : 16 parties de cuivre; 4 parties de plomb; 
2 parties d'étain; 16 parties de zinc; 

Ou bienle métal du prince Robert : 4 parties de cuivre et 2 de zinc; 

Les alliages de cuivre et de zinc (100 cuivre, 8 à 14 zinc); 

Les alliages de cuivre (100 parties), de zincet d’étain (46 3 à 7 parties de 
chacun); 

L'argentan, le packfong, le cuivre blanc des Chinois, le maillechort ; 


alliages de cuivre (de 3 à 5 parties) avec le zinc et le nickel (parties égales, 


PAPYRUS DE LEIDE 67 


formant la moitié ou les deux tiers du poids du cuivre), additionnés d’un 
peu de plomb; 

Et un grand nombre d’alliages complexes et du même ordre, cuivres, 
bronzes et laitons blancs et jaunes encore usités dans l’industrie : la variété 
en est infinie. 

12° Unalliage d’asèm et d’orichalque (laiton) arsénical, décrit à la suite du 
précédent (85). 

Cette recette compliquée, où l’arsenic intervient, rappelle tout à fait celle 
des alchimistes. On lit, par exemple, dans le Pseudo-Démocrite (Physica et 
Mystica, Texte grec, I, 7) : 

« Fabrication de l'or jaune.— Prenez du claudianon (τὴ, rendez-le brillant 
et traitez-lesuivantl’usage, jusqu’à cequ’il devienne jaune. Jaunissonsdonc: 
je ne dis pas avec la pierre, mais avec sa portion utile. Vous jaunirez avec 
l’alun décomposé (2), avec le soufre, ou l’arsenic (sulfuré), ou la sandaraque 
(réalgar), ou le titanos (calcaire), ou à votre idée : si vous y ajoutez de l’ar- 
gent, vous aurez de l'or; si vous mettez de l'or, vous aurez du corail d’or (3); 
car la nature victorieuse dominela nature. » 

Le procédé semble le même; mais il est moins clair chez l'alchimiste et 
il est devenu une méthode de transmutation. Une recette analogue se 
retrouve un peu plus loin dans le même auteur. 

Voici encore un résumé de la recette d'Olympiodore, auteur alchimiste 
du v° siècle, laquelle est très claire. 

« Première teinture teignant le cuivre en blanc. — L’arsenic est une 
espèce de soufre qui se volatilise au feu. Prenez de l’arsenic doré, 14 onces: 
porphyrisez, faites tremper dans du vinaigre deux ou trois jours et faites 


sècher à l’air, mêlez avec 5 onces de sel de Cappadoce (4); l'emploi de ce sel 


(1) Alliage de plomb et d’étain avec 
le zinc et le cuivre. 
(2) Dans le langage des alchimistes 


(3) Quintessence de l'or. Ce mot est 
parfois synonyme de coquille d’or, dé- 
nomination conservée dans le langage 


grecs, ce mot s'applique non seulement 
à notre alun plus ou moins pur, mais 
à l'acide arsénieux, provenant du gril- 
lage des sulfures : cette signification est 
donnée dans les textes d’une façon très 
explicite. 


des orfèvres par le mot or en coquilles, 
c'est-à-dire or en poudre, dont lesens 
actuel n’est peut-être pas le même que 
celui des anciens. 

(4) Sel gemme. 


68 INTRODUCTION 


a été proposé par Africanus. On place au-dessus du vaisseau qui contient 
le mélange une fiole ou vase de verre et au-dessus une autre fiole, assujettie 
de tous côtés, pour que l’arsenic brûlé ne se dissipe pas (1). Faites brûler à 
plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il soit devenu blanc : on obtient ainsi de 
l’alun blanc et compact (2). Ensuite on fait fondre du cuivre avec de la cen- 
dre de chêne de Nicée (3), puis vous prenez de la fleur de natron (4), vous en 
jetez au fond du creuset 2 ou 3 parties pour ramollir. Ensuite vous projetez la 
poudre sèche {arsenic avec une cuiller de fer, 1 once pour 2 onces de cuivre; 
puis vous ajoutez dans le creuset un peu d'argent, pour rendre la teinture 
uniforme; vous projetez encore un peu de sel. Vous aurez ainsi un très bel 
asèm. » 

On voit que les recettes des premiers alchimistes ne sont nullement chi- 
mériques, mais pareilles à celles du papyrus et même aux recettes des 
orfèvres et métallurgistes de nos jours. 

Venons aux procédés de diplosis proprement dite, destinés à augmenter 
le poids de l’asém, envisagé comme un métal défini, procédés analogues 
aux diplosis de l’or et de l’argent décrites plus haut et donnant des alliages 
plus ou moins riches en cuivre (6), (10) et (90). 

Dans le dernier procédé, il semble qu’il s'agisse d'accroître le poids de 
l’asèm et d'en modifier la couleur. On le ramollit par amalgamation, afin 
d'y pouvoir incorporer de l'or, de l’argent, du soufre, de l’arsenic et du 
cuivre. Les derniers métaux sont tirés de leurs sulfures, dissous ou désa- 
grégés par le polysulfure de calcium, qui forme l’eau de soufre : le tout, 
avec le concours des grillages et d’une nouvelle amalgamation finale. C’est 
là tout à fait un procédé d’alchimiste transmutateur. 

Une mention spéciale est due à la substance appelée ὕϑωρ θεῖον : ce qui 
veut dire eau de soufre, ou eau divine, substance qui a un rôle énorme chez 
les alchimistes, lesquels jouent continuellement sur le double sens de ce 
mot. Cette liqueur est désignée dans le lexique alchimique sous le nom de 


bile de serpent; dénomination qui cest attribuée à Pétésis, seul auteur cité 


(1) Cette description répond à celle | (5) Flux blanc. 
de l’aludel. | 


(2) Ce nom s’appliquait donc à l'acide | (4) Fondant. 
arsénieux. 


PAPYRUS DE LEIDE 69 


dans ce lexique, lequel figure aussi dans Dioscoride, ainsi que Phiménas ou 
Pamménès, désigné à la fois dans le papyrus et dans le Pseudo-Démocrite. 
Ces noms représentent deux personnages réels, deux de ces prophètes ou 
prêtres chimistes qui ont fondé notre science. 

L’eau de soufre apparaît pour la première fois dans le papyrus X (89. 
La recette est très claire : elle désigne la préparation d’un polysulfure de 
calcium. Dans la recette consécutive (90), qui est fort compliquée, on met 
en œuvre la liqueur ci-dessus. 

Cette liqueur préparée avec du soufre natif (ὕδωρ θείου ἀθίχτου) se trouve 
décrite| dans divers passages des alchimistes, par exemple dans le petit 
résumé de Zosime intitulé : yvnsix γραφή, écrit authentique. Rappelons 
ici que les descriptions de Zosime se rapportent en divers endroits à des 
liqueurs chargées d'acide sulfhydrique (1). 

Une semblable eau de soufre possède une activité remarquable, surtout 
vis-à-vis des métaux, activité qui a dû frapper vivement ses inventeurs. Non 
seulement elle donne des précipités ou produits colorés en noir, en jaune, 
en rouge, etc., avec lessels et oxydes métalliques : mais les polysulfures alca- 
lins exercent une actiondissolvante sur la plupart des sulfures métalliques ; 
ils colorent directement la surface des métaux de teintes spéciales ; enfin 
ils peuvent même, par voie sèche à la vérité, dissoudre l'or. 

Dans ces procédés de diplosis et dans la plupart des fabrications d’asèm, 
l’auteur ajoute toujours au mélange une certaine dose d’asèm préexistant, 
pour faciliter l'opération. Il y a là une idée analogue à celle d'un ferment 
et qui est exposée d’une facon plus explicite dans deux articles spéciaux 
(ἢ) et (60). 

Quelques mots maintenant sur l’asèm noir, préparation analogue à 
notre argent oxydé (36). C'est un alliage noirci par des sulfures métalliques. 
Pline dit de même (Hist. nat., XXXIIT, 46) : 

« L'Egypte colore l'argent, pour voir dans les vases son Anubis; elle 
peint l'argent, au lieu de le ciseler. Cette matière a passé de là aux statues 


triomphales : et, chose étrange, elle augmente de prix en voilant son éclat. 
D D 


(1) Sur la même eau divine ; on v lit bic, tu te boucheras le nez à cause de 


le passage suivant : découvrant l’alam- l'odeur, etc. 


79 INTRODUCTION 


Voici comment on opère. On mêle avec un tiers d'argent deux parties de 
cuivre de Chypre très fin, nommé coronaire, et autant de soufre vif que 
d'argent. On combine le tout par fusion, dans un vase de terre luté avec de 
l'argile... On noircit aussi avec un jaune d'œuf durci; mais cette der- 
nière teinte est enlevée par l'emploi de la craie et du vinaigre. » 

Ainsi Pline opèreavec del’argent pur, tandis que le papyrus met en œuvre 


un alliage plombifère. 


IV. — Recettes du Pseudo-Démocrite. 


Pour achever de caractériser ces colorations de métaux en or et en argent, 
ainsi que toute l’industrie des orfèvres et métallurgistes égyptiens qui a 
donné naissance à l’Alchimie, il semble utile de donner les recettes des pre- 
miers alchimistes eux-mêmes. J'en ai déjà reproduit quelques-unes (p. 59, 
61, 62, 64, 65, 67). Les plus vieilles de ces recettes sont exposées dans 
le Traité du Pseudo-Démocrite, intitulé Physica et Mystica ; je les ai étu- 
diées et j'ai réussi à en tirer un sens positif, à peu près aussi clair que pour 
les procédés décris par Pline ou Dioscoride. Or leur comparaison four- 
nit les résultats les plus dignes d'intérêt. 

Après un fragment technique sur la teinture en pourpre et un récit 
d'évocation, ce Traité poursuit ipar deux Chapitres, l’un sur la Chrysopée 
ou art de faire de l’or ; l’autre sur la fabrication de l’asèm, assimilée à 
l’art de faire de l’argent. Ces deux Chapitres sont en réalité des collections 
de recettes ayant le même caractère pratique, c’est-à-dire relatives tant à la 
préparation de métaux teints superficiellement, qu'à celle d’or et d’alliages 
d'argent. Les recettes mêmes sont comparables de tous points à celles du 
papyrus de Leide, à cela près que chacune d'elles se termine par les refrains 
mystiques : La nature triomphe de la nature; la nature jouit de la nature; la 
nature domine la nature, etc. Cependantil n’y a ni magie, ni mystère dans 


le corps même des recettes. Donnons-en le résumé en quelques lignes. 


ART DE FAIRE DE L'OR. — Première recette. — On éteint le mercure, en 


l'alliant avec un autre métal ; ou bien en l’unissant au soufre, ou au sulfure 


PAPYRUS DE LEIDE 71 


d’arsenic ; ou bien en l’associant avec certaines matières terreuses. On étend 
cette pâte sur du cuivre pour le blanchir. En ajoutant de l'électrum ou 
de l’or en poudre, on obtient un métal coloré en or. Dans une variante, on 
blanchit le cuivre au moyen des composés arsénicaux, ou du cinabre décom- 
posé. Il s’agit donc, en somme, d’un procédé d’argenture apparente du 


cuivre, précédant une dorure superficielle. 


Deuxième recette. — On traite le sulfure d'argent naturel par la litharge 
de plomb, ou par l’antimoine, de façon à obtenir unalliage: et l'on coloreen 


jaune par une matière non définie. 


Troisième recette. — On grille la pyrite cuivreuse, on la fait digérer avec 
des solutions de sel marin, etl’on prépareunalliage avec de l'argent ou de l'or. 
Le claudianon {alliage de cuivre, d'étain et de plomb avec le zinc) est 

\ δ Ζ 


jauni par le soufre, ou l’arsenic, puis allié à l'argent ou à l'or. 


Quatrièmerecette.— Le cinabre, décomposé par divers traitements, teint 


l'argent en or, le cuivre en électrum. 


Cinquième recette. — On prépare un vernis jaune d’or avec la cadmie, 
ou la bile de veau, ou la térébenthine, ou l'huile de ricin, ou le jaune 
d'œuf (v. p. 56, 58, 59). 


Sixième recette. — On teint l'argent en or, par une sulfuration superf- 
cielte, obtenue au moyen de certaines pyrites, ou de l’antimoine oxydé, joints 


à l’eau de soufre (polysulfure de calcium) et au soufre même. 


Septième recette. — On prépare d’abord un alliage de cuivre et de plomb 


{molybdochalque) et on le jaunit, de facon à obtenir un métal couleur d'or. 


Huitième recette. — On teint le cuivre et l’argent à la surface en jaune, 
au moyen de la couperose verte altérée. Puis vient une recette d’affinage de 


l'or, rappelant le cément royal. 


Neuvième recette. — Même recette appliquée à la cémentation superf- 
cielle, qui donne aux parties extérieures du métal les caractères de l'or. 


Vient après une petite déclamation de l’auteur sur les phénomènes chi- 


72 INTRODUCTION 


miques et sur la nature de sa science; puis trois recettes de vernis, pour 
teindre en or par digestion avec certains mélanges de substances végétales, 
safran, chélidoine, carthame, etc., recettes qui rappellent le procédé tiré du 
Manuel Roret, que j'ai exposé plus haut (p. 60). L'auteur dit finalement : 
«Cette matière de la Chrysopée accomplie par des opérations naturelles est 


celle de Pamménès, qu'il enseignait aux prêtres en Egypte. » 


ART DE FAIRE DE L'ASÈM. — [l expose ensuite la fabrication de l’asèm, ou 


Argyropée (c’est-à-dire l’art de faire de l'argent). 


Première recette — On blanchit le cuivre par les composés volatils de 
l’arsenic; cette action opérée par sublimation étant assimilée à celle du 


mercure [1]. 


Deuxième recette. — Le mercure sublimé est éteint avec de l’étain, du 


soufre et divers autres ingrédients; et l’on s’en sert pour blanchir les métaux. 


Troisième recette. — Analogue à la précédente et appliquée à un alliage 


de cuivre, d'orichalque et d’étain. 


Quatrième recette. — Sulfure d’arsenic et soufre employés pour blanchir 


et modifier les métaux. 


Cinquième recette. — Préparation d’un elliage blanc à base de plomb. 


Sixième recette. — C'est un simple vernis superficiel pour donner au cui-, 
vre, au plomb, au fer, l'apparence de l'argent; ce vernis étant fixé par décoc- 


tion et enduits sans l’action du feu (v. p. 52). 


Septième recette. — Elle représente une teinture par amalgamation, et la 
δὲ recette un simple vernis. : 

On voit que toutes ces recettes du Pseudo-Démocrite et d'Olympiodore, 
aussi bien que celles du papyrus de Leiïde, sont réelles, positives, sans mé- 


lange de chimère. Plus tard sont venus les philosophes et les commenta- 


(1) De là, l'idée des deux mercures, |  nic, qui se trouve souvent chez les al- 
l’un tiré du cinabre, l’autre de l’arse chimistes. 


MÉTAUX ET PLANÈTES 73 


teurs, étrangers à la pratique et animés d’espérances mystiques, qui ont jeté 
une grande confusion dans la question. Mais le point de départ est beau- 
coup plus clair, comme le montrent les textes que je viens analyser. 

J'ai cru utile de développer cette étude de l’asèm, parce qu’elle est nou- 
velle et parce qu’elle jette beaucoup de lumière sur les idées des Égÿptiens 
du IIIe siècle de notre ère, relativement à la constitution des métaux. On 
voit en effet qu'il n'existe pas moins de douze ou treize alliages distincts, dési- 
gnés sous ce même nom d'asèm, alliages renfermant de l'or, de l'argent, du cui- 
vre, de l’étain, du plomb, du zinc, de l’arsenic. Leur caractéristique com- 
mune était de former la transition entre l’or et l’argent, dans la fabrication 
des objets d’orfèvrerie. Rien n’était plus propice qu’une semblable confu- 
sion pour donner des facilités à la fraude : aussi a-t-elle dû être entretenue 
soigneusement par les opérateurs. Maïs, par un retour facile à concevoir, 
elle a passé des produits traités dans les opérations jusqu’à l'esprit des opé- 
rateurs eux-mêmes. Les théories des écoles philosophiques sur la matière 
première, identique dans tous les corps, mais recevant sa forme actuelle de 
l’adjonction des qualités fondamentales exprimées par les quatre éléments, 
ont encouragé et excité cette confusion. C’est ainsi que les ouvriers habi- 
tués à composer des alliages simulant l'or et l'argent, parfois avec une per- 
fection telle qu'eux-mêmes s’y trompaient, ont fini par croire à la possibilité 
de fabriquer effectivement ces métaux de toutes pièces, à l'aide de certaines 
combinaisons d’alliages, et de certains tours de main, complétés par l’aide 
des puissances surnaturelles, maitresses souveraines de toutes les transfor- 
mations. 


Ι1.-- RELATIONS ENTRE LES MÉTAUX ET LES PLANÈTES 
LE NOMBRE SEPT (1). 


« Le monde est un animal unique, dont toutes les parties, quelle 


u’en soit la distance, sont liées entre elles d'une manière nécessaire. » 
? 


(x) Cet article a été publié dans Philosophie. Toutefois jai cru de- 
mon ouvrage intitulé : Science et voir le reproduire ici avec certains 


10° 


74 | INTRODUCTION 


Cette phrase de Jamblique le Néoplatonicien ne serait pas désavouée par 
les astronomes et par les physiciens modernes; car elle exprime l’unité 
des lois de la nature et la connexion générale de l'Univers. La première 
perception de cette unité remonte au jour où les hommes reconnurent 
la régularité fatale des révolutions des astres : ils cherchèrent aussitôt 
à en étendre les conséquences à tous les phénomènes matériels et même 
moraux, par une généralisation mystique, qui surprend le philosophe, 
mais qu’il importe pourtant de connaître, si l’on veut comprendre le 
développement historique de lesprit humain. C’est la chaîne d'or qui 
reliait tous les êtres, dans le langage des auteurs du moyen âge. Ainsi 
l'influence des astres parut s'étendre à toute chose, à la génération des 
métaux, des minéraux et des êtres vivants, aussi bien qu’à l’évolution 
des peuples et des individus. Il est certain que le soleil règle, par le flux 
de sa lumière et de sa chaleur, les saisons de l’année et le développement 
de la vie végétale; il est la source principale des énergies actuelles ou 
latentes à la surface de la terre. On attribuait autrefois le même rôle, 
quoique dans des ordres plus limités, aux divers astres, moins puis- 
sants que le soleil, mais dont la marche est assujettie à des lois aussi 
régulières. Tous les documents historiques prouvent que c’est à Babylone 
et en Chaldée que ces imaginations prirent naissance; elles ont joué un 
rôle important dans le développement de l'astronomie, étroitement liée 
avec l'astrologie dont elle semble sortie. L'alchimie s’y rattache également, 
au moins par l'assimilation établie entre les métaux et les planètes, 
assimilation tirée de leur éclat, de leur couleur et de leur nombre même. 

Attachons-nous d’abord à ce dernier : c’est le nombre sept, chiffre sacré 
que l’on retrouve partout, dans les jours de la semaine, dans l’énumération 
des planètes et des zones célestes, dans celle dés métaux, des couleurs, 
des cordes de la lyre et des tons musicaux, des voyelles de l'alphabet 
grec, aussi bien que dans le chiffre des étoiles de la grande ourse, des 
sages de la Grèce, des portes de Thèbes et des chefs qui l’assiègent, d’après 
Eschyle. 


développements nouveaux, parce qu'il des textes et des notations alchimi- 
est indispensable pour l'intelligence ques. 


MÉTAUX ET PLANÈTES 75 


L'origine de ce nombre paraît être astronomique et répondre aux phases 
de la lune, c'est-à-dire au nombre des jours qui représentent le quart de la 
révolution de cet astre. Ce n’est pas là une opinion a priori. On la trouve 
en effet signalée dans Aulu-Gelle, qui l’a attribuée à Aristide de Samos (1). 
Dans le papyrus W de Leide, il est aussi question (p. 17) des 28 lumières 
de la lune. 

L'usage de la semaine était ancien en Egypte et en Chaldée, comme en 
témoignent divers monuments et le récit de la création dans la Genèse. Mais 
il n'existait pas dans la Grèce classique et il ne devint courant à Rome qu’au 
temps des Antonins (3). C'est seulement à l’époque de Constantin et après 
le triomphe du Christianisme qu'il fut reconnu comme mesure légale de 
la vie civile: depuis il est devenu universel chez les peuples européens. 

Le hasard fit que le nombre des astres errants (planètes), visibles à 
l'œil nu, qui circulent ou semblent circuler dans le ciel autour de la terre 
s'élève précisément à sept : ce sont le Soleil, la Lune, Mars, Mercure, 
Jupiter, Vénus et Saturne. A chaque jour de la semaine, un astre fut attribué 
en Orient: les noms même des jours, tels que nous les prononçons mainte- 
nant, continuent à traduire, à notre insu, cette consécration babylonienne. 

A côté des sept Dieux des sphères ignées, les Chaldéens invoquaient 
les sept Dieux du ciel, les sept Dieux de la terre, les sept Dieux malfai- 
sants, etc. 

D’après François Lenormant les inscriptions cunéiformes mentionnent 
les sept pierres noires, adorées dans le principal temple d’Ouroukh en 
Chaldée, bêtyles personnifiant les sept planètes. C’est au même rapproche- 
ment que se rapporte, sans doute, un passage du roman de Philostrate sur 
la vie d’Apollonius de Tyane (III, 41), dans lequel il est question de sept 
anneaux, donnés à ce philosophe par le brahmane Iarchas. 

La connaissance des divinités planétaires de la semaine ne se répandit 
dans le monde gréco-romain qu’à partir du 1°r siècle de notre ère (3). On a 


trouvé à Pompéi une peinture représentant les sept divinités planétaires. 


(1) Noctes Atticæ, III, το. Lunæcur- | (2, Dion Cassius, Histoire Romaine, 
riculum confici integris quatuor septe- XXXVII, 18. 
nis diebus... auctorem que hujus opi- (5) Lunæ cursum Stellarumque sep- 


nionis Aristidem esse Samium. tem imagines. PETRONE, Satyricon, 30. 


76 INTRODUCTION 


De même divers autels sur les bords du Rhin. Une médaille à l'effigie d’An- 
tonin le Pieux, frappée la 8"° année de son règne, représente les bustes des 
sept Dieux planétaires avec les signes du zodiaque, et au centre le buste de 
Sérapis (1). 

Une autre coïncidence, aussi fortuite que celle du nombre des planètes 
avec le quart de la révolution lunaire, celle du nombre des voyelles de l’al- 
phabet grec, nombre égal à sept, a multiplié ces rapprochements mystiques, 
surtout au temps des gnostiques : les pierres gravées de la Bibliothèque 
nationale de Paris et les papyrus de Leide en fournissent une multitude 
d'exemples. Ce n’est pas tout : les Grecs, avec leur esprit ingénieux, ne tar- 
dèrent pas à imaginer entre les planètes et les phénomènes physiques des 
relations pseudo-scientifiques, dont quelques-unes, telles que le nombre 
des tons musicaux et des couleurs se sont conservées. C’est ainsi que l’école 
de Pythagore établit un rapport géométrique des tons et diapasons musi- 
caux avec le nombre et les distances mêmes des planètes (2). 

Le nombre des couleurs fut pareillement fixé à sept. Cette classification 
arbitraire a été consacrée par Newton et elle est venue jusqu'aux physiciens 
de notre temps. Elle remonte à une haute antiquité. Hérodote rapporte 
(Clio, 98) que la ville d'Ecbatane avait sept enceintes, peintes chacune d’une 
couleur différente : la dernière était dorée; celle qui la précédait, argentée. 
C'est, je crois, la plus vieille mention qui établisse la relation du nombre 
sept avec les couleurs et les métaux. La ville fabuleuse des Atlantes, dans 
le roman de Platon, est pareillement entourée par des murs concentriques, 
dont les derniers sont revêtus d’or et d'argent; mais on n’y retrouve pas le 
mystique nombre sept. 

Entre les métaux et les planètes, le rapprochement résulte, non seulement 
de leur nombre, mais surtout de leur couleur. Les astres se manifestent 
à la vue avec des colorations sensiblement distinctes : suus cuique color est, 
ditPline (7. N. IT, 16). Lanature diverse de ces couleurs a fortifié le rappro- 
chement des planètes et des métaux. C’est ainsi que l'on conçoit aisément 


l'assimilation de l’or, le plus éclatant et le roi des métaux, avec la lumière 


(1) DE Wire, Gazette archéologi- CIPEANE ΕΖ: ΝΕ ΤΠ 20 ΞΞΞ ΠΤ ΗΝ 


que, 1877 et 1870. Martin, T'imée de Platon, t. 11, p. 38. 


MÉTAUX ET PLANÈTES 77 


jaune du soleil, le dominateur du Ciel. La plus ancienne indication que 
l’on possède à cet égard se trouve dans Pindare. La cinquième ode des 
Isthméennes débute par ces mots: « Mère du Soleil, Thia, connue sous 
beaucoup de noms, c’est à toi que les hommes doivent la puissance pré- 
pondérante de l’or ». 

Μᾶτερ ᾿Αλίου, πολυώνυμε Θεία, 

σέο γ᾽ ἔχατι χαὶ μεγασθενὴ νόμισαν, 


χρυσὸν ἄνθρωπο! περιώσιον ἄλλων. 


Dans Hésiode, Thia est une divinité, mère du soleil et de la lune, c’est-à- 
dire génératrice des principes de la lumière (Théogonie, 371, 374). Un vieux 
scoliaste commente ces versen disant: « de Thiaetd'Hypérion vientlesoleil, 
et du soleil, l'or. À chaque astre une matière est assignée, Au Soleil, l'or; 
à la Lune, l'argent: à Mars, le fer: à Saturne, le plomb; à Jupiter, l'électrum; 
à Hermès, l'étain; à Vénus, le cuivre (1) ». Cette scolie remonte à l’époque 
Alexandrine. Elle reposait à l’origine sur des assimilations toutes naturelles. 


En effet, si la couleur jaune et brillante du soleil rappelle celle de l’or 


Jovsoodecbcodnabtuoncocaocbeocbouge orbem 
Per duodena regit mundi sol aureus astra (2); 


la blanche et douce lumière de la lune a été de tout temps assimilée à la 
teinte de l’argent. La lumière rougeâtre de la planète Mars (igneus, d'après 
Pline; πυρόεις d’après les alchimistes) a rappelé de bonne heure l'éclat du 
sang et celui du fer, consacrés à la divinité du même nom. C’est ainsi que 
Didyme, dans son commentaire sur l’Iliade (1. Ν᾽), commentaire un peu an- 
térieur à l’ère chrétienne, parle de Mars, appelé l’astre du fer. L’éclat bleu- 
âtre de Vénus, l'étoile du soir et du matin, rappelle pareillement la teinte 
des sels de cuivre, métal dont le nom est tiré de celui de l'ile de Chypre, 
consacrée à la déesse Cypris, l’un desnomsgrecs de Vénus. De là le rapproche- 
ment fait par la plupartdes auteurs. Entrelateinteblancheet sombre du plomb 
et celle de la planète Saturne, la parenté est plus étroite encore et elle est 


constamment invoquée depuis l’époque Alexandrine. Les couleurs et les 


(1) Pinpare, édition de Bœckh, t. II, (2) VIRGILE, Géorgiques, I, 432. 
p. 540, 1810. ἢ 


78 INTRODUCTION 


métaux assignés à Mercure l’étincelant (57h£wv ; radians, d'après Pline; ap- 
parence due à son voisinage du soleil), et à Jupiter le resplendissant (Pzéfwy), 
ont varié davantage, comme je le dirai tout à l'heure. 

Toutes ces attributions sont liées étroitement à l’histoire de l'astrologie 
et de l’alchimie. En effet, dans l’esprit des auteurs de l’époque Alexandrine 
ce ne sont pas là de simples rapprochements; mais il s'agit de la généra- 
tion même des métaux, supposés produits sous l'influence des astres dans 
le sein de la terre. 

Proclus, philosophe néoplatonicien de Ve siècle de notre ère, dans son com- 
mentaire sur le Timée de Platon, expose que « l'or naturel et l’argent et 
chacun des métaux, comme des autres substances, sont engendrés dans la 
terre sous l'influence des divinités célestes et de leurs effluves. Le Soleil pro- 
duit l'or; la Lune, l'argent; Saturne, le plomb, et Mars, le fer » (p. 14 C). 

L'expression définitive de ces doctrines astrologico-chimiques et médi- 
cales se trouve dans l’auteur arabe Dimeschqi, cité par Chwolson (sur les 
Sabéens. τ. II, p. 380, 306, 411, 544). D'après cet écrivain, les sept métaux 
sont en relation avec les sept astres brillants, par leur couleur, leur nature et 
leur propriétés : ils concourent à en former la substance. Notre auteur ex- 
pose que chez les Sabéens, héritiers des anciens Chaldéens, les sept planètes 
étaient adorées comme divinités; chacune avait son temple, et, dans le tem- 
ple, sa statue faite avec le métal qui lui était dédié. Ainsi le Soleil avait une 
statue d’or; la Lune, une statue d'argent; Mars, une statue de fer; Vénus, 
une statue de cuivre; Jupiter, une statue d’étain; Saturne, une statue de 
plomb. Quant à la planète Mercure, sa statue était faite avec un assemblage 
de tous les métaux, et dans le creux on versait une grande quantité de mer- 
cure. Ce sont là des contes arabes, qui rappellent les théories alchimiques 
sur les métauxet sur le mercure, regardé comme leur matière première. Mais 
ces contes reposent sur de vieilles traditions défigurées, relatives à l'adora- 
tion des planètes, à Babylone et en Chaldée, et à leurs relations avec les 
métaux. 

Il existe, en effet, une liste analogue dès le second siècle de notre ère. C’est 
un passage de Celse, cité par Origène (Opera, τ. I, p. 646; Contra Celsum, 
livre VI, 22; édition de Paris, 1733). Celse expose la doctrine des Perses et 


les mystères mithriaques, et il nous apprend que ces mystères étaient expri- 


| 
| 


MÉTAUX ET PLANÈTES 79 


més par un certain symbole, représentant les révolutions célestes et le passage 
des âmes à travers les astres. C'était un escalier, muni de 7 portes élevées, 
avec une 8e au sommet. 

La première porte est de plomb: elle est assignée à Saturne, la lenteur 
de cet astre étant exprimée par la pesanteur du métal (τ᾿. 

La seconde porte est d'étain; elle est assignée à Vénus, dont la lumière 
rappelle l'éclat et la mollesse de ce corps. 

La troisième porte est d'airain, assignée à Jupiter, à cause de la résistance 
du métal. 

La quatrième porte est de fer, assignée à Hermès, parce que ce métal est 
utile au commerce, et se prête à toute espèce de travail. 

La cinquième porte, assignée à Mars, est formée par un alliage de cuivre 
monétaire, inégal et mélangé. 

La sixième porte est d’argent, consacrée à la Lune; 

La septième porte est d’or, consacrée au soleil ; ces deux métaux répon- 
dent aux couleurs des deux astres. 

Les attributions des métaux aux planètes ne sont pas ici tout à fait les 
mêmes que chezles Néoplatonicienset les alchimistes. Elles semblent répon- 
dre à une tradition un peu différente et dont on trouve ailleurs d’autres 
indices. En effet, d’après Lobeck (A glaophamus, p.936, 1820), dans certaines 
listes astrologiques, Jupiter est de même assigné à l’airain, et Mars au 
cuivre. 

On rencontre la trace d’une diversité plus profonde et plus ancienne 
encore, dans une vieille liste alchimique, reproduite dans plusieurs manus- 
crits alchimiques ou astrologiques et où le signe de chaque planète est 
suivi du nom du métal et des corps dérivés ou congénères, mis sous le 
patronage de la planète. Cette liste existe également dans le Ms. 2419 
de notre Bibliothèque Nationale (fol. 46 verso), où elle fait partie d'un 
traité astrologique d’Albumazar, auteur du IX° siècle, avec des variantes 
et des surcharges qui ne sont pas sans importance : une partie des mots 
grecs y sont d’ailleurs écrits en caractères hébreux, comme s'ils avaient un 


sens mystérieux (voir dans ce volume, texte grec, p. 24). Dans cette liste, 


(1) Saturni sidus gelidæ ac rigentis esse naturæ. Pune, H. Ν., I, 6. 


80 INTRODUCTION 


la plupart des planètes répondent aux mêmes métaux que dans les énuméra- 
tions ordinaires, à l'exception de la planète Hermès, à la suite du signe de 
laquelle setrouve non le nom d’un métal, maïs celui d’une pierre précieuse : 
l’émeraude. Le mercure est cependant inscrit vers la fin de l’'énumération 
des substances consacrées à Hermès, mais comme s'il avait été ajouté après 
coup. Or, chez les Égyptiens, d’après Lepsius, la liste des métaux compre- 
nait, à côté de l’or, de l’argent, du cuivre et du plomb, les noms des pierres 
précieuses, telles que le mafek ou émeraude, et le chesbet ou saphir, corps 
assimilés aux métaux à cause de leur éclat et de leur valeur (τὴ. 

Dans le roman égyptien de Satni-Khâm-Ouas, le livre magique de Tahout 
est renfermé dans sept coffres concentriques, de fer, de bronze, de bois de 
palmier, d'ivoire, d'ébène, d’argent et d’or (2). La rédaction primitive de 
ce roman remonterait aux dernières dynasties; sa transcription connue, 
au temps des Ptolémées. Tout ceci concourt à établir que la liste des sept 
métaux n’a été arrêtée que fort tard, probablement vers l'époque des 
Antonins. 

C'est ici le lieu de parler des tablettes métalliques trouvées à Khorsa- 
bad. Dans le cours des fouilles, en 1854, M. Place découvrit, sous l'une 
des pierres angulaires du palais assyrien de Sargon, un coffret contenant 
sept tablettes. C'étaient des tablettes votives, destinées à rappelerla fondation 
de l'édifice (706 ans avant J.-C.), et à lui servir en quelque sorte de Palla- 
dium. Quatre de ces tablettes se trouvent aujourd’hui au Musée du Lou- 
vre. J'en ai fait l'analyse, et les résultats de mon étude sont consignés 
plus loin dans le présent volume. Je me borne à dire ici que les quatre 
tablettes sont constituées en fait par de l'or, de l'argent, du bronze et du 
carbonate de magnésie pur, minéral rare que l'on ne supposait pas connu 
des anciens, et dont l'emploi reposait sans doute sur quelque idée reli- 
gieuse. Les noms des matières des tablettes, tels qu’ils sont indiqués dans 
les inscriptions qui les recouvrent, sont d’après M. Oppert, l'or (Aurasi), 


l'argent (kaspi), le cuivre (urudi ou er [bronzel), puis, deux mots (anaki 


(1) Voir les métaux égyptiens, dans (2) Histoire ancienne de l'Orient, par 
mon ouvrage sur les Origines de l’Al- Fr. Lenormant, o° édition, t. III, 
chimie, p. 221 et 233, Steinheil, 1885. Ρ- 158 (1885). 


MÉTAUX ET PLANÈTES 81 


et kasazatiri ou abar) que les interprètes ont traduit par plomb et étain, 
bien que l’un d’eux semble en réalité désigner la 4° tablette signalée plus 
haut (carbonate de magnésie), et enfin deux noms de corps portant le dé- 
terminatif des pierres, et traduits par marbre {sipri ou zakour) et albâtre 
(gis-sin-gal). Rien d'ailleurs n'indique des attributions planétaires, si ce 
n’est le nombre sept. Ajoutons toutefois que, d'après un renseignement 
que m'a fourni M. Oppert, deux métaux étaient désignés par les Assyriens 
et les Babyloniens sous des dénominations divines : le fer sous le nom de 
Ninip, Dieu de la guerre: ce qui rappelle l'attribution ultérieure du métal 
à Mars; et le plomb, sous le nom du Dieu Anu, Dieu du ciel que l’on 
pourrait rapprocher de Saturne : toutefois ce ne seraient pas là des Dieux 
planétaires. 

Voilà ce que j'ai pu savoir relativement à l'interprétation des noms 
métalliques contenus dans ces tablettes. Un des points les plus essentiels 
qui résultent de leur étude, c’est l'assimilation de certaines pierres ou 
minerais aux métaux, précisément comme chez les Égyptiens. 

Il y a là le souvenir de rapprochements très différents des nôtres, mais 
que l'humanité a regardé autrefois comme naturels, et dont la connaissance 
est nécessaire pour bien concevoir les idées des anciens. Toutefois l'assi- 
milation des pierres précieuses aux métaux a disparu de bonne heure ; 
tandis que l’on a pendant longtemps continué à ranger dans une même 
classe les métaux purs, tels que l'or, l'argent, le cuivre, et certains de 
leurs alliages, par exemple l’électrum et l’airain. De là des variations 
importantes dans les signes des métaux et des planètes. 

Retraçons l’histoire de ces variations; il est intéressant de les décrire pour 
comprendre les écrits alchimiques. 

Olympiodore, néoplatonicien du vie siècle, attribue le plomb à Saturne; 
l'électrum, alliage d’or et d’argent regardé comme un métal distinct, à 
Jupiter; le fer à Mars; l’or au Soleil; l’airain ou cuivre à Vénus; l’étain à 
Hermès (planète Mercure); l’argent à la Lune. Ces attributions sont les 
mêmes que celle du scoliaste de Pindare cité plus haut; elles répondent 
exactement et point pour point, à une liste du manuscrit alchimique de 
Saint-Marc, écrit au xr° siècle, et qui renferme des documents très 
anciens. 


11° 


82 INTRODUCTION . 


Les symboles alchimiques qui figurent dans les manuscrits comprennent 
les métaux suivants, dont l’ordre et les attributions sont constants pour 
la plupart : 

19 L'or correspondait au Soleil, relation que j'ai exposée plus haut 
; — voir aussi fig. 3, PI. I, 1. τ, à gauche). 

Le signe de l'or est presque toujours celui du Soleil, à l'exception d’une 
notation isolée où il semble répondre à une abréviation (ms. 2327, fol. 17 
verso, 1. 19; ce volume, fig. 8, PI. VI, 1. 19). 

29 L'argent correspondait à la Lune et est toujours exprimé par le signe 
planétaire (ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 2). 

39 L'électrum, alliage d’or et d'argent: cet alliage était réputé un métal 
particulier chez les Égyptiens qui le désignaient sous le nom d’asèm : nom 
qui s’est confondu plus tard avec le mot grec asemon (ἄσημον), argent non 
marqué. Cet alliage fournit à volonté, suivant les traitements, de l'or ou 
de l'argent. Il est décrit par Pline, et il fut regardé jusqu’au temps des 
Romains comme un métal distinct. Son signe était celui de Jupiter 
{ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 4), attribution que nous trouvons déjà dans 
Zosime, auteur alchimique du m° ou τυ siècle de notre ère. 

Quand l’électrum disparut de la liste des métaux, son signe fut affecté à 
l’étain, qui jusque-là répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes 
de signes portent la trace de ce changement. En effet la liste du manuscrit 
de Saint-Marc porte (ce volume, fig. 3, Pi. I, 1. 4) : « Jupiter resplendissant, 
électrum », et ces mots se retrouvent, toujours à côté du signe planétaire, 
dans le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris, fol. 17 recto, 
1. 16 (ce volume, fig. 7, PI. V, 1. 16); la première lettre du mot Zeus, figu- 
rant sous deux formes différentes {majuscule et minuscule). Au contraire 
un peu plus loin, dans une autre liste du dernier manuscrit (fol. 18, verso 
1. 5; ce volume, fig. το, PI. VIII, 1. 5), le signe de Jupiter est assigné 
à l’étain. Les mêmes changements sont attestés par la liste planétaire citée 
plus loin. 

4° Le plomb correspondait à Saturne : cette attribution n’a éprouvé aucun 
changement; quoique le plomb ait plusieurs signes distincts dans les listes 
(ms. de Saint-Marc, fol. 6, dernière ligne à gauche etce volume, fig. 3, 


PI. I, L 3; ms. 2327, fol. 17 recto, 1. rr et r2 et ce volume, fig. Ὁ. 


MÉTAUX ET PLANÈTES 83 


PI. VII, 1. τὰ et 12). Le plomb était regardé par les alchimistes égyptiens 
comme le générateur des autres métaux et la matière première de la trans- 
mutation ; ce qui s'explique par ses apparences, communes à divers autres 
corps simples et alliages métalliques. 

En effet, ce nom s’appliquait à l’origine à tout métal ou alliage métal- 
lique blanc et fusible; il embrassait l'étain (plomb blanc et argentin, 
opposé au plomb noir ou plomb proprement dit, dans Pline), et les nom- 
breux alliages qui dérivent de ces deux métaux, associés entre eux et avec 
l’antimoine, le zinc, le bismuth, etc. Les idées que nous avons aujourd’hui 
sur les métaux simples ou élémentaires, opposés aux métaux composés ou 
alliages, ne se sont dégagées que peu à peu dans le cours des siècles. On 
conçoit d’ailleurs qu’il en ait été ainsi, car rien n'établit à première vue 
une distinction absolue entre ces deux groupes de corps; 

5° Le fer correspondait à Mars. Cette attribution est la plus ordinaire. 
Cependant, dans la liste de Celse, le fer répond à la planète Hermès. 

Le signe même de la planète Mars se trouve parfois donné à l’étain dans 
quelques-unes des listes (ms. 2327, fol. 16 verso, 1. 12, 3° signe [ce 
volume, fig. 6, PI. IV, L. 12]; fol. r7 recto, 1. 12, 3° signe [ce volume, 
fig. 7, PI. V, 1. 12}. Ceci rappelle encore la liste de Celse, qui assigne à 
Mars l’alliage monétaire. Mars et le fer ont d’ailleurs deux signes distincts, 
quoique communs au métal et à la planète, savoir : une flèche avec sa 
‘ pointe, et un 6, abréviation du mot θουράς, nom ancien de la planète Mars 
(ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 5); parfois même avec adjonction d’un π.: 
abréviation de πυρόεις, l’enflammé, autre nom ou épithète de Mars (ce 
volume ἄρ, PlVE UE) 

6° Le cuivre correspondait à Aphrodite (Vénus), ou Cypris, déesse de l’île 
de Chypre, où l’on trouvait des mines de ce métal ; déesse assimilée 
elle-même à Hathor, la divinité égyptienne multicolore, dont les dérivés 
bleus, verts, jaunes et rouges du cuivre rappellent les colorations diverses. 
Le signe du cuivre est en effet celui de la planète Vénus (ce volume, fig. 3, 
PI. I, 1. 6, et fig. 8, PI. VI, 1. 3); sauf un double signe qui est une abré- 
viation (ce volume, fig. 8, PI. VI, 1. 4). 

Toutefois la liste de Celse attribue le cuivre à Jupiter et l’alliage 


monétaire à Mars, etc. La confusion entre le fer et le cuivre, ou plutôt 


84 INTRODUCTION 


l'airain, aussi attribué à la planète Mars, a existé autrefois ; elle est 
attestée par celle de leurs noms: le mot æs qui exprime l’airain en latin 
dérive du sanscrit ayas qui signifie le fer (1). C'était sans doute, dans 
une haute antiquité, le nom du métal des armes et des outils, celui du 
métal dur par excellence. 

7° L'étain correspondait d'abord à la planète Hermès ou Mercure. 
Quand Jupiter eut changé de métal et fut affecté à l’étain, le signe de la 
planète primitive de ce métal passa au mercure (ce vol. fig. 10, Pl. VIT, 1. 6). 

La liste de Celse attribue l’étain à Vénus; ce qui rappelle aussi l’an- 
tique confusion du cuivre et du bronze {airain). 

8° Mercure. Le mercure, ignoré, ce semble, des anciens Égyptiens, mais 
connu à partir du temps de la guerre du Péloponèse et par conséquent à 
l’époque alexandrine, fut d'abord regardé comme une sorte de contre-argent 
et représenté par le signe de la lune retourné (ce volume, fig. 3, PI. I, L. τοὶ. 
ΤΙ n’en est pas question dans la liste de Celse (πὸ siècle). Entre le vi° siècle 
(liste d'Olympiodore le Philosophe, citée plus haut) et le vu siècle de notre 
ère [liste de Stéphanus d'Alexandrie, qui sera donnée plus loin), le mercure 
prit (fig. 10, PI. VIII, 1. 6) le signe de la planète Hermès, devenu libre 
par suite des changements d'affectation relatifs à l’étain. Dans la liste 
planétaire, il a été également ajouté après coup, à la suite des dérivés 
de cette planète, spécialement affectée à l’émeraude (voir p. 79). 

Ces attributions nouvelles et ces relations astrologico-chimiques sont 
exprimées dans le passage suivant de Stephanus : « Le démiurge plaça 
d’abord Saturne, et vis-à-vis le plomb, dans la région la plus élevée et la 
première; en second lieu, il plaça Jupiter vis-à-vis de l’étain, dans la seconde 
région; il plaça Mars le troisième, vis-à-vis le fer, dans la troisième région; 
il plaça le Soleil le quatrième, et vis-à-vis l’or, dans la quatrième région; il 
plaça Vénus la cinquième, et vis-à-vis le cuivre, dans la cinquième région; 
il plaça Mercure, le sixième, et vis-à-vis le vif-argent, dans la sixième 
région; il plaça la lune la septième, et vis-à-vis l'argent, dans la septième 
et dernière région (2). » Dans le manuscrit, au-dessus de chaque planète, ou 


de chaque métal, se trouve son symbole. Mais, circonstance caractéristique, 


(1) Origines de l’Alchimie, p.225. | (2) Manuscrit 2327, folio 73 verso. 


MÉTAUX ET PLANÈTES 85 


le symbole de la planète Mercure et celui du métal ne sont pas encore les 
mêmes, malgré le rapprochement établi entre eux ; le métal étant toujours 
exprimé par un croissant retourné. Le mercure et l’étain ont donc chacun 
deux signes différents dans nos listes, suivant les époques. 

La copie de la liste planétaire donnée par Albumasar (rx° siècle) et 
traduite en hébreu et en grec dans le manuscrit 2419 (fol. 46 verso) porte 
aussi la trace de ces changements (texte grec, I, vin, p. 24, notes). Non 
seulement le signe de la planète Hermès répond à l’émeraude, le nom de 
Mercure étant ajouté après coup et tout à fait à la fin, comme il a été dit 
plus haut ; mais l’auteur indique que les Persans affectent l’étain à la 
planète Hermès. De même, la planète Jupiter étant suivie de l’étain, 
l’auteur ajoute également que les Persans ne font pas la même affectation, 
mais assignent cette planète au métal argenté (1); ce qui se rapporte 
évidemment à l’asèm ou éleèctrum, dont l'existence était déjà méconnue 
au ix° siècle. Ce sont là des souvenirs des attributions primitives. 

Voilà les signes planétaires des métaux fondamentaux, signes qui se 
retrouvent dans ceux des corps qui en dérivent; chacun des dérivés étant 
représenté par un double signe, dont l’un est celui du métal, et l’autre 
répond au procédé par lequel il a été modifié (division mécanique, calci- 
nation, alliage, oxydation, etc.). 

Les principes généraux de ces nomenclatures ont donc moins changé 
qu’on ne serait porté à le croire, l’esprit humain procédant suivant des 
règles et des systèmes de signes qui demeurent à peu près les mêmes dans 
la suite des temps. Mais il convient d'observer que les analogies fon- 
dées sur la nature des choses, c’est-à-dire sur la composition chimique, 
telle qu’elle est démontrée par la génération réelle des corps et par leurs 
métamorphoses réalisées dans la nature ou dans les laboratoires ; ces ana- 
logies, dis-je, subsistent et demeurent le fondement de nos notations scien- 
tifiques; tandis que les analogies chimiques d’autrefois entre les planètes etles 
métaux, fondées sur des idées mystiques sans base expérimentale, sont tom- 
bées dans un juste discrédit. Cependant leur connaissance conserve encore 


de l'intérêt pour l'intelligence des vieux textes et pour l’histoire de la science. 


(1) Of δὲ Πέρσαι οὐχ, οὕτως, ἀλλὰ διάργυρος : Texte grec I, vur, p. 24 (notes). 


86 INTRODUCTION 


III. — LA SPHÈRE DE DÉMOCRITE 


ET LES MÉDECINS ASTROLOGUES 


La sphère de Démocrite, inscrite dans le papyrus V de Leïde, représente 
l'œuvre de l’un de ces Ἰατρομαθηματιχοί, ou médecins astrologues dont 
parlent les anciens. Ils prédisaient l'issue des maladies. Horapollon (I, 38) 
cite ce genre de calculs, et il existe un traité attribué à Hermès sur ce sujet, 
dans les Physici et medici græci minores d’Ideler (1). La prédiction se faisait 
d'ordinaire à l’aide d’un cercle ou d’une table numérique; elle reposait sur 
un calcul, dans lequel l’âge du malade, la somme des valeurs numériques 
répondant aux lettres de son nom, la durée defsa maladie, etc., se combi- 
naient avec le jour du mois et les phases de la révolution lunaire. J’ai 
retrouvé six figures de ce genre dans les manuscrits alchimiques et astro- 


logiques de la Bibliothèque nationale. 
Donnons d’abord le texte du papyrus V. 


« Sphère de Démocrite, pronostic de vie et de mort. Sache sous quelle 
lune (dans quel mois) le malade s’est alité et le nom de sa nativité (2). 
Ajoute le calcul de la lune (3), et vois combien il y a de fois trente 
jours, prends le reste et cherche dans la sphère : si le nombre tombe 
dans la partie supérieure, il vivra; si c’est dans la partie inférieure, 1] 


mourra. » 


La sphère est représentée ici par un tableau qui contient les trente 
premiers nombres (nombre des jours du mois), rangés sur trois colonnes 


et d’après un certain ordre. La partie supérieure contient trois fois six 


(1) T. I, p. 387 et 450. Le traité a sance, afin de calculer le nombre repré- 
été imprimé deux fois sous des titres un senté par les lettres de ce nom. 
peu différents, par une singulière né- (3) C'est-à-dire, ajoute le nombre du 
gligence. jour du mois où il s'est alité au nombre 
(2) Le nom donné le jour de la nais- représenté par le nom du malade. 


db de 


MÉDECINS ASTROLOGUES 87 


nombres ou dix-huit; la partie inférieure en renferme trois fois quatre ou 
douze. 

Le mot sphère répond à la forme circulaire qui devait être donnée au 
tableau, comme on le voit dans certains manuscrits (voir les figures ci- 
dessous). 

Il existait en Egypte un grand nombre de tableaux analogues. Ainsi dans 
le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale, consacré à la collection des 
alchimistes, on trouve au folio 293 (recto) : 

L’instrument d’'Hermès trismégiste, renfermant 35 nombres, partagés en 
trois lignes : « on compte depuis le lever de l'étoile du Chien (Sothi ou 
Sirius), c’est-à-dire depuis Épiphi, 25 juillet, jusqu’au jour de l’alitement ; 
on divise le nombre ainsi obtenu par trente-six (1) et on cherche le reste 
dans la table ». 

Certains des nombres représentent /a vie, d’autres la mort, d’autres Le 
danger du malade. C’est un principe de calcul différent. 

Dans le manuscrit grec 2419 de la Bibliothèque nationale, collection 
astrologico-magique et alchimique, il y a deux grands tableaux de ce genre, 
plus voisins de la sphère de Démocrite, et deux petits tableaux. Les deux 
grands sont circulaires et attribués au vieil astrologue Pétosiris, qui avait 
déjà autorité du temps d’Aristophane. 

L'un d’eux, dédié (fol. 32) par Pétosiris au roi Necepso (3), se compose 
d’un cercle représenté entre deux tableaux verticaux. Les tableaux renferment 
le comput des jours de la lune ; le cercle principal renferme un autre cercle 
plus petit, partagé en quatre quadrants. Entre les deux cercles concentriques 
se trouvent les mots : grande vie, petite vie, grande mort, petite mort. En 
hauteten bas: vie moyenne, mort moyenne. Ces mots s'appliquent à la 
probabilité de la vie ou de la mort du malade. Les nombres de 1 à 29 sont 
distribués dans les quatre quadrants et sur une colonne verticale moyenne 
formant diamètre. 


Voici la photogravure de ce tableau : 


(1) Ce chiffre rappelle les 36 décans (5) Ces deux noms sont associés pa- 
qui comprennent les 360 jours de l’an- reillement dans Pline l'Ancien, Hist. 
née. nat., 1. Il, 21 et ]. VII, 50. 


33 INTRODUCTION 


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87 . 


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Ficure 1. — Cercle de Pétosiris 


MÉDECINS ASTROLOGUES 89 


L'autre cercle de Pétosiris (fol. 156), dédié aussi au très honoré roi 
Necepso, porte extérieurement et en haut: Levant, au-dessus de la terre, 
entre les deux mots grande vie, petite vie ; en bas: Couchant, au-dessous de 
la terre, entre les deux mots grande mort, petite mort ; mots précisés par 
les inscriptions contenues entre les deux cercles concentriques : 

En haut: « ceux-ci guérissent de suite — ceux-ci guérissent en 7 jours ». 

En bas: « ceux-ci meurent de suite — ceux-ci meurent en 7 jours ». 


Les diagonales sont terminées par les mots : air, terre, feu, eau. 


Entre les deux régions, sur le diamètre horizontal : « limites de la vie et 
de la mort ». 


A l'une des extrémités de ce diamètre : « Nord — milieu de la terre ». 

A l’autre extrémité : « Midi — milieu de la terre ». 

Sur les octans : « Nord, au-dessus de la terre, (région) de Borée. — Midi, 
au dessus de la terre, (région) de Borée. — Nord, au-dessus de laterre, 


(région) du Notus. — Midi, au-dessus de la terre, (région) du Notus. » 


Les nombres de r à 30 sont distribués suivant les huitièmes de circonfé- 


rence et dans la colonne verticale moyenne. 


Voici la photogravure de ce tableau : 


90 INTRODUCTION 


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΄ "ἧς : à +? | 


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Was”: 


FIGURE 2. — Autre Cercle de Pétosiris. 


MÉDECINS ASTROLOGUES ΟΙ 


Quant aux bases et procédés de calcul, il est inutile de nous y arrêter. 

. Les personnes qui s'y intéresseraient trouveront sur ce point des rensci- 
gnements très intéressants dans une notice publiée par M. Paul Tannery : 
Sur des fragments d'Onomatomancie arithmétique (Notices et Extraits des 
manuscrits de la Bibliothèque nationale, τ. XXXI, 2e partie, 1885). Il y 
montre l'origine de la preuve par neuf, d'après un passage fort curieux des 
Philosophumena, où l’on enseigne à prendre le résidu par 9 ou par 7 dela 
valeur numérique des lettres du nom propre, en diversifiant le procédé 
de calcul suivant des conventions arbitraires. On calculait ainsi, d’après les 
nombres des noms propres : soit la vie d’un malade; soit le succès d’un 
combat entre deux guerriers; soit le résultat de diverses autres alternatives 
relatives au vol, au mariage, aux voyages, à la survivance, etc. Ce mode de 
divination était attribué à Pythagore. 

M. P. Tannerÿ donne, d’après les manuscrits 2009, 2256, 2419 et 2426 de 
la Bibliothèque nationale, une prétendue lettre de Pythagore à Telaugès (ou 
à Laïs, ou à Hélias, suivant les manuscrits), avec table divinatoire annexée, 
table fondée sur de pures combinaisons numériques{1), sans données astro- 
logiques proprement dites. Plus loin, il présente le texte et la traduction 
des deux petits tableaux dont je vais parler. 

En effet, au folio 33 du manuscrit 2419 se trouvent deux tableaux qui 
ressemblent beaucoup plus que les précédents à la sphère de Démocrite et 
à l'instrument d'Hermès. Le premier, sous la rubrique ψῆφος démos. (cal- 
cul éprouvé...) consiste en trois lignes, renfermant chacune douze nombres 
horizontaux de 1 à 36, par tranches verticales. Vis-à-vis la première ligne : 
ζωή (vie); vis-à-vis la seconde : état moyen (μέσα): vis-à-vis la troisième 
ligne : θάνατος (mort). 

Voici le résumé du texte : 

« Calcule le jour où le malade s’est alité, où l'enfant est né, où le fugitif a 
disparu, où l’on s'est embarqué, enfin opère pour tout ce que tu désires : 


comptes aussi depuis le 18 mai (2) jusqu’au jour donné, et du nombre obtenu 


.Φ 
(1) « Calcule le nom du malade et le jour de l’alitement qui l’emporte, il 
jour de son alitement. Si le nom du mourra, etc. ». 
malade l'emporte, il vivra; si c’est le (2) Epoque de l'entrée du soleil dans 


92 INTRODUCTION 


retranche 36 autant de fois que possible. Prends le reste. Si le nombre se 
trouve dans la première ligne, le malade vivra, l'événement sera heureux 
(ἀγαθά), etc.; dans la troisième ligne, c’est la mort ou le malheur (ἐναντία); surla 
seconde ligne, la maladie sera longue, etc. (εἰς μαχρόν)». — Cetableau estune 
variante de l'instrument d'Hermès contenu dans le manuscrit alchimique. 

Le second tableau est sous la rubrique : ψῆφος ξόδοματιχὴ ἡμερῶν διαγνωστιχὴ 
ζωῆς χαὶ θανάτου; calcul d’après les jours de la semaine pour diagnostiquer 
la vie ou la mort. Ce sont deux colonnes verticales, chacune de 15 chiffres, 
de 1 à 30, l’une ayant pour titre*: vie ; l’autre : mort. Le calcul est à peu 
près le même, sauf variantes (1), que celui de la sphère de Démocrite du 
Papyrus de Leide, traduite plus haut. De plus, il n’y a que deux colonnes 
dans le manuscrit 2410, tandis 4111] en existe trois dans le Papyrus. 

Il m'a paru de quelque intérêt de rapprocher ces divers tableaux et cer- 
cles de la sphère de Démocrite, contenues dans le Papyrus V, ainsi que 
lPinstrument d'Hermès, transcrit au manuscrit 2327. En effet les noms 
d'Hermès et de Démocrite, ainsi que l’existence du tableau du Papyrus, 
établissent l'antiquité de ces pratiques, contemporaines des premiers alchi- 
mistes : elles en montrent l’origine orientale et spécialement égyptienne. 

On voit en même temps, par une nouvelle preuve, comment le nom de 
Démocrite, dans l'Egypte hellénisante était devenu celui du chef d’une école 
d’astrologues et de magiciens; le tout conformément aux traditions que j'ai 


exposées et discutées ailleurs (2). 


IV. — SIGNES ET NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Les alchimistes avaient, comme les chimistes de nos jours, des notations 
et des nomenclatures particulières: ces notations étaient construites, en 
partie du moins, d’après des méthodes précises et qui rappellent même, à 


certains égards, nosconventions actuelles. La difficulté que présentela lecture 


4 
les Gémeaux et commencement de 10etl’omission du 1°r jour dela maladie. 
l'été, au temps de l'Empire romain. (2) Origines de l'Alchimie, p. 156 
(1) Telles que l'addition du nombre et suivantes. 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 03 


des vieux textes alchimiques, qui remontent jusqu’au temps de l'Égypte 
romaine et des Antonins, résulte souvent du peu d'intelligence que nous 
avons de ces notations. 

Elles sont cependantnécessaires à connaître, por ceux qui veulent faire 
des recherches sur les doctrines et les pratiques de la Chimie, de la Méde- 
cine, de la Pharmacie, de la Métallurgie et de la Minéralogie, dans l’anti- 
quité et au moyen âge. C’est ce qui m'a engagé à les reproduire ici. 

Un seul auteur jusqu’à présent a essayé de les figurer: c’est le savant Du 
Cange, au xvure siècle, dans son Glossaire du grec au moyen âge. Mais cette 
publication est très incomplète, très négligée et très incorrecte. Il m'était 
pas facile d’ailleurs de transcrire ces signes avec une précision parfaite, à 
une époque où les procédés fondés sur la photographie n'étaient pas connus. 
En outre, le plus vieux et le plus beau manuscrit qui existe, celui de 
Saint-Marc, à Venise {fin du x° ou commencement du x1e siècle), ne paraît 
pas avoir été connu de Du Cange. 

Ayanteu occasion depuis quelques années d'étudier d'une manière appro- 
fondie les textes manuscrits des alchimistes grecs, pour la composition de 
mon ouvrage sur « les Origines de l'Alchimie », j'ai fait reproduireen photo- 
gravure les symboles des manuscrits, en prenant comme types ceux du 
manuscrit de Saint-Marc {xre siècle) et ceux du manuscrit n° 2327, le plus 
complet qui existe à la Bibliothèque nationale de Paris, lequel a été copié 
en 1478. 

Ces symboles, de même que ceux de la Chimie actuelle, sont placés en 
tête des manuscrits. [ls ont été construits suivant deux règles différentes : 
l’une applicable aux métaux et à leurs dérivés, l’autre aux substances miné- 
rales et aux produits de matière médicale, ainsi qu’à certains mots d'usage - 
courant. 

Les symboles des métaux sont purement figuratifs : ce sont les mêmes que 
ceux des planètes, auxquelles les métaux étaient respectivement dédiés par 
les Babyloniens; c’est-à-dire des astres sous l'influence desquels les métaux 
étaient supposés produits dans le sein de la Terre (voir p. 78). Parmi 
ces symboles, ceux du Soleilet de la Lune {or et argent) figurent déjà dans les 
papyrus de Leide, qui remontent au 1° siècle de notre ère (voir p. 25 et47). 


Jai reproduit sur ce point les opinions de Proclus, du Scoliaste de Pin- 


94 INTRODUCTION 


dare (p. 81), ainsi que la vieille liste de Celse (p.77 et78), etles attributions 
d'Olympiodore le Philosophe (p. 81), correspondant à la liste du manuscrit 
de Saint-Marc, figurée dans la colonne droite de notre planche I. 

Rappelons brièvement'les notations et symboles suivants : 

19 Or, correspondant au Soleil et représenté par le même signe ; 

29 Argent, correspondant à la Lune et représenté par le même signe 

3° Electrum ou asèm, dont le signe était celui de Jupiter. 

Cependant, dans les vieux textes, où l’asèm est confondu avec l'argent, 
il en affecte quelquefois le signe, à savoir un croissant dont l'ouverture 
est tournée vers la droite. ; 

L'asèm ou électrum ayant cessé d’être regardé comme un métal particu- 
lier, vers Le vi‘ siècle de notre ère (p. 84), le signe de Jupiter fut affecté à l'étain 
qui, jusque-là, répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes portent 
la trace de ce changement (ce vol. fig. 3, PI: I, l. 4, à droite; fig. 7, PI. V, 
1. 16, signes de l’électrum; fig. 10, PI. VIII, 1. 5, signe de l’étain). 

On trouve, notamment dans la fig. 7, PI. V,1. 12 et 13 : deux signes pour 
la planète Jupiter et son métal(p. 82); trois autres signes pour l’étain, et 
trois autres signes, semblables aux derniers, pour la planète Hermès. 

4° Plomb, correspondant à Saturne; il a plusieurs signes dans les listes. 
(fig. 7, PL V,l. τα εἴ 12). Le nom même du plomb comprenait à l’origine la 
plupart des métaux ou alliages, blancs et fusibles (p. 83). 

5° Fer, correspondant à Mars. 

Cependant le fer et l’étain sont représentés par des signes pareils dans 
notre fig. 6, PL.IV,1. 12 (troisième signe de l’étain), comparée à la fig. 7, 
ΒΊΟΝ Er trees Cp 83): 

60 Cuivre, correspondant à Vénus et représenté par le même signe(p. 83). 

Ce nom s’étendait à diverses variétés de bronze, confondues sous le nom 
d’airain. 

7° Étain, correspondant d’abord à la planète Hermès ou Mercure, plus 
tard à Jupiter (p. 84). 

Le signe de Jupiter semble avoir eu à un certain moment un caractère 
générique : du moins on le trouve en outre associé à celui de Mercure dans 
une des listes (fig. 7, PI. V, 1.5). 


8° Mercure, d’abord représenté par le signe de la Lune (argent) retourné, 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 95 


c’est-à-dire par un croissant dont la convexité est tournée vers la droite 
(fig. 3, PI. I, col. de droite, 1. το; fig. 6, PI. IV, 1. 5). Nous avons dit(p.84) 
comment, entre le ve siècle (liste d'Olympiodore le Philosophe) etle viresiècle 
de notre ère (liste de Stéphanus d’Alexandrie), le mercure prit le signe de la 
planète Hermès, auparavant affecté à l’étain (fig. 10, PI. VIII, 1. 6). 

Cette affectation nouvelle figure aussi dans la liste planétaire du Traité 
d’Albumazar (1xe siècle), transcrite par le manuscrit 2419 (fol. 46 verso). 

Le mercure et l’étain ont donc chacun deux signes différents dans nos 
listes, suivant leur époque. 

L’étain a encore d’autres signes (fig. 7, PI. V, 1. 13), et ceux du plomb 
sont multiples, comme il a été dit. 

Le fer, métal plus moderne que les autres, a également plusieurs signes 
[ΒΡ 3. ΒΙΨ ΤΙ ὅν: πριν API NV 1: r)Idansiles listes: 

Mais les signes fondamentaux de l'or, de l’argent, du cuivre, ne semblent 
pas avoir varié, du moins depuis l’époque où nos tableaux ont été établis. 

Tels sont les signes des corps simples ou radicaux, comme nous dirions 
aujourd’hui. 

Ces signes sont le point de départ de ceux d’un certain nombre de corps, 
dérivés de chaque métal et répondant aux divers traitements physiques ou 
chimiques qui peuvent en changer l’état ou l'apparence. 

Par exemple, la limaille, la feuille, le corps calciné ou fondu, d’une part; 
et, d'autre part, la soudure, le mélange, les alliages, le minerai, la rouille 
ou oxyde (PI. V, col. de gauche). 

Chacun de ces dérivés possède un signe propre, qui se combine avec le 
symbole du métal : exactement comme on le fait dans la nomenclature chi- 
mique de nos jours. Quand le nom du métal reparaît dans celui d’un alliage, 
dune dissolution, d’une évaporation, d’un précipité, d'un minéral, ou d’une 
plante, il est remplacé par son symbole. 

Le symbole de la litharge (mot à mot, pierre d’argent), renferme, par 
exemple, celui de l'argent (argyrion) ; la sélénite, celui de ce même argent, 
c’est-à-dire de la Lune {sélénè) ; quoique le nom du métal n’aitété introduit 
dans ces dénominations et ne leur ait été appliqué que par analogie. La con- 
crétion blanche renferme aussi le signe de l'argent: la concrétion jaune, 
celui de l'or (fig. 3, PI. I, 1.21 et 22. àdroite). Le signe du molybdochalque, 


96 INTRODUCTION 


alliage de plomb et de cuivre, renferme celui du cuivre (fig.6, PI. IV, 1. 13). 
Le signe du plomb se trouve dans celui de lantimoine (sulfuré), par 
suite d’une certaine confusion entre les deux métaux (fig. 7, PI. V, 1. το). 
Lesymbole d’un métal figure également dans les noms de certains minéraux, 
dont ce métal peut être extrait : par exemple, le signe du vermillon du Pont 
renferme celui du mercure (fig. 6, PI. IV, 1. 24, 2° signe). Tous ces rappro- 
chements, les derniers surtout, rappellent nos nomenclatures. 

Les listes alchimiques ne contiennent pas seulement les noms des métaux, 
mais aussi ceux des substances minérales et des produits employés, soit 
dans l’industrie, soit dans la matière médicale. Les signes correspondants 
ont été formés toujours suivant une règle pareille à celle qui préside aujour- 
d'hui à la formation des symboles de nos corps simples et de nos radicaux 
composés ; je veux direen prenant les premières lettres ou les lettres prin- 
cipales du nom que l’on voulait exprimer : c'est ce qu’on peut voir dans les 
planches qui suivent. 

Les listes inscrites dans ces planches se rapportent à des époques très 
diverses ; les plus anciennes remontent au commencement du moyen âge. 
Mais elles ont été remaniées à plusieurs reprises : chaque copiste ajoutant 
à la suite tous les signes qu’il connaissait, ou qu’il trouvait dans d’autres 
ouvrages, sans craindre de donner trois ou quatre signes distincts pour le 
même nom plusieurs fois répété. Il est facile de reconnaître ces additions 
ou intercalations, soit d’après le changement de sujet, soit d’après le mot 
ἄλλως (autrement), parfois écrit dansles manuscrits avec une initiale rouge. 

L'analyse des signes du manuscrit 2327, comparés avec ceux du manus- 
crit de Saint-Marc, du manuscrit 2325, du manuscrit 2419 et de quelques 
autres, permet d'y reconnaître dans la liste fondamentale au moins neuf 
listes partielles de ce genre, successivement ajoutées. 

Développons cette discussion. 

19, On distingue d’abord une première liste, très courte et très ancienne, 
laquelle renferme seulement les signes des sept planètes, suivies des noms 
des sept métaux correspondants, donnés en sept lignes dans le manuscrit de 
Saint-Marc (Pl. I, col. de droite, 1. 1 à 7). Dans le manuscrit 2327, on 
retrouve les cinq derniers métaux : plomb, électrum, fer, cuivre, étain, sui- 


vant le même ordre etavecles mêmes épithètes (PL.V, dela L. 15, dernier mot, 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 97 


à la 1. 18), l'or et l'argent ayant été inscrits auparavant et séparément. 
Seulement les signes des métaux sont à la suite des noms, au lieu de les 
précédercomme dans le reste des planches. Les cinq mêmes métaux, désignés 
pareïillement, sans l'or, ni l’argent, existent aussi, à la suite d’une liste diffé- 
rente, dans le manuscrit 2325. Cette première liste ne comprend ici que les 
métaux et les planètes et elle répond à une autre liste beaucoup plus déve- 
loppée, dans laquelle se trouvent, à la suite de chaque signe planétaire, les 
diverses substances dérivées du métal correspondant ou corsacrées à sa pla- 
nète. Nous y reviendrons tout à l'heure. Observons encore que dans la liste 
présente de Saint-Marc l’électrum figure avec le signe de Jupiter et l’étain 
avec le signe d'Hermès. Dans le fragment de liste correspondant du manu- 
scrit 2327 (PI. V, 1. 15 à 18), Jupiter et l’électrum sont représentés par deux 
signes distincts; mais celui de l’électrum dérive en réalité de celui de Zeus, 
déformé par le copiste, comme le montre sa comparaison avec le manuscrit 
de Saint-Marc (voir la planche I, 1. 14); d’autre part, l’étain a perdu son signe: 
le copiste transcrivait machinalement des symboles qu’il ne comprenait plus. 

2° Une seconde liste, plus longue et plus méthodique, comprend les 
noms des métaux et de leurs dérivés: or, argent, cuivre, fer, plomb, étain, 
mercure. Elle est très claire et très nette dans le manuscrit de Saint-Marc 
(PI. 1, col. de gauche,l. τ à 26, etcol. de droite, 1. 10 à 19). Cette liste est plus 
moderne que la précédente; car l’électrum n’y figure plus comme un 
métal spécial, mais comme un dérivé de l’or (chrysélectron, 1. 5) avec 
un symbole complexe, dérivé de ceux de l’or et de l’argent : la nature chi- 
mique véritable de la variété d’électrum à base d’or était donc reconnue. Le 
mercure est inscrit à la suite de l’étain, mais à part et sans dérivés particu- 
liers ;son signe est celui de l’argent retourné, et non celui de la planète Her- 
mès : ce qui répond aussi à une époque intermédiaire, quoique antérieure à 
celle où Hermès est affecté définitivement au mercure. 

Cette liste manque dans le manuscrit 2325, le plus ancien après celui de 
Saint-Marc; tandis qu’elle forme le début de celle du manuscrit 2327 (PI. IV., 
1. 4 à 17). Seulement l'argent a été intercalé ici au milieu des dérivés de 
l’or, ainsi que le mercure, placé à côté de argent. Le chrysélectron ἃ dis- 
paru ; deux des dérivés de l'argent (feuille et limaille) sont omis à la fin des 
dérivés du cuivre. Après ὠρίχαλχος (PI. IV, 1. 11) vient le mot yxhxès, puis 


9 
5) 


98 INTRODUCTION 


cos (1. 12); à la place du fer et de ses dérivés, inscrits dans la liste 


du manuscrit de Saint-Marc. Ceux-ci sont rejetés plus loin dans le manuscrit 


(PI. V, 1. r et 2), avec des noms identiques, et des signes différents. 


2327 
Mais le manuscrit 2327 reprend par le plomb (PI. V, 1. 11), dont le nom 
est suivi par les mots intercalés : χρόνος φαίνων : puis viennent les dérivés du 
plomb, les mêmes dans les deux manuscrits (sauf une inversion). L’article 
étain, coupéen deux par le plomb intercalé, reprend, dans le manuscrit 2327 
{PL V, L. 15), par le second des signes de ce métal, donné dans le manuscrit 
de Saint-Marc (PI. I, col. de droite, 1. 14) et précédé de même du mot ἄλλως 
(autrement). Bref, toute cette liste est évidemment la même dans les deux 
manuscrits; mais elle est régulière dans le manuscrit de Saint-Marc; elle est 
transcrite, au contraire, avec une certaine confusion dans le manuscrit 2327. 

3° Les noms etles signes des métaux sont suivis dans le manuscrit de Saint- 
Marc (PI. I, col. de droite, 1. 20-27, et PI. II, col. droite d’abord; puis 
col. de gauche, 1.1 à 2), par des mots tels que νεφέλη, etc., se rapportant 
aux dérivés du mercure (PI. I, 1. 20 à 22), à la litharge, au soufre, à la 


sélénite, à la couperose, etc., jusqu'aux mots : un jour et une nuit, puis 
᾿ 2 


Tout ceci manque dans le manuscrit 2325, aussi bien que la seconde liste. 

Dansle manuscrit 2327, au contraire, la même suite de mots formela fin de 
la planche IV, lignes 17 à 27, jusqu'à πέταλα exclusivement, et sauf des 
variantes de dialecte et autres, peu importantes. 

Cette troisième liste peut être regardée comme la suite de la seconde, 
puisqu'elle coexiste dans les mêmes manuscrits. Mais elle n’a pas subi les 
inversions et les confusions qui distinguent la seconde dans le manuscrit 
2327. Le manuscrit 2275, dans ces premières parties, est exactement con- 
forme au manuscrit 2327 (1); identité d'autant plus remarquable, qu'il n’en 
reproduit pas les figures, mais celles du manuscrit 2325. Il y a donc eu une 
source commune, antérieure aux trois manuscrits. 

4 Le manuscrit 2325 débute par une liste toute différente des trois 


précédentes; laquelle manque dans le manuscrit de Saint-Marc, mais se 


(1) Le manuscrit 2275 est antérieur de toujours une copie directe de 2325, 
15 ans au manuscrit 2327; c'est presque faite avant la mutilation de ce dernier. 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 09 


retrouve dans le manuscrit 2327. Dans ce dernier (PI. V, 1. 3), le fer et ses 
dérivés, transposés comme il a été dit plus haut, sont suivis du mot χαλχίον. 
qui manque ailleurs. Puis vient le mot θάλασσα, début de ce qui nous reste 
de la liste mutilée du manuscrit 2325, jusqu’à λευχὴ αἰθάλη à ὑδράργυροξ 


λέγετα! (PI. V, 1. 15). Tout ceci est communaux manuscrits 2325, 2275 6 


+ 


2327, mais manque dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Ensuite on trouve dans les trois premiers les noms des cinq métaux, autres 
que l'or et l’argent (plomb, électrum, fer, cuivre, étain), conformes par les 
épithètes à la première liste de Saint-Marc; on a déjà signalé ce rapproche- 
ment. La similitude des manuscrits 2325 et 2327 à cet égard atteste une 
certaine communauté d’origine. 

50 Les quatre manuscrits de Saint-Marc, 2325, 2275 et 2327, contiennent 
ensuite une même liste, faisant suite à la troisième dans le premier manus- 
crit. Elle débute parixkauètavéy (Pl. 11, col. gauche, 1. 12) ; (PI: V, 1. 18) 
et se poursuit sans variante importante, jusqu'à χυλός (Pl. III, 1. τό, εἴ PI. 
VI, 1. 3). Cette liste renferme à la fois des mots de Chimie et de Minéra- 
logie, des mots de Botanique et de matière médicale, et certaines abrévia- 
tions d'usage plus commun. Les listes du manuscrit de Saint-Marc sont 
ainsi épuisées. On voit qu’elles se retrouvent entièrement dans le manuscrit 
2327; mais non dans le manuscrit 2325. 

6° A la suite de la précédente, on lit dans les manuscrits 2325, 2275 et 
2327 une petite liste, en cinq lignes (PI. VI, 1. 3 à 7), contenant 165 
noms des métaux et divers autres, depuis χρυσός jusqu’à σιδήρεως. Le cuivre 
y figure deux fois, l’une avec son signe ordinaire, l’autre avec deux signes, 
dont l’un n’est autre que la première lettre du mot χαλχός. Ceci accuserait 
une origine plus moderne. Mais, par contre, le mot μπόσιρις semble répondre 
à une source égyptienne. On y voitencore ici le mystérieux mercure d’arsenic 
(L. 4) lequel était probablement notre arsenic métallique, corps sublimable, 
susceptible d’être extrait par l’action de divers agents réducteurs du sulfure 
d’arsenic, et aussi capable d’être fixé par sublimation sur le cuivre qu’il 
blanchit : le tout à la façon du mercure ordinaire, extrait de son sulfure. 

7° Cette liste est suivie par une autre, existant dans les manuscrits 2325, 
2275 et 2327, et qui débute par le mot caractéristique ἄλλο (PI. VI, 1.8 à 20) 


C’est une série d’abréviations très diverses, et plus modernes, comme en 


100 INTRODUCTION 
F 
témoigne le mot νερόν. qui signifie eau däns le grec actuel. Les symboles 


de l’ange et du démon semblent indiquer que certe liste a été tirée de quelque 
livre magique. L'or yest désigné par unsigne nouveau (|. 19). 
» La s'arrêtent les listes des manuscrits 2325 et 2275. 

89 Le manuscrit 2327 renferme ensuite une huitième liste, comprenant 
des matières médicales et débutant par le mot ἄλλως (PI. VI, 1. 20 à 25). 

Elle se termine au mot 4459. — Ce qui définit cette liste comme distincte 
c'est son existence séparée dans le manuscrit 2419 de la Bibliothèque 
nationale (fol. 274, verso 6). Là les signes seuls y sont dessinés, sans 
interprétation, à l'exception des mots χαρδία (cœur) et ἧπαρ (foie). 

Cependant la suite du manuscrit 2327 (PI. VI,1. 26; PI. ὙΠῸ PI VIN 
1. 1 à 4) n’accuse aucune transition brusque; sauf peut-être au mot pom- 
pholyx (PL: VIT, L.1). 

Cette liste paraît d’ailleurs formée par diverses juxtapositions, comme le 
montre la répétition de certains mots (camphre, aloës). 

Il existait en effet bien des listes de ce genre au moyen âge: je citerai, par 
exemple, unelistedesignes etabréviations, transcrite dans le manuscrit 2410, 
(fol. 154,) tout à faitdistincte par l’ordre des mots qu'elle renferme ; quoique 
ceux-ci soient en somme les mêmes et répondent pour la plupart aux mêmes 
symboles ou abréviations:par exemple l'or, l'argent, le fer, le cuivre, l’étain, 
le plomb, le ciel, etc. Il y a cependant quelques signes différents, tels que 
ceux de l'ange, du démon, de la couperose. La céruse notamment est expti- 
mée au moyen d'un y barré par une ligne verticale, etc. Mais revenons au 
manuscrit 2327. 

g° Le mot ἄλλως (PI. VIII, 1. 4 marque dans ce manuscrit le début 
d’une dernière liste, probablement composite comme la précédente. Elle 
débute par les noms des métaux. Elle est plus moderne, car l'électrum a dis- 
paru et l’étain s’y trouve avec le signe de la planète Jupiter, au lieu du signe 
de la planète Hermès, qu’il possédait dans les premières listes. Au contraire 
le mercure a pris le symbole de la planète Hermès. 

En résumé, ces listes multiples semblent avoir été tirées de manuscrits dis- 
tincts par l’époque et la composition, dans lesquels elles figuraient d'abord; 
elles ont été mises bout à bout en tête de la collection du manuscrit 2327. 


Celle du manuscrit de Saint-Marc est la plus ancienne et a passé entière- 


NOTATIONS ALCHIMIQUES IOI 
# 


ment dans le manuscrit 2327 : cequi est fort important pour les questions de 
filiation ; mais elle a subi des intercalations et transpositions, qui témoi- 
gnent de remaniements considérables. 

Je donnerai maintenant le résumé des comparaisons entre les signes mul: 
tiples d’un même corps, et spécialement d’un métal, telles qu’elles résu Iten 
de l'examen de ces tableaux. 

Les métaux sont représentés surtout par les signes des planètes corres- 
pondantes. Cependant, à côté des signes planétaires des métaux, on en 
trouve d'autres, qui sont de simples abréviations, réduites parfois à l'ini- 
tiale du nom de la planète ou du métal; tels que : 

OnN(PEMVIE AG): 

Cuivre (PI VI, 1. 3 et6); 

Fer (Pl VA ler) 

Mercure (PI. VI, 1. 15; 

Étain (PI. V, 1. 12 et 16). 

De même le nom de l’eau esttantôt figuré par son hiéroglyphe (PI. IT, 1.5; 
PI. IV, 1.26; PI. V, 1.3); tantôt par l’abréviation du mot grec correspondant 

PI. VI, 1. 5). De même le mot fleuve (PI. III, L. 1; PI. V, 1. 25; comparées 
avec ΕΙΠΕ 1-7): 

Le nom de la litharge a aussi deux signes : l’un, dérivé de l’argent, l’autre, 
simple abréviation (P1. IV, 1. το et PI. VIII, 1. 20). 

Le signe générique des rouilles (oxydes) métalliques offre deux variantes 
(PISE Wroren25: PI VII nn) ete 

Signalons maintenant les répétitions. 

Tous les noms des métaux existent dans les listes de Saint-Marc, deux 
fois; une fois séparément, une fois dans la liste planétaire. En outre, le 
nom de l'or se retrouve cinq fois dans la seconde liste, celle du manuscrit 
2327 (81 ΤἈΝ 4 PINS tétro; PI VII 195 Pl VII 1.5) Sontsigne 
est toujours celui du Soleil, à l’exception d’un signe figuré dans la plan- 
che VI, 1. 19, qui est double et semble une abréviation. 

Le nom de l'argent se lit trois fois dans la seconde liste (PI. IV, 1. 4 ; 
PI. VIII, 1. 6 et 22). Son signe n’a pas de variante, si ce n'est que le crois- 
sant est placé horizontalement à la dernière place. 


Le nom du cuivre est écrit six fois dans la deuxième liste (PI. IV, 1.0; 


102 INTRODUCTION 


PI. MIE 1. 3,6, τας PL VII, 1.6; PI. VIII, 1.6). Son signe ofre six variantes, 
dont L'une répond à l'un des signes du fer (PI. V, 1. 12). 

Le nom du fer esttranscrit quatre fois dans la deuxième liste (PL V, 1. τ et 
r7; PI. VI, L 20; PI. VIII, L Set 22). Son signe offre quatre variantes princi- 
pales. En effet, le nom du fer est représenté par quatre signes principaux.” 
L'un d’eux une flèche avec sa pointe, semble une abréviation du signe pla- 
nétaire. Un autre signe, un 6, est nous l'avons vu l’initiale du mot θουράς. 
nom ancien de la planète Mars; parfois avec adjonction d'un 7, abréviation 
du πυρόεις, l'enflammé, autre nom ou épithète de Mars (PI. V, 1. 15). 

Le nom du plomb figure six fois dans la deuxième liste (PL. IV, E τὰ ; 
PIS lrretr6; PLNI 14 PLEVIT 1 6 PLV 15) Sonisienecftreisis 
variantes. Aucun métal n’a plus de signes que le plomb, matière première de 
la transmutation chez les Égyptiens. Dans l’une des planches (PI. VII, L. 6), 
le signe ordinaire est doublé par adjonction du signe du cuivre. Un autre 
signe du plomb (PI. VI, 1. 4) se retrouve à peine modifié, comme signe de 
cuivre (Pl. VI, 1.6), et mêmecomme signe adjoint au mercure (Pl. VI, 1. 15). 
Cesigne rappelle encore l’un de ceux du soufre (PI. IV, 1. 18), désigné comme 
le plomb par le nom d'Osiris, chez les Egyptiens. 

Le nom de l’étain se voit quatre fois dans la deuxième liste (PI. IV, L. 12; 
PI. V,1. 13et18; PI. VIII, 1. 5). Son signe offre cinq variantes. Dans l’une 
d'elles, on retrouve l’un des signes du cuivre (PI. V, 1. 13); dans une autre, 
l'un des signes du fer (PI. V, 1.13). 

Le nom du métal mercure est signalé cinq fois dans la deuxième liste 
(PLANS 5 PIN ᾿ς ῬΙΝῚ rs: ἘΝ 0 6 ΕΓ 8): Sontsisneoffreteois 
variantes, savoir : le signe de l'argent retourné; le signe de la planète Her- 
mès, plusmoderne (PI. VIII, 1.6); enfin le double signe de l’eau-argent, avec 
le croissant ordinaire. (PI. VI, 1. 15). On trouve encore lenom du mercure 
associé à celui de l’arsenic (PI. VI, 1. 4), et représenté par un double signe, 
dont la première partie est le signe du mélange ou alliage d’or; la seconde, 
le signe de l’arsenic retourné. Il y là une idée se rattachant à la transmuta- 
tion des métaux et à la fabrication de l’or par l’intermédiaire du mercure, 
réputé former l’essence des métaux, et de l’arsenic, regardé comme l'un de 
leurs principes colorants (Origines de l’Alchimie, p. 238 et 279). 


Le nom de l’arsenic (sulfures arsénicaux) est tracé quatre fois dans la 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 103 


deuxième liste (PI. V,1. τὸς PL. VI, 1. τ δὲ 26; PI. VIII, L. 21), avec trois ou 
quatre signes différents. Le signe de la planche VI, ligne 26, est le plus mo- 
derne ; car ilestemployé couramment dans le manuscrit 2419. Le nom même 
de l’arsenic estassocié deux fois (PI. V, 1. 7 et 9) à celui dela sandaraque (sul- 
fure analogue), laquelle est confondue parfois sous le même signe (PI. V, 1.7). 
Ailleurs la sandaraque est exprimée par le signe du soufre (PI. VIII, 1. 22) : 
cequi montreque les alchimistesen avaient bien saisi les analogies complexes. 

Le signe de l’antimoine ({sulfure d’antimoine) existe deux fois dans la 
deuxième liste (PI. V, 1. ro et 25); la première fois, il est associé à celui du 
plomb, probablement parce que l’on avait aperçu l’analogie des deux métaux. 

Les mots : matras, sel, vapeurs sublimées, etc., donnentlieu à des remarques 
analogues, mais sur lesquelles il paraît superflu de s'étendre. 

Nous allons reproduire maintenant ces listes, d’après des photogravures 
prises sur les manuscrits. L’échelle exacte a été conservée pour le manus- 
crit 2327 : mais elle a été un peu réduite pour le manuscrit de Saint-Marc. 

J'ai donné la traduction, aussi exacte que j'ai pu dans une matière si obs- 
cure, de tous les mots qui figurent dans ces listes. 

Je me suis aidé à cet effet des œuvres de Dioscoride (édition Sprengel); de 
celles de Vitruve, de Pline {édition Sillig) et des Commentaires de Saumaise 
(Plinianæ Exercitationes, 1680). Je laisse à d’autres le soin des remarques 
grammaticales sur ces textes, me bornant à faire observer que l’iotacisme 
est bien plus marqué dans le second manuscrit que dans le plusancien. 

Pour le manuscrit de Saint-Marc, dont l'écriture est très différente de 
celle du grec moderne, j'ai cru utile de fournir en même temps le texte grec 
en lettres actuelles : ce qui ΠῚ ἃ paru superflu pour le manuscrit 2327. 

Voici ces textes : 

Les planches 1, IT et III reproduisent les folios 6 et 7 du manuscrit de 
St-Marc, à Venise. Les signes sont tracés à l’encre rouge dans le manuscrit. 

Plusieurs signes ont été ajoutés à des époques postérieures à la première 
transcription du manuscrit; les uns au xive siècle, les autres au xve. Ils se 
distinguent par la forme des caractères et la couleur de l'encre. Je les 
noterai en passant. 

Les planches IV, V, VI, VII et VIII sont la reproduction identique des 
fol. 16, 17 et 18 du manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris. 


/ 


La traduction répond, ligne pour ligne, au texte placé vis-à-vis. 


10 


15 


104 


INTRODUCTION 


FiGuRE 3. — PlanchelI 


a A. LES ΄ " - ΄σ - 
CALE AT ἐπτὶ τη τε μεπτον ἐσκει LLEN CU N ENTILETT ΧΗ 1916 
f : - ΄ « ΄ 
ογγτρά χε καλου τ εφιρκοι φῶ μεῖς αεαϑαιυταπτηριαχο τὶ κῆρ 
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5 


0 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 103 


SIGNES ALCHIMIQUES 
Planche I, première colonne, à gauche 


o 


Photogravure d'après le manuscrit de Saint-Marc, fol. 6. 


ἐπ Een PO NE Joe NT 
Σημεῖα τῆς ἐπιστήμης TOY ἐγχειμίένων ἐν συγγράψμασ!ι τῶν. φιλο- 
σόφων; χαὶ μάλιστα τῆς μυστιχῆς πὰρ αὐτοῖς λεγομέν 0GODIAE 


« Signes de la Science, qui se trouvent dans les écrits techniques des 
philosophes : ce sont surtout les signes de ce que ceux-ci appellent la 


Philosophie mystique. 


ΡΟ RE ES A OT 
Σερυσοῦν δίνημια.- 1... limaile d'or. 
XKpucoÿ πέταλα...-.. -- -... Feuilles d'or — avec second signe à droite, 


d’une écriture plus récente. 

Or calciné (fondu). 

Electrum — avec 2° signe plus récent. 

Soudure d’or. 

Υ Mélange d’or. 

PADUDOS. es CI ΔΈΡΘΠΕΣ 

IN FACE redecoceredooc . Terre d'argent. 

᾿Αργύρου δίνημα. .......... Limaïille d'argent. 

Ἀργύρου πέταλα. - - - «τ τ τον. Feuilles d'argent. 

᾿Αργυροχρυσοχολλα.- - ----- ..  Soudured’oret d'argent 
récent. 

᾿Αργυρος zexaduäves........ Argent calciné (fondu). 

Χαλχὸς 1mp125.. .......... Cuivre de Chypre — avecsecond signed’une 
ancienne écriture. 

Χαλχοῦ ἜΠΗ τ τ udenredecuivre[minerai). 

Χο οῦ ρίνηροι ----..---Lotlimailedelcuivre. 

Χαλχοῦ --... Feuillesdelcuivre. 

Χαλχὸς ἀεαύμξνος:- --- .-... Guivre calciné (oxydé). 

Sy. ecenaRouille dercuivre. 

ID PETITES .  Orichalque. 


avec secondsigne 
8 


ΣΟ ΞΑΟΡ noie τ Fer. - - -Αλλῶς, autre signe. 
Drop ee CC Ὑδττε δδῖτεῖ [ὨΪ1ΠπΠεῖϑ])- 

ΠΡ OCDE EN QUL ee τος + imailledeter. 

δ θοῦ, ESA NON. - - . - =. - +... …— Feuille de fer. 
Sonore ee Routlle derter. 


Plomb. 


1 
Lun 
La] 
9 
a» 
o 
LH] 
a 
τὸ 
Ο 


1.1. 


106 


INTRODUCTION 


Planche 1, deuxième colonne, à droite, 


Mel DEA 0000000000 
Σελήνη ἄργυρος 

Σελήνη ἄργυρος... «.««-«.ς 
ἹΚρόνος φαίνων μόλιόος... .. 


ot 


Ἄρης πυρόεις oldmpos...... 


Soleil, or. 

Lune, argent. 

Saturne brillant, plomb. 
Jupiter resplendissant, électrum. 
Mars enflammé, fer. 

Vénus lumineuse, cuivre. 
Mercure brillant, étain. 


La suite forme le commencement du verso de Ja feuille 6 dans le manu- 


scrit ; elle a été ajoutée par le graveur sur la planche I, après les noms des 


planètes, lesquels sont effectivement à droite du recto de la feuille 6 dans le 


manuscrit. 


10 Μολ 


-— 


mec See πος 
" 


(TNPOS χελαυ μενος. τ τ τ: 


Terre de plomb (minerai). 
Molibdochalque. 

Limaille de plomb, 

Plomb calciné. 

Etain. — Ac, autre signe 
Terre d’étain (minerai). 
Limaille d’étain. 

Feuilles d’étain. 

Etain calciné. 

Mercure. 

Brouillard [vapeur condensée). 
Concrétion (coagulum) blanche. 
Concrétion jaune. 

Litharge. 

Soufre apyre,n’ayant pas subi l’actiondu feu. 
Soufre. — Matières sulfureuses. 
Soufre natif. 

Sélénite. 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 107 


Le verso de la feuille 6 du manuscrit n'étant pas inséré en entier dans 
ce qui précède, on a ajouté et intercalé les signes qui suivent avec leur inter- 
prétation, dans la colonne de droite, sur la planche II. 


20 


10 


_ 
ὍΣ 
- 


- PUR HE ἃ ὦ x πὶ Or δὰ δ Li” 


INTRODUCTION 


, 


FiGure 4. — Planche II 


XEN EAN HA! op Δι ιν οί 


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VEN ax. Ve 
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PAZ ENS EE 


[TH ALH 


10 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Première colonne, à gauche. 


109 


La colonne gauche de la planche II renferme les signes du folio 7 recto du 


manuscrit, et la colonne droite la fin du folio 6 verso. 


Χάλχανθος...... 
NE Nkleme. τ τοῦς 
«λίθο: RTC 


Obs ers 
EN ADEME 

NE ET TRES 
Nbre ce de 
10 Ἡμερονυχθήμερα. 


NÉS 
Kazyravés . ..... 


15 Ὥχρα. ae ς τῆς 


Σίριχον (sic). 


᾿“Αὐχοῦσα. ---- 


Νίτρον τος αν τ 


Pasanver ἔλαιον... 
Ἰχίχενον ἔλαιον... 


Minerai pyriteux 
de cuivre. 

Pierres. 

Chélidoine. 

Eaux marines. 

Eaux pluviales. 

Eau. 

Jours — 2°s.anc. 
Nuits. — Ὧραι. 
heures. 

1 jour et 1 nuit 

Feuilles. 

Claudianon (al- 
liage)— 2° signe 
plus moderne. 

Cinabre. 

Safran. 

Ochre. 

Arsenic — autre 
signe ancien. 
Couleur rouge 
particulière 
2° signe 
moderne. 
Orcanette. — 2e 
signe plus mod. | 
— autre signe| 
ancien: λαδιχίνη. 

de Laodicée. 


plus 


Oclaruec....... 
LOEB το 
Οστραχον ὠῶν.... 


K 


DV OV rubis nee ie 
<E 


— 
. 
μὰ 
o 

‘à 
. 


NGC EE M ee 


Σεήμη (616) τε 


Deuxième colonne, à droite. 


Vin doux. 
Huile de raifort. 
Huile dericin. 
Natron. 


pla 5y:5=6... Alunen lamelles 


Στυπτηρία στρογγύκη Allun arrondi. 


108 bone eee. Pyrite- 


CN none 
λίχυνησίχ πα ΚΑ Ά 


Cadmie. 
Magnésie. 


ARE she 
AAC AOC... re 
AUSNALSN 


ÉTUNOE so sale eee te 


Σίγωπις ποντίχη-- + 


Sandaraque (au- 
tre signe anc.). 


Misy (couperose 
jaune). 

Sori (corps ana- 
logue) — Ξχνθέν. 
jaune; signe 
d'écriture plus 
moderne. 


Laccha, sorte 
d'orcanette. 
Céruse. 

Les blancs. — 
Ξχυθέν. jaune ; 
signe ancien. 


Œil. 


.Les œufs. 


Coquille desœufs 
— répété avec 
autre signe plus 
moderne. 

Bleu. 

Verre — autre 
signe plus mod. 

Epreuve des mé- 
taux (coupella- 
tion) — autre 
signe plus mod. 

Avant pris. 

Antimoine. 


Sel. 

Sel commun. 
Sel ammoniac. 
Chaux, plâtre. 
Chaux vive — 
2° signe ancien. 
Rubrique du 
Pont — 2e signe 
ancien. 


20 


19 


30 


ΓΙῸ INTRODUCTION 


Fiçure 5. — Planche III 
FT 77m Ta νι 
® 0300 
Q enr 
À BiTapron 


δ΄ «.«ς ἘΝ δή τς τ it 
F BOTAN H 


! : Lev Soÿ 


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* Awrar ie pa 


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C° te κα ιε΄ 
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σθαι € ὟΣ ; SONT ÿ 
ἷ . ve ue Rime Aer 
δῇ FGDENS 
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15 


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πον δια] φιροεέφων τη εθεῖας Ent τη ακη (AI TE RAC: 


& ALLO HE: A2 
DH AUS Ip rree : πτεπταειρε: 
LOS NI EN OC: Epune 
TAN (hpil: HH0CFEBE14 : 
THEJXI0r : Ar 240 RAI λει: 
Zénoxcparme: Hoi : 
Apricsner: Hei2eupoe: 
Nr icai ὃ HA Ht 
DiorrnHti πρ Ἀλλ RATE: 
imratot: ZE 1240 € τς 
Tr anor: piragene: 
XAaunc: ΒΑ NH: 


XIUTAAN OC : téprioc: 


»ι 


τῷ 
ot 


τ τς ΕΣ ΤΣ ὧν 
DAV νυν ete ΓΙ 
Βοτάριονε .1- τοξα 
Βόχρτα,  ..--- 
DEAN Ce 
Αἰθάλη οὐρανοῦ. - - 


Ξ 
Χωνη.-«- 


Λωπὰς χύθρα....- 
Κνίχανθον (sic) - - - 


Κώμαρις.. - 


Ἰ 


Alu πρσοξ ας 
PUIS τ a0 ae 


NON == ΑΙ 
Χυλός. est 


Σύνθεμα ὅλον... .. 


A. AS Mr > ;, 
Ονόματα τῶν φιλοσόφων τῆς θείας 


ss... 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Folio 7, verso. — Planche III. 


Fleuve. — ξανθόν, jaune — signe plus mod. 

Vinaigre. 

Faites fermenter. 

Botarion (vase de digestion ?) 

Fumier, fiente — signe plus moderne. 

Plante. 

Vapeur céleste. 

Creuset. 

Matras de terre cuite. 

Fleur de cnécos ou carthame. 

Sélénite ou talc. 

Terre. 

Vapeurs sublimées, fumées. 

Nombre — répété avec signe plus moderne. 
λίτρα, livre (poids) 


ἀσόεστος, chaux vive Ὁ signes plus mod. 
τρίδε, broyez. 

Bile 

Suc. 


Formule complète. 


ἐπιστήμης, χαὶ τέχνης. 


Noms des Philosophes de la Science et de l'Art divins. 


Ἀτογενη ser 


drrecose “Ὁ 


Moïse. 


Démocrite. 


Synésius. 
Pauséris. 


Pébichius. 
Xénocrate. 


Africanus 
Lucas. 
Diogène. 
Hippasus. 


Stephanus. 


Chimès. 


Le Chrétien. 


Mopti... 27e Marie. 
ἸΠετάσιος. - - - ἋΣ Pétasius. 
"Bent 0. AA Hermes. 
( EL re ee .-- Théosébie. 
᾿Αγαθοδαίμων Agathodémon. 
Θεόφιλος. -- Théophile. 
ἐξ οίδῶρος.. - --- Isidore. 
Θαλῆς (516)... Ἐπ Thalès. 
Ἡράχλειτος "-. τ Ὁ  Héraclite. 
Ζώσιμος - Zosime. 
Philarète. 
Juliana. 
Sergius. 


.Cette dernière liste a un intérêt historique, plutôt que technique. Son 


commentaire se trouve dans l’ouvrage sur les Origines de l'Alchimie, cité 


plus haut, p. 128 et suivantes. 


INTRODUCTION 


Ficure 6. — Planche IV 


͵ Lai 


: τἰὁρωταυταγ συκῶν ν᾿ Ὁ voameuc : ᾿Ξ 
ἐξρμανήωπωγοναζωγ πε ie den STE K@A 
Χτισούλου͵ Br Bou: ἊΡ 
Draps 7 APE pi vieu ST à ἀργύρος C: 
ὑδραρτυρός D AP LOU MAALEES- ᾿λφίσος καὶ κῶν 
106 Fr XP kom 7 posts” 
σρτύρου on Gr propos rome ÉT ap rupre 
κελρυκῖϑος Cx AXEÈ κυπρίος À "χαλβὸν rh 
ᾧ rend piyicna À Aou σέθϑλου A, 
καὶ κενικυκεΐνος ὅς" ᾿χαλοονος δ᾽ ὥρίχορνος UD - 
ANG κασιημρος ᾧ 5.0. Ὁ ον CONCNTOE 
κρόγος pat Joy: AONIB annee renbS ent 
D. “mexi 8 δουρηρίαμ À) soi BRenera 
D: ἀφγλωφιασήνρος af: κασιλήρου rs À agrAn 
βου ρήγις aa δ᾽ ag Aupou σέίαλον ὅδ᾽ Χαρ] lupoc 
xe nova ἔφ. νεφέλη Ni Αἰ ϑάρτυρον XEU avr 
ro AC: νεφίλυν ξον θεὺ πτατφοὰν NS ΑἸ θῴ 
γυρον Ἂς: 93ον ὠπύρογ G. pa +, ΠΩ 
δίκηον y apposé nier, ᾧ € ol γος ἀφιιγέος OX - 
οι papäyieve na LE κέ γον ἔλαιον Κλ᾿ vpn 
δ᾽ πυτῆ" “je cxnan δε. Grerv 80. up (Ave 
PA: Ha a a): ΠΟ à AE ae D ‘ga 
Mot yoy æAk: M: “eyes NP ἄφθεαες 
2 raie mé mov bai mr à ἄλλος ME - χάλ 
+- -δι. 
καψϑος ὃς Dan g στ᾿ AN: En Sroy ÊA: = 
sage v MT ὀμβρίαν Ur 666: ὕδωρ 
Χαιζραι (YOUR EGNN: ὧρ αἱ Mau pO Vu νον 


10 


25 


ot 


Il 


20 


25 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 
SIGNES DU MANUSCRIT 2327. 
Planche IV, feuille 16 du manuscrit, verso. 

Vois ces signes et comprend-les bien : 

Interprétation des signes de l’art sacré et du livre sur la matière 
de l'or. 

Au commencement : or — limaille d'or — argent. 

Mercure — feuilles d’or — or calciné ou fondu. 

Soudure d’or — mélange ou alliage d’or. 

Terre ou minerai d'argent — soudure d’or et d’argent — argent 
calciné ou fondu — cuivre de Chypre — terre de cuivre. 

Limaille de cuivre — feuille de cuivre. 

Cuivre calciné — rouille de cuivre — orichalque {bronze et al- 
liages analogues). 

Cuivre”— étain (quatre signes) — plomb. 

Saturne brillant — molibdochalque (alliage de cuivre et de plomb 
— terre ou minerai de plomb. 

Limaille de plomb — plomb calciné. 

Autre signe de l’étain — terre ou minerai d’étain — limaille 
d'étain —feuille d’étain — étain 
calciné — brouillard ou vapeur condensée — litharge 
concrétion blanche — vapeur concrétée jaune. 

Litharge — soufre apyre, n’ayant pas subi l’action du feu. 
matières sulfureuses — soufre 
natif — sélénite — vin d’Amina. 

Huile de raïfort — huile de ricin — natron (deux signes). 

Alun en lamelles — (alun) arrondi — pvrite. 

Cadmie — magnésie — sel — sel 
commun — sel ammoniac {en abrégé) — chaux [deux signes), 
chaux vive. 

Vermillon du Pont — autre signe — couperose. 

Chalcite [minerai pyriteux de cuivre) — pierres (en abrégé) — 
Chélidoine. 

Eaux marines — eaux de pluie — eau 


Jours — nuits — heures — un jour et une nuit. 


15° 


US: 


14 


INTRODUCTION 


FiGure 7. — Planche V 


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κύαψογ κα; ψαλος x : ὡβρύξωσις ᾧ λαβὼν 
ataqui C Salon pr -oEoc 'σὰψον Θ΄ Bas 
θγον ΕΞ "βόλβιλω 666 βο ψν, Æ 9 + on san x 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 115 


Planche V, feuille 17 du manuscrit, recto. 

Fer — minerai de fer — limaille de fer. 

Feuille de fer — rouille de fer. 

Chalque (poids et monnaie) — mer — fleuve — noir. 

Air et astérite (pierre précieuse) — feuille de noyer. 

5 Drachme — poignée (mesure) — mercure (deux signes qui pré- 

cèdent le mot). 

Terre de Cimole et suc de figuier {sans signe) — feuilles — ar- 
bouse. 

Sandaraque et arsenic — sandaraque (au-dessus de la ligne) — 
chaux — litharge. 

Mine (poids) — safran — œuf — coucher du soleil — urine. 

Soufre — vinaigre — scrupule (fraction de l’once)— levain. 


Sélénite — stimmi (antimoine) de Coptos mélangé. 


10 Soufre apyre commun — le plomb a quatre signes. 

Puis vient une ligne de signes se rapportant au plomb, à Jupiter, 
deux signes (électrum), à l’étain, trois signes. 

Hermès en a trois autres (trois signes) — l’or est tel — le 
cuivre. 

Le soufre natif et le soufre brûlé par le feu (fondu ?) et Saturne, 
c'est-à-dire le plomb, s’écoulant de lui-même (cette ligne n’a 
pas de signe spécial). 

15 L'eau de plomb et la vapeur condensée blanche qui se dit mercure. 

Saturne brillant — Jupiter resplendissant — électrum. 
Mars enflammé (deux signes) — Vénus lumineuse. 
Mercure étincelant; étain (pas de signe) — claudianon — cinabre. 
20 Safran — ochre — arsenic (autre signe double). 
Sandaraque — séricon (soie ? ou couleur rouge 2) — orcanette. 
Sandaraque de Laodicée. — autre signe — misy — sory. 
Laccha — céruse — molibdochalque. 
Les blancs — œil — les œufs — coquille d'œuf. 
Bleu — verre — coupellation — ayant pris. 
Antimoine — fleuve — vinaigre — ferment ou septique (?). 

25 Botarion {vase à digestion) — fumier — plante — vapeur (cé- 


leste — le signe est à la page suivante). 


116 INTRODUCTION 


FIGURE ὃ. — Planche VI 


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TTÉPT D TK ἀρσενί mu ©: πσύριβρον τ " ἄρῳ ap 
M30) 


4.2 


1 


0 


90 


19 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Planche VI, feuille 17 du manuscrit, verso. 

Ciel — creuset — matras de terre cuite — fleur jaune du cnécos 
(plante assimilée parfois au carthame) — cnécos (sans signe). 

Sélénite ou tale — terre — vapeurs sublimées. 

Nombre — bile — suc — or — cuivre (deux signes). 

Plomb — mercure d’arsenic. 

Vinaigre (deux signes) — (vinaigre) piquant — eau de pluie — 
eau de mer. 

Séricon (pigment rouge) — cuivre (répété deux fois — 
deux signes). 

Mposiris (1) : c'est le signede l’eau précédent, avec un £; ou peut- 
être le même signe que l'or à la ligne τὸ — le noir de myrrhe 
— ferrugineux. 

Autre liste — stylet — écris — mer sacrée. 

Ensemble — encensoir ou parfum — papier — sacré— mystère. 

Signe caractéristique — ange — démon — rouille 


de l’or — rouille de l'argent — rouille de cuivre. 
δ 


Electrum — corail — discours (ou rapport) — vinaigre — litharge. 


Cinabre — herbes — fabrication. 

Livre (poids) — mines {poids — eau — un peu — commun. 

Ou bien — demi — coquille — mercure. 

Mines (poids) — setier — commun — ensemble (deux signes;. 

Arsenic (deux signes) — feuille — sacré — apyre. 

Composition — sec — pulvérisez — divisez en lamelles. 

Vapeurs, fumées — or — plante — limaille. 

Autre liste — raclure — fer — camphre — arèn (mâle, ou ar- 
senic ?, ou Mars ??). 

Ensemble — cyclamen — porc (ou utérus? — semences. 

Argenté — sel — encens — pulvérisez. 

Zizi nazé (gingembre?) deux fois répété avec signes — mastic -- 
partie supérieure de la tête? ou rassemblement ? 

Cœur — foie — estomac — signe 

Larynx — aloès — lunule ou sélénite — safran. 

Poivre — arsenic — pyrèthre — Aromate ὃ 


Pulvérisez. 


(1) ΜΡ est ici pour B. 


τῷ 
σι 


INTRODUCTION 


FIGURE 9. — Planche VII 
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ΕἼ δ᾽ γον af. ἐψιλξῃμν" 8 ge mue ΤΗ͂Ι 
SUD Ky: ADN CO Y RQ ke puy PA: σηρί κογσίᾳ 
Ἷ pou Yi" rx βρικύγίογ 
(᾿Αφοι μα: UE “σερσοῦ 
᾿ * ὑσκίακος PE. ax ot κι". A: σελλγο αὔρας 
.π κάμφωρα ᾧ ": nounou κιαρίον ἄρ᾽ φύλν 
Ÿ A £PaYO - καρ Te D: aps αν τα “Ah ay oo? 
τ΄ “σαϊχαρ ER: A - Kimi E y re PEN 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 110 


Planche VII, folio 18 du manuscrit. recto 


Roquette {eruca) — fortement — antidote — plante. 

Natron — homme — fils — comme — si — il est (deux signes). 
De ou de la part — sur — triturez — couperose. 

Cathmie ou cadmie — grand — magnésie — oiseau — ortie. 

5 Eau — encens — fleur — plomb {signe double). 

Cuivre — écailles ou écorces — pétasite (plante) — blanc. 
Amas de terre — frisson ou arcane fleuve — bain. 
Pomme — sec — il dit — nard — racine. 

Yeux — arrondi — long — or 

10 Asemos — soufre — terre — ciel — temps. 

Terrestre — natron — dans le — et — car — et car. 
Séricon — fruit de myrte — lune — polype (ou fougère). 
Scammonée — marrubium [} — agaric. 

Coloquinte — fleur de thym — amome —- galbanum. 

15 Myrrhe — Ladanum (gomme aromatique) — amidon (farine). 
Clou de girofle — musc — noix muscade. 

Ambre — safran — acacia — galanga. 
Momion (bitume) — cardame — huile — axonge. 
Vin — décoction — opoponax. 

20 Lis — rue des bois — corne? — svuie ou pigment rouge. 
Arcos, plante? (1) — valériane — stachys — véronique. 
Meum (ombellifère) — coagulum, lait caillé — une fois — pêche (?). 
Jusquiame — pavot — semence de lune. 

Camphre — concombre — feuille. 
25 Air — fruit — tapis, couche — chaux. 


Sucre — farine — ricin — manne (le signe est à la page suivante). 


(1) Voir Sazmasius, de Homonymis | nine, Matière médicale, livre IV, chap. 
Hyles Iatricæ, p. 52, a, C. — Diosco- | Εν τ EVE 


120 


INTRODUCTION 


FIGURE 10. — Planche VIII 


λέων 6: a ἐδνυθοον : 


Σ᾿ σαγιόον cf ρέον MAN 
Nan TR 'βρόκος Bu. 
λυρυγίαυ D Sr Vi ου Fo Ῥ λίθος N'a 
Was Au FU puy à So κρό À 
vouo nu βος- ft δκασίλκρος" {ϑσίξαρος, 
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À ὑδράτυρος De Rajow ζ' up Εν Ge: 
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1 


0 


20 


τῷ 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Planche VIII, folio du manuscrit, verso. 


(En haut et hors ligne) pulvérisez — vapeurs condensées — océan 
(ou le bleu ?). — le pompholix ? {signe seul) — santal — rhu- 
barbe — aloës. 

Miel rosat — sumac — avoine. 

Grande centaurée — serpentaire — pierre — hématite (deux fois, 
sans signe). 

Myrte — autre liste (les signes précèdent ici les mots) — le plomb, 


de Saturne — l’étain — le fer. 
L'or — le cuivre — le mercure — l'argent. 


(Puis les mots précèdent de nouveau les signes) — soufre — natron 
— partiel — vert — vers. 

Mercure — demi — eau — soufre. 

Suc (des plantes) — divisez (ou parties) — faites fondre — livre 
— pyrite. Ἄς ι 

Couperose — livre — quatrième ou quart (d'once?) — le cyathe 
(mesure de poids). 

Scrupules (poids) — cuillerée (mesure) —obole— chême (mesure 
de capacité). 

Demi-obole — triblios ou cotyle (mesure de capacité) — deux 
oboles — chénice (mesure) — trois oboles — le carat [tiers d’o- 
bole) — quart d’obole — l’'holque (poids) — la drachme. 

Cuillerée (mesure) — le setier — le chalque(monnaie)— la cotyle. 

Le statère — le denier — les chalques {mesure). 

La fève (mesure) — chalcite ou calamine — le chaud — cathmie 
(pour cadmie). 

Le premier jour du mois (?) — ensemble — la bile — le sel. 

Le suc (des viandes) — couperose (misy) — partie — calciné. 

Céruse — semence -— litharge — antimoine. 

Ronde — pyrite — arsénicaux. 

Fer — sandaraque — écorce ou écaille — argent. 

Couperose — cœur — des longues [τὺ — complet. 

Emeri — gingembre? selon d’autres myrrhe — vénérable — autour. 

Brasier — vie heureuse — polype ou fougère. 

Volatil — oiseaux (œufs d’) — oison — champignon. 

Porcin — désirable — sec. 


12% INTRODUCTION 


Quelques mots, en finissant, sur la date à laquelle remontent les signes 
que nous venons de reproduire. Les signes des planètes figurent déjà dans 
les papyrus astronomiques du Louvre, qui remontent au temps des Anto- 
nins ; ainsi que dans ceux de Leide, un peu plus récents. Dans ces derniers, 
ils sont en outre appliqués à l'or (1), à l'argent et à des noms de plantes 
et de minéraux, comme dans nos manuscrits. Certains autres signes, celui de 
l’eau par exemple, sont des hiéroglyphes. Le nom d’Osiris (PI. VI, 1. 7) était 
employé, d’après Stéphanus (Origines de l’Alchimie, p. 32), pour désigner le 
plomb et le soufre [même signe pour ces deux corps, PI. V, 1. 11) chez 
les Égyptiens; dans notre planche VI, ce signe rappelle aussi un signe 
spécial de l’or, situé plus bas (PI. VI, 1. 19). 

Les signes de matière médicale sont plus modernes que ceux des métaux 
et des planètes. Je ne les ai pas trouvés, par exemple, dans les pages 
reproduites par Lambecius (Comm. de Biblioth. Cœs., Liv. IT, p. 135 et 
suivantes). et par Montfaucon (Paléographie grecque, p. 202), d’après un 
manuscrit célèbre de Dioscoride, écrit vers la fin du v° siècle pour Juliana 


Anicia, fille d’Olybrius, l’un des derniers empereurs d'Occident (2). 


En raison de l'importance de ces signes, pour la lecture des manuscrits 
alchimiques et médicaux, j'ai cru utile de faire un petit lexique des mots 
contenus dans les tableaux précédents, avec indication de la planche et dela 
ligne correspondante : les mots ont été conservés, pour plus de sincérité, 
tels qu’ils existent dans le Manuscrit, sans en corriger les fautes et sans 


les ramener soit à leur forme régulière, soit au nominatif. 


(1) Le Soleil (et l’or) sont parfois dé- dientfondamental de l’œuf philosophi- 
signés par un cercle avecun point cen- que, dans nos manuscrits (fig. 4,1. 13; 
tral, surtout chez les astronomes; fig. 8, 1. 13). 
l’électrum et Jupiter de même (fig. 7, (2) LaMBEcIUs, p. 222 ; MoNTrAUcON, 
1. 13). Ce signe représente aussi l'œuf p. 204. Le nom même de Juliana figure 
(fig. 4, L. 26), l'œil (fig. 9; 1. o), le ciel, dans la liste du ms. de Saint-Marc, 
tout objet rond (fig. 9, 1. a), tel qu'une PI. 111, avant-dernière ligne, p. 110 du 
variété d’alun, par exemple; maisil est présent Volume. 


généralement affecté au cinabre, ingré- 


LEXIQUE DES NOTATIONS ALCHIMIQUES 


A 


᾿Αγαριχόν : VII, 13. 
"Ayryshos : VI, το. 
ἼΛγχουσα : II, 18, 20. 
— λαδιχίνη : IL, 18; 
N°0: 
Acp : VII, 25. 
’Añp : V, 4. 
Αἰθάλαι: III, 13; VI, 
19; VIII, 10. 
— οὐρανοῦ : III, τ; 
Ὗ: : 26. 
᾿Αἰθάλη λευχὴ : V, 15. 
Αἰθάληται : VI, 2. 
Αἰἱματήτης : VIII, 4. 
᾿Αχάζεα : VII, 17. 
᾿Αχτί :. ΤΙ, 26. 
Αλας: ΤΠ 15; IV, 
225 ὙΠ 22 VIII, 
18. 
— χοινὸν : IT, 16; 
ἘΝ. 25: 
᾿Αμμονιαχόν.: II, 17; 
IV, 23. 
᾿Αλόη : VI, 25. 
ἼΆμηλον : VII 15. 
"Aprap : VII, 17. 
᾿Αμῶ : VII, 14. 
᾿Ανάχεφαλον : VI, 24. 
ἸΆνθρωπος : VII, 21. 
*Avos : VII, 5. 
᾿Ανθράχια : VIII, 25. 
᾿Αξούγγην : VII, 18. 
᾿Αντίδοτον : VI, 1. 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


VI, 
(Voir θεῖον.) 


"Arupoy : 17. 


Apyvpos, ἀργύρου : I, 


τς LV A4VIIT, 


— χεχαυμένος: I, 13; 


IV, 8. 


’ 


— πέταλα : 1, 11. 
: È 


ῃ , Ξ 
ρίνημα, ρινισμα : 


ΠΥ Τὸ: 


— χρυσόχολλα : I, 
HAN TVR 

ἸΆρην : VI, 20. 

ZAGne Al 5; Ver 

᾿Αριθμὸς : III, 14; 
ML 3. 

ἴλρχος : VII, 21. 

᾿Αρσένιχον, ἀρσενίχην : 
DÉCRET A CE 
ΝΠ E7, 260, 
21: 

ἸΑρωαρ: VI, 26. 

᾿Ασῦεστος: 11,25; Π|, 
14:1Ν,24; Ν, 7. 

ἼΑσημος : VII, 10. 

᾿Αστερίτης : V, 4. 

᾿Αφροδίτη: 1.6; V, 17. 


27; 


᾿Αφροσέληνον ΩΣ: 


ΠΥ τον; 


10. 


B 


Βόλόθιτα : 
25: 


INT ον, 


Βοτάνη : LI, 6; V, 
25; VI, 10; VII, 1. 

Βοτάριον : III, 4; V, | 
25: 

VII, 21. 

Βρόμιος : VIII, 2. 


Βριχύνιον : 


IF 


Γαλαγχά : VII, 17. 
Hop ΝΠ στ. 
Γαστῆρ : VI, 24. 
ἘΣ ΠΣ ΝΠ 10, 
(Voir les métaux.) 
Γραμμάριον : V, 9: 
VID Erre 
Γράφε : VI, 8. 
Γραφεῖον : VI, 8. 


A 


Δαίμονος : VI, 10. 

Δηνάριον : VIII, 16. 
Διάργυρος : VI, 22. 
SVP 


ξ 
Δραγμὴ 


Apæyun:V, 5; VIII, | 


14. 
Δραχοντία : VIII, 3. 
Δριμύτου : VI, 5. 
Δύσις : V, 8. 


E 


*Excoy : VII, 


Voir χίχινον et 


18. 


ΕΣ 
ῥαφάνινον.) 


᾿Ελύδριον : 11,4; IV, 
25. 

Ἐν τῷ : VII, τι. 

᾿Ἐπιθύμιον : VII, 14. 

Ἑρμῆς, : 1. 7} N, 13, 
19e 

*Eou : VII, 2. 

Εὐζωήν : VIIL, 25. 

Εὐὔζωμον : VII, r. 

Ἔψημα : VII, το. 


Z 


Ζεύς: 1,4... Ν,12,16. 
Ζιζινάζη : NI, 23. 


Ζύμη : V, 9. 
H 


*Hyouy : VI, 15. 
Ἤλεχτρος, ἤλεχτρον 
πον τ; 
165 AVI 12. 
“ἬΙΟΣ Ξ IN 
Ἡμέραι: 11,0; IV,27. 
ἩΗμερονυχθήμερα : IT, 
10; ἥμερόνυχτον : 
ἌΝ 
Ἥμιση 
VIII, 8. 
Ἣν: ΝΗ, 2: 
Ηπαρ(ὕπαρ) : VI, 24. 


19 


Θ 


Θάλασσα : V,3; VI, 
8. 


124 


Θαλάσσια ὕδατα : II, 
5: IV, 26: VI, 7. 
Θεῖα : 1,25; IV, 18. 
Θεῖον : 
VII, 
7.5 8. 


— τ(ἀθιζτον : 1.20 : 


VIII, 


10; 


IV, M0; πο 8 
— ἄπυρον ; 1, 24 ; 
INSEE 
Θέρμος : VIII, 17. 

Θυμίαμα : VII, 5. 


Θυμίασον : VI, 0. 


I 


“Ἱερατιχὸν : VI, 0, 17. 
Ἰὸς : VI, τι. (Voir 
les métaux.) 
VI, 8. 


"px θάλασσα : 
K 


ἹΚαδμία, χαθμία : II, 
NT: IN, 22% VI 
ASIE 17: 

ζαμφωρά : VI, 20; 


VII, 24. 


ἹΚάρδαμον : VII, 18. 


Kapôla:VI,24; VIII, 
29: 

ἹΚαριόφυλον VII. 
16. 


ἹΚαρπὸς : VII, 25. 
Kapôzioy πέταλον 
V4 


Ἰζασσίτερος, χασσιτέ-- 


ici, 15; IV, 15: 


ΤΠ 55. NP OI 


INTRODUCTION 


— χεχαυμένος 1, 18; 
IV, εἰς: 
— πέταλα : 
IV, 16. 
— δίνημα, ῥίνισμα: 
I, 16; IV, 16. 
ἹΚεχαυμένος : VIII, 

19. (Voir les mé- 
taux.) 
ἹΚέρας : VIII, 8. 
Κερὴν : VII, 20. 
VII, 26. 
K£zivoy ἔλαιον : IT, 4; 
IV, 20. 
Ἰζιχλάμινον : VI, 21, 
Ἱζιμωλία : V, 5. 
ἹΚιννάδαρις : II, 13; 
NPA Eee 
Ἰζλαυδιανόν : 11. 12; 
MER 


ΞΡ Σ 
ἹΚνάμμον : 


ἸΚΧιχίδιον : 


VI, 20. 
ἸΚνίχανθον : IIT, 10; 
AVI te 
Ky!205 : 
Κνίδι : 
Ἰζοινόν : VI, 14, 16. 
Ἰζολοχήνθη : VIT, 14. 
Kopapoy : V, 6. 
ἹΚόραλος : VI, 12. 
Kozÿkn : VIIL, 15. 
ἹΚουχουμάριον : VII, 
24. 
Koyanäpuov : VIII, 
15. 
κοχλίας : Ἅ1Π: τις 
ἹΚρίνεα : VIII, 20. 
Ko0z0 : ΠΝ, 
8,18; VI,25; VII, 


17e 


| ΔΛυμνία : VIIT, 


Kpdvos : v. χρόνος. 
Ἰζύαθος : VIII, 11. 
Kôauos : VIII, 17- 
ἸΚυανὸν : II, 28; V, 
24. 
Κύθρα : III, 9. 
ἘΠ τ; 


ἹκΚώμαρις 

VI, 2. 
A 

Λαῤδὼν : II, 31; W, 
24. 

Λάδανον : VII, 15. 

Aodrrvn : IL, 18; V, 
20. 

Λάρηγξ : VI, 25. 

Noyon 55» ἣν 

Λείωσον: VI, 18,22, 
27: 

Λεπίδες : NII, 6; 
VIII, 22. 

ITA AVE 


x 


Λευχὰ : 
DB: 
Λευχὴ αἰθάλη : V,15. 
Λευχὴν παγεῖσαν : I, 

21; IV, 18. 
ἈΠ: 
NI 227 
Λιθάργυρος : I, 23; 
ΠΝ τὰ, 18. Ve 
73 NI, 13; VNIIT, 
20. 
INT 1, ὃ: 
55: YA RUSSE 


Λευχὸν : 


" à 
AlGavoy : 


IV. 


|| Δόγος : VI, 12- 


Aovtpéy : VIT, 


0 τ 


Λύτρα, λίτρα : III, 
14; VI, 14; VIII, 


9- 
Λωπὰς 29004: 111,0. 


M 


Μαγνησία : 11, 13; 
IV 2 ΝῊ Σ 

NAT, Ὁ» 

ΕΠ 59: 

VII, 26. 

Μαστίχη : VI, 23. 


Μαχρὸν : 


Mava : 


Μεριχὸν : VIII, 7. 
Mépot (μέρη): VIIL, 0. 
Μέρος : VIIX, 19. 
Mika : VII, 8. 
Mixov : VII, 23. 
Mio: : VII 22. 
Μίσυ :11.2ο V,21; 
VIII, 19. 
My: : V,8; VI,14, 
16. 
MoXéov : VII, 20. 
Μύλιρδος, μολίοδου : 
ΠΤ 5: 26; ΤΣ Σ 
V,11; VI,4; VII, 
6; VIII, 5. 


— ἢ ΕἾ τον IV: 


192 
-χεχαυμένος : 1, IDE 
IV, 14. 
— ῥίνημα, ρίνισμα : 
125 τὸν: 
— Sôwp : V, 15. 
Μολιθδόχαλχος : dE 
11: ν 019: 0V 22e 
Μόμιον : VIT, 18. 


NII, 16. 
Μοσχοχάριδον : VII, 
16. 
Μουρρά 


Μόσχος: 


: VIII, 24 
Μουχίον : VIIT, 26. 
Μπόύσιρις : VI, 7. 

VIII, 4. 
VI, 10 


Μυρσήνη : 


Μυστήριον : 
N 


: VII, 8. 
MIT 4 
RE ΙΝ Ν, 
se 18. 
teov : II, 5; IV, 
20; ne ΣΤ; 
ὙΠ: 
Νούμμενος: VIII, 13. 
ΝΝύχτες : 11,0; IV, 27. 


Νάρδος : 


ἡερὸν 


- 
= 
en 


ΞΞανθὴν παγεῖσαν : I, 
22; ΓΝ 18: 

ΞΞανθὸν : 11,24; III, 

qe 

VAE 
VIT 5: 

Ξηρόν : VI, 18; VII, 
8; VIII, 2 

Ξυλαλόη : VIIL, 1 


ŒEotne : 


O 


O6oXcs : VIII, 11 
12,135 ΤῊΣ 

Οἶνον : VII, 19. 

Oivos ἀμηνέος : 


IVS #0 


| ‘Ok 


Ὁμοῦ : 


᾽ν, 


ΠΕ 5] 


NOTATIONS ALCHIMIQUES 


Ὀλίγον : VI, 14. 
: VIII, 14. 
"Ouéprx : II, 6; IV. 
26. 

ΥΙ, 9, τῦ, 
ΕΠ τ8: 
TITI ΝΣ 9, 
25: ΝΠ] M5 UTC 
AUS 


+ 
ξος : 


᾽Οποπάναχος 
10. 
’Oxôs συχῆς : V, 6. 
Ὀρίχαλχος : 1, 20. 
ὌὈρνιθία : VIII, 26. 
Ὄρνις : VIL, 4. 
Ὄστραχον : VI, 15. 
ὍὌστραχον ὠῶν : II, 
275207 
VIII, το. 
Οὐρανός: VI, 1, VII, 
10. 
Οὐρανοῦ αἰθάλη : III, 
ἽΝ 26: 
Οὔρον: V, 8. 
Ὄφθαλμος : II, 25; 
ν- 25; 11. Ὁ. 


Οὐγγία : 


un 


Il 


ΠΠαγεῖσαν λευχὴν : 1, 


IV, 18. 

VII, 3. 
Πεπέρεως : VI, 26. 
NI 

ITép : VIII, 24. 
ΜΠ ΣΣ 


Παρὰ: 


ept 


Περσῶν : 


πέταλα : Il, 11; V, | 


6; VI, 17. (Voir 
les métaux.) 


OK 


VIII, 2 
Πετάστης : VII, 6. 
Πιχτῇ (πηχτή) : VII, 


22. 


ET VOD : 


| 


ΠΠοθηνὸς : VIII, 27. 
Iofc : VI, 13 
ILo!no:s : VI, 13. 
ΠΠολυπόδιον VII, 
ΤῊ": ΝΠ]. 25: 
ΠΠομφόλυξ : VIII, 1. 
Ποταμὸς : II, 1; V, | 
255 ΝΥ ΤΙΣ 7- 
στε : VII, 22: 
τ Ξ ΉΠΠ 
Πύριθρον : VI, 26. 
en : I,10; IV, 
22:INIII, 9, 21- 
Πυρόεις : I, 5. 


Β 


“Ῥαφάνινον ἔλαιον : IT, 
35 ΤᾺ 90: 

Péov ΤΠ 1. 

a : VII, 8. 

“Ῥίνημα, ῥίνισμα : VI, 
19.(Voir les mé- | 
taux.) | 

“Poëcotauo : VIII, 2. 


Ῥοῦ: VIII, 2. 


τὶ 


| Σανδαράχη : II, το; 


Ver: 20: ΠῚ; 


2 


D 


Σαντάλην : VIII, r. | 
VII, 26. 


Ι. 2; ὙΠ} 


το τ 
Σάχαρ: 
Σελήνη : 


12. 


| Στατῆρ 


125 


: VI, 25. 


Σεληνόσπερμα : VII, 


Σεληνίδιον 


20. 
: VIII, 24. 
M2 
Σήριχον, σίριχον : IT, 
17: IN ΣΟ ΤΟΣ: 
VII, 12, 20. 
Eñbov; II, 3: V,25. 
Σιδηρέως : VI, 7. 
σιδήρου 
ΛΑ ΠΡ 
; VI,20; VIII, 


᾽ 
22 


L 
Σεμνόν 


Sr LORS 
Σημεῖον : 


Σίδηρος, 


DST: 


17 
D; 


- 
& 
ὧν Ὁ 


— ῥίνισμα, ῥίνημα : 
1.253 Ν5.25 
Σινωπὶς ποντιχὴ : 
26; IV, 2 
VII, 13 

Σμήριος VIII, 24. 
VI, 


IT, 


Σχαμογία : 


Σμιρνομέλανος : 
7. 
VIT 
NIL, τς. 
VI, 21; 
VIII, 20. 
VIN τάδε 
AVI 2re 
ne 
32525 NII, 
20. 
Στίλρων : 


— χοπτιχὸν 


Σμύρνη: 
Σμύρτον : 


Σπέρματα: 


Στάχης 


Στήμη, στίμμι : 
Στήμη, στίμμι : 


Ie 

Vi; 10. 

Στρογγίλον : VIL, 0; 
VIII, 20. 


126 


Στρῶμα : VII, 25 

Σιτυπτηρία σχιστή 
ΠΠ 6: Τὺ 2ῚῈ 

— στρογγύλη : Il, 
τ NP I21 

Σύνθεμα, σύνθημα : 


III, 17; MI, 18 


Σχιστὸν : MI, 17. 
Σφόδρα : VII, 1 
ὥρι : 11,21: V,21. 


LA 


a 


Τέλειον : VIII, 23. 
Τέταρτος : VIII, 10 
14. 

Ltavos : II, 25; IN, 
235 VII, 25: 
Τουρμὸν : VII, 13. 
gets : VIII, 15. 
Τριθλίος : VITRE: 


Ὑδράργυρος : 1, 19; 
IN EVENE τ5: 
NI, το VIII, 6, 
8. 

— ἀρσενίχου : VI, 4. 

bp UT, 7 IVe 
26; VII, 5; VIII, 
6, 8. 


INTRODUCTION 


— θαλάσσης : VI, 7. 
— μολίόδου : V,1 Ga 


ἘΞ δετοῦ : ΝῚ, 5. 
Ὕαλος : N, 24: 
"Y'eXos : I], 20: 
Ὕετοῦ (ὕδωρ-) : VI 

δ: 
τὸς : VIT, 2. 


SN fr σχίαμος Ξ VII, 23. 


Φ 


Φαέθων : 1. 4. 


Φαίνων Ἰζρόνος : 1,3. 


Φησὶν : VIL ὃ 
Pod ; VII, 21. 
Ppuris : VII, 7. 
Φύλον : VII, 2 
Φωσφόύρος : I, 6. 


X 


Χαλθάνην : VII, 14. 
Χάλχανθος : Il, 1; 
INSEE ΝῊ .5.: 


VIII, 10, 22. 
Χαλχίον : V, 3. 


Χαλχίτης : II, 2: IV, 


255 ὙΠ: Τὴ. 


Χαλχός, χαλχοῦ : I, 
δ. INS T2 Ve 
18, τ. ΝΜ, 2,16; 
NII, 6; VIIL, 6, 


15. 


Χαλχῶν : VIIL, 16. 


il, LS UTVe 
10. 

— tds : I, το; IV, 
TS VIT, 0115 

— χεχαυμένος : I,18; 
INPaTre 

— χύπριος : I, 14; 
IV, 9. 

ΞΟ πέταλα 0 IE 7e 
IV, το. « 

— ῥίνημα, ῥίνισμα : 
1165 AVS Oo: 
Χαραχτήρισμα : VI, 

10. 


Xaprns : VI, 0. 


Χερσεῖος : VII, τι. 
Xnvaptoy : VIII, 26. 
Χλορὸν : VIII, 7. 
Xowtn : VI, 21; 
NIII, 13. 
Χοιρέου : VIII, 27. 
Χρόνος = 16738 IVe 


19% VOTE ΝΟ 


VIT το NUITS 


Χρυσήλεχτρον : I, 
5. 

Χρυσός, χρυσοῦ : 1, 
MENÉS AVE ITSE 
ΝΘ; ΠΟ Mir, 
Ὁ ΝΠΙ 5: 

— ds: VI, τὸ 

— χεχαυμένος : 1,4; 
IV, 6. 

— μάλαγμα : I, 7; 


IV, 6. 


ΞΞ πέταλα : ἢ; 3; 
ἘΝ; 5: 

--ῥίνημα ου ῥίνισμα: 
ΤΙΣΙΝ, 4: 

Χρυσόχολλα : I, 6; 
IV, 6 

Χύθρα: III, 9; VI, 1. 


Χυλὸς : III, 16; VI, 


3; VIII, 8. 
Χυμὴ : VIII, 12. 
Χειμός (χυμὸς): VIII, 

19. 

Χωλὴ, χολὴ : III, 15; 


VI, 3; VIIL, 18. 


Χῶμα : VII, 7. 


Χώνη: III, 8; VI, 1. 
Xwvevsov : VIII, 9. 


Ἂν 


Wruvltov . II, 23; 


V, 22; VIII, 20. 


Q 


ὭΣ ΠῚ 26:23: 
Q6v : V, 8. 


ἜΝ ἢ 50; 


ἣν; 
᾿Ὠχυανός : VIII, ο- 
Ὧραι: ἘΠ 9; IV, 27. 
τὰν ὙΠ SA 20; 

Lie II 

de ENVI 2 
"Qypa:Il,15;V, 19. 


si... co cn ct συν 


Le RÉ Éd. 


FIGURES D'APPAREILS 127 


V. — FIGURES D’APPAREILS 


ET AUTRES OBJETS 


Les manuscrits alchimiques renferment un certain nombre de figures 
d'appareils et autres objets, destinés à faire comprendre les descriptions du 
texte. Ces figures offrent un grand intérêt. Quelques-unes ont varié d’ailleurs 
dans la suite des temps; sans doute parce que les expérimentateurs qui se 
servaient de ces traités en ont modifié les figures, suivant leurs pratiques 
actuelles. Le tout forme, avec les figures de fourneaux et appareils d’une 
époque plus récente, tels qu’ils sont reproduits dans la Bibliotheca Che- 
mica de Manget, un ensemble très important pour l’histoire de la Chimie. 
Je me bornerai à étudier les plus vieux de ces appareils ; car ce serait sortir 
du sujet de la présente publication que d’en discuter la suite et la filiation 
jusqu'aux temps modernes ; il serait d’ailleurs nécessaire de rechercher les 
intermédiaires chez les Arabes et les auteurs latins du moyen âge. 

Les figures symboliques mériteraient à cet égard une attention particu- 
lière, par leur corrélation avec certains textes de Zosime, dans son traité 
sur la vertu, etc. Je citerai, par exemple, de très beaux dessins coloriés, 
contenus dans le manuscrit latin 7147 de la Bibliothèque nationale de 
Paris, représentant les métaux et les divers corps, sous l’image d'hommes 
et de rois, renfermés au sein des fioles où se passent les opérations (fol. 80, 
81 et suivants). Dans la Bibl. Chemica de Manget, on voit aussi des figures 
du même genre (t. I, p. 938, pl. 2, 8, 11, 13, etc; Genève, 1702). Il y alà 
une tradition mystique, qui remonte très haut et sans doute jusqu’au 
symbolisme des vieilles divinités planétaires. 

Mais ce côté du sujet est moins intéressant pour notre science chimique 
que la connaissance positive des appareils eux-mêmes. En ce qui touche 
ceux-ci, je ne veux pas sortir aujourd’hui de l'étude des alchimistes grecs. 
J’ai relevé tous les dessins qui se trouvent dans le manuscrit de Saint-Marc 


(αι siècle), dans le manuscrit 2325 de la Bibliothèque nationale (xmi° siècle), 


128 INTRODUCTION 


et dans le manuscrit 2327 (xve siècle), ainsi que dans les manuscrits 2249, 
22502252, 2275, 2320, enfin dansles deux manuscrits alchimiques grecs de 
Leide et dans le manuscrit grec principal du Vatican. J’ai fait exécuter des 
photogravures de ceux de Paris et de celui de Venise, afin d'éviter toute 
incertitude d'interprétation. Ce sont ces figures qui vont être transcrites 
ici : on y renverra dans l’occasion, lors de l'impression des textes cor- 


respondants. 


Figures du manuscrit de Saint-Marc. 


Je donnerai d’abord les figures les plus anciennes, celles du manuscrit 
de Saint-Marc, savoir : 

La Chrysopée de Cléopâtre, formée de plusieurs parties corrélatives 
les unes des autres, les unes d’ordre pratique et les autres d'ordre mys- 
tique ou magiques : c'est la figure 11. 

La figure 12 en est l’imitation grossière (partielle), tirée du manuscrit 
2325, et la figure 13, tirée du manuscrit 2327, dérive du même type, 
avec des variantes considérables et caractéristiques. 

Les figures 14 et 14 bis reproduisent l’alambic à deux récipients (dibicos), 
déjà dessiné dans les précédentes, mais avec diverses variantes. 

La figure 15 est celle de l’alambic à trois récipients (#ribicos). 

La figure 16 représente un appareil distillatoire, sans dôme ou condensa- 
teur supérieur, et muni d’un seul récipient. 

La figure 17 est celle du tribicos, d’après le manuscrit 2325. 

La figure 18 a l’apparence d’une chaudière distillatoire. 

La figure 19, à peine ébauchée, semble le chapiteau d’un appareil ana- 
logue. 

Les figures 20 et 21 sont des appareils à digestion, en forme de 
cylindres. 

La figure 22 est un bain-marie à kérotakis (palette pour amollir les 
métaux). 

La figure 23 en est la reproduction, d’après le manuscrit 2325. 


La figure 24 est un autre bain-marie à kérotakis. 


FIGURES D'APPAREILS 129 


Les figures 25, 26, 27 reproduisent des variantes et détails des appa- 
reils précédents. 

Le manuscrit de Saint-Marc ne renferme pas seulement des figures 
d'appareils, mais aussi divers dessins mystiques ou magiques, comme la 
Chrysopée de Cléopâtre en a déjà fourni l’exemple : je les ai fait également 
reproduire. 

Ce sont : 

Fig. 28 : la formule de l’écrevisse (ou du scorpion), qui semble résumer 
une transmutation. 

Fig. 29 : deux alphabets magiques ou cryptographiques. 

Fig. 30 : le Labyrinthe de Salomon, d’une écriture plus moderne. 

Fig. 31 : un symbole en forme de cœur renversé, contenant le signe de 
l'or, du mercure, etc. 

La plupart de ces figures du manuscrit de Saint-Marc ont été recopiées 
dans le manuscrit 2240 de la Bibliothèque Nationale de Paris; dans le Voss, 
de Leïde, dans le principal manuscrit du Vatican et dans divers autres; 
quelques-unes ont été imitées d’après les manuscrits 2240 et autres, dans 
l’histoire de la Chimie de Hæfer et dans les Beiträge de H. Kopp. Il 
m'a paru intéressant d’en donner les types originaux et complets, tels qu'ils 
ont été dessinés à la fin du x° ou au commencement du xi° siècle, sans nul 
doute d’après une tradition beaucoup plus vieille ; car ils répondent exac- 
tement aux descriptions de Zosime, de Synésius et d’'Olympiodore l’alchi- 
miste. Je les rassemblerai donc tous ici, bien que certains d’entre eux 
s'appliquent à des traités qui paraîtront seulement dans les livraisons sui- 
vantes : remarque appliquable aussi aux figures tirées des manuscrits 2325 


et 2327, dont il va être question. 


Le manuscrit 2327, en effet, a été écrit en 1478, quatre ou cinq siècles. 


après le manuscrit de Saint-Marc; les figures des mêmes appareils y repa- 
raissent, mais profondément modifiées ; elles ne répondent plus exactement 
au texte, mais sans doute à des pratiques postérieures. 

Le manuscrit 2325 (χη siècle) reproduit au contraire les formes des 
appareils du manuscrit de Saint-Marc, quoique avec des variantes. impor- 
tantes. 


17° 


130 INTRODUCTION 


Figures du manuscrit 2327. 


Dans le manuscrit 2327, on trouve, outre la figure 13 déjà présentée, 
deux grandes figures du serpent Ouroboros, variantes développées de 
celle de la Chrysopée de Cléopâtre. Il suffira d’en donner une seule : 
c'est la figure 34. 

La figure 35 reproduit le signe d'Hermès, grossièrement dessiné, d’après 
le même manuscrit. 

La figure 36 est celle de quatre images géométriques, d’après les manu- 
scrits 2325 et 2327. 

La figure 32 est un dessin mystique, tiré du manuscrit 2327. 

La figure 33, tirée du manuscrit 2325, reproduit le même dessin. Ce 
dessin singulier semble une variante du symbole cordiforme de la 
figure 31. 

Les figures qui suivent représentent des appareils; elles sont tirées des 
manuscrits 2325 et 2327, mais dessinées d'une façon bien plus grossière que 
dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Ainsi la figure 37 comprend l’alambic à trois récipients (tribicos de la 
fig. 17); plus un alambic à un seul récipient, et des vases à digestion. 

La figure 38 reproduit quelques variantes de la précédente. 

La figure 39 est tirée du manuscrit Ru. 6 de Leïde : c’est un vase à 
digestion et à sublimation, correspondant à l’un de ceux des figures 37et38. 

La figure 40, tirée de la Bibliotheca Chemica de Manget, est l’aludel décrit 
dans Geber; instrument qui répond de très près aux figures 38 et 39 et en 
donne l'interprétation. 

La figure 41 représente un petit alambic, tiré du manuscrit 2327. 

La figure 42, l'alambic de Synésius, d’après le même manuscrit. 

La figure 43, le même alambic de Synésius, d’après le manuscrit 2325. 

La figure 44 est une simple fiole (2325). 

La figure 45, un alambic avec appendice à 6 pointes (2327). 


FIGURES D APPAREILS 131 


Figures du manuscrit 2325 


Enumérons spécialement les figures du manuscrit 2325, figures dont 
plusieurs viennent d’être transcrites. On y trouve : 

L’alambic de Synésius, qui forme la figure 43. 

Le dessin mystique de la 3° leçon de Stéphanus (fol. 46, verso ; repré- 
senté figure 33; 

On y voit aussi les quatre dessins géométriques (fol. 3) de la figure 36; 

Ainsi que (fol. 83) la formule de l'Écrevisse de la figure 28. 

Puis vient un alambic à une pointe, avec deux petits appareils à fixa- 
tion (1), dessinés dans la figure 12, qui répond à la figure 11 de Saint-Marc. 

Citons aussi le tribicos, dont nous avons reproduit les variantes (fig 17, 37 
et 38): le tout répond à la figure 13; 

Quant à l’appareil distillatoire de la figure 16, qui se trouve aussi dans 


le manuscrit 2325, il nous a paru inutile de le reproduire. 


Nous avons donné, toujours d’après le manuscrit 2325, un appareil à 
digestion, sphérique et à kérotakis (fig. 23); qui répond à la figure 22 


\ ] 223 


tirée de Saint-Marc. 


Telle est l’énumération des figures différentes qui sont dessinées dans les 
manuscrits fondamentaux. J’ai cru devoir les reproduire toutes, afin de 
fournir un fondement solide à la double étude technique et historique 


des appareils et des opérations décrits dans les textes. 


Je vais transcrire maintenant ces figures, en accompagnant chacune 
d’elles de commentaires et de renseignements spéciaux. 

Figure 11. —Elleest reproduite en photogravure, d’après le manuscrit de 
Saint-Marc {fol. 188, verso), avec une réduction d’un cinquième environ. 


Elle porte le titre de Chrysopée de Cléopâtre, Ἰζλεοπάτρης Χρυσοποιία. 


(x) Opération qui avait pour but de métaux volatils ; enfin de communiquer 
durcir les métaux mous, de solidifier aux métaux imparfaits une teinture 
les métaux liquides, de rendre fixes les stable (Ποὺ d’or ou d’argent. 


132 INTRODUCTION 


EX ÉOTTATEHE XP NIOMNIIL 


Ficure τι. — Chrysopée de Cléopâtre. 


FIGURES D'APPAREILS 133 


Commentons les diverses portions de cette grande figure : 

1° Au-dessous du titre se trouve un premier dessin, formé de trois cercles 
concentriques. Au centre des cercles, les signes de l’or, de l'argent {avec 
un petit appendice) et du mercure. 

Dans l’anneau intérieur : Εἷς ἐστιν ὁ ὄφις ὁ ἔχων τὸν ἰὸν μετὰ δύο συνθέματα : 
« le serpent est un, celui qui a le venin, après les deux emblèmes. » 


, PENSE = 
LS AUTO TO πᾶν 


Dans l’anneau extérieur Ἔν τὸ πᾶν χαὶ δι᾿ αὐτοῦ τὸ πᾶν χαὶ « 


χαὶ εἰ μὴ ἔχοι τὸ πᾶν οὐδέν ἐστιν τὸ πᾶν (1). 

« Unest le tout et par lui le tout et vers lui le tout; et siletoutne contient 
pas le tout, le tout n’est rien. » 

A droite, le cercle extérieur se prolonge par une sorte de queue, qui 
montre que ce système est la figuration du serpent mystique. 

20 Puis viennent divers appendices et signes d'apparence magique, 
situés à droite, dont la signification est inconnue. Cependant je serais porté 
à rapprocher le double cercle incomplet, muni de huit appendices supé- 
rieurs, du signe de l’Ecrevisse à huit pattes antérieures, dessiné figure 28; 
lequel est traduit par les mots : molybdochalque (alliage de plomb et de 
cuivre) brûlé, et argyrochalque {alliage de cuivre et d’argent) brûlé. Ces 
signes seraient alors les symboles chimiques d'une opération de trans- 
mutation du plomb en argent, de même que ceux de la figure 28. 

Au-dessous des grands cercles sont des signes répondant à des opérations 
chimiques, exécutées dans certains appareils que je vais énumérer. 

3° Tel est le petit dessin central, représentant un appareil pour fixer 
les métaux. Il est posé sur un bain-marie, muni de deux pieds recourbés 
et placé lui-même au-dessus d’un fourneau. Cet appareil est pourvu d’un 
tube central qui le surmonte, tube destiné sans doute au départ des gaz ou 
des vapeurs. Ce dessin est reproduit d’une facon plus précise, avec le mot 
πῆξις, sur le folio 220 du manuscrit 2327 (v. fig. 13, à droite). 

4° Le petit dessin, situé à gauche du précédent, représente un appareil 
analogue, avec un ballon supérieur, destiné à recevoir les vapeurs dégagées 
par la pointe du tube. Le tout répond à l’alambic de gauche de la figure 13. 


5° Les deux petits cercles, situés à droite et munis de trois appendices 


(1) ΟΕ OLyMPIoDoRE, texte grec, p. 84, lig. 13. 


134 INTRODUCTION 


rectilignes, semblent représenter des appareils avec leurs trépieds posés sur 
le feu ; tels que celui de gauche des figures 13 et 38. On pourrait en rappro- 
cher aussi le symbole du βοτάριον (fig. 5, 1. 4 et fig. 7, 1. 27), représentant un 
vase à digestion sur son fourneau, analogue au dessin situé à gauche et en 
bas de la figure 37 et au dessin situé à droite de la fig. 38. 

6° Le cercle inférieur, muni d’un point central, symbolise l’œuf philoso- 
phique (?), ou le cinabre (Voir fig. 4, PI. I, lig. 13, et la note de la page 122). 

7° Vers le bas à gauche, est figuré le serpent Ouroboros, avec l’axiome 
central : Ἔν τὸ ràv; le toutest un. 

8 Sur le côté droit du serpent, un grand alambic à deux pointes (dibicos), 
posésur son fourneau, lequel porte le mot: φῶτα, feux. Le récipient inférieur, 
ou chaudière, s’'appellekwräs, matras. Le récipientsupérieur, dôme ou chapi- 
teau, est la φιάλη, mot qui signifiait autrefois tasse ou coupe, mais qui a 
ici le sens plus moderne de fiole ou ballon renversé. 

Voici l’usage de cet alambic. La vapeur monte du matras, par un large 
tube, dans l’ouverture plus étroite du chapiteau ou ballon renversé ; elle s'y 
condense et s'échappe goutte à goutte, par deux tubes coniques et inclinés. 
A côté du tube gauche, se trouvent les mots ἀντίχειρος σολήν (sic) : tube 
du pouce, ou plutôt contre-tube ; attendu que le rôle de ce tube descendant 
est inverse du rôle du tube ascendant, qui joint le matras au chapiteau. 

La figure de la Chrysopée de Cléopâtre existe, sous le même titre et avec 
ses diverses portions essentielles, dans les manuscrits copiés directement 
sur celui de Saint-Marc ; elle en caractérise la filiation. 

Dans les manuscrits 2325, 2527 et dans leurs dérivés, le titre a disparu; 
mais la figure subsiste encore, moins belle et moins nette, avec les 
axiomes mystiques qui la caractérisent. Les annexes : alambic à une ou 
deux pointes, vases à fixation et trépied, y ont été aussi modifiés dans leur 
forme. Cependant le tout existe à la même place du texte, c’est-à-dire en 
tête des ouvrages de Zosime sur les instruments (2327, fol. 220 ; 2325, fol. 82). 

Figure 12.— Je donne ici le décalque des appareils représentés dans le 
manuscrit 2325 (fin du x siècle) : ces dessins sont bien plus grossiers. 

Je n’ai pas cru utile de reproduire la figure même des trois cercles concen- 
triques, qui sont à peu près pareils à ceux de la figure 11; mais je vais en 


indiquer les inscriptions, à cause des variantes. 


FIGURES D APPAREILS 135 


L’anneau ‘extérieur porte la même inscription, ἃ demi-effacée et avec 


> / 


a US ES 
οὐτοπανίχαϊο 


des suppressions : ἕν τὸ πᾶν δί αὐτοῦ τὸ) πᾶν χαὶ ἐν αὐτῷ τὸ πᾶν 


Dans l'anneau intérieur, on lit : εἷς ἐστὶν ὁ ὄφις ὁ ἔχων τὰ δύο συνθέματα nat 
τὸν ἰόν. 

Au centre, de droite à gauche, on voit les signes de l’or, de l’argent, du 
mercure, du plomb. Au-dessus, le cinabre (ou l’œuf philosophique), qui se 
trouvait en dehors des cercles dans la figure du manuscrit de St-Marc (69). 
Venons maintenant à la portion du dessin du manuscrit 2325 que j'ai repro- 


duite dans la figure 12 : 


Ὶ ] 


| 
Lt 


FIGURE 12. — Alambic et Vases à fixation 
(Décalque du Ms. 2325.) 

A gauche des cercles, on voit l’image grossière d’un alambic à une pointe, 
avec condensateur supérieur et matras inférieur, le tout de la même forme 
générale que la portion 8° de la figure du manuscrit de St-Marc. A côté, 
deux appareils à fixation, à pointe tournée vers le haut, lesquels sont évi- 
demment imités des portions 3° e t4° de la fig. 11. Il en est de même d’un 
dernier reste du petit cercle à 3 appendices ou trépied,coupé dans le manu- 
scrit 2325 par le relieur, mais qui se retrouve intact dans le manuscrit 
2275, lequel a toute cette figure. 

En effet, le manuscrit 2275 (daté de 1465) reproduit les cercles concentri- 
ques, l’alambic à une pointe, les deux vases, et le petit trépied, ‘pris avec 
des formes qui semblent fidèlement copiées sur le 2325,lequelest d’ailleurs 


beaucoupplusancien. 


136 INTRODUCTION 


Figure 13. — Elle reproduit les dessins analogues du manuscrit 2327, 
fol. 220 (xv* siècle;. Les inscriptions des cercles concentriques sont iden- 
tiques à celles du manuscrit 2325, sauf l’absence des symboles centraux. 

Par contre, au folio 80 du 2327, au début d’une autre copie du mêmeouvrage 
de Zosime, les cercles concentriques ont été supprimés, probablement faute 
de place, par le copiste; mais il a transcrit à l’encre rouge les axiomes 
mystiques, suivis des signes du plomb, de l'argent, du mercure et de l'or, 
surmontés par celui du cinabre {ou de l'œuf), exactement comme dans le 
manuscrit 2325. 

Au verso du fol. 80 (2327,) existent les dessins de l’alambic à une pointe, 
avec condensateur supérieur, φιάλη, et matras, λωπάς, conformes à la 
figure 11 et à la figure 13 mais mutilés par le relieur. Sur la même page, on 
voitencore un appareil à fixation métallique, semblable à celui de la figure 13. 


Il y a des inscriptions sur les divers appareils du folio 80, telles que πῆξις 


Ficure 13. — Cercle concentrique, Alambic et Vase à fixation (Ms. 2357). 


sur l'appareil à fixation; (χαμὴ) νιον, sur son fourneau et sur celui de Palam- 
bic: λωπάς, sur le matras de ce dernier; (91) ἄλη, deux fois répétés, sur son 
chapiteau. 

La forme même des appareils dans les manuscrits 2325 et 2327 offre des 
variantes intéressantes pour l’histoire de la Science et sur lesquelles je 


reviendrai bientôt; mais ici je veux seulement montrer la filiation des 


FIGURES D'APPAREILS 137 


figures. En tout cas, la copie 2325 répond à une tradition postérieure à 
celle du prototype de Saint-Marc, puisque le nom de la Chrysopée de 
Cléopâtre a disparu. 

On remarque que presque toutes les portions de la Chrysopée de 
Cléopâtre : cercles mystiques, serpent Ouroboros, alambics, appareils à 
fixation, trépieds, cinabre, se retrouvent, parfois même agrandis, dans les 
figures des manuscrits postérieurs. Une seule partie manque, ce sont les 
signes magiques. Peut-être doit-on en voir ia transformation dans la for- 
mule de l'Écrevisse, qui se trouve à la fin du même traité de Zosime et qui 
présente avec les signes magiques certaines analogies singulières. J’y revien- 
drai tout à l'heure. 

En tout cas, la Chrysopée peut être regardée comme le prototype, sans 
doute fort ancien, des dessins des appareils alchimiques. C'était un type 
antérieur à Zosime, dessiné sans doute dans les ouvrages perdus de Cléopâtre, 
cette femme savante (1), àlaquelle nous devons aussi un traité des poids et me- 
sures gréco-égyptiens venu jusqu'à nous. Ces ouvrages auraient été ensuite 
fondus dans ceux de ses continuateurs, tels que Zosime. Peut-être même la 
Chrysopée avait-elle constitué, à une époque plus ancienne encore, un 
tableau symbolique, complet ensoi, et que l’on développait par des explica- 
tions purement orales; à peu près comme une page d’aujourd’hui remplie 
par les symboles des réactions chimiques et des appareils correspondants. 


Si. cette conjecture est fondée, nous aurions ici la trace de divers états suc- 
cessifs de la science. 


Figures 14 et 14 bis. — Ce sont celles d'un alambic à deux pointes. Elles 
sont tirées du manuscrit de Saint-Marc, folio 193, verso. La forme générale 
est pareille à celle du même instrument dans la figure 11, sauf les 
variantes suivantes. Le tube qui joint le matras ou chapiteau est élargi en 
entonnoir à la partie supérieure; l'ajustement même des deux tubes coniques, 
par rapport à cet entonnoir, n’est pas clairement indiqué. Sous la pointe de 
chacun d'eux se trouve un petit ballon, pour recevoir les liquides distillés. 

Le matras inférieur s'appelle toujours λωπάς, avec addition des mots θείου 


ἀπύρου, matras du soufre apyre. Ces deux mots manquent dans la figure 11; 


(1) Origines de l'Alchimie. p. 173. 
18° 


138 INTRODUCTION 


asie opriedaus pre y 

Grey φεὺξ' 

ράτουλω, τοὺ 
dou 


maicroyiedaupoy | 

Era m1} Edo 

Eve p dre Ÿ Ace p 
ποὺ ήον ξ 


us rec faut ya cuit farduéyer 
Crraÿ'e πριν άσι CT, TE do 
Eae p d του op a 


Ficures 14 et 14bis, — Alambic à deux récipients (dibicos). 


Réduction aux 2/5. 


FIGURES D'APPAREILS 139 


à moins qu’ils n’y soient représentés par deux signes inconnus, situés au-des- 
sous de λωπάς. En tout cas, ils concordent avec la description du texte, dans 
lequel il est dit que l’on mettait du soufre dans le matras. 

Le tube ascendant porte les mots σωλὴν ὀστράχινος : tube de terre cuite. 
Le chapiteau ne s'appelle pas φιάλη, mais βῆχος, pour βίχος : amphore. 

Les deux petits ballons destinés à recevoir les liquides distillés s'appellent 
également βικίον et tous deux portent la légende : χείμενον ἐπάνω πλίνθου εἰς © 


ἢ 


pest τὸ ὕδωρ τοῦ θείου : c’est-à-dire « ballon placé au-dessus de la tablette 
rectangulaire, dans lequel s’écoule l’eau du soufre ». 

Ceci, joint à l'inscription de la Awräs, montre que cet alambic est destiné à 
la préparation de l’ « eau de soufre ». 

Cette figure est répétée deux fois dans le manuscrit de Saint-Marc, sauf 
que les mots βιχίον χείμενον sont remplacés par le pluriel βιχία χείμιενα, et le 
mot φῶτα par le mot χαύστρα : fourneau à combustion ; les mots τοῦ θείου 
manquent la seconde fois. 


Figure 15 (manuscrit de Saint-Marc, fol. 194, verso). — Cette figure est 


ENDe rt sw À Luw 


Ltaw peu 


FIGURE 15. — Alambic à trois récipients (/ribicos), 
Réduction aux 2/3. 


140 INTRODUCTION 


un alambic à trois récipients (βικία), ou tribicos. Le fourneau porte ici les deux 
mots superposés:x205702 (lieu de la combustion) et φῶτα (lieu de la flamme). 
Le matras s’appelle de même : λωπὰς θείου ἀπύρου. 

Enfin on distingue le tube ascendant, ou tube index, λιχανὸς σωλήν, 
c’est-à-dire tube direct du tube, descendant ou tube du pouce, ἀντίχειρος σωλήν, 
c'est-à-dire tube inverse (par sa direction). 

Cette figure se retrouve dans les manuscrits 2325 et 2327; dans le dernier 
avec modifications considérables : je les signalerai tout à l'heure. 

Figure 16.— Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 194 verso, au- 


dessous de la précédente), est un alambic à col de cuivre, χαλχίον, avec un seul 


ia u pa 


» / 


FiGure 16, — Appareil distillatoire. Réduction aux 2/3. 


tube, σωλήν. gros et fort, coudé à angle droit à sa partie supérieure et condui- 
sant la vapeur, dela λωπάς au petit ballon. 

Figure 17. — Les deux figures précédentes sont reproduites dans la même 
forme générale par le manuscrit 2325 (fol. 84), sauf quelques variantes; 


je donne seulement le tribicos. Il existe aussi dans le manuscrit 2275 


FIGURES D APPAREILS [41 


(fol. 57 verso). Les mêmes figures sont dessinées dans le manuscrit 2327; 


FiGure 17. — Tribicos. 
(Ms. 2325) Décalque. 
mais la forme en a été profondément modifiée et s’est rapprochée de celle 
des alambics de verre du siècle dernier, que l’on emploie encore quel- 
quefois aujourd’hui. Je transcrirai ces reproductions un peu plus loin 
(fig. 37 et 38). 
Figure 18.— Elle se trouve au folio τὸ du manuscrit de Saint-Marc, entre 


la première et la deuxième lecon de Stephanus ; elle est dessinée à l'encre 


FIGURE 18. — Chaudière distillatoire. 


rouge et contemporaine du texte. La signification en est difhcile à préciser 


142 INTRODUCTION 


avec certitude. Cependant il semble qu’il s'agisse d’une chaudière à tête 
élargie en forme de chapiteau, et destinée à distiller des liquides qui 
tombent dans un bassin hémisphérique appelé πόντος : la mer. Ce bassin 
est porté sur une sorte de fourneau, bain de sable, ou bain-marie. A côté 
se trouve un instrument inconnu; à moins qu'il ne s’agisse d’une forme un 
peu différente de bain de sable. Le texte même de Stephanus, soit à la fin 
de la première leçon, laquelle est purement déclamatoire et enthousiaste, 
soit au début de la deuxième leçon, lequel est relatif aux propriétés mys- 
tiques de l'Unité numérique; ce texte, dis-je, ne m'a paru fournir aucune 


lumière pour l'intelligence de cette figure. 
Figure 19.— Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. τοῦ verso), est 


FiGurE τὸ. — Ebauche d’alambic. 
Décalque. 


une ébauche à l’encre rouge, d’une écriture plus moderne; elle est en marge 
d'un article sur l’œufphilosophique, à côté des mots : τὸ δὲ (ici un mot gratté, 
ὠοῦ ἢ) τούτο ὠμὸν λέγουσιν. Il semble que ce soit le chapiteau d’un alambic. On 
donne cette figure pour ne rien omettre. 

Les alambics etappareils distillatoires, que nous venons d'étudier, se rat- 
tachent à la tradition de la Chrysopée de Cléopâtre, laquelle en contient les 
plus vieilles figures. Mais il est un autre ordre d'appareils, destinés ceux-ci 
au traitement des métaux par le mercure, le soufre, les sulfures d’arsenic ; 
appareils qui avaient été décrits spécialement par une autre femme, Marie 
l'Alchimiste, de préférence aux appareils distillatoires (manuscrit de Saint- 
Marc, fol. 186, avant-dernière ligne). Ce sont les appareils à kérotakis, 
c’est-à-dire à palette, avec leurs fourneaux. Ces appareils n’existent pas dans 
la Chrysopée et semblent plus modernes; ils ont joué un rôle fort impor- 
tant dans le développement historique des pratiques alchimiques. Le 
passage rappelé plus haut montre que le traité de Zosime sur les instru- 


ments et fourneaux, dont nous possédons des débris, embrassait, ainsi qu’il 


FIGURES D'APPAREILS 143 


arrive d'ordinaire dans les matières techniques, les traités antérieurs sur la 
même question, tels que ceux de Cléopâtre sur les alambics (v. p. 137) et 
ceux de Marie sur les appareils à kérotakis et leurs fourneaux. 

Voici les figures de ces derniers : 

Figures 20 et 2 1.— Cesfigures (manuscrit de Saint-Marc, folio 196 verso), 


représentent des vases à digestion cylindrique, en terre cuite(#y0s ὀστράχινον, 
\ 


vase de terre), placés sur le feu (φῶτα). 


NDS ὁ qpouttipé 


ar σ΄ 
Jupe 
K1y0op 


à © TO! 


FIGURES 20 et 21. — Vases à digestion cylindriques. — Réduction aux 2/3. 


Au-dessus du vase était posée une lame ou feuille métallique, κηροταχὶς, sur 


144 INTRODUCTION 


laquelle on faisait fondre les matières fusibles. La forme en était tantôt en 
parallélogramme et aplatie (fig. 22), avec les extrémités arrondies; tantôt 
triangulaire (fig. 24 bis). La χηροτανίς paraît n'être autre que la palette des 
peintres anciens (1), qui ÿ faisaient le mélange des couleurs, entr'elles et 
avec la cire ;ils maintenaient la palette à une douce chaleur, afin d’opérerle 
mélange, et aussi au moment de s’en servir. 

M Tai déjà insisté sur les analogies que l’on établissait alors (2) entre la 
teinture des métaux et celle des étoffes. Les quatre couleurs des peintres 
grecs, d'après Pline (ΗΠ. N. XXXV, 31), étaient le blanc, le noir, le jaune, 
le rouge. Ce sont précisément les quatre couleurs des premiers alchimistes, 
de Zosime par exemple (3). Ils cherchaient à enimprégner les métaux, en 
ramollissant ceux-ci. 

Le mot ceratio (ἐγχήρωσις), employé par les traducteurs latins de Geber 
et qui a eu cours pendant tout le moyen âge, exprime cette dernière opé- 
ration, imitée à la fois des pratiques des peintres anciens et de la fabrica- 
tion de certains médicaments (cérats). Elle s’effectuait à l'aide du mercure, 
du soufre et de l’arsenic (sulfuré), par une digestion lente et une chaleur 
modérée (4). 

Aux débuts, on opérait sur la palette des peintres (kérolakis); mais 1] 
fallut bientôt la pourvoir de deux appareils accessoires: l’un destiné à réchauf- 
ferles mixtures(bains-marie, bains de sable, de cendre ou analogues); l’autre, 
à condenser les vapeurs que l’on voulait retenir. C'était d’abord une coupe 
ou tasse (φιάλη) renversée, servant de couvercle (ἐπίπωμος), et dont la forme, 
modifiée graduellement est devenue le ballon où fiole actuelle : le mot grec 
lui-même a pris peu à peuce sens nouveau, dans les textes alchimiques. D'a- 
près certaines descriptions, il semble que la lame métallique n'ait pas seule- 
ment servi de support aux produits que l’on faisait réagir entre eux et sur les 
vapeurs sublimées d'en bas; mais cette lame éprouvait dans sa propre 
matière, la transformation produite par les fondants et par les vapeurs. 


Pendant l'emploi d'un appareil disposé comme il vient d’être dit, une 


(1) Du Cange. Glossarium mediæ et (3) Même ouvrage, p. 35, 182, 242. 
infimæ græcitatis. (4) Bibliotheca chemica de Manget, 
(2) Origines de l’Alchimie, p.242 à 246. t. 1, p. 540, dans le traité de Geber. 


FIGURES D'APPAREILS 145 


nouvelle circonstance se présenta nécessairement, La kérotakis n’obturait 
pas l’orifice du récipient inférieur. Elle avait même parfois une forme 
triangulaire, à en juger d’après le dessin reproduit par la figure 24 bis. Dans 
ces conditions, les matières fusibles déposées sur la kérotakis coulaient 
à côté et tombaient au-dessous : on fut amené ainsi à placer un récipient 
(ἄγγος ὀστράχινον), pour les recevoir et les empêcher d’arriver jusqu’au 
foyer. 

Il semble même que l’on ait cherché à ce moment à opérer une certaine 
séparation entre les matières solides, telles que métaux non ramollis, frag- 
ments divers, etc., et les matières liquéfiées ; on y parvenait, soit à l’aide 
d’un ballon percé de trous (fig. 21), soit à l’aide d’un crible (fig. 20). 

Les produits liquéfiés qui tombaient ainsi au fond se rapprochaïent sans 
cesse du foyer (φῶτα). La même chose pouvait arriver au mercure liquide, 
condensé à la partie supérieure etretombant ensuite par son poids, voire 
même au soufre et aux sulfures d’arsenic fondus et coulant sur les parois, si 
la chaleur était suffisante. Mais ces dernières substances, aussi bien que 
les corps qui déterminaient la liquéfaction des métaux (mercure, soufre, 
sulfures d’arsenic et autres), en atteignant le fond, éprouvaient un nouveau 
changement. En effet, les matières sublimables contenues parmi ces corps 
et substances, lorsqu’elles arrivaient vers le fond de l'appareil, se trouvaient 
portées à une température élevée; elles se vaporisaient alors et remontaient 
vers les parties supérieures. 

Le caractère rétrograde de cette opération, qui permettait aux vapeurs 
d’attaquer de nouveau le métalou la substance placée sur la kérotakis, paraît 
avoir frappé les opérateurs : de là sans doute le nom de χαρχίνος [écrevisse), 
c’est-à-dire appareil fonctionnant en sens rétrograde, donné à certains de ces 
appareils. De là aussi, ce semble, le signe de l'Écrevisse dans la formule de 
la figure 27, signe surmonté des mots : alliage de plomb et de cuivre brûlé; 
alliage d’argent et de cuivre brûlé. L'emploi de ces sublimations réitérées, 
pour blanchir le cuivre et pour amollir les métaux, c’est-à-dire per rem 
cerandam, est indiqué par les alchimistes du moyen-âge. 

Supprimons la kérotakis dans de semblables appareils et nous aurons 
l’'aludel, instrument de digestion et de sublimation décrit dans les œuvres 


de Geber et figuré dans la Bibliotheca Chemica de Manget (τ. I, planche 
19° 


146 INTRODUCTION 


répondant à la page 540). Les figures qui se trouvent dans ce dernier ouvrage 
tome I, au bas de la planche 5, p.938, en haut de la planche 6 à gauche, ainsi 
qu’au milieu de la planche 14, paraissent avoir une destination analogue. Je 
citerai encore les dessins qui se trouvent aux folios 179 verso, 180, 181, du 
vieux et beau manuscrit latin 7156, sur parchemin, de la Bibliothèque 
nationale de Paris. Dans le manuscrit latin de la même Bibliothèque 7162, 
folio 64, on voit la figure d’un bain de sable (arena). Dans le manuscritlatin 
7161 (fol. 58 et fol. 113 verso) existe la figure d’un appareil à digestion, sur 
son fourneau. Tous ces appareils correspondent à la suite d’une même tra- 
dition technique. 

Observons ici que les appareils cylindriques pourvus de la kérotakis n’ont 
été employés que par les plusanciens alchimistes. Ils sont figurés seulement 
dans le manuscrit de Saint-Marc et dans les copies qui en dérivent; mais 
ils n'existent ni dans le manuscrit 2325, ni dans le manuscrit 2275, ni dans 
le manuscrit 2327. 


Figure 22. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 195 verso) est 


FIGURE 22.— Bain-marie à kérotakis.— Réduit aux 2/3. 


aussi un appareil à digestion, appareil sphérique et porté sur trois pieds. 


Au-dessous de la kérotakis et des vases àcondensationsupérieurs, il y existe 


FIGURES D'APPAREILS 147 


un digesteur, distinct du foyer, et intermédiaire ; le tout fut désigné sous 
le nom de fourneau de Marie l’alchimiste (τὴ, prototype de notre bain- 
marie. 

Le digesteur dessiné sur cette même figure 22 est long d'une palme, comme 
l'indiquent les mots παλαιϊστιαῖον χαμίνιον. Il semble criblé de trous ; à moins 
qu'il ne s’agisse d’une ornementation superficielle. C'était là d'abord un 
bain de cendres, ou un bain de sable. Dans l’une des formules de dorure 
du Papyrus X de Leide, il est question aussi de l'emploi des cendres 
(formule 57, ce volume, p. 40). 

La palette des préparations, φαρμαχον χηροτάχης (sic), offre ici de grandes 
dimensions. Elle est chauffée seulement au milieu. 

Deux coupes inférieures, placées immédiatement sous la kérotakis, l’une 
grande et surmontant une coupe plus petite, reçoivent les matières fusi- 
bles. 

Les produits sublimés sont récoltés dans deux condensateurs supérieurs, 
concentriques et successifs. L’un est appelé φιάλη (coupe) ; l’autre χυμξάνη 
(tasse). 


Figure 23. — Cette figure, imitation de la précédente avec de légères 


FIGURE 23. — Bain-marie à kérotakis (Ms. 2525). 
D'après décaique. 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 171. 


148 INTRODUCTION 


variantes, est reproduite d'après le manuscrit 2325, folio 84 recto. Elle 
existe aussi dans le manuscrit 2275, folio 57 verso. 
Figure 24. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 196), est encore 


un appareil analogue aux précédents, sauf quelques variantes plus impor- 


tantes. 
La palette porte deux coupes inférieures vers ses extrémités. Dans la 


coupe supérieure (φιάλη), on lit le mot βάθος (cavité). 


FiGurE 24. — Autre bain-marie. — Réduction aux 2/3. 


Figure 24 bis. — Au-dessous, se trouve la kérotakis, ou palette triangulaire. 


FiGurE 24 his. — Kérotakis. — Réduction aux 2/3. 


C'est une seconde forme de cet instrument, distincte de celles qui sont 
représentées figures 22 et 25. 
Figure 25. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 112 en marge) 


représente une disposition différente de l’appareil à digestion sphérique. 


FIGURES D'APPAREILS 149 


Ce dessin et les deux suivants se trouvent à la fin de l’article : Τοῦ χρισ- 
τιανοῦ περὶ εὐσταθείας τοῦ χρυσοῦ, en marge; ils sont d’une écriture posté- 
rieure au texte courant et presque effacée. [15 paraissent répondre à une 
description d'appareils, qui forme le dernier paragraphe de cet article. 

A côté de la figure 25 se trouve le mot χάμινος ; au-dessous on lit, en 
caractères du xvi° siècle, une inscription devenue presque illisible, mais 


dont les lettres restées distinctes répondent sans nulle incertitude au texte 


Ἔ 


FIGURE 25. — Vase à kérotakis. — Décalque. 
Les inscriptions sont reproduites ici en caractères actuels, 
mais avec l'orthographe du manuscrit. — Réduction aux 2/3. 


» 


suivant : χαρχίνος ὃ ἐπὶ λευχώσεως " 


ἔμπροσθεν : c’est-à-dire 
« écrevisse pour le blanchiment ; l'explication se trouve au-dessus du texte 
précédent » (1). 


(ἡ Voir plus loin la formule de appliqué à un appareil chimique, voir 
l'Ecrevisse. — Sur le sens de ce mot p. 145. 


150 INTRODUCTION 


Ce texte précis est tiré du manuscrit 1174 du Vatican, où il accompagne 
deux dessins à peu près identiques aux figures 25 et 27; sa comparaison 
avec les lettres non effacées du manuscrit de Saint-Marc ne laisse aucun 
doute sur le sens des mots formés par ces dernières. 

Le même appareil est grossièrement dessiné dans le manuscrit 2275, 
folio 57 verso, avec une inscription similaire. Il existe également dans le 
manuscrit 2325 (fol. 84), avec la même inscription, laquelle se reconnaît 
encore, quoique effacée aux trois quarts. Enfin il existe dans un manuscrit 
grec de Leide. (Voss. in-4°, n° 47, fol. 55 verso). 

Le texte que je viens de transcrire semble indiquer un appareil destiné à 
une opération rétrograde, c’est-à-dire telle que les produits tombés au fond 
par fusion remontent par volatilisation à la partie supérieure. Il est pro- 
bable qu'il s’agit de la sublimation du mercure, ou de l’arsenic, destinés à 
blanchir le cuivre, en s’alliant à lui (p. 145). 

La légende intérieure de la figure 25 est plus lisible que l'inscription 
placée à côté; l'écriture semble également répondre au xvi° siècle, avec un 
iotacisme poussé à l'extrême : a1%Xt remplaçant φιάλη, xuporaxis remplaçant 
χηροταχίς; etc. 

Remarquons que ce dessin ressemble aux figures 22, 23 et 24, saufquelques 
variantes plus compliquées. Le système repose de même sur un vase à diges- 
tion. L'une des coupes supérieures est en terre : (ἄγγος) ὀστράχινον : c’est une 
grande coupe, désignée à l’intérieur sous le nom de ὀξιόάφιον (saucière). 


Figure 26. — Les deux condensateurs supérieurs des figures 25 et 27 


TEE. 
= 
\wrac 
FIGURE 26. — Récipients supérieurs des figures 25 et 27. 
Décalque., — Réduction aux 2/3. — Caractères actuels. 


sont dessinés à côté séparément, avec le mot λωπάς pour le plus grand, et 


un nom abrégé pour le plus petit, situé au-dessous. Ce mot semble être 


FIGURES D'APPAREILS 151 


fu” abréviation avec iotacisme, remplaçant #üyès, couvercle percé de 
trous. 

Figure 27.— Dans ce dessin il n'y a pas de vase à digestion et l’action 
du foyer s’exerce directement. Le motxvpcraxis est inscrit sur la portion ver- 
ticale du dessin, au-dessus du feu; mais il est probable que c’est faute de 
place pour l’inscrire sur la partie horizontale et supérieure. Cet appareil 
doit être rapproché des figures 20 et 21, c’est-à-dire des aludels, plutôt que 


des bains-marie des figures 22, 23, 24 et 25. 


FiGuRE 27. — Autre vase à kérotakis. 
Décalque — Réduction aux 2/3. 
Les inscriptions sont reproduites en caractères actuels. 


Les appareils 25, 26 et 27 n'existaient pas sur le manuscrit initial de 
Saint-Marc; ils ont été ajoutés plus tard, vers le xvi° siècle, sans doute, 
d’après un autre manuscrit comparable au 2325 (x° siècle, mais qui 
n'existe plus. 

Les dessins multipliés de ces appareils à χηροταχίς, dans les divers manus- 
crits, montrent que ces appareils ont été d’un usage étendu et prolongé. Ils 
représentent les premiers essais de bains-marie, bains de sable, et surtout 
bains de cendre, employés même aujourd’hui dans nos laboratoires pour 
les digestions. Mais c’étaient à l’origine des appareïls beaucoup plus com- 
pliqués et où s’opéraient à la fois certaines séparations de substances, par 
fusion et sublimation, et certaines réactions lentes des produits fondus ou 
sublimés, entre eux, ou sur d’autres matières placées dans les appareils. — Π 


est probablequ'il serait possible de retrouver d’autres traces de ces appareïls 


152 INTRODUCTION 


dans les pharmacopées du moyen âge; peut-être même existent-ils encore 
quelque part en Orient. Cependant il est digne de remarque qu’ils ont dis- 
paru dans le manuscrit 2327, pour faire place à des digesteurs d’une toute 
autre forme, sans doute inventés postérieurement, et que nous examinerons 
tout à l'heure. 

Nous avons donné toutes les figures relatives aux appareils du ma- 
nuscrit de Saint-Marc ; joignons-en quelques autres, d’un caractère 
différent. 

Figure 28. — Il s’agit d'abord de la formule de l'Ecrevisse, ou du Scor- 


(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (o) (ro) (11) (12) (13) 
ο ἵΞι 1 ϑ “ἢ . “ 
τ οφὺὶ RE I ες τῷ τ τ ούόμοη 
our μοι κα σίριοσ- 


FiGurE 28. — Formule dé l'Ecrevisse. — Réduction aux 2/3. 


pion, formule mystérieuse, qui était réputée contenir le secret de la trans- 
mutation. Elle se trouve (1) à la fin des Mémoires de Zosime (manuscrit 
de Saint-Marc, fol. 103). Son interprétation est donnée, en même temps 
que sa répétition, sur la première page de garde du manuscrit de Saint-Marc, 
dans un texte d'une autre écriture, plus moderne {xrv® siècle) que le reste. 
Le tout se trouve aussi dans le manuscrit de Leide, Voss., in-4°, n° 47, 
fol. 70. 

La première page de Saint-Marc débute par la description du traitement 
des scories, lequel paraît se rapporter au changement d’une scorie noire 
et métallique, telle que celle du plomb, en un composé blanc (carbonate 
ou sulfate), sous l'influence prolongée de l’eau et de l'air. La description, 
écrite dans un grec barbare, se termine par ces mots : « Ainsi a été accom- 
plie avec le secours de Dieu, la pratique de Justinien. » (Texte grec, 
11, 1v bis, appendice I). Puis viennent le nom de la tutie, ou oxyde de 
zinc impur, suivi par des mots magiques, analogues à ceux qui figurent 


dans les Papyrus de Leide, dans Jamblique et dans le manuscrit 2410. 


(1) Voir aussi manuscrits 2240, folio et répétition au verso; folio 220 verso. 
100 — 2325, folio 83 — 2327, folio 80 — Leide, Voss., n° 47, fol. 70. 


FIGURES D'APPAREILS 153 


Les voici: 


Τουτία. μαραζὴ. ασενχὴρ. αζὴ. ναπράτετ. μηρηχαντῆτ. χαντήτ-. μουχάναρ. 


>= 


x ΄ Σ . PUR 
πουμᾶὰν. ναιμαρῖχ. τεχμιηριζοχρὰ. ροσουχ. ταρὴτ. χηλσὶ. χησρ'. τζιάλπησιν. παρά. 


χολπαχσρὶ. 

ΤΙ semble que ce soient là des formules que l’on récitait au moment du 
traitement de la tutie, minerai de zinc {mêlé de plomb et de cuivre) employé 
dans l’opération de la diplosis, c'est-à-dire de la transmutation. En effet, à la 
suite, se trouve la formule de l’Ecrevisse, surmontée de mots qui en inter- 
prètent chacun des signes (1). J'ai numéroté les signes dans la figure, pour 
donner plus de clarté aux explications. 

Le premier signe {n° 1) se traduit (fig. 8, PI. VI, 1. 24) par σημεῖον ou 
σημείωσαι = notez : c’est un signe employé fréquemment à la marge des 
manuscrits, pour désigner un passage important. Au-dessus, ce signe est 
ici répété, avec le mot παΐ; c’est-à-dire : Attention! initié. 

Le second signe {n° 2) est traduit au-dessus par τὸ πᾶν; ce qui veut direla 
composition ou le mélange complet. Ce mot signifie aussi le molybdo- 
chalque (plomb et cuivre, sans doute associés au zinc), d’après un passage 
de Zosime. Cet alliage métallique résultait en effet de la réduction de la 
cadmie ou de la tutie impure, substance dérivée du grillage de certains 
_sulfures métalliques et qui semble avoir été désignée parfois, en extension 
d’une -dénomination appliquée à ces sulfures eux-mêmes, par le nom de 
magnésie. On peut le conclure avec probabilité, d’après un passage de 
Geber sur les esprits ou matières volatiles, et d’après quelques textes 
des alchimistes grecs. 

Le troisième signe (n° 3) est celui du cuivre. Il est traduit au-dessus 
par χαλχοῦ ἰός : la rouille du cuivre. On introduisait sans doute cette 
rouille dans le mélange contenant de la tutie, avec l'intention d'y aug- 
menter la dose du cuivre : ce qui rapprochait la teinte de l’alliage de la 


couleur de l'or. 


Ι 


(1) J'ai ἀέ)ὰ donné cette interpré- — Mais la lecture actuelle est plus 
tation : Origines de l’Alchimie, p. 348. correcte. 


20" 


I 54 INTRODUCTION 


Le quatrième signe (n° 4) répond à celui du cuivre, deux fois répété 
et assemblé par le signe du plomb; aïnsi que le montre la traduc- 
tion superposée : μολιδόχαλχος χεχαυμένος, molybdochalque (cuivre-plomb) 
brûlé. 

Le cinquième signe (n° 5) est celui de l'Ecrevisse, ou du Scorpion, pourvu 
de huit pattes antérieures. Dans certains manuscrits (Saint-Marc}, la queue 
se termine par un dard, à la façon du Scorpion; dans d’autres (2325 et 2327 
par exemple), par un demi-cercle, formant une sorte de pince. Ce signe 
porte au-dessus les mots : ἀργυρόχαλχος χεχαυμένος nat πεπηγμένος. Mais le 
dernier mot correspond au sixième signe. Le tout veut dire argyrochalque 
(cuivre-argent) brûlé et fixé. 

Le signe de l’Ecrevisse se rapporte probablement à l’opération par laquelle 
on préparait un semblable alliage, formé avec le cuivre uni au plomb que 
l’on prétendait changer en argent, sans doute en le blanchissant de façon à 
Jui donner lacouleur de l’argent. Si cette interprétation était acceptée, il s’a- 
girait d’un blanchiment par le mercure ou par l’arsenic, blanchiment opéré 
par sublimation et opération rétrograde dans l’appareil appelé xzpxives, lequel 
est représenté par la figure 25. On justifierait ainsi le signe de l’Ecrevisse, 
appliqué à la fabrication de l’alliage actuel. 

Le septième signe (n° 7) est traduit par ἐμέριτος (divisé en parties ὃ), 
mot dont le sens est incertain. 

Le huitième signe {n° 8) par δραγμαὶ : dragme (poids). 

Le neuvième signe (n° 9) signifie 14, et s'applique probablement au poids 
dont l'unité vient d'être indiquée : soit 14 dragmes. 

Le dixième signe (n° ro) est une abréviation, traduite par τίτανος χαλχὸς τὸ 
πᾶν ἔστραχον : chaux-cuivre (peut-être en un seul mot), toute la coquille (de 
l’œuf philosophique). 

Le onzième signe (n° 11) est traduit par τὸ πᾶν ὄστραχον, qui répète les der- 
niers mots du signe précédent. 

Le douzième signe {n° 12) est traduit par τίτανος et est suivi par 

Le treizième (n° 13) χαλχοῦ : de cuivre : mot à mot, chaux de cuivre. 

Puis viennent en caractères ordinaires, les mots ὁ νοήσας μαχάριος : celui 
qui aura compris sera heureux. 


Dans cette formule, il s’agit de divers alliages et oxydes métalliques, ainsi 


FIGURES D'APPAREILS 155 


que de l’œuf philosophique. Mais elle ne présente pas par elle-même un sens 
défini. C'était sans doute un memento hiéroglyphique, destiné à être complété 
par des explications orales. Elle figure dans un traité de Zosime, et semble 
le dernier débris d’un ancien symbolisme, antérieur aux écrits alchimiques 
explicites que nous possédons, et qui représenterait le mode le plus ancien 
de la transmission traditionnelle de la science (v. p. 137). Le sens a dû s’en 
conserver longtemps par tradition orale, comme le prouve le fait même de 
sa transcription sur la première feuille de garde du manuscrit, avec des 
formules magiques, que l’on prononçait sans doute pendant certaines des 
opérations. Une partie de ces dernières est même indiquée par le texte qui 
précède, lequel semble relatif au traitement des scories de plomb; puis 
viennent les mots magiques et la formule. 

Au-dessous, toujours sur la même page de garde, se trouve reproduit un 
passage correspondant d’Olympiodore sur les scories : « Sachez que les 
scories dont on parle ci-dessus sont tout le mystère, etc. ». Ce passage est 
imprimé dans le Traité d'Olympiodore (Texte grec, Il, 1v) et on a donné en 
appendice (Texte grec, IT, 1v bis) le texte même qui le précède. 

Voici le moment de rappeler les signes magiques de la Chrysopée de Cléo- 
pâtre (figure r1), placée précisément en tête du traité de Zosime, à la fin du- 
quel figure la formule de l’Ecrevisse. Ces signes, en effet, comparés à la for- 
mule, donnent lieu à quelques rapprochements utiles à noter. On y remarque, 
par exemple, un grand croissant pourvu de huit appendices linéaires, qui 
rappellent étrangement le signe de l’'Ecrevisse. La signification de ce dou- 
ble croissant semblerait dès lors la même ; c’est-à-dire qu'il représenterait 
la transformation (fixation) du cuivre amalgamé ou arsenié en argent, au sein 
d’un appareil à marche rétrograde. Le signe même de l'argent, ou plutôt 
celui du mercure, serait alors exprimé par le croissant régulier et sans appen- 
dice, situé à côté. Doit-on voir aussi dans les signes de la Chrysopée placés 
à côté du serpent, les symboles (3) et (4 du cuivre et du molybdochalque de 
le formule de l’Ecrevisse ? Quoi qu'il en soit, il y a là un rapprochement 
singulier et digne d'intérêt, au point de vue de la filiation historique des 
symboles alchimiques. 

Figure 20.— Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 193) reproduit 


deux alphabets magiques ou cryptographiques, à demi effacés, avec leur tra- 


156 INTRODUCTION 


duction (telle qu’elle est donnée dans le manuscrit). Au-dessus du premier 
se trouve le mot: ἕλινηχὰ, c'est-à-dire (lettres) helléniques, écrit avec l’al- 
phabet correspondant. Au-dessus du second : ἱερογλυφιχὰ, c’est-à-dire (lettres) 
hiérogly fiques, écrit de même. A côté, ‘en marge, le mot ἀλφάθδητος, écrit 


avec les lettres du premier alphabet. 


A « 
1.,95.57 
ι ΔΕ ΔΉ VA x 2 ΣΌΣ, 
Πὰν Ὁ 
HANGE AI SERGE Ts SE 
ERA cn +EFPSFATEE 7 
CRÉES SUCER Pi er 
΄ ΠῚ e Men ξων 
FF ar à τ VP αὶ δ" 


FIGURE 20. — Alphabets magiques. — Réduction ἃ 1/2.— D'après décalque. 


En réalité, aucun de ces alphabets n’a rien de commun avec les hiéro- 
glyphes. Ce sont simplement deux alphabets cryptographiques, formés 
avec des lettres grecques plus ou moins défigurées, mais sans modification 
dans leur nombre ou leur valeur. 

Il existait un grand nombre d’alphabets analogues au moyen âge. On 
trouve notamment une page entière d’alphabets de ce genre dans le 
manuscrit 2419, folio 279. Le premier alphabet de ce folio ressemble 
beaucoup au premier du manuscrit de Saint-Marc, donné plus haut; le 
sixième du manuscrit 2419 ressemble aussi, quoique d’un peu plus loin, 
au second du manuscrit de Saïnt-Marc. Les alphabets du manuscrit 2419 
semblent, d'après leur traduction superposée en lettres rouges presque 
effacées, répondre à l'alphabet latin de préférence à l'alphabet grec. 

C'étaient là en réalité des jeux d’esprit individuels, plutôt que des 
alphabets usuels. En tout cas, il m'a paru intéressant de reproduire les 
spécimens ci-dessus, surtout le premier, qui se retrouve à peu près pareil 
dans deux manuscrits dissemblables de composition et d’origine. 

Figure 30. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 102 verso) 


représente le Labyrinthe de Salomon, avec un commentaire en vers; 


FIGURES D APPAREILS 157 


le tout d'une encre et d’une écriture plus modernes, probablement du 


xive siècle. 


' : : 7 x NE 
hanebieiroo af) eee y à mp à 


AC 


Ficure 30. — Labyrinthe de Salomon. — Réduction à 1/2. 


On donnera ailleurs (Texte grec, I, xx) ce commentaire. 


Figure 31.— Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 5) estfun symbole 


SX, 
ae 


FIGURE 31. — Symbole cordiforme. — Décalque. 


cordiforme, avec les signes de l'or, de l'argent, et peut-être d’autres métaux(1); 


ir) Le cercle droit d’en bas renferme | lafigure actuelle, par suite d'unaccident 
dans le manuscrit quatre signes mal de gravure. 
définis, dontun y, lequel a disparu dans |! 


158 INTRODUCTION 


il se trouve à côté de la première ligne de Stéphanus, écrit à l'encre 
rouge ; il est contemporain du texte. Il semble que ce soit là un symbole 
de l’art de fabriquer l’or et l’argent. On croit utile d’en rapprocher la 
figure suivante. 

Figures 32 et 33. — C’est un dessin mystique, formé par l'assemblage de 


divers signes destinés à représenter une opération chimique; on diraitune 


pe 


Ficure 32.— Dessin mystique (2327). FiGurEe 33. — Dessin mystique (2325). 
Décalque. Décalque. 


sorte d’équation chimique, analogue aux équations atomiques et renfer- 
mant comme les nôtres les symboles des corps intervenants. Elle se trouve 
au folio 47, verso, du manuscrit 2327, vers la fin de la troisième lecon de 


κε 


Stephanus, vis-à-vis des mots : οὗτος puos ὃ πολύχρωμος. 
« C’est la pierre étésienne, le support polychrome (des teintures?). » Puis 
vient tout un développement mystique sur la pierre philosophale. 

Le relieur du manuscrit, au xvie siècle, a coupé une partie de la branche 
gauche du dessin. Mais il n’y avait là rien de particulier, comme le montre 
le manuscrit 2325 qui contient la même figure (fol. 46, verso). On a re- 
produit cette dernière à côté (fig. 33). 

Telles sont les figures fournies par le manuscrit de Saïnt-Marc et les 


dessins congénères de ces figures, reconnus dans les autres manuscrits. 


Figures du manuscrit 2327. 


Etudions maintenant les figures propres du manuscrit 2327, en commen- 
çant par les figures mystiques. 
Figure 34. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 196) est celle du serpent 


FIGURES D'APPAREILS 159 


Ouroboros (τ), en tête d’un article reproduit dans le Texte grec (I, v). Il est 
formé de trois cercles concentriques, comme la figure supérieure de la Chry- 
sopée de Cléopâtre ; mais de plus il a ici trois oreilles et quatre pattes. La 


tête, les oreilles et l'anneau extérieur sont peints en rouge vif(rrr); le blanc 


FiGurE 34. — Serpent Ouroboros. — D'après décalque, 


de l’œil est blanc, la pupille noire ; le premier anneau est écailleux. Le second 
anneau (moyen) est écailleux et jaune (777). L'anneau intérieur est d’un vert 
continu (ν νὴ, ainsi que les pattes. Ces couleurs d’ailleurs ne répondent pas 
exactement à une description de Stéphanus (Lettre à Théodore), d’après 
laquelle l’origine de la queue est blanche comme du lait; le ventre et 
le dos, couleur de safran, la tête noir verdâtre. Il devait y avoir bien des 
variantes. 

Au folio 270 du même manuscrit se trouve une seconde figure du serpent, 
avec un texte un peu différent : celui-ci n’a que deux anneaux ou cercles; 


ses écailles sont mieux marquées. 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 50 et 256. 


*- 


160 INTRODUCTION 


Figure 35. — Cette figure [manuscrit 2327, fol. 297 verso) représente le 
signe d'Hermès, assez informe; le folio a été remonté sur une bande 
blanche. 

ge" 
FIGURE 35. Ficure 36. 
Signe d'Hermès. Images géométriques. 
Décalque, : Décalque, 
Figure 36. — Cette figure renferme quatre images géométriques, desti- 


nées à commenter le texte du folio 106 recto [manuscrit 2327). Elles 
existent aussi au manuscrit 2325 (fol. r11), au manuscrit 2275 (fol. 78 
verso), etc. 

Les figures qui suivent concernent des appareils nouveaux, dont il con- 
vient de comparer soigneusement les formes avec celles des figures corres- 
pondantes du manuscrit de Saint-Marc. 

Figure 37. — Cette figure (manuscrit 2327, folio 81 verso) contient deux 
alambics et deux vases à digestion. 

1° À gauche, on voit l’alambic à trois pointes (#ribicos), dont la forme 
générale (sauf le nombre de becs) s'est rapprochée de celle des alambics 
modernes en verre, usités au siècle dernier, et dont on fabrique encore 
aujourd’hui quelques échantillons. 

Le matras ou chaudière porte d’ailleurs la même inscription que la 
figure 15 (λωπὰς θείου ἀπύρου : matras contenant le soufre apyre) ; il est posé 
de même sur le feu (φῶτα). 

Le chapiteau est surmonté du mot χαλχίον (vase de cuivre), et les trois 
tubulures sont figurées cylindriques : l’un des trois récipients a été coupé 
par le relieur. 

2° À côté se trouve un alambic à un seul bec, posé sur un fourneau 


(χαμιήνιον, sic); la forme générale en est la même. On doit le regarder comme 


FIGURES D APPAREILS 161 
équivalent à celui de la figure 16; à cela près que le tube de ce dernier 
(σωλιήν) est remplacé par un chapiteau (yxhxisv). 

On donnera tout à l'heure une figure similaire (fig. 38), d'après le manus- 
crit 2327 (fol. 221); laquelle n’est pas identique à la précédente et se rap- 


proche de celle de Saint-Marc, plutôt que de nos alambics actuels. 


οἱδιτῦπο; où οὔτοι -- 


ἡ“ ἀλωγὰ du οὐ τα καζωγω LT 
Ho θή τὰ ἃ τ ν είν. 


Ficure 37, το Alambics et Vases à digestion. 


Par contre, la forme de l’alambic est devenue à peu près identique à celle 
de nos vieux instruments (en verre), dans la figure, unique d'ailleurs et mal 
faite, du manuscrit 2252, copié au xvur° siècle. Dans ce manuscrit, au-des- 
sous des trois cercles concentriques et au début des Mémoires authentiques 


(γνήσια ὑπομνήματα) de Zosime, on aperçoit un alambic (βύχος ὑέλινος), sur 


un foyer (χαύστρα), et un récipient condensateur à col étroit, λοπὰς à ἄγγος 


στενόστομον (sic). On voit qu'il y a de légères variantes dans les inscriptions. 


3° A gauche et en bas, dans la figure 37 du manuscrit 2327, se trouve un 


2327, 
21." 


162 INTRODUCTION 


appareil à digestion ou à cuisson, formé d'une fiole sur un bain de sable, 
chauffé par un fourneau (πῦρ). 

La fiole est désignée par un mot coupé en deux par le relieur, et terminé 
par les syllabes τησις, tel que. ὄπτησις (cuisson). L'inscription qui désigne le 
fourneau est également coupée en deux; mais on lit sur les trois lignes 
superposées les syllabes finales λα! — αἴον — piviov. Il est facile de recon- 
naître ici l'inscription de la figure 22 : (πα) λα! (στι) αἴον (14) μίνιον. 

Iuparaît donc que c’est là l'équivalent du bain de cendres, destiné à 


r 


chauffer la palette ou χηροταχίς. Maïs la palette est tombée en désuétude et les 
opérations effectuées à l’origine avec son concours ont été simplifiées dans 
le cours des temps, et réduites à de simples digestions ; celles-ci sont 
opérées également sur un bain de sable ou de cendres. La matière même, 
au lieu d’être placée sur une palette métallique, est déposée soit sur une 
pièce plate (fig. 38) ou conique (fig. 37), au-dessous du bouchon, soit même 
au fond de la fiole. Dans ces conditions, l'emploi de la palette constituait 
une complication inutile. 

4° C’est ce que confirment le dessin et l'inscription placés à droite de la 
figure 37. Nous avons ici une fiole, le mot φυάλη (sic) ayant passé du sens 
ancien coupe au sens moderne fiole. 

Cette fiole est surmontée d’un bouchon ou tête, assez compliqué, au- 
dessous duquel il semble qu’il reste quelque indice de la kérotakis, sous 
l’apparence d’une pièce conique peu distincte. Le tout est enfermé dans une 
enceinte, formée d’un cylindre inférieur, posé sur le fourneau, χαμήνιον (sic), 
et d’une coupe hémisphérique renversée, qui constitue le haut du cylindre. 

Il serait difhcile de reconnaître à première vue que cet appareil a rem- 
placé celui de la figure 25, ou plutôt ceux des figures 20 et 21 ; car la kéro- 
takis a disparu. Mais la filiation des appareils résulte des inscriptions qui 
les accompagnent. Er effet, on lit au-dessus du dessin (4°) de la figure 37, 


les mots : χαρχινοειδὲς τροσθεν ; c’est-à-dire la même inscrip- 


tion que sur la figure 25. Ce serait donc là encore un appareil à digestion 
et distillation rétrograde, dans lequel les produits sublimés retombent sur 
la matière inférieure qui les a fournis : ainsi qu’il arriverait dans un appa- 
reil disposé pour blanchir le cuivre par la sublimation réitérée du mercure 


ou de l’arsenic (p. 145). 


) 
FIGURES D APPAREILS 163 


Ajoutons qu'on lit au-dessous de l’ensemble de ces appareils la formule 
mystiques des opérationsqui s’y accomplissaient : « en haut les choses céles- 


tes, en bas les terrestres; par le mâle et la femelle l’œuvre est accomplie» 


> » 


, fol. 81 verso) : ἄνω τὰ οὐράνια, χάτω τὰ ἐπιγηία, à doevoc nat 


(manuscrit 232 


FiGure 38, — Alambies et Vases à digestion. 


1° Le dessin à gauche et en haut (#ribicos) est à peu près le même. 

2° Le dessin de l’alambic à un seul bec offre une variante, qui le rapproche 
de la figure 16. Cette forme existe aussi, grossièrement dessinée, dans le 
manuscrit 2275 (fol. 57 verso). 

3° Le dessin de la fiole à digestion, reporté ici tout-à-fait à gauche, est 
à peu près le même que dans la figure 37. 

4° Mais le dessin voisin est un peu différent. Le bouchon de la fiole 
offre des traits dissemblables, et peut-être un dernier reste de lame hori- 
zontale, répondant à la kérotakis. Il porte d’ailleurs la même inscription, 
caractéristique d’un appareil à opération rétrograde, que la figure 37; sauf 


la substitution du mot ἀλλαχοῦ (ailleurs) au mot ἔμπροσθεν. 


1064 INTRODUCTION 


50 À gauche, en bas, un vase à digestion {aludel mal fait ?) sur un 


grand trépied, avec l'inscription : ἤγουν τὸ παρὸν χαμίνιον ἐστὶν χαρχινοειδὲς ὁ 


γος χεῖται. « Le présent fourneau est rétrograde ; la description est ici. » 


ἘΞ 
Ὁ 
ὍΣ 
R 


Figure 39. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 289 verso), répétée deux 


fois, est un alambic à tubulure unique. 


FiGure 30. FIGURE 40. FIGURE 41. 
Petit alambic. Alambic de Synésius Alambic de Synésius 
Décalque. Décalque. (Ms. 2325.) Décalque. 


Figure 40. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 33 verso), fait partie de 
l'ouvrage de Synésius et répond exactement au texte de l’auteur : c’est l’une 
des plus intéressantes, en raison de la date de cet ouvrage (1v° siècle). Elle 


représente un alambic, sur une marmite servant de bain-marie (A£én<), portée 


elle-même sur un trépied. Elle rappelle tout à fait la disposition de nos appa- 


reils modernes. 


A côté se trouvent les mots caractéristiques : συναρμόζεται τῷ βοταρίῳ ὑάλινον 


r 


ἔργανον ἔχων μαστάριον. « On ajuste au matras inférieur (βοτάριον) un instru- 


ment de verre, en forme de mamelle (wx5r4s12v). » Cet instrument est muni 


A6 


d'une gorge, ou rainure circulaire, destinée à récolter les liquides con- 
densés dans le chapiteau et à les conduire dans la tubulure qui aboutit au 
récipient. C’est un appareil qui est encore en usage aujourd’hui. Le sens 


, 


jusqu'ici obscur des mots βοτάριον εἴ μαστάρ!ον se trouve précisé par ce texte 
et cette figure. 

La figure manque d’ailleurs dans le manuscrit de Saint-Marc, quoique 
le texte soit le même ; mais elle existe dans le manuscrit 2325 (xm° siècle). 


Le manuscrit 2275 la reproduit (fol. 16). 


, 
FIGURES D'APPAREILS 165 


Figure 41. — Elle reproduit le dessin fortélémentaire du même alambic, 
d’après le manuscrit 2325. 

Tout ceci est fort important pour l’histoire de la distillation. A l’origine, 
on distilla le mercure, en le condensant simplement dansun chapite au posé 
sur un pot (Dioscoride, Pline). Ce n'est que plus tard que l’on adapta une 
gorge à la partie inférieure, pour empêcher les liquides condensés de 
retomber dans le pot; puis cette gorge fut pourvue d’une tubulure, destinée 
à conduire au dehors le liquide condensé. On voit par le texte et par la figure 
conforme de Synésius que ces progrès étaient réalisés dès la fin du rvesiècle 
de notre ère. Rappelons que Synésius, dans une lettre à Hÿpatie, publiée 
parmi ses œuvres connues, a décrit aussi l’aréomètre, œuvre d’une science 
déjà avancée. 

Figure 42. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 112 verso), répétée deux 
fois, est une simple fiole. 


FIGURE 42. — Fiole. FIGURE 43. 
Décalque, Alambic 
avec six appendices. 
Décalque. 
Figure 43. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 184 verso), malheureu- 


sement coupée par le relieur, se trouve vers la fin du poème de Théophraste. 
On y discerne un alambic, mais avec un appendice supérieur, fort singulier 
dont la position rappelle la χηροταχίς. Il est muni de six lignes verticales, 


répondant au texte suivant : φέροντας τὰς Ξξξ 


ὦνας ὡς τίγμα (sic) φάγαι. « Por- 


tant six ceintures (enveloppes) pour absorber la matière fondue.» 


166 INTRODUCTION 


Figures du manuscrit 2325 


Les figures du manuscrit 2325 sont très intéressantes parce qu'elles 
répondent à une époque intermédiaire (xrne siècle) entre celui de Saint-Marc 
et le n° 2327 de Paris. Elles sont en général conformes à celles du manuscrit 
de Saint-Marc, bien que le manuscrit 2325 n’en dérive certainement pas 
directement, comme je le montrerai. Il résulte de cette double circonstance 
que la date des dessins du 2325 est antérieure à la copie actuelle du manu- 
scrit de Saint-Marc, et même à la date de ses prototypes immédiats; cepen- 
dant ils doivent dériver tous les deux de quelque source commune et plus 
ancienne. Quant au détail, le nombre, la forme et la dimension des parties 
des appareils sont ‘assez différents, pour quelques-uns du moïns. Le manu- 
scrit 2325 contient en plus l’alambic de Synésius, figure 41, et le dessin 
(fig. 33) mystique de la 3° leçon de Stéphanus. Par contre, les appareils à 
digestion y sont moins multipliés. ᾿Ξ 

Nous avons donné les figures essentielles de ce manuscrit, telles que : la 
figure 41 (fol. 23 verso) représentant l’alambic de Synésius, avec la chau- 
dière (λέθης), et le feu (πῦρ). 

La figure 17 (tribicos), est analogue à celle du manuscrit de Saint-Marc 
(fig.15). Toutefois les dimensions relatives du matras à soufre (λωπὰς θείου 
ἀπύρου), du tube vertical, du condensateur supérieur et des ballons qui 
recueillent le produit distillé sont différentes; le dessin de l’un de ces bal- 
lons a même disparu. — En outre, le mot πῦρ (feu) a remplacé χαύστρα 
(foyer). La figure du tribicos, de même que toutes celles du manuscrit 2325, 
est beaucoup plus grossière que celles du manuscrit de Saint-Marc. 

À côté se trouve également, très grossièrement dessiné, l’appareil distil- 
latoire à large tube de cuivre (χαλχίον), de la figure 16; maïs j'ai jugé inu- 
tile de reproduire ce dessin du manuscrit 2325. 

Au-dessous du tribicos, on voit la figure 23 donnée plus haut : c’est celle 
d’un appareil à kérotakis, analogue à celui de la figure 22. Mais le fourneau 
(παλαιστιαῖον xapivtov) est plus petit et les condensateurs supérieurs (φιάλη), 


sur l'extérieur, sont plus gros. Les ponctuations, indicatrices de trous sur 


FIGURES D'APPAREILS 167 


le bain-marie, couvrent un espace bien moindre. Le mot de kérotakis n’y 
figure pas. 

Enfin, au-dessous du σωλὴν et du χαλχίον. on voit un autre appareil à 
kérotakis, reproduisant le χαρχίνος de la figure 25, avec des variantes trop 
légères pour que j'aie cru utile de le donner. 

On remarquera que les figures sont moins nombreuses dans le manus- 
crit 2325 que dans le manuscrit de Saint-Marc; elles sont d’ailleurs concen- 
trées en tête du mémoire de Zosime, dans le manuscrit 2325 aussi bien que 
dans le manuscrit 2327. Ce mode de distribution est évidemment plus 


moderne que celui du manuscrit de Saint-Marc. 


Figures des manuscrits de Leide. 


L'histoire des appareils alchimiques tire une nouvelle lumière de l’exa- 
men des manuscrits alchimiques grecs de Leide. L'un d’eux (Codex Vossia- 
nus, in-4°, n° 47), fort mal écrit d’ailleurs, reproduit presque toutes les 
figures du manuscrit de Saint-Marc, entre autres : 

Nos trois planches I, IT, III (fig. 3, 4, 5), sauf quelques inversions ; 

La Chrysopée de Cléopâtre de la figure 11 (fol. 49 verso); 

La double figure 14 et 14 bis du dibicos (fol. 50 verso); 

La figure 15 du tribicos (fol. 51 verso); 

La figure 16 de l'appareil distillatoire (fol. 51 verso); 

La figure 18 de la chaudière distillatoire (fol. 58 recto); 

Les deux appareils cylindriques de nos figures 20 et 21 (fol. 53 verso); 

Les kérotakis de nos figures 22 et 24 (fol. 52 verso); 

La palette de la figure 24 bis (fol. 53 recto); 

La figure 25 du vase à kérotakis, portant à côté le mot χαρχινοειδὲς (fol. 
55 verso); 

Les récipients de la figure 26 (fol. 55 verso); 

Le vase à kérotakis cylindrique de la figure 27 (fol. 55 verso); 

La figure 31 cordiforme {fol. 51 recto); 

La formule magique de l'Écrevisse (fig. 28), avec son explication (fol. 79 


recto), fidèlement copiée. 


168 INTRODUCTION 


Il est clair qu’il s’agit dans tout ceci d'une simple copie, directe ou indi- 
recte, des figures du manuscrit de Saint-Marc. 

L'autre manuscrit de Leide est noté xx. Ru. 6 (ayant appartenu à 
Ruhnkenius); il a été écrit au xvue siècle et est fort analogue par sa table, 
laquelle forme une grande partie de son contenu, à notre manuscrit 2327. 
Il en reproduit textuellement tout le tableau des signes, c’est-à-dire les cinq 
pages qui forment nos figures 6 à 10, planches IV à VIIT. 

Aux folios 21 et 22, il renferme diverses figures pareilles, avec des 
variantes dans les inscriptions et dans les dessins, dont quelques-unes fort 
importantes. Je vais les signaler : 

Folio 2r : alambic de Synésius, conforme à la figure 40 ci-dessus; mais 
il porte quatre mots, au lieu du seul mot λέδης inscrit au manuscrit 2327, 
mot qui se retrouve d’ailleurs aussi sur la marmite, dans le manuscrit Ru. 
On y lit en outre : λωπὰς sur le matras, φιάλη sur le chapiteau, δοχεῖον sur le 
récipient. 

Au-dessous on voit 5 dessins intéressants, savoir, de gauche à droite : 

1° Un alambis à une pointe, correspondant à celui des figures 13 et 
37. Il porte les mots χαμίνιον sur le fourneau, λωπάς sur le matras. La forme 
du chapiteau indique très nettement que c'est une fiole renversée, dont le col 
entoure celui du matras, les lignes des deux cols n'étant pas confondues. — 
Cette différence ne m'a pas paru assez grande pour exiger la reproduction 
du dessin. 

2° Un alambic, sans chapiteau, mais à large tube, répondant à celui des 
figures 16 et 38. On y litles mots χαμίνιον sur le fourneau, φιάλη sur le matras, 
yahzloy (sic) sur le gros tube; le récipient n’a pas de nom. Ces mots ne” 
coincident pas exactement avec ceux des figures 16 et 38; ce qui montre 
que le manuscrit Ru. n’a pas été copié directement sur les nôtres. 

30 Au-dessous de ce dessin, un matras à digestion (φ' ἀλη), sur un bain de 
sable, chauffé sur un fourneau (παλαϊστιαῖον χαμίνιον), avec l'indication ἔπτησις, 
comme dans la figure 37. 

4° Une fiole à digestion, recouverte d’une sorte de cloche, reproduisant à 
peu près identiquement la fiole de la figure 38, avec les mêmes appendices à 
la partie supérieure ; appendices dérivés, comme je l’ai établi, de la kérotakis 


(fig. 22 et 25). La seule inscription qui existe dans ce dessin est placée sur le 


FIGURES D'APPAREILS (69 


fourneau : χαμίνιον παλαιστιαῖον. Ces mots confirment l'opinion qu'il s’agit 
d’une transformation de l’appareil des figures 22 à 25. 

59 Enfin, à la droite on voit le petit trépied de la Chrysopée de Cléopâtre 
(fig. 11). Au-dessoussont les mots ἐν βολβίτοις (dans le fumier). Ces mots sont 
caractéristiques. En effet, ils montrent qu’il s’agit d’un appareil destiné 
à être maintenu en digestion à une douce chaleur, au milieu du fumier en 
fermentation. Cet appareil est posé sur un trépied et paraît identique à celui 
qui est dessiné à gauche, au-dessous du tribicos, dans la figure 38. 

En somme, ces cinq dessins sont les mêmes que ceux des figures 37 et 38; 
ils répondent à ceux des figures 12 et 13, lesquels sont eux-mêmes des dérivés 
faciles à reconnaître des dessins de la figure 11 (Chrysopée de Cléopâtre). 

Toute la filiation des figures apparaît ainsi, de plus en plus clairement, 
grâce au détail des dessins et des inscriptions. 

L'étude des dessins de la feuille 22 du manuscrit XXIII Ru. 6 de Leide 
permet de pousser plus loin et d'établir d’une façon directe la relation entre 
les appareils des alchimistes grecs et ceux des Arabes, tels qu’ils figurent 
dans les ouvrages de Geber. Ces dessins sont une sorte de doublets de ceux 
de la feuille 21: précisément comme dans le manuscrit 2327, les dessins de 
la figure 38 (fol. 221 verso) sont les doublets de ceux de la figure 37 (fol. 81 
verso). Cette répétition du même système d’appareils, qui semblerait à 
première vue due à une inadvertance du copiste spécial du manuscrit 2327, 
doit en réalité résulter d'une répétition plus ancienne, puisqu'elle se 
retrouve dans un manuscrit en somme assez différent, quoique de même 
famille. Décrivons ces dessins du manuscrit Ru. de Leide. 

On y voit: 

1° Untribicos, avec son matras (λωπάς θείου ἀπύρον), son chapiteau (χαλ- 
zzlev), ses trois tubulures et récipients, et son fourneau (xæyiviev). La jonction 
du chapiteau au matras indique très clairement, comme plus haut, l'emboi- 
tement de deux vases tout à fait distincts. 

2° À droite, le dessin d’un alambic à une seule tubulure, reproduction du 
numéro 1° de la série précédente, c’est-à-dire des figures 13, 37, 38, portant 
notamment les trois inscriptions du dessin central de la figure 37. 

3° Au-dessous, à gauche, le matras (λωπὰς) à digestion (ἔπτησις), posé 
sur le παλαιστιαῖον xapivicy. 

22° 


170 INTRODUCTION 


4° Les deux dernières figures sont si caractéristiques, que je vais les 


je 
ΕΞΞ 


FIGURE 44. — Vase à digestion. — D'après un dessin, 


reproduire. 


Figure. 44. — Vase à digestion. 


La figure de droite reproduit l'appareil à digestion des figures 37 et 38, 
placé de même sous une enveloppe générale en forme de cloche. Pour plus de 
précision, je remarquerai que mon dessinateur araccourciles petites oreilles, 
situées à droite et à gauche de la lettre β. Dans le manuscrit, ces oreilles 
s'étendent jusqu’à l’enveloppe et la touchent, de façon à marquer la divi- 
sion de cette enveloppe en deux portions superposées, telles qu’elles sont 
dessinées en effet dans les figures 37 et 38. Cette enveloppe générale 
semble avoir été symbolisée par la dénomination de l’œuf philosophique. 
D’autre part, les trois portions intérieures de cetappareil à digestion sont 
dessinées à côté, séparées et superposées, de façon à en montrer nettement 
tout l'ajustement. 


FIGURES. D'APPAREILS 171 


Avant d'en discuter la signification, donnons les inscriptions corres- 
pondantes. Elles sont d'une grécité de très basse époque. Sur le dessin de 
droite, la panse du matras y porte les mots : ὅμοιον ἔνε τοῦτο μετὰ τρίχ χομά- 
ra (sic), c’est-à-dire : « ceci reproduit les trois segments séparés du dessin 
qui est à côté. » 

Sur le fourneau, on lit : ἐν βολθίτοις χαμίνιον, c'est-à-dire : « fourneau en- 
touré de fumier. » 


Au-dessous de l'ensemble de ce dessin : χαρχινοειδὲς χεῖται δὲ ὁ 


que ces mots caractéristiques se trouvent à côté du matras analogue des 
figures 37 et 38 et de l'appareil à kérotakis de la figure 25. 

Sur le côté, on lit, inscrits verticalement, les mots : ἐναταλωνάσι φιλίαζη 
χατὰ τὰ τρία χομάτια. c'est-à-dire : « dans les trois segments, on ramollit et on 
combine (les matières) ». 

Venons au dessin de gauche, qui représente les trois segments séparés, 
avec lettres correspondantes. On lit à côté, inscrits verticalement, les mots: 


’ 


τοῦς ἐμπνέης To ἄλον χαὶ τὸ ἄλον" ἐνατάλῳ ἢ πρῶτος, δεύτερον; τρίτον (516): 
c’est-à-dire: «voici l’un des vases où l’on évapore, et l’autre où l’on ramollit; 
c’est-à-dire le 1er, le 2e, le 3e (segment). » 

Ces inscriptions confirment exactement les opinions émises plus haut, 
relativement à l’usage de cet appareil. D’après lesdites inscriptions en effet 
il répond aux figures 22, 24, 25, c’est-à-dire aux appareils à kérotakis. Il 
suffit d’imaginer que les appareils placés au sommet des figures 22 .et 25 
ont été enveloppés par la sphère de la partie inférieure, pour comprendre 
les figures 38 et 37 : c’est toujours là l’appareil rétrograde, destiné au blan- 
chiment du cuivre par le mercure ou par l’arsenic sublimé. Ajoutons que, 
les trois segments intérieurs ne sont autre chose que les trois parties des 
figures 20 et 21 du manuscrit de Venise, représentant des vases à digestion 
cylindriques. — De même la figure 27, qui en exprime une forme un peu 
différente, donnant en quelque sorte la transition entre la figure 20 et les 
figures 22, 24 et25. 

Mais la figure 44 nous permet d'aller plus loin et d'établir que ces appa- 
reils correspondent à l’aludel de Geber et des alchimistes arabes. Il suffit, 
pour s’en assurer, de jeter un coup d’œil sur les dessins des aludels, figure 45. 


172 INTRODUCTION 


Nous avons ici les trois segments à digestion des alchimistes grecs; avec 
cette différence pourtant que les deux segments inférieurs sont réunis en 
un seul morceau dans les dessins des aludels. Le couvercle s’ajustait à 
frottement doux sur.la paroi de la région moyenne : et cela dans une por- 


tion considérable de sa hauteur. Les deux morceaux extrêmes sont terminés 


| ( = 
5 
FIGURE 45. — Aludel des Arabes. 


chacun par une couronne ou bague extérieure, l’une se superposant à l’autre, 
de façon à compléter la jonction. Tout ceci est décrit en détail dans l'ouvrage 
de Geber. 

Le couvercle offre deux formes différentes: l’une hémisphérique, l’autre 
conique. Ces aludels étaient en verre. 

Cette figure est tirée de la Bibliotheca Chemica de Manget (t. I, p. 540, 
fig. 2 — Genève, 1702). 

Dans la même planche de l'ouvrage précédent, sontreprésentés (ἢσ. 1) le 
fourneau, au centre duquel l’on plaçait l’aludel [fig. 3), ainsi qu’un autre type 
d'aludel, changé en alambic par l’adaptation d’un tube à son chapiteau, le 
tout chauffé à la partie inférieure à l’aide d’un fourneau, etc. 

La description de ces appareils existe, en traduction latine, dans le 
second livre de l'ouvrage de Geber, intitulé : De principiis magisterii 
et perfectione. Ce livre peut servir sur quelques points de commentaire 
aux traités de Zosime sur les fourneaux et instruments ; il continue et 
développe la tradition des alchimistes grecs; non sans y ajouter d’ailleurs 
bien des choses nouvelles. Mais cette comparaison nous mènerait trop loin. 


Quoi qu’il en soit, on voit que ces diverses figures jettent un grand jour 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 173 


sur les pratiques et appareils des anciens alchimistes, sur les changements 
que ces appareils ont éprouvé dans le cours des temps, ainsi que sur la 


filiation des manuscrits. 


VI. — RENSEIGNEMENTS ET NOTICES 


SUR QUELQUES MANUSCRITS ALCHIMIQUES 


[existe dansles catalogues imprimés des bibliothèques publiques d'Europe 
des notices sur le contenu des manuscrits alchimiques de ces bibliothèques. 
M. H. Kopp a réuni et rapproché ces notices dans ses Beiträge zur Ges- 
chichte der Chemie (1869), p. 256 à 315 ; mais sans prendre une connais- 
sance directe des textes eux-mêmes. J'ai donné moi-même dans mes Origines 
de l'Alchimie, p. 335 à 385, une analyse plus détaillée du manuscrit 2327 
de la bibliothèque de Paris et du vieux manuscrit de la bibliothèque de 
Saint-Marc, à Venise. | 

Je les avais comparés entre eux, et avec les manuscrits 2325, 2275 et 2240, 
que j'ai eus aussi entre les mains, ainsi qu'avec les manuscrits de la Lau- 
rentienne à Florence et quelques autres; ces derniers, d’après les catalogues 
imprimés. La publication présente rendra inutile ces analyses pour les cinq 
premiers manuscrits; mais j’ai cru utile de préciser davantage la connais- 
sance de certains autres, tels que les manuscrits du Vatican, que j'ai fait 
examiner sur place par mon fils, M. André Berthelot; les deux manuscrits 
de Leide, celui de Gotha et divers manuscrits des Bibliothèques d’Allema- 
gne, examinés également par mon fils; ceux de l’Escurial, que M. de Loynes, 
secrétaire d'Ambassade à Madrid, a bien voulu collationner pour certains 
passages importants; le manuscrit 2410 dela Bibliothèque nationale de Paris, 
que j'ai étudié moi-même ; enfin un manuscrit arabe d’Ostanès, appartenant 
à la même Bibliothèque et dont j’ai fait traduire quelques pages. — Ce sont 
ces renseignements que je vais communiquer. Je les ferai précéder par quel- 
ques données précises, tirées des manuscrits eux-mêmes et spécialement du 
manuscrit de Saint-Marc, lesquelles fournissent des indications nouvelles 


sur le mode suivi dans leur composition, sur l’ordre relatif et la filiation 


174 INTRODUCTION 


de leurs copies, et sur les accidents survenus pendant leurs transcriptions 
successives. Le tout forme une douzaine de petites notices sur les manu- 


scrits alchimiques. 


I. — Ancienne liste du manuscrit de Saint-Marc. 


En tête du manuscrit de Saint-Marc se trouve une liste de traités alchi- 
miques, qui ne coincide avec le contenu même du manuscrit, ni par les titres 
des traités, ni par leur disposition; quoique la majeure partie des traités s’y 
retrouve. L'examen et la discussion de cette liste sont essentiels pour établir 
la filiation des manuscrits actuels. 

Donnons d’abord la liste elle-même. Elle a été imprimée en 1745 par 
Bernard dans son édition du Traité de Palladius de Febribus, p. 114 à 116. 
Il suffira d’en fournir ici la traduction : 

(1) Voici la table du livre des sages, avec l’aide de Dieu. 

(2) Stéphanus d'Alexandrie, philosophe œcuménique et maître, sur l'art 
sacré de la fabrication de l'or (1e leçon). 

(3) 2° leçon, du même. 
(4) Lettre du même à Théodore. 
(5) 
(6) 
(7) 


7) 5e leçon, (8) 6° leçon, (9) 7° leçon. 


Sur le monde matériel, 3° leçon. 
5 


ur ce qui concerne l’acte (ἐνέργεια), 4° leçon. 


(10) Sur la division de l’art sacré, 8° leçon. 

(11) Enseignement du même à l'Empereur Héraclius, 0° leçon. 

(12) Héraclius Empereur, sur la chimie, à Modestus, préfet de la ville 
sainte (Constantinople. 


(13) Du même Héraclius, onze chapitres sur la fabrication de l'or. 


(14) Colloque du même Héraclius sur la question des philosophes, rela- ὖ 


tive à cet art sacré. ὃ 

(45) Lettre de l'Empereur Justinien. 

(16) Du même Justinien, cinq chapitres sur l’art sacré et entretien avec les 
philosophes. 

(17) Entretien de Comérius le philosophe avec Cléopâtre. 

(18) Dialogue des philosophes et de Cléopâtre. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 175 


(19) Héliodore le philosophe à l'Empereur Théodose, sur l’art divin: vers 
iambiques. 
(20) Théophraste le philosophe, sur cet art : vers iambiques. 
(21) Hiérothée le philosophe, sur cet art divin: vers. 
(22) Archelaüs le philosophe, sur cet art divin et sacré : vers. 
(23) Pélage le philosophe ; Chrysopée. 
(24) Ostanès le philosophe à Pétasius sur l’art sacré. 
(25) Démocrite sur la pourpre et la fabrication de l’or, Physica et mystica. 
(26) Du même, sur la fabrication de l’asèm. 
(27) Synésius le philosophe à Dioscorus (commentaire sur le livre de 
Démocrite) : dialogue relatif au livre du divin Démocrite. 
(28) Le philosophe Anonyme, sur l’eau divine du blanchiment. 
(29) Du même, sur la Chrysopée, exposant l’enchaînement dela Chrysopée, 
conformément à la pratique, avec le secours de Dieu. 
(80) Zosime le divin, de Panopolis, sur la vertu. 
(31) Chapitre d’Agathodémon (principalement sur la fabrication du tout). 
(32) Chapitres d'Hermès, Zosime, Nilus, Africanus. 
(33. Du Chrétien, sur l’eau divine. 
(34) Zosime le philosophe à Eusébie, sur l’art sacré et divin, 34 chapitres. 
(35) Olympiodore le philosophe, sur la Chrysopée. 
(36) Pappus le philosophe, sur l’art divin. 
(37) Moïse, sur la diplosis de l’or. 
138) Chapitres d'Eugénius et de Hiérothée. 
(39) Zosime, sur les instruments et fourneaux. 
(40) Du même, sur l’eau divine. 
(41) Du même, sur les instruments et fourneaux. Mémoires authentiques. 
(42) Trempe ou changement du pyrochalque, en vue de l’astrochalque. 
(43) Trempe et fabrication du fer indien. 
(44) Trempe pour les épées et instruments pour tailler la pierre. 
(45) Fabrication de l’asèm, du mercure et du cinabre. 
(46) Extrait de l’ouvrage de Cléopâtre sur les poids et mesures. 
(47) Du Chrétien, sur la bonne constitution (εὐστάθε!α) de l'or. 
(48) Du même, sur la Chrysopée, 30 chapitres. 
(49) [Περὶ φύρμων χαὶ τόλων. 


176 INTRODUCTION 


(50) Sur Ja diversité du plomb et sur les feuilles d’or. 

(51) Lexique de la Chrysopée, par ordre alphabétique. 

(52) Autres chapitres de divers opérateurs sur la Chrysopée, 

Cette liste représente une rédaction plus ancienne que le manuscrit de 
Saint-Marc qu'elle précède, du moins tel que nous le possédons. Elle en dif- 
fère par la composition et par l’ordre relatif. 

Au point de vue de la composition, les dix premiers numéros sont com- 
muns à laliste etau manuscrit: mais les quatre traités (11),(12), (13),(14),attri- 
bués à Héraclius, et les deux traités [15), (16), attribués à Justinien, ont dis- 
paru. Rappelons ici que l'Empereur Héraclius était un gran d fauteur d’as- 
trologie et de sciences occultes. Son nom se retrouve dans les ouvrages 
arabes et dans la T'urba philosophorum (sous la forme erronée de Hercules). 
Stéphanus,son contemporain, lui a dédié l’une de ses leçons authentiques. 
Les traités attribués à l'Empereur Justinien sont évidemment pseudonymes 
et, à ce qu'ilsemble d’aprèsquelques fragments, d'une date peu reculée: peut- 
être s'agit-il de Justinien IT, l’un des successeurs d'Héraclius, à la fin du 
vu siècle. Il existe encore une mention qui se rattache à ces traités (pra- 
tique de Justinien) dans l’article d'une écriture plus moderne, ajouté sur 
une page de garde du manuscrit de Saïint-Marc (Origines de l'Alchimie, 
Ρ. 348. — Texte grec, Il, 1v bis, Appendice I). Une page du même auteur 
nous a été conservée à la fin de l'un des manuscrits alchimiques de Leide 
(Voss. n° 47, fol. 70 verso). Je la donnerai plus loin. 

Ces six traités perdus avaient été probablement rattachés à ceux de Sté- 
phanus. Je montrerai tout à l'heure la trace laissée par cette perte. 

Quant aux traités de Comérius, ou Comarius, et de Cléopâtre (17) et (18), 
il en subsiste un débris dans le manuscrit de Saint-Marc et des portions 
beaucoup plus étendues, sinon la totalité, dans le manuscrit 2327. 

Les numéros (19) à (52) de la vieille liste existent encore aujourd’hui, 
en substance du moins, dans le manuscrit de Saint-Marc ; quoique cer- 
tains, par exemple le numéro (32), chapitres d'Hermès, Zosime, Nilus, 
Africanus, et le numéro (38), chapitres d'Eugénius et de Hiérothée, 
aient peut-être subi des mutilations, qu'il n’est pas possible de pré- 
ciser. 


Le numéro (42), trempe du pyrochalque, n'existe plus sous cetitre; mais 


Δ Ός. τὖὦὖ πὰ VA PE ὧτόν-“ - :- 


[Les 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS ΓΤ 


il est probable qu’une partie en a été conservée dans un article relatif à la 
trempe du bronze (fol. 118). | 

Le traité de Zosime, indiqué sous le numéro (34), comme adressé à Eusé- 
bie (au lieu de Théosébie), se retrouve aussi (fol. 141 à 161), à l'exception 
du titre et des premières lignes, qui ont disparu: sans doute par suite de la 
perte d’un feuillet. 

Signalons par contre des traités contenus dans le manuscrit de Saint-Marc, 
dont la liste ancienne ne fait pas mention : tels que les traités sur la fabri- 
cation des verres (fol. 115 verso); sur les vapeurs (fol. 116 verso); sur la bière 
et l'huile aromatique (fol. 162); les chapitres de Zosime à Théodore 
(fol. 179, à 181); deux articles tirés d’Agatharchide (fol. 138 à r40), etc. 

Citons aussi le Labyrinthe de Salomon (fol. 102), figure très caractéris- 
tique, mais ajoutée à une époque postérieure et vers le xive ou χν" siècle. 

La liste initiale et le contenu actuel du manuscrit de Saint-Marc ne se 
superposent donc pas exactement, quoique la plupart des traités soient 
communs. [Il y a aussi des modifications dans l’ordre relatif, modifica- 
tions dont je vais signaler les principales, en répartissant par groupes les 
numéros de la liste. 

τὸν Groupe. — Les numéros (1) à (11) sont communs et disposés dans le 
même ordre (fol. ὃ à 43 du manuscrit actuel) ; puis vient une lacune, numé- 
ros (12) à (18), commesiun owplusieurs cahiers du manuscrit antérieur, qui 
a servi de type à la vieille liste, avaient disparu. Les poètes, numéros (19) à 
(22), et les traités de Pélage, d’Ostanès, de Démocrite, de Synésius, ceux de 
Anonyme, de Zosime, d'Agathodémon, d' Hermès, du Chrétien, numéros 
(23) à (33), etc., suivent dans le même ordre (fol. 43 à 101). Quant au traité 
(34), ilest probable qu'il est représenté, au moins en substance, ou plutôt 
à l’état fragmentaire, dans les folios 119 à 128et dans les folios 141 à 150. 

Jusqu’ici le même ordre se maintient donc dans la vieille liste et dans le 
manuscrit actuel. 

2° Groupe. — Mais le traité (35) d’Olympiodore se retrouve seulement 
aux folios 163-179, 35 feuillets plus loin. Le numéro (36),serment de Pappus, 
les numéros (37), (38), diplosis de Moïse et chapitres d'Eugénius, enfin les 
numéros (39), (40), (41), traité de Zosime sur les fourneaux, etc., forment 


presque à la suite les folios 184 à 195. Cependant il y a intercalation des 


23* 


178 INTRODUCTION 


chapitres de Zosime à Théodore (fol. 179 à 181) et du traité de l'Anonyme 
sur l’œuf (fol. 181). 

32 Groupe. — Un autre groupe de traités, consécutifs aux précédents dans 
la vieille liste, en sont au contraire séparés dans le manuscrit actuel. Ils 
occupent les folios 104-118, transposés par le relieur (Origines de l'Alchi- 
mie, p. 350-351), et renfermant les articles (44) à (48). Peut-être aussi une 
partie se retrouve-t-elle dans les folios r4r à 159, déjà attribués pour une 
fraction au numéro (34). 

4° Groupe. — Lesnuméros (42) et (43) de la vieille liste répondent à peu près 
au folio 118. ἐ 

5e Groupe. — Les numéros (49), (50), (51, lexique), répondent aux folios 
129 à 138, placés à la suite. 

En somme, la place du troisième groupe a été changée par le relieur, 
comme il est facile de l’établir par la lecture des textes, et il n’y a qu’un autre 
renversement important, celui des traités du second groupe, lesquels for- 
ment en quelque sorte un cahier à part, déjà interverti avant la constitution 
de la copie actuelle. 

Si l’on cherchait à décomposer ces traités en séries distinctes, d’après 
leur contenu, on pourrait trouver ainsi les séries suivantes : 

1" Série. — Stéphanus, en connexion avec les traités perdus d'Héraclius 
et de Justinien, et probablement avec les Dialogues de Comarius et de 
Cléopâtre: le tout a formé peut-être à l’origine une collection partielle et 
indépendante. 

2° Série. — Les poèmes, collection également distincte, dont la place 
varie et qui manque même dans certains manuscrits, tel que le 2325. 

8: Série. — Les vieux auteurs Pélage, Ostanès, Démocrite, Synésius, 
l'Anonyme, Zosime, les extraits d'Agathodémon, de Moïse, d'Eugénius, etc. 
Le tout formait sans doute ung collection spéciale. A la vérité, les œuvres 
de Zosime sont coupées en trois dans le manuscrit actuel de Saint-Marc; 
mais c’est là évidemment le fait des copistes d’une certaine époque. 

4 Série. — Olympiodore semble avoir été à part, il est cependant con- 
_nexe avec les auteurs précédents. Mais la place de son traité varie dans les 
divers manuscrits. 


δ᾽ Série. — Le Chrétien était aussi à part. Ilest coupé en deux (n°5 33, 47) 


UE © 


ti à de. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 179 


dans la vieille liste ; ce qui semble accuser quelque transposition, faite par 
le copiste d’un manuscrit antérieur. 

6e Série. — Une ou plusieurs autres collections renfermaient des traités 
techniques, lesquels nous sont venus en grande partie par d’autres manu- 
scrits, par le 2327 principalement. Dans la vieille liste, aussi bien que dans 
le manuscrit de Saint-Marc actuel, on rencontre cependant la trempe du 
bronze et du fer, et la fabrication de l’asèm, du mercure, ainsi que ducinabre. 
On y a joint dansle manuscrit actuel de Saint-Marc les fabrications du verre, 
de la bière et de l’huile aromatique, non mentionnées dans la vieille liste. 

L’extrait d’Agatharchide est une annexe d’un autre genre, qui ne figurait 
non plus pas dans la vieille liste et qui a été abrégée dans le 2327. 

7° Série. — A la fin de l’un des manuscrits qui ont précédé celui de Saint- 
Marc, on avait sans doute transcrit l’ouvrage de Cléopâtre sur les poids et 
mesures et le lexique. Ce lexique devait former la fin du manuscrit originel, 
d’après un usage assez fréquent chez les anciens copistes. On est autorisé 
par là à penser que ce qui suit dans la vieille liste représente l’état d'un 
manuscrit déjà modifié, par des additions faites à un prototype plus antique 


encore. 


IT. — Sur les copies actuelles de la g° Lecon de Stephanus. 


L'étude comparative des divers manuscrits qui renferment les leçons de 
Stéphanus fournit des renseignements très précis et spécifiques pour établir 
la filiation de ces manuscrits. J’ai déjà signalé quelques-uns de ces rensei- 
gnements; mais il me paraît utile d'y revenir et de les compléter. C’est dans 
la 0° lecon de Stéphanus que se trouvent les principales différences. 

1° Dans le manuscrit 2325 de la Bibliothèque Nationale de Paris, cette 
leçon finit beaucoup plus tôt que dans le manuscrit 2327 et dans le ma- 
nuscrit de Saint-Marc. Elle s'arrête en effet (fol. 81 verso) par une phrase 
qui répond au folio 73 recto ligne 6, du manuscrit 2327, et à la page 247, 


1-.55. dut. II ddeler: νοηρός " χαὶ φησὶν ἐν τοῖς ζωμοῖς μετὰ τὸ Ex χάτω χαὶ 
γενήσεται. Le dernier mot est ainsi répété pour la seconde fois dans le 


manuscrit 2325, et cela conformément à la ligne 21, située au-dessus dans 


180 | INTRODUCTION 


Ideler, laquelle ligne contient précisément les mots : ἔα χάτω χαὶ γενήσεται. 
Tandis que dans Ideler (ligne 23) et dans le manuscrit de Saint-Marc, on 
lit après la répétition des mots: ἕα χάτω χαὶ... le mot γέλεσαν, au lieu de γενή- 


ε 
G 


ται, le texte poursuivant. Dans le manuscrit 2325 la 9° leçon s'arrête là ; 
puis vient un tiers de page blanche, suivi des mémoires authentiques de 
Zosime, avec les figures mystiques des cercles concentriques; sans qu’il 
soit aucunement question de Comarius, ni de Cléopâtre. 

Telle est la finale la plus courte de la 9° Lecon de Stéphanus. Cette finale, 
suivie d’un signe qui caractérise la fin du traité, est aussi celle de la o° leçon 
dans le manuscrit 2275 de la Bibliothèque de Paris, lequel reproduit fidèle- 
ment les figures du manuscrit 2325 ; voire même (fol. 56) celles qui ont été 
coupées en partie par le relieur de ce dernier manuscrit, au temps de Henri IT: 
aussi semble-t-il en être une copie directe, faite avant cette reliure. La finale 
de la οὐ leçon dans le manuscrit de Leide, Voss. n° 47, a lieu au même endroit, 
mais avec une variante dans le dernier mot, qui est: yéhecay, au lieu 46 γενή- 
σεται. On y lit en effet: fol.11 : μετὰ τὸ Ex χάτω χαὶ γέλεσαν. Le dernier mot 
est celui du manuscrit de Saint-Marc et d’Ideler. Mais dans ces deux der- 
niers, le texte poursuit par : χαὶ ἀλήθεσαν. etc. pendant plusieurs pages; tan- 
dis que la 9° leçon de Stéphanus s’arrête là, dans le manuscrit de Leide 
comme dans le manuscrit 2325. Cependant un copiste, ou un lecteur, a pris 
soin d'ajouter en grec dans le manuscrit de Leide : « la fin manque ». Il 
avait sans doute eu connaissance des autres manuscrits. En tous cas, cette 
remarque prouve que le manuscrit de Leide n’a pas été copié directement 
sur le manuscrit de Saint-Marc; quoiqu'il appartienne à la même famille. 
Telle est la seconde finale de la οἱ leçon de Stéphanus. 

29 Le manuscrit 2327, au contraire (fol. 73 recto, ligne 6), après le pre- 
mier : ἔκ χάτω χαὶ γενήσεται, poursuit de la façon suivante : ἄρα τί γενήσετα! ‘ 


ce ὕγρο 


οὐχἄρα ἰὸς νοηρὸς χαὶ φησὶν ὁ μέγας λυμιπιόδωρος (570) ἐν το 
μυστήριον τὴς χρυσοποιίας, et la suite jusqu'au folio 73 verso, ligne 5. Le tout 
constitue une page additionnelle; après laquelle le manuscrit 2327 conti- 
nue comme dans le manuscrit de Saint-Marc et dans Ideler, où cette page 
manque. La jonction du texte du manuscrit 2327 avec celui de Saint-Marc 
et d'Ideler) se fait par les mots : μετὰ τὸ £a χάτω χαὶ γενήσεται: (répétés pour 
fol. 73 verso). — Dans le 


la seconde fois), ἐχά 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 181 


manuscrit de Saint-Marc{et dans Ideler), on lit: μετὰ τὸ ἔχ χάτω χαὶ γέλεσαν χαὶ 


ἀλχήθεσαν χαὶ ἀλήθειαν εἶπον. C’est donc entre les deux répétitions des mots 


μετά τὸ x χάτω que se trouve le passage intercalaire du manuscrit 2327. 
Cette répétition même, comme il arrive souvent dans les copies mal colla- 
tionnées, a pu être l’origine de l’omission de ce passage par le copiste du 
manuscrit de Saint-Marc qui, sautant une page de son original, au moment 
où il commençait un nouveau feuillet, aurait formé ainsi le mot γέλεσαν, 
en réunissant la syllabe initiale y: de γενήσεται avec les syllabes finales 
du mot (xx) λεσεν. Cette hypothèse ingénieuse est de M. Em. Ruelle. Elle 
s’accorderait avec le texte du manuscrit de Saint-Marc, dont le folio 39 verso 
se termine en effet par γε; tandis que le folio 40 commence par λεσὰν et 
continue comme il a été dit. Mais l'existence du mot γέλεσαν comme finale 
définitive dans le manuscrit de Leide semble moins favorable à cette hypo- 
thèse, à moins de supposer quelque intermédiaire. 

3° C'est alors que se trouve le passage relatif aux relations entre les mé- 
taux et les planètes, passage plus complet et plus clair dans le manuscrit 
2327 que dans Ideler, et dans le manuscrit de Saint-Marc (fol. 40), dont le 
texte d’Ideler dérive par voie indirecte; carily est mutilé et incompréhensible 
(Ideler, τ. Il, p. 247, lignes 31 à 36). En effet, dans ces deux derniers textes, 
Saturne et le plomb sont seuls opposés d’une façon régulière ; tandis que le 
mercure figure vis-à-vis de Jupiter, par suite de quelque confusion; puis 
viennent le Soleil et la Lune, sans métaux correspondants. Au contraire, il 
existe un parallélisme régulier et complet entre les 7 planètes etles 7 métaux, 
dans le texte donné par le manuscrit 2327 : ce texte est donc le seul logique 
et complet. Le manuscrit 2329 (fol. 158) reproduit le même passage. 

4° Au delà, les textes de Saint-Marc, d’Ideler, du manuscrit 2327 et du 
manuscrit 2329 sont sensiblement conformes entre eux, jusqu'au folio 74 du 


2327, répondant à la page 248 d'Ideler, ligne 13, et jusqu'à ces mots : 2! 


ἔχαστον αὐτῶν ἐν τῇ γῇ χέχρυπτα! ἐν τῇ ἰδία δόξῃ. Après ces mots, le manuscrit 


2329 termine en cingllignes :... ἐν τῇ ἰδία δόξῃ, χαίρουσι χαὶ εὐτρεπίζονται, ὡς 
Oo 1 4 ἢ χα! ᾿ 


΄ - 1% SE ΄ \ a DIRES 1# =. : . 
μόνου θεοὶ τοὺ εν τρίᾶοι UHVOUHEVOU, το 2020 αὐτοῖς προσταζαντος εἰναι: puis vient 


la finale banale « attendu qu'il convient d’attribuer en tout gloire, honneur 
et vénération au Père, au Fils, au Saint-Esprit, maintenant ettoujours, dans 


les siècles des siècles. Amen ». C’est une troisième finale de la 9€ leçon. 


182 INTRODUCTION 


- 


ΑΞ 


50 Au contraire, après le mot δόξη, le manuscrit 2327 poursuit pendant 
trois pages, lesquelles manquent dans le manuscrit de Saint-Marc, dans 
Ideler et dans le manuscrit 2320; il poursuit, dis-je, jusqu’à la fin de la 
9° leçon de Stéphanus, fin explicitement signalée. C’est la quatrième finale, 
qui paraît la plus exacte. 

6° Puis le manuscrit 2327 transcrit un traité de Comarius, grand prêtre, 
maître de Cléopâtre, renfermant le dialogue des Philosophes et de Cléo- 
pâtre (fol. 74 à 79 verso), et précédé de son titre. Le manuscrit 2252 con- 
tient aussi le traité de Comarius. Ce traité et ce dialogue répondent aux 
numéros (17) et (18) de la vieille liste de Saint-Marc. 

7° Mais le manuscrit de Saint-Marc ne reproduit ni le titre ni les débuts 
de ce traité. Au lieu de cela, après les mots : χαὶ ἔχαστον αὐτῶν ἐν τῇ γὴ χέχρυπ- 
δόξῃ, ce manuscrit poursuit en plein texte, et sans apparence -Ξ 
ἡ ou τ alinéa (fol. 40, 1. 4 en remontant), par les mots : χαὶ ὑμεῖς, ὦ 
φίλοι 67 ᾿ ἂν τὴν τέχνην ταύτην τὴν περιχαλῇ βούλεσθε. (Ideler, τ. 11, p. 248, L. 13), 
et ainsi de suite pendant 7 pages jusqu'à la fin du traité : ce qui constitue 
la cinquième finale de la 0° leçon. Or ces pages, tirées du traité de Coma- 
rius, ne sont pas la vraie fin de la leçon de Stéphanus ; laquelle fin manque 
en réalité dans le manuscrit de Saint-Marc, ainsi que dans Ideler, dont la 
publication a été faite d’après une copie de Dietz, exécutée, paraît-il, sur le 
manuscrit de Munich, qui est un dérivé indirect de celui de Saint-Marc. Elle 
manque aussi dans la traduction latine de Pizimenti, faite sur quelque 
manuscrit de la même famille, dérivé également de celui de Saint-Marc, 
mais non identique, puisque cette traduction contient la lettre de Psellus. I 
y a là dans la ot lecon de Stéphanus une solution de continuité brusque et 
dont le copiste de Saint-Marc re s’est pas apercu. 

80 Les mots mêmes : ὅταν τὴν τέχνην... se retrouvent dans le traité de 
Comarius (2327, fol. 75,1.2 en remontant), ainsi que les 7 pages consécutives 
du manuscrit de Saint-Marc et d’Ideler. Elles sont conformes en général à 
la fin de ce traité dans le manuscrit 2327 (jusqu’au fol. 70 verso). Letraité se 
termine pareillement dans les deux manuscrits parlesmots : ἐνταῦθα γὰρ τῆς 


Ces derniers mots manquent dans Ideler 


φιλοσοφίας ἣ τέχνη 
(ce qui fait une sixième finale); maïs la phrase précédente est identique. 


Jai cru nécessaire d’entrer dans ces détails minutieux, parce qu'ils carac- 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 183 


térisent les familles de manuscrits et peuvent servir à reconnaître sûrement 
ceux qui ontété copiés les uns sur les autres. Je montrerai ailleurs comment 
ils établissent que le manuscrit de l’Escurial ne représente pas une source 
propre, mais un dérivé, vraisemblablement direct, de Saint-Marc. 

Il est probable que dans un manuscrit antérieur à celui de Saint-Marc, 
et dont celui-ci même dérive, le verso d’une des pages se terminait par le 
mot δόξῃ. Quelques folios déchirés ont fait disparaître la fin de Stéphanus 
et le début de Comarius, et le copiste qui travaillait d’après ce manuscrit 
a poursuivi en pleine page, au milieu d’une ligne, sans voir la lacune. 
© Le manuscrit 2327 dérive d’un manuscrit antérieur à la destruction de 
ces feuillets et, par conséquent, à celui de Saint-Marc, tel que nous le pos- 
sédons aujourd’hui. Il renferme en outre une autre page de plus, ainsi qu'il 
a été dit (2°); page répondant peut-être à l’omission d’une page existant 
dans un manuscrit antérieur à celui de Saint-Marc. 

Mais cette explication ne suffit pas pour rendre un compte complet de 
l’état présent des textes ; attendu qu’il a disparu, en outre, les traités d'Hé- 
raclius et de Justinien, signalés par la vieille liste, et dont le manuscrit 2327, 
pas plus que le manuscrit de Saint-Marc, n'offre aucune trace. Le prototype 
du manuscrit 2327 devait donc appartenir, soit à une souche distincte de 
celle qui répondrait à la vieille liste de Saint-Marc, et ne contenant pas le 
cahier qui renfermait les traités d’Héraclius et de Justinien; soit à un dérivé 
intermédiaire, tiré de la même souche que cette vieille liste, quoique déjà privé 
de ce cahier, mais renfermant en plus, par rapport au manuscrit de Saint- 
Marc actuel, la fin de Stephanus et les traités de Comarius et de Cléopâtre. 

Ce n’est pas tout : la finale du manuscrit 2325, le passage intercalaire 
signalé dans le manuscrit 2327, la confusion dans le texte du manuscrit 
de Saint-Marc concernant les relations des métaux et des planètes, texte 
resté intact dans le manuscrit 2327, la finale du manuscrit de Saint-Marc, 
ainsi que la finale du manuscrit 2329 et celle du manuscrit de Leïde, Voss. 
n° 47, semblent indiquer que les manuscrits de Stéphanus ont éprouvé autre- 
fois dans leurs derniers feuillets de grandes perturbations. 


Enfin, il a subsisté, en dehors de ces divers manuscrits, des fragments des 


traités de Justinien, tel que celui contenu dans le manuscrit de Leiïde,. 


Voss. n° 47, qui sera reproduit tout à l'heure. Il ne me paraît pas opportun 


s 


184 INTRODUCTION 


de développer en ce moment les hypothèses subsidiaires qui rendraient 


compte de tous ces détails. 
III. — Diverses lacunes et transpositions du manuscrit de Saint-Marc. 


Voici diverses autres comparaisons que j'ai eu occasion de faire et qui 
peuvent également être utiles, pour rapprocher les textes et en établir la filia- 
tion : 

1° Je rappellerai qu'un ancien relieur du manuscrit de Saint-Marc a inter- 
posé après le folio 103 (traité de Chrétien sur l'eau divine) les folios 104 à 
118; le texte du folio 119 faisant en eftet suite au folio 103. Ceci peut servir 
à distinguer les copies faites sur ce manuscrit, après la reliure en question. 

20 Dans les folios 104 à 118 règne une grande confusion. Les articles 
(42), (43), (44) de l’ancienne liste, sur la trempe du fer, sont coupés en deux, 
au début et à la fin du cahier, et les articles sur l’asèm, le mercure et le 
cinabre, qui les suivaient dans l’ancienne liste (45), se trouvent interposés. 

30 Les traités de Cléopâtre et du Chrétien (46) et (47) sont intervertis, et le 
dernier auteur est coupé en deux; enfin les traités sur la fabrication du verre, 
de la bière, etc., ont été ajoutés. Il semble que ces modifications résultent 
d'un certain trouble, survenu à un moment donné dans les feuillets du 
manuscrit type, qui répondait à la vieille liste de Saint-Marc. 

4° Le texte d’Agatharchide est brusquement interrompu à la fin du folio 
140, comme si un ou plusieurs feuillets avaient disparu. — Cette lacune est 
corrélative de la suivante. 

5° Les mémoires de Zosime, annoncés dans la vieille liste de Saint-Marc 
(n° 34), ne figurent plus parmi les titres du manuscrit actuel. Cependant ils 
y existent réellement. En effet, le titre et les premières lignes seules, les- 
quels sont transcrits dans le manuscrit 2327 (fol. 112), ont disparu dans 
celui de Saint-Marc. Mais le texte transcrit au folio 141 est resté. Car le 
manuscrit de Saint-Marc débute à la 3° ligne du folio 112 verso du manus- 
crit 2327 et poursuit de même jusqu'au folio 159, répondant au folio 133 verso 
du manuscrit 2327. — Il manque donc à cette place, je le répète, dans le 
manuscrit de Saint-Marc un ou plusieurs folios entiers, disparus avant 


l’époque où la pagination actuelle a été numérotée. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 185 


6° Les articles d'Agatharchide ne débutent pas au commencement d’une 
page, mais à la 4° ligne du folio 138 recto. Or les trois premièreslignesappar- 
tiennent à la suite d’un article « sur le jaunissement » (Saint-Marc, fol. 
137 verso), article quine comprend que 14 lignes, dont 11 sur le folio 137 
verso ; les 3 dernières forment le commencement du folio 138 verso. 

Ce dernier article occupe deux feuillets de plus dans le manuscrit 2327 
(fol. rroù1 12): il se trouve donc mutilé par un arrêt brusque dans le manus- 
crit de Saint-Marc, et sans que le copiste s’en soit aperçu, puisque le copiste a 
entamé un autre article, ayant son titre spécial. [1 semble que cette solution 
de continuité répondait, dans un manuscrit antérieur à celui de Saint-Marc, 
à une fin de cahier ou de folio, dont la suite aurait disparu ; tandis que 
cette suite s’est conservée dans un manuscrit prototype du manuscrit 2327. 

7° Les articles d’Agatharchide d’ailleurs semblent réellement une inter- 
calation faite dans le manuscrit primitif; car l’article du jaunissement dans 
le manuscrit 2327 est suivi précisément par les Mémoires authentiques 
de Zosime, comme dans le manuscrit de Saint-Marc; à cela près que le 
titre et les cinq premières lignes manquent dans le manuscrit de Saint- 
Marc. 

8 Au folio 115 (recto) du manuscrit de Saint-Marc se trouve un titre : 
Περὶ φώτων (sur les feux), suivi d’une seule ligne: ᾿Πλαφρὰ φῶτα πᾶσαν τὴν τέχνην 
ἀγαφέρε'!. « Tout l’art consiste dans un feu léger ». C’est tout ce qui reste à 
cette place d'un traité qui existe ir extenso dans le manuscrit 2327, folio 264 
recto : la ligne précédente s’y retrouve, dans les 9e et 10° lignes qui suivent 
le titre. Il y a encore là l'indice d’un ancien résumé, ou d’une mutilation, 
faite sur un prototype qui s’est conservé dans le manuscrit 2327, et dont le 
manuscrit de Saint-Marc n'a gardé qu’une trace. 

Toutes ces lacunes et ces défauts de soudure sont, je le répète, utiles 
pour constater l’histoire des manuscrits. 

Signalons encore quelques additions faites, à diverses époques, sur des 
pages ou demi-pages blanches du manuscrit de Saint-Marc ; additions dont 
la reproduction dans les autres manuscrits peut servir à attester qu'ils déri- 
vent, directement ou indirectement, de ce manuscrit type. Tels sont: 

9° Le Labyrinthe de Salomon, avec ses 24 vers (v. Texte grec 1, xx),ajouté, 
vers le χιν ou xv® siècle, sur une page blanche, dont le recto porte divers 

24" 


186 INTRODUCTION : 


petitsarticles de l’ancienne écriture: le tout intercalé au milieu d’un traité du 
Chrétien. On ne comprend pas bien pourquoi ce verso avait été laissé en 
blanc à l’origine. 

τοῦ L'article sur la tutie,au folio 188 recto : écriture du xv® ou xvi° siècle. 

11° La fabrication de l'argent, texte ajouté au bas du folio 194 verso : écri- 
ture du xv° siècle. 

12° Diverses additions initiales : traité de Nicéphore sur les songes, par 
ordre alphabétique ; cercles astrologiques, etc., sur les feuilles de garde (τὴ 
et les marges. 

13° Je signalerai encore les additions sur les scories et la formule de l'E- 
crevisse, en écriture du xv°siècle, sur la première feuille de garde (v. p. 152). 

149 Une addition du χνϑ siècle, ayant pour titre : Διάγραμμα τῆς μεγάλης 
ἡλιουργίας, au folio 62 recto. 

15° L'étude comparative des figures tracées dans les divers manuscrits 
fournit aussi des renseignements très intéressants pour l’histoire des scien- 
ces, comme pour la filiation des manuscrits. À ce dernier point de vue, je 
signalerai, par exemple, un petit alambic, figuré en marge du traité de 
Synésius, dans le manuscrit 2325 (fol. 23 verso), et dans le manuscrit 2327 
(fol. 33 verso); tandis qu’il manque dans le manuscrit de Saint-Marc, à la 
même place (fol. 74 recto). 

Les figures de la Chrysopée de Cléopâtre, celles des appareils à distilla- 
tion et des appareils à digestion dans les divers manuscrits donnent aussi 
lieu à une discussion très importante: je l'ai développée plus haut dans un 
article spécial. 


IV. — Manuscrits de l’Escurial. 

Il existe à l’Escurial deux manuscrits alchimiques qui soulèvent des 
questions intéressantes. Ces manuscrits, les seuls sur cette matière qui 
aient survécu à un incendie de la Bibliothèque survenu en 1671, provien- 
nent de la Bibliothèque de Hurtado de Mendoza; ils ont été copiés au 
xvre siècle. Ils ont été visités en 1843 par Emm. Miller, qui a publié un 
catalogue de leur contenu. 


(1) Une partie de celles-ci sont palimpsestes, la vieille écriture ayant été grattée. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 187 


L'un d'eux, P-1-11 (Miller, p. 146), reproduit les titres et l’ordre du manu- 
scrit 2327 de la Bibliothèque de Paris, même dans les additions intercalaires 
faites après coup (τ); illes reproduit avec une telle fidélité que je ne doute pas 
qu’il n'ait été copié directement sur ce manuscrit. 

L'autre mérite un examen plus approfondi; car on a supposé qu'il conte- 
nait les traités perdus de Justinien et d’Héraclius. Miller, dans son ouvrage 
sur les manuscrits grecs de l'Escurial, page 416, le désigne, d’après le cata- 
logue officiel, par les signes W-[-13. I1 s'exprime ainsi. 

« Voici le détail de tous les ouvrages contenus dans le manuscrit : 

τ. Traité d'Étienne d'Alexandrie sur l’art de faire de l'or. 

2. De la chimie, adressé par l’empereur Héraclius à Modeste d'Hagio- 
polis. 

3. De la fabrication de l’or, par l’empereur Héraclius. 

4. 
Héraclius. 


ὕλλογος sur ceux qui cherchent la pierre philosophale, par l'empereur 


5. Lettre de l'empereur Justinien sur l’alchimie. 
6. De l’art divin, par Justinien. 
7. Διάλεξις, adressée aux philosophes par l’empereur Justinien. 
8. Sur la fabrication de l'or, par Comarius. 
9. Dialogue des philosophes et de Cléopâtre. 
10. Poème d’'Héliodore sur l’art sacré. 
11. Vers iambiques de Théophraste sur l’art sacré. 
12. d° Hiérothée do 
13. do Archélaüs do 
14. Pélagius sur la Chrysopée. 
15. Ostanès à Pétasius sur l’art sacré. 
16. Démocrite de porphyrd, etc. 
17. Démocrite, περὶ ἀσήμου ποιήσεως. 
18. Scholies de Synésius sur la physique de Démocrite, ἃ Dioscorus. 


19. De l’eau sacrée, par un anonyme. 


(τ Par exemple, l’article de Zosime les poids et mesures, dans des feuilles 
sur l’asbestos, intercalé entre la lettre originairement blanches du manu- 
de Psellus et le traité de Cléopâtre sur scrit 2327. 


188 INTRODUCTION 


20. De la Chrysopée, par un anonyme. 
21. Zosime, πέρὶ ἀρετῆς, χ- τ΄ ἃ. 
22. Chapitre d’Agathodémon. 
23. Chapitres d’'Hermès, Zosime, Nilus, Africanus. 
24. Zosime à Eusebia, sur l’art sacré. 
25. Olympiodore sur Zosime. 
26. Zosime à Théodore, vingt-cinq chapitres. 

7. Dela Chrysopée, par un anonyme. 
28. Pappus, sur l’art sacré. 

9. Moïse, περὶ διπλώσεως χρυσοῦ. 
30. Chapitres d'Eugénius et d'Hiérothée. 
31. Zosime, περὶ ὀργάνων χαὶ χαμίνων. 
32. Zosime, sur l’eau sacrée. 
33. Zosime, περὶ ὀργάνων χαὶ χαμίνων γνήσια ὑπομνήματα. 

« Les articles suivants ne se trouvent pas dans le manuscrit; mais 115 sont 

indiqués dans une table placée en tête du volume, comme existant primiti- 
vement. 


34. Βαφὴ ἤτοι μεταδολὴ πυροχάλχου πρὸς ἀσπροχάλχου. 


7. Ilepi ἀσήμου χαὶ ὑδραργύρου rat χινναθάρεως ποίησις. 

38. Extrait de Cléopâtre sur les mesures. 

39. ΠΕρὶ εὐσταθείας τοῦ χρυσοῦ, par un philosophe chrétien. 
40. De la Chrysopée, par le même. 


: PR ; 
41. Περὶ φουρμιῶν xat τίλων ποιήσεως. 


, 


2. ΤΠερὶ διαφορᾶς μολίόδου χαὶ περὶ χρυσοπετάλων. 

43. Lexique pour la Chrysopée. 

44. Autres chapitres de différents poètes sur la Chrysopée. 

(Puis deux articles indiqués comme existant dans le manuscrit.) 

45. Vers de Nicéphore sur les songes. 

46. Synésius sur les songes. » 

Cette liste est fort étrange, dans la forme même donnée par Miller. C’est 
un mélange de mots grecs, de mots latins et de mots français traduits du 
grec; mélange dont on ne comprend pas bien l'utilité, si les titres ont été 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 189 


relevés fidèlement par Miller. Les mots traduits contiennent eux-mêmes 
de singuliers contresens. Par exemple, à l’article (2), au lieu de Modeste 
d'Hagiopolis, ily a dans la vieille liste grecque de Saint-Marc : Μόδεστον 
ἱέραρχον τῆς ἁγίας πόλεως : Modestus, préfet de la ville sacrée, c'est-à-dire 
de Constantinople. 

L'article (18) porte: scholies de Synésius sur la physique de Démocrite: ces 
derniers mots traduisent τὰ φυσιχὰ, dont le sens est tout différent. 

De même à l’article 44 il ne s’agit pas de « poètes », mais de chimistes 
opérateurs (ποιητῶν). Il semble que Miller ait copié un vieux catalogue, dû à 
un auteur qui ne savait pas bien le grec, sans se donner la peine de le refaire 
lui-même. 

Si nous examinons la liste en elle-même, nous la trouvons, comme titres et 
ordre relatif (sauf légères variantes), parfaitement conforme à la vieille liste 
qui se trouve en tête du manuscrit de Saint-Marc (fol. 2 à 5), liste que j'ai 
transcrite dans l’un des articles précédents {p. 174). Or le contenu actuel du 
manuscrit de Saint-Marc ne concorde pas avec cette liste, ni comme matière, 
ni comme ordre relatif. 

Ces détails étant donnés, une question capitale se présente : le manuscrit 
de l'Escurial renferme-t-il réellement, comme le catalogue de Miller 
semblerait l'indiquer, six à huit traités qui manquent dans tous les 
autres? La question avait beaucoup d'importance pour la présente publi- 
cation. 

J'aurais désiré la vider en examinant moi-même le manuscrit de l'Escurial. 
Mais le prêt à l’étranger, d’après ce qui m'a été répondu, est absolument 
interdit aux bibliothèques espagnoles. Heureusement j'ai pu y suppléer et 
résoudre complètement la question, grâce à l’obligeance de notre ambas- 
sadeur, de M. de Laboulaye, et de l’un des secrétaires de l’ambassade, M. de 
Loynes. Je lui αἱ adressé les titres exacts, en grec et en latin, des 18 premiers 
articles de la vieille liste de Saint-Marc, avec prière de vérifier s’ils existaient 
dans le manuscrit de l’Escurial; et, dans ce cas, de relever la première et la 
dernière ligne de chacun d’eux ; enfin de rechercher dans la 09° leçon un 
passage caractéristique, celui où la lecon de Stéphanus est interrompue 
brusquement dans le manuscrit de Saint-Marc, sans aucun indice apparent 


de solution de continuité; le manuscrit donnant à la suite la fin du dialogue 


190 INTRODUCTION 


des philosophes et de Cléopâtre. Cette lacuneet cette juxtaposition font suite, 
comme je l’ai dit plus haut (p. 182) aux mots : χαὶ ἕχαστον αὐτῶν ἐν τῇ γῇ 


χέχρυπται ἐν τῇ ἰδίᾳ δόξῃ. et la suite débute aussitôt par : χαὶ ὑμεῖς, © φίλοι, 
ὅταν τὴν τέχνην ταύτην τὴν περιχαλῇ βούλεσθε... 

M. de Loynes a eu l’obligeance de passer deux jours ἃ l’Escurial pour 
faire cette vérification et cette recherche. 

I] ἃ transcrit exactement les 17 premiers articles du catalogue grec placé 
en tête du manuscrit W-I-13, catalogue qui se trouve exactement conforme 
à la vieille liste de Saint-Marc, tel que je l'ai reproduit ci-dessus (p. 174) : 
la traduction donnée par Miller est donc incorrecte. Puis il a relevé les neuf 
leçons et la lettre de Stéphanus, en en transcrivant le titre, la première 
ligne, la dernière ligne et en indiquant le nombre des folios de chacune 
d'elles : le tout concorde très exactement avec le texte du manuscrit de 
Saint-Marc, sauf quelques variantes d'orthographe sans importance. Les 
10 premiers numéros étant ainsi reconnus identiques, M. de Loynes a 
vérifié que les huit numéros suivants de la vieille liste (n°s 12 à 18 de la p. 174) 
manquent absolument dans le manuscrit de l’Escurial. La dernière ligne de 
la dernière leçon de Stéphanus s'y trouve suivie immédiatement par le 
poème d’Héliodore, lequel forme notre numéro 19 : le titre, le premier et 
le dernier vers ont été relevés. 

Les traités disparus dans le manuscrit de Saint-Marc n’existent donc pas 
davantage dans le manuscrit de l’Escurial. 

Ce n’est pastout: la lacuneetla juxtaposition finales de la 9° leçon de Stépha- 
nus se retrouvent exactement, avec les mêmes mots, dans le manuscrit de 
VEscurial ; ce dernier poursuit de même, sur une étendue comparable, et la 
98 lecon se termine, par les mêmes mots : ἐνταῦθα γὰρ τῆς orAccoclas ἣ τέχνη 
πεπλήρωτα! (1). 

Il y a plus : en marge, après les mots ἰδία £n du manuscrit de l’Escurial, 
il existe un renvoi d’une autre écriture, postérieure au manuscrit, lequel con- 
tientles mots suivants, que M. de Loynes a eu l’obligeance de décalquer surun 
papier transparent : ἐντεῦθεν ἄρχεται τὰ χομαρίου τοῦ φιλοσόφου χαὶ ἀρχιέρεως 


διδάσχοντος χλεοπάτρας; c'est-à-dire « ici commence l'écrit de Comarius, philo- 


(1) Voir page 182. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS IOI 


sophe et grand prêtre, maître de Cléopâtre ». Quelqu'un des lecteurs du 
manuscrit s'était donc aperçu de la lacune et de la juxtaposition ; probable- 
ment d’après l’autre manuscrit, copié, ainsi que je l’ai dit, d’après le 2327, 
où cette lacune n'existe pas. 

La question de savoir si les manuscrits de l’Escurial ont une valeur ori- 
ginale et renferment quelque traité perdu, qui n'aurait pas subsisté ailleurs, 
est donc ainsi vidée. En fait, l’un de ces manuscrits est une copie du 2327 
et l’autre, une copie du manuscrit de Saint-Marc. 


NV. — Manuscrits alchimiques grecs du Vatican et des Bibliothèques 
de Rome. 


Ces manuscrits ont été en 1885 l’objet d’un examen détaillé par mon fils 
André Berthelot, membre de l'École française de Rome, examen consigné 
dans un rapport publié cette année dans les Archives des Missions scien- 
tifiques (3° série, τ. XIII, p. S19 à 854). J’en extrais les indications suivantes. 
Le principal manuscrit est à la bibliothèque du Vatican. Il porte le numéro 
1174. 1] est écrit sur papier et parait être du xv° siècle. Il comprend 155 
folios, de 21 à 22 lignes à la page. 100 folios seulement appartiennent au 
texte original; 18 ont été recopiés à une époque tout a fait récente. Il a beau- 
coup souffert et renferme de graves lacunes, dont certaines ont été comblées 
par Angelo Maï, au xixe siècle. Plusieurs folios ont été ajoutés. 

Ce manuscrit a été connu par Leo Allatius, dans son état originel et il 
formait probablement l’une des bases du projet (non exécuté) que ce savant 
avait formé, relativement à la publication des manuscrits alchimiques grecs. 
Les traités qu’il renferme sont les mêmes que ceux des autres manuscrits, 
mais avec des différences très notables dans l’ordre relatif. En outre, il a été 
mutilé. Il y manque une partie de Zosime, de Stéphanus, des poètes, ainsi 
que les traités de Comarius, Pélage, Sophé, Ostanès, etc. 

Il comprend: 

Ι εἰ IIT. — Les Physica et mystica de Démocrite, en deux fragments dis- 
tincts; la teinture en pourpre (fol. 33 à 35) étant séparée du reste (fol. τὰ ro). 

IT et X.— Deux fragments d’Olympiodore (fol. 11 à 33 etfol. 71 à 73). Le 
second fragment forme le début du traité, tel qu’il existe dans le manuscrit 


192 INTRODUCTION 


de Saint-Marc. Entre deux, ilmanque trois paragraphes [χρυσόχολλα, πίνος πρῶ- 
τος, πίνος δεύτερος 

ΤΥ. — Un traité de l’'Anonyme dédié à l’empereur Théodose, sur l’œuf 
(fol. 35 à 42). Le nom de de Théodose ne figure pas dans le manuscrit de 
Saint-Marc. 

V.— Un traité de Zosime sur les fourneaux (fol. 42 et suiv.). La fin a dis- 
paru. Il est interrompu après ces mots : « Marie a décrit beaucoup d’appa- 
reils, non destinés à la distillation des eaux; mais elle a donné beaucoup de 
figures de kérotakis et d'appareïls de fourneaux (1). » 

VI. — Un fragment intercalaire (fol. 45 à 49), transcrit plus récemment. 

VII et IX. — La neuvième leçon de Stephanus (fol. 54 à 68), avec la même 
lacune que dans le manuscrit de Saint-Marc). Le texte est à peu près confor- 
me à celui d’Ideler, avec addition finale des mots ἐνταῦθα γὰρ τῆς φιλοσοφίας 
ἡ τέχνη πεπλήρωται. La finale et la lacune (7°, p. 182) sont caractéristiques. 
La fin de la lettre de Stéphanus à Théodose (fol. 70), complétée de la main 
d’Angelo Maï, forme le IX. 

VIII. — Le poème d’Héliodore: 49 vers seulement (fol. 69). 

XI. — Le traité de l’'Anonyme : sur l’eau du blanchiment (fol 73 à 75). 

XII. — Autre traité de l’'Anonyme (fol. 75 et suiv.), incomplet. 

XIII. — Synésius (fol. 79 à 91.) 

XIV. — Le lexique (fol. 91 à 93), jusqu'à la lettre K. 

— Puis vient une lacune (fol. 94 à τοι]. 

XV. — Petits traités techniques (fol. 102 à 112). 

— Les folios 120 à 126 sont en blanc. — Le texte reprend aux folios 127 
jusqu’à 130. — Aux folios 131 à 132, lacune. — Puis le texte recommence 
(fol. 133-134). 

Ces petits traités techniques existent dans les autres manuscrits connus. 
J'en reproduis ici la liste, à cause de la dédicace de certains de ces traités 
À ΝΣ dédicace qui manque dans le manuscrit de Saint-Marc : ce qui 
indique que le manuscrit 1174 du Vatican dérive directement, ou indirecte- 
ment, d’une source un peu différente : 


Economie du corps de la magnésie — Calcination des corps — L’ochre 


(1) Manuscrit de Saint-Marc, folio 186, avant-dernière ligne. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 193 


— Eau de soufre — Sur les mesures, adressé au grand Empereur Théo- 
dose — Sur le soufre, adressé au même empereur —- Ge qui est substance 
et non substance — L'art parle d’une seule teinture, adressé à Théodose 
— Les quatre éléments nourrissent les teintures (les sept dernières lignes de 
ce traité manquent) — Ensuite il existe une lacune — Puis vient la fin d’un 
fragment : Diversité du cuivre brûlé — Eau divine tirée de tous les liquides 
(avec figures, connues d’ailleurs) — Recettes diverses. 

XVI. — Traité de Cléopâtre sur les poids et mesures; incomplet (fol. 134 
à 136. — Lacune (fol. 137 à 144). 

XVII. — Liste des signes (fol. 145 à 146). 

XVIII. — Fin du Lexique (fol. 146 à 147). 

XIX. — Chapitres de Zosime à Théodore (fol. 147). 

XX. -— Traités techniques (fol. 148 à 150). — Chrysopée de Cléopâtre et 
serpent Ouroboros, muni de pattes — Lacune (fol. 151 à 152). 

— Fragments (fol. 153-155). 

Ces textes sont en général conformes au manuscrit de Saint-Marc, à la 
famille duquelilsse rattachent, quoiqueavecdenotablesdifférences, lesquelles 
indiquent une dérivation non identique, quoique parallèle. On trouvera à 
cet égard des détails circonstanciés dans la publication de M. André Ber- 
thelot, à laquelle je me borne à renvoyer. 


VI. — Manuscrits de Gotha ou d'Altenbourg et de Munich. 


Le manuscrit de Gotha se trouvait à l’origine à Altenbourg: de là deux 
noms distincts d'origine pour un même manuscrit, lesquels ont amené 
quelques erreurs. La liste des opuscules qu'il renferme a été publiée dans 
les Beiträge zur altern Litteratur.... (Bibliothèque de Gotha) von Fr. 
Jacobs und F. A. Ukert, Leipzig, 1835, p. 216. Jai collationné cette liste 
avec soin. Le manuscrit lui-même a été examiné par mon fils André Ber- 
thelot, ainsi que celui de Munich. Il résulte de cet examen que le manus- 
crit de Gotha est copié purement et simplement sur celui de Munich, ainsi 
que les manuscrits de Weimaret de Leipzig, examinés pareillement. Celui 
de Munich lui-même a été copié en majeure partie sur le manuscrit de 
Saint-Marc. 


95* 


194 INTRODUCTION 


Les deux copies de Gotha et de Munich répondent aux folios 8-195 du 
manuscrit de Saint-Marc. Mais le copiste a ajouté à la suite et comme com- 
pléments (fol. 204 à 215 du manuscrit de Gotha) sept morceaux qui man- 
quent dansle manuscrit de Saint-Marc, notamment la lettre de Psellus, une 
partie des signes, une 2° copie d'Ostanès, la lettre de Démocrite à Leucippe 
le discours d’Isis à son fils, suivi par le mélange du remède blanc, et 
les noms des faiseurs d’or. Les morceaux nouveaux existent d’ailleurs dans 
le manuscrit 2327 et ils ont dû être empruntés soit à ce manuscrit, soit 
à un manuscrit pareil. 

Grüner, vers la fin du xvine siècle et au commencement du xixe siècle, ἃ 
tiré de ce manuscrit quelques petits articles : sur la bière et l’huile aroma- 
tique (attribués à tort à Zosime); la première leçon de Stéphanus ; les ser- 
ments hermétiques; sur la trempe du bronze; sur la trempe du fer; ces der- 
niers ont été reproduits dans les Eclogæ physicæ de Schneïder, p. 95, 06); 
sur la cadmie (ΚΚαθμίας πλύσις): sur la fabrication du verre. Enfin l'éditeur a 


5 ἢ ᾽ 
17.06 ὁ περι 


copié à la suite un morceau tout différent, ayant pour titre: ὃ o 
συνάζων πάντα (v. manuscrit 2327, fol. 90 verso). Ces petits articles, publiés 
dans des dissertations inaugurales et dans des programmes universitaires, 
sont très difficiles à trouver. Plusieurs renferment, comme il vient d’être 
dit, des confusions singulières. | 
Les manuscrits de Vienne et de Breslau, exécutés par Cornéliusde Nauplie, 
à la fin du xvi° siècle, appartiennent à la famille du manuscrit de Venise, 
avec quelques différences dans l’ordre relatif des traités. Le manuscrit de 


la Laurentienne (Florence) est au contraire fort analogue au 2327. 


VII. — Comparaison du contenu du manuscrit de Saint-Marc, avec ceux 
dun° 2325 et du n° 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris. 


Attachons-nous à comparer les trois manuscrits fondamentaux que nous 
avons surtout employés dans notre publication, savoir celui de Saint-Marc 
{re siècle), le numéro 2325 {xure siècle) etlenuméro 2327({xvesiècle), de Paris. 
J'ai déjà donné une analyse développée du premier et du dernier de ces 
manuscrits, dans mes Origines de l’Alchimie; mais je me propose de serrer de 


plus près les comparaisons. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 195 


Il est facile de voir que ces manuscrits appartiennent à deuxtypes très diffé- 
rents. Voici quelques-uns de leurs caractères différentiels: 

1° Le manuscrit de Saint-Marc contient des traités qui manquent dans 
les deux autres, tels que le traité d'Ostanès (fol. 66), et les chapitres de 
Zosime à Théodore (fol. 179 et suiv.). 

2° La liste des signes y est plus ancienne et moins étendue ; question sur 
laquelle je renverrai à la discussion qui a été développée dans ce volume, 
p. οὐ εἰ suivantes. 

3° Les figures des alambics ont une forme plus ancienne, ainsi que les 
figures des digesteurs avec kérotakis ; ce dernier instrument ayant disparu 
dans les figures du manuscrit 2327 (voir la discussion que j'en ai faite 
p. 150 et 160). 

4° La liste des opérateurs manque dans le manuscrit 2325. Dans le 
manuscrit de Saint-Marc, elle offre des différences très sensibles par rapport 
au manuscrit 2327 : parmi ces différences, je rappellerai le nom de Juliana. 
Il s’agit probablement de cette Juliana Anicia, pour laquelle fut faite à la 
fin du ve siècle de notre ère une copie de Dioscoride, copie célèbre et 
magnifique, conservée autrefois à Constantinople avec un soin reli- 
gieux et qui existe aujourd'hui à Vienne. [l semble donc que les pre- 
miers auteurs de la liste des opérateurs, inscrite dans le manuscrit de 
Saint-Marc, aient eu connaissance du manuscrit de Dioscoride. 

5° Les articles relatifs à la trempe des métaux (fol. 104 et 118) sont plus 
développés dans le manuscrit de Saint-Marc que dans les manuscrits 2325 
et2327. Mais ils ne contiennent pas la mention caractéristique du bronze 
des portes de Sainte-Sophie (1), laquelleexiste dans ces deux manuscrits. 

6° Le passage d'Agatharchide sur les mines d’or existe (sauf la fin) dans le 
manuscrit de Saint-Marc, et il est conforme au fragment plus considérable 
du même auteur, conservé par Photius. Il a probablement été transcrit sur 
le texte même de Photius, car il n’offre que des variantes insignifiantes. 

Dans le manuscrit 2325, ce passage manque. 

Dans le manuscrit 2327, il a été remplacé par un résumé, qui en modifie 


profondément la signification. 


(1) Origines de l’Alchimie, page 103. 


196 INTRODUCTION 


7° La Chrysopée de Cléopâtre, avec ses figures multiples, forme une 
page entière du manuscrit de Saint-Marc, page que nous avons reproduite 
(p. 132 du présent volume). Dans les manuscrits 2325 et 2327, ce titre a 
disparu. Mais la figure principale, formée de trois cercles concentriques, 
avec ses axiomes mystiques, est à la même place ; c’est-à-dire en tête du 
mémoire de Zosime sur les instruments et fourneaux, avec lequel elle 
s’est confondue. C'est là l'indice d'une rédaction plus moderne, pour cette 
partie du moins, dans les 2325 et 2327. Toute cette comparaison a été dé- 
veloppée, p. 134 à 137. 

8° Au contraire, le labyrinthe de Salomon, figure cabalistique, offre une 
physionomie très postérieure. [1 a été transcrit vers le xrv° siècle et 
après coup dans le manuscrit de Saint-Marc {v.p. :57).Maisil manque dans 
les manuscrits 2325 et 2327. L'existence simultanée dans un même manus- 
crit de la Chrysopée de Cléopâtre et du labyrinthe de Salomon peut être 
regardée comme une preuve sans réplique, propre à établir que ce manuscrit 
a été copié (par voie directe ou indirecte) sur celui de Saint-Marc. 

9° Dans la Chrysopée de Cléopâtre, on aperçoit le serpent Ouroboros, 
figuré simplement, avec l’axiome central ἕν τὸ πᾶν, au-dessous des cer- 
cles concentriques. Mais ce serpent n’accompagne pas les trois cercles 
concentriques dans les manuscrits 2325 et 2327. En outre, dans Saint- 
Marc, il n'a pas de pattes. Dans le manuscrit 1174 du Vatican, on trouve 
aussi une figure simple du serpent, mais avec quatre pattes. Dans le 
manuscrit 2327, il y a deux grandes figures du serpent, avec quatre pattes, 
l'une avec deux anneaux, l’autre avec trois anneaux coloriés (figure 
34, p. 157), sans légende intérieure, mais avec une page entière de com- 
mentaires (Texte grec, I, v, et I, vi), tirés en partie de Zosime et d'Olym- 
piodore. 

10° Plusieurs traités de l’Anonyme, sans dédicace dans le manuscrit 
de Saint-Marc, sont adressés à l’empereur Théodose dans d’autres manu- 
scrits, tel que celui du Vatican (ν. Ρ. 192). Il y a là l'indice d’une filiation 
spéciale. 

Le nom de Sergius, auquel sont adressés quelques traités du Philosophe 
Chrétien, donne lieu à des remarques analogues; car il n'existe pas dans 


tous les manuscrits. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 197 


119 Le manuscrit 2325 ne renferme pas les poètes ; ceux-ci devaient donc 
former à l’origine une collection à part. 

12° Le manuscrit 2325 ne renferme aucun traité de vieil auteur impor- 
tant, qui ne soit dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Il contient en moins le traité d’Ostanès, les chapitres de Zosime à Théo- 
dore, le serment de Pappus, le traité de Cléopâtre (poids et mesures) et quel- 
ques autres articles ; articlesquimanquentégalementdansle manuscrit2327. 

La liste des signes offre certaines confusions et diversités {v. pages 97 et 
98 du présent volume). 

Le manuscrit 2325 ne contient aucune trace des traités de Comarius. 

Il contient en plus, par rapport à Saint-Marc, certains traités techniques, 
tel que celui de l'arabe Salmanas sur les perles, et la fabrication des éme- 
raudes et autres pierres colorées, d’après le livre du Sanctuaire. La Chry- 
sopée de Cosmas est ajoutée à la suite, d'une écriture plus moderne et 
presque effacée. 

Dans le manuscrit 2325, l’ordre relatif est absolument, et du commen- 
eement àlafin, le même que celui du manuscrit 2327. Ce dernier dérive évi- 
demment d’un type commun, mais complété par des intercalations et ad- 
ditions considérables. 

Au contraire, l'ordre relatif est trèsdifférent entre ces deux manuscrits et 
le manuscrit de Saint-Marc : on y reviendra. 

13° Examinons les traités qui manquent dans le manuscrit de Saint-Marc 
et qui existent dans le manuscrit 2327. Parlons d’abord de ceux qui portent 
des noms d’auteurs. 

Le manuscrit 2327 débute par la lettre de Psellus adressée à Xiphilin. 
Dans certains manuscrits, cette lettre est adressée à Michel Cérularius; 
l'identité complète des deux lettres aurait besoin d’être vérifiée. 

Le traité de Comarius se trouve dans le manuscrit 2327, sous sa forme 
la plus complète. 

Je signalerai encore : 

Le traité de Jean l'archiprêtre, qui manque dans le 2325 : 

Le traité de Salmanas et celui des émeraudes, qui s’y trouvent au con- 
traire, ainsi que laChrysopée de Cosmas, transcrite à la suite et à une époque 


postérieure dans 16 2325 ; 


198 INTRODUCTION 


Les livres de Sophé (Chéops); 

La lettre d’Isis à Horus ; 

Le livre de Démocrite à Leucippe; 

Le traité d’Agathodémon sur l'oracle d'Orphée ; 

La coction excellente de l’or, avec les procédés de Jamblique ; 

La chimie domestique de Moïse ; 

14° Enfin, parmi les articles anonymes manquant dans le manuscrit de 
Saint-Marc, et existant dans le manuscrit 2327, on peut citer : 

La liste des faiseurs d’or (manquant dans le 2325). 

Ainsi que tous les articles et traités consécutifs, tels que: 

Le serpent figuré, avec commentaires ; 

Le travail des quatre éléments ; 

L'assemblée des philosophes ; 

L’énigme alchimique, dont les vers. existent cependant à l’état séparé 
dans une addition postérieure du manuscrit 2325 ; 

La liste planétaire des métaux; 

La liste des mois; 

Le traité de la'fusion de l'or. 

Et diverses additions finales (voir Origines de l’Alchimie, p. 346). 

15° La lettre d’Isis à Horus mérite d’être signalée, comme élément de 
classification des manuscrits, autres que celui de Saint-Marc. En effet, 
elle existe sous deux rédactions très différentes dans le manuscrit 2327 
et dans le manuscrit 2250 (Texte grec, I, χπὶ et 1, xur bis). Il y a aussi de 
grandes différences entre les divers textes d'Olympiodore. 

16° Au point de vue de l’ordre relatif, les parties communes de la plupart 
des manuscrits offrent souvent de très grandes différences. Le manuscrit 
2327,en particulier, présente un essai de coordination systématique, qui fait 
défaut dans les parties semblables de celui de Saint-Marc. En effet, on y voit, 
à la suite de la lettre de Psellus, sorte de préface, des indications géné- 
rales, telles que : le traité de Cléopâtre sur les poids et mesures, lequel 
figure au contraire au milieu du manuscrit de Saint-Marc, et qui était 
même placé vers la fin dans l’ancienne liste de ce dernier. 

Puis viennent dans le manuscrit 2327 : les signes, lesquels sont au début 


du manuscrit de Saint-Marc ; 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS . 199 


Et le lexique, qui ne se trouve que vers les deux tiers de ce dernier 
manuscrit (presqu’à la fin dans l’ancienne liste). 

Dansle manuscrit2327, on litensuite les traités de Démocrite, de Synésius 
et de Stéphanus, le premier étant le plus ancien, et les autres représentant 
des commentaires successifs de ce traité. 

Tandis que dans le manuscrit de Saint-Marc, on débute par Stéphanus; 
les poètes; Pélage, qui est rejeté vers la fin du manuscrit 2327 ; Ostanès, 
qui y manque; puis viennent Démocrite et Synésius : c’est-à-dire qu'il 
n'existe aucun ordre systématique dans ce manuscrit. 

179 Les poètes, qui suivent Stéphanus dans le manuscrit de Saint-Marc, 
sont placés beaucoup plus loin, et avant la liste des faiseurs d’or, dans le 
manuscrit 2327. Leur texte offre des différences considérables, suivant les 
manuscrits. 

18° Le serpent et Olympiodore manquent dans le manuscrit 2325. 

Le dernier texte est à part dans les manuscrits qui le contiennent et il 
offre des variantes très notables. 

19° Les traités de Zosime sur les fourneaux et appareiïls viennent pareil- 
lement après. Seulement, dans le manuscrit 2327, c’est une répétition de 
traités déjà transcrits une première fois à la suite de Stéphanus: ce qui 
indique que le copiste puisaità deux sources différentes (v.p. 169 sur le ma- 
nuscrit Ru. 6 de Leïde). Le texte de ces traités offre de grandes variantes, 
qui vont parfois jusqu’à des rédactions distinctes, quoique parallèles. 

209 Les additions initiales et finales, faites sur les pages de garde, marges 
et parties blanches des manuscrits, sont très importantes pour en marquer la 
filiation. Jeciteraïi : dansle manuscrit de Saint-Marc l'addition de la première 
feuille sur la scorie, avec paroles et signes magiques (v. p. 151), et letraité 
sur les songes de Nicéphore ; 

Dans le manuscrit 2327, la lettre de Psellus au début, les fragments sur la 
colle, sur l’asbestos (1), etc., et vers la fin, le dire de Rinaldi Telanobebila 
(Arnaud de Villeneuve), εἴς... (voir Origines de l’Alchimie, p.336 et 346). 


Il y a encore bien d’autres différences de détail dans la distribution des 


(1) C’est l’article : Zosime dit sur la entre la préface de Psellus et le traité 
Chaux, ajouté sur des pages blanches, de Cléopâtre. 


200 INTRODUCTION 


traités du Chrétien et de l’Anonyme, maismoins importantes. Les remarques 
précédentes sont d’ailleurs assez nombreuses et minutieuses pour permettre 


de caractériser les filiations des manuscrits. 


VIII. — Hypothèses générales sur l'origine et la filiation des manuscrits 
alchimiques grecs. 


D’après l’ensemble des observations que j’ai recueillies, l'origine des ma- 
nuscrits alchimiques grecs pourrait être établie avec quelque probabilité 
de la manière suivante: 

1° Il existait en Egypte, avant l'ère chrétienne, des groupes de recettes 
techniques, relatives à l’orfèvrerie, à la fabrication des alliages et des métaux 
pour les armes et les outils, à la fabrication du verre et des émaux, à la tein- 
ture des étoffes, à la matière médicale. 

L'emploi de ces recettes était accompagné par certaines formules ma- 
giques. 

Le tout était transmis traditionnellement, comme secret de métier, depuis 
une époque fort reculée, avec le concours de signes hiéroglyphiques, des- 
tinés à servir de mementos, plutôt qu’à exposer le détail des opérations (1). 

Ces signes étaient inscrits sur des stèles ; ils étaient anonymes, comme 
toute la science égyptienne d’alors. Il semble qu’il y avait aussi des textes 
écrits en démotique sur papyrus ; tels étaient le Livre du Sanctuaire, cité à 
plusieurs reprises, et le texte transcrit dans le papyrus V de Leide (p. ὃ du 
présent ouvrage). 

2° Versl'ère chrétienne, on commença à écrire en grec{sur papyrus), les 
recettes et les formules magiques, d'une façon précise et détaillée. Une partie 
de ces recettes nousontété transmisesdans les écrits de Dioscoride, de Pline 
et de Vitruve. 

Les papyrus de Leide, écritsau siècle, mais dontletexte est plus ancien, 
fournissent le détail précis et authentique de quelques-unes d’entre elles (ce 


volume, article I). La plupart decesrecettessontclaires, positives ; elles con- 


(1) Voir ce que j'ai dit sur la Chry- de l’Ecrevisse, pages 137 et 153 à 
sopée de Cléopâtre et sur la formule RE 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 201 


cernent limitation, parfois frauduleuse, de l’or et de l'argent, ainsi que la 
fabrication de l’asèm, alliage doué de propriétés intermédiaires. Dioscoride 
et le papyrus V ont conservé le nom de certains des auteurs d’alors, tels que 
Phiménas (Pammenès) et Pétésis. Il existait un grand nombre de papyrus 
analogues ; mais la plupart ont été détruits systématiquement par les 
Romains, vers le temps de Dioclétien. Cependant il est incontestable qu’un 
certain nombre de recettes relatives à l’asèm et à d’autres sujets, conservées 
dans nos manuscrits actuels, offrent un caractère semblable à celui du papy- 
rus et remontent probablement à la même époque. Le traité des émeraudes et 
pierres vitrifiées, « d’après le Livre du Sanctuaire », a été reproduit sans 
doute de vieux textes analogues, et il en est probablement de même du traité 
des perles, qui nous est venu sous le nom de l’arabe Salmanas: c’est vrai- 
semblablement l’auteur des derniers remaniements de ce traité technique. 

30 À la même époque, c’est-à-dire vers la fin du règne des Ptolémées, il exis- 
tait desécoles gréco-égyptiennes, participant dans une certaine mesure de la 
science hellénique: j'ai signalé spécialementuneécoledémocritaine, à laquelle 
appartenait Bolus de Mendès : cette école mit ses écrits sous le patronage 
du nom vénéré de Démocrite (Origines de l'Alchimie, p.156 etsuiv.). Il nous 
en est parvenu un traité (Physica et mystica), formé de trois fragments, l’un 
magique, l’autre relatif à la teinture en pourpre, le dernier à la fabrication, 
ou plutôt à l’imitation de l’or et de l’argent. Les recettes du dernier fragment 
sont analogues à celles du papyrus de Leide ; quelques-unes même iden- 
tiques. Maïs, dans les écrits de cette école, les recettes positives sont associées 
à des interprétations mystiques, association que l’on ne trouve pas dans les 
papyrus de Leide; quoique la magie abonde dans ces derniers. 

49 L'École Démocritaine d'Égypte a créé une tradition scientifique, spé- 
cialement en alchimie; tradition qui s’est prolongée jusqu'au vi siècle de 
notre ère, par toute une suite décrits originaux et de commentaires, lesquels 
forment la partie principale de nos collections actuelles. 

Les auteurs qui l’ont continuée au début étaient des gnostiques, des païens 
et des juifs, qui ont développé de plus en plus le symbolisme mystique. 

Le principal auteur venu jusqu'à nous, Zosime, semble avoir constitué 
vers la fin du 11° siècle, une sorte d’encyclopédie chimique, reproduisant 


spécialement lestraités de Cléopâtre, sur la distillation, ceux de Mariela Juive, 


20" 


202 INTRODUCTION 


sur les appareils à digestion, ceux de Pamménès et de Pétésis, sur les alliages 
métalliques, etc. Nous possédons près de 150 pages tirées des ouvrages de 
Zosime, sous la forme d'extraits faits plus tard par des Byzantins, non sans 
quelques additions ou interpolations, dues aux commentateurs. 

Les écrits d’Africanus, auteur aujourd’hui perdu, seraient du même temps 
que Zosime. Nous en avons quelques fragments dans nos textes alchimiques. 

5° Vers la même époque que Zosime et Africanus remontent les écrits 
pseudonymes attribués à Sophé (Chéops), qui rappellent un texte d’Africa- 
nus, compilé par Eusèbe (1). 

Avant Zosime également, ou vers le même temps, ont été écrits Les frag- 
ments attribués à Hermès, à Agathodémon, les écrits du Pseudo-Moïse, les 
recettes de Jamblique, ainsi que la lettre d’Isis à Horus. 

60 Entre le faux Démocrite et Zosime, semblent aussi se placer les écrits 
d'Ostanès, de Pélage, de Comarius, de Jean l’Archiprêtre. Mais, sous la 
forme où nousles possèdons, ces écrits manquent d'authenticité. Il est diffi- 
cile d'y distinguer la trame originale des interpolations successives faites 
par les moines chrétiens d'Alexandrie et de Byzance. 

7° C'est au même temps que remonterait la première rédaction des textes 
actuels des traités techniques sur le verre, les perles artificielles, la trempe 
des métaux, etc.; textes qui se rattachent à une tradition beaucoup plus 
ancienne, mais qui ont été remaniés à diverses reprises, pendant le cours 
des siècles. 

8° Vers le temps des deux empereurs Théodose, on trouve le commentaire 
de Synésius sur Démocrite, qui est l'ouvrage le plus philosophique de toute 
la série, et le groupe des poètes, complété plus tard. 

9° Olympiodore, auteur un peu postérieur, se rattache aussi aux commen- 
tateurs Démocritains. 

10° La tradition se continue par le Philosophe Chrétien, par l’Anonyme, 
et par Stéphanus, jusqu’au vire siècle de notre ère. Les traités pseudonymes 
d'Héraclius etde Justinien, aujourd’hui perdus, seraientausside cette dernière 


époque; car ils ont précédé les Arabes, qui citent fréquemment Héraclius. 


(1) Origines de l'Alchimie, p. 58. Les tre, Manéthon, Pythagore, seraient 
traités astrologiques et autres de Zoroas- aussi du même temps. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 203 


11° Vers le vu ou le vie siècle de notre ère s’est constituée une première 
collection, qui semble avoir été formée autour du commentaire de Sté- 
phanus, avec adjonction des auteurs de l'École Démocritaine et des premiers 
commentateurs. Cette collection, grossie par celle des poètes et par plusieurs 
autres dont j'ai donné la liste (p. 178), et reprise parmi les 53 séries de 
Constantin Porphyrogénète, au x? siècle, aurait servi à constituer le pro- 
totype, duquel dérivent la vieille liste de Saint-Marc et le manuscrit de 
Saint-Marc. 

Cependant un certain nombre de mémoires d'auteurs renommés,de recettes 
partielles et plusieurs traités techniques n'étaient pas compris dans cette 
collection. Ils sont entrés plus tard dans d’autres collections, fondues 
avec la principale dans le manuscrit 2325, et depuis, avec des additions plus 
étendues, dans le manuscrit 2327. 

Les traités de Cosmas et de Blemmydès sont postérieurs. 

12° Je pourrais essayer d'expliquer maintenant plus en détail, comment 
la collection primitive, modifiée par des additions successives, a constitué 
plusieurs prototypes, dont le principal (ΟἹ répondait au manuscrit qui a 
précédé la liste initiale du manuscrit de Saint-Marc. 

De ce prototype a dérivé un manuscrit {P), répondant à cette liste. 

Mais il a perdu plus tard les cahiers qui renfermaient les traités attribués 
à Héraclius et à Justinien et il a formé alors un autre type (Ὁ). 

C'est à cet autre type que se rattache le manuscrit 2527, quoique non direc- 
tement. En effet, il a été grossi par l’adjonction de traités tirés d’un autre 
prototype, contenant par exemple Jean l’Archiprètre, la lettre d’Isis, etc. ; 

A un certain moment, le type (Q) a éprouvé une mutilation, vers la fin 
des lecons de Stéphanus, et il a perdu plusieurs feuillets, comprenant cette fin 
et le commencement du traité de Comarius. Cette mutilation n’a pas coïn- 
cidé avec la première, attendu que le manuscrit 2327 contient la fin de 
Stéphanus et le traité de Comarius ; tandis que les traités d'Héraclius et de 
Justinien y manquent. 

C’est plus tard qu’un copiste ignorant, ayant transcrit à la suite le manus- 
crit mutilé, sans s’apercevoir de la lacune, a constitué le type (R), qui est 
celui du manuscrit actuel de Saint-Marc ; une lacune analogue y a mutilé 


le traité du jaunissement, etc. ; 


204 INTRODUCTION 


Le manuscrit de Saint-Marc a perdu dans le cours des siècles un ou 
plusieurs folios, à la fin des fragments d’Agatharchide; 

Il a eu plusieurs cahiers transposés par le relieur, cahiers qu'il a conservés 
d’ailleurs; 

Enfin il a éprouvé diverses additions, telles que le Labyrinthe de Salo- 
mon et quelques autres, aux xv° et xvie siècles. C’est ainsi qu’il nous est 
parvenu. 

La filiation des manuscrits 2325 et 2327 est plus complexe. Rappe- 
lons d’abord que le contenu et l'ordre relatif du manuscrit 2325, le plus 
ancien des deux (x siècle), se retrouve exactement dans le manuscrit 2327 
{xv'siècle), Mais ce dernier est plus étendu et renferme un grand nombre de 
traités techniques ou mystiques, qui manquent dans le manuscrit de Saint- 
Marc et qui ont été tirés de prototypes tout différents. Aussi, quoiqu'il 
représente sur certains points une rédaction plus moderne que celui de 
Saint-Marc, il en est d’autres où il répond à des souches antérieures. Le 
manuscrit 2275 paraît la copie directe du 2325; le manuscrit 2320, le 
second manuscrit de l’Escurial, le manuscrit de la Laurentienne et celui 
de Turin, dérivent du manuscrit 2327, ou d’une souche commune. 

Les manuscrits 2250, 2251, 2252, qui appartiennent à une même copie 
faite au xvn° siècle (1), accusent une souche distincte à certains égards des 
précédentes : par exemple, pour la rédaction de la lettre d’Isis à Horus. Le 
manuscrit du Vatican et celui de Leide, Voss. n° 47, offrent aussi d'assez 
grandes diversités, quoique dérivés en somme de la même souche que le 
manuscrit de Saint-Marc. 

Sur le manuscrit de Saint-Marc, ont été copiés directement ou indirecte- 
ment (2) presque tous ceux qui existent en Allemagne, d’après ce que j'ai 
pu savoir : tels celui de Munich, qui a servi à la publication d’Ideler, celui 
de Gotha, probablement ceux de Vienne et de Breslau; de même le numéro 
2249 de la Bibliothèque de Paris, celui sur lequel Pizimenti a fait sa traduc- 


tion latine. l'un de ceux de l'Ambroisienne, l’un de ceux de l’Escurial, etc. 


(1) Mise au netdu 2329 corrigé, pour rées des autres souches, telles que la let- 
la majeure partie. tre de Psellus, le traité de Démocrite à 
(2) Avec certaines additions finales, ti- Leucippe, la lettre d’Isis à Horus, etc. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 205 


Pour pousser plus loin la discussion détaillée de toute cette filiation, 
ilserait nécessaire de faire une comparaison minutieuse de tous les manus- 
crits, comparaison dont je ne possède pas encore les éléments complets ; 


je ne crois donc pas utile d’en dire davantage. 


IX. — Sur le manuscrit grec 2419 de la Bibliothèque nationale de Paris. 


Ce manuscrit in-folio, transcrit vers 1460 par Georges Midiates (fol. 288), 
est des plus précieux pour l’histoire de l’Astronomie, de l’Astrologie, de 
l’Alchimie et de la Magie au moyen âge; c'est uneréunion indigeste de docu- 
ments de dates diverses et parfois fort anciens, depuis l'Almageste de Ptolé- 
mée et les auteurs arabes jusqu'aux écrivains de la fin du moyen âge. L'écri- 
ture en est souvent difficile à déchiffrer. La table des matières de ce manu- 
scrit a été imprimée dans le Catalogue de ceux de la Bibliothèque nationale 
de Paris. Aussi je me bornerai à relever les morceaux et traités qui offrent 
quelque intérêt pour les études auxquelles le présent volume est consacré. 

Au folio 1 se trouve une grande figure astrologique du corps humain, des- 

- sinée avec soin, placée au milieu de deux cercles concentriques, avec indica- 
tion de la relation entre ses parties et les signes du Zodiaque. Cette figure 
répondant à des textes d'Olympiodore (τὴ et de Stéphanus, je crois utile 
d’en donner la description. 

En haut: le Bélier. Puis se trouvent deux séries parallèles, l’une à droite, 


l’autre à gauche. 


A droite : A gauche: 

Le Taureau commande le cou. Les Gémeauxcommandentlesépaules. 

’Ecrevisse. ττος: ἘΠ ἸΡοΟϊΐεῖπε: [Π5 6} ΠΡ ΟΠ τ . «τον -ος τι τις: le cœur. 

ILE MORTE SE 06006 .. l’estomacet | La Balance....... SE8006c les deux fes- 
le ventre. ses. 

ΞΕ ΘΟ Ρί ΟΠ ee 2 les parties | Le Sagittaire........... lesdeuxcuis. 
génitales. ses. 

BeCapricorne.......- les genoux: | LeMVerseau-."""2" les jambes. 


Au bas, les Poissons commandent les pieds. 


(x) Texte grec, p. 101 et τοῦ. 


206 INTRODUCTION 


On peut voir un texte analogue dans la Bibl. Chem. de Manget, I, 917. 

Au folio 32, on rencontre le cercle de Pétosiris, pour prévoir l'issue des 
maladies ; cercle dont j'ai donné (p. 88) la photogravure et la description. 

Au folio 33, on lit deux tableaux horizontaux analogues, que j'ai également 
décrits, à cause de leur similitude avec le tableau d'Hermès du manuscrit 
2327 (p. 87) et avec la sphère de Démocrite du papyrus de Leiïde (p. 86). 

Ils accompagnent des traités de l’astrologue Pythagoras et divers calculs 
pour connaître le vainqueur d’un combat singulier. 

Au folio 46 verso,on rencontrela liste desrelations entre les planètes et les 
métaux et autres corps subordonnés à ces astres. Cette liste est la même qui 
figure dans plusieurs manuscrits alchimiques ; les noms en sont également 
grecs; quelques-uns sont transcrits en caractères hébraïques. La liste fait’par- 
tie d'un traité d’Albumazar, astronome arabe du 1xe siècle (800 à 885) de 
notre ère (v. p.79 du présent volume et Texte grec, p.24, notes). J'y relève 
deux indications caractéristiques. 

Le signe de la planète Hermès comprend parmi les corps dérivés, vers 
la fin de son paragraphe, le nom du mercure, ὑδράργυρος, et à la suite les 


mots : οἱ δὲ πέρσα! χασσίτερον ; « les Persans rangent sous ce signe l’étain ».. 

Le signe de Jupiter comprend l’étain et à la suite les mots : οἱ δὲ πέρσα! 
οὐχ οὕτως, ἀλλὰ διάργυρος. «Les Persans ne l’entendent pas ainsi, mais rangent 
sous ce signe le métal argentin» c’est-à-dire l’asèm ou électrum. Ceci est 
conforme à ce qui aété dit ailleurs sur les changements successifs des nota- 
tions métalliques et planétaires (pages 8r à 85). 

A la suite vient une liste des animaux répondant à chaque planète. 

Au folio 86 verso : sur les sorts royaux, traité attribué à Nécepso. 

Au folio 99-100 : figures de comètes. 

Au folio 119 : traité divinatoire de Zoroastre. 

Au folio 153 : tableau des mesures antiques. 

Au folio 154: tableau des signes et abréviations. Ils sont semblables en 
général à ceux de la fin de la liste du manuscrit 2327, sauf un petit nombre 
de différences : par exemple, pour les mots ange et démon|{voir p. 100); mais 
l’ordre n’est pas le même. 

Puis vient un ouvrage de Bothrus, qui s'intitule roi de Perse; c’est un 


astrologue, inconnu d’ailleurs. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 207 


Au folio 156 : autre cercle médical de Pétosiris, dont j'ai donné la pho- 
togravure et la description (p. 90). 

Au folio 265 verso : liste des plantes qui répondent aux 12 signes du 
Zodiaque, d’après Hermès Trismégiste. 

Au folio 271 verso et au folio 272 : préparations chimiques. 

Au folio 273 :motsmagiques, analogues à ceux qui figurent dansJamblique, 
dans les papyrus de Leide, au-dessus de la formule de l’Ecrevisse dans le 
manuscrit de Saint-Marc (p. 153), etc.; sans qu'aucun m'ait paru identique, 
à première vue du moins. 

Au folio 274: une page renfermant un grand nombre d’alphabets magiques, 
lesquels ne sont autres que des alphabets grecs altérés {v. p. 156), analogues 
à ceux du manuscrit de Saint-Marc. Dix-sept de ces alphabets ‘figurent au 
recto, cinq au verso. La traduction existe à l'encre rouge, presque effacée, 
dans les intervalles des lignes. 

Au folio 274 verso : liste des signes,en4 lignes, sans traduction, sauf pour 
quelques mots tels que ceux-ci : cœur et foie. Cette liste se retrouve exacte- 
ment transcrite, vers la fin de celles du manuscrit 2327, PI. VI, 1. 20 à 25, 
jusqu’à ἀλόη (v. p. 100). 

Au folio 279 commence un ouvrage considérable intitulé : « la voie droite 
vers l’art de l’Alchimie, par le grand maître Pierre Théoctonicos. 

Cet ouvrage se poursuit jusqu’au folio 287 verso, où la fin est indiquée à 
l'encre rouge. « Voici la fin de la route pure du frère Ampertos Théoctonicos, 
le grand philosophe de l’Alchimie, transcrite par Georges Midiates. » 

Ce traité va être décrit tout à l'heure plus en détail. 

Au folio 288 : suite de préparations chimiques. Figure d’un entonnoir à 
filtration et d’une fiole à fond rond. 

Aux folios 319 à 341 : lexique étendu, donnant l'interprétation des noms 
des opérations, substances, plantes, maladies. Ce lexique renferme un certain 
nombre de mots arabes. Il y a beaucoup de noms chimiques. 

Revenons maintenant à l’ouvrage manuscrit de Théoctonicos, person- 
nage qui a donné lieu à diverses discussions de la part d'Hœæfer, lequel lui 
attribue le prénom de Jacob, et de la part de H. Kopp. L'examen dirett de 
son traité m'a paru utile pouréclaircir la question. Elle n’est pas sans intérêt; 


car c'est un des rares auteurs de quelque importance, cités dans les histoires 


208 INTRODUCTION 


de la chimie et sur lesqueis nous ne possédions pas encore de lumière 
suffisante. 

Le titre exact de l’ouvrage est le suivant : 
ας ὁδοῦ τοῦ μεγάλου διδασχάλου Πέτρου τοῦ Θεοχτονίχου πρὸς τὴν 
τέχνην τὴς ἀρχηυίας, titre déjà traduit plus haut; et au bas de la page : ἐγὼ ὁ 
Πέτρος Θεοχτόνιχος τῶν φιλοσόφων ὁ ἐλάχιστος. ; c'est-à-dire : 

« Moi Pierre Théoctonicos, le moindre des philosophes. » 

A la fin du traité, il est désigné sous le nom de τοῦ ἀδελφοῦ ᾿Αμπέρτου τοῦ 

La dernière forme rappelle le latin Albertus Teutonicus, personnage iden- 
tifié en général par les vieux auteurs avec Albert le Grand et sous le nom du- 
quelil existe un ouvrage latin d'Alchimie, désigné parfois parles mots : Semita 
recta. 

Cet ouvrage latin se trouve au tome XXI des œuvres d'Albert le Grand, 
qui est regardé ici comme un pseudonyme, et il estimprimé dansletomelIl 
du Theatrum Chemicum. Les deux textes latins concordent trèsexactement, 
comme je l’ai vérifié. L'ouvrage est écrit avec assez de sincérité; il date du 
x ou x1v° siècle. Les articles techniques qui le terminent sont complétés 
par des additions faites par quelques copistes plus modernes, d’après Geber, 
Razès, Roger Bacon, maître Joi (sic, pour Jean ?) de Meun, expressément 
nommés. Il semble même en certains endroits qu'il y ait deux étages d’ad- 
ditions. 

Or le traité de Théoctonicos est une traduction grecque du traité attribué 
à Albert le Grand, traduction antérieure aux textes latins imprimés que je 
viens de citer, et qui renferme certaines indications spéciales et différentes ; 
mais qui, par contre, ne contient pas les additions. C’est ce qui résulte de 
l'examen détaillé auquel je me suis livré. 


En effet, j'ai d'abord constaté la conformité générale du texte latin et du 


Ebsov πάλιν dreciyourac μονάγους χαὶ πρεσδυτέρους χαὶ χανονιχοὺς, χληριχοὺς 
; PEX > | χοὺς ἵ 0 Ξ 9) (lé > 
= . LA Al ἢ . 
φιλοσόφους χαὶ γραυματεῖς. Dans le latin : 
Inveni autem prædivites litteratos, abbates, præpositos, canonicos, phy- 


sicos et illiteratos, etc. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 209 


C'est-à-dire (d’après le grec): 

« Jai trouvé des moines éminents, des prêtres, des chanoines, des clercs, 
des philosophes et des grammairiens. » 

Le texte grec est plus ferme que le texte latin; cependant il est difficile de 
refuser d'admettre que la phrase précédente ait été traduite du latin. 

A la page suivante, folio 279 verso, on retrouve pareïillement dans les 
deux langues la phraséologie ordinaire des alchimistes : 

« Voulant écrire pour mes amis, de façon que ceux qui voient ne voient 
pas, et que ceux qui entendent ne comprennent pas, je vous conjure, au nom 
de Dieu, de tenir ce livre caché aux ignorants. » 

Le texte grec est plus développé que le latin dans le passage suivant 
(même page): 

« J’ai écrit moi-même ce livre, tiré des livres de tous les philosophes de la 
science présente, tels que Hermès, Avicenne, Rhazès, Platon et les autres 
philosophes, Dorothée, Origène, Geber (?), beaucoup d’autres, et chacun a 
montré sa science ; ainsi que Aristote, Hermès {1) et Avicenne. » Cette suite 
de noms propres et d’autorités manquent dans le latin. 

Le traité poursuit pareillement, en expliquant dans les deux langues qu'il 
faut réduire les métaux à leur matière première. 

Puis commence un autre chapitre, qui débute par ces mots singuliers 


(fol. 280), en grec : ᾿Αρχημία ἔστιν πρᾶγμα παρὰ τῶν ἀρχαίων εὑρισχομένην, 


χιυία δὲ ται ῥωμαιστὴ; φραγγιχὰ δὲ μᾶζα (sic). 

« L’Alchimie est une chose découverte par les anciens: on l'appelle Chimie 
en romaique, Maza en langue franque. » 

Dans le texte latin on lit, dans les deux publications citées : « Alchimia est 
ars ab Alchimo inventa et dicitur ab archymo græcè, quod est massa latinè. » 

« L’Alchimie est un art découvert par Alchimus; c’est d’après le mot grec 
archymus qu’elle a été nommée, mot qui signifie massa en latin. » 

Cette phrase étrange se trouve aussi dans le Liber trium verborum Kalid 
(Bibliotheca Chemica de Manget, τ. Il, p. 18o) : « Alchimia ab Alchimo 
inventa. Chimia autem græcè, massa dicitur latinè. » 


Pic de la Mirandole, au xvi° siècle, cite aussi cet Alchimus,en répudiant 


(1) Figuré par le symbole de la planète Mercure. 


τῷ 
ou 
. 


210 INTRODUCTION 


l’étymologie précédente. Il γ a là sans doute quelque réminiscence de l’ancien 
Chymès{r). Quant au mot μᾶζα ou massa, il existe comme synonyme de la 
Chimie dans le Lexicon Alchemiæ Rulandi (au mot Kymus). 

Le latin explique ensuite que les métaux difèrent seulement par une 
forme accidentelle et non essentielle, dont on peut les dépouiller : 

Formä accidentali tantum, nec essentiali : ergo possibilis est spoliatio 
accidentum in metallis. Mais le grec est ici plus vague. 

Au contraire, le grec développe davantage la génération des métaux et 
parle de la terre vierge (2), comme l’ancien Hermès : διὰ γῆς παρθένου at 
σαθρῆς ; ce que le latin traduit simplement par terra munda, la terre pure. 

Les deux textes se suivent ainsi parallèlement, avec des variantes consi- 
dérables et des développements inégaux. Puis viennent la description des 
fourneaux (fol. 282), celle des quatre esprits volatils : le mercure (signe dela 
planète Hermès), le soufre, l’arsenic (même signe que celui de la PI. VI, 
1. 26), le sel ammoniac. Le nom ancien de l’orpiment, ἀρσένιχον, est changé 
ici en ἀοριπήγματον : Ce qui est une transcription littérale du latin auri pig- 
mentum, transcription montrant par une nouvelle preuve que le texte ori- 
ginal a été écrit en latin. Divers sels, le tartre, le vert-de-gris, le cinabre, la 
céruse, le minium figurent ici. 

Puis viennent les opérations, dont la description fournit des équivalences 
intéressantes entre les mots grecs du xive siècle et les mots latins; équiva- 
lences dont plusieurs sont distinctes des anciennes expressions contenues 
dans les premiers alchimistes. 

Parexemple (fol. 285). 

δίνισμα, qui voulait dire à l’origine limaille, est traduit par sublimatio.— Il 
y a ici l’idée de l’atténuation extrême de la matière, exprimée plus tard par 
le mot alcoolisation, qui voulait dire réduction à l’état de poudre impalpable. 


᾿Ασθέστωμα. — Calcinatio. — Ce mot nouveau a remplacé l’ancien ἴωσις ; 


΄ 


et le mot ἄσδεστος, ou calx (chaux métallique), s’est substitué à ἰός. 


Igyuz. — Coagulatio. — Solidification d’un corps liquide. 
Πῆξις. — Fixio. — Fixation d’un corps volatil. 
᾿Ανάλυψα. — Solutio. — Dissolution. 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 167- | (2) Origines de l’'Alchimie, p. 63. 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 211 


Στάλαγμα. — Sublimatio. — C’est la distillation, opérée par vaporisation, 
ou par filtration. 

Κήρωμα. — Ceratio. — Ramollissement. 

“Evans. — Decoctio. — Cuisson, emploi de fondants. 


Les deux textes se suivent jusqu’au bout. 

Ainsi le traité de Théoctonicos n'est autre chose que la traduction grecque 
de l'ouvrage latin d’Alchimie attribué à Albert le Grand. Ce fait de la tra- 
duction en grec d’un ouvrage latin, au moyen âge, est exceptionnel. 
Peut-être s’explique-t-il par l'époque même où il s’est produit, qui est celle 
du contact forcé établi entre les Grecs et les Latins, par suite des croisades 
et de l'occupation de Constantinople. 

: On trouve d’ailleurs des textes grecs de la même époque, inspirés égale- 
ment des Arabes, parmi les manuscrits du Vatican, tels que le n° 914 (Recettes 
pour écrire en lettres d'or, etc.); le n° 1134, daté de 1378, sur le τίτανος, l'èhe- 
ξὶρ, l’arsenic, le sel ammoniac, les aluns, la cadmie, etc. (1). 

Je rappellerai encore la page d’Arnaud de Villeneuve, traduite en grec, 


qui se trouve ajoutée à la fin du manuscrit 2327 de Paris (fol. 291). 


X. — Manuscrits alchimiques de Leide. 


Il existe à Leide des manuscrits alchimiques grecs, signalés par divers 
auteurs et dont il n’a paru utile de prendre une connaissance plus appro- 
fondie. Mon fils, André Berthelot, déjà préparé par l'examen des manu- 
scrits du Vatican, et des bibliothèques allemandes (p. 191 et 193), s’est chargé 
de ce travail. Je vais en donner le résumé. 

Il y a deux manuscrits alchimiques grecs de quelque importance à Leide, 
lunintitulé : Codex Vossianus Græcus, n° 47, in-4°, 72 folios, très mal écrit, 
daté de 1440; l’autre provenant des livres de Ruhnkenius, savant helléniste 
du dernier siècle, inscrit sous la rubrique XXIII, Ru. 6, in-4°, 30 folios ; sur 
papier, écrit au xvnre siècle. J’appellerai pour abréger le premier : Voss. et le 
second : Ru. 


(1) Rapport sur les manuscrits alchi- dans les Archives des missions scienti- 
miques de Rome, par A. Berthelot, fiques, 5e s., τ. XIII, p. 835 et suiv. 


212 INTRODUCTION 


Ces manuscrits sont tous deux intéressants : le premier, Voss., parce qu’il 
renferme quelques fragments qui n'existent pas ailleurs; le second, Ru., en 
raison de certaines de ses figures, qui établissent complètement le passage 
entre les appareils des vieux manuscrits et l’aludel des Arabes. Je les αἱ 
données plus haut, avec commentaires (p. 167 à 173). 

Codex Ru. 6. Quant au texte même, le Ru. paraît, d’après une collation 
rapide mais précise, ne rien renfermer qui ne soit déjà contenu dans le 
manuscrit 2327 et plus spécialement dans celui de la Laurentienne. Il repré- 
sente d’ailleurs, non les textes mêmes, mais surtout une table des matières, 
suivie de quelques extraits, Il paraît donc inutile d’entrer ici dans plus de 
détails. 

Disons seulement que dans ce manuscrit le texte alchimique proprement 
dit comprend 20 folios, dont les quatre derniers consacrés au traité de 
Psellus. Puis vient un traité mutilé sur la musique (fol. 23-24) et un traité 
sur les oiseaux (fol. 25-29), déjà édité dans Κεῖ Accipitrariæ Scriptores, 
pages 243 à 255 (sauf que l’ordre des chapitres diffère). — Les signes du 
manuscrit2327, c'est-à-dire nos planches IV, V, VI, VIT et VIII (v. page 168) 
figurent textuellement dans Ru.; ce qui établit la filiation. 

Codex Vossianus. Ce manuscrit mérite une attention spéciale; car il se 
distingue à certains égards de tous les autres manuscrits alchimiques connus. 
Les textes chimiques commencent (fol. 4-11) par un abrégé des leçons de 
Stéphanus, se terminant par les mots : μετὰ τὸ 2x χάτω at γέλεσαν ; mots qui 
répondent à la fin des mêmes lecons dans le manuscrit 2325 (sauf γενήσεται 
au lieu de γέλεσαν). Cette circonstance joue un rôle essentiel dans la classi- 
fication des manuscrits (v. p.170 à 181). Puis vient une feuille blanche, suivie 
des mots: ἐχ τοῦ διαλόγου Κλεοπάτρας οὗ ἡ ἀρχὴ λείπει!. La phrase du début: Ἢ 
πλάνη ἐσπάρη ἐν τῷ χόσμῳ διὰ τὸ πλῆθος τῶν ἐπωνύμων, se trouve dans la o°lecon 
de Stéphanus, imprimée par Ideler (1. II, p. 247,1. 25). Cette phrase y est 
séparée du mot γέλεσαν par deux lignes de texte, supprimées dans Voss. 

Rappelons que j'ai établi plus haut (p. 192), comment la fin de la o° lecon 
de Stéphanus etle milieu du Dialogue de Cléopâtre ontété confondus et mis 
bout à bout dans le manuscrit de Saint-Marc, ainsi que dans le texte d’Ideler, 
par suite d’une erreur fort ancienne des copistes. La même confusion a lieu 


dans le Voss.; à cela près qu’il y manque les dix lignes (14 à 24) de la page 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 213 


248 d’Ideler, depuis le mot προσεγγίσαι qui y marque le début du fragment 
du Dialogue, jusqu'aux mots É is es βλέπετε τὸ θεῖον ὕδωρ τὸ ποτίζον 
αὐτὰ χαὶ τὴν νεφέλην, lesquels font en effet partie du Dialogue de Cléopâtre, 
dans le manuscrit 2327. — Dans Ideler, on les retrouve à la ligne 23 de 
la page 248. 

Tout ceci indique une confusion analogue, mais qui n’est pas identique 
dans les diverses copies. La dernière ligne du Dialogue dans le Voss. est 
la même que celle d’Ideler. 

Au folio 24 sont les extraits des poètes ; puis ceux de Pélage (fol. 14-17), 
d’'Ostanès (fol. 17), de Synésius: ce dernier déjà reproduit par Reuvens 
(lettre à M. Letronne). La plupart de ces extraits ont un caractère technique 
très manifeste. L'auteur abrège ou supprime la phraséologie mystique, 
conservant au contraire in extenso les recettes proprement dites. 

Puis vient Démocrite (Physica et Mystica), l'Anonyme, Zosime, sur la 
vertu (extrait, fol. 31 verso), et une série de petits écrits sur l’éséesrosetautres, 
qui se trouvent au long dans le manuscrit de Venise. Le tout se poursuit 
dans le Voss.sansrien de spécial, jusqu’au folio 40, περὶ ὀργάνων, de Zosime. 
— On rencontre alors la Chrysopée de Cléopâtre et des figures pareilles à 
celles du manuscrit de Venise. 

La similitude des figures est si grande que l’on ne saurait douter d'uneori- 
ginecommune; le Voss. reproduit en effet (fol. 49 verso) la Chrysopée {notre 
fig. 11), avec ces mots en face : ὅτι ἀπὸ ἀσχιάστου χαλχοῦ 

Er plus bas: Ἔχε: δὲ 2. Bros, ὕελος, σωλὴν : 

Puis (fol. 50 verso) les deux 


folio 51 recto, lesmots τς τό τρίθηχον ὑπόγραφε, etaubas . la ρᾷρϑ: οἱ δὲ τύποι 


οὕτως ; puis les mots ἔστιν ἀρχὴ; et la figure en cœur {notre fig. 31) 

Au folio 51 verso, la figure du tribicos {notre fig. 15) et celle de l’appareil 
distillatoire (notre fig. 16). 

Au folio 52 recto, en face : ἕτερον ποίησις χαὶ ἕτερον ἄρσις. 

Au folio 52 verso: les kérotakis (nos fig. 22 et 24). 

Au folio 53 recto : la palette (notre fig. 24 bis). 

Au folio 53 verso : les deux appareils à digestion (nos fig. 20 et 21). 

Au folio 55 verso: les trois autres figures de kérotakis, ajoutées sur les 


marges du manuscrit de Saint-Marc {nosfig. 25,26 et27),avec les mots : 672 


214 INTRODUCTION 


ἔχει τὸ ὀσράχινον ἄγγος χαλύπτον τὴν φιάλην τὴν ἐπὶ τὴν χηροταχίδα ἵνα περιθλέπη 
Puis viennent les figures et les mots: 
Ex φι ἔστι τὸ πλὺν (sic; mots abrégés). 
ἐχ τῶν ἰουδαιχῶν γράφων. 
Au folio 58 recto, la figure de la chaudière et du πόντος (notre fig. 18), 
qui n'existe dans aucun autre que celui de Saint-Marc. 
Aux folios 54 et 55, on lit quelques petits morceaux, d’un caractère spé- 
cial, qui débutent ainsi: 
τὰ τὴν ἀπὸ τοῦ χρυσορρόου ποταμοῦ σύμφυραν ἀφαιρέματι.... 


σε! φύραμα εἰς λεχάνην ὀστραχίνην... 


Les articlesquisuivent:surles feux, lecuivrebrûlé, latrempe du fer persan, 
et celle du fer indien, les poids et mesures (fol. 56 à 64), ne diffèrent pas du 
manuscrit de Venise. 

La liste des signes (fol. 70 à 72) reproduisant nos figures 3, 4, 5, PI. I, 
Il, III, est très significative; car c’est celle des signes du manuscrit de 
Saint-Marc, modifiée par des interversions, dues évidemment au copiste qui 
a embrouillé l’ordre des colonnes. La liste finale des noms des philosophes 
est exactement la même. 

A la fin on lit (fol. 70) la formule de l’Ecrevisse (notre fig. 28), avec son 
explication et le texte qui l'accompagne, dans l’addition faite au début du 
manuscrit de Saint-Marc (v. p. 152 à 155). Ce dernier texte est terminé de 
même par les mots : « Ainsi a été accomplie, avec l’aide de Dieu, la pratique 
de Justinien. » 

Formule et texte sont précédés par un autre morceau sur l'œuf, attribué à 
Justinien et que je vais reproduire, comme formant avec la phrase précédente 
les seuls débris qui nous restent de ces traités alchimiques de Justinien, 
indiqués dans la vieille liste du manuscrit de Saint-Marc{(p. 176). Il semble 
que c'était l’œuvre pseudonyme d'un commentateur, analogue à l’'Anonyme 
et à Stéphanus. En tout cas, l'existence de ce morceau prouve que le Voss. 
a dû puiser dans des sources perdues aujourd’hui. Cependant, sauf quel- 
ques petits fragments, on vient de voir que son contenu n'apporte rien 
d’essentiellement nouveau. Peut-être vaudra-t-il plus tard la peine d’être 


collationné avec le texte grec de la publication présente. 


1 
"--- 
σι 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 
Codex Vossianus (Leide), n° 47, in-4° — fol. 69 verso 
Ὃ Ἰουστινιανὸς οὕτως χέχληται τὰ πρὸς τὸ ὠὸν ἕχαστα. 


ΠῚ ͵ 2 ; 5 , , Sr ; 
ΟΝ APOKOV ὠχρᾶν ἀττιχὴν. σιγωπίδην πόντιον. νίτρον δούσιον. χαλχιτὴν σπτὴν. 


ΠΣ δὲ Σ ἘΣ Ἀ χὰ noov. χασσίτηρον. μόλιδδον (1). σῷ ΠΊΠΤΩ 
ὁ δὲ ὄστραχον, χαλχὸν, σίδηρον, χασσίτηρον, μόλιόδον (1). σῶμα στερεόν. 


a 


0 
So - 75 1 n » or DEN # = : 
γᾶλα σποδοῦ λευχῶν ξύλων. γάλα φοινίχης. ἀργυροζώμιον. ὕδωρ νίτρου λευχόν. 


« Justinien met ainsi en lumière chacune des parties relatives ἃ l’œuf 
(philosophique ; v. Texte grec, I, ur et 1, 1v) : 

Le jaune, c’est l’ocre attique; le vermillon du Pont; le nitre roux; la 
chalcite grillée; le bleu d'Arménie, le safran de Cilicie, la chélidoine. 

La coquille, c’est le cuivre, le fer, l’étain, le plomb, le corps solide. 

La chaux, c'est la terre de Chio, la pierre scintillante, la sélénite ; la 
gomme d’acanthe; le suc du figuier ; le suc du tithymale; la magnésie blan- 
che ; la céruse. 

L'eau jaune qui teint en bleu, c’est l'eau du soufre apyre, l'eau d’arsenic, 
l’eau citrine, le coquillage, l’aristoloche, l’eau de la pyrite dorée, l’eau de lie, 
et les autres choses. 

Il a appelé l’eau blanche : eau divine obtenue par écoulement, vinaigre, 
eau d’alun, eau de chaux, eau de cendresde choux, urine, lait nouveau pro- 
duit par une femelle (Ὁ), lait de chèvre, lait de la cendre des bois blancs, lait 


de palmier, liqueur argentine, eau de nitre blane, et le reste. » 


ΧΙ. — Manuscrits divers. 


Je relaterai, pour ne rien omettre, dans le manuscrit 113 de la Biblio- 


(ἢ Le nom de chaque métal est suivi de son signe dans le manuscrit. 


216 INTRODUCTION 


thèque du Métoque du Saint-Sépulcre, à Constantinople, un petit traité 
περὶ χημιχῶν, ainsi que la lettre de Psellus au patriarche Michel sur l’art 
chimique: ces indications m'ontété fournies par M. J. Psichari, qui a 
visité cette Bibliothèque lan dernier. 

Enfin M. Ludwig Stern a publié dans la Zeitschrift für ægypt. Sprache, 
pages 102-116, 3° livraison, 1885, des fragments d'un Traité copte, écrit à la 
fin du moyen âge et composé surtout d’une série de courts articles, qui 


5 x , Ω 
semblent avoir un caractère purement technique. 


XII. — Manuscrit arabe d'Ostanès. 


Il existe à la Bibliothèque Nationale de Paris un manuscrit alchimique 
arabe, renfermant un Traité attribué à Ostanès (n° 972 de l’ancien fonds). Ce 
manuscrit est d’une très belle écriture ; il a été transcrit au xiv° ou au xv® siècle. 
Un savant très compétent a bien voulu en traduire verbalement pour moi 
quelques pages, que j'ai prises sous sa dictée, etque je vais reproduire, à titre 
de renseignement : 

« Livre des Douze Chapitres d'Ostanès le Sage sur la Science de la Pierre 
illustre. Introduction. — Au nom de Dieu, etc., le sage Ostanès dit: ceci est 
l'interprétation du livre du Contenant, dans lequel on trouve la science de 
l’œuvre, sa composition etsa dissolution, sa synthèse et son analyse, sa dis- 
tillation et sa sublimation, sa combustion et sa cuisson, sa pulvérisation et 
son extraction, son grillage, son blanchiment et son noircissement, l’opéra- 
tion qui la rend rouge, sa fabrication avec des éléments provenant des règnes 
minéral, végétal, animal, etla constitution de l’or philosophique, lequel est 
le prix du monde : ainsi que l’acide et la composition du sel et le dégage- 
ment de l’esprit; la synthèse des mercures et l'analyse des soufres, et tout ce 
qui se rapporte à la méthode de l'œuvre. » 

Avant l'introduction, ilest dit que l'ouvrage a été traduit du pehlvi, du grec, 
etc, etc., et le traducteur prétendu ajoute : 

« La première partie renferme: un chapitre sur la description de la pierre 
philosophique et un chapitre sur la description de l’eau ; — sur les prépara- 
tions ; — sur les animaux. 


« La seconde partie renferme un chapitre sur les plantes ; — sur les tem- 


NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 217 


péraments; — sur les esprits ; — surles sels ; — un chapitre sur les pierres ; 
— sur les poids ; — sur les préparations ; — sur les signes secrets. 

« J’ai donné, ces choses, dit-il, d’après les paroles d’'Ostanès le Sage et j'ai 
ajouté à la fin deux chapitres, d'après les paroles d’Hercule (Héraclius) le 
Romain, les paroles d'Abu-Alid l’Indien, les paroles d’Aristote l'Égvptien, 
les paroles d'Hermès, les paroles d’Hippocrate, et les paroles de Géber, et 
les paroles de l’auteur d'Emèse. » 

Ailleurs, il cite Aristote comme son contemporain: « j’ai entendu Aristote 
dire... » 1] cite aussi Platon (fol. 34), Galien (fol. 19 verso), Romanus 
(fol. 17 verso et 23 verso), les livres des anciens en langue grecque (fol. 14 
verso), Abubekr (1), alchimiste arabe du 1v° siècle de l'Hégire (fol. 23 verso), 
Djamhour, autre alchimiste arabe (fol. 3). 

La personne qui me traduisait ces pages n’a pas retrouvé dans le manu- 
scrit les chapitres techniques annoncés plus haut et qui auraient offert beau- 
coup d'intérêt. Voici seulement quelques extraits, qu’elle a eu l'obligeance de 
me dicter : 

« 1% Chapitre : Sur la description de la pierre, tirée du livre ἐδ Conte- 
nant (2); le sage dit : 

« La premièrechose qu’il fautchercher, c'est la connaissance de la pierre 
qui fut recherchée par les anciens, et dontils acquirent lesecretavec le tran- 
chant du sabre. Et il leur fut interdit de la nommer, ou s’ils la mentionnaient 
nominativement, c’est par un nom vulgaire. Etils conservaient le secret 
jusqu’à ce qu’ils pussent le révéler aux âmes pures. » 

Et plus loin : 

« La pierre, on l’a décrite en disant qu’elle est l’eau courante, l’eau éter- 
nelle ; — qu'elle est le feu ardent, le feu glacé, laterre morte, la pierre dure, 
la pierre douce ; — c'est l’esclave fugitif; le stable et le rapide; la chose qui 
fait, celle qui est faite ; celle qui lutte contre le feu, celle qui tueparlefeu ; 
celui qui a été tué injustement, qui a été pris de force ; l’objet précieux, 
l’objet sans valeur ; la plus haute magnificence, la plus basse abjection; il 


exalte celui qui le connaît ; il illustre celui qui s’y applique ; il dédaigne 


(1) C'est Rhazès. — Voir Rufus d’E- (2) Ce titre est le même que celui de 
phèse, édition de 1870, préface, p. xLvin. l'ouvrage médical de Rhazès. 


28° 


218 INTRODUCTION 


celui qui l’ignore ; il abaisse celui qui ne le connaît pas; il est proclamé 
chaque jour partoute la terre. O vous, cherchez-moi, prenez-moi — etfaites- 
moi mourir, puis après m'avoir tué, brûlez-moi : après tout cela, je ressus- 
cite et j'enrichis celui qui m'a tué et qui m'a brûlé. S'il m'approche vivant 
du feu, je le rends glacé. Si l'on me sublime entièrement et qu'on me lie 
fortement, je retiens alors la vie dans mes convulsions extrêmes et par Dieu 
je ne m'arrête que lorsque je suis saturé du poison qui doit me tuer. » 

« Je t'ai montré ces sources (de la connaissance) en principe et non pas 
en fait. Et je n’airien caché, Dieu m’enest témoin... Je l’ai posée d’une façon 
exacte dans le but. — Il ne faut pas que tu le dépasses..…. » 

Ce langage mystique et déclamatoirerappelle à la fois Zosime et les vieux 
alchimistes arabes du moyen âge, cités dans Vincent de Beauvais. 

Au folio 62 on lit un second ouvrage, attribué aussi à Ostanès. En voici 
unextrait: « Le sage Ostanès diten réfléchissant eten regardant cette œuvre: 
L'amour de cette œuvre est entré dans mon cœur et en même temps le souci 
a pénétré en moi, de sorte que le sommeil a fui mes yeux et j'ai perdu le 
boire et*le manger: par là mon corps s’est affaibli et j’ai changé de couleur. 
Lorsque je vis cela, je m'adonnai à la prière et au jeûne. » 

« Il a prié Dieu, et ila vu, étant couché, une apparition qui lui dit: Lève- 
toi et elle le conduisit à un lieu où il vit sept portes. Mon guide me dit: 
ce sont les trésors de ce monde que tu recherches. Je lui dis : Donne moila 
faculté d’y pénétrer — Il répondit: il faut l’aile de l’aigle et la queue du ser- 
pent ». 

« Il vit plusieurs tablettes: sur l’une était écrit ce qui suit. C'était un 
livre persan, plein de science, où ilétait dit: l'Égypte est une contrée tout à 
fait privilégiée. Dieu lui a donné la sagesse et la science en toute chose. 
Quant à la Perse, les habitants de l'Égypte et des autres contrées lui sont 
redevables: rien ne réussit sans son concours. Tous les philosophes ontété 
en Perse, etc. » 

Il est difficile de distinguer dans ces citations ce qui appartient en propre 
à l’auteur arabe etce qui pourrait provenir d’une source grecque, plus ou 
moins éloignée. Mais le dernier morceau a une physionomie singulière ; 
on y voit alors une apparition, conformément aux vieilles traditions magi- 


ques du persan Ostanès ; l’éloge de la Perse semble pareillement l'indice 


MÉTAUX CHALDÉENS 219 


d’une antique tradition. On peut aussi rapprocher les paroles relatives à 
l'Egypte, de celles qui concernent la terre de l'Ethiopie dans le dialogue 
grec de Comarius (Ideler, T. 11, p. 253, lig. 11), dialogue où Ostanès est 


également cité (même ouvrage, II, p. 248, lig. 27). 


VII. — SUR QUELQUES MÉTAUX ET MINÉRAUX 


PROVENANT DE L'ANTIQUE CHALDÉE 


En poursuivant mes études sur les origines de l’'Alchimie et sur les métaux 
antiques, j'ai eu occasion d'examiner diverses matières, provenant, les unes 
du palais de Sargon, à Khorsabad, les autres des fouilles de Tello par 
M. de Sarzec. C'estgrâce à l'extrême obligeance de notre confrère, M. Heuzey, 
conservateur au musée du Louvre, que j’ai pu étudier ces échantillons, tirés 
des précieuses collections de notre grand Musée national. Je vais présenter 
les résultats de mes analyses, etj'exposeraiensuite divers documents nouveaux 
ou peu connus, relatifs à l’origine de l’étain employé par les anciens dans 
la fabrication du bronze. 

Commençons par les objets provenant de Khorsabad. 

Dans le cours de ses fouilles, en 1854, M. Place découvrit, sous lune 
des pierres angulaires du palais de Sargon, un coffre de pierre contenant 
des tablettes votives, couvertes d'inscriptions cunéiformes très nettes, des- 
tinées à rappeler la fondation de l'édifice (706 av. J.-C.). D’après M. Place, 
ces tablettes auraient été au nombre de cinq ; mais les inscriptions indiquent 
formellement qu'il y en avait sept, désignées nominativement. Quatre 
seulement de ces tablettes se trouvent aujourd'hui au musée du Louvre. 
Les trois autres sont perdues. Les quatre tablettes qui restent portent des 
inscriptions longues et détaillées. M. Oppert a publié la traduction de trois 
d'entre elles, dans l'ouvrage intitulé : Ninive et l'Assyrie, par V. Place 
(t. IT, p. 303 ; 1870). Le sens en est à peu près le même pour les trois et il se 
rapporte à la construction du palais. D'après cette traduction, les tablettes 
étaient en or, argent, cuivre, en deux autres corps dont les noms ont été 


identifiés avec le plomb etl'étain, ce dernier plus douteux, d’après M. Oppert: 


220 INTRODUCTION 


enfin en deux derniers corps portant le déterminatif des pierres employées 
comme matériaux de construction, et qui sont regardés comme du marbreet 
de l’albâtre. Malheureusement. chaque tablette ne contient pas à partlenom 
de la matière dont elle est faite. 

J'ai examiné les quatre tablettes actuellement existantes au Louvre. Elles 
sont rectangulaires et épaisses de plusieurs millimètres. La lame d’or est 
la plus petite ; elle se reconnaît aisément, quoiqu'elle ait perdu son éclat. 
Elle pèse environ 167 gr Elle a été façonnée au marteau. Le métal n’est pas 
allié avec un autre en proportion notable. 

La lame d’argent est également pure, ou à peu près. Elle est légèrement 
noircie à la surface, en raison de la formation d’un sulfure, comme il arrive 
à l’argent exposé pendant longtemps aux agents atmosphériques. Elle pèse 
environ 435€. Je donne ces poids à titre de renseignements, sans préjuger 
la question de savoir s'ils répondaient aux valeurs relatives des métaux à 
l'époque de la fondation du palais. On sait que le rapport de valeur de l'or 
à l'argent ἃ varié beaucoup suivant les temps et les lieux. 

La lame réputée de cuivre est profondément altérée et en partie exfoliée 
par l'oxydation. Elle pèse, dans son état présent , environ 9528". Ceci joint 
à la densité du métal, moindre que celle de l’or et de l'argent, suffit pour 
montrer que les dimensions en sont beaucoup plus considérables que celles 
des deux autres. La couleur en est rouge foncé, déterminée surtout par 
la présence du protoxyde de cuivre. Cependant ce n’est pas du cuivre pur, 
mais du bronze. En effet, un échantillon prélevé à la lime sur les bords 


renfermait, d’après l’analyse : 


TAN RER eee 57: 10,04; 

CUITE PR rer dote meer 85,25 ; 

OxVeÈNEMEC τ ΠῚ ἌΝ 
100,00 


Il n'ya ni plomb, ni zinc ou autre métal en quantité notable. La pro- 
portion de l’étain répond à celle d’un bronze jaune d’or; mais la présence 
du protoxyde de cuivre a altéré la couleur. Cette composition se retrouve 
d’ailleurs dans un grand nombre de bronzes antiques. Je citerai seulement 


un miroir égyptien, datant du xvue ou du χνπ siècle avarit notre ère, et que 


MÉTAUX CHALDÉENS 221 


j'ai analysé autrefois pour M. Mariette. Il renfermait 9 parties d’étain et 
οι de cuivre. 

La quatrième tablette est la plus intéressante de toutes, à cause de sa 
composition. Elle pèse environ 185:r. Elle est constituée par une matière 
d’un blanc éclatant, opaque, compacte, dure, taillée et polie avec soin. Elle 
a été réputée jusqu'ici formée par un oxyde métallique et désignée même à 
l'origine sous le nom de tablette d'antimoine, d’autres disent d’étain; d’après 
l'opinion qu’elle aurait été fabriquée autrefois avec un métal que le temps 
aurait peu à peu oxydé. Cependant, ni l’antimoine ni l’étain ne possèdent 
la propriété de s’altérer de cette façon, surtout lorsqu'ils sont contenus 
dans un coffre de pierre. Tout au plus le plomb ou le zinc sont-ils suscep- 
ubles de se changer en oxyde, ou en carbonate, dans un milieu humide ; 
mais alors ils se désagrègent et tombent en poussière, tandis que la tablette 
est parfaitement compacte et couverte d'une inscription très fine et d’une 
extrême netteté. Sa nature réelle constituait donc une véritable énigme. 

Pour l’examiner de plus près, nous avons d'abord pratiqué avec précaution 
un sondage, et constaté qu'il n'existait pas de feuille de métal centrale dans 
l’épaisseur de la tablette. L'analyse chimique a indiqué ensuite que la ma- 
tière de la tablette est du carbonate de magnésie pur et cristallisé, substance 
bien plus résistante aux acides étendus et aux agents atmosphériques que 
le carbonate de chaux. Le poli de cette tablette paraît avoir été complété à 
l'aide d’une trace presque insensible de matière grasse, laquelle se manifeste 
par calcination. 

Observons ici que notre magnésie et ses sels étaient inconnus dans l'an- 
tiquité et au moyen âge, lenom de magnésie ayant eu autrefois des sens très 
différents, multiples d’ailleurs (1). 

Dans Pline, ce mot désigne divers minéraux noirs, blancs, ou roux, 
provenant des villes et provinces du même nom: en particulier la pierre 
d’aimant ou pierre magnétique (qui en a conservé la dénomination); un 
minéral qui parait être notre oxyde de manganèse (autre transformation 
du même nom); enfin les pyrites de fer, de cuivre, peut-être d’étain 


et de plomb. Par extension, le nom de magnésie fut ensuite appliqué aux 


(1) Voir ce volume, p. 28, 66, 153 et plus loin. 


222 INTRODUCTION 


produits successifs : oxydes et même alliages, provenant du grillage et du 
traitement de ces diverses pyrites. 

Le sens du mot a changé encore chez les Alchimistes, qui l'ont étendu 
à certains alliages et amalgames, parfois argentifères. C’est seulement vers 
le xvin® siècle qu'il a été donné aux mélanges de sulfate et de carbonate 
de chaux, renfermant souvent des sels de magnésie; et finalement au car- 
bonate précipité du sel d’Epsom : dernière attribution qui a conduit le mot 
magnésie à sa signification actuelle. 

Quoi qu'il en soit, le carbonate de magnésie pur et cristallisé est un miné- 
ral fort rare, que Haüy ne connaissait pas encore au commencement de ce 
siècle. Son association intime avec le carbonate de chaux engendre la 
dolomie, roche au contraire fort répandue. On rencontre surtout le carbo- 
nate de magnésie proprement dit, en veines intercalées dans les schistes 
talqueux, serpentines et autres silicates magnésiens ; il résulte de la décom- 
position lente de ces schistes par les agents naturels. La matière de la 
tablette du palais de Sargon renferme en effet quelques traces de silice, qui 
trahissent la même origine. 

Le choix d’un minéral aussi exceptionnel, pour fabriquer une tablette sa- 
crée, n’a pas dû être fait au hasard : il répondait sans doute à quelque idée 
religieuse particulière. En tous cas, il prouve que les Assyriens connais- 
saient le carbonate de magnésie comme une substance propre. Α quel mot 
répondait réellement cette tablette dans l'inscription, où elle paraît figurer 
sous l’un des noms réputés jusqu'ici métalliques ? Malgré l’absence d'une 
dénomination spéciale sur cette tablette, M. Oppert a bien voulu me dire 
qu’elle était désignée par le mot a-bar, pris auparavant pour celui de l’étain. 

Il m'a semblé utile, pour tâcher d'obtenir quelque lumière nouvelle à cet 
égard, d'analyser la matière même avec laquelle sont construits les grands 
taureaux du musée du Louvre et de rechercher surtout si elle contiendrait 
de la dolomie. Mais j’ai vérifié que c’est du carbonate de chaux cristallisé, 
présentant la constitution physique soit du marbre, soit plutôt de cette va- 
riété de calcaire, confondue autrefois sous le nom d’albâtre avec le sulfate 
de chaux anhydre. Il ne m’appartient pas de discuter davantage la question 
philologique de la vraie dénomination de ces matières (v. ce volume, p. 80). 


Pendant que j'étudiais les tablettes de Khorsabad, M. Heuzey appela mon 


MÉTAUX CHALDÉENS 228 


attention sur certains objets métalliques, provenant des fouilles faites à Tello 
par M. de Sarzec : c'étaient un fragment d'un vase et une figurine votive. 

Le fragment représente une portion d’un cordon circulaire cylindrique, 
de 7mm à 8mm de diamètre, qui formait l’orifice d’un vase moulé, préparé 
par fusion et coulage. On voit encore une partie de la gorge qui séparait 
ce cordon du corps du vase proprement dit. La forme en est très simple et 
sans aucuns linéaments délicats, ni inscription. La surface est couverte 
d’une très légère patine, d’un noir jaunâtre. La masse est formée par un 
métal brillant, noir, dont la cassure présente des cristaux volumineux et 
miroitants. La matière même est très dure, maïs fragile. D'après l’analyse, 
elle est constituée par de l’antimoine métallique, sensiblement pur et ne 
renfermant à dose notable ni cuivre, ni plomb, ni bismuth, ni zinc, mais 
seulement quelques traces de fer. La patine paraît être un oxysulfure, for- 
mé par l’action des traces d'hydrogène sulfuré qui existent dans l’atmos- 
phère. 

L'existence d'un fragment brisé de vase moulé en antimoine pur ἃ 
quelque chose de singulier ; car l’industrie actuelle n’emploie pas ce métal 
pur à un semblable usage, quoiqu’elle se serve fréquemment de ses alliages, 
et je n’ai vu aucun autre exemple analogue dans les ustensiles, soit du temps 
présent, soit des temps passés. 

Cependant on m'avait affirmé que les Japonais l’emploient dans leurs 
fabrications et l’on m'a même remis un petit dauphin ailé, réputé constitué 
par de l’antimoine. Mais l'analyse exacte de ce dauphin a montré qu'il con- 
tenait du zinc et divers métaux associés (étain, bismuth, fer), mais qu'il 
était loin d’être formé par l’antimoine pur. Si l’antimoine pur a été réelle- 
ment employé par les Japonais, ce dont je doute, il y aurait là un rappro- 
chement singulier avec les antiques industries chaldéennes. 

C'est d’ailleurs une circonstance extrêmement curieuse que la trouvaille 
authentique d’un tel fragment travaillé d’antimoine, faite à Tello, lieu de- 
meuré inhabité depuis le temps des Parthes, et qui renferme les débris de 
la plus vieille civilisation chaldéenne. L’antimoine, en effet, est réputé ne 
pas avoir été connu des anciens et avoir été découvert seulement vers le 
xy° siècle. Cependant on doit observer que les anciens connaissaient par- 


faitement notre sulfure d’antimoine, minéral naturel auquel ils donnaient 


224 INTRODUCTION 


le nom de stibium ou stimmi et qu’ils employaient à de nombreux usages, 
particulièrement en Médecine. Il existe même dans Dioscoride un pas- 
sage reproduit par Pline et dont je crois pouvoir conclure que l’antimoine 
métallique avait déjà été obtenu à cette époque. On lit en effet dans Dios- 
coride (Matière médicale, liv. V, ch. xaix) : « On brûle ce minéral en le 
» posant sur des charbons et en soufflant jusqu’à incandescence; si l’on pro- 
» longe le grillage, il se changeen plomb (μολυόδοῦται) ». Pline dit de même 
(Histoire naturelle, liv. XXXIIT,chap. xxxiv) : « I] faut surtout legriller avec 
« précaution, pour ne pas le changer en plomb (ne plumbum fiat) ». Ces 
observations répondent à des phénomènes bien connus des chimistes. En 
effet, le grillage ménagé du sulfure d’antimoine, surtout en présence du char- 
bon, peut aisément le ramener à l’état d’antimoine fusible et métallique, 
substance que Pline et ses contemporains confondaient, au même titre que 
tous les métaux noirs et facilement fusibles, avec le plomb. L'existence du 
vase de Tello prouve que l’on avait également en Mésopotamie, et dès une 
époque probablement beaucoup plus ancienne, essayé de préparer des vases 
moulés avec cette prétendue variété de plomb, moins altérable que le plomb 
ordinaire. 

Depuis la première publication de ces analyses, j’ai reçu une lettre de 
M.R. Virchow, qui m’annonce avoir imprimé, dans le Bulletin de la Société 
anthropologique de Berlin (1), une Note sur de petits ornements en anti- 
moine, trouvés dans une ancienne nécropole transcaucasienne (Redkin- 
Lager), datant probablement du temps de la première introduction du fer. 
C'est là un autre exemple de l’antique connaissance de l’antimoine. 

La figurine métallique votive de Tello donne lieu à des observations non 
moins intéressantes. Elle représente un personnage divin, agenouillé, tenant 
une sorte de pointe ou cône métallique. Elle porte le nom gravé de Gou- 
déah, c’est-à-dire qu’elle répond à l’époque la plus ancienne à laquelle 
appartiennent les objets trouvés jusqu'ici en Mésopotamie. M. Oppert lui 
attribuerait une antiquité de quatre mille ans avant notre ère. Nous nous 


trouvons ainsi reportés aux temps les plus reculés de la métallurgie histo- 


(1) Verhandlungen der Berliner An- vom 19 Januar 1884. Les dessins sont 
thropologischen Gesellschafft, Sitzung aux pages 129 et 130. 


MÉTAUX CHALDÉENS 225 


rique (τὴ. Cette figurine est recouverte d’une épaisse patine verte. Au-dessous 
de la patine se trouve une couche rouge, constituée par le métal, profondé- 
ment altéré et oxydé dans la majeure partie de son épaisseur. Puis vient un 
noyau métallique rouge, qui offre l'apparence et la ténacité du cuivre pro- 
prement dit : c’est le dernier reste du métal primitif, progressivement 
détruit par les actions naturelles. 

J'ai analysé ces différentes parties. 

La patine verte superficielle est un mélange de carbonate de cuivre et 
d’oxychlorure de cuivre hydraté. Ce dernier composé est bien connu des 
minéralogistes sous le nom d’atakamite. Il résulte de l’altération du métal 
par les eaux saumâtres, avec lesquelles la figurine s'est trouvée en contact 
pendant la suite des temps. 

La couche moyenne est du protoxyde de cuivre à peu près pur, ne ren- 
fermant ni étain, ni antimoine, ni plomb ou métal analogue, ni zinc, à dose 
notable ; elle résulte d’une altération lente du cuivre métallique. 

Enfin le noyau est constitué par du cuivre métallique, très sensiblement 
pur. 

L'absence de tout métal autre que le cuivre dans cette figurine mérite 
d’être notée; car les objets de ce genre sont d’ordinaire fabriqués avec 
du bronze, alliage d’étain et de cuivre, plus dur et plus facile à travailler 
que ses composants. L'absence même de l’étain dans le cuivre de Tello 
pourrait offrir une signification historique toute particulière. En effet, 
l’étain est bien moins répandu que le cuivre à la surface de la terre et son 
transport a toujours été, dans l’antiquité comme de nos jours, l’objet d’un 
commerce spécial. En Asie notamment, on n'avait, jusqu’à ces derniers 
temps, signalé d’autres gîtes d’étain un peu abondants que ceux des îles de 
la Sonde et des provinces méridionales de la Chine. Le transport de cet 
étain vers l’Asie occidentale se faisait autrefois par mer, jusqu’au golfe 
Persique et à la mer Rouge, au moyen d’une navigation longue et pénible; 
et il était transmis de là sur les côtes de la Méditerranée, où il venait faire 


concurrence à l'étain des îles anglaises (iles Cassitérides), transporté soit 


() La figurine est dessinée dans Chaldée, par E. de Sarzec (PI. 28, 
l'ouvrage intitulé : Découvertes en figures 3 et 4). 


29* 


226 INTRODUCTION 


à travers la Gaule, soit par le détroit de Gadès; ainsi qu’à celui des gîtes 
moins abondants de la Gaule centrale (τὴ, où l'étamage du cuivre fut d’abord 
pratiqué (2); enfin à l’étain des gîtes de la Thrace, peut-être aussi à celui de 
la Saxe et de la Bohème, et autres provenances locales, répondant à desgites 
peu abondants (3), mais dont la connaissance par les anciens est incertaine. 
L'importancede ces gîtes locaux a été spécialement discutée dans l’ouvrage de 
M. A. B. Meyer sur des fouilles en Carinthie, intitulé : Gurina in Obergail- 
thales (Kär nthen) 1885 (p. 65 et suivantes); ouvrage que l’auteur a bien voulu 
m'adresser. Elle mérite d’autant plus notre attention que des voyages aussi 
longs et aussi pénibles, des navigations si difficiles n'ont dû s'établir 
qu'après bien des siècles de civilisation. Les Phéniciens, venus autrefois 
des bords du golfe de Persique à ceux de la Méditerranée, paraissent avoir 
été les premiers promoteurs de cette navigation, du moins en Occident 
(STragon, liv. III, chap. V, τι]. 

En fait, j'ai eu connaissance récemment de deux documents, qui sont de 
nature à fixer une origine moins lointaine à l'étain des bronzes de l’Assyrie 
et de l'Égypte (3). En effet, d’après une Note publiée par M. G. Bapst, dans 
les Comptes rendusde l'Académie des inscriptions (1886), un voyageur russe, 
M. Ogorodnikoff, aurait appris des habitants de Meched qu’il existait, à 120 
kilomètres de cette ville et dans divers points du Khorassan (4), des mines 
d'étain, actuellement en exploitation. Ces renseignements sont regardés par 
l’auteur comme sujets à caution, en raison de l'incertitude de témoignages 
de cet ordre, purement oraux et fournis par des Tatars. 

Cependant, circonstance remarquable, ils se trouvent en certain accord 
avec un passage de Strabon, que m’a indiqué M. P. Tannery. Strabon si- 
gnale en effet (liv. XV, chap. II, 10) des mines d’étain dans la Dran- 


giane, région qui répond au sud du Khorassan, au-dessous d'Hérat, vers 


(1) Strabon le signale aussi en Lusi- sur cette question : Recherches anthro- 
tanie (Liv. III, ch. 11, ὃ). | pologiques dans le Caucase, par E. 
(2) Puine, ἢ. N., 1. XXXIV, 48. Chantre, t. I, p. 81 (1885), et Age du 
(3) Quelques auteurs ont supposé bronze, τ. I, p. 305. 
qu’il avait dû exister autrefois des mi- (4) L'existence de inines d’étain au 
nerais d’étain dans l’Ibérie du Caucase. Khorassan a été signalée par Von Baer, 
Mais les géologues n’en ont jamais Archi für Anthropologie, t. IX, 
trouvé jusqu'ici dans cette région. Voir 1876. 


MÉTAUX CHALDÉENS 227 


les limites occidentales de notre Afghanistan. Mais le transport de l’étain 
de ce point jusqu’à la Chaldée aurait encore exigé un voyage par terre, de 
longue durée, à travers des régions où les modernes eux-mêmes ne par- 
viennent que bien difhicilement. A la vérité, les métaux usuels et leurs 
alliages semblent avoir été transportés autrefois à travers le monde par des 
fondeurs nomades, analogues aux Tziganes et qui passaient partout. 

La principale difficulté que l’on puisse objecter à ces petits gîtes et à ces 
transports individuels d’étain, c’est l’abondance et la diffusion universelle 
des armes de bronze,pendant de longs siècles. Les hypothèses précédentes ne 
semblent pas répondre aux besoin d’une fabrication aussi prolongée, aussi 
générale et aussi considérable. Pour y satisfaire, il a dû exister des 
transports réguliers de masses d’étain, venant de mines abondantes et 
inépuisables. 

Si l’étain est rare dans le monde, il n’en est pas de même du cuivre. Les 
minerais de cuivre se trouvent sur un grand nombre de points. Les mines 
du Sinaï, pour ne pas en çiter de plus lointaines, sont célèbres dans la 
vieille Egypte. L’extraction du cuivre métallique à l’aide de ses minerais 
est d’ailleurs facile. 

En raison de ces circonstances, plusieurs archéologues ont supposé qu'un 
âge du cuivre pur, c’est-à-dire un âge ou l’on fabriquait avec ce métal les 
armes et les ustensiles, avait dû précéder l’âge du bronze. Le bronze, plus 
dur et plus résistant, aurait ensuite remplacé le cuivre, dès qu’il fut décou- 
vert. Pour juger de cette hypothèse et pour établir la date à laquelle ont 
commencé ces transports lointains et cette vieille navigation, il serait néces- 
saire de posséder l'analyse des objets les plus anciens qui aient une date cer- 
taine, parmi les débris de l'antiquité venus jusqu’à nous. Or le bronze à 
base d’étain existait déjà en Egypte, près de deux mille ans avant notre ère, 
d’après les analyses de ce genre (v. p. 220). 

L'analyse de la figurine de Tello semble indiquer, au contraire, que l'é- 
tain n’était pas encore connu, à l’époque reculée de la fabrication de cet 
objet, l’étain n’arrivant pas alors jusqu’au golfe Persique. 

Ce n’est là d’ailleurs qu’une induction, quelque circonstance religieuse 
ou autre ayant pu déterminer l’emploi exclusif du cuivre dans cette figu- 


rine : il faudrait examiner des objets plus nombreux et plus variés pour ar- 


228 INTRODUCTION 


river à cet égard à une certitude. Mais il m'a paru intéressant de signaler 
8 8 


les problèmes d'ordre général soulevés par l'analyse des métaux de Tello. 


VIII — NOTICES DE MINÉRALOGIE, DE MÉTALLURGIE 


ET DIVERSES 


Durant le cours de mes recherches sur les Alchimistes, j'ai recueilli dans 
les auteurs anciens et dans ceux du moyen âge, un grand nombre de ren- 
seignements intéressants sur la minéralogie etsur la métallurgie des anciens; 
renseignements qui n’ont pu trouver une place suffisante dans les articles 
de l’Introduction,ou dans les notes de la Traduction. C’est pourquoi ilm’a 
semblé utile de les reproduire ici dans un article spécial, lequel ne sera 
pas, je l'espère, sans quelque fruit pour les personnes qui étudieront le 
présent ouvrage. J'en donne d’abord, pour plus de clarté, la liste alpha- 


bétique ; puis viendront les notices elles-mêmes. 


LISTE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES 


Æs, AIRAIN, BRONZE, CUIVRE, χαλχός et 
dérivés.— Ærugo,viride æris,æruca 
— rubigo — ᾿Ιὸς χαλκοῦ. ᾿Ιὸν ξυστόν — 
scolex — Flos, ἄνθος γαλχοῦ — æs us- 
tum, γαλχὸς χεχαυμένος — scoria, lepis 
— squama — stomoma — smegma, 
— diphryges — αὶ æris — craie 
verte, theodotion. 

AÉTITE, pierre d’aigle. 

ALCHIMISTES GRECS (tradition au moyen 
âge.) 

ALPHABETS et écritures hermétiques. 

ALUN, στυπτηρία. 

AMmMoniac (sel). 

ANTIMOINE (sulfuré), στίμμι, larbason, 
alabastrum -- soufre noir — anti- 
moine brûlé, — métallique, — blanc, 
— rouge. 


ARSENIC (sulfuré) — jaune, orpiment 
— rouge, sandaraque, réalgar ; Ker- 
mès minéral — métallique — second 
mercure — l’hermaphrodite. 

CabMIE — naturelle (minerais de cuivre 
et de laiton) — artificielle, ou des 
fourneaux — ses espèces : capnitis, 
pompholyx; botruitis, placitis, joni- 
tis, onychitis,ostracitis — cathmia — 
niluil album — spodos, lauriotis — 
antispode — tutie— magnésie. 

CHALCANTHON — couperose — vitriol — 
sens multiples — Misy, sory — col- 
cothar — melanteria. 

CHALCITIS. 

CHAUX, ἄσθεστος — titanos — gypse. 

CHRYSOCOLLE — ærugo — santerna — 
soudure des orfèvres — sens mul- 


NOTICES 


tiples. — Malachite — Azurite — 
armentum — sens actuel. 

CHRYSOLITHE — moderne, ancienne. 

CINABRE. 

CLaupraNos. 

Czers (les) de l’art. 

CogazrT, cobathia, kobold. 

CouPHOLITHE, talc et analogues. 

ÉLÉMENTS ACTIFS. 

ESPRITS, πνεύματα — corps et âmes ; sens 
de ces mots. — Les esprits : mer- 
cure, sel ammoniac, soufre, arsenic, 
marcassite, magnésie, tutie, wismath 
— explication de ces mots. 

Εταιν — κασσίτερος --- stannum — plomb 
blanc. 

ÉTYMOLOGIES CHIMIQUES DOUBLES : 856), 
chimie, sel ammoniac. 

Fer et dérivés — basalte — rubigo ou 
Jerrugo, ἰός, rouille — squama — 
scoria — Sideritis — aimant, magnes 
ou pierre magnétique, — ferrum vi- 
vum — hématite — pierre schisteuse 
— ocres — pyrites — chalcopyrite. 

Feu (vertus). 

FIGURES GÉOMÉTRIQUES des saveurs et 
des odeurs. 

FixATION du mercure et des métaux. 

Gacartes (jais), — pierre de Memphis 
— asphalte. 

᾿Ιός, virus. — Ἴωσις, plusieurs sens. 

MaAGxésiE — sens multiples — pierre 
d'aimant — minerai du molybdo- 
chalque —sulfures, oxydes, alliageset 
amalgames divers — magnésie noire 
— magnésie calcaire, — sens mo- 
derne. 

MARCASSITES. 

Massa. 

MERCURE, argentum vivum et hydrar- 
gyrum — sa sublimation dans l’am- 
bix — αἰθάλη. — Anecdote d’Aristote 


DIVERSES 229 


— idées et synonymes alchimiques — 
dialogue de l’or avecle mercure. 

Méraux — Génération d’après Aristote 
— d’après les Arabes et les alchi- 
mistes — odeur des métaux. 

MiNIUM, RUBRIQUE où matière rouge — 
wo; — oxydes de fer (sanguine, ocre 
brûlée, hematite), de plomb, de mer- 
cure, decuivre—sulfures métalliques 
— sinopis, — terre de Lemnos— mi- 
nium, sens multiples — fausse sanda- 
raque — cinabre — Sandy-x, sericum 
— découverte de Callias — couleurs 
bleues : cœruleum ; armenium — 
couleurs vertes : chrysocolle, verdet 
— couleurs jaunes — ocre — sil, etc. 

NiTRUM — natron — spuma nitri, 
ἀφρὸς νίτρου. 

OPÉRATIONS ALCHIMIQUES. 

Or — coupellation par lesoufre d’anti- 
moine (loup des métaux, bain du 
roi, etc.). 

Paros Er Porus. 

PLoms et dérivés — plomb noir etplomb 
blanc — stannum — galène — plomb 
lavé — plomb brûlé — scorie — spode 
— pierre plombeuse — molybdène — 
scorie d'argent — helcysma — en- 
cauma — litharge — chrysitis — ar- 
gyritis — écume d'argent — céruse 
— minium. 

PSEUDARGYRE. 

Samos (pierre de). 

SÉLÉNITE, aphroselinon. 

SEL — fossile — de Cappadoce — fac- 
tice. — lanugo — muria, saumure 
— flos — favilla. 

SOUFRE — apyre. 

TERRES DIVERSES. 

TREMPE et TEINTURE — Bar. 

Τυτιε. 


230 INTRODUCTION 


Æs. Airain, Bronze, Cuivre, χαλχὸς. 

Ce mot était employé pour représenter à la fois le cuivre puret les alliages 
très divers qu’il forme par son association avec l’étain, le zinc, le plomb, le 
nickel, Parsenic et divers autres métaux; c’est-à-dire les bronzes et les laitons 
des modernes. Le mot cuivre, même de nos jours, est parfois usité dans 
un sens aussi compréhensif: cuivre rouge, cuivre jaune, cuivre blanc, εἴς. ; 
tandis que le mot airain, dans la langue de nos orfèvres, a fini par désigner 
un alliage particulier, formé de 9 parties decuivre et 3 dezinc. Mais le sens 
ancien du mot airain était synonyme de celui du cuivre. 

Le nom même du cuivre vient d’une épithète appliquée à l’airain de 
Chypre (Ἰζύπριος); notre cuivre pur n'était pas désigné par un mot unique 
chez les anciens peuples, pas plus chez les Orientaux, que chez les Grecs, 
ou chez les Romains; du moins jusqu'au π᾿ siècle de notre ère, époque où 
apparaît le mot cuprum. 

Insistons sur ce point que ni les Grecs, ni les anciens Romains n’ont 
employé deux mots distincts et spécifiques pour le cuivre et le bronze, et que 
l’on ne doit pas chercher deux noms de ce genre chez les vieux Orientaux. 
Le motæs, airain, s'appliquait indifféremment au cuivre et à ses alliages avec 
l'étàin, le plomb, le zinc. Pour bien comprendre les textes anciens, il con- 
vient d'écarter de notre esprit les définitions précises, acquises par la chimie 
de notre temps; car les corps simples n’ont, à première vue, aucun caractère 
spécifique qui les distingue de leurs composés. Personne dans l'antiquité 
n’a regardé le cuivre rouge comme un élément qu’il fallût isoler, avant de 
l’associer aux autres. Les anciens, je le répète, n’ont pas conçu ces alliages 
comme nous, en les ramenant à l'association de deux ou trois métaux élé- 
mentaires, tels que notre cuivre, notre étain, notre plomb, métaux élémen- 
taires que nous fondons ensemble pour obtenir les bronzes et les laitons. 
Mais ils opéraient surtout sur les minerais de ces métaux, plus ou moins 
purs, minerais appelés cadmies, ou chalcites ; 115. les mélangeaient, avant 
d'opérer la fabrication et la fonte du métal proprement dit ; parfois, quoique 
plus rarement, ils unissaient entre eux les alliages et métaux obtenus du 
premier jet. 

Tout métal et alliage rouge ou jaune, altérable au feu, s'appelait χαλχὸς ou 


æs; tout métal et alliage blanc, fusible et altérable au feu, s’appelait à l'ori- 


NOTICES DIVERSES 231 


gine plomb. Plus tard on distingua deux variétés : le plomb noir, qui com- 
prenait notre plomb et, plus rarement, notre antimoine, etc.; et le plomb 
blanc, qui comprenait notre étain et certains alliages de plomb et d'argent. 

Quant au χαλχὸς ou æs, on en distinguait les variétés d’après le lieu de 
provenance{1}:cuivre de Délos, d'Egine, de Chypre, de Syracuse, de Cordoue; 
ou d’après le nom du propriétaire de la mine : cuivre Sallustien, Marien, 
Livien (2); sans que l’on attachât à l’une de ces variétés, le caractère 
d'un métal plus simple, plus élémentaire que les autres. Les seules dis- 
tinctions précises que nous lisions dans les auteurs anciens sont celles de 
l’orichalque, et de l’airain de Corinthe. L'orichalque, mot dont l'étymologie 
est inconnue, est regardée par Hésiode et par Platon comme un métal 
précieux (3). D'après Pline, sa découverte fit tomber le cuivre de Chypre en 
discrédit; mais le minerai qui le fournissait s’épuisa. Le cuivre Marien en 
approchaïit, et était employé de préférence pour les monnaies les plus chères, 
telles que les sesterces et les doubles as; le cuivre de Chypre étant réservé 
pour les monnaies plus viles, telles que les as. On sait ailleurs que la valeur 
de l’orichalque a été double à une certaine époque de celle du cuivre ordi- 
naire : c'était sans doute quelque bronze plus beau et plus résistant. 

Quant à l’airain de Corinthe, c'était un alliage du χαλχὸς avec Pargent 
et l’or. On distinguait trois variétés : la blanche, où l'argent dominait; la 
jaune, où l’or dominait; et une troisième, formée à parties égales avec les 
trois métaux ; il y avait encore une variété de couleur hépatique. 

L’airain avait des dérivés assez nombreux, que nous allons énumérer et 
définir d’après les textes. Ajoutons que la distinction absolue de ces déri- 
vés entre eux ne paraît pas possible en toute rigueur, parce que leur identi- 
fication avec les composés définis de la chimie actuelle ne peut être qu'im- 
parfaite, nos composés n'ayant été ni isolés, ni spécifiés par les anciens. 

Ærugo; parfois rubigo, viride æris. Æruca. ᾿Ἰὸς yahroë. ᾿Ιὸν ξυστόν. — 


vert de gris — raclure de cuivre (4). 


(2) Pune, 71. N., 1. XXXIV. Pue, A. N. 1. XXXIV, 26; 1. XXXIII, 
(2) Le Claudianos était probablement 29. — ViTRUVE, 1. VII, chap. 7. — 
un métal analogue (v. ce mot). Vincent DE Beauvais (Spec. majus), 
(3) Origines de l’Alchimie, p. 226. VIII, 30. — Lexicon Alch. Rulandi, 


(4) Diosc., Mat. meéd., 1. V, οι. — page 14 et suivantes. 


232 INTRODUCTION 


Le mot ærugo désignait : | 

19 Des produits naturels formés dans les mines de cuivre, les uns par 
efflorescence; les autres par déliquescence, ou imbibition. Les produits 
étaient lavés, séchés, grillés dans un plat neuf. Ærugo fossilis était une 
matière congénère de la chalcitis (pyrite cuivreuse), du vitriol bleu et de 
la chrysocolle (malachite et autres sels basiques de cuivre, de couleur verte). 
Pour la soudure de l'or, les orfèvres opéraient avec de l'urine d’enfant 
impubère, broyée dans un mortier de cuivre (v. ce volume, p, 46); opéra- 
tion qui produisait un sel de cuivre basique, aux dépens du mortier. 

2° Des produits facticesetspécialement le verdet (acétate de cuivre basique), 
substance dont Dioscoride et Pline décrivent la préparation au moyen des 
lames de cuivre et de la vapeur du vinaigre, ou bien du marc de raisin. 

Scolex : ‘Ioÿ σχώληξ, rouille vermiculaire (1). — Matière native et factice, 
congénère de la précédente. On la préparait avec du cuivre, ou l’un de ses 
minerais, associé avec du vinaigre, de l’alun, du sel, ou du natron; le mélange 
était exposé au soleil. Ces préparations pouvaient fournir, suivant la nature 
et la proportion des ingrédients, des acétates, sulfates, oxychlorures, car- 
bonates basiques de cuivre. 

Æris flos (3), ἄνθος χαλχοῦ. Fleur de cuivre (3).— Matière rejetée par le 
cuivre fondu, sous la forme d’écailles légères projetées par le vent du souf- 
flet pendant la coulée. On l’obtenait aussi sous l'influence de l’eau, projetée à 
sa surface. 

On la définit encore : Paillette des vieux clous de cuivre; elle devient rouge 
sous le pilon. Ceci paraît être du protoxyde de cuivre, souillé sans doute 
par des oxydes de métaux étrangers. 

Le nom de flos æris a été appliqué plus tard au vert de gris. Ce corps, pas 
plus que les précédents, nedoit pas être identifié avec le χάλχανθον, couperose 
ou vitriol, qui est notre sulfate de cuivre. Mais les deux produits sont con- 
génères et les deux noms ont été souvent confondus dans les manuscrits, 


confusion rendue plus facile par les abréviations des copistes. 


(1) Diosc., Mat. méd., 1. V, 92. — Lexicon Alchem Rulandi, page 12. 


Puine, A. N. 1. XXXIV, 28. (3) Le mot los dans Pline signifie 
(2) Diosc. Mat. méd., N, 88 — couleur — jfloridus, d’une couleur 


PLINE, ἘΠ N., 1. XXXIV, 24. — |. vive. 


NOTICES DIVERSES 233 


“Ἐς ustum(1), χεχαυμένος χαλχός. — Cuivre brûlé. Pour le préparer, on 
chauffait du vieux cuivre avec du soufre et du sel, placés au-dessous et 
au-dessus, dans un vase de terre crue, à couvercle luté; ou bien, avec de 
l'alun, du soufre et du vinaigre. On l’obtenait encore en chauffant le cuivre 
seul, pendant longtemps; ou bien parfois, en l’aspergeant de vinaïgre de 
temps en temps. On lavait à l’eau de pluie, avec broyage et décantation, 
jusqu’à ce que le produit eût pris l’aspect du minium. On le fabriquait à 
Memphis et à Chypre. 

Ceci paraît répondre à notre protoxyde de cuivre. On sait aujourd’hui 
que ce corps peut être obtenu en chauffant, dans un vase fermé, 24 parties 
de sulfate de cuivre sec et 29 parties de fil de cuivre. 

L'action de la chaleur sur l’ærugo fournissait le même produit. 

Scoria.—Obtenue par l'actionde Pair sur le cuivre chauffé; corps congé- 
nère du précédent. 

Lepis, λεπίς. — Squama (2). Matière détachée par le marteau des clous 
forgés avec les païns de cuivre de Chypre; congénère de la fleur, qui se 
détachait d'elle-même, et du stomoma, duvet plus fin que la lepis. 

Le stomoma s'obtenait aussi par la macération du cuivre dans l'urine 
d'enfant. Le vinaigre changeait la lepis en vert-de-gris. 

Ce sont encore là des sous-oxydes de cuivre, ou des sels basiques, tels 
que acétates, phosphates, sous-chlorures, etc. 

Smegma (3).— Matière projetée par le vent du soufflet sur le cuivre fondu, 
entouré de charbons. 

Diphry ges — fœx æris(4).— « Le cuivre coule; la scorie sort du fourneau; 
la fleur surnage; le diphryge reste. » C’est donc le résidu, qui n’a pas fondu 
pendant le traitement. Ce nom est aussi attribué à la pyrite grillée, jusqu’à 
transformation en matière rouge (peroxyde de fer ou sulfate basique) ; ainsi 
qu'au limon d’une caverne de Chypre, séché etcalciné (c'était probablement 


un oxyde, ou un sel basique de fer hydraté). 


(ἡ Drosc., Mat. med., 1, V, 87. — — Lexicon Alch. Rulandi, p. 12, 18. 
PLINE, Εἰ N., 1. XXXIV, 23, 24. (3) Pune, H. N., 1. XXXIV, 36. 

(2) Diosc., Mat. meéd., 1. V, 80. — (4) Diosc., Matière médicale, 1. V, 
Prune, A. Ν. 1. XXXIV, 24, 25, Vin- 119. — PLINE, H. NN, 1. XXXIV, 37. 


CENT DE BEAUVAIS, Sp. m. VIII, 20. 
90" 


234 INTRODUCTION 


La craie verte paraît être soit un hydrocarbonate de cuivre, soit de la 
cendre verte. La meilleure variété, nommée θεοδότιον. venait de Smyrne 
(Virruve, 1. VIII, chap. 7.) 

AÉTITE ou pierre d'aigle (τ). 

Variété géodique de fer hydroxydé, ou d'argile ferrugineuse, jaune ou 
rougeâtre, contenant un noyau mobile, qui résonne quand on agite la pierre. 
Cette pierre, grosse en apparence d’une pierre plus petite, était réputée par 
analogie avoir une influence sur ‘les grossesses dés femmes; préjugé qui 
s’est perpétué jusqu'à notre époque chez les gens ignorants. On pensait 
qu’elle était employée par les aigles dans la construction de leurs aires; de 
là le nom de pierre d’aigle. Le nom d’aétite semble avoir été employé pour 
toute géode renfermant un noyau mobile. Pline en distingue quatre espèces. 
On a même étendu le sens de ce mot aux pierres renfermant un liquide. 

D'après Solin (ch. XXXVII), le son produit par cette pierre était attribué 
à un esprit ou âme intérieure et Zoroastre regardait l’aétite comme ayant 
une grande puissance magique. On trouve un passage analogue dans les 
Alchimistes. Un aigle tenant une pierre exprimait la sécurité chez les Égyp- 
tiens, suivant Horapollon. 

ALCHIMISTES Grecs (tradition au moyen âge). 

Les noms et la tradition directe des Alchimistes grecs ne se retrouvent que 
peu ou point chez les Alchimistes latins, lesquels se rattachent eux-mêmes 
directement aux Arabes. Les noms de ces Grecs ne reparaissent pas d’une 
manière explicite et détaillée avant le XVe siècle, époque où les manuscrits 
grecs se répandirent en Occident. Il n’en est que plus intéressant de sigraler 
les quelques réminiscences qui s’y rapportent chez les latins du moyen âge. 
Quant aux Arabes, j'en ai signalé ailleurs la filiation immédiate avec les 
Grecs d’après le Kitab-al-Fihrist (2) ; et je donnerai plus loin certains autres 
souvenirs analogues, en parlant des alphabets hermétiques. 

Dans la Bibliotheca Chemica de Manget, τ. II, il existe des planches indi- 
quantla figure des divers philosophes alchimiques, d’après la tradition du 


moyen âge : chaque figure est accompagnée par une sentence, à peu près 


(τὴ ῬΕΙ͂ΝΕ; F1. NN. 1. X, 43 1 XXXI, (1612). — Salmasii Plinianæ exercita- 
30. — Diosc., Mat. méd., 1. V, 160. — tiones, p. 177, 501, 502 (1689). 
Lexicon Alchemiæ Rulandi, p. 21 (2) Origines de l’Alchimie, p. 130. 


NOTICES DIVERSES 235 


comme dansla Turba philosophorum. J'y relève les noms suivants : Hermès, 
Cléopâtre, reine d'Égypte, Anaxagore, Zamolxis, Michel Psellus, Marie 
l'Hébreuse, Démocrite le Grec, Pythagore, Platon, Hercule (c'est-à-dire 
Héraclius), roi sage et philosophe, Stephanus le philosophe chimique, 
Albert le Grand, une multitude d’Arabes, etc. 

La Turba philosophorum relate de même la plupart de ces noms, mais 
à ce qu’il semble, à travers une transmission arabe. Je n'insisterai pas sur 
Hermès, dont le nom est toujours resté étroitement lié aux spéculations de 
l’Alchimie et de l'astrologie. Mais les autres auteurs étaient moins connus. 

Dans le Traité De Mineralibus, attribué à Albert le Grand (]. III, traité 1, 
ch. 4), on rencontre une mention de Démocrite l’alchimiste, d’après lequel 
la chaux et la lessive (/ixivium ou aqua acuta) seraient la matière des métaux. 
Dans un autre passage, on lui attribue cette opinion que les pierres ont 
une âme, un principe intérieur de vie. Callisthène y est cité comme alchi- 
miste. Rappelons aussi quelques indications tirées du traité de Théocto- 
nicos, traduction grecque de l’ouvrage d’Alchimie attribué à Albert le 
Grand (ce volume, p. 209 et suiv.). 

Les Traités alchimiques du Pseudo-Aristote arabe, tels qu’on les connaît 
par des traductions latines, me paraissent toucher de très près, sur certains 
points du moins, à la tradition des alchimistes grecs. — Donnons encore 
cette citation, tirée de la Bibl. chem. de Manget, t. I, 917 : « Le secret est 
dans le plomb, d’après Pythagore et Hermès, etc». 

ALPHABETS ET ÉCRITURES HERMÉTIQUES. 

Dans Zosime et dans Olympiodore, les inscriptions hiéroglyphiques sont 
regardées comme ayant un sens alchimique. Ces inscriptions étaient 
aussi réputées des talismans, destinés à protéger les trésors contenus dans 
les chambres des pyramides. Il semble même que la description de certaines 
opérations chimiques ait été réellement consignée sur des stèles (1): mais 
c'était là une circonstance rare, car aucune de ces stèles n’a été retrouvée 
jusqu’à présent. Cette circonstance, généralisée par suite d’une hypothèse fort 
répandue, aurait donné lieu au préjugé précédent. Il a duré jusqu’à notre 


temps; en effet, d’après Sylvestre de Sacy, « les Orientaux regardent les 


(1) Origines de l'Alchimie, p. 23, 29, εἴς. —Voir Texte grec : Jean l’Archiprètre. 


Ὁ 


236 INTRODUCTION 


monuments Egyptiens comme destinés à des opérations alchimiques, magi- 
ques, etc.; ils appellent écritures hermétiques les hiéroglyphes, convaincus 
qu’ils renferment la révélation du secret de ces opérations. » (SYLVESTRE DE 
ὅλου, Magasin encyclopédique, p. 145 ; novembre 1819.) 

De là l'imagination des alphabets hermétiques, destinés à l'interprétation 
des écritures secrètes. On peut voir divers exemples de ces alphabets mysté- 
rieux dans un ouvrage intitulé: Anciens alphabets et caractères hierogly- 
phiques, expliqués en arabe par Ahmed ben Abubekr ben Wahschijich, et en 
anglais, par J. Hammer, Londres, 1806. 

Ce livre, soi-disant trouvé au Caire, renferme 80 alphabets imaginaires, 
mais dont les noms mêmes indiquent la préoccupation de l’auteur et des lec- 
teurs. Tels sont les alphabets des philosophes: Hermès, Platon, Pythagore, 
Asclépius, Socrate, Aristote, etc. ; — de Ptolémée le grec; — de Hermès, 
père de Tat (Toth), qui a écrit sur le grand œuvre; — de Dioscoride, qui a 
écrit sur les herbes, les plantes, leurs vertus, etc.; — du sage Démocrite, 
lequel l’a reçu, dans un souterrain, du génie qui préside à la planète 
Mercure; — du sage Zosime l’'Hébreu, écriture mystique pour les traités 
sur le grand œuvre — Le nom de Théosébie, congénère de Zosime, se 
trouve un peu plus loin. — On y rencontre encore les alphabets des 
anciens rois, parmi lesquels Kimas l’hermétique (le Chymès des textes 
Grecs); — les alphabets des sept planètes, des douze constellations — 
une interprétation des hiéroglyphes, etc. 

Tous les signes de cet ouvrage ne représentent guère que des jeux 
d'esprit individuels; mais les noms propres auxquels ils sont attribués 
témoignent que le souvenir même des vieux alchimistes avait été conservé 
en Égypte par une certaine tradition. 

Nous avons signalé précédemment (p. 207) les alphabets magiques du ma- 
nuscrit de Saint-Marc (p. 156) et ceux du manuscrit 2419 : ils ne portent 
aucun nom propre. La formule de l'Écrevisse dans Zosime (p. 152) se 
rattache de plus près à la tradition des symboles alchimiques. 


ALUN, στυπτηρία. Alumen (1). 


(1) Diosc., Mat. méd., 1. V, 122. — 52; 1. XXXVI, 37. — Lexicon Alch. 
Puine, A. N., 1. XXXIII, 25; 1. XXXV, Rulandi, p. 32 et suiv. 


NOTICES DIVERSES 287 


L’alun était employé comme fondant et purificateur des métaux. On dis- 
tinguait, d’une part : l’alun blanc et l'alun noir, corps en réalité de teinte 
voisine du blanc, mais probablement ainsi nommé parce qu’il noircissait 
au contact de certains sucs végétaux, en raison de la présence de fer dans 
l’alun, et du tannin dans les sucs. Ces corps étaient employés pour purifier 
l'or. 

D'autre part, les auteurs indiquent: l’alun lamelleux {schiste), blanchâtre; 
— l’alun rond; — l’alun capillaire, appelé aussi schisteux, lequel peut être 
rapproché de notre alun de plume, efflorescence mêlée de sels de fer et d'alu- 
mine. 

L'alun liquide, solution de sulfate d’alumine plus ou moins pur, et l’alun 
calciné étaient aussi employés. 

Les alchimistes désignaient encore sous le nom d’alun, lacide arsénieux, 
comme on peut le voir dans Olympiodore (ce volume, p. 67 et 68). 

AMMONIAC (SEL). 

Dans la Cyrénaïque, ce sel se trouve sous le sable, en longues aiguilles 
sans transparence, d’après Pline (4. N.,1. XXXI, 39;. Cette indication rap- 
pelle un carbonate de soude fossile, et non notre chlorhydrate d'ammoniaque. 
Dioscoride (1. V,125) nomme le sel ammoniac, en disant qu’il se distingue 
par un clivage facile et suivant des directions droites : ce qui semble aussi 
le caractère d'un sel cubique, c'est-à-dire du sel gemme. 

Dansle Pseudo-Aristote (Manget, Bibliotheca Chemica,t 1, p.648)ilest dit 
que le sel ammoniac, chauffé sur une lame de métal, doit fondre sans répan- 
dre de fumée; ce qui répond au carbonate ou au chlorure de sodium, mais 
non au chlorhydrate d’ammoniaque. Cependant ailleurs le même auteur en 
indique la sublimation (Manget, I, 645) : ce qui répond bien à notre chlor- 
hydrate. Le mot de sel ammoniac a donc désigné deux substances très dif- 
férentes. Le sens actuel du sel ammoniac sublimable est indiqué expressé- 
ment dans ce passage d’Avicenne (χι" siècle), cité par Vincent de Beauvais 
(Speculum majus, VIII, 60) : « Il y a quatre esprits {c’est-à-dire quatre corps 
sublimables), le soufre, l’arsenic, le selammoniac etle mercure. » On trouve 
déjäune indication analogue dans Geber (Summa perfectionis,1.T, ch. x,etc. 
Bibl. chemica de Manget, τ. 1, p. 525, 1° colonne). La préparation même en 


est décrite dans l'ouvrage intitulé : Libri investigationis (p. 559 du τ, 1. de la 


238 INTRODUCTION 


Bibliotheca de Manget), ouvrage attribué au même auteur. Le sel ammoniac 
véritable aurait donc été connu au 1x siècle. (Voir aussi le présent volume, 
p- 45, Note.) 

ANTIMOINE, tu, stibi, larbason, chalcédoïine; élément féminin (par oppo 
sition avec l’arsenic, élément masculin 3). 

C’est notre sulfure d’antimoine, le soufre noir des alchimistes. D’après 
Dioscoride (1), c’est un corps brillant, rayonné, fragileet exempt de parties 
terreuses. On le brûle en le recouvrant de farine; ou bien, en l’exposant 
sur des charbons allumés, jusqu’à ce qu'il rougisse (oxysulfure ?. Si on 
prolonge, ajoute l’auteur, il prend les caractères du plomb (c'est-à-dire 
que l’antimoine métallique ou régule se produit). D’après Pline (Æ. N., 1. 
XXXIII, 33), on l'appelle stibi, alabastrum, larbason mâle et femelle; il est 
blanc et brillant. S'il devenait ainsi blanc, c’est sans doute après un grillage 
qui l’avait changé en oxyde d’antimoine, corps confondu souvent chez les 
anciens chimistes avec notre minium blanchi par certains traitements. 

L’antimoine oxydé se trouve d’ailleurs dans la nature, ainsi que l’oxy- 
sulfure rouge (Kermès minéral). Ce dernier a du être pareïillement con- 
fondu avec la sandaraque, le minium, la sanguine et le cinabre, substances 
que l’on trouve souvent prises les unes pour les autres. 

ARSENIC. 

D’après Dioscoride(2),cecorpsestterreuxetdoré: c'estdoncunsulfure d'ar- 
senic (voir ce volume, p. 43) ; une autre variété est rougeâtre, d’après Pline 
(Ε. N., 1. XXXIV, 56). C'est l'orpiment {voir aussi Vincent de Beauvais, 
VIII, 69, 70). Le nom même de l’orpiment figure textuellement dans le 
texte grec de Théoctonicos, auteur du χα" ou xiv siècle (ce volume, p. 210]. 

Sandaraque. — D'après Dioscoride (Mat. Méd., V, 121), c’est une ma- 
tière rouge, brillante, couleur de cinabre (voir aussi Pline, Æ. N., 1. XXXIV, 
55; 1. XXXV, 22). C'est le réalgar; peut-être, aussi dans certains cas, le 
Kermès minéral ou oxysulfure d’antimoine. 

Rappelons que le nom de sandaraque est appliqué aujourd’hui à une 
résine d’une composition toute différente, dérivée de la colophane, et que 


les anciens ne connaissaient pas sous ce nom. 


(1) Mat. méd., 1. V,00. | (2) Mat. méd., 1. V, 120. 


NOTICES DIVERSES 230 


Il a été employé aussi par les anciens pour le cinabre et pour le minium. 
Vitruve, notamment, indique la préparation de la sandaraque par la cuisson 
de la céruse au four. 

Notre arsenic métallique a été entrevu par les alchimistes, qui l'ont 
regardé comme un second mercure (1), de nature analogue au vif argent, 
sublimable comme lui et communiquant pareillement sa volatilité à ses 
dérivés, spécialement aux sulfures. La sandaraque (réalgar) a été ainsi assi- 
milée au cinabre. Le rapprochement entre le mercure et l’arsenic se com- 
plète à ce point de vue, si l’on remarque que l’arsenic blanchit le cuivre 
par sublimation, comme le fait le mercure, et qu’il attaque de même à 
chaud la plupart des métaux. 

L’arsenic est parfois appelé l'hermaphrodite, en tant que réputé inter- 
médiaire entre l’or et l'argent et composé, comme eux, de soufre et de mer- 
cure (2). Mais ce sens ne lui est pas propre. 

CaDuiE (3). 

Chez les anciens ce mot avait deux sens; il désignait: 

τὸ Un produit naturel, tel que la pierre dont on tire le cuivre, ou plutôt le 
laiton : par exemple notre aurichalcite, carbonate de zinc et de cuivre; notre 
hydrosilicate de zinc, notre carbonate de zinc ou calamine, etc. 

20 Un produit artificiel, sorte de fumée des métaux, soulevée dans les 
fourneaux de cuivre par l’action de la flamme et du soufflet. Ce produit 
adhérait aux parois, au sommet, et à l'orifice du fourneau. 

Le grillage de la pyrite des monts de Soli (Chypre) en fournissait aussi. 
Les fourneaux d’argent en développaient un autre plus blanc, moins pesant. 

On distinguait la capnitis, c'est-à-dire la cadmie plus tenue, recueillie à 
la bouche de sortie des gaz, laquelle doit être rapprochée du pompholyx ; 

La botruitis, suspendue en forme de grappes, cendrées ou rouges; 

La placitis ou placodes, agglomérée en croûtes, le long des parois; par- 


fois elle était entourée de zônes, et dite alors zonitis : 


(1) Voir notamment notre PI. VI, VincExT DE Beauvais, VIII, 28. — 

1. 4, et ce volume, p. 99. Lexicon Alchemiæ Rulandi, p. 110 
(2) MaxGer. Bibl. Chem... τ. I, p. 920. et suiv. — Dict. de Chimie de Mac- 
(5) Diosc., Mat. meéd., 1. V, 84. — quer, 1778. 


Puine, H. Ν., 1. XXXIV, 2, 22. — 


240 INTRODUCTION 


L'onychitis, bleuâtre à la surface, avec des veines intérieures plus blan- 
ches, rappelant l’onyx; elle se trouvait aussi dans les vieilles mines; 

L'ostracitis, mince, noirâtre, d'apparence testacée. 

Macquer (Dict. de Chimie, 1778) distingue de même la cadmie natu- 
relle, ou fossile, qui est la calamine employée à la fabrication du laiton; 
et la cadmie des fourneaux, sublimé produit dans la fusion des minerais 
de zinc, laquelle éprouve une demi-fusion et forme incrustation aux parois 
des fourneaux. Il ajoute que quelques-uns appellent aussi cadmie fossile 
un minerai de cobalt { répondant à notre arséniosulfure actuel). 

En réalité, ce nom était donné à toute suie et sublimé métallique, s'élevant 
dans la fonte en grand du cuivre et des autres métaux. Au point de vue 
de la Chimie moderne, la cadmie des fourneaux serait de l’oxyde de zinc, 
mêlé d'oxyde de cuivre, de plomb, parfois d'oxyde d’antimoine et d’acide 
arsénieux; ces oxydes étant en outre unis quelquefois au soufre, sous forme 
d'oxysulfures ou de sulfates basiques. 

Dans les livres du moyen âge, on trouve encore ce mot Cathmia ou Cathi- 
mia appliqué à certaines veines des mines d'or ou d’argent; aux sublimés 
des fourneaux d’or ou d’argent; à l’écume échappée de l’argent, de l’or, du 
cuivre, etc. 

Les modernes, suivant un usage courant en chimieeten minéralogie, mais 
très fâcheux pour l’histoire de la science, ont détourné le mot cadmie de 
son sens primitif et l’ont appliqué à un métal nouveau, le cadmium, inconnu 
des anciens. 

I] convient de rapprocher de la cadmie certaines substances congénères, 
telles que le pompholyx (τὴ, devenu depuis le nihil album des auteurs du 
moyen âge,et confondu avec la spodos blanche, laquelle s'envole au loin et 
va s'attacher aux toits. D’après un texte de Pline, le pompholyx se produit 
pendant la purification de l'airain ; ou bien encore, en projetant le jet des 
souffets sur la cadmie. 

La spodos ou spodion (cendre) est au contraire, d’après Dioscoride, la 


partie plus lourde et plus noire, qui tombe sur la sole des fourneaux de 


(1) Diosc., Mat. méd., 1. V, 85. — Pine, AH. N., 1. χχχιν, 34. — Lexicon Alch. 
Rulandi, p. 442. 


ΨΥ 


NOTICES DIVERSES 4 241 


cuivre, où on la balaie ensuite. Elle est mêlée de paille, de poils et de terre, 
dont on la débarrasse par des lavages. La spode des fourneaux d’argent 
s'appelle lauriotis (nom qui vient des mines du Laurium). L’or, le plomb 
en produisent aussi. Elle peut être de couleur cendrée, jaune, verte, rouge, 
noire. 

Le Lexicon Alchemiæ assimile la spode au vert de gris (@rugo æris, ios 
æris). 

L’antispode (1), est un produit que l’on substituait au spode pour les 
usages médicaux. C'était la cendre de divers végétaux, incinérés dans une 
marmite de terre crue, à couvercle percé de trous, puis lavés. 

Le nom de la cadmie a été remplacé pendant le cours du moyen âge par 
celui de tutie, donné de même à toute fumée métallique. Nous appliquons 
aujourd’hui ce nom de tutie à l’oxyde de zinc; mais il avait autrefois un 
sens plus compréhensif. 

La magnésie de Démocrite, de Geber et de certains alchimistes est, dans 
certains cas, équivalente à la cadmie ou tutie, mais réputée plus volatile 
qu'elle; sa réduction fournissait le molybdochalque, alliage renfermant du 
plomb et du cuivre et analogue à certains bronzes. 

CHALCANTHON, χάλχανθον, couperose, vitriol, noir de cordonnier (2). * 

Cette matière se préparait avec une liqueur résultant de la macération 
spontanée ou provoquée des minerais dans l'eau, à l’intérieur des mines de 
cuivre. 

Le premier produit obtenu par évaporation spontanée était du sulfate de 
cuivre, bleu, demi-transparent, lancéo!é. On l’obtenait aussi en concentrant 
la liqueur au feu, et l’abandonnant à la cristallisation dans des bacs de bois, 
sur des cordes ou des barres suspendues. Après le sel pur, venaient des sul- 
fates plus ou moins basiques et ferrugineux. Le nom de vitriol apparaît au 
xuie siècle, dans Albert le Grand. 

Observons les sens divers de ce mot couperose, ou de son équivalent 
vitriol, tels que : 


Vitriol bleu : sulfate de cuivre. 


(1) Diosc., Mat. med., 1. V, 86. — — Pan, A. NN. 1. XXXII, 32. — 
Pue, H. N.,1. XXXIV, 35. VixcenNT DE Beauvais, Spec. Majus, 
(2) Diosc., Mat. méd., 1. V, 1135. MITES =: 


31% 


242 INTRODUCTION 


Vitriol vert : sulfate de fer, et sulfate de cuivre basique. 
— jaune et rouge : sulfates de fer basiques. 
— blanc : sulfate de zinc; sulfate d’alumine, voire même alun. 

La décomposition spontanée des pyrites peut fournir tous ces composés, 
suivant leur degré d’impureté. 

Le cuivre contenu dans les eaux mères résultant de cette décomposition 
en est précipité aujourd’hui sous forme métallique, au moyen des débris de 
fer de toute origine, lesquels fournissent des dépôts de cuivre, reproduisant 
souvent la forme et l’apparence des morceaux de fer. De là cette opinion, 
très répandue parmi les alchimistes, que le vitriol peut transmuter le fer en 
cuivre. Elle reposait sur un phénomène réel, mais mal compris. 

Müisy (1). 

D'après les anciens, le misy de Chypre est doré, dur, et scintille quand 
on l'écrase. 

C'était de même une concrétion naturelle ou minerai, à cassure dorée, 
qui a été décrite sous le nom de misy dans les mines de Gozlar au 
xvrre siècle. Le vitriol, ajoutait-on, se change aisément en misy. 

A la fin du xvrrre siècle, on appelle misy une matière vitriolique jaune, lui- 
sante, en pierre, ou en poudre non cristallisée (2) et assimilée à la couperose 
jaune. 

En somme, c’est toujours là un sulfate de fer basique, renfermant du sul- 
fate de cuivre et parfois du sulfate d’alumine, résultant de la décomposition 
spontanée des pyrites. 

Sory (3).— On appelait de ce nom une matière congénère du misy, plus 
grasse, à odeur vireuse, de couleur rouge, tournant au noir. 

Les Arabes désignaient sous ce même nom de sory le vitriol rouge (voisin 
du colcothar]. 


Enfin les Grecs modernes ont assimilé parfois le sory à la céruse brûlée 


(minium). 

(1) Drosc., Mat. med., 1. N, 116. (3) Drosc., Mat. med., 1. V, 118. 
PEINE, Ἦ. NE LORRAINE re — Pine, ΗΠ. Ν., 1 XXXIV, 30. — 
Lexicon Alch. Rulandi, p. 356. Lexicon Alch. Rulandi, p. 142. — 

(2) Macquer, Dict. de Chimie, t. IV, Salmasii Plin. Exerc., p. 814, 6 E. 


NOTICES DIVERSES 243 


Melanteria (1). — On appelait ainsi une sorte d’efflorescence saline, déve- 
loppée dans l’orifice des mines de cuivre; une autre partie apparaissait à 
leur face supérieure. Elle se trouvait sous terre en Cilicie. Elle présentait, 
ajoute-t-on, une couleur de soufre légère et noircissait aussitôt au contact 
de l’eau (présence du manganèse ?). 

D’après Rulandus, c’est une sorte de vitriol, dont la couleur dépend des 
terres qui l’ont produite et varie du jaune au bleu. 

Cæazcrris (2) : minerai de cuivre, pyrite cuivreuse spécialement. 

On en tirait le cuivre métallique, le misy, le sory, etc. 

En fait, la pyrite de fer, sous l'influence de l’air et de l’eau, se délite et 
s’oxyde, en formant des sulfates de cuivre, de fer, d’alumine et de l’alun. 
Le sel de fer ainsi produit devient bientôt basique, en se suroxydant. 

CHaux vive : ἄσδεστος — titanos : chaux, ou plutôt pierre calcaire. 

Gypse, γύψος, plâtre. 

CuHrYSOCOLLE — œærugo — santerna — soudure des orfèvres (3). 

Ce mot a plusieurs sens, il désigne : 

1° L'opération même de la soudure de l'or. 

2° Les matières employées pour cette opération, telles que certains allia- 
ges d’or, encore usités chez les orfèvres. Dans le Lexique alchimique, on 
interprète molybdochalque (alliage de cuivre et de plomb\ par chrysocolle. 

3° Un sous-sel de cuivre mêlé de fer, provenant de la décomposition d’une 
veine métallique par l’eau; décomposition spontanée, ou provoquée en 
introduisant l’eau dans la mine en hiver jusqu’au mois de juin; on laissait 
sécher en juin et juillet. Le produit natif était jaune. 

4° La Malachite proprement dite, sous-carbonate de cuivre vert : 

L’azurite, carbonate de cuivre bleu congénère, était désigné sous le nom 
d'arménium ; probablement parce qu’on la tirait d'Arménie (4). Peut-être 


aussi le bleu de Chypre (κυνός) a-t-il été parfois exprimé par le même nom. 


(1) Diosc., Mat. med., 1. V, 117. — (3) PLNE, A2 Ν.. 1. XXXIII, 26, 27, 
Lexicon Alch. Rulandi. p. 320. 28, 29. — Drosc., Mat. meéd., 1. V, 

(2) Diosc., Mat. méd., 1. V, 115 v. 104. — Voir le présent volume, p. 57. 
— Puxe, ἢ. Ν., 1. XXXIV, 29. — (4) Diosc., Mat. méd., 1. V, 105, τοῦ. 
ΨΊΝΟΕΝΤ DE Beauvais, VIII. — Lexicon — Puine, H. N., 1. XXXV, 28. 


Alch. Rulandi, p. 141. 


244 INTRODUCTION 


5° Le produit obtenu en faisant agir sur le vert de gris l’urine d’un gar- 
çon impubère et le natron. L’urine apportait ici des phosphates, des chlo- 
rures et des sels ammoniacaux. 

Ajoutons que nos traités de minéralogie moderne ont détourné le motchry- 
socolle pour l'appliquer arbitrairement à un hydrosilicate de cuivre. 

CHRYSOLITHE. 

La chrysolithe moderne est le péridot : mais ce corps n’a rien de com- 
mun avec le sens ancien du mot. 

La chrysolithe ancienne désignait la topaze et divers autres minéraux 
jaunes et brillants, qu’il est d’ailleurs difficile de préciser complètement. 

Cinagre. — Ce mot s’applique aujourd'hui à une variété de sulfure de mer- 
cure, appelée aussi anthrax autrefois; mais chez les Grecs et chez les Alchi- 
mistes, il a eu des sens plus complexes. Il a exprimé également : 

Notre oxyde de mercure; 

Notre minium, mot employé par les anciens dans des sens multiples 
(voir les articles plomb et rubrique); 

Notre réalgar (sulfure d’arsenic) ; 

Tous les sulfures, oxydes, oxysulfures métalliques rouges; 

Enfin le sang dragon, matière végétale qui est le suc du dracæna draco. 

Le signe (PI. 11,1. 13) du cinabre est un cercle avec un point central. Mais 
le même signe a été plus tard et à la fin du moyen âge employé pour l'œuf 
philosophique, pour le soleil, ainsi que pour l'or : de là diverses confu- 
sions, contre lesquelles on doit se tenir en garde (v. ce volume, p. 122). 

CLaupranos ou claudianon. 

C'était un alliage de cuivre et de plomb, renfermant probablementduzinc. 
Il n’en est question que chez les alchimistes. Ce nom semble dériver du 
mot latin Claudius. S'agissait-il d’un corps fabriqué au temps de cet empe- 
reur et analogue aux cuivres Marien, Livien, εἴς. ἢ Pline n’en parle pas. 

Czers (les). 

Le mot clefs estemployé comme titre d'ouvrages, dès l'époque alexandrine 
(après l’èrechrétienne, dans Hermès (1), Zosime, etc.). Les Arabes s'en servent 


fréquemment et 1] a été fort usité au moyen âge. 


(1) Cité par Lactance et par Stobée (v. ce volume, p. 16, note). 


NOTICES DIVERSES 245 


Dans le sens alchimique, voici quelles sontles clefs de l’art, d’après Roger 
Bacon (1) : sunt igitur claves artis : congelatio, resolutio, inceratio, propor- 
tio ; sed alio modo, purificatio, distillatio, separatio, calcinatio et fixio. 

C'est-à-dire : «les clefs de l’art sont la solidification, la résolution (à l’état 
liquide ou dissous), le ramollissement, l'emploi des proportions convena- 
bles (dans les matières, ou dans les agents, tels que le feu); ou d’une autre 
façon, la purification, la distillation (par évaporation ou filtration, d’après 
l’ancien sens de ce mot : couler goutte à goutte), la séparation, la calcina- 
tion et la fixation {des métaux fusibles ou volatils, ramenés à l’état solide et 
résistant au feu) ». 

De même dans Vincent de Beauvais (Speculum majus, VIII, 88): « les clefs 
ou les pratiques de cet art sont la mortification (amortissement des mé- 
taux), la sublimation, la distillation, la solution, la congélation, la fixation, 
la calcination ». Basile Valentin parle aussi des douze clefs de l’art. 

Coparr — cobathia — kobold. — Le cobalt est réputé avoir été découvert 
en 1742 par Brandes, qui l’isola sous forme métallique. Son nom même 
est tiré de celui de certains de ses minerais, appelés Æobalt ou kobold, et 
constitués par des arséniosulfures complexes. Ce nom de kobold a été 
expliqué jusqu'ici par celui de certains démons trompeurs, habitant les 
mines : c’est, dit-on, une allusion à la difficulté de traiter ces minerais et 
aux tentatives infructueuses que l’on avait faites pour en extraire du cuivre, 
métal indiqué par la production des verres bleus, qui dérivent de ce 
minerai. 

En fait, le bleu de cobalt était connu des anciens. H. Davy a trouvé ce 
métal dans certains verres bleus, d’origine grecqueet romaine,et M.Clemmer 
dans des perles égyptiennes. Le bleu mâle de Théophraste, opposé au bleu 
femelle, ne serait autre que du bleu de cobalt, opposé aux dérivés bleus 
du cuivre. L'étymologie même du mot cobalt semble remonter au grec. 
En effet, dans le Lexicon Alchemiæ Rulandi, p. 158, on lit: Cobatiorum 
Jumus est kobolt ; c'est-à-dire « la fumée des cobatia, c'est le kobolt ». Cette 
expression « fumée des cobathia » figure dans un passage d’Hermès cité par 


Olympiodore (texte grec, p. 85). Elle est traduite dans le Lexique alchi- 


(1) Bibl. chem. de Manget, t. I, p. 623. 


246 INTRODUCTION 


2 
mique (texte grec, p. 9, note) par « les vapeurs de l’arsenie (sulfuré) » : il 
s’agit donc bien d'un composé arsenical. Il y aurait eu dès lors pour l'éty- 
mologie du. cobalt une confusion entre un mot grec ancien et un mot 
allemand, analogue à celle qui s’est produite entre l’égyptien et le grec, 
pour les mots chimie, sel ammoniac, etc. : ces mots n'auraient pas d’ailleurs 
eu le sens précis de notre cobalt au début, mais ils l’auraient acquis par 
une extension postérieure. 

Quant au cobalt métallique, sa connaissance remonte au-delà du 
xvrue siècle. En effet, on lit dans le Lexicon Alchemiæ Rulandi, ouvrage 
publié à Francfort, en 1612, p.271, un texte latin, suivi d'un texte allemand 
équivalent, dont voici la traduction : « Kobolt ; kobalt ou collet : c’est une 
matière métallique, plus noire que le plomb et le fer, grisâtre, ne possédant 
pas l'éclat métallique ; elle peut être fondue et laminée (au marteau) ». Puis 
viennent des indications relatives au minerai, exprimé par le même nom. 
« C’est un soufre donnant des fumées, et sa fumée entraîne le bon métal. — 
C'est aussi une cadmie fossile d’où l’on tire un airain utile en médecine, etc.» 
La première phrase désigne évidemment le cobalt impur, lun de ces demi- 
métaux dont Brandes reprit plus tard l'étude. Observons que les alchimistes 
du moyen âge traitaient les minerais métalliques par les mêmes procédés 
de grillage, réduction et fonte que les modernes, et dès lors ils ont dû obtenir 
les mêmes métaux; mais ils n'avaient pas nos règles scientifiques pour les 
purifier, les définir et les distinguer avec exactitude. J'ai déjà mis en évidence 
la connaissance du régule d’antimoiïne dès l'antiquité, mais il était confondu 
avec le plomb. Le cobalt et le nickel ont dû être confondus aussi, soit avec 
le fer, soit avec le cuivre et ses alliages (v. Pseudargrre). 

Cournourrme. — Ce mot semble avoir été appliqué au talc et à des sili- 
cates tendres, analogues. Le nom de coupholithe est resté parmi les noms 
des pierres usitées par les orfèvres (1). Il est aussi appliquéen Minéralogie à 
une variété de prehnite {silicate d’alumine et de chaux ferrugineux et hydraté) 
qui se présente tantôt en lames minces blanches, analogues au sulfate de 
chaux; tantôt en masses fibreuses un peu verdâtres. 


Il semble d'ailleurs que ce soit là un vieux nom, conservé à l’une des 


(1) Manuel Roret du Bijoutier, t. I, p. 130, 1832. 


RL D ΟΝ 


NOTICES DIVERSES 247 


substances auxquelles il s’appliquait autrefois; et non une dénomination 
ancienne transportée à une substance moderne, comme il est arrivé trop sou- 
vent, en Minéralogie. Autrement on ne comprendrait ni la persistance de ce 
nom chez les orfèvres, ni sa spécialisation à une simple variété. 

ÉLÉMENTS ACTIFS. 

D'après Aristote (Metéorol. 1. IV), il y a deux éléments actifs, le chaud et 
le froid; deux passifs, le sec et l'humide. 

Ailleurs il s'agit de simples qualités, mises en relation avec les quatre élé- 
ments ordinaires (de Generatione, L. IT, ch. 3 et 4). Le feu est chaud et sec; 
l'air chaud et humide ; l’eau froide et humide; la terre froide et sèche; etc., 
etc. Ces éléments se transformentles uns dans les autres. Stephanus expose à 
peu près la même théorie. Ces idées ont joué un grand rôle en médecine. 
Aristote dit encore (Metéorol. 1. IIT, ch. 7): «ilya deux e xhalaisons (ἀνα- 
θυμίασεις), l'une vaporeuse (ἀτμιδώξης), l'autre enfumée (χαπνώξης). 

« L'’exhalaison sèche et brûlante produit les matières fossiles (ὃρυχτά). 
telles que les pierres infusibles, la sandaraque, l'ocre, la rubrique, le 
soufre, etc. L’exhalaison humide produit les minéraux (μεταλλευτά), c'est-à- 
dire les métaux fusibles et ductiles, comme le fer, le cuivre, l’or, etc. En 
général, ils sont détruits par le feu (πυροῦται) et contiennent de la terre, 
car ils renferment une exhalaison sèche. L’or seul n’est pas détruit par le 
feu... » — On voit ici l’origine de certaines idées alchimiques. C’est ainsi 
que Stéphanus (6° leçon dans Ideler, t. II, p. 224, 1. 7), dit, presque dans les 
mêmes termes qu’Aristote: - 

« Il y a deux choses qui sont les matières et les causes de tout, la 
Vapeur qui s'élève et l'exhalaison fuligineuse des corps, en laquelle est la 
cause des modifications en question. La vapeur est la matière de l'air; la 
fumée, la matière du feu, etc. ». 

Esprirs (πνεύματα). 

Les mots esprits, corps, âmes, sont fréquemment employés par les alchi- 
mistes dans un sens spécial, qu’il importe de connaître pour l'intelligence 
de leurs écrits. Les passages suivants, quoique d’une époque plus moderne, 
jettent beaucoup de lumière sur ce point. 

On lit dans le traité de Mineralibus, prétendu d'Albert le Grand (1. I, tr. 1, 


ch. rer) : « ce qui s’évapore au feu est esprit, âme, accident; ce qui ne s’éva- 
͵ 4 ? ? ? 


248 INTRODUCTION 


pore pas, corps et substance ». Cet auteur attribue encore à Démocrite l’opi- 
nion qu'il y a dans les pierres une âme élémentaire, laquelle est la cause de 
leur génération (1. 1, tr. 1, ch. 4). 

Le Pseudo-Aristote (1) définit de même les corps et les esprits, et il 
ajoute : « les corps volatils sont des accidents, parce qu’ils ne mani- 
festent leurs qualités et vertus que s'ils sont associés aux substances 
ou corps fixes : pour opérer cette association, il faut purifier les uns 
et les autres. » Il y a là un mélange de pratiques matérielles et d'idées 
mystiques. 

Vincent de Beauvais, Speculum majus (VIII, 60), donne sous le nom 
d’Avicenne l'exposé suivant. 

« Il y a quatre esprits minéraux : le soufre, l’arsenic, le sel ammoniac, le 
mercure, distincts par leur aptitude à être sublimés; et six corps métalliques : 
l'or, l'argent, le cuivre, l’étain, le fer, le plomb. Les premiers sont des 
esprits, parce que leur pénétration dans le corps (métallique) est néces- 
saire, pour accomplir sa réunion avec l'âme » — « Spiritus, inquam, sunt 
quia per eos imprimitur corpus ut possit cum anim@ conjungi. » Et plus 
loin (VIII, 62) : « Nulle chose ne peut être sublimée sans le concours 
d'un esprit. La pierre ne s'élève pas d’elle-même par laction du feu; 
tandis que les esprits s'élèvent d'eux-mêmes, c’est-à-dire se subliment, se 
dissolvent et déterminent la dissolution des autres substances; ils brû- 
lent, refroidissent, dessèchent et humectent les quatre éléments. » Cette 
dernière phrase attribue aux esprits le rôle des qualités aristotéliques 
citées plus haut. 

« Ce qui ne fuit pas le feu », dit encore Avicenne, «est dit fixe: tels sont 
les corps des pierres et des métaux. » 

Dans la langue même de notre temps, le nom d’esprits volatils est encore 
appliqué à certaines substances, tels que l’ammoniaque, l'alcool, les 
essences, etc. 

D'après Geber (2) il y a sept esprits, dont voici les noms, rangés dans 


l’ordre de leur volatilité : le mercure, le sel ammoniac, le soufre, l’arsenic, 


(1) De perfecto magisterio, Bibl. (2) Voir aussi Lexicon Alchemiæ 


Le 


chem. de Manget, t. I, p. 638. Rulandi, p. 442. 


NOTICES DIVERSES 249 


(c’est-à-dire son sulfure, placé auprès du soufre par l’auteur), la marcassite, 
la magnésie et la tutie. 

Geber dit encore : 

« Les esprits (corps volatils) seuls et les matières qui les contiennent en 
puissance, sont capables de s'unir aux corps {métalliques) ; mais ils ont 
besoin d’être purifiés pour produire une teinture parfaite, et ne pas gâter, 
brûler, noircir les produits. Il y a des esprits corrosifs et brûlants, tels que 
le soufre, l’arsenic (sulfuré), la pyrite; d’autres sont plus doux, tels que les 
diverses espèces de tutie (oxydes métalliques volatils). C’est par la subli- 
mation qu'on les purifie. » — Cette sublimation se compliquait de l’ac- 
tion oxydante de l’air, spécialement dans le cas de la pyrite et du sulfure 
d’arsenic. , 

L’Aludel, appareil destiné à ces sublimations, devaitêtre construit en verre, 
ou en une substance analogue, non poreuse, et capable de retenir les esprits 
(matières volatiles) et de les empêcher de s'échapper, d’être éliminés par 
le feu. Les métaux ne conviennent pas, parce que les esprits s'y unis- 
sent, les pénètrent, et même les traversent. Tout ceci est très clair pour 
nous. 

Le Pseudo-Aristote donne la même liste (1) des esprits que Geber, en assi- 
milant ces êtres aux planètes. 

Dans Rulandus, qui développe la même énumération, la magnésie est rem- 
placée par le wismath, lequel semble être un sulfure métallique, se rattachant 
aux minerais d’étain et de plomb. Ce nom a été détourné de son vieux 
sens, pour être appliqué parles modernes à un métal nouveau, inconnu des 
anciens, le bismuth ; de même que le nom de cadmie a été détourné de son 
sens pour être appliqué au cadmium. Mais ce n’était pas là la signification 
ancienne du mot. 

Revenons aux esprits de Geber et d’Avicenne, afin de tâcher de com- 
prendre les idées d'autrefois et les faits qui leur correspondaient. Les uns 
de ces esprits, tels que le mercure, le sel ammoniac, le soufre, le sulfure 
d’arsenic, sont en effet des substances susceptibles de sublimation pure et 


simple. Les autres sont réputés secondaires: la sublimation n'ayant lieu 


(1) De Perfecto Magisterio, Bibl. chem. de Manget, τ. I, p.638. 


250 INTRODUCTION 


que par l’effet d’une opération complexe, etmal comprise, mais dontla com- 
plexité avait été entrevue par les alchimistes. En effet la marcassite, ou pyrite, 
chauffée dans un appareil distillatoire en terre, donne d’abord du soufre, en 
laissant un résidu ; ce résidu s’oxyde peu à peu sous l'influence de l’air,qui 
pénètre dans l’appareil, et une partie du produit se sublime à son tour peu à 
peu, à une température plus haute, en fournissant des oxydes métalliques, 
blancs ou colorés, Geber distingue nettement ces deux phases du phénomène 
(Bibl. Chemica de Manget, τ. I, p. 534). 

La tutie était réputée le moins volatil des esprits; la magnésie était inter- 
médiaire entre la tutie et la marcassite : enfin la sublimation de la tutie et 
celle de la magnésie étaient assimilées à la seconde phase de celle de la 
marcassite, phase dans laquelle l’action de l’air développait les oxydes 
métalliques. 

On voit par là que la magnésie de Geber, comme celle du Pseudo-Démo- 
crite, et, plus tard, la tutie, désignaient à la fois certains minerais sulfurés de 
zinc, de plomb, d’étain, de cuivre, etc., ainsi que le mélange des oxydes for- 
més par sublimation lente aux dépens de ces minerais de zinc, de plomb, de 
cuivre, etc.; c'est-à-dire que cette magnésie se rattache à la famille des cad- 
mies, dans laquelle on rencontre également le double sens de minerai natu- 
rel et de ses dérivés obtenus par grillage. Les sens du mot magnésie sont 
d’ailleurs plus compréhensifs encore, comme il sera dit plus loin. 

ÉTaIN — χασσίτερος — Stannum — plomb blanc (1). 

Dans Homère, le mot χασσίτερος désigne un alliage d'argent et de plomb 
(ou d’étain?)]. Le sens actuel du métal étain n’a peut-être été acquis à ce mot 
d’une manière précise et exclusive que vers le temps d’Alexandre et des 
Ptolémées, bien que le métal même ait été employé comme composant du 
bronze depuis les époques préhistoriques. De même le mot stannum est 
donné par Pline au plomb argentifère (H. N., 1. XXXIV, 47), aussi bien 
qu’au plomb blanc, qui était l’étain véritable. Dans la lecture des anciens 
auteurs, il fautse méfier continuellement de ces sens multiples et variables 
avec les temps des dénominations métalliques qu’ils emploient. Pour 


pouvoir tirer d'un mot des conséquences certaines, au point de vue des 


(1) Pure, 17. Ν., 1. XXXIV, 47. 


NOTICES DIVERSES 251 


connaissances chimiques d’une certaine époque, il est nécessaire, en général, 
de posséder des objets, armes, statues, ou instruments, répondant exactement 
à cette époque et à ce mot. En dehors de cette règle, on est exposé aux 
erreurs et aux confusions les plus étranges. 

Pline ajoute qu’on contrefait l’étain avec un mélange renfermant 1/3 de 
cuivre blanc et 2/3 de plomb blanc; ou bien avec poids égaux de plomb 
blanc et de plomb noir : c’est ce qu’on appelait alors plomb argentaire. Ces 
fraudes sont encore usitées aujourd’hui, les fabricants d’objets d’étain 
mêlant le plus de plomb qu’ils peuvent à l’étain pur, à cause du bas prix 
du plomb. 

ÉTYMOLOGIES CHIMIQUES DOUBLES. — C’est une circonstance digne d’in- 
térêt qu'un certain nombre de mots chimiques ont deux étymologies : l’une 
égyptienne, qui paraît la véritable; l’autre grecque, qui semble fabriquée 
après coup et pour rendre compte de la transcription hellénique du mot 
ancien. 

Je citerai, par exemple, les mots asèm, chimie, sel ammoniac. 

Le mot asèm désignait un alliage métallique particulier imitant l'or et 
l'argent et spécialement ce dernier métal (p. 62 et suiv.). Il a été traduit en 
grec par les mots : ἄσημος. ἄσημον, azfun, lesquels signifiaient d’abord l’ar- 
gent sans titre, et ont pris, en grec moderne, le sens complet de l’argent. 
La confusion entre ces mots est l’une des origines des idées de transmu- 
tation. 

Le mot chimie paraît dérivé du mot égyptien chemi, qui est le nom de 
l'Egypte elle-même. Mais les Grecs l'ont rattaché soit à χυμός (suc), soit à 
χέω (fondre), parce que c'était l’art du fondeur en métaux. 

Le nom du sel ammoniac (carbonate de soude d’abord, plus tard chlorhy- 
drate d’ammoniaque (p. 45), est dérivé de celui du dieu égyptien Ammon. 
Mais il a été rattaché aussi par les Grecs au mot ἄμμον, sable, etc. 

Ces fausses étymologies rappellent le système de Platon pourles cas ana- 
logues. 

Fer. 

Le basalte était désigné par le nom du fer chez les Egyptiens: 

On distinguait parmi les dérivés du fer, les corps suivants : 


Rubigo ou ferrugo, ἰός, la rouille, c’est-à-dire l’oxyde de fer hydraté et 


252 INTRODUCTION 


les sels basiques de même teinte (1). A l’état anhydre ce corps est devenu le 
colcotar du moyen âge, qui est à proprement parler le résidu de la calcina- 
tion des sulfates de fer. 

Squama. — C'est l’écaille tirée des armes pendant leur fabrication, ex 
acie aut mucronibus (2). Il semble que ce corps répondait à notre oxyde des 
batitures. 

Scoria (3), autre résidu ferrugineux. — Elle est appelée aussi sideritis. 

Au fer se rattachent l’aimant ou pierre magnétique, l’hematite, la pierre 
schisteuse, les ocres, les pyrites, ainsi que la rubrique. 

Donnons quelques détails sur ces différentes matières. 

Aimant ou magnes, dénommé parfois également sideritis (4). 

L’aimant était appelé ferrum vivum et assimilé à un être vivant, à cause 
de son action attractive sur le fer. On distinguait le mâle et le femelle. On 
en reconnaissait plusieurs espèces : les uns roux, les autres bleuâtres, qui 
étaient les meilleurs ; d’autres noirs, sans force; d'autres blancs etn'attirant 
pas le fer. L’aimant tirait son nom de magnes, de celui de Magnésie, qui 
appartenait à une province de Thessalie et à deux villes d'Asie (v. Magnésie). 

Hématite (5).— Le sens moderne de ce mot est resté à peu près le même 
que le sens antique : fer oligiste et fer oxydé hydraté. La pierre schiste est 
congénère (6) : c’est l'hématite fibreuse. 

Ocres (7). — L'ocre, brûlée dans des pots neufs, donnait la rubrique {san- 
guine). Les mots sil, usta (8) ont un sens analogue. On les obtenait aussi 
en brûlant l’hématite (0). 
Pyrites (10).— Ce mot désignait les sulfures de fer et de cuivre et les corps 


congénères : sens qu'il a conservés. La pyrite blanche et la pyrite dorée 


(1) Puie, A. N., 1. XXXIN, 45. — (6) Puine, Η. N., 1. XXXIV, 37. 
Diosc. Mat. méd., 1. V, 03. (7) Diosc., Mat. méd., 1. V, 108. — 
(2) Peine, A. Ν., 1. XXXIV, 46. Puie. A. NN. 1. XXXV, 16, 20, 22. 

(5) Diosc., Mat. méd., 1. V, 04. (8) NPLINE, FINE 1 OX XXE 32. 
(4) Diosc., Mat. méd., 1. V, 147. — 1. XXXIII, 56, 57. 

Puine, H. N. 1. XXXIV, 42, etl. XXXVI, (o) Virruve, 1. VII, ch. vi. — Pine, 

25. — Lexicon Alch. Rulandi, p. 275, EN αἰ ΧΟΧΙ, 37: 

314. (10) Diosc., Mat. méd., 1. V, 142. — 
(5) Diosc., Mat. med., 1. V, 143. — Pune, A. N., 1. XXXVI, 30. 


Puixe. AH. N., 1. XXXVI, 25. | 


NOTICES DIVERSES 253 


notamment sont distinguées par Pline. La chalcite, ou minerai de cuivre 
répondait surtout à la pyrite cuivreuse. 

D'après Pline, le même nom était donné à la meulière et à la pierre à bri- 
quet, que l’on supposait contenir le feu produit par leur intermédiaire. 

Le mot Chalcopyrite, qui désignait sans doute à l’origine la pyrite 
cuivreuse, a changé de sens plus tarà : il aurait signifié le plomb (ou 
plutôt l’un de ses minerais) chez les alchimistes, d’après le Lexicon Alch. 
Rulandi. 

Le mot marcassite a remplacé celui de pyrite au moyen âge, avec un 
sens encore plus étendu. (Voir ce mot.) 

Rubrique. — Ce mot désignait la sanguine; mais on l’appliquait aussi au 
minium, au vermillon et même parfois au cinabre. 

Feu (les vertus du). 

D'après Pline : Ignis accipit arenas, ex quibus alibi vitrum, alibi 
argentum, alibi minium, alibi plumbi genera, alibi medicamenta fundit. 
Igne lapides in æs solvuntur, igne Jferrum gignitur ac domatur, igne aurum 
perficitur, etc. (τ). 

Ce passage aurait pu être écrit par un alchimiste. On lit déjà dans un 
hymne chaldéen au feu, traduit par M. Oppert « O toi qui mêles ensemble 
le cuivre et le plomb (2) ; ὃ toi qui donne la forme propice à l’or et à 
l'argent, εἴς.» 

FIGURES GÉOMÉTRIQUES DES SAVEURS ET DES ODEURS. 

Démocrite leur a attribué des figures. On lit aussi dans Théophraste, de 
Causis Plantarum, 1. VI, ch. τ: 

La saveur douce résulte de matières rondes et grosses; 

— acerbe et aigre, de matières polyédriques, âpres; 
— aiguë — de certains corps pointus, petits, courbes; 
—  âcre — de corps ronds, petits, courbes; 

— salée — de corps anguleux, grands, tordus, etc.; 
— amère — de corps ronds, légers, tordus, petits; 


— grasse — de corps ténus, ronds, petits; 


(1) Pune, À. Ν., 1. XXXVI, 68. (2) Ou l’étain, suivant d'autres inter- 
prètes. 


254 INTRODUCTION 


FIXATION DES MÉTAUX. 

Ce terme est employé comme synonyme de transmutation ; il signifie, à 
proprement parler : 

1° L'acte qui consiste à ôter au mercure sa mobilité, soit en l’associant à 
d’autres métaux ou bien au soufre, soit en l’éteignant à l'aide de divers 
mélanges. 

20 L'opération par laquelle on ôte au mercure et plus généralement aux 
métaux très fusibles, tels que le plomb et l’étain, leur fusibilité, de façon à 
les rapprocher de l'état de l'argent. 

3° L'opération par laquelle on ôte au mercure sa volatilité. 

Les métaux étant ainsi fixés et purifiés de leur élément liquide, 

4° On leur communiquait une teinture solide, fixe, qui les amenaït à l’état 
d'argent ou d’or. Arrivés au dernier état, ils étaient définitivement fixés, 
c’est-à-dire rendus incapables d’une altération ultérieure. 

Gacartes (PERRE), notre jais? (1) Pierre de Memphis (2), sorte d’as- 
phalte. 

Ios — ἰός — virus. 

Ces mots ont des sens très divers chez les anciens. 

Virus s'applique dans Pline à certaines propriétés ou vertus spécifiques 
des corps, telles que : l'odeur (3) du cuivre, du sory, de la sandaraque (4) ; 
— leur action vénéneuse. 

L'action médicale des cendres d’or (5); 

La vertu magnétique communiquée au fer par aimant (6). 

Ἴός signifie plus particulièrement la rouille ou oxyde des métaux, ainsi 
que le venin du serpent, parfois assimilé à la rouille dans le langage sym- 
bolique des alchimistes. La pointe de la flèche, symbole de la quintessence, 
l'extrait doué de propriétés spécifiques, la propriété spécifique elle-même ; 


enfin le principe des colorations métalliques, de la coloration jaune en parti- 


culier. 

(1) Puine, 1. XXXVI, 34. — Drosc., reuse », usités en botanique et en 
Mat. Med., 1. N, 145. chimie. 

(2) Diosc., Mat. méd., 1. V, 157. (4) Η. Ν.. 1. XXXIV, 30, 48, 55. 

(3) Quelque chose de ce sens s'est (5) Peine, A. Ν., 1. XXXIII, 25. 


conservé dans les mots « odeur vi- (6) In., 1. XXXIV, 42. 


on nt ÉTÉ RSS émet 


, 


ὧι 
υι 


NOTICES DIVERSES 2 


losis, — ἴωσις, — signifie : 

1° L'opération par laquelle on oxyde (ou l’on sulfure, etc.) les métaux; 

2° La purification ou affinage des métaux, tels que l’or : c’est une consé- 
quence des actions oxydantes exercées sur l'or impur, avec élimination des 
métaux étrangers sous forme d’oxydes; 

3° La virulence ou possession d’une propriété active spécifique, commu- 
niquée par exemple à l’aide de l'oxydation; 

4° Enfin la coloration en jaune, ou en violet, des composés métalliques, 
coloration produite souvent par certaines oxydations. 

Nous conserverons quelquefois ce mot sans le traduire, afin de lui laisser 
sa signification complexe. 

Macxésie.— C'est l’un des mots dont la signification a le plus varié dans 
le cours des temps (v. p. 221). Jusqu'au xvure siècle, il n’a rien eu de commun 
avec la magnésie des chimistes d'aujourd'hui. 

A l’époque de Pline et de Dioscoride, la pierre de Magnésie désigna 
d’abord la pierre d’aimant, l’hématite {voir le mot fer) et divers minéraux 
appelés aussi magnes, de couleur rouge, bleuâtre, noire ou blanche, origi- 
naires de la province ou des villes portant le nom de Magnésie; ils compre- 
naïent certaines pyrites métalliques. Le magnes était l’espèce mâle et la 
magnesia l'espèce femelle. 

Les alchimistes grecs ont appelé de ce dernier nom les mêmes corps 
et spécialement les minerais, parfois sulfurés, tels que les pyrites, employés 
dans la fabrication du molybdochalque (voir p. 153), alliage de cuivre et de 
plomb (Zosime). Ils l’appliquent même au sulfure d’antimoine {voir le 
Lexique alchimique). Puis, par extension, ce nom a été donné aux cadmies 
ou oxydes métalliques, au plomb blanc et même aux alliages, provenant 
du grillage et des traitements des pyrites. Ὶ 

Ἐπ raison de son rôle dans latransmutation, le molybdochalque, substance 
appelée aussi metal de la magnésie (τὸ σῶμα τῆς uayvnsizs), estappelée τὸ πᾶν 
{le tout), en certains endroits de Zosime. 

Plus tard, chez les Arabes, le mot magnésie s'applique à des minerais de 
plomb et d’étain, sulfurés aussi; ainsi qu'aux marcassites ou pyrites, suscep- 
tibles de fournir des sublimés analogues à la cadmie et à la tutie (Geber et 


le Pseudo-Aristote, Bibl. chem. de Manget, τ. I, p. 645, 649, etc.). 


256 INTRODUCTION 


Les alchimistes latins (1) ont désigné sous le nom de magnésie non seu- 
lement les pyrites (dont certaines appelées w1ismath), maïs aussi l’étain 
allié au mercure par fusion, et un amalgame d’argent très fusible, de con- 
sistance cireuse, appelé la magnésie des philosophes, parce qu’il servait à 
fabriquer la pierre philosophale. C'était « l'eau mystérieuse congelée à l'air 
et que le feu liquéfie. » 

D'après un texte du Lexicon Alch. de Rulandus (p. 322), la magnésie 
représentait un certain état intermédiaire de la masse métallique, pendant 
les opérations de transmutation. 

Il est difficile de ramener de semblables notions à la précision de nos 
définitions modernes. 

Dans le Pseudo-Aristote arabe (2). on lit pareillement : Dicitur argen- 
tum vivum, quod in corpore magnesiæ est occultatum et in eo gelandum. 
Il entendait par là un synonyme du mercure des philosophes, que l'on 
supposait contenu dans le métal de la magnésie. 

La magnésie noire désignait chez les anciens, tantôt un oxyde de fer, tan- 
tôt le bioxyde de manganèse (3). Elle est déjà mentionnée comme servant à 
purifier le verre dans le livre De Mineralibus (L. IT, tr. IT, ch. 11), attribué à 
Albert le Grand. 

Macquer (Dictionnaire de Chimie, 1778), à la fin du xvinr° siècle, dis- 
tingue : 

1° La magneésie calcaire, précipité formé par la potasse (carbonatée) dans 
les eaux-mères du nitre ou du sel commun: c'était du carbonate de chaux 
impur, parfois mêlé avec le carbonate de magnésie actuel ; 

2° Une autre magnésie calcaire, formée en précipitant les mêmes eaux- 
mères par l'acide sulfurique ou par les sulfates : c'était du sulfate de chaux; 

30 La magnesie du sel d'Epsom ou de Sedlitz, précipité obtenu au moyen 
du carbonate de potasse : c'était notre carbonate de magnésie, dont l’oxyde a 
seul retenu définitivement le nom de magnésie, dans la chimie scientifique 


actuelle. Le carbonate en porte aussi le nom en pharmacie. 


(1) Lexicon Alch. Rulandi, p. 316. (3) Le nom même de notre manga- 
(2) Tractatulus ; Bibl. chem. de nèse est une autre transformation mo- 
Manget, t I, 6G1. derne du mot magnes. 


NOTICES DIVERSES 257 


MaRCASSITE. 

Ce mot, regardé parfois comme synonyme de pyrite, est employé par 
les alchimistes du moyen âge pour désigner les sulfures, arséniosulfures et 
minerais analogues, de tous les métaux proprement dits: fer, cuivre, plomb 
et antimoine, étain, argent, or. La marcassite blanche ou pyrite argentine 
était appelée spécialement Wismath ou magnésie. La marcassite plombée 
est le sulfure d’antimoine. 

Massa, μᾶζα. 

Ce mot est donné comme synonyme d’Alchimie dans le traité attribué à 
Albert le Grand et dans sa traduction grecque (Théoctonicos; v. p. 209). On 
trouve également dans le Lexicon Alch. Rulandi : Kymus, id est massa. 
Kuria vel kymia, id est massa, alchimia. 

MERCURE (1). 

Plinedistingue l’'argentum vivum, métal natif, et l’hy-drargyrum ou argent 
liquide, métal artificiel. 

Il prépare celui-ci sans distillation, en broyant le cinabre et le vinaigre 
dans un mortier de cuivre avec un pilon de cuivre. 

On obtenait aussi le mercure en plaçant le cinabre dans une capsule de fer, 
au milieu d’une marmite de terre, surmontée d’un chapiteau (ambix), dans 
lequel se condensait la vapeur sublimée : (χἰθάλη). On lit dans Dioscoride : 
Ἢ γὰρ προσίζουσα τῷ dur αἰθάλη ἀποξυσθεῖσα χαὶ ἀποψυχθεῖσα ὑδράργυρος 
γίνεται. « La vapeur sublimée adhérente ἃ l’alambix, raclée et refroidie 
devient mercure. » — C’est l’origine de l’alambic. 

Dans Aristote se trouve le curieux passage que voici : 

« Quelques-uns disent que l’âme communique au corps son propre mou- 
vement : ainsi fait Démocrite, lequel parle à la façon de Philippe, auteur 
comique. Ce dernier dit que Dédale communique le mouvement à une 
Vénus de bois, en y plaçant de l'argent liquide ». (De Animä, 1. I, ch. 3.) 

C’est déjà le principe de l’expérience du culbuteur chinois, que l’on 
fait aujourd’hui dans les Cours de Physique. Maïs on peut aussi voir là 
l’origine de quelques-unes des idées mystiques des Alchimistes, qui ont pris 


au sérieux les apparences tournées en plaisanterie par les anciens Grecs. 


(1) Droscorine, Mat. méd., 1. V, 110. — PLuine, A. Ν., 1. XXXIII, 52-42. 
39: 


258 INTRODUCTION 


Le mercure des philosophes, ou matière première des métaux (1), repré- 
sentait pour les Alchimistes une sorte de quintessence du mercure ordinaire ; 
ces deux corps étant tantôt confondus, tantôt distingués. C’est dans ce sens 
qu’il convient d’entendre ce qui suit. 

D’après les Alchimistes du moyen âge, le mercure est l’or vivant; la mère 
des métaux. Il les engendre par son union avec son mâle, le soufre ; il tue 
et fait vivre; il rend humide et sec; il chauffe et refroidit, εἴς... L'Eau c’est 
Adam, la Terre est Eve (Ruranpus, Lexicon Alchemiæ, p.47), etc. 

Tout ceci atteste la persistance des vieilles formules, à travers le moyen 
âge ; car la dernière assimilation remonte à Zosime et aux gnostiques. 

Citons encore quelques-uns des synonymes alchimiques du mercure : 

Aquam autem simplicem, alias vocant venenum, argentum vivum, cambar, 
aquam permanentem, gumma, acetum, urinam, aquam maris, Draconem, 
serpentem (2). 

On lit les noms suivants du mercure dans Vincent de Beauvais, Speculum 
majus, VIT, 62: 

Acetum attrahens, et aqua aggrediens et oleum mollificans... servus quo- 
que fugitivus (3). 

Puis vient un dialogue entre l’or et le mercure. L'or dit au mercure : 
«Pourquoi te préfères-tu à moi? je suis le maitre des pierres quine souffrent 
pas le feu. » Et il lui répond : «Je t'ai engendré et tu ne sais pas que tu es né 
de moi. Une seule partie tirée de moi vivifie un grand nombre des tiennes; 
tandis que dans ton avarice tu ne donnes rien de toi dans les traitements. » 

Le mercure est présenté comme l'élément de tous les corps métalliques 
liquéfiables par le feu; après leur liquéfaction, ils prennent l’apparence 
rouge. 

D'après Avicenne (Bibl. chem. de Manget, τ. I, p. 627), « le mercure est le 
serpentqui se féconde lui-même, engendrant en un jour; il tue tout par son 
venin; il s'échappe du feu. Les sages le font résister au feu : alors il accomplit 
les œuvres et mutations... Il se trouve dans tous les minéraux et il possède 


avec tous un principe commun; c’est la mère des minéraux. 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 279. blioth. Chem. de Manget, t. I, p. 500). 
(2) Voir Turba philosophorum (Bi- (3) Voir Ostanès, ce v. p. 217. 


NOTICES DIVERSES 259 


«Un seul métal tombe au fond, c’est l’or et par là tu connais le plus grand 
secret, parce que le mercure reçoit dans son sein ce qui est de la même 
nature que lui. Il repousse les autres, parce que sa nature se réjouit plus 
avec une nature pareille qu'avec une nature étrangère (1). Il est le seul qui 
triomphe du feu et n’est pas vaincu par lui; mais il s’y repose amicalement... 
Il contient son propre soufre excellent, par lequel on fixe l’or et l'argent, 
suivant le mode de digestion. » 

Méraux. — Generation des métaux. 

Aux opinions des anciens, relatives à cette question et rapportées dans mes 
Origines de l'alchimie, il paraît intéressant d’ajouter quelques textes. 

Les métaux sont formés d’eau et de terre, d’après Aristote (Météori, 1. IV, 
chap. 8) : ce qui exprime leur fusibilité et leur fixité, aussi bien que leur 
aptitude à être changés en oxydes. 

Aristote (De Generatione, 1. I, chap. 10) distingue encore les corps enrécep- 
tifs ou passifs, et actifs ou donnant la forme: ὡς θάτερον μὲν δεχτιχὸν, θάτερον 
εἶδος. C’est ainsi que l'étain disparaît, en subissant l'influence de la matière 
du cuivre qui le colore: πάθος τι ὥν ἄνευ ὕλης τοῦ χαλχοῦ σχεδὸν ἀφανίζεται, 
χαὶ μιχθεὶς ἄπεισι χρωματίσας μόνον. Nous touchons ici aux notions alchi- 
miques. 

J'ai cité plus haut (article éléments actifs, p. 246) le passage d’Aristote sur 
l’exhalaison sèche et sur l’exhalaison humide, laquelle produit les métaux. 
Une partie de ceci rappelle, sous une forme plus vague, les théories 
actuelles sur les minéraux de filons, produits par les vapeurs souterraines. 

Et ailleurs (Metéor.., 1. IV, ch. 2): « L'or, l’argent, le cuivre, l’étain, le 
plomb, le verre et bien des pierres sans nom, participent de l’eau : car tous 
ces corps fondent par la chaleur. Divers vins, l’urine, le vinaigre, la lessive, 
le petit-lait, la lymphe participent aussi de l’eau, car tous ces corps sont 
solidifiés par le froid. Le fer, la corne, les ongles, les os, les tendons, le bois, 
les cheveux, les feuilles, l'écorce, participent plutôt de la terre : ainsi que 


l’ambre, la myrrhe, l’encens, etc. » 


(1) Ceci montre quel intérêt on at- On remarquera aussi l’axiome du 
tachait à des propriétés qui nous pa- Pseudo-Démocrite sur les natures, re- 
raissent aujourd’hui peu importantes. produit par Avicenne. 


260 INTRODUCTION 


J’ai cité des passages analogues tirés du T'imée de Platon (1). 

Tous ces énoncés témoignent de l'effort fait par la science antique pour 
pénétrer li constitution des corps et manifestent les analogies vagues qui 
guidaient ses conceptions. 

La Théorie des exhalaisons est le point de départ des idées ultérieures sur 
la génération des métaux dans la terre, que nous lisons dans Proclus (voir 
Origines de l'Alchimie, p. 48), et qui ont régné pendant le moyen âge (voir le 
présent volume, p. 78). On litencore, dans Vincent de Beauvais (VIIT, 6) : 
« D’après Rhazès, les minéraux sont des vapeurs épaissies et coagulées au 
bout d’untemps considérable. Le vif argent et le soufresecondensent d’abord. 
Les corps transformés graduellement pendant des milliers d'années dans les 
mines arrivent à l’état d’or et d'argent; mais l’art peut produire ces effets en un 
seul jour. » 

Dès les temps les plus anciens, ces idées se sont mêlées avec des imagina- 
tions astrologiques, relatives aux influences sidérales (ce volume, p. 73 et 
suiv.). C'est ainsi qu'on lit dans ia Bibl. Chem. de Manget, τ. I, p. 913 : « Les 
métaux et les pierres n’éprouvent pas les influences célestes, sous leur forme 
même de métaux ou de pierres, mais lorsqu'ils sont sous la forme de vapeurs 
et tandis qu'ils durcissent. » On voit par là le sens mystique de ces mots 
attribués à Hermès par Albert le Grand : «la terre est la mère des métaux; 
le ciel en est le père.» De même cet autre axiome hermétique: « En haut les 
choses terrestres; en bas les choses célestes » (2), lequel s’appliquait à la fois 
à la transformation des vapeurs dans la nature et à la métamorphose analo- 
gue que l’on effectuait par l’art dans les alambics. 

Avicenne, après avoir décrit le détail supposé de cette création des métaux, 
ajoute : « Cependant il est douteux que la transmutation effective soit 
possible. Si l’on a donné au plomb purifié les qualités de l’argent (chaleur, 
saveur, densité), de façon que les hommes s’y trompent, la différence spéci- 
fique ne peut être enlevée parce que l’art est plus faible que la nature (Vix- 
CENT DE BEauvais, VIII, 84). » 

Albert le Grand (De Mineralibus, 1. II, tr. 1, ch. 9) dit de même : « Ceux 


qui blanchissent par des teintures blanches et jaunissent par des teintures 


(1)Originesdel’Alchimie,p.269a271. | (2) Ce volume, p. 161 et 165, fig. 37. 


NOTICES DIVERSES 261 


jaunes, sans que l’espèce matérielle du métal soit changée, sont des trom- 
peurs, et ne font ni vrai or, ni vrai argent... J’ai fait essayer l’or et l'argent 
alchimiques en les soumettant à six ou sept feux consécutifs ; le métal se con- 
sume et se perd, en ne laissant qu’un résidu sans valeur. » 

Dans le traité d’alchimie pseudonyme, attribué au même auteur, il est 
dit que le fer alchimique n’attire pas l’aimant et que l’or alchimique ne 
réjouit pas le cœur de l’homme et produit des blessures qui s'enveniment; 
ce que ne fait pas l'or véritable. 

Odeur des Métaux : D’après Aristote (De sensu et sensilibus, ch. 5):«L'’orest 
inodore ; le cuivre, le fer sontodorants; l’argentetl’étain moins queles autres. 

Il yavait un cuivreindien de même couleur que l’or parmi les vases du tré- 
sor de Darius; les coupes de ce métal ne se distinguaient que par l’odeur (De 
mirabilibus, ch. 40). 

Mixiux, RUBRIQUE ou matière rouge. — μίλτος — 

Sous ce nom on trouve confondues un grand nombre de substancesrouges 
d’origine minérale, telles que, d’une part: 

Les oxydes de fer (sanguine, ocre brûlée ou usta, hématite). 

Lesoxydes de plomb (minium et congénères) et peut-être l’oxyde de mer- 
cure (confondu avec le cinabre), ainsi que le protoxyde de cuivre; 

D’autre part, le sulfure de mercure (vermillon, cinabre), le sulfure d’ar- 
senic (réalgar, appelé aussi sandaraque), le sulfure d’antimoine (sulfure artifi- 
ciel précipité et kermès minéral), son oxysulfure, et divers composés métal- 
liques analogues, que les anciens ne savaient pas bien distinguer les uns 
des autres (voir plus haut l’article cinabre, et plus loin l’article plomb). 

Ainsi les mots rubrique, rubrica (μίλτος), minium, cinabre, vermillon, 
sont-ils souvent synonymes dans les anciens auteurs. 

La sinopis, ou rubrique de Sinope (1), était à proprement parler un oxyde 
de fer naturel et artificiel (usta); mais ce nom a été aussi donné à notre 
minium (oxyde de plomb) et à notre sulfure de mercure. 

La terre de Lemnos (2) était aussi une rubrique (probablement un per- 


oxyde de fer hydraté); on la vendait sous cachet. 


(1) Diosc., Mat. méd., V, 111. — (2) Puxe, A. N., 1. XXXV, 14. 
Paie, AN. l.XXXW, 16; XXXVI, 27. 


262 INTRODUCTION 


La sinopis, broyée avec du sil brillant (ocre jaune) et du melinum (argile 
blanche), donnait le leucophoron, matière employée pour fixer l'or sur le 
bois (1). 

Le minium ou ammion (petit sable) désigne : 

Tantôt un oxyde de plomb, dans le sens d'aujourd'hui, oxyde obtenu par 
la calcination ménagée de la céruse etnommé aussi usta, comme l'ocre (2), 
ou bien encore fausse sandaraque (3); 

Tantôt le vermillon et le cinabre ou sulfure de mercure (4). 

Le minium, chauffé à parties égales avec la rubrique, fournissait le san- 
dyx (5), nom qui a été appliqué aussi au minium seul (6). Cette confusion 
se retrouve dans certaines dénominations modernes : c'est ainsi que le 
minium de fer, employé aujourd’hui pour peindre ce métal, est formé de 60 
pour cent de minium et de 40 pour cent d'oxyde magnétique. 

Un premier germe des idées alchimiques sur la fabrication de l'or se 
trouve dans ce fait, rapporté par Théophraste (7), que l'Athénien Callias, au 
vesiècle avant notre ère, vers les commencements de la guerre du Péloponèse, 
découvrit le minium dans les mines d’argent et qu'il espérait obtenir de l'or 
par l’action du feu sur ce sable rouge. 

Le sandyx mêlé de sinopis constituait le syricum ou sericum (8). 

Ajoutons, pour compléter ce qui est relatif aux couleurs dérivées des mé- 
taux dans l’antiquité. 

L'armenium, matière bleue qui paraît être la cendre bleue, ou l’azurite; 

Et le ceruleum ou azur (9), mot qui désigne à la fois une laque bleue, 
dérivée du pastel, et un émail bleu, fritte ou vitrification, obtenu avec du na- 
tron, de la limaille de cuivre et du sable fondu ensemble (ViTrRuvE). 

Parmi les couleurs vertes, on cite l'ærugo, le verdet, la chrysocolle 
(malachite; cendres vertes et sous-carbonates de cuivre). 


Les couleurs jaunes étaient : l’ocre ou sil, parfois mêlé de matières végé- 


(1) Puine, A. N., l XXXV, 17. (5) Pur, 0 N., 1. XXXV, 23. 

(2) Puxe, Η. Ν:, 1. ΧΧΧΝν, 20. (6) Drosc., Mat. méd., 1. V, 103. 

(3) Le même, 22. (7) De Lapidibus, 58, 50. 

(4) Virruve — Dioscorine, Mat.méd., (8) Pine, ἢ. Ν., 1. XXXV, 24. 
1. V, 109. — Pine, H. N., 1. XXXIII, (9) Ῥιινε, ἢ]. Ν., 1. XXXITI, 57. 
37 à 41. 


NOTICES DIVERSES 263 


. 
tales; l’arsenic ou orpiment ; les sous-sulfates de fer (misy et congénères); 


parfois la litharge, le soufre, l’oren poudre; enfin diverses matières végétales. 

NiTRUM — νίτρον — natron, — à proprement parler notre carbonate de 
soude. 

C'est par erreur que la plupart des éditeurs des auteurs grecs ou latins 
traduisent ces mots par nitre ou salpêtre, substance presque inconnue dans 
l’antiquité, et qui apparaît seulement à partir du vie siècle à Constantinople, 
avec le feu grégeois dont elle était la base (1). 

Les anciens parlent aussi du nitrum factice, préparé avec les cendres de 
chêne, c’est-à-dire du carbonate de potasse. 

Spuma nitri, ἀφρὸς νίτρου ou ἀφρόνιτρον. — Se trouve dans des cavernes. 
Ce devait être dans certains cas du nitre vrai. 

OPÉRATIONS ALCHIMIQUES. — Voici le nom de quelques-unes des opérations 
signalées dans les écrits des Alchimistes Grecs; j'ai cru utile de les réunir 


ici pour la commodité du lecteur [2]. 


avatwripwst.......  Régénération par le feu: coupellation. 

ἀν αλυσυξινι . τὔοντετο Παῖς Dissolution, désagrégation. 

ἀποσείρωσις .-. - - - -- .  Décantation. 

ἀχλύωσις. - ««ὐὐνν νον Obscurcissement de la surface brillante d’un métal, 


par oxydation, sulfuration etc. 

ἐχστροφὴ, ἔχστρεψις. Extraction, transformation. 

ἐλαίωσις .......... Graissage; Transformation en huile. 

ἘΞΙΩΡΉΞ ας πη ce . Réduction, affinage. 

ἐξυδάτωσις. ........ Dessiccation; opération par laquelle on dépouille un 
corps de sa liquidité. 


Emibpat------:-- PTOjECHONS- 


APS her .  Décoction. 
HorTEs"S aa Sec ecde .  Oxydation; affinage; coloration en violet (v. p. 255). 
ΧΡΉ σΙΕΙ: ee anse .  Grillage; calcination. 
λείωσις ........... Pulvérisation; délaiement. 
Aetxwoice.......... Blanchiment. 
(1) Voirmon ouvrage : Sur la force des (2) Voir aussi ce volume, p. 210. 


matières explosives, 3° éd., τ I, p.352. 


264 INTRODUCTION 


L ! 

μελανωσίς. .. -- - --ς Teinture en noir. 
CRENOIC ne Torréfaction. 
Étyboote-cecerret Teinture en jaune. 
πλύσις.. τ: IPAVAUCs 
cdis.............  Putréfaction, décomposition. 
Abe ec cb cceo Matière. 
Sec Be -ocos oc Nature, qualité intérieure. 

Or. 


Rappelons sa coupellation par le sulfure d’antimoine, qui en sépare 
même l’argent. On fond ensemble ; la fonte se sépare en deux couches; la 
couche supérieure renferme les métaux étrangers, sous forme de sulfures 
unis à l’antimoine; la couche inférieure contient l’or et le régule d’anti- 
moine. On répète.la fonte deux ou trois fois; puis on soumet l’or à un 
grillage modéré, qui brûle l’antimoine; en évitant de chauffer trop fort 
pour ne pas volatiliser l'or. 

En raison de ces propriétés l’antimoine était dit au moyen âge le loup 
dévorant des métaux; ou bien encore le bain du roi ou du soleil. Mais elles 
ne sont exposées très explicitement que vers la fin du moyen âge. 

Paros et Porus (1). 

La pierre appelée porus, était blanche et dure comme le marbre de Paros; 
mais moins pesante. Ces deux mots sont parfois confondus dans les Papy- 
rus de Leide. 

PLows : On distinguait 2 espèces, le noir et le blanc, ce dernier assimilable 
à notre étain (2). 

Du plomb noir on extrayait aussi l'argent. —Il était soudé par l’intermède 
de l’étain. Le métal de première coulée, obtenu avec le plomb argentifère, 
s'appelait stannum; le second, argent; ce qui restait dans le fourneau, 
galène. La galène refondue produisait du plomb noir. 

On voit que le mot stannum signifie ici un alliage d’argent et de plomb. 
Quant au mot galène, il n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui, où il veut 


dire sulfure de plomb. 


(1) Pa, A1. NN. 1. XXXVI, 28. | (2) PuixE, A. N., 1. XXXIV, 47. 


NOTICES DIVERSES 265 


Chez les anciens, le plomb étaitsouvent confondu avec ses alliages d'étain, 
aussi bien qu'avec l'antimoine (v. p. 224) et le bismuth, métal plus rare et 
dont la découverte est moderne. 

Plomb lavé. — πεπλυμίένος pSAv6dos (τ). 

Voici la préparation de cette substance. 

On broie de l’eau dans un mortier de plomb avec un pilon de plomb, 
jusqu’à ce que l'eau noircisse et s'épaississe : ce que nous expliquons 
aujourd’hui par la formation d’un hydrocarbonate de plomb, résultant de 
l’action de l’air et de l’eau sur le métal. — On lave par décantation. — On 
peut aussi broyer de la limaille de plomb dans un mortier de pierre. 

Vincent de Beauvais (Speculum majus, VIII, 17) décrit la soudure auto- 
gène, plomb sur plomb, qui a été regardée comme une invention moderne. 

Plomb brûlé, — rsravyivos μιόλυδδος (2). — Voici la préparation de ce corps: 

«On stratifie dans un plat des lames de plomb et de soufre. On chauffe, on 
remue avec du fer, jusqu’à disparition du plomb, et transformation en une 
sorte de cendre. D’autres remplacent le soufre par de la céruse, ou par de 
l'orge. Si l’on chauffe le plomb seul, le produit prend la couleur de la 
litharge ».— Le produit obtenu par ces procédés est un sous-oxyde de 
plomb, mêlé, suivant les cas, de sulfure et de sulfate. 

Scorie [de plomb] (3). — Corps jaune, vitreux, analogue à la céruse, ou 
plutôt à notre litharge impure. 

Spode [de plomb] (4). — V. l’article “Ἐς, sur le sens du mot spode. 

Pierre plombeuse (5). — C’est notre galène (sulfure de plomb) ? 

Galena.— Minerai de plomb (6), employé dans la fusion de l'argent. On 
appelait aussi de ce nom le résidu des fontes du plomb argentifère (v. plus 
haut). 

Moly-bdène — p.21683ava (7). « Ce corps est produit dans les fourneaux d’or 
et d'argent. Il est jaune, et devient rouge par le broiement; il est semblable 


à la litharge».— Ce nom a été aussi étendu à la plombagine (notre graphite) 


(1) Diosc., Mat. méd., 1. V, 95. (4) Paie, H. N., L XXXIV, 12. 

(2) Diosc., Mat. méd., 1. V, 96. — (5) Diosc., Mat. méd., 1. V, 98. 
PunE, ἢ. Ν., 1. XXXIV, 50. (6) Puine, 1. XXII, 31. 

(3) Diosc., Mat. méd., 1. V, 07. — (7) Diosc., Mat. méd., 1. V, 100. — 
PLINE, AN; l'XXXIV, 40, 51. PLuaine, A. N., 1. XXXIV, 53. 


34* 


266 INTRODUCTION 


et à notre galène (sulfure de plomb natif). — Onena rapproché encore (1) 
la scorie d'argent, appelée aussi helcysma ou encauma. 

Le mot molybdène a été suivant l'usage fâcheux des modernes, détourné 
de son sens historique par les chimistes de notre temps, pour être appliqué 
à un métal inconnu de l’antiquité. 

Litharge (2).— Elle se préparait avec un sable (minerai) plombeux, ou bien 
elle était obtenue dans la fabrication de l'argent, ou dans celle du plomb. — 
La litharge jaune s'appelait chrysitis ; celle de Sicile, argyritis; celle de la 
fabrication de l'argent, lauriotis (mot qui rappelle les mines du Laurium) : 
«ce sont à proprement parler les écumes d’argent, produites à la surface du 
métal ; la scorie est le résidu qui reste au fond » (PLINE). 

Céruse—Yy601ov (3). — Les anciens ont indiqué le procédé de préparation 
de la céruse par le plomb et le vinaigre. — Dioscoride décrit aussi sa torré- 
faction (ὀπτητέον), sa cuisson (χαῦσαι θέλων), laquelle lui donne une couleur 
rouge et la change en sandyx (minium). 

Minium (v. p. 251,260; Rubrique).— Rappelons que ce mot a désigné non 
seulement le sur-oxyde de plomb, appelé aujourd’hui de ce nom, mais aussi 
le vermillon, le cinabre, le réalgar et certains oxydes de fer. 

PSEUDARGYRE. 

On lit dans Strabon (4) : « Près d’Andira on trouve une pierre qui se change 
en fer par l’action du feu. Ce fer, traité par une certaine pierre, devient du 
pseudargyre, lequel, mêlé avec du cuivre, produit ce que l’on appelle ori- 
chalque. 

Le pseudargyre se trouve aussi près du Tmolus. » 

Était-ce du zinc, ou du nickel, ou un alliage ? 

Sanos (pierre de). — C'est le tripoli. 

Sec (5). — Sel fossile naturel, notre sel gemme, ou chlorure de sodium— 
sel de Cappadoce, sel factice obtenu par l’évaporation des salines. 


Lanugo salis. — "Ayvn ἁλός. — Paillette écumeuse, produite par l’eau de 


mer déposée sur les rochers. 


(ἡ) Diosc., 1. V, ro1. (4) Liv. XIII, 56. 


(2) Diosc., Mat. méd., V, 102. (5) Diosc., Mat. méd., 1. V, 125,130. 
(3) Diosc., 1. V, 103. — PLine, — PuxeE, ἢ. Ν., 1. XXXI, 39-45. 


1. XXXIII, 54. — σιταῦνε, 1. VII, ch. 7. 


NOTICES DIVERSES 267 


Saumure — muria. — "Ar. 

Flos salis, — ἁλὸς ἄνθος. — Efflorescences salines et odorantes, couleur de 
safran — elles surnageaient dans certains étangs, ainsi que dans l’eau du Nil. 

Favilla salis. — Efflorescence blanche et légère. 

SÉLÉNITE (1) ou aphroselinon, pierre de lune, pierre spéculaire, glace de 
Marie ; blanche, légère, translucide. 

Ce mot désigne notre sulfate de chaux et notre mica, ainsi que divers sili- 
cates, lamelleux et brillants. 

SourrE (2). — Soufre vif, ou apyre. 

Pline ajoute : Zgnium vim magnam ei inesse ; il renferme beaucoup de feu 
— sans doute parce qu'il s'allume aisément. 

TERRES (3). 

On désignait sous ce nom divers calcaires et surtout des argiles blanches, 
ou grisâtres, employées : 

Soit comme fondants en métallurgie; 

Soit comme base de poteries en céramique; 

Soit comme ciments dans les constructions; 

Soit comme supports de couleurs en peinture; 

Soit comme collyres, et pour divers autres usages, en matière médicale. 

Ces terres étaient lavées à grande eau, mises en trochisques, cuites dans 
des plats de terre, etc. 

On distinguait: la terre de Chio, la terre de Samos et la pierre de Samos, 
la terre cimolienne, la terre d’Erétrie, la terre de Melos (assimilée autripoli) 
la terre de Sélinonte, la terre de Lemnos {v. Rubrique p.251, 260),le Paræ- 
tonium, la pignitis, l’'ampelitis ou schiste bitumineux, etc. La terre de Lem- 
nos était une sanguine, ou oxyde de fer hydraté. 

TREMPE — TEINTURE — Βαςή. 

La trempe du fer était connue de toute antiquité. Homère en fait mention 
dans l'Odyssée (1. IX, 393). Les alchimistes grecs y ont consacré plusieurs 


articles que nous reproduirons. La trempe du bronze est aussi décrite par eux. 


(1) Diosc., 1. V, 158. -— Lexicon (3) Diosc., Mat. méd., 1. V, 170 à 180. 
Alch. Rulandi, p. 289 et 427. — PLINE, ΤΠ NS XXXN, 31, 52: 55 
(2) Diosc., 1. V, 123. — Pine, H.N., à 55; XXXVI, 40, etc. — Lexicon 


1. XXXV, 50. Alch. Rulandi, p. 463. 


268 INTRODUCTION 


Il est digne d'intérêt que le même mot βαφή signifie : 

19 La trempe des métaux; 

9° La teinture des étoffes, du verre et des métaux; 

30 Par extension la matière colorante elle-même, 

4° Et aussi le bain dans lequel on la fixait. 

Turie. — Le nom de tutie, qui semble ancien (3), n'apparaît avec certitude 
οὐ 4088 temps des Arabes. Il a désigné surtout le pompholyx, oxyde de zinc 
impur. Mais il a été appliqué aussi à toute cadmie, toute fumée des métaux, 
et il en a souvent remplacé le nom chez les alchimistes du moyen âge. On 


en a parfois rapproché la magnésie (v. ce mot). 


(1) On trouve la mention de la Tutia latin de la Bibliothèque nationale de 
Alexandrina (manuscrit 7161 du fonds Paris, f. 13). 


COBPRECTION 


ECM PES CO RECS 


DEXDELGREC 


NOTE PRÉLIMINAIRE 


SUR LES ABRÉVIATIONS, LES SIGLES DES MANUSCRITS, ETC. 


Les variantes et autres remarques paléographiques sont indiquées par les abrévia- 
tions usuelles des mots latins addit (add.), omittit (om.), correxit (corr.), fortasse 
legendum (f. 1.), fortasse melius (f. mel.), fortasse delendum (f. del.). — Corr. conj. 
désigne une correction conjecturale. 

Folio est abrégé f. ; recto, r.; verso, v.; page, p. 

Le ms. 209 de St-Marc, à Venise (xt°s.), a pour sigle M ; — les mss. de Paris 2327 
(de lan 1478), A; — 2325 (xine s.), B;— 2275 (de l’an 1465), C; — 2326 (xvie s.), D; — 
2320 (xvi-xvuie s.), E;— 2249 (xvie s.), K; — 2250, 2251, 2252 (xvuie s.), L ou La, 
Lb, Lc;— 2419 (de l'an 1460), R; — 1022 du supplément grec (xvue s.), S ; — le 
ms. de la Laurentienne, à Florence, Lxxxvi, 16 (de l’an 1492), Laur. 

Conformément à l'usage adopté généralement aujourd’hui, les mots placés entre 
crochets droits [ ] sont ceux dont on propose la suppression ; les mots placés entre 
crochets obliques < >, ceux que l’on propose de suppléer. 

La sigle d’un ms. est suivie de l’abréviation mg. (par ex. : M mg.) lorsque les mots 
qui suivent sont placés en marge de ce ms. 

On a négligé le plus souvent les variantes qui portent : 1° sur le ν final éphelkys- 
tique suivi d’une consonne (par ex.: ἔστιν τὸ φάρμαχον), d’un usage presque constant 
dans M ; 2° sur la confusion de voyelles causée par l’iotacisme ($3105 pour 6/06) ; 
3° sur la ponctuation. On n’a reproduit, d’ailleurs, dans les notes, que les variantes 
qui paraissaient contribuer à l'amélioration du texte. Les autres variantes, qui ont 
été recueillies, pourront figurer dans une publication à part. 

Le texte imprimé est toujours, sauf indication spéciale, conforme à celui du 
manuscrit sur lequel la transcription a été faite. 

Lorsque le texté grec n’a pas de titre, on y supplée par la suscription d’untitre 
en français. 

Les renvois d’un morceau à un autre sont effectués au moyen de divisions 
conventionnellesen Parties, Sections ou Morceaux et Paragraphes.(Ex. : Cp. I, 111,5: 
Comparez [τὸ partie, 11° morceau, $ 5). 

Les notes philologiques suivies des initiales M. B. sont de M. Marcelin Berthelot. 


Les initiales C. Ε΄. R. signifient Ch.-Émile Ruelle. 


PREMIÈRE PARTIE 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


l 7 = DÉDICACE 


Publié par Bernard, dans son édition de Palladius, De FEBRIBUS ; 
et par Emm. Miller : CATALOGUE Des Mss. GRECS DE L'ESCURIAL, p. 410. — 
Transcrit sur M, f. 5 v. 


“ 4 C1") 274 “ - LA 
Τὴν οιῦλον οΛλθον UOTE EVAEAQUULU.EVOY 


: = x τ, ἢ 
ταυτῆς ἐρευνᾶν τας σοῴως χεχρυμμεναᾶς, 


= x \ δι »" \ , , 
ὃ γοὸς τὸ φαιδρὸν ὄμμα πρὸς θείας φύσεις, 
CA) N ΄ - , 
L Ye! οιαρας ποανσοφοις εὐοττιαις, 
ï 3 3 


2 : NAT / 
10 μονὴν φύσεις νιχωσᾶν ἐνθέῳ τρόπῳ, 


χα! 12970 αἰγλήεντα πίχτουσαν μονὴ». 


2 , y = ΄ 5 ως à , 
15 θαύμαζε νοῦν, φρόνησιν ἀνὸρῶν ἐνθέων, 
΄ Ν ἘΝ , \ , 
ὡς δημιουργῶν σωμάτων χαὶ πνευμάτων, 
= ὑπ} ! \ 
πῶς ἔσχον οὕτως γνώσεως ὕψος μέγα, 


Ψψυγοῦν, ἀποχτενειν TE χα! ςωοῦν παλιν, 


10 


15 


Dre £éy ς πλάττει, 
στε ζενῶς TAUXTTELV 


/ δ 


. N N 2 
CIVUYUATHOUS ενοο ν EVXEXOU 


Ν 
ἧσπερ διαγνοὺς χαὶ μαθὼν τὰ 


. ῃ 
εν, ἐντέθειχε συλλογ: 


l 


᾿ 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


τε χαὶ μορφοῦν ξένως. 


Q θαῦμα, τὴν ἄνασσαν ὕλην ὀλόίαν ! 


ἀραστἄπου 


ΛΕΥΙ, 
Ἣν SEVNV 


= AN ’ , 
ἐν τῆδε βίδλῳ πανσόφων γοημάτων, 


O: 
< 
a 
[Qi] 
oO 
a 
>= 
m> 
᾿ 
τ τὸ 
S 
5 


\ £ 


= ra 
ρύλαττε, Χριστ ἐ παντάναξ. 


Ι. π. — LEXIQUE 


Transcrit sur M, f. 131 τ. — Collationné sur B, f. 2 ν. ; — sur A,f. τὸ το; —surE 
(copie de A), f. 163 v.— sur L, page 240 ; — sur l'édition de Bernard (— Bn). — 
Dans M, beaucoup de noms de corps sont surmontés de leurs signes. À moins 
d'indication contraire, les leçons de M et de Bn (transcrit sur M) sont identiques. 


ÂEEIKON ΚΑΤᾺ ΣΤΟΙΧΕΙ͂ΟΝ ΤῊΣ XPYYOIOIIAZ 


ἄνθιον, χαὶ ἅλας ἀμμωνιαχὸν, 


A 


Ν - 
δίτης σπέρμα ἐστὶν ἄνθος χαλχοῦ. 


ἀπὸ τῶν φλοιῶν τῶν ὠῶν, χαὶ ἅλας 


A 
χαι 


Ξ 


ἅλας χοινόν. 


11. Titre dans B : Aëë. . στὸ τ 
τέχνης. — Titre dans AE : Λεξ. 4 στ. 
τῆς ἱερᾶς τέχνης, πρῶτον ἑλληνιστὶ μετα- 
ἜΗΝ τῶν δὲ (τῶν τε ΕἸ σημείων χαὶ τῶν 
ὀνομάτων. — Titre dans L: AXË . χατὰ 
ἀλφαοητον μεταλλευτιχὸν τῶν ὀνομάτων τῆς 


9. 


ἢ 
eo 


ς τέχνης τῆς ἐν τῇ χρυσούλῳ 
ταύτη Οίόλῳ. --- 12. Au-dessus de ᾽Αφρο- 
δίτης, AEL donnent ᾽Αργχὴ τοῦ À, et ainsi 


de suite en tête de chaque lettre, sauf 
que E supprime le plus souvent les 
mots ἀρχὴ τοῦ. M écrit en rouge l’initiale 
du premier mot. — Β a perdu le com- 
mencement du Lexique jusqu’à l’article 
ἀνδροδάμας inclus. — 14, τῶν ὠῶν gratté 
dans M ici et presque partout. — 15. 
Après ἀμμωνιαχὸν] ἅλας ἀρωνιαχὸν add. 
BAL, pour ἀρμωνιαχὸν (M. B.). 


LEXIQUE 


ὌΝ 3 
νὴ ὃι 


΄ 


h αἰθαλουμέ 


χρυσοῦ. 


ν 


= 


" 


ἁλὸς ἄχνη. 


\ 


jé AOL 


ANT 


χαι α 


\ 


ἽΛλας ἄνθιόν ἐστι θάλασσα, 


\ 
L 


ίου χα 


ς 


ἰθάλη 9 


αι 


ν νᾶμα, 


πὸ 
«- 
“τ᾿ 
δ 
ι» 
ἑῷ τ 
be 
-O . 
> ES 
En 9 
Lee be 
b 
© Ὁ 
uw 
rO For 
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= Ur 
S © 
EAN) 
ON 
Ὁ τῷ 
.» a 
S vw 
SAS 
- <>, 
b = 
St Ξ 


, 
' 


ὶ χαλχιτ (οἷν 


χαι 


« 
Ξ 


χαλάχανθο 


χοῦ 


χαλ 


ΕΞ 
ο 
x 
τὸ 
F2 
su) 
b 
Oo 
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T& à 
* 95 
bb 
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ι » 
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ru &] 
τ 
HS 
Ὁ — 
O0 
ru) Ε 
ῳ «ὦ 
3 
SENS 
© sb 
[de] ω 
Oo ο.- 
O- -— 
«co ἃ 
> 9- 


λίθος σχυθερ 


\ 


χαι 


/ 
ῃ 


απὸ 2200 


1 


\ 


ν ἣ 


uw 


ἢ 
ο 


ù 
EOOVIZ 


Ur 


> 
Ὁ 
> 
= 
"ὩΣ 
Sn 
> Ὁ 
SMS 
‘a 9- 
(SNS 
RO 
O- Les 
= 
= rw 
CSN ὧρ 
b το 
"0  «-" 
DS < 
SMS) 
τῇ Où 
=) 
Se 
πὰ ὩΣ 
τι τὶ 
10 
mt 


ès 


. L. — 5. Apr 
aëxpews add. BAL. — 


ν᾿, 


. Αγγ 


| 


Ê 


χύμαρος EL.— 16. 


édaction de BAL : 


αἷθ 


λ. 


1 


ὁ χινν 


1  ἁ 


S2S 


ἢ διὰ ὄξου 


, 


᾿υομέν 
χάλχανθος BAL. — 15. 


1 


- 


aa SD 
ὧν ὡὠῶν À 


τι 


" 
ἄλη 


ñ 


ru 


πολύ- 


Après 


υσόλ. AL.— 21. 


18 


— 11. 


΄ 


1 


ZA 


uagts MBA ; 


, 
Ὁ. Z0 


15 


γαλχοῦ. — 


x 
ἵ 


& 
nl 
EH 
3 
υ 
ΞΡ 
9- 
δ 
en 
Ν 
un 
o 
κ- 
3 
Î 
δ 
9 
ΠῚ 
x 
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S 
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3 
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-ι.μφ[Ὁ 
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% [6Ὰ] 
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ῷ © 
À Ὄ 
PE 
[νη 
βι Ὁ 


χολύθδου % 


L 
; 


0 INDICATIONS 


᾿ τῆς Ὅν Ξ 
ATATA ὑοραργυρος λέγεται 


γε εκ li 


ς 
*’AbrxTov, τὸ χαθαρὸν χαὶ ἀμόλυντον. 


᾽ ΕΝ « 
 οια 


GÉNÉRALES 


πριῶν θείων ἀπύρων σύνθετος. 


x” . [ὺς λένε πὲ ἀπ ελάτντπσο, χαὶ ἀσχίχαστον. χαὶ - 
Δθιχτον χυριὼς λέγεται ne) 221 79170 χαι AOXIAGTTOY, AOL ὙῸ9Ξ 


σάνθεμον. 


D B 


ἡ) Βατρά 


ï - 


z Fo Nes 
λος θεῖόν ἐστιν ὠμόν. 


χιόν ἔστι χρυσόχολλα, χαὶ χγρυσόπρασον. 


10 Βαφὴ ἀλλοίωσίς ἐστιν. 
, s 2 \ ΄ "Ἐπ 
Βοτάναι πᾶσα! ξανθαὶ χρυσόλιθοί εἰσιν. 
ἡ : ον 
Βύνη, βλαστάριον ζύθου 
IP 
NA rs \ = , “ \ ἘΝ 5 A ᾿ 
Γάλα βοὸς μελαίνης ἐστὶν ὑδράργυρος ἀπὸ θείου. 
= D nt ΤῊ. en Ve Qt +} ) A PH LS F 
15 ln ἀστερίτης ἐστὶ πυρίτης, χαὶ γῆ χεία, χαὶ λιθάργυρος, καὶ θεῖον 
= À \ , \ IN , = 4 A ᾿ 
λευχὸν, χαὶ στυπτηρία, χαὶ χαόμεία λευχὴ, χαὶ μαστίχη. 
li αἰγυπτία ἐστὶν ἢ χεραμιχή τ 
Dies , : \ , , \ ΄ς +. 
Γὴ σαμία ἐστὶν ἀρσένιχον, χαὶ θεῖον keuxcy. 
I = » , # SAS ἢ εῖ 
Aa ἐχαστου Coou ἔστι θεῖον. 
, - \ "Ἂς en , 
Γύψος ἐστὶν ἢ παγεῖσα ὑδράργυρος. 
20 Δ 


de ἐπ M, et au-dessus : σύνθετα (main 
du copiste ?); συνθέτου A. Lecon con). 
— 2. L'astérisque désigne ici les articles 
qui ne figurent pas dans M. — Cet arti- 
cle-ci et le suivant sont des additions de 
AEL.— L réunit les deux articles addi- 


tionnels en un seul et les rédige ainsi : 
AO. ἐστι τ. χαθ. 2. au., χυρίως δὲ λέγ. #. τ. 
À. — 7. ὀόλος M. — 12. 
€. L.— 22. δίφας M (qui écrit souvent ἡ 
pour 2e); δίφρος L.— 24. Après χασσ.] 
ἤγουν ἀπὸ zyyañapcwz add. BAL. 


βύνη ἐστ: 6À. χα! 


10 


> 
15 


LEXIQUE 


“ - , - 
Ἑλχυσμά € 


8 
«) 


Ἢ 
E 
y 


« » = x 
ty © ἀναχαυθεὶς μόλυῤοος. 


ὠῶν τῶν φλοιῶν. 


Ἢνχέφαλός ἔστιν PO MS 

γχεφαλος ἐστιν AODECTO τῶν 

- ’ “- LA - LA 

Ednois ἐστι σχόπησις χαὶ λείωσις χα 

ἪΝ ᾿ ᾿ - ’ LA 
TibAnsis ἐστι συλλείωσις χατασπωμένη. 


LA “ 
ἔχστρεψις μετὰ 


5, ὃ χρυσόλιθος. 


Z 


‘1e τ) \ , à = , : Ξ 
f. 132 v.) Δωμὸς βαφιχός ἐστι χαλαχάνθη οἰχονομηθεῖσα. 
H 
ε 2 , “- 2 » 4 
ΗἩμισώματά εἰσιν αἱ αἰθάλαι. 
RL Σ "0 
Hyouvuéviév ἐστι χνήχου ἄνθος. 
Ἤλεχτρόν ἐστι τὸ τέλειον ξηρίον. 
Es ι 
TT 7 , EN S Sn ES 
Ἡλίου χαίται εἰσὶν θεῖον ἀπὸ ἡλίου. 
ε ᾿ NE - A e À , 5 \ - 
Ἡλίου δίσκος ἐστὶν ὑδράργυρος ἀπὸ χρυσοῦ. 
Θ 
Ἢ ΄ . 50 = eN ΄ ἊΣ 4 = ne 
Θεῖον λευκόν ἐστιν αἰθάλη ὑδραργύρου παγεῖσα μετὰ τοῦ λευχοῦ 


; 
συνθέματος. 


2. ἀναχαυφθείς BA ; ἀναχαμφθείς L. — 
3. τῶν ©. τ. ὠῶν AL, f. mel. Cp. ci-des- 
sus l’art. ᾿Αλαύαστρος. — 4. σχόρπισις 
BAL, f. mel. — 6. sisi] ἐστιν (placé 
après 21.) AL. — 7. Après ÿèp.] τῶν 
εἰδῶν add. BAL. — 8. Art. ajouté dans 
AL. — 9. Art. ajouté dans BAL. — 
Après ἐτ.] λίθος add. A supra lineam; 
λίθος ἐστίν add. L.—11. Après cet article, 
on lit dans L : Ζύμη ἐστὶ σύνθημα σωμάτων 


Un ! ! » 
σὺν αἰθάλῃ ἠχουμενέου χαὶ χνίχου ἄνθει. — 


1: 

Après οἴχονομ.) χατὰ τὴν τέχνην add. AL. 
᾿ς —15. χνίχου mss, partout.— 17.470 ἡλίου] 
| ἀπὸ suivi dans M du signe du soleil ou 
| de l'or, avec esprit rude. F. 1. χρυσοῦ. 
| —18. χρυσοῦ] 515.:Π6 58Π5 esprit dans M.— 
| 20. 2e art. de L dans la lettre Θ. — 
| 21. συνθήματος BAEL, ici et presque dans 


Ἂς Ξ 
γάλχανθος οἰχυνομηθείς. 


| 12. χαλαχάνθη ἤγουν γάλχανθος A. Réd. de 
] Re 

| Ζωμὸς ὁ. ë. 

| 


tout le contenu de cette famille de 
manuscrits. 


σι 


10 


15 


20 


3 INDICATIONS GÉNÉRALES 


θεῖον λευχόν ἐστιν ὃ χρυσετήσιος λίθος, ὃ αἱματίτης. 


ὃ 

Θεῖον ὑγρόν ἐστι τὰ δύο στίμμι χαὶ λιθάργυρος. 

Θεῖον ἄχαυστόν ἐστιν αἰθάλη χαὶ ὑδράργυρος. 

Θεῖον ὕδωρ ἐστὶ τὰ ἀσπρὰ τῶν ὠῶν, χαὶ μάρμαρον τὸ διοργανι- 
ζόμιενον. 

Θαλλοὶ φοινίκων εἰσὶ θεῖον λευχόν. 

Θεῖον ἄκαυστον, τὸ ἀπὸ ἀρσενίχου χαὶ σανδαράχης ὕδωρ μιγὲν 
χαὶ λευχανθέν. 

Θεῖον ἄθιχτόν ἐστιν ἐν τοῖς ζωμοῖς ὃ χρόχος, χαὶ θεῖον ὕδωρ ἐστὶ 
τὸ ἀπολελυμένον τὸ À ᾿ ἀσδέστου xal ἀλαδάστρου. 

Θεῖον χρεμαστόν ἐστιν ὕδωρ. 

Θειώδη εἰσὶ τὰ μεταλλιχά. 

Θεῖον ὕδωρ ἐστὶ τὸ ἐκ μολύδδου ἑψούμενον. 

Θεῖον ὕδωρ εἰς τὴν ξάνθωσιν ὅτι οἶνος ἀμτηναῖος μετὰ ἐλυὸρίου. 

Θεῖον σχιστόν ἐστιν ἀρσ ἔνιχον. 

Θεῖα δύο λέγονται, καὶ οὐχ εἰσὶ δὲ συνθέματα, ὅτι θεῖον ἔργον 
ἀποτελοῦσι. 

Onéaixdv μάρμαρόν ἐστιν ἀσόεστος τῶν ὠῶν χαὶ τί- [[. 133 r.\ 


Tavos, χαὶ σχιστὴ στυπτηρία, χαὶ n ἀπὸ Μήλου ὅ ἐστι θεῖον 


Θεῖον λευχόν ἐστι μόλυδδος οἰχονομνηθείς 


Θεῖον γαλχός ἐστιν οἰχονομηθείς. 


1. 39 γί, de L, ajouté dans AL. — νέος BA. Dans un fragmentépigraphique 
2. 4 art. de L.— ὃ A9. L.— 3. τοῦ αγῖ, de l’édit de Dioclétien de pretiis rerum 
de L. — 4. 5e art. de L. — ἀσπρὰ] λευχὰ récemment découvert par M. Paul 
BAL. — 6. θαλλοὶ] θάλη Α. — Après |  Monceaux (Alger 1886), fragment dont 
λευχὸν] ὃ χαὶ puis l’art. suivant BAL. — le texte est généralement correct, on lit 
7. Après 0. ἄχ.) ἤγουν add. BA. — 9. οινος apuvveos et 0. ἀμίννιος. On rencontre 
Ge art. de L, qui continue comme MBA dans nos mss. alchimiques : ἀμηναῖος, 
jusqu’à l’article θεῖον ὕδωρ ἐστὶ inclus. — ἀμηνέος, ἀμινέος, ἀμυναῖος, ἀμοίνεος ; f. 1. 
ὁ ἐν τ. ζ. χρ. L. — 10. καὶ om. BAL; ἀμίννιος. — 16. ὅτι] ἀλλ᾽ ὅτι BA. — 18. 
ἴ: 861: -ϑ 11: θεῖον Ἐξ: xp UT NA 12° art. de L. --- τῶν ὠῶν gratté M. -- 
après ξανθ.] ὃ τῆς ἀρσενίχου add. BA.— ἀμη- 1. τῦθ ατῖ: (6 


&) 


20 


LEXIQUE 9 


ἐστιν αἰθάλη, χαὶ χρυσόχολλα. 


»ν ἃ \ , 
χαὶ ὕδωρ θεῖον ἄθικτον, χαὶ κώμαρις σχυθιχ: 


ῳ- N 
- 


ll 
χαὶ βατράχιον, ai χρυσόπρασον, χαὶ χρυσό- 


Καυστὴ χοπτιχή ἐστι φέχλη χαὶ ἀφρὸς so 


7 le ΄ Η CAN 5 LA 
Καλάϊνόν ἐστιν ὕδωρ ἀσέδέστου. 
, : € 3 f a 
Kivvabaots ἐστιν ἡ ἐν λέδησιν ἑψουμένη αἰθάλη. 


K ΄ 4 - " re 
NYyoUGLOY ἐστιν AUTUS. 


Κόλλα ἀττικὴ, ἀμυγδάλης δάχρυον. 
Κόμμι ἐστὶ λέχιθος. 


ni - 5 -- >» — " , 
Κλαυδιανός ἐστιν ἀσόεστος τῶν ὠῶν, χαὶ αἴγειρος χαὶ χασσία. 


a 


Κώμαρις σχυθιχή ἐστι θεῖον, χαὶ ἀρσένιχον μετὰ πάντων αὐτῆς 


2. après ἰὸς] χρυσοῦ add. L.— ἢ αἰθ. M ; — Κόπρος ἐστὶ χρυσὸς (signe de l’or): 
χαὶ ἢ χρυσόχ. L. — 3. après ξάνθωσις] χαὶ ἄμ..ἐ. χρυσόλ. BA; Κόπρος ἐ. χρυσὸς (en 
χαὶ χρυσόχολλα add. AL. --- χόμαρις M; toutes lettres), χαὶ ἄμ. χαὶ χρυσόλ. L. --- 
χωμ. σχ. souligné dans L (p. 263) et en 11. χασσίτηρος M presque partout. — 14. 
mg., note d’une main du XVIIe siècle : xyovotv (sans accent) M. — ἄμπυξ] f. 1. 
infra 265, 267; Cp. ci-dessous p. 10, au6iE. — 15. Après αἰθάλη] ἀρσενιχοῦ add. 
1. 6, note.—7. Article ajouté dans AE. BAL. — 16. Après ἀττ.] ἐστὶν add. L. — 

9. ἄφρο, puis le signe de la lune MB: 17. λέχηθος M ; λέχινθος Α ; λέχυνθος B et 
ἀφροσέλινον À. — 10. Küxpos, le signe de du Cange. — 18. τῶν ὠῶν gratté M. — 
l'or, puis «uuos sans esprit ni accent χασίν MBA. — 19. αὐτῆς] αὐτοῦ L, f. mel. 


(= χρύσαμμοός) ἐστιν χρυσόλιθος (en signe) 


2 


10 INDICATIONS GÉNÉRALES 


ES 


Kixivov ἔλαιόν ἐστι τὸ ἀπὸ τῶν ἀγρίων σύκων * πολλοὶ γὰρ 


τοιοῦτον σχευάζουσι. 


ς ἐστι τὸ θεῖον. 
([. 139 v.) Κώμαρίς ἐστιν ἀρσένιχον. 
» 


K , + FAN 5 ἊΝ " 1 
4“ γίπειον αἱμαὰ ἐστιν "οὼρ ἀλαδάστρου οἰχονοικηθέν. 


ι 


A 


Λαπάθου χαλχός ἐστιν ὄξος. 

10 Δίθος Διονυσίου ἐστὶν ἀσέόεστος. 
Λευχόλιθός ἐστι πυρίτης. 
Λίθον τὸν οὐ λίθον ἀσέεστον € 

27e 

γὴν δι᾿ ὄξους. 


LA LA πὴ LA 
Λιθοφρ υγιον ἐστι στυπτηριᾶ. 


2 , \ N DJ 
15 Δέπυρα τῶν χωδαθίων εἰσὶ τὰ θειώδη, πλέον δὲ τὸ ἀρσένιχον. 


0 


"Λαχᾶς χιᾶς ἐστιν ἄνθος. 
Λιθάργυρος λευχή ἔστι ψιμμύθιον. 
, 4 “- FAN / 5 , 
Λευχογάλχιόν ἐστιν ὕδωρ θείου ἀπύρου. 
Λοκόπινός ἐστιν ὃ βάπτων εἰς βάθος χαὶ μὴ ἀποπτύων. 


” 


,ὔ LA # “- LA “ 
20 Λίθος φρύγιός ἐστι στυπτηρία, ἤγουν θεῖον. 


να! λέγουσιν, χαὶ αἰθάλην λειουμέ- 


\ 


Λευχόφανόν ἐστι τὸ δύνον εἰς βάθος. 


Μόλυδδός ἐστιν παρεμφερὲς ψι 


1. Après ἔλ.] ἐστὶ add. L. — 2. τοῦ- 
ro L,f. mel. — 3. Réd. de L : Knptov 
ἢ χυρίον ἐστὶ τὸ στερεὸν ἢ τὰ στ. σώματα ; 
χυρίον À; στερείον Βη. — 6. L mg. (p. 
267) : Supra 265, 263. — 9. ὁ ὄξος Bn. — 
12. Réd. de L: Aïlos 6 où λίθος ἐστὶν 
ἄσθεστος, καὶ αἰθάλη λειουμένη μετ᾽ ὄξους. 
— 14, Λιθοφρύγιος L. —15. ληπυρατῶν M. 


—- 16. Art. ajouté dans AL. — λαχὰς χίας 
A. — 17. ψιμύθιον M partout; ψιμμιθίην 
AB partout; ψιμμύθιον L partout. — 
18. Après ὕδωρ, le signe de θεῖον ἄπυρον 
dans M.— 19. Λευχόπινος BAL, f. mel. 
— 20. L place cetarticle avant le précé- 
dent.—21. δύνων] δυομένον L.—23.rapeue.] 
ὅμοιος L. — φιμυθίῳ L; ψιμμιθ B. 


10 


20 


LEXIQUE II 
, “- = ZA) x ᾽ 
Mayvnoia ἐστὶ μόλυξδος λευχὸς χαὶ πυοίτης. 
ἱ 1 î 3 5 ὶ ΠΣ 
. , 04 are her 
Mayvnoix ἐστὶν ἀπαλάχιστον ὄξος, χαὶ Ai ινάσπασις. 


στίυ! θηλυχὸν τὸ 


τ i 


LA \ 
πάντα τὰ ξανθὰ χαὶ τελειο: μενα. 


Μαγνησία 


ΜΝαλάγματά εἰσι 


, , ὭΣ ον PIN N 
Ν τα 2! σις ἐστι θε τον χαὶ ὑδράργυρος οιας 


7 
γα Λ λχηδόνιον. 


"» LA 
όρως οἰχονομνηθένται. 


ἅτιος γίνεται χαὶ y 


ουσολίθου. 
Νίλτο ) 
Νέλι ἀττιχὸν, na PE ὕδωρ θεῖόν 
(f.134 à M 
Μολυόδόχαλκός ἐστιν os 


Μυστήοιον 


ir 


αίσυ ξανθὸν μετὰ 
ὀλυδδος ἢ 


παντ 
Μεγάλη 6oTavn ἐστὶ ne 


“Μέλαινα νεφέλη ἐστὶν αἰθάλη xai 


Ν 


δ ἡ 1" - "» = , 

Νεφέλη ἐστὶν αἰθάλη θείου. 

T + or, ΓΞ , 3 

Ναξίας δίνισμά ἐστι χουρέων ἀχόνημα. 

Νίτρον ἐστὶ θεῖον λευχὸν ποιοῦν χαλχὸν ἀσχίαστον ᾿ τὸ αὐτὸ ἀφρό- 


, - 
τιν YA: 


ἈΝ ρος ἐστὶ σχότος ὑδάτων. χαὶ αἰθάλη. ἢ αἰθαλ ἔν ὑνοῦτι 
Νέφος ἐστὶ σχότος ὑδάτων, χαὶ αἰθάλη, ἢ αἰθαλουμένη ὑγρότης, 
χαὶ συμπλεχομένη θολή. 
Ὃν 
- = - “ἽΝ : 
χιννάδαρις αἰθάλη ἐστὶ θείων χαὶ ὕδωρ ἀργύρου. - 


3. χαλχηδ.] μαχεδονιχὸν BAL. — 4. Réd. | suppose : énrivn; (d pour ἢ: ὕπαρ pour 
| 


ἐστι ELOV.— 


de L : 
6. ἰσάτιδος BA, — χρυσολθ M ; χρυσόλιθος 
Bn. — 7. ἵτου M ; αὐτορύτου BA. — 9. 
βολυθδόχ. ἐστι λιθάργυρος χαὶ γρυσόχολλα A. 
- 13. Art. ajouté dans BAL. — 16. 
εξίας M ; ναξίας πέτρας L. — ἐστ' χαὶ χουρ. 


ΒΑ. — 18. διτίνη M; ῥυτίνη BAL. « On 


ἢ “ANT 
μάλαγμά ἐστι πᾶν σύνθημα τ' 


αὐτορ 


Arap se lit dans la liste des signes de A). » 
(M. B). — 19. Art. ajouté dans AL. — 
20. Après συμπλεχομένη.] θολὴ add. L. 
« pour θολύς. » (M. B.).— 22. κινναδάρεως 
L; signe de χιννάδαρις dans M.— 23. Lire 
comme Bn qui propose à: ᾿οὔρου χαὶ θείου. 
— Après ozovou. ] χαὶ ἢ χαδμεία add. BAL. 


12 INDICATIONS GÉNÉRALES 


᾿ ; Ven Hz Re 
στρεον χαὶ σηπέας Ὀστραχόν ἐστιν ἀσύόεστος ὠῶν. 


Ὀπὸς χαλπάσου χυλός ἔστι χαλπάσου. 


Ὀξύγγιον χοίρειόν ἔστι θεῖον ἄκαυστον. 

5 Ὅξος χοινόν ἐστι τὸ διὰ λιθαργύρου χαὶ φέχλης. 
Οπὸς πάντων δένδρων χαὶ me ἐστιν ὕδωρ θεῖον χαὶ ὑδράργυρ 
Ὃ οἷδάς ἐστι στυπτηρία. 


“- A T1 
ησίς ἐστιν ἕψησις χαὶ ξάνθωσις. 
» 4 = ZA] 4 
Οσιρίς ἐστι μόλυδδος χαὶ θεῖον. 
» n 


10 Ὅλμος ἐστὶν ἰγὸίον. 


μαγνησία. 


Ν 
owo θείου. 


4 
, “- C7 «- 5 ἊΝ δ, 
20 ΠΠορφυρίτης ἐστὶ λίθος ἐτήσιος, xai ἀνὸδροόᾶμας. 


x \ ” 
ὕδωρ τὸ ἀθιχτον. 
Πέ ἊΣ ΄ TAN , A / 
ἐταλα τῶν στεφανοπλόχων εἰσὶ πυρίτης χαὶ μαγνησία. 


ἸΠοοοξύ" Ξ 2) ἐν ee ἢ 
φουζηναᾶς εστῖν EV οζει 


= 
, 


\ 
0 


2. 6e art. de L dans la πες 9: — | ἕψησις χαὶ ξάνθωσις ξηρίς (Ε : 


ὄσιρις) nai 


lé ὕστρυον M ; ὄφιον BAL. ε. 

L.— après ἐστι χαλπάσου] ἀν σου A 
— 4. ὀξύγγιν M. — 5. νεφέχλης A; 
L.—11. ἴγδη L. — Après ἰγδίον] θυΐα 
add. L (lire θυεία). — 13. Après cet 
article, on lit dans A : πίδας (E : ὃ οἷδας) 
ἐστὶν στυπτηρία. Πτήσις (pour ὄπτησ:-" "ἐστὶν 


νεφέλη 


θεῖον " πῆξον 2. τ. À. — 14. Art. ajouté 
dans A. — 16. Après μαγν.} ὃ λευχόλιθος 
add. A. — 19. πηξίδες AL, f. mel. — 
Après οἶχ.) εἰσὶν add. L. — 20. Réd. de 
LE: πολύχρ. χαὶ πορφυρ. καὶ πορφυρίτης 4. 
τι Δ. 24. Pl προξίσας mss. Corr. 
con}. 


RE τὰ 


10 


20 


DS 


LEXIQUE I 


4 
πυρωσας. 


͵ à AU . \ τ ὑφ ΣΟῚ 
DPUYMEVNS ἐν ἡλίῳ ἐστὶν ἐν ἕξ ἡμέραις. 


La LA = A + LA 
ἱπεῶς EOTL VITROV TUP20OV αφρονιτρον 


τὶ χυχλάμινος. 


ONE 
ον 
-G 
ον- 
Ν 
RS > n 
ὃ 
ΓΟ 
a 


τῶν αἰγυπτίων ῥοῶν. 


= ὶ 

Σοέχλη ἐστὶν ἀφροσέληνον χαί σγιστὴ στυπτηρία 
DE ] τὶ (φρΟσε AN ΝΟ γχιστη τ πτὴρ 5 

δ᾿ μὴ τ ΄ 

Σάνδυξ ἐστὶ 1 ρυσός. 

Στυπτηρία ἐστὶ θεῖον λευχὸν, χαὶ ἄσχιος χαλχός. 


ἀπὸ χινναδάρεως. 

Sn = N AIN DZ PE 
χαλχὸς, μόλυόδος, χασσίτερος, σίδηρος ᾿ ἐξ αὐτῶν 
στίμμι χόχλος. 


Σώματά ἐστιν ἐν συνθέσει ᾿ χαλοῦνται χαμαιλέων ἤγουν τὰ τέσσαρα 


URSS PEN 
ἀτελῆ. μέταλλα. 
Ἄ , - “ 
Driuur ἐστὶ χόχλος, À χογχύλιον. 
Στροφὴ χαὶ ἐχστροφή ἐστι χκαῦσις καὶ λεύχωσις. 
[= 9 N ῃ 7 
(£. 135 τ.) Σπόγγος θαλάσσιός ἐστι χαὸδμεία χαὶ χρυσόλιθος 
, À ᾿ \ 5 ΄ / \ 3 \ NI 
χαὶ ἱερὸς λίθος, τὸ dnéxpuooy μυστήριον τὸ αὐτὸ χαὶ σποδὸς 
, ’ ἈΝ 
ἀχύρου χαὶ σμάραγδος χαὶ σμιρίτης. 
ἌΧ ΄ » 5 ΤᾺ ἐς are 
Σιίδηρός ἔστιν ὃ χέλυφος τοῦ ob. 


σύνθεσις, ἃ χαλ. — ἤγουν τ. τ. ἀ. 1. OM À. 


2. Au-dessus de ἡμέραις : δηλονὅτι (sic) 


A (de la main du copiste ὃ). — ὃ. ἣ — 18. Art. ajouté dans L. (Débris de 
χριθὴ Li. — 5. ῥύπεως ἢ ῥίπνος A ; ῥίπνος l’avant-dernier article). — 20. Réd. de 
Β — πυρρὸν ai BAL. — 7. ῥίνισμα BAL. BAL : Dr. θαλ. ἐστι χαδμεία rai χρυσόλ. 


— 9. σίδιν M ; δίδια AB ; ῥοϊδιὰ Εἰ. — 10. καὶ (y.2. Om. L.) ἱερὸς λίθος καὶ σπ. ἀχύ- 


ἀφροσέληνον] ἀργύρου Βη. --- 15. χόχλος] A 
mg. ἢ χοχύλη (pour χογχύλη) de la main 
du copiste. — 16.Réd. de L : σώμ. à. à 


ρων, καὶ σμαρ. χαὶ πυρ. τὸ ἀποχρ. μυστ. — 


23. Art. ajouté dans BAL. 


σι 


10 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


An 
Π] 2 Ds " (= = " 
ἱτανός ἐστιν dobeotoc ὠοῦ 
φ A ’ 2 Fe € Δι ΄ ΄ . À = FAN 
Τὸ χύριον ὄνομα τοῦ ὑγροῦ συνθέματός ἐστι τὸ θεῖον ὕδωρ 
RON \ στ \ τ 
τὸ à ᾿ἅλμης, χαὶ ὄξους, χαὶ λοιπῶν. 


Τὸ χύριον ὄνομα τοῦ στερεοῦ συνθέματός ἐστι τὰ τέσσαρα 
Ν 


σώματα, χλαυδιανὸς, μόλυξδος, πυρίτης χαὶ ὑδράργυρος 
ματα, υοιανος, HOAUGOOC, πυρίτη βρἄργϑρος. 


y 


Ὑδράργυρος μετὰ αἰθαλῶν πηχθεῖσα 


λευχαίνει χαλχὸν χαὶ ποιεῖ 
La DR ΄ - ε , 
ὕδωρ σχυθικόν ἐστιν ὑδράργυρος. 
er τᾷ " / 3: τ ἣ 2 αὐ τ νῷ; 
Yôwp θεῖον ἀθιχτόν ἐστιν ὑδράργυρος πεπηγμένη μετὰ ἁλῶν. 
ΤΩΝ Τὰ \ FAN / à 22 
0Wp χνήχου, τὸ ὕδωρ ποῦ θείου τὸ ἄθιχτον. 
Ὕδωρ μήνης, καὶ ὕδωρ χαλχοῦ, καὶ ὕδωρ πύρινον, καὶ ὕδωρ ὑέλου, 
χαὶ ὕδωρ ἀργύρου, καὶ ὕδωρ σανδαράχης, χαὶ ὕδωρ ἀρσενίχου. 
δὼρ ποτάμιον ὕδωρ μολύδδου ἐστὶ θεῖον χαὶ ὑδράργυρος. 
Ὕσσωπόν ἐστιν ἀπόδρεγμα πῶν ῥυπαρῶν ἐρίων. 
Ὕδωρ ὑδραργύρου ὀαφιχή ἐστιν. ἣ ἀπὸ χινναδάρεως γινομένη. 
Ca » = 7 Ἢ 4 \ NL £ A D LAS δι ἃ A0 1/ À 
ὕδωρ Ἀφροδίτης, χαὶ σελήνης, καὶ ἀργύρου " χαὶ ὕδωρ ποτάμιόν 
ἐστι θεῖον ὕδωρ χαὶ ὑδράργυρος. 
Ὕδωρ θεῖον ἀθιχτόν ἐστι τὸ λευχὸν σύνθεμα ἀπερχόμενον. 


CAIN Re A 3 = 3 à 
Ὕδωρ ἁπλοῦν, τὸ ἀπὸ τριῶν θείων συνθέτων ὃι ᾿ ἀσόεστου. 


2. ὠοῦ gratté M. — 3. A place cet 
article après l’art. ὑδράργυρος μετὰ αἰθαλῶν 
κι το À, — 5. A place cet article avant 
le précédent. — 10, ὑδρ.] signe de la 
sandaraque BA (signe lu ἀρσένιχον par du 
Cange); σανδαράχη en touteslettres L.— 
11. ἢ δδρ. L. — 12. Réd. de L : ὕδωρ zv. 
ἐστὶν ὕδ. θεῖον ἄθιχτον. F, 1. τοῦ θείου τοῦ 
ἀθίχτου. — 13. Réd. de L : ὕδωρ μήνης 
k 1 χ. καὶ ἁλὸς χαὶ σανὸ. 2. apor 


2. ὕδωρ πύρ. χ. ὕδ. ποτ. ἢ νεφέλη ἐστί. — 


14. Après ὕδ. ἀρσ.] χαὶ ὕδωρ ποτάμιον 
ἢ νεφέλη ἐστίν. “Ὕδωρ μολ. ἐστὶ 0. x. ὑδρ. 
Ὕσσωπον 2. τ. À. BA.— 16. ἐρέων Μ. --- 
17. Réd. de L : ὕδ. ὑδρ. λευχῆς Gore ἐ. 
ἢ ὑδράργυρος ἣ ἀπὸ x. y. — Après yw.] 
γεφέλη add. ΒΑ. — 18. σελήνης] signe de 
la lune et de l’argent surmonté d’un s 
M.— 19. 00. θεῖον BA. — ὑδρ.1 ἀργύρου 
ὕδωρ ΒΑ. — 21. Réd. de L: 05. ἅπλ. ἐστ' 


ξ 5 
τὸ δι᾽ ἀσῶ. F, 1. τὸ... σύνθετον. 


LEXIQUE 15 
Al ᾿ A \ ΩΣ LA Al ᾿ LA 
10) 2 TO AO GC σὴ μιο υ λέγεται ἀφρὸς χαι 020706 χαὶι ἀφροσέληνον 


ou λέγεται (κατὰ Πετάσιον, 


“ ΄ μὰ ΄ - , 
5 ἴδωρ θεῖον πεπηγμένον μεταδόλων (sic) ὑδράργυρός ἐστιν ἀπὸ χιννα- 


, La € 
ῥάρεως, τουτέστιν ἣ τετρασωμία. 


“,“ἷΧἷιἴι ᾽-», NOR 
À ὄπτησον À ξάνθωσον. 
"Φευχτὴν, ἀληθινὴν (ύαφήν ὋΣ 

\ A 


x πο . 
Φαχοῦ σχωρία ἐστὶ τὸ χρυσάνθιον. 


, - A » 


7; Ὁ" 
15 Χαλχοῦ σχωρία ἐστὶ χρυσάνθιον. 


2 
D 
[ω 

2 


X pucéc ἔστι πυρίτης, χαῤιμεία, θεῖον. 


À 
Χαλχύδοι 


: 


όν ἐστιν ὃ γινόμενος χρυσὸς, χαὶ ἰωθεὶς ταῖς χειροπη- 
ἀπὸ θείου. 
Ζ ; ΕῚ A δ -᾿ “» “ 
Χρυσίτης ἐστὶ τὸ σύνθεμα τῶν αἰθαλῶν. 
20 Χαλχὸς ἰατριχός ἐστιν ὃ λευχανθεὶς τὸ αὐτὸ χαὶ θεῖον χαὶ ψι- 
υὔθιον. 


Χαλχοῦ ἱδρῶτες, ὃ ζωμὸς τοῦ χαμαιμήλου. 


1. Réd. de L : ὕδωρ ἀργύρου ἐστιν, ἀφρὸς 
χαὶ δρόσος x. ἀφ. 0. La confusion de 
ἄργυρος avec ἄσημος ou ἄσημον est assez 
fréquente dans les mss. — ὃ. λέγεται δὲ 
μετάρσιον χαὶ ὃρ. y. ἣ νεφέλη B; λέγ. δὲ 
μεταρσιως (sic) z. ὃρ. y. ἣ rer A. — 
5. Réd. de L : ὕδωρ θεῖον 72%. ἐστὶν, à 
τετρασωμία. — 8. φέχλη ἐστὶν ἢ re. τοῦ 
οἴνου L. — 10. συντεθεῖσα] σωθεῖσα (sic) M 


{avec un point sur l’w, du temps de 
la copie, indiquant une corr. à faire. — 
12. Débris de phrase conservé dans AE 
seulement.— 13. Art. ajouté dans AL. 
— 16. rot art. de L. dans la lettre X. — 
χαὶ χαδμ. χαὶ 0. L. — 17. 2e art. de L. — 
χξειροπυγαῖς M. — 19. r1e art. de L. — 
20. 3e art. de L. ---τὸ αὐτὸ] ὃ αὐτὸς L. — 
22.8eart.de L.—Après ièo.] éstrvadd. L. 


μὴ » » + ΠῚ Le 
᾿ : ᾿. 
. ETES + 2 ἃ, 
Ὁ» Ὁ. 
νῦν, Em. 4... Ὁ 
ΩΝ" . Ξ 
"Ὁ # Le 5 
À, “y hé L 
Υ. . . . , , 
ὁ" « ἘΠῚ . INDICATIONS GÉNÉRALES 
“ FRA  ” “ὸὼϑ 
à . 
LA . , ; ΄ - ΡΞ FAN % “ὌΝ - 
"+, v.r Χρυσόχολλα χαὶ χαλχεῖον ὕδωρ, ὃ μολυόδδόχαλχος. 
+ 7 . / ! MEET EN CS ss y 0) νὰν ΡΣ 
Ὰ Χρυδοζύμιον χαὶ ἐλύδριον, χαὶ χρυσοχογχύλιον χαὶ ἰὸς ἀσκίαστος 
,. 7 7 “- 
NL MRC θεῖόν. λευχόν ἐστιν. 
27 *XdhxavOés ἐστιν ὃ χρόχος τοῦ où. 
F € mn 4 n rirpne 
. 5 Χρυσετήσιος λίθος, αἰἱματίτης 
4 "+7 ὡς ΄ γᾷ ΕἾ FAN 
. » Χαλχοπυρίτης βροντήσινος θεῖόν ἐστιν ὕδωρ. 
7 / “ : \ \ 5 ΄ , » νυ: ἢ 
CS Xpuoéc, ὅλαι αἱ Ψωμαὶ χαὶ τὰ μέταλλα εἰσι τὰ ξανθωθέντα χαὶ 
Φ. 
» πελειωθέντα. 
. (oucoù givnua, γρυσόχολλα, χαὶ γρυσοῦ ἄνθος, xai γρουσοζύμιον 
> : AL PU, θυ μα ΧΙ € Se (0 ς, χα! χρυσοξυμῖον; 
- 10 χαὶ χρυσίτης, χαὶ γρυσοχογχύλιον, ἰός ἐστι χαὶ θεῖον, χαὶ 
Ἶ ( À ê 
LA 
. ὑδράργυρος 
; ([..130 τ.) Xahxéc ἐστι τὸ ὄστραχον τῶν ὠῶν. 
Χρύσοπτά εἰσιν αἱ αἰθάλαι αἱ ξανθαί. 
Ν . » ε 
." Χαλχύδροιον χαὶ νυτάργυρος χαὶ γολὴ παντὸς ζώου ἰὸς ὃ τέ- 
" ὙΠ} ιν, M 


15 λειός ἐστιν᾽ χαὶ θεῖον, χαὶ χαλχὸς, χαὶ ἄργυρος χαὶ ἤλεχτρον, 


πλεονασάντων τῶν φώτων χαὶ ἐπὶ τὸ ξανθὸν ἐρχομένων, χαὶ 
παγέντων, ἐστὶν ὑδράργυρος ἣ ἀπὸ χινναδάρεως. 
Χελιδονία ἐστὶ τὸ ἐλι 
Χρυσὸς λέγεται τὸ λευχὸν, τὸ ξηρὸν, χαὶ τὸ ξανθὸν, χαὶ χρυσιατὰ 
0 ποιοῦντα ἀφεύχτους τὰς βαφάς. 


Χρυσόχολλά ἐστιν ὃ μολυδδόχαλχος, τουτέστιν ὅλον τὸ σύνθεμα. 


— 1. Réd. de Γ, (125 ἀγῖ.) : χρυσοχό- πέταλα BAL.— Après ξανθ.] χαὶ λειωθέντα 
ρᾶλλον xx γρυσοχάλκιον ὕ. ἐστὶν ὃ μόλυδδος " add. AL.— 9. 16e art. de L. — ῥίνισμα 
καὶ ὁ χαλχός. — χαλχεῖον] γρυσογαλχεῖον 0. BAL qui ajoutent za. — χρυσοζώμιον 
ὃ μόλυδδος χαὶ ὁ χαλκός. B. — χρυσογαλ- BAL, ἘΞ mel. — 10. ἐστὶν 6 ἰὸς L. — 12. 
χεῖον ὕ. ἐστὶν (la suite comme B) A. — 6e art. de L. — τῶν ὠῶν non gratté dans 
2. 136 art, de L. — χρυσοζώμιον BAL, M. — 18. 17° art. de L. — 14. 5e art. 
f. mel. — Réd. de AL : ... χαὶ ἰὸς ἀσχ. τὸ de L. — χυτράργ. BAL. — 17. ἔστι δὲ ἢ 
θεῖόν ἐστι τὸ λευχὸν ἤγουν (fus L) ἣ bpap- ὑδρ. L. — 19. 18e art. de L. — χρυσιατα 
γυρος παγεῖσα μετὰ λευχοῦ συνθήματος. — sans accent M ; f. 1. χρυσεῖα τὰ vel χρυσία 
4. Art. ajouté dans AL ; 4° art. de L. τὰ. — χρυσὸν (en signe) τὰ x. B ; χρυσὸν 
— ὅ. 145 art. de L. — ὃ αἷμ. BAL. — (en signe) τὰ (sans accent) À ; χρυσωτὰ τὰ 
6. 5e art. de L. — ὕδωρ] ὑδραργύρου BA. ñ. I. — 21. 10° art. de L.— Après χρυ- 
— ὑροντήσιός ἐστι θεῖον a. ὑδρ. L. — 7. σόν | ἐστιν add. L. 
15e art. de L.— yo. ἐστὶν L. — μέταλλα] 


10 


15 


ÿ* 
+, ᾿ 
. "φᾷ ν 
. D . + ” 
* Mise 
. LM 
+ L 
. . ᾽ 
LEXIQUE u E7 ὦ ὃ 
Υ̓ ἣν - ,ὔ = 7 . 
Χρυσοῖ σφαῖρα, χρόχος χιλίχιος. ᾿ '. 
Χρυσοφοίτης, αἰθάλη μετὰ χαλχοῦ οἰχονομηθεῖσα, καὶ λειώθεῖσα 
= Ὁ. 
χαὶ ἰωθεῖσα. ᾿ 
Χαλχὸς χύπριος, ὃ χεχαυμένος χαὶ πεπλυμένος. 
y ᾿ 
ἢ “ . ’ = νἊἋ 
Foot εἰσι τὰ μεταλλάσσοντα τῷ εἴδει. 
y 4 ère) Ce CN A θεῖ; Es σις ὑπ ΞΡ. “ 
wuiov ἐστὶ τέφρα ὕδατι φυραθεῖσα, ἥ τις ὑποστρώννυται τῇ 
4 
᾿ x = , ΄ ΄ 
χαμίνῳ ὁαχτύλου πάχος ἑνός. 
Ἱάμμος ἐστὶ χρυσόχολλα. 
Lu ’ A : A PQ ΄ 
ιμμύθιον, τὸ ἀπὸ μολύῤδου γινόμενον. 


=, 
nn 


TEOE) 
TEOEV 


D ἐν Ἀν = 7 D? 
οἰνελαῖου λεγονται ῥάσχανοι. 

, αὖ RE et PS Ge. 
29 2Y229S Ἢ ἀπο υολύ 292.) γινομένη. 


οὐθιν χαὶ χρυσόχολλα. 


τ 
χαδμείας γινόμενος. 


TEAOS. 


1. 205 art. de L.— BAL ajoutent : 
ἤγουν ἀρσένιχον, καὶ σανδαράχη. — Après 
σφ.] ἐστι add. L. — 2. 21e art. de L. 
χρυσορίτης B, f. mel.; χρυσοφύτης AL. — ἢ 
μετὰ y. L. — 3. Après iwb.] ἐστιν add. 
BAL. — 4. 99 art. de L. — Après le 
dernier article du X, on lit dans MBA: 
Τέλος τῆς λευχώσεως χαὶ ἀρχὴ τῆς ξανθώσεως. 
6. Réd. de L: ἩΓωμός ἐστιν ὁ μεταλλασσύ- 
μενος ἐν τ. ε. — ὃ. Après χαμ.] ἔχουσα 
add. L. — 10. ψιμμ. 
signe du plomb dans B, surmonté des 
lettres x À. De là vient peut-être que du 
Cange, deux articles plus loin, a lu le 


ἐστιν τὸ L. — μολ.] 


même mot : μαγνησίας, confondant les 
deux articles. — 12. &ypx Ôto:vo (sans 
accent) λέγ. M. — οἱ Gxsr. L.— 13. ὑδρ. 
ἐστιν  L. — μολίόου M ; μαγνησίας du 
Cange ; μολυδδοχάλχου L. — 14. λίθος ἐ. 
ὁ key. L. — τερενοῦθιν BA ; τερενούθιος L. 
— 15. ὁ χρ. τ. ὦ. gratté M. — Après 
ὠοῦ] λέγετα: χαὶ (hey. δὲ χαὶ L) τὸ ἀρσένιχον 
BAL. — 16. Art. remplacé dans BAL 
par l'addition : λέγεται 2. τ. ) 

χαλχος M. — 18. Τέλος τοῦ λεξιχοῦ B; 


Der 
No ωρο- 


τέλος τοῦ μεταλλευτιχοῦ λεξιχοῦ AT. — Ce 
lexique existe aussi dans C, qui dérive 
directement de B. 


10 


+ 
σι 


18 INDICATIONS GÉNÉRALES 


1. mr. — IEPI TOY ΩΟΥ OI ITAAAIOI GASIN ΟΥΤΩΣ 


Transcrit sur M, f. τοῦ v. — Collationné sur À, f. 24 r.; — sur E (copie de A), f. 
179 r.; — sur Le (copie de E), p. 103. — Dans M il y a un certain nombre de 
mots grattés. On re mentionne les leçons de E que lorsqu'elles diffèrent de À. 


1] Οἱ μὲν λίθον χάλχιον, οἱ δὲ λίθον ἐγχέφαλον, οἱ δὲ Δλίθον 


ἐτήσιον ᾿ ἕτεροι λίθον. τὸν οὐ λίθον ἄλλοι λίθον αἰγύπτιον ᾿ ἕτεροι 
ῦ 

A NI Σ 2 a » \ LA \ \ à 
Τὸ δὲ ὄστραχον τούτου τὸ ὠμὸν λέγουσιν, χαλκὸν χαὶ atôn- 


.Q LA 3 EX 4 , 
3] To “δὲ xexauuévoy ὄστραχον εἶπον ἄσθεστον, ἀρρενικὸν, σαν- 
Ν _ 5 2 5 5 . 
δαράχην, Ὑῆἔῆν χείαν, ἀστερίτην, ἀφροσέληνον, ἀργυρὸν ὀπτὸν, στί- 
, 


ἣν χοπτικὴν, γὴν σαμί ; λίαν, στιλθάδ : 
μιν χοπτιχὴν, YA» σαμιαᾶν, χαιριὴν, χιμ ἰᾶν, στιλοᾶοα, χυᾶνον 


Δ] Τὰ δὲ ὑγρὰ αὐτοῦ τὰ ἀναπεμπόμενά φησιν ἰὸν χαὶ ἰὸν χαλ- 
χοῦ χαὶ ὕδωρ γχάλχεον χλωρὸν, ὕδωρ θείου ἄθικτον, χαὶ χάλκεον 
ὑδατῶδες, χαὶ χάλχεον - μελιτῶ- (f 107 r.) δὲς φάρμαχον, χαὶ 


-» ’ \ LA LA \ 72 A C9 
αἰθάλην, χαὶ σώματα πνεύματα, - χαὶ πανσπέρμιον, χαὶ πολλοῖς 
ἄλλοις ὀνόμασι χέχληνται. 


ὌΝ ον 


F Τὸ δὲ λευχὲ - ὙΩ EN = “τς TN DT 
9 Ο OE AEUXOY αὔτοι φησι χομι, AOL οπὸν GUXTS, χα οπὸν 


6] Τὸ δὲ xooxdv λέγουσι μίσυ, χαλχὸν, χαλαχάνθην χαλχοῦ, 


1. τοῦ ὠοῦ gratté M. — Titre dans 9. στιλθίδα ALc. — Après χυανὸν] σινόπη 
Lc : ᾿Ωὸν τῶν φιλοσόφων, puis : Οἱ πα- χοπτιχῆ, γὴ ποντιχὴ Α; 165 mêmes mots 
Auto! φασι π. τ. ὦ. Οἱ μὲν λίθον χάλχεον dans Le, mais à l’accusatif. — 11. φα- 
(la suite comme A). — 2. Rédaction | ot A, f. mel.; χαλοῦσιν Loc. — ἰὸν χαὶ om. 
de A : Of μὲν À. y., of δὲ λίθον ἀρμένιον, Le, f. mel. — ἰὸς yalxo5 M. — 12. ὕδωρ 

A0. αἰτήσιον, MO. αἰγ., 0. χάλχιον ALc. — Réd. de ALc: ὕδωρ 

eoot DE τὸ τοῦ 2. μίμυμα. — θεῖον ἄθιχτον, le signe du cuivre, puis 
M mg. sur une ligne verticale en pe- polir. φαρμ.. αἰθάλη (αἰθάλην Lc), σῶμα τὸ 
tites majuscules onciales : ταῦτα μυστ-ὀ ὀ Ἀωνευματιχὸν. (manque la suite du ὃ 4.) — 
χὰ, οὐ φυσιχά. — 5, τούτου] αὐτοῦ ALc. — | 16. λευχὸν gratté M. — φασιν Δ, ἔ. mel. 
λέγουσιν] ἐχάλεσαν ALc. — 7. εἶπον] εἰρή-ὀ | — 18. τὸ δὲ χρόχον αὐτοῦ ALc. — λέγουσι 
χασιν ALc. — ἀρσένιχον A. — 8. Après om. A; zahkoëot Le. — χαλαχανθηγαλχὸν 
ἀφροσέληνον] ἄργυρον τὸν ἡμῶν ALc. — | M; χαλαχάνθιον yaxo Le. 


NOMENCLATURE DE L'ŒUF 


= 
a. 


LA 
00X0V 


Ὡ- 
oO 
[UE 
< 
= 
Ὁ 
< 
. 
= 


7] To δὲ μίγμα τὸ ἀπὸ τῶν dot 


ἐφησᾶν € 
i 


19 


(ἄλχανθον ὀπτὴν, ὥχραν ἀττιχὴν, σινώπην ποντιχὴν, χυανὸν, λίθον 


1 


χιλίκιον, καὶ ἐλύδριον. 


, πὴ Ν 
τράχων τῶν ὠῶν χαὶ τοῦ ὕδατος 


ἷναι μαγνησίαν, χαὶ μαγνησίας σώ- 


O7 
5 ματα, χαὶ μολυδοόχαλχον, χαὶ ἄργυρον τὸν ἡμῶν, ἄργυρον χοινὸν, 


! ή 
Ψιμμύθιον. 
à δὰ \ 
ὃ] To δὲ Aeuxèv, 


C4 2 ΄ 
λον ὥσπερ (xeuvoc 


ἀπὸ χινναξά 
οἶνον ἀμτηνα 
10] Τὸ δὲ 


χρυσήλεχτρον (ἢ, χρυσος 


Σ 
ἘΞ σύνθεμά, 


μὼ» 
bd 
-.ω--- 
O= 
2 

0 


\ A - 
ë λευχὸν τοῦ 


ἀρσγυριχὸν, λευχόγαλχον, λευχὴν 
ργύριλον, Λευχογάλχον, ΛεΕυχΧῊν 


αὐτοῦ 


FAN) , Ὁ 
ὕδωρ θαλάττιον διὰ τὸ 


ὕδωρ rene 07 ἀσ 


9] Τὸ δὲ ξανθὸν ᾿ς λέγουσιν, θεῖον ἄθιχτον, 


FAN πη Ê 
peus λεγομένη, ὕδωρ νίτρου πυρροῦ, ὕδωρ νίτ 
αἴον 


20m, - πὺρ 


x \ vf A »" 

εἶναι τὸ ὠὸν στρογγύ- 

CAN FAN 

στου, ὕδωρ σπο- 
LA , Ἀ LA 

[ὕδωρ νόει ἀντὶ γάλαχτος.) 

ἜΝ Δ ε 

ὑδράργυρος ἣ 

"2 


(a = 
( ρου ξανθοῦ, 


» UE , 
οζος τῶν 9.27 AIO. 


Dre CAN 
(010) νοῶρ 


3. ὀστράχων εἴ ὠῶν grattés M. --- 4. à: ? 
ἀσθέστου Lc. -- ἘΞ φασιν À; χαλοῦσ 
Lc. — σῶμα Le, f. mel. — 7. Après τὸ 


dE λευχὸν] φασιν add. A; καλοῦσιν add. Le. 


— τὸ δὲ À. ὕδωρ φασὶν Ε΄. — διὰ τῶν ὠῶν 
στρογγιλῶν ὥσπερ ὠχιανὸς À (ὠχεανὸς ΕἸ; 


διὰ τῶν ὠῶν, χαὶ στρογγύλον, ὥσπερ ὠχεανός 
Lc.— 10. ñ ἀπὸ χινν. λεγ.] τὴν ἀπὸ χινν. 
λεγομένην ALc, f. mel. --- 12. ἀμινέον AE ; 
ἀμυναῖον Le. (Voir ci-dessus, p. 8, 1. 14 
et la note). — 13. φασιν À; om. E; χαλοῦσ! 
Lc. — sai] A; om. Lc. — Après δια- 
σαπέντα] signe dans M dont le sens est 
inconnu et qui n'existe pas dans AELec. 
Ce signe semble une ébauche de celui 
du chryselectrum (M. B.).— 14. ypv50- 


Réd. 


χρυσοζύμιον, τὸ ὠὸν χύτριον, τὸ 


ζύμιον MA. -- ἀργυροζύμιον Μ. -- 
de A : 
Fate δὲ τὸ ξῶδες * οὕτω χαὶ τὸ ἀπὸ 


+ θείου ἀπύρου (en signe) ὕδωρ χ. 


TX — Red. de L : τὸ ὠὸόν τὸ κύπριον, τὸ 
ἜΠΙΕΝ τὸ ἔσωθεν ἰξῶδες, τὸ ἀπὸ ἀρσ. θεῖον, 


. (D'a- 
près la réd. de E, copie corr Le EE A). 
— 18. Le texte des $$ 11, 12 et 13 
n'existe pas dans M.— Transcrit ici sur 
Lc, p. 1090. --- καλοῦσιν] φασὶν À, ms. qui 
répète avec de légères variantes les 
$$ 5et 6, puis commence un nouvel 
article avec ‘ Ydpdpyupoy z. τ. À. Le ms. Εἰ 
supprime la répétition de A, après avoir 
écrit, puis biffé ro δὲ λευχὸν τοῦ αὐτοῦ. 


τὸ θεῖον ὕδωρ, 6 ἐστι τὸ ὄξ. τ τ. ἀρχαΐω 


10 


20 INDICATIONS GÉNÉRALES 


5 \ 


τ ἈΝ , ᾿ν ἊΣ 
ὕδωρ θείου ἀθίχτου, ἀφρὸν θαλάσσης, ὕδωρ ποτάμιον, δρόσον, μέλι 


5 \ , » 4 FAN 1PS . 
ἀττιχὸν, γάλα παρθενιχὸν, γάλα αὐτόρρευστον, ὕδωρ μολύδοου, ἰσο- 


0 ï 
: ; Fa FR 
χάλχιον, τὸ ἀφόρητον ζυμάριον, νεφέλην, ὀιψάχι χρεμαστὸν ἀστρὸν 
“» LA 

αἰθάλης. 

19] δὰ NYSE ΄ 5! SM 4 ΝΣ / ARE 

12] Σὺ δὲ ἐν τούτοις ἔχε τὸν νοῦν * ἢ γὰρ φύσις τὴν φύσιν τέρπει, 

΄ LA “ LA LA LA 

χαὶ ἢ φύσις τὴ 


ν φυσιν χρατεῖ χαὶ ἣ φύσις πὴν φύσιν νιχᾶ, Ἢ TK 
T Î 3 it 1 T 1 
ne 


χαταμιγεῖσα ἀποτελεῖ πὸ ἐξ ἑνὸς ζητούμενον μυστήριον, ὅ ἐστι, τὰ 
θειώδη ὑπὸ τῶν θειωδῶν χρατοῦνται, χαὶ τὰ ὑγρὰ ὑπὸ τῶν χαταλ- 

» 2 
λήλων ὑγρῶν. Καὶ ἐὰν μὴ τὰ σώματα ἀσωματωθῶσι χαὶ τὰ σώματα 
,ὔ 


UN " \ ἣν 
σωματωθῶσῃῳ οὐδὲν εσται TO προσοοχωμενον. 


ν, 
19! / NY Η͂ , ἂν , = τ \ IN 
13] Δύο δέ εἰσι συνθέματα διὰ σωμάτων μεταλλικῶν, χαὶ ou 


δι ñ nr \ ὭΣ. 2Σ = a BASS ἧς A “Ἃ- A 
σῶν θείων ὑδάτων, χαὶ βοτανῶν, ἃ μεταλλοιοῦσι τὴν ὕλην, Ὧν 


3. “\ à = À FE ΦΕΡΕ Ἔ x δι Εν ! "πὸ x δ, ΠῚ 
£UZOLS ἂν χατὰ τὸ CN τουμιένον. "αν O€ μὴ γε EVOVTAL τὰ οὐο εν; 
\ 4 2 CA < \ 5) \ A € = a 5» δι Ἵ ΕΣ \ N 
HAL τὰ τριὰ ἕν χαὶι OAOV TO guvbeux εν, OUÙUOEV εσταᾶι TO T 20700 


, 
LA ΤᾺ » 
χωμένον. — Τέλος ποῦ «ob. 


I. x. — ONOMATOIIOIA TOY QOY : AYTO T'AP EXTIN 
TO ΜΥΣΤΉΡΙΟΝ ΤῊΣ ΤΈΧΝΗΣ. 


Transcrit sur À, ἔ.. 3320 r. 


--οἱ 
“ 
Ὁ 
- 


A \ " ii » A LA 
1] To ὠὸν ἐχάλεσαν τετράστοιχον ὁιὰ τὸ € αὐτὸ χόσμου 


. 


, , ἐς - , ἀν A 
αίμτησιν, περιέχον τὰ τέσσαρα στοιχεῖα ἐν ἑαυτῷ ᾿ ὃν χαὶ λίθον 


1. ὕδωρ θεῖον ἄθιχτον A, qui met tous indique toujours une citation. — 11. 
ces mots au nominatif. — 2. ἰσογάλ- $ 13] Les mss. AE donnent, pour ce ὃ, 
mov] F. 1. ἰοχάλχιον. — 4. αἰθάλης] καὶ la rédaction qui suit, où l’on corrige les 
ταῖς αἰθάλαις A; ἐν ταῖς αἰθάλα:ς E. — 6. plus grosses fautes : Ταῦτά ἐστι τὰ θεῖα 


ἘΠ ΣΟ AN αι : ΤΣ περ en ΠΟΛΟΣΧΟΝΕΣ De ἢ ἡ 
ν!χᾷ] πρὸς ἢ χόντο À; een ses Eetumee ὕδατα, ὥσπερ τῶν μαλαχῶν ἣ διὰ φημὶ (Ὁ) ὁ 


ete, vel corr. νιχᾷ. — 7. λόγος, οὕτω χαὶ ἐπὶ τῶν μετάλλων. ᾿Εἰὰν ἧς 


forte ποοσέργ. 


ἐξ αἰῶνος. Cp. III. στ: γοήμων, δύο εἰσὶ συνθήματα --- χαὶ βοτανῶν, 
ar” αἰῶνος. --- À partir de ἀποτελεῖ, ligne τὰ πρὸς παντὶ μετὰ τῶν βοτανῶν, μεταλλοιοῦσι, 
verticale) en marge de Le, jusqu’à la 2. τ. À. — 14. ἔσται] ἐστ! A. 


fin du morceau, ce qui dans ce ms. 


οι 
>= 
δὲ 
a 
a 
a 
eo 

“ὯΝ 
[Ὁ 
< 
>» 
8 
ςΞ 
Ὁ 
» 
(= 
La 


LE SERPENT 21 


νη, χαὶ λίθον τὸν où λίθον, χαὶ λίθον 


\ À \ 5 “ἢ ΡΥ Δ 
ZA τὸ μὲν οστρῦνχον αὐτοὺν ἐχάλε- 


A Μὴ 


Se , où Ὁ {ες \ ne ΄ 5 ἢ \ Ξ Ἢ 
σὰν ὁοραν᾽ σᾶρχα ὃὲ τὸ λευχὸν χαὶ ξανθόν ψυχὴν τὸ ελαιον ᾿ πνοὴν 
. " À “ἝΝ 
Ὥγουν σἀερὰ To οωρ. 
\ τ » με Rae ! Fe 2 = 
10 4) ὸ οστρᾶχον ποῦ ὠοῦ ἐστιν ὅ τι αναφεϑει TAUTA EX τῆς χό- 
\ ε 1 TER \ Θ τὸ sv “ Ur 
προὺ χατὰ Ὡμέρᾶς ! χαὶι λειοὶ GUY ξῳ μετα Οζο)ς, οσὸν TAEOV 


ἡ ΠῚ 4 cle ; ; [4 210) TOLNGELC " OT Pa re) CLONE 216 λλε “ε 
ανασηςωει χαι CN210Y TOLNGEL OTUY GE TEAELWON ERLOŒAAE τ 
5) Si PES ΠΣ 5 


ο 
1»ὴ] σ᾽ =. sUr A ΄ ἘΞ αι Ὁ ΣΝ » 5 \ 
5] O-: πρῶτον ἐχάλεσαν τὸν 229701 τοῦ WOU, ὠχρᾶν ἁπτιχὴν, 


ῃ 
L— 


΄ , . LA A , x LA = 
GOT NV ποντικὴν, γιτρον ŒLYUTRTIOV, χυᾶνον αρμενιαλον, χρόχον χιλ 


ος, 


» LP! n NE , x x \ «Ὧν»; 
wp ἀσθέστου, ὕδωρ σποόοχράμθης, χαὶ τὰ ἑξῆς. 


20 I. v. — LE SERPENT OUROBOROS. 


Transcrit sur À, f. τοῦ r. — Texte sans titre. 


ΕΣ 4 - À / ε ΄ ἣν ἢ ΄ 
1] Τοῦτο Y22 ἐστιν TO UUGTNE!IOV 0 οι ροθόρος OOUXOV, TOUTEGTL 
4 À / 5 ΄ \ Ἃ \ 
GUUOXYOVETUL χαὶ συγχωνεύεται, λειώνεται χαὶι μεταλλάττεται το 


A 2 = . “ NN Σ A 5 ce ni 
σύνθεμα ἐν τῇ σήψει᾿ χαὶ γίνεται μελάγχλωρον, καὶ ἐξ αὐτοῦ γίγ- 
Ὶ ΐ 
= 7 DES D ve Enoit “ 
γεται χρυσάνθιον * χαὶ ἐξ αὐτοῦ γίνεται ἐρυθρὸν χινναθαρίζον, ὥς 
à 


= e 2 e #4 s ΄ 
9 φησιν, χαὶ αὐτὴ ἔστιν ἢ χινναθαρις τῶν φιλοσόφων. 


1. ὃν χυλιοῖ A. Corr. conj. F. 1. χυχλοῖ: — 11. λείοι A. Corr. conj. F. 1. λείου. 


10 


15 


22 INDICATIONS GÉNÉRALES 


3 ZT \ 2 = Niue AE 
3] Καὶ ἕν τὸ ἄλλο αἰματεύει " nai ἕν τὸ ἄλλο γεννᾷ ᾿ καὶ ἢ φύσις 
τὴν φύσιν γαίρει, χαὶ ἣ φύσις τὴν φύσιν τέρπει, χαὶ ἣ φύσις τὴν 
χαὶ οὐχ ἑτέρα χαὶ ἑἐτέ- 
Le arc 
ou, ἀλλ᾽ αὐτῇ μιᾷ ἐξ αὐτῆς δι᾿ οἰχονομίας, μετὰ πόνου χαὶ μόγθου 
ρα, τὴ μια ἐς αὐτῆς OL ΟἹΧ ITS, μετα π (αι μογῦο 
πολλοῦ 
Ν “- 4 A FE 4- -» e 
4] Σὺ δὲ ἐν τούτοις ἔχε τὸν νοῦν, ὦ φίλτατε, χαὶ οὐχ ἁμαρ- 
5 “ Ni 5» “- , 5 “ 
τήσεις * ἀλλὰ σπουδαίως (οὐχ ἐν ἀμελείᾳ ἀγωνιζόμενος, ἕως τὸ 
τι MIN 
πέρας ἴδης. 
1 
Ne , , , A \ _ 
5 (£. 196 v.) Δράκων τις παράχειται φυλάττων τὸν ναὸν τοῦτον 
\ A , IL 5 ὃ , À 

ÇaaiD τὸν χειρωσάμενον. [Πρῶτον θῦσον χαὶ ἀποδερμάτωσον, xai 
λαθὼν τοὺς σάρχας αὐτοῦ ἕως τῶν ὀστέων, πρὸς τὸ στόμιον τοῦ 
γαοῦ ποίησον αὐτῷ Güoeic, χαὶ ἀνάδηθι, χαὶ εὑρήσεις ἐχεῖ τὸ ζη- 


τούμενον χρῆμα Tv γὰρ ἱερέα τὸν χαλχάνθρωπον μετετέθη τοῦ 
χρώματος τῆς φύσεως, χαὶ γέγονεν ἀργυράνθρωπος " ὃν μετ᾿ ὀλίγας 


οὖν ἡμέρας, ἐὰν θελήσεις, εὑρήσεις αὐτὸν χαὶ χρυσάνθρωπον. 


Ἰ. νι. — LE SERPENT 


(2me ARTICLE) 


Transcrit sur Δ, ἢ. 270 τ. — Texte sans titre. 


/ 2 - \ ΄ ε ; ΔῈ ἢ 2 ε 
1] Toi TO ἔστιν TO μυστήριον O οὐροῦορος OOUXWV, τουτέστιν Ἢ 


2 | Τὸ ὉΣ GT GO) Vernoloy che réyyne DroÙ + Eav0 £ 
- α GE φωτα TOY HU 51210V τῆς τε χνὴς ŒUTOU f CAVUWGL. 


4. εὐατεύει A. F. 1. εὖ μαιεύέει, fait | jusqu’à la fin du 8] même texte avec 
naître dans de bonnes conditions. (C. E. | presque toutes les mêmes incorrec- 
R.) « Avec αἱματεύε: le sens serait meil- tions, I. vr, 5. — I6. F. 1. 6 γὰρ ἱερεὺς ὃ 


leur » (M. B.). — 13. Πρῶτον θῦσον χαλχάνθρωπος 2. τ. À. 


σι 


10 


L'INSTRUMENT D'HERMÈS 23 


7 \ ἂν , 5 ν 4 
Ω ς = mn - ee - “ὦ cr τὸ ὩΣ 9 
9] Τὸ δὲ πράσινον αὐτοῦ ἐστιν ἴωσις, τουτέστιν ἣ σῆψις αὐτοῦ 
ΝΣ re 0 ΤῊ Z : ς Ἢ = 4 
οἱ OË πόδες αὐτοῦ οἱ τέσσαρές εἰσιν ἣ τετρασωμία τῆς τέχνης 
6 


“ LA x NET ’ " , , ΄ » , 
οὔ συνθέματος ᾿ τὰ δὲ τρία ὠτία αὐτοῦ εἰσιν αἱ τρεῖς αἰθάλαι 


Ἁ “ , [4 + s 5 LU 
χαὶ τὰ 16 συνθέματα ᾿ χαὶ ὃ ἰὸς αὐτοῦ, τουτέστιν τὸ ὄξος. 
VA δι ss ΄ \ = Ν F = 
4] Σὺ δὲ ἐν τούτοις τὸν νοῦν ἔχων, ὦ φίλτατε... 
Ψ 4 
LE 


Ἄρτον εἰ eue 4 RE RAI LASER 
ράχων TIC παρᾶχειται φυλάττων TOY VAOY τοῦτον SAIL σον 


1 


χειρωσάμενον. x. τ. À. (La suite comme dans I, v, ὃ.) 


Ι. vu. — EPMOY TPISMETIÈTOY OPTANON. 


Transcrit sur À, f.203 τ. 


a 

ἘΠΕῚ 

«| 

Ξ' 

€ o 
> τὶ 
z 

Les 

>= 

[Qi] 


σ΄ ΄ = 
ἕως τῆς ἡμέρας τῆς 
pie 


, \ \ = LA ΕἸ “ ré _ (à 
χαταχλίσεως, χαὶ τὸν ἐπισυναχθέντα ἀριθμὸν ἐπιμερίζειν παρὰ τῶν AG", 


ΤᾺ Ἂν = = ( , -“ “- — » , 
τὰς ὃε περιλειφῦειῖσας ὅρα ἐν τῷ ὀργάνῳ. 
i < ῃ ῃ 


SR \ ΑΙ τι ἁ ἣν , 
2] Δηλοῖ τὸ μὲν Z ζωὴν, τὸ δὲ Θ θάνατον, τὸ 


7 


D 7 Ν 
δὲς K χίνδυνον. 


5. 8 4] Phrase écrite le long dela | rouge. -- 15. Ζ.1 On a remplacé ici les 
marge extérieure. (Cp. p. 22, 1. 9.) — | lettres à l’encre rouge du ms. par des 
ἔχων] ἔχον A. Corr. conj. F. 1. ἔχε. — majuscules. — 16. ÀG'] zC' A. Corr. 
9. À mg., le signe d'Hermès, à l’encre con). 


10 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


I. vin. — LISTE PLANÉTAIRE DES MÉTAUX. 


Transcrit sur À, f. 280 τ, — Collationné sur ἘΠ, f. 213 v.; — sur L (copie de ΕἸ, 


f. 241 τ. — sur R, fol. 46 v. 


EK TON METAAAIKON 


1] Signe de Saturne. Méu6ôcs © λιθάργυρος ᾿ λίθοι μηλίται, 
γαγάται © χλαυδιανὸς, χαὶ τὰ τοιαῦτα. 

2] Signe de Jupiter. Κασσίτερος ᾿ χοράλλιον * χαὶ πᾶς λίθος 
λευχός " σανδαράχη θεῖον, χαὶ τὰ τοιαῦτα. 

3] Signe de Mars. Σίδηρος, μαγνίτης ‘ Ψψηφίς © χαὶ λίθαχες 
πυρροὶ, χαὶ τὰ τοιαῦτα. 

Δ] Signe du Soleil. Χρυσός ᾿ ἀνθραξ * ὑάχινθος : ἀδάμας * σάμ- 
φύρος, χαὶ τὰ ποιαῦτα. 

5] Signe de Vénus. Χαλχός “ μαργαρίτης ᾿ ὀνυχίτης ᾿ ἀμέθυστος " 
νάφθα ᾿ πίσσα ᾿ σάχγαρ ᾿ ἄσφαλτον " μέλ! " χαὶ ἀμμωνιακχόν " θυμίαμα. 


1. Titre dans EL : Ἐπ τῶν μετ. ἅπερ Réd. du 8.3 dans EL : Τῷ δὲ "Apa, 
ἀνατίθεντα: τοῖς ἑπτὰ πλανήταις. — Dans KR, ταῦτα - σίδηρος χ. τ. À. --- μαγνήτης EL. 


il y a trois articles sur les plantes, les 


minéraux, les animaux : Iloïx τῶν εἰδῶν 


F.l. μαγνῆτ'ς. — 8. 88. 4-5]. Dans R, la 
ligne du Soleil et celle de Vénus sont 


ἀνήχε: ἑχάστῳ doté ἐχ τῶν μ.. ταῦτα "--- interverties. Le signe est celui de l’or 
χαὶ ἐχ τῶν ζώων ταῦτα. (M. B.). — Les ou du soleil. — σάμφυρος en caractères 
mots λιθάργυρος, γαγάτης, at χλαυδιανὸς hébraïques avec μ. Le signe de Vénus 


sont transcrits, dans R, en lettres hé- 
braïques, avec ordre inverse, comme il 
convient (M. B.). 


— μηλῖτα!ι, γαγᾶται 


est suivi du signe du cuivre, avec une 
variante, puis μαργαρίτης en lettres hé- 


braïques, σαρδόνυξ en caractères hé- 


EL, f. mel. — 2. Réd. du ὃ 1 dans braïques ; ἀμέθυστος, ναύθα, πίσσα, ἄσφα-- 
EL : Καὶ τῷ μὲν Κρόνῳ ἀνατίθενται ταῦτα : τον, ὑὕγράσφαλτος, μέλ', σάχαρ θυμιάμεις, 
μόλ. χα. TA -- 4. Réd. du ὃ 2 dans ἀμωνίαχον. (M. B.).—Mème ligne. Signe 
EL : Τῷ δὲ At, ταῦτα - 2405. ». τ. À. —R, du Soleil] signe de la chrysocolle A; τῷ 


0 


après le mot χασσίτερος - 

διάργυρος (en lettres hébra- 
ïques) βήριλος - εἴς. ; θεῖον est en 
lettres hébraïques (M. 8.].--- R, après 


οἱ δὲ Πέρσαι oùy 
οὕτως, ἀλλὰ * 


χαὶ πᾶς, 


δὲ ἡλίῳ ΕΤ,. --- σάπφειρος ΕἸ, f. mel. Xau- 
φυρος est une forme inconnue et dou- 
teuse ; toutefois on trouve σαμφυρόγρους 
(pour σαπφειρόγρους ?) dans Léon Magis- 


le mot σίδηρος - λίθος μαγνίτης (ce dernier ter. Cp. Thesaurus d’Estienne, éd. 
mot en lettres hébraïques), ψηφηδεῖς χαὶ Didot, sub voce. — Ὁ: Τῇ à ᾿Αφροδίτῃ, 
ὅσα Mot πυροὶ, χαὶ τὰ τοιαῦτα. (M. B.\. — ταῦτα * γαλχός, χ. τ. À. — 11. σάχγαρ A" 


NOMS DES FAISEURS D'OR 25 


6] Signe d’Hermès (Mercure). Σμάραγδος “ ἴασπις * χρυσόλιθος 
ἡσύχιος ὑδράργυρος ᾿ ἤλεχτρος ᾿ λίόανος χαὶ μαστίχη. 
1] Signe de la Lune. ‘1 pyupos * ὕελος * στίμμι © ζινίχια * χάν- 
pu * γῆ λευχὴ, χαὶ τὰ ὅμοια. 
5 Lx. — NOMS DES FAISEURS D'OR. 
Transcrit sur À, f. 195 v. (= A1). — Collationné sur À, f. 204 τ. (= ΑΞ. — 
sur ἘΠ f. 213 v.; — sur L, f. 245 r. — Rapprocher de ce morceau la liste insérée 


dans M, f. 7 v. et traduite dans les « Origines de l’Alchimie », p.128, texte dont 
nous donnons les variantes. 


À FU = 7 

φίλε, χαὶ τὰ ὀνόματα τῶν ποιητῶν. 
ς δ ΠΕ 

Eou: é; Ἰωάννης 


- ΄ 0 AN 
O μέγας λυμπιοῦωρος, 


ι 
" γέσφοος Sono D ἐλ ΠΠεοσίδ ΝΈΕΣ ως Διέσχοοος Ζ Ξεεὴς ni 
2! 2702, 929.2 O εν £2GI0L, AUVETUS, 1932020 Ό LEZEUS το 
, Lo , Ν NE ; \) - Ὁ , Ἔ » , ᾿ » AA 
10 με (λου ZASITIOOS τοῦ ἐν ὁ Λεζανόρεια, 9) Οστάνης AT ALYU- 


— 
[ΟἹ 
© 
τὶ 
1 
O 
Ὡ 


ἀπ᾿ Αἰγύπτου, ἣ Μαρία, χαὶ ἡ K 


ἐαχσιλέως. [Ποοφύσιος. χαὶ 
Ὀάσσιλεως, οφφώριος, χα! 


1. — Réd. de EL : Τῷ δὲ “Ἑρμῇ, ταῦ- ρος 2. τ. À. — στίμη A. Corrigé d’après 
<a * σμάραγδος,χ. τ. À. — ἢ : σμάραγδον - EL. — ζηνίχια EL. — 5. Titre ajouté 


τῶν ποιητῶν ταύτης τῆς 


ἴασπις, en caractères hébraïques, χρυσό- dans L : Ile 
λιθος, en caractères hébraïques, ἤλεχτρον, 
λίθανον, καὶ μαστίχη, ces deux mots très 
abrégés, le second se réduisant à un 
μ, uns et un y superposés. (M. 8.) 
— 2. R: χαὶ ὑδράργυρος - οἱ δὲ 
χασίτηρον. On remarquera que l’ambre 
est masculin dans certains mss. etneutre 
dans d’autres. (M. B.) ἤλεχτρον L. — 
Après μαστύχη (sic) : χαὶ τὰ τοιαῦτα add. 
E.— 3. Dans R, le signe de la Lune 
manque, ainsi que ses dérivés (M. B.) 
Réd. de EL : τῇ δὲ σελήνη ταῦτα : 


Iéooa: 


- 
αογυ- 
Fi 


Ms] 


τέχνης. — 6. γίνωσχε] μάθε A?. — Après 
τῶν ποιητῶν] τῆς αὐὰ. Ε΄. --- 7. 
Après Ἑρμῆς] ὃ τρισμέγιστος add. E. -- 


ἀρχιερεὺς τῆς ἐν Εἰὐαγίᾳ τ. 0. EL, f. mel. - 


νη 


ων 


τῆς ἐνευασία τ. θ. Al; τῆς ἐνεθαγία τ. θ. A? — 
8. Ζώσιμος ὃ μέγας (ὃ μ.. souligné), ὁ μέγας 
OX. E. — 10. ᾿Αλεξανδρείαι Α΄. L'iota 
adscritsembleindiquerquele ms. origi- 
nalde At était un « codex vetustissimus». 
— ὁ ᾿Οστάνης] “Οστάνηςὁ EL.— 2 Αἰγύπτου 
Αὖ. — 11. ΚΚωμάριος EL. — 12. Πηθίγιος 
M; 


e 
£ 


2169105 (pour ’Eréry10:) A?. 
4 


10 


26 INDICATIONS GÉNÉRALES 
; N : , À - À 
χέλαος, ΠΠετάσιος, Κλαυδιανὸς, ἀνεπίγραφος ὃ φιλόσοφος, Νένος ὃ 


- , ΤΠ 
φιλόσοφος, Iévoners, Σέργιος 


9 Où , 3 ΄ = = = Η \ 5} A Qi Or 2 = \ 
2] Οὗτοί εἰσιν οἱ πανεύφημοι χαὶ οἰχουμενικοὶ διδάσχοαλοι nai 
νέοι SEE ποῦ ἰ[λάτωνος χαὶ “Hu 20e 


3] Ai δὲ χῶραι ἐν αἷς τελεῖται τὸ θεῖον ἔργον τοῦτο : Αἴγυπτος, 


Θράχη, ᾿Αλεξανδοεία, Κύπρος, χαὶ εἰς τὸ ἱερὸν τῆς Μέμφεως. 


I. x. — IIEPI TOY METAAAIKOY AIOOY EN OI TOI 
ΤΌΠΟΙΣ EKEINOIZ KATAZKEYAZETAT. 


Transcrit sur À,f.249 τ. 


De A x ETS. €” 3 FT Θ᾽ (2 TAN Bi Ve Fr / 4.5} 

1] Χρὴ γὰρ γινώσχειν ὅτι ἐν τῇ Θηόαῖόι γὴ ἐν ᾧ τόπῳ εἰσί, 
4 

: \ 4 ς - = > ᾽ NN 

ἐν © τὸ ψῆγμα σχευάζεται Κα αλειόπολις, ἈΑλυχόπριος Ἀφροδίτη; 


' 
᾿Λπόλενος χαὶ ᾿Ιὑλεφάντινα. 
2] Ἔστι δὲ ὃ μεταλλιχὸς λίθος μαρμαροειδὴς, σχληρὸς, χαὶ 
οἱ PIE ἐχεῖσε μεγάλῳ μόχθῳ ὀρύσσαντες σχευάζουσιν ἔνδον ἐσ- 
μιχθοὺς λύχνους χατέχοντες, τὴν φλέύόα χατέχουσιν εὑρισχόμενοι. 
αἱ δὲ γυναῖχες αὐτῶν Toléouotv, χαὶ ἀληθουσι. 
3] Ὅταν δὲ σποδὸν ποιήσαντες τὸ ὕδωρ χυμαῖον ἐμόάλλουσιν 


- 


e 10 ᾽Ἃ » [2 
ὑποχάτω σανίδας, χαὶ χοίλας ἀντιστασίμους ἔχοντες 


ἀχυρῶδες χαὶ χοῦφον χαὶ ἄχρηστον περὶ τοῦ ὕδατος ἕψεται “ τὸ 
δὲ χρήσιμον εἰς τόπους τῶν σανίδων διὰ τὸ ὄάρος ὑπολέληπται. 
(ρησιι Ξ 3 “5 ἡπτ 
Καὶ τότε τῇ ἑψήσει περιδῶσι τὸ συναχθὲν εἰς ἄγγος χεράμου 
Après Ἱ]ετάσιος] βασιλεὺς ᾿Αρμενίας ᾧ] ἐν ἢ Δ. Corr. conj. — 10. ἐν ᾧ τὸ d.] 
E.— Réd. de EL: ἸΚλαυδιανὸς, Ilavo., ἐνὴ τὸ ψ. A. Corr. con). — Ἐλειόπ Fa 
Dépy., ΔΙέμνων ὁ φιλόσοφος, χαὶ ἄλλοι πολ- F. 1. Ἡραχλειόπολις. — 12. $ 2] Cp. 1 
λοὶ ἀνεπίγραφοι (E add. : χαὶ ἄπυστοι). --- fragment d'Agatharchide (Photius, Bi. 
2, Παύσηρις M. — 5. Après τοῦτο] εἰσὶν bliothèque, cod. 250), reproduit dans 
αὗται add. E. — 6. Θράχις A?.— Après les Geographi minores de Didot, τ. I, 
Μέμφεως] TéXociadd ἘΠ ἢ ἘΠ 1 ἐν Ρ- 126. --- 13. ἐσμιχθοὺ:] F. 1. ἀμυδροὺς 
οἷς τισι τόποις. --- 8. Ml ἐχεῖνος, — 9. (lanternes sourdes?). — 15. of δὲ γυναῖχες 


(néxidt] θήδα ἴδα A. Corr. conj. — ἰν A.— ἀλήθοντες A. Corr. con]. 


J 


10 


μ 
ι 


9 


20 


LES SERMENTS 27 


= οὖν \ »Ὑ \ A ΄ ΨΥ, \ 
ἐμόαλόντες χαὶ μίξαντες τὸ χατὰ λόγον, τότε περιχρίουσιν τὸ 


ἄγγος, ἑψοῦσιν ἐν χαμίνῳ ἡμερόνυχτα πέντε, ἔχον τὸ ἄγγος πόρον 
a y à 
οιὰ τὴν EGOUOV. 


PS OPK 


Transcrit sur M,f. 128 v. — Collationné sur À, f. 109 v. (= Ai); — sur À, f. 298 τ΄ 
(= A?); —sur E, f. 36 v.; — sur Lb, p. 127. — Chap. 37 dans E, suite du chap. 28 
dans Lb, de la compilation du « Philosophe Chrétien ». 


110 PU ls ce TS 
] UV LL σοι, XAAE TXL, τὴν μαχαριᾶν χαὶ σευασμιαν 217.04 
» 


τ SIN ᾽ ἐκ à Aie ἢ ῃ Ε ᾿ 
ὡς οὐδὲν ἀπέχρυψα τῶν ἐμοὶ παρ αὐτῆς δεδομένων ἐν ταμείοις τος 


ον 
Ὁ s 


ἧς ἐπιστήμης ᾿ ἀλλὰ πᾶντα τὰ γνωσθέντα μοι 0 


vos ἐνέθηχα ταῖς ἡμετέραις γραφαῖς, 


ον 
hs 
τὶ 
τὴ 
TO 
ἘΞ 
< 
ἘΠῚ 
< 
m = 
δ 
< 
s 
à 
ῷ. 
G 
- 
Os 


Ἴ GT - P = » a: 2 , ee! A 
9] Σὺ οὖν εὐσεδῶς αὐταῖς ἐντυγχάνων ἁπάσαις χαὶ νουνεχῶς, 
- x CAE Ἢ # ν , ΄ - S 7 
Et TL un χαλῶς μιν εἰρητανϊ σγνοησασιν οι πανουργευσαμένοις, οιοῦ- 


# A “- 
μέτερα πταίσματα, σεαυτὸν ὠφελῶν, χαὶ τοὺς ἐντυγχά- 
\ » Θ ᾿Ξ NAS ΤΙΣ D or \ E Ξ \ 
νοντας πιστοὺς ὄντας Θεῷ χαὶ ἀχαχοήθεις χαὶ ἀγαθοὺς,' ὅπερ "ἐστὶ 
΄ CR = » . si \ . 
χαλεπὸν εὑρίσχειν ὡς ἀληθῶς. ρρωσο ὃ ἐν ἁγία χαὶ ὁμοουσίῳ 


ΤῬρίαδι, πατρὶ, on lo πνεύματι. Τριάς... ἡ μονὰς 


/ 2 


ὃ υἱὸς ἀτρέπτως ἐνανθρωπήσας χαυχήσει Ti 


IN Ν - 02 eZ 
Ê£ Ὶ οὐᾶοος οἴχοιὼ JE ονοματι 


ς 
͵ 
τὴν ἄμωμον ἔπλασεν ἀνθρώ που φύσιν blu 


Ι. χπ. — ΠΑΠΠΟΥ ΦΙΛΟΣΟΦΟΥ <OPKOZY 
Transcrit sur M, f. 184 v. 


“ 


1] Ὅρχῳ οὖν ὄμνυμί σοι τὸν μέγαν ὅρχον, ὅστις dv συ ἢ, 
4 


\ ΕἾ = , ΒΗ ΄ 
εἰ χαὶ οὐ τῷ ἀριθμῷ, τὸν ποιήσαντα 


ἕ ἜΤ, 
θεόν φημι τὸν ἕνα, τὸν εἴ 1 


4, Titre dans ΑΞ : ὅρχος τοῦ φιλοσόφου. οὐ πάντα ἐργασαμένοις σύγγνωθι χαὶ διόρθου 
— 5. μὰ τὴν par. χαὶ ἁγίαν χαὶ σεῦ. te. ELb. — 18. τῷ θεῷ A2 ELD. — ἀκαχ.] 
2 ,f. mel. — 6. ἐν ἐμοὶ Α΄. — ἐν τοῖς καλούς τε ELb.— ἐστὶ] ἐν σοὶ ΑΞ. --- 14. — 
ταῦ. τῆς ψ. E. — 7. μυστ. τῆς ἐπιστ. placé Esewso — jusqu’à la fin] om. A? ELb. 
avant ἐν ταμ. Lb. — 11. χαὶ εἴ τι μὴ Lb. — 15. Τριὰς jusqu’à la fin] om. A!. — 


— εἴρ. ἡμῖν Lb. — οὐ πανουργ. διόρθου] καὶ 10.οἰχοιωθὲν] Ε᾽.1. οἴκοθεν .---17..ὀλισθεῖσαν M. 


10 


20 


28 INDICATIONS GÉNÉRALES 


= \ \ ὩΣ το 2 \ \ ᾿ 
πὸν οὐρανὸν χαὶ τὴν γῆν, τῶν τε στοιχείων τὴν τετραχτὺν χαὶ τὰ 


ἐξ αὐτῶν, ἔτι δὲ χαὶ τὰς ἡμετέρας ψυχὰς λογιχάς τε χαὶ νοερὰς 
ες αὑτῶν, ET OE χαι τὰς 1! ὃ FA ἄς Ὶ LS τ οερᾶς, 
Μ 7 \ . € , 4 - Η / \ 
ἁομόσαντα σώματι, τὸν ἐπὶ ἁρμάτων χερουδικῶν ἐποχούμενον, χαὶ 
͵ ᾿ - 


A 


, , — -. 5 LA 
αγματῶν ἀγγελιχῶν ανυμινουμινον. 


ἊΣ > 


2] Ὅτι τινὲς λεχίθιον συνελείωσαν τοῖς ὁμογενέσιν 2 ς. πῇ ἢ, 


NS = , 
ποῦ σώματος χοτύλην ὕδατος θάλλοντες ([. 185 v.) χαὶ περισφίγ- 


UN = , = τ Ἔ \ 
ἕαντες ἔδωχαν ταῖς πυρίαις, χαὶ τελειώσαντες ἀνεῖλαν τὸν ἰόν “ χαὶ 
.+ , ἂς τ A , Ἂ ο . 
ἐξαιθριάσαντες προσέπλεζαν τῷ χηρίῳ Kant) θείῳ * καὶ οὕτως ἐχπυ- 


s ΄ \ # , / = s 

οωσᾶντες τελειότητι χα! συμμέτροις TUQLALS, TOUTEOTLY Λειωσέσιν ἢ 
, ! , LA ΄ = 1/0 

1210V ATEUEVTO EV αγῆξιοις ὑελινοιῖς, AE 


5 y = 5 = x " re D 
μάσαντες ἐν οἴχῳ θερμῷ, χαὶ μᾶλλον ἀνατολιχὰ ἔχοντι φῶτα ἧπερ 
Ὁ 
9} 


\ 
! \ LA D in δὰ (4 € DR « 
OUTIXA, χαὶ VOTIX μᾶλλον Ἢ Ὀόρρεια, ὡς ἐντέταλχα χατὰ πλάτος 
᾽ 


εθέμεθα χαὶ τῇ χατ ἐπιτομὴν 
4 


| 
ste 29 , me Le AUS \ 2 x 
3] Ἐπείπερ γοῦν γραφὴν εὖ ἐχτίσαμεν * ἐὰν γὰρ τὸν ὄορρὰν 
/ . = δ ἢ: FAN 
έπειν, ὥς φησιν ἐν τῷ περὶ θείου ἀθίχτου ὕδατι 
= 7 A €” 19 10 \ [AN \ = LAN 
λόγῳ, τῷ ἁλμώδει, χαὶ νιτρώδει χαὶ στιμμώδει χαὶ γχαλχανθώδει 
ς ἰώσεως τάχιον ἀναλύοντα ᾿ ἐνταῦθα τὴν γέχρωσιν ἠνίξατο, 


= \ ΄ὔ 
χαὶ πλήρωσιν τοῦ παντὸς λόγου. 


I. x. — ΙΣΙ͂Σ ΠΡΟΦΗΤῚΣ TQ YIQ AYTHZ. 


Transcrit sur À, f.256 r.— Collationné sur L,f.217r. 


il ya dans le ms. des signes difficiles 
à comprendre. (M. B.) — 18. ἀναλύων τὰ 
ἀνίλλω ? Lire ἀνεῖλον, aoriste 2 d'ayarcéto ? M. Corr.conj.— «Je propose ἀναλειοῦντα, 


3. τὸν] τῶν M. Corr. conj.—6G.fxkoy- | 
Ϊ 

— 13. Ε..]. roi» ἐξεθέμεθα. — 16. F. 1. ἐν de ἀναλειόω ». (M. B.) — 20. À, en marge 
{ 


τες] Ε.1. ἐμδάλλοντες. — 7. ἀνεῖλαν, du verbe 


τῷ περὶ 0. ἀθ. λόγῳ, ὕδατι τῷ ἅλμ. — A la du titre : Ὅρχος. --- Le titre, dans À, est 
suivi du signe lunaire. Voir la note dela 
traduction (M. B.).— 21. “Ὥρῳ] αὐτῆς L. 


place des mots ἁλμώδει, νιτρώδε!, στιμμώδει, 
γαλκανθώδε!, qui sont des leçons conj.. 


10 


20 


ISIS A HORUS 29 


ῃ Ἂ ! "» ε \ ΄ / 
σου βασιλείας, γενομένης μου «εἰς» Ὁρμανουθὶ, ἱερᾶς τέχνης Αἰγύ- 
ee ἢ πο ἢ A PEN ES 
RTOU, χαὶ ἐνταῦθα ixavoy χρόνον διέτριόον. Kat ὁὲ τὴν τῶν 

τὰ ΄ τῷ 2 x 
χαιρῶν παραχώρησιν, καὶ τὴν τῆς φευριχῆς χινήσεως ἀναγχαίαν φορὰν 

, « 3 : , , Ν , “ = 
συνέφη τινὰ τῶν ἐν τῷ πρώτῳ στερέωματι διατρίόοντα τὸν ἕνα τῶν 


ἀγγέλων, ἄνωθεν ἐπ 


) 
= 
[ΟἹ 
ξ 
o 
s 
a 
S 
€ 
«) 
ἕω 
ἿΞ 
ὅν 

"τ 


ι ουληθῆναι τῆς πρὸς εμε μίξεως 
Η ’ Ἄς ti , μον » -- \ » , Ξ ῃ 
LOLVOVIAY ποιῆσαι. θὑασαντος 0 αὐτοῦ χαὶ εἰς τοῦτο γιγνεσῦαι 
— s - Là “- \ ῃ 4 Al 
LAOVTOS, οὐχ ἐπέτρεπον εγώ, πυνθάνεσθαι ὀουλομένη τὴν τοῖ 


# Don AIN Ἢ : , 
γρόσου χαὶ GOYUOOU AXATATHE υήὴν. Euoi O£ τοῦτο αὐτῷ ἐρωτησασης, 


ei, MES Ἢ τὸς ἐριέσῃ ἘΠ Εν Ὥς Aer NE nr ES A 
<o ΧΙ ἔφη ὃ αὐτὸς ἐφιέσθαι περὶ τοῦτο ἐξειπεῖν, διὰ τὴν τῶν μυστη- 
, ε D x N Ci ε ! { Ψ ΣΙ = 
ρίων ὑπερόολὴν, τῇ δὲ ἑξῆς ἡμέρα πα- ([. 256 v.) ραγίγνεσθαι τὸν 
τούτου μείζονα ἄγγελον Ἀμναήλ χἀχεῖνον ἱχανὸν εἶναι περὶ τῆς 

ΣΕ Pi VAT EU en ῃ 
τούτων ζητήσεως ἐπίλυσιν ποιήσασθαι. 


L \ 
ΠΟΙ, era UNS Σ - 1e ἘΝ À τῶ = περὶ ἐμὲ 
ποιοῦντος, nn εν ὃ τούτου μείζων Ava τῷ αὐτῷ περὶ ἔἐμε 
= N . Fr \ - 
ἀλλ ἕἐσπευὸεν ÉD οὗ χαὶ παρῆν, 


΄ “- 
ον περὶ τούτων à οευνᾶν. 


SNS τ ᾿ N : 
ἐπιδείκνυται χαὶ τὴν τῶν ζητουμένων μυστηρίων παράδοσιν ἀφθόνως 


Ὁ] Λοιπὸν οὖν χαὶ τὸ ση 


1 \ EN = a ῃ δ“ = 
ἤρχ ETO χαὶ ἔπι παραγγελ ίας χαὶ ὅρχους ἐχχωρίσας ἔλεγεν 
1. Deux points rouges, dans A, au- du cuivre A. Corr. conj. — 7. βουλομένου 
dessus de ‘Osuavoult et en mg. : μυστ'χῆς A. Corr. conj. — ὃ. ἐξεῖπεν A. Corr. con]. 
λέγε: (1re main). — 3. φευριχῆς] F. 1. σφαι- — 11. Un trait rouge, dans A, au-dessus 
ριχῆς Vel φαριχῆς. — 4. πρωτοστερέοντι A. de ’A μναὴλ et, en mg., un trait sembla- 


Corr. d’après L. (Voir ci-après la 2e réd. ble suivi de : ἐπιστήμενον Θεοῦ λέγε: (f. 1. 
dont les variantes sont désignées ici par ἰστήμονα Θ. -- 18. ἀνέμενον A. — 22. 


ὉΠ astérisque). — θ. ποιήσας suivi du'signe 


χνυται] F. 1. ἐπιδείξηται. 


10 


30 INDICATIONS GÉNÉRALES 


FAN , ra 
πῦρ χαὶ ὕδωρ χαὶ ἀέρα χαὶ γῆν 
χαὶ ἰ 

C4 = a ! 
ὄϊν, ὕλαγμα τῶν Κερ οχόρου, Ô 
Σ Ξ 19 
εἰς τὸ πορθμεῖον ἐχεῖνο, χαὶ <èr > 


οάχοντα TOY en 


\ la « » 
χαὶ σχότος. ‘Opxilw σε εἰς 


Ὁρχίζω σε εἰς ὕψος οὐρανοῦ 


εἰ 


9 
ἰ 
Ἶ ; ; ὃ : se + er 
γῆς χαὶ Ταρτάρου δάθος. Ορχίζω σε εἰς Ἑρμῆν, χαὶ ᾿Ανου- 


Ὁρχίζω σε 


Ῥρχίζω 


ἊΝ ù “ἃ ᾿ , A A ; 
σε εἰς τὰς τρεῖς ἀναγχας χαὶ εὐ χαὶ ξίφος. 
ON 
L 


© 
er) 
Oo 
ς. 
< 
O 
= 
y 
TS 
ο 
[QU 
De] 
© 
Ὁ 
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Q 
Q 
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τῶ 
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9] 
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τε 
ο 
«ἢ 
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O2 
= 
O2 
ox 
= 
So 
= 
[Qi] 
=) 
Ἔ 


ἰ 
\ 2 ἜΣ ΤῸΝ ϑ᾿. , ΄ - x eu 
pavtoy γεωργὸν, χαὶ μάθε (ἀπ à αὐτοῦ τί μέν ἔστιν τὸ σπει- 
΄ , NAN À \ CHENE Ξ \ 40) et A = 
ρόμενον, τί δὲ χαὶ τὸ θεριζόμενον, καὶ μάθης ὅτι σπεῖρον τὸν 
4 
σῖτον χαὶ θερίσει “ χαὶ ὃ σπείρων τὴν χριθὴν ὁμοίως χαὶ 


Fe ” 2 δι 
1] αὔτα, TÉRVOV, OÙ προοίμιον 


τας N , 5 = 
τὼν ὅλην ὁημιουργίαν τε χαὶ γέννησιν “ χαὶ γνῶθι ὅτι 


ri 


ὃ ὃ 
E: NA - Eu / ΄ 
L  OE τι τῶν παρὰ φύσιν συμοὶ νει γενέσθαι ὥσ περ 


5 ΕΣ 
ται χαὶ οὐχ ἕξει σύστασιν 
χαὶ ἣ φύσις τὴν φύσιν νιχᾶ. 
, τω φ. N ’ 
δ] Αὐτῇ οὖν δυνάμεως θείας με 


χήσαντες, χἀχείνοις 


» 2€ 0 » = 
χαὶ οὐχ ἐξ ἄλλων οὐσιῶν χατασχευάσαντες, 


τῆς οὔσης φύσεως ὑπάρχειν τὴν πρ 


σχευαζομένου, Ὡς γὰρ προεῖπον 


χνῇ 3 LA LA C4 
aybowroc ἄνθρωπον σπείρει, οὕτως 


τὸ ὅμοιον τὸ ὅμοιον. 


͵ 
λέων λέοντα, χαὶ 


΄ A 
τεσχήχοτες χαὶ 


LA 
προσλαμπομένοις 


. λ - £ 
ἀχηχοῶς, ἐννόησον τὴν τού- 


ΡΣ 
ἄνθρωπος 
χύων χύνα. 


πέρας γεννᾶ- 


À γὰρ φύσις τὴν φύσιν τέρπεται, 


παρουσίας εὐτυ- 


ς 

"ποῖς ἐξ αἰτύ ἐξ auuwy 

αὐτοῖς ἐξ αἰτήσεως, ἐξ ἄμμων, 
o 


ἐπέτυχον διὰ τὸ 
οσθαλλομένην ὕλην τοῦ χατα- 

« es es Ξ \ 
ὅτι ὃ σῖτος σῖτον γεννᾶ, χαὶϊ 


A (6. A ’ 
xai ὃ χρυσὸς χρυσὸν θερίζει, 


> 2. N 
Evavecwôn νῦν δὲ τὸ μυστήριον. 
i i 


4. χερχορου À sans accent ; χερχουρο- 
Gopou δράκοντος L. F.1. ὁλαγμάτων Kep- 


f φυλ. — 5. πρόθμιον ἐχεῖνον A. 
2e à si À, 2 fois. — 9. ’Aydpayroy 
est un nom propre, écrit ailleurs Ayaaë. 
(MZ. B.).— 11. F. L. ὅτι (δ σπείρων τ΄ σ 


χαὶ «σῖτον» θερ.19. τὸν χρίθον A. — 14. ἐνόη- 
σον À. ---10. σπ 4 
A. — γεννᾷ τε A. — 18. οὐτεξεισίστ 
AL. Corr. conj. — 20. αὕτη A. — 21: 
αὐτοῖς] Il faut αὐτοὺς (M. B.). 


τί 


ISIS A HORUS 31 


7 \ NET FE SEA ο τ a “ Δι 
9] Καὶ λαῤδὼν ὑδράργυρον, πῆξον αὐτὴν ἢ διὰ ὀωλίου, ἢ ὁιὰ 

7 , \ D x \ 3 ἘΞ - A 
σώμα μαγνησίας, ἢ ὁιὰ θείου, χαὶ ἔχε, τοῦτό ἐστιν τὸ χλιαρο- 


V2 
6 
σοὶ μολύξδου ΦοΟῦ >: λιχοοπα 0ÙC έοος 
το U.0/U000 τον γ. ἰάροτ: LY0 ς μ. ος 
; 7 τ 2 
, καὶ λευχολίθου μέρη δύο, χαὶ ὁμολίθου μέρος α΄, χαὶ Eav- 
i 
α΄, xai Garpayiou μέρος α΄. Ταῦτα ouu- 
σχορπισθέντι ἀναχώνευσον τρίς. 
[ πᾷ, \ - 1" à 7 à à am ΠΟΤ 
10] (£ 257 v.) ΜΊΞΙΣ AEYKOY ΦΑΡΜΆΚΟΥ ΟΠΕΡ ΕΣΤῚ ΛΕΥΚΩΣΙΣ 
e D x Q « ΣΝ 
ΠΑΝΤΩΝ TON ΣΩΜΆΤΩΝ. --- Λαδὼν ὑδράργυρον τὴν διὰ Rae γενο- 
͵ x \ £A A fr 1 ’ \ 4 a. 
μένην Aeuxhv, καὶ λαύὼν ἐξ αὐτῆς μέρος α΄, χαὶ τῆς μαγνησίας τῆς 
le ele ee ee ner dre ere 
ἐχζευχθείσης τ πῶν ὑδάτων jee ἀοὲ; χαὶ τῆς φέχλης τῆς 
υ 


εραπευθείσης μετὰ τοῦ 


a 
te 
© 
«ἢ 
Le] 
C? 
PSE 
a 
FD 
[=] 
= 
FE. 
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Le] 
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5 
a 
Le] 
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£ 
mo) 
Q 
[Q] 
I 


ῦ 
“ “» - IN Æ 
vixou τοῦ λειωθέντος μετὰ τοῦ οὔρου τοῦ ἘΠΕ ζτπαιδὸςΣ μέρος 


1 La A 7, -ϑῷ ΩΝ - et 1 δ, 
μέρος α, χαὶ ὉΠ ἀργύρου τῆς μετὰ ἀσύδέστου μέρη. ὁύο, χαὶ 
N ! , τς λα Ά , 
σποοιᾶς χωῤαθίων μέρος α΄. Ταῦτα πάντα λείου σὺν ὄξει ὁριμυτάτῳ 


πο 1e 
λευχῷ χαὶ ξηρᾶνας ἔχεις τὸ φάρμαχον λευχόν. 


11] Ἔπειτα λαδὼν χαλχὸν καὶ σίδηρον, χώνευσον, εἶτα ἐπίόαλε 


n'es = a , 
χατ᾿ ὀλίγον λειούμενα ταῦτα᾽ θείου μέρος ἕν αὐγνησίας μέοη ι 
ἱ ᾿ ᾽ ΚΙ PSN CEST 


οίψας ἐ ἔχεις. Καὶ λαῤὼν 


< 


LC ἂν VEVNTUL εὐθρυππτ ec à AN κω “οὶ 
εῶς ἂν EVNTat EU ρύπτος ο σιοῆρος, χαὶι 

7 ΄ = / ar SP Pen 
χαλχοῦ χέρας θερμέλατον, χώνευσον ἐξ αὐτοῦ μέρη ©, χαὶ ἐπί- 
; 


GARE αὐτῷ τοῦ τριφθέντος σιδύ οου μέρος α΄, χατ ὀλίγον ἐπιδάλ- 


Ξε e F 1 : 
λων χαὶ χινῶν, ἕως οὗ συνενωθῇ χαὶ ὃ σίδηρος χαὶ ὃ χαλχός. 
ῃ ν 


12] Εἴτα λαδὼν Ex τούτου λίτραν α΄, χώνευσον, ἐπιδαλὼν 


1. BouXetou À. — 4.x’] Lesmss, donnent | conj. — 8. χαὶ λαθὼν ἐξ αὐτῆς] Addition 
ici les nombres tantôt en toutes lettres, de L.— 11. ἀρσενιχοῦ AL et ELY*. — 12. 
tantôt en chiffres (α΄, 6΄, γ΄, εἴς). Nous  ἘἌἀ«παιδὸς» (M.B.). — 13. λιθάργυρος est au 
suivons ces variations d’après notre ori- | masculin dans E*. — 46. σποδοῦ L, EL*. 
ginal. — ΕἸ," écrivent tous les nombres — ταῦτα x. À. Om. À. — ὄξος δριμύτατον 
entouteslettres. —zoù ôu. μ. «. om. L.— | À. ξηρ. A— 18. εἴτα ἐπίδαλε] ἐπίδαλων (516) 

6 τρίς] τρίτον A. Corrigé d’après L. —7. A. — 20. εὔθρυπτος] F. 1. εὔθριπτος. — 21. 

μίξεις A.— Titre dans L : Μίξις À. ©. ὃ λευ- | θερμάλατον L. — ἐξ αὐτοῦ om. A. — 24. ἐπι- 


θάλλων EL*. 


χαίνεται πάντα τὰ σώματα. --- λευχὸς À. Corr. 


ot 


10 


32 INDICATIONS GÉNÉRALES 


αὐτῷ τοῦ λευκοῦ ᾿- ομάχου Ὑ Y χατὰ μιχρὸν, ἕως ἂν γένηται 


δ ΓΔΑ δ τ 
ὑπόλευχον τριπτόν. Καὶ λαδὼν ἀπὸ τῆς γχώνης, ui 


D IN 
0 T 002 
pre) À ον UT 902540 


΄ ! L À » τὸ PE Ἢ NA 
γύρου μερος Œ , XXL ŒUTOU υερὴ 000 


Ἐπὶ} ΟῚ 
, ΤΩΣ τὲ / ΄ 


, 4 NAT \ - A , ε 
πᾶγος. Ei οε μη παν EAXUVETAL, J.HVEUGOV αὖθις, XL γίνεται ως 


13] Εἶτα χατασχευάσας τὸν ζωμὸν τοῦ ἡλιοχοσμίου χαὶ ἡλιοχογ- 


οὶς χαλχάνθου, χαὶ χωνῆς τρύγου χαὶ βαλὼν ἐν ὑελίνῳ 


χυλίου yo 


x 1 = - LA - δ᾽ Ἂ “ “Ὁ ea τ - =" 
πὰ πέταλα, ἀπόθου ἡμέρας λε΄, ἕως ἂν συσσαπῆῇ. Εἶτα χαὶ ἀνελόμενος 


τυ C 2 \ A , Q Ὁ 
11] Εἶτα λαδὼν τὸ λευχὸν φάρμαχον τὸ διὰ ὑδραργύρου, χαὶ 


ῃ ῃ i 
, ἮΝ A y Δ» ΕΞ , \ Ν 2 f or ἘΝ \ 
μαγνήσιας, χαι φέχ TS; χαὶι Z2T EVLXOU, χα! AHOUELTS, +. 2<)0 1] .) LOL 
- ir! nt (| ! OL n1 ᾿ λυ ἔων ἢ ΝΡ ονυο Ce \ - 
TUSL του. χαι JEU LOU, χαὶ χων ΡΠ Ε ΡῚ 220V, 150 OV αὖτ ñ τὸν ζωμὸν 
ἊἜ Ν ES \ x PIN n NN er = 
τοὺ σιδσηροχαλχου χαὶι τὰ ξὶ on. 1GTO 00 σ᾽ ζωμὸς RON) “οὔ 


ù 7 N " ͵ Fe & = 
φαρμάχου δαχτύλους δύο, χαὶ ἔασον ἡμέρας LE ἐν σχιᾶ σαπῆναι, 
χαὶ ἔχε ἀποχείμιενον. 

8] Ὅτε ον τ χες para = Le nn) 

Ὁ] τε OË ee 'ξ κευχαίνειν τι τῶν σωμάτων, οὕτως ποίει. 
LA ! 

6 ( ὶ στὰ ισδέστου χαὶ οὖρον, χαὶ γάλα 

\ , VEN , À / 
αἴγειον, χαὶ νίτρον, χαὶ ἅλας, λείου χαὶ λεύχαινε. 


αἱ τὰ μέλλοντα σοι ῥηθήσεσθα!ι, 


-- 
© 
er 
FRA) 
“τε 
a 
[Ὁ] 
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«ἡ 
ἝΝ 


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᾿ 
» ,\ N / \ \ À - , - A 

αι διπλώσεις τε XAL χαταθαφοαι χαὶ οἰχονομῖχι πᾶσαι χαι πᾶν 
NE Ξ 6 ; 


F " [4 ἔτος > LA La 
O TL οὖν εις EVX νοῦν, XX ἕργον συντείνουσιν. Νόησον ουν 


“ἃς 
; 
Ἧ 

χΖ 
m> 
LA 


; ; Un 
πὸ μυστήριον, TÉXVOV, τοῦ φαρμάχου τῆς χήρας. 
- ε N ΕἾΝ ἦραν # < \ 4 ͵ e! : 
19] δὲ αἰθάλη οὕτως αἴρεται. Λαδὼν ἀρσένιχον, ἕψει ἐν 


” à “ πὶ “- ἊΣ = ’ x - 
ὕδατι, χαὶ δαλὼν ἐν τῷ ἰγδίῳ, λείου μετὰ στάχεως σὺν ἐλαίῳ 


1. 5 701] οὐγγίας τρεῖς ET. 3. (:-),à la dernière ligne du fol. 215 
ποίησον αὐτὸ] λαδὼν A. — 4. χωνευό- v., puis commence le fol. 216 avec 
μενον À. — 6. ἡλιοχοσμίου zat om. A. δαχτύλους sans indiquer un commence 
FE. 1. χρυσοχοσμίου καὶ ypucozoyyukiov. — ment d'article. — 18. zx! λεύχαινε om. 
8. σεσαπῆ A. — 11. ἀρσενιχοῦ AL, EL*. A: —19, Réd. de L, EL*: EE ἔσοῦ δὲ 
— 12. ϑδράργυρον] signe de l'argent ἔγνωσταΐ σοι πάντα χαὶ πᾶσα! αἱ διπλ. χαὶ αἵ 
dans A. — 13. À mg. : ὅρα ξάντωσις χαταῦ .2. 02, χαὶ πάντα (χαὶ πάντα τις E) εἰς 
(1τὸ main). — τῷ φαρμάχῳ 1,, EL*. — Eyx νοῦν χαὶ εἰς ἕν ἔργον συντείνουσ!. — 


Après φαρμάχῳ, E* place un signe final 21. F. 1. συντείνε!. — 23. ἐν om. A. 


ISIS A HORUS. — 2° RÉDACTION 


“(ἡ \ DS À 2 ΔΑ x = . 

ολίγῳ, χα! δαλὼν ἐν λωπάοι χαὶ DULAN, ἐπάνω TUANS 
4 

ἐπ Ho ἕως οὗ ἔλθη ἢ αἰθάλη. Ὁμοίως χαὶ 


OLEL 


ράχην τ 


x LE, 


DEUXIÈME RÉDACTION 


Transcritsur L (copie de ΕἸ, f. 217 r. — Collationné sur E, f. 21 
ΣΙΔΟΣ, ΒΑΣΊΛΙΣΣΗΣ 

5 OXIPIAO®, ΠΕΡῚ ΤῊΣ IEPAS 
AYTHZ TON 


ΤΈΧΝΗΣ ΠΡῸΣ 
OPON. 


ISIS ΠΡΟΦΗΤῚΣ, ΤΩ: YIQ: AYTHE QPO: 


5 


AITYTITOY KAI TYNAIKOË 
TC 


)JN YION 


PR Te ποῦ Ὁ 
1 Zu: μὲν ἐδουληῦης, ὦ TEXVOY, ἀπιέναι ἔπι τῆς τοῦ duc φωνος 
ξ fe Ce = Ἴ ES rm mm — - ΚΞ 2 
μάχης, ὥστε χαταγωνίσασθαι περὶ τῆς τοῦ πατρός σου ὄσσι- 
STE Ἐ \ NS & - ᾿ : N , ΄ : G 
10 λείας. γὼ ὁὲ μετὰ τὴν σὴν ἀποδημίαν, παρεγενόμην εἰς Ὅρμα- 
ἰ 
γουθὶ, ὅπου ἣ ἵερὰ τέχνη τῆς Αἰγύπτου μυστιχῶς χατασχευάζεται 
> τ AI ν Ὁ Ῥ A ΄ n , 2 --΄ 
Ἐνταῦθα δὲ, (f. 219 ν».») ἰἱχανὸν - ρόνον σιατοίψασα, ἐδουλόμτην 
L En δι € = ͵ , s 
παραχωρῆσαι. Ἕν δὲ τῷ ἀναχωρεῖν ue ἐπιτεθεώρηχέ μέ τις τῶν 
_ A = Le A Ν, res 4, 2 a = = πον δ 
προφητῶν ἣ τῶν ἀγγέλων ὃς σιέτριόεν ἐν τῷ πρώτῳ στερεώματι, 
A 27 \ 2 } Enr = Α AA ἄν 
15 ὃς προσελθὼν ἐμοὶ, ἐβούλετο μίξεως χοινωνίαν πρὸς ἐμὲ ποιῆσαι. 
ἰ ἱ 
EU DS - , 5 = ας - 00 
Eye δὲ οὐκ ἐπέτρεπον αὐτῷ εἰς τοῦτο γίνεσθαι μέλλοντι, ἀλλ 
ἀπτήπουν ἀπ αὐτοῦ τὴν τοῦ χρυσοῦ χαὶ ἀργύρου χατασχευήν. Αὐτὸς 
NA , , = sr ; \ ͵ 7 = ù \ 
ÔE μοι ἀπεχρίνατο οὐχ ἐξεῖναι αὐτῷ περὶ τούτου ἐξειπεῖν διὰ τὴν 
τοῦ μυστηρίου ὑπερόολην. 
ς ἐν τι ET FAT += \ LR = " - ι 
20 2] Τὴ δὲ ἑξῆς ἡμέρα, ἦλθε πρὸς μὲ ὃ πρῶτος ἄγγελος χαὶ προ- 
! ; 
r ταν ὦ SM ᾽ 1 τ ΝΞ ν᾿ ἂν "- à 
φήτης αὐτῶν χαλούμενος ᾿Αμναήλ. (f. 221 r.) ᾿Εγὼ δὲ πάλιν αὐτὸν 
A ΝῊ - \ 3 - pe] -" 
περὶ τῆς τοῦ γουσοῦ χαὶ ἀογύρου χατασχευῆς ἐπηρώτων.  Exeïvoc 


τῷ 


34 INDICATIONS GÉNÉRALES 


( A Ν ε ΕΣ s _. S = » Fe 
δέ μοι ἐπεδείκνυέ τι σημεῖον ὅπερ εἶχεν ἐπὶ τῆς ous αὐτοῦ χαὶ 
Ù 


LA 4 Ἃ sl ET 
uéou, πάλιν ἐλθὼν πρὸς ἐμὲ vo τοῦ 


À 
\ SN A N . Dr \ δὲ ὐ ΄ y 
006 ELLE, χαι EUTEUOEV εῷ ὦ παρ τ Yo οε Χ ἐφρ όντιζον 


αὐτοῦ " 
AI - NAN - ᾽ - “ "» A τὰ 
ἡ ᾿γὼ OE οὐχ ἐπεοίοουν ἐμαυτὴν, ὅλ᾿ ἐπεχρᾶτουν αὐτὸν τῆς 


τούτου ἐπιθυμίας ἄχρις ἂν τὸ σημεῖον τὸ" ἐπὶ τῆς χεφαλῆς αὐτοῦ 


SEE χαὶ τὴν τῶν ζητουμένων (f. 223 r.) μυστηρίων παρά- 
͵ [ \ μ ἪΡ ρ 


O2 
Oo 
a 
= 
ἘΞ 
Θ᾽ 
D 
O> 


vos χαὶ ἀληθῶς ποιήσηται. 

Ὁ] ho TOY οὖν χαὶ τὸ ΠΩΣ ον ἐπεδείχνυτο χαὶ τῶν μυστηρίων ἣ 
το, ἀρξαμένου αἱ τοῦ πρότερον λέγειν παραγγελίας 
χαὶ ὄρχους πρὸς ἐμὲ οὕτως. ‘Op οχίζω σε χ.τιλ. La suite comme 
dans À (voir ci-dessus la première rédaction, ὃ), puis : Ὁρχίζω 


- τὸ " Β 7 Ν 
σε εἰς Ἑρμῆν xat ᾿Δνουόιν χαὶ εἰς ὕλαγμα τοῦ χερχουροδόρου ὃρά- 


= ΞΡ γ᾽ 2 ἘΞ À, Ν 
χοντος χαὶ χυνὸς τριχεφάλου τοῦ Kep6éoou τοῦ φύλαχος τοῦ ἽΛδου. 
«ε , "» s 
Ορχίζω σε εἰς τὸν πορθμέα ἐχεῖνον, καὶ CO ᾿Λχέροντα ναυτίλον. 
Ὁρχίζω σε χ.τ.λ. (La suite comme dans À, 1" réd.) 


Γ [2 , Η s Ν 
Ὁ] Τούτοις πᾶσί pe ἐφορχίσας παραγγέλλειν ἐπεχείρησε μιηδενὶ 
N O7 » \ ! 

20 μετασιδόναι εἰ μιὴ μόνον τέχνῳ χαὶ φίλῳ γνησίῳ. 


πέχνον, ἄπελθε πρός τινα γεωργὸν, Fa ἐρώτησον αὐτὸν τί μέν ἐστι 

\ , N » 5 » - =; 

πὸ ἀν ον, mi δέ ἐστι τὸ θεριζόμενον, χαὶ μαθήσῃ ἀπ᾿ αὐτοῦ 
͵ 

ἴτον σῖτον χαὶ θερίζει, χαὶ ὃ σπείρων χριθὴν χριθὴν 


M1 17 τς γ N « ; 
7] Καὶ ταῦτα, ὦ τέχνον, διὰ προοιμίου ἀκηχοώς χ.τ.λ. (comme 


e r o . 5 Ana 4 x , 
dans À, 1" réd., ? 7, jusqu’à χύνα) * ἢ γὰρ φύσις τὴν φύσιν τέρπει, 
χαὶ ἣ φύσις τὴν φύσιν νιχᾷ. 

4 1 


Q τὸ 3 ον δ᾽ Ξ Ξ FE +6 re 
8] Δεῖ οὖν ἐξ ἄμμων χαὶ οὐχ ἐξ ἄλλων οὐσιῶν χατασχευάζειν 


C4 © S "» “ ε λ Pers Ed Vs 
ἣν ὕλην. Qc γὰρ προεῖπον OT ὁ σιτος τὸν σῖτον γέννα χαι ὁ 


f. 1. αὑτοῦ hic et infra. ---- 2. ἐν ταῖς μου E.— 8. μέχρις ἂν E. — 15. "Ayvout 


l 1. 
spot αὐτοῦ Ε΄. -- 5, L. - ‘17. F. 1. χαὶ ἀχερόντιον ναυτίλον. 


»- 
-Ὁ 


10 


15 


-deL.—12.Après20dvoy] ἔπειτα δὲ χαὶ πιστὸν 


L'ASSEMBLÉE DES PHILOSOPHES 35 


ἀνθρωπος τὸν ἄνθρωπον, οὕτω χαὶ ὃ χρυσὸς τὸν χρυσόν. Καὶ ἰδο' 
σοι πᾶν τὸ μυστήριον. 

9] Λαδὼν οὖν ὑδράργυρον, πῆξον αὐτὴν ἢ διὰ ὀωλίου, ἢ διὰ 
σώματος μαγνησίας, À διὰ θείου, χαὶ ἔχε * τοῦτό ἐστι τὸ χλιαρο- 
παγὲς χατὰ τὰς μίξεις πῶν εἰδῶν ᾿ τοῦ μολι GÈou χλιαροπαγοῦς 
μέρος ἕν, χ.τ.λ. (La suite comme dans À, 1" réd., αὶ 9-fin, sauf 


les variantes indiquées.) 


Ι. χιν. — ΠΟΙΟΝ EINAI XPH ΤΟΙ͂Σ HOESI TON 
METIONTA ΤῊΝ ΒΠΙΣΤΗΝΗΝ. 


Transcrit sur. M, f. 128 τ. — Collationné sur À, f. 109 v.; — sur E, f. 30 ν.; — 
sur Lb (copie'de ΕἾ, page 127. — (Chap. 26 dans E, 28 dans Lb, dela compilation 
du Philosophe chrétien.) 


Χρεὼν εἶναι τὸν μετιόντα τὴν ἐπιστήμην πρῶτον μὲν φιλόθεον 

χαὶ φιλάνθρωπον, σ ne ἀφιλάργυρον, Ψεῦδος ἀποστρεφόμενον, 
Ν 75 s Β [ - 

χαὶ πάντα δόλον, καὶ καχουργίαν, καὶ φθόνον, εἶναι δὲ ἀλη- (f. 128 v..) 


χ 
-- FAN - G : .Ν , 
θῇ καὶ πιστὸν παῖόα τῆς ἁγίας καὶ HN Ἐπὶ συναϊοίοῦ ἜΠΗ 
α 


͵ Ν, \ 5 / Ξ NE 
χτήσασθα!ι σπουοᾶσας, EXUTOY πατήσει, τοῖς ᾿νε ΤΕ ἘΞ Do 


χαὶ ὀλαδήσεται μᾶλλον. 


I. χυ, — ΠΕΡῚ ΣΥΝΑΒΕΩΣ ΤΩΝ ΦΙΛΟΣΟΦΩ͂Ν. 


Transcrit sur À, f. 233 τ΄ — Toutes les variantes indiquées dans les notes sont 
remplacées dans le texte par des corrections conjecturales. 


9 ’ - ΄ 2 = 72 πὰ , 
1] ΤΠΙρὸς ἀλλήλους οἱ φιλόσοφοι ἀπέστειλαν € ζνεχαν ποῦ γενέοσ- 


Ἷ l 
θαι μίαν συναγωγὴν, ἐπειδὴ στάσις χαὶ ταραχὴ πολλὴ περιέπεσεν 
μ. γὴν, ἕπειοὴ TAG L χὴ T 1 T περιέπεσε 
3. L mg. - Democritus, pag. 1 {109 Lb.— 14. ὁ δὲ μὴ E Lb. — χτισάμενος et 
main). — 4. χριαροπαγὲς L.— 5. χατὰ et χτήσασθα! M.—15. σπουδάσοιεν Μ΄. --- ἀπατή- 
τὰς ajoutés en surcharge par le copiste | σοι ΝΜ. ---ἐπιπηδῶν ἐπιχειρῶν AE Lb.—18. 


E φνεχα] ἢ A. — 19. στάσις] ἔστησις A. 


10 


20 


36 INDICATIONS GÉNÉRALES 


αὐτοὺς, περὶ τὴς πλάνης τῆς πεσούσης εἰς τὸν χόσμον, περὶ φύσεων 

" ἃ ᾿ cé -- Ἂν δι "δ À LE 

20 σωμάτων, χαὶ πνευμάτων, ὥς τι ἄρα ἔχ πολλῶν εἰδῶν, ἢ ἐξ ἑνὸς 
εἴδους τελειοῦται τὸ μυστήριον. 

2] Ὃ δὲ φιλόσοφος γνωστὰ τὰ αὐτοῖς ὄντα, τρανῶς ἀποχρινό- 


, CE “ 5, 2 LA . -- Γ 
μενος πρὸς αὐτοὺς λέγει * ἐὰν wh ἔστω (?) x τοῦ γένους ἡμῶν τοῦ 
μενος Ξ 
ν » -- . -- \ LU 
ἐξ ἐνὸς εἴδους. μέμφεσθαι τῶν ὀιόλίων ἡμῶν χαὶ χατηράσασθαι 

\ _ ! - - a ΤῊΣ 
ἡμᾶς © περὶ ποῦ ζητουμένου χρυσοῦ τῆς χα ταῤαφῆς, χαθώς μοι 
ἐδηλώθη ὑπὸ τῶν τεχνιτευόντων. Εἴ τις πίπτει εἰς ταῦτα τὰ μαθη- 


“ἃ - ΟΞ “Ὁ , = ul AU , - 
ματα, πῶν ἐχ πολλῶν εἰδῶν, εἰς ταῦτα πλανᾶται “ ἄλλος γάρ ἐστιν 
ι 


΄ Ἂς , , "4 - \ 2 e DA 
ὃ ζητούμενος σχοπός ᾿ μία χάμινός ἐστιν, χαὶ μία OS, καὶ ἕν ἔργον. 
. 7 3 D …TIT - ν᾽ IN ’ , ε \ 
9] Καὶ οὐδὲν ἐξάξει εἰς € 


; ὶ abs 
τὸ ἔδωχεν διὰ τοὺς πτωχοὺς χαὶ τοὺς ἀπελπισμένους. 


4] Kai λένει ὃ φιλόσοφος οὕτως. Fes ἐχ τῶν σαρχῶν τὸν χρόχον 


ἰχρείττων γᾶρ ἐστιν τῶν τάριχ εὐτιχῶν,, χαὶ λαδὼν τὸν λίθον, χαὶ θὲς εἰς 
Ξ 


πῦο ᾿ εὐθέως θὲς εἰς τὸ ὕδωρ, χαὶ πάλιν ῥάλλε τὸν αὐτὸν λίθον, χαὶ τῶν 


σαρχῶν τῶν THOL ιχευτιχῶν χαὶ εἰς χάμινον ὑελουργικὴν i ἰσχυράν "χαὶ 


ἢ 
\ \ 


λάμθανε τὸ ἔ- ([. 233 v.) λαιον τὸ ἐπάνω τοῦ λίθου, χαὶ ὃ λίθος μένει 


΄ À A Ne: ΘᾺ LA ϑι ως ἃ ΤΩ ΣΝ τὸ 
χρύσταλλος * χαὶ λαθὼν τὸ αὐτὸ DCE, αὐτὸ ἔστιν τὸ 


ος τῶν φιλοσόφων. 
$ SL 


I. χυι. — ΠΕΗ͂ΡΙ ΠΟΙΉΣΕΟΣ ASHMOY. 


Transcrit sur M, f. τοῦ τ. — Collationné sur B, f. 159 v.; — sur À, f. 146 τ΄; — 
sur K, f. 32 v.— La rédaction de M, lorsqu'elle diffère de celle de ΒΑΚ, a été con- 
signéé en marge de K, d'une écriture élégante, contemporaine de celle du texte, 
ici et dans plusieurs autres morceaux. 


1] Περὶ ποήσεως ἀσήμου. — ΟΔεῖ λαῤεῖν μόλυόδον χυτὸν ἐχ 


1. αὐτοὺς] ἑαυτοὺς A. --- 92, ἄρα Α. — χϑυτιχὸν. — 20. Cp. ci-après Démocrite, 
4. ξαυτοῖς Α. — τρανὸς À. — ἀποχρινο- Physica et mystica (11. τ, 20). — ἀσή- 
μένων A.— 5. λέγων A.—10. ἔργος AR μου] Le signe, ici et dans tout le mor- 
11. ἐξάζει Α. — 12. τὸ] K. 1. τοῦτο. — 13. ceau, est celui de l’argent. D’après le 
Le ms. ponctue : Kai À. 6 φιλόσοφος. titre, Où ἀσήμου est en toutes lettres, il 
οὕτως λαθὼν... — τῶν χρόχων À. — 14. signifie ἄσημον (ou ἄσημος). --- Voir Nota- 


χαὶ θὲς] Ε΄, 1. χάταθες. — 16. Ε΄. 1. τὸ ταρι- tions alchimiques, pl. VIT, 1.10. (M. B.). 


10 


FABRICATION 


΄ 


τῶν ἀμιμοπλύτων ἰεστιν γὰρ ὃ 


χωνεῦσαι αὐτὸν πολλάκις, ἕως ἂν 


αλεῖν αὐτὸν τὸν ἄσημον, ἐὰν 


τὴν 


: 
Y χώνην ὕελον χλεοπατρινὸν, 


μόλυδδος πολὺν 


LA 
πυρούτω, χαὶ 


ΐ μὴ 


αλτον 


ἕως ὡς γένηται ἄση 


“υτ ἿΞ 


nes 


I. xvir. 


Transcrit sur M, f. 
(Ξ Ai)— sur Δ, f. 


1] Ilegi ποιήσεως χινναδάρεως. 
᾽ LA \ e À ’ ci 
ἀπύρου λίτραν α, χαὶ ὑδραργύρου À 
τ ? {vec ταὶ lt 
> Gr , Ἐν SN 
εἰς τὴν θυείαν ἡμέραν μίαν ᾿ χαὶ 


1. χυτὸς et, 1. précéd., yurov] « Le 
signe, ici et dans tout le morceau, 
est celui de l’eau. — ὕδωρ μολύδδου figure 
dans les signes (Not. alch., pl. V, 1. 
15) à côté de χρόχος αὐτόρρυτος. » (M. B.) 
Cp. Μόλυδδος θαλάσσης (en toutes lettres) 
σχληρός ἐστι ῥυπαρός. (ms. B, f. 177 r., 
ligne 7.) (C. E. R.). — 
τὸν, signe de l’argent, puis ξηρίον ΒΑΚ. 
— 4. ὕαλον ΒΑΚ, ici et presque dans 


τὸν ἄσημον] 


DU CINABRE 


x 
-/UTOC 
“τος 


δούλη. χαθα 


Fr LA 
οὗ χωνεύσεις, 


FABRICATION 


106 τ. — Collationné sur, B, f. 160 r. — sur À, f. 146 v. 
551 το — 


μόλυς 


sa ται 


πυχνότατος), 
αρίσα 
χαθαρόν. 


χώνη αὐτοῦ 


\ , 
ὧν χασσίτερον, χώνευσον χαὶ 


σῶπον αὐτοῦ εἰς 


; / 
τὴν ZOVNY 
22 " \ , \ 

ἅλας αὐτὸ χένωσον χοινὸν, 


\ L4 
χαὶ γένηται σχλη- 


μολύ 6èou χαθαροῦ 
ἐχέάλλει 


ἀσήμου 


΄ . 
γινωσχειν ὅτι ο 


= Ν 
μολύῤξοου, 


σοὺ [ 


DU CINABRE. 


A2). 


χαὶ οα 


πρίψας ἀμφότει 


εἰς 6 Bixov ὑέλινον % 


tout le contenu de ces mss. D. 
αὐτοῦ] Β΄. 1. αὐτὴ. — 6. πυροῦται ΒΑΚ. 
— 17 χα] F. 1. ὥς, pour £us. (Sigles 
presque semblables pour zx et pour 
ὡς dans les mss. du XIIe siècle). — 13. 
᾿Απὸ χοινοῦ ok. — γέγραπται) Réd. de 
ΒΑΚ : λαδὼν χοινὸν μόλυδδον χαθαρὸν αὐτὸν 
ὡς ἐν τῇ ἀνωτέρω στήλῃ γέγραπται. --- 18. 
θυΐαν mss. partout. --- 20, ἡμέραν] 
ἡμέραν ΒΑΚ, f. mel. 


10 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


38 


πυριμάχου πηλοχαρθώνου ἔχον 


χαὶ φιμώσας τὸ στόμα αὐτοῦ μετὰ 
! 


σὸ (f. 106 v.) πάχος δαχτύλους γ΄, ἔμόαλε αὐτὰ εἰς αὐτόματον πῦρ 
G' ἢ θ΄. Καὶ εἶθ᾽ οὕτως ἐχόαλὼν, εὑρ 


nl Ye 
ρήσεις αὐτὰ 6wAo- 


ἢ Ὁ D Α , = \ NES 

ποιηθέντα σιδηροειδῇ Τοῦτο λείωσον εἰς χρυσὸν μετὰ ὕδατος πολ- 
“) Η͂ 7, x 

λάχ ὅσον γὰρ λειώσεις αὐτὰ, τοσοῦτον ξανθὰ γίνονται. Τὸ γὰρ 

θεῖον ἄπυρον τὰ φευχτὰ ἀφευχτα ποιεῖ. 


— Δεῖ 


L νιτρελαίου γίνεται, 


4 , 
χινναθᾶοεως. 


ἶ γινώσχειν 


4 . , 
ὅτι ἣ ἀνάχαμψις τῇ 
χαὶ οὕτως χωνεύεται μετὰ πυρᾶς 
λεπτῆς, ὡς ἐπινοεῖς. 

γινώσχειν ὅτι 
Ἀσίας, ὃι 


9] “Ἄλλως περὶ gd — Δεῖ ὅτι ἣ μαγνησία 


ἧς ὃ ΝΑ τὰς βαφὰς 


© x LAN ’ 
ἱνοιχὸς σίδηρος γίνεται, χαὶ τὰ θαυμάσια ξίφη. 


Après ξίφη, B continue avec un morceau intitulé χαταδαφὴ λίθου f. 160 ν.; ΑἹ et K, 


comme M, avec le morceau qui suit; ἈΞ. avec le livre de Sophé.— III. xx). 


— ΜΩΣΕΩΣ ΔΙΠΛΩ͂ΣΙΣ. 


Transcrit sur M, f. 185 r.— Collationné sur K,f. οϑν. (Κ dérive ici, directement de M.) 


I. xvur. 


7 = S ἊΝ τῷ ΄ 5 : ΄ ’ x 
Χαλχοῦ χαλαϊνοῦ γ᾽ α΄, ἀρσενίχου, θείου à χαὶ 
r N 4 o ’ 


θείου ἀθίχτου |” α΄, . Λείωσον ῥαφανίνῳ ἐλαίῳ, 


» σ . 12 UE ΤᾺ 
1. φιμώσας] φ ἢ μοσαι ΒΑ; φημοσαι K. Corr. conj. — A? mg. : λέγ. τὸ ἀτζάλη 
(écriture du temps). — 14. χαλαΐνου 
sans accent M. — 15. Après y α΄, les 


mss. donnent un cercle coupé par deux 


— ἔχον τὸ π.] ἔχοντος πάγος BA. — 2, ὡσεὶ 
δαχτύλους ΒΑΚ, f. mel. ---- αὐτοματάρι y M. 
— Νέα. de ΒΑΚ: 


NS en , 
χαὶ ἐμθαλεῖν αὐτὸν εἰς αὖ- 


τόματον πῦρ ἐπὶ ὦ. — Réd. de M en mg. de 
K.— 3. za om. ΒΑΚ. — εὑρηθήσεται γὰρ 
αὐτὰ BAK.— 4. Τοῦτο λείωσον] τοῦτο, signe 
de λείωσον où τρίψον M; 
ΒΑΚ. — 5. ὅσον γὰρ tp! 
7. ἢ own — 10. 
δελ. ΑΞ. — 11. ταύτη ἐστὶν ἢ τῆς ᾿Ασίας] 
οἴα ἢ τ. "Ac. BAK;-f"mel.; 
αὕτη Ἐ. ἢ τ ἸΑῸΣ AL "19; 
ἐνδανιχὸς M; ἰνδανὸς ΒΑΚ; 


παδέ τ Θε  ῊῈ 
TOUTO ὁε'! τρια: 
ΒΑΚ. -- 


μαγνησία 


χάμψις A2. 


ἘΣ ΟΣ 
τοιαύτη ἐ. 
ἰνδιχὸς] 
ἰνδανιχὸς ΑΞ. 


lignes parallèles ascendantes, signe qui 
ne figure pas dans les tableaux de sé- 
méiographie chimique. C’est probable- 
ment un signe fautif. (C. Ε. R.). A 
moins qu'on ne traduise ce signe par 
σηπτῆς « décomposée ». La sandaraque* 
décomposée figure dans plusieursrecet- 
tes, et le signe de σῆψον est presque le 
même. (M. B.). 


10 


LABYRINTHE DE SALOMON 


,,» ἃ ΄ ’ LU ἝἜ ΝΜ 2] A , n A = A 
μολύδδῳ ἡμέρας y ἐμόαλλε εἰς ἀχμάδιον, χαὶ θὲς ἐπὶ χαρθώ- 
νων ἔως ἐχθειωθῇ, καὶ χατάσπα, χαὶ εὑρήσεις * χαλχὸν τοῦτο 

Ὶ ( 
΄ A ΤᾺ ! ! ’ 1 4 4 \ 
μέρος ἕν, χρυσοῦ μέρη Ὑ χώνευσον ὀξύνων τὴν γώνην, χαὶ 


΄ ᾿ @ 


χρυσὸν σὺν Θεῷ. 


Ι. χιχ. — EYTENIOY (ΛΙΠΛΩΣΙΣΔ). 
Placé à la suite du morceau précédent, dans M et dans K. 


, 


T r 
Χαλχοῦ χεχαυμένου μέρη τρία " χρυσοῦ μέρος α΄. Χώνευσον 


De Se AE AN eme Dans ΠΣ 

χαι επιοαλε οσένιχον χασον AOL εὑρῆσεις ουπτον. LT 
ὶ ᾽ (vo Es Î 

ἊΝ LA 2/4 . »» “1! " ᾿ " » 

λείωσον ὄξει ἡμέρας ζ΄ ἐν ἡλίῳ εἶτα ξηράνας, χώνευσον ἄργυ- 


\ , ς 4 \ 
poy * χαὶ γελάσαν τι (ἢ τοῦ συνθέματος, χαὶ 
εὑρήσεις τὸν ἄργυρον ὡς ἤλεκτρον. Τοῦτο ἴσῳ σύμμιξον χρυσὸν 

rat. LE AO ὶ ῃ ÉESE οἷ ᾽ 


See ὩΣ 
Céputov χαλόν. 


Ι. xx. — AAB)PINOOË 


Transcrit sur M, f. 


HNIIEP ΣΟΛΟΜῺΝ ETEKTHNATO. 


102 v. (main du XI Ve ou XVe siècle). 


* 20 Β 2 #1 
Eï ziva λαδύρινθον ἀχούεις, ξένε, 


“ νι \ ν ΗΞ A 
ἥνπερ LoÂouw@y ἐχ νοὸς ἐχτυπώσας 
i ἢ i > 3 
{ῃ “- À , ῃέ 
Λιῦοις ἐτεχτόνησε τορνοσυνῦξέτοις, 

΄ 0£ <, ΧΡ Ὸ \ roi 
toutou θεσιν σγῆυα τε χαὶ ποιχιλίαν 

Gi 
à Û N = : D \ ΓΑ 

γραμμαῖς ἀμυοραῖς εἰχονίςζων πρὸς λόγον, 
τὰ ον . 5 D “ὦ “Ὁ , 
ὁρῶν TO Λοῖπον τὰς ελίζεις μυρίας 
D 5 Ἢ Ces 
LU ( 1e \ , Q 7 
ἐσωῦεν ἕξω, σφαιριχοὺς GYAOPOUOUS, 


» Ξοῦ », = πὸ . , 
ἐχεῖθεν ἔνθεν χυχλιχῶς ἐστραμμένους, 


1. ἀχμάδιον] Des MK. Corr. conj. (C. 
E. R.). ᾿Αχμάδιον, vase conique pour le 
grillage, décrit ensuite. (M. B.). — 8, 
ἐν τῷ ἡλίῳ K. — 9. γελάσαν τι] F. 1. γραΐ- 


σαν τι (une partie écumeuse). On con- 
naît axoypalfs, écumer, qui suppose 
γραΐζω. — 11. εὔρυζον mss. Corr. conj. 


ir 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


40 


χυχλ 


θανε 


μὰν 


À 


ῦ βίου 


τον τοὺ 


ων, 
σμάπων 


λων, 


σ 
ι 
1 


θέ 
΄ 
LE 


ι 
L 


ἢ 


' 
ἵν 
τ 


, 


ὃ σχηνεργα 


χυλ 


- 


ιχῶν 
ou 
ι ι 


σόντριυυνο: 


Ν 
Le) 


κ 
- 


' 
\ 
κι 


τῶν 
χ 
ἀγχ, 


- 


LA 
νος συνθέ 


α 
ξν 
Lic 
7 
λγὼν σ 


ἴσχ 
ἰὴ 


0 


ωθ 


LA 
De 
ES 
: 
YS 


ŒLVOY 
pe 


, 


χλικῶν σφαι 


= 
» 
αν 
«7 
0 


, 


ἊΣ 
νόον συνὰ 


ς 


10 


DEUXIÈME PARTIE 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


IL. τ. — AHMOKPITOY ŒYEIKA ΚΑΙ MYÈTIKA 


Transcrit sur M, f. 66 v. — Collationné sur B, f. 8 v. ; — sur C (copie de B), 
f. 7 V.; — sur À (copie de C?), f. 24 v.; — sur D {copie de C ἢ, f. τ: — sur S 
(copie de A ἢ), f. r.— Cp. Berthelot, origines de l’Alchimie, p. 350, où les$ret2 
ont été publiés avec traduction française et annotation critique. — Les variantes 
de CADS ne sont pas indiquées lorsqu'elles sont identiques avec celles de B. 


1 SA - , , , N e7 , δ , δ, 
] Βαλὼν εἰς λίτραν LLIAV πορφύρας διοδόλου λίτραν σχωρίας σιδὴ- 
= " Ν y! à ῃ 5 à πα “ - ΟΥ̓͂Σ > 1! 

pou εἰς oùpou ὁραχυὰς ς ,ἐπῖθες ἐπὶ πυρᾶς ὥστε λαθεῖν ὀρᾶάσματα 

nn -- ᾿ = D \ , A ΜᾺ 1 , . = , 

(f. 07 r.). Εἴτα λαδὼν ἀπὸ τοῦ πυρὸς τὸ ζέμα, βάλε εἰς λεχάνην, 
LENS ESS ee oil ets TON Te 
5 προῦαλωὼν τὴν πορφύυρᾶν, χα! ETLYEUS TO CEUX τῇ TOPQUPA, EU DEEYE= 

2 “ + SAN - , , VW ND: 
σθα! νυχθήμερον ἕν. Εἶτα λαδὼν βρύων θαλασσίων λίτρας ὃ, βάλε 

“Ὁ - + - , =: Ω / D 7 Υ ΝᾺ 72 ΕῚ 

ὕδωρ ὡς εἶναι ἐπάνω τῶν βρύων πετραδάχτυλον χαὶ ἔχε εως ἂν 

0x #, n = VAN ῃΖ αἱ \ CPE ἘΞ 5.51 
παχυνθῇῆ, ζαϊ οιυλισας, τὸ ὀιϑλισμα JEOLGVOV, χαὶ GUVUELS τὴν ἐρεᾶν, 
, 4 7 4 DA Q-£ VE ῃ 4 A “΄ \ æ ms 
χαταχεε. Χαυνότερα CE συντεθητω ὥστε φῦασαι τὸν ζωμὸν εως τοῦ 


Ν 
Ὥμεοα Οἱ 


10 πυθμένος, χαὶ ξασον vu 


Η = 2 \ x Se LA 
ο. Εἶτα λαῤὼν μετὰ ταῦτα, ξήρανον 


. πος x d y \ 3 / F SN 5: x 3. ΝᾺ “΄ x DL 

ἐν σχιδ “ τὸν δὲ ζωμὸν ἐγχέης. Εἶτα βαλὼν εἰς τὸν αὐτὸν ζωμὸν βρύων 
᾿ ur 

= NN r= κὰ UT ε ΄ \ 5 Ἃ , x 

λίτρας δύο, βάλε ἐν τῷ ζωμῷ ὕδωρ ὡς γενέσθαι τὴν ἀναλογίαν τὴν 
Ξ D © 

2. Βαλὼν] ἑλὼν D. — διοδολοῦ M. — con. — 11. ζωμὸν μὴ ἐγχέεις M; ζωμὸν 
3. δραχμὰς ζ΄] signe de ὄραχμάς et ζ΄ M; ἐχχέον B. F. 1. ζωμὸν pot ἐγχέης. — βαλὼν 
signe de à. et 6΄ À (probablement le εἰς τὸν αὐτὸν ζωμὸν] λαδὼν τὸν αὐτὸν ζωμὸν 


signe de ζ΄ de M ou d’un autre ms. du 
X-XIe siècie, écrit 3 et lu B par le co- 
piste de À ou de son original. — ὡς] 
ὥστε À, f. mel.— 9. χαυνοτέρα mss. Corr. 


A, f. mel. — βρύων] za! βαλὼν B. — 


12. βάλε] χαὶ βάλε Α. — ὡς] ὥστε B, f. 


mel. — τὴν πρώτην ἀναλογίαν Β, f. mel. 


[er] 


10 


15 


20 


42 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


€ el “ - Cu ε , al - LA 
πρώτην * χαὶ ἔχε ὡσαύτως ἕως ἂν παχυνθῇ. Εἶτα ὑλίσας βάλε τὴν ἐρέαν 


ς τὸ πρῶτον, χαὶ TOO γυχθήμερον ἕν. Εἶτα λαδὼν, ἀπόπλυνον εἰ 
ς ᾽ l (Ye 


1 
οὖρον χαὶ ξήρανον ἐν σχιᾷ. ἘΠ: α λαθὼν λαχχὰν, τρίόε, καὶ λαθὼν λαπάθου 


λίτρας τέσσαρας, ἔχζεσον μετὰ οὔρου, ὡς λυθῆναι τὸ λάπαθον ᾿ χαὶ ὑλίσας 


A \ 


“ | “ pa N r 
χαὶ EVE ἕως παγυνθ χαὶ διυλίσα 
Ÿ ς ζὈννὴ ς 


. 


5 Κ΄ 5 x 4 F 
ὯΝ ἐρξεᾶν. Εἶτα μετα ταῦτα πλῦνον οὔρῳ, 


A FAN 1" , 
τὸ ὥδωρ, αλλε Toy λα τ 
πὶ 
Le ï 


πάλιν τὸν it βάλε 


τα πάλιν ὕδατι “ χαὶ μετὰ ταῦτα ξηράνας éuolwc ἐν σχιᾶ, θυμία 


ι 
OR χατασχευὴν τῆς en cr Eire CRE NES 
2] LG ὁε τ 1" AATATIEUTV ts πορφυρᾶς τα εἰσεργομενα εἰσιν τᾶαόε. 
Le] 


“ὰ IN 
Φῦχος ὃ χαλοῦσι ψευδοχογχύλιον, χαὶ χόχχον χαὶ ἄνθος θαλάσσιον, 


, . N 
ἄγχουσαν λαδικίνην ἡ χρημνὸς, ἐρυθρόδανον τὸ ἰταλιχὸν, φυλλάνθιον τὸ 


- / 


N SON 5 
δυτικὸν, σκώληξ ὁ πορφύριος ἐκ τοῦ 


22 


D 
ÿ ἐρώου γενόμενος, 80 όδιον τὸ ἰταλιχόν. 


pe 


Ταῦτα τὰ ἄνθη προτετίμηται 


τὶ 


x , “» τ ΕἸ 
429. τῶν TPOYEV ξστέρων, χαί εἶσι DEUXTI. où 


G 


i 
τίμια. Ἔστι δὲ ὁ τῆς [Γαλατίας σχώ-([. 67 v.) ληξ, καὶ τι τῆς ᾿Αχαΐας 
ἄνθος ὃ χαλοῦσιν λαχχὰν, καὶ τὸ τῆς À 


χαὶ τὸ χογχύλιον xai τὸ΄ χοχλιοχογχύλιον τὸ λιόυχόν “ χαὶ ὃ 


9 
à 


» ΄ , a - , Ἂ Ν . 2 
αἰγύπτιος χόγχος js παραλίου, ὃς χαλεῖται πίννα  χαὶ ἣ ἴσα- 


τις ὀοτάνη ᾿ χαὶ τὸ τῆς ἀνωτέρας, χαὶ τὸ τῆς Συρίας ὃ χαλοῦσιι 
τις τοι καὶ TO T (νωτέραᾶας., χα! τῆς AUQIAS ο AAA ν 


> 
χόγγον "ταῦτά ἐστιν ζοῦτεΣ ἀχίνητ οὔτε τιμητὰ πὰρ À 
γχο ταῦτα ἔστιν (οὔτε ἀχίνητα, τε τιμητὰ T ἣ 


f μῖν, 


ϊ 


. ΕΞ > x 1 ΙΝ \ 
3] Ταῦτα οὖν παρὰ τοῦ προειρημένου διδασχάλου μεμαβη Ἰχὼς, χαὶ 
ε: 2 


a x “- \ LA se 
τῆς ὕλης τὴν διαφορὰν ἐγνωκὼς, ἠσχούμην ὅπως ἁρμόσω τὰς 
LA 


φύσεις * εἰ γὰρ nai τέθνηχεν ἡμῶν ὃ διδάσχαλος, μηδέπω ἡμῶν 
φύσεις εἰ HO HAL τεύνηλεν ἡμιῶ ὃ διόασχ ος, μηοξπ 1! 

“- = ᾽ # 
τελειωθέντων, ἀλλ᾿ ἔτι περὶ τὴν ἐπίγνωσιν τῆς ὕλης ἀπασχολουμένων, 


2. ποιήσῃ] ποιησάτω Β. --- 3. εἶτα] ἔπειτα bablement pour ζώου (M. B.) — 13. 
B.— 6. εἶτα πάλιν] μετὰ ταῦτα B. — 7. χαὶ προτετίμηνται B. --- 20. ἰσάτιδος Β. --- 25. 


μετὰ ταῦτ 
Β. — 9. τὰ ἀπερχόμενα Μ. --- FT de 26. παρεχάλεσε B. 
B.—11. λαδιχὴν M. — 12. ἐρώου est pro- | 


ira B.— 8. ἐναποδεδρεγμένοις ὡς δὲ] χαὶ ὡς Β. — τοῦτο] F. 1. τοῦτον. — 


ot 


10 


20 


DÉMOCRITE. — PHYSICA ET MYSTICA 43 


δ ( , Με 4 La 5 
ἠρώτων ὅπως ἁρμόσω τὰς φύσεις, ἔφησέ μοι ὃ δύσχολον λέγειν, οὐκ 
“- , - = FX QEr7 ΕἾ ΄ δι 5 = £ 
ἐπιτρέποντος αὐτῷ τοῦ δαίμονος * μόνον δὲ εἶπεν αἱ βίόλοι ἐν 

AE = . » : \ F, : 
τῷ ἱερῷ εἰσιν.» ᾿Αναστρέψας εἰς τὸ ἱερὸν ἐγενόμην ἀπ να εἴπερ 
ù 3 4 ᾿ς Ἴ Ε τῆς 2 
Ouvnbeiny εὐπορῆσαι τῶν βιδλίων οὔτε γὰρ περιὼν τῷ βιόλίῳ 

-- . r ἐς DENT D & - e 
τοῦτο εἰρήκει * ἀδιάθετος γὰρ ὧν ἐτελεύτα, ὡς μέν τινές φᾶσιν 


O2 
οι.“ ὦ 


dr: “αἴ - 4 SENS y - NA ES 4] .“.,.,σ y σ᾿ πῆι np * ΄- 
on 17e: χρησάμενος οι ἀπα ΧΥῊΝ νυ γχῶῇῆς εχ τὸ σωματος ως 


, (A ΄ - “- “A ῃ A (EX » \ , 
LILE ονο ι εσῦαι τὰς 0 UT TOW— 
ἀσφαλισάμενος μόνον τῷ υἱῷ φανήσεσθαι τὰς βίόλους, εἰ τὴν πρώ 
πος τ Ε D SN € 
τὴν ὑπερδῇ ἡλικίαν * τούτων δὲ οὐδεὶς οὐδὲν ἡμῶν ἠπίστατο. Ὡς 
͵ 


x 1 > el 5 \ 4 » 
οὖν ἐρευνήσαντες εὕρομεν οὐδὲν, δεινὸν ὑπέστημεν χάματον ἔσ 


a 
8 
-ς 


= ET ΄ > + « NI 
συνουσιωθῶσι χαὶ συνεισχριθῶσιν αἱ οὐσίαι χαὶ αἱ φύσεις. Ὡς δὲ 
LA V2 , 


ἐτελειώσαμεν τὰς συνθέσεις τῆς ὕλης, χρόνου τινὸς ἐνστάντος χαὶ 


᾿ ER : ᾿ 
πανηγύρεως οὔ-[[. 68 r.) σης ἐν τῷ ἱερῷ, πάντες ἡ 


ε > : 0 > 2 = ἫΖ au μοὶ οι, 

GG οὖν Ὥμιεν EVE 1 VAUW ες αἱ τομα τοὺ σ τ ΛῊ πις \ D χιὼν Ἣν, ἢ 
Ν ΄ a . = : = CAN > DA 4 ‘O Dal " \ » 
01200 f 2 YVUT a, Ἣν ἡμεῖς ξεῶώρωμεν EVOOY OUOEY εγουσᾶν. ( OE OÙT ἂν 


τις ἔφασχεν, ἐν αὐτῇ τὰς πατρώας τεθησαυρίσθαι βίόδλους, χαὶ 
τις ἐφᾶσχεν, € un τὰς TATO τευ σὺ λους, L 
, > ΄ 4 Ἢ ἘΞ , 
προχομίσας εἰς μέσον ἤγαγεν. γχύψαντες δὲ ἐθαυμάζομεν ὅτι 
unbëv, ἦμεν παροαλείψαντες, πλὴν τοῦτον τὸν λόγον εὕρομεν ἐχεῖ 
UNVEV, μι παραλεινᾶντες, TAN t C ἢ ξευρομιε € 
H oÿoic τῇ oÙoer τέοπεται. χαὶ ἣ φύσις τὴν οὖσιν x. χαὶ 
DUT νὴ D0TE, TEOTETAL, XAL ἢ DUGIS TV φυσιν γιχα, XL 


- ᾿ “πα σεῖ ἜΠ ATOUUEY TA £ 5 ty À< ΄ 
Ἢ φ' σις τὴν ue LOUTEL. AUUITŒUEY TXVU OTL ἐν οΛιγῷ 240) 


_ - , 4 Qi _ 
ον τῷ τῆς μαγνησιᾶς σωματι ἢ τᾷ 


1. τὸ πῶς M. — δύσχολον ἔχω λέγειν B. | 15. Après διαρρήγνυται] Rédaction de B: 
— 4. τῷ βιδλίῳ add. A; τῷ βίῳ B.— 5. καὶ ἐγχύψ. ἔνδον, ὁρῶμεν ἐν αὐτῇ τὰς πατρ. 
τοῦτο] ταῦτα Β. --- 8. μόνον] μόνῳ Β. -- FIX, χαὶ προχομίσαντες ἐ- μ. ἐθαυμαζ. ὅτ. 
φωνήσασθα: C À, lecture fautive de B, μηδ ἐν παραλείψαντες χ. τ. À. — 90, φύσις] 
où le second « ressemble en effet à un φῦσις M, ici et presque Re —193. 
ω. — 9. οὐδεὶς, οὐδόλως ἐξ ἡμῶν ἦπ. B. — περιεργασίας Α. --- οὐ om. B. — 25. En 


14. στήλη τις ἦν κίων: Β. F. 1... χιόγιον. --- marge des mss., le signe de χρυσοποιΐα. 


10 1 


τῷ 
σι 


44 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


πιτάνῳ ὀπτῷ ἢ στυπτηρία τῇο ἀπὸ Μήλου, ἢ ἀρσενίχῳ, ἢ ὡς 
᾿ (5 TE ΤΣ PP." τὴ \ τὰ τ κα , 
ἐπινοεῖς. Καὶ ἐπίδαλλε λευκὴν γαίαν χαλχῷ, καὶ ἕξεις χαλχὸν ἀσχίασ- 
Æ] \ NI : / \ ε \ τῷ \ 
πον. Ξανθὴν δὲ ἐπίδαλλε σελήνην, χαὶ ἕξεις χρυσὸν γρυσῷ, χαὶ 


: À = Fe \ ΝΡ ” à 
ἔσται χρυσοχόραλλος σωματωθεῖσα. Τὸ δ᾽ αὐτὸ ποιεῖ χαὶ ἀρσένιχον 


Fe \ ox » ΄ en ὙΌΣ ἢ ΝΞ . 
φεῖσα. Τὸν δὲ γαλχὸν ἀσχίαστον μόνη ἣ ὑδράργυρος ποιεῖ. TI ζγὰρ» 


΄ LAN » - - 
χαὶ σχόρπισον μολύδδῳ (οὐχ ἁπλῶς λέγω, 


“ \ s τς ᾿ x HT D δὶ = = a x 
ἵνα μὴ πλανηθῆς, ἀλλὰ τῷ ἀπὸ χοπτιχοῦ), καὶ λιθαργύρου μέλανι τᾷ 
͵ 


τ ME à re Ρ + 
ἡμῶν, ἢ ὡς ἐπινοεῖς * xai ὄπτησον, χαὶ ἐπίδαλλε ὕλη ξανθὸν γενό- 
͵ 

μενον, χαὶ βάψη ᾿ ἣ γὰρ φύσις τῇ φύσει τέρπεται 
μένον, χαι ὰ n 1 YXP 9 3 un φ ει περπέται. 

à . / “ > ΄ , À 

6] Πυρίτην -oixovéuer ἕως οὗ γένηται ἄχαυστος ἀποδαλὼν τὴν 
= , Ξ ᾿ ΄ NA T1 \ , “ 
([. 68 v.) μελανίαν “ οἰχονόμει δὲ ὀξάλμη, ἢ οὔρῳ ἀφθόρῳ, ἢ 


: 
βθαλάσση. ἣ ὀξυμέλιτι, ἢ ὡς ἐπινοεῖς, ἕως οὗ γένηται ὡς Ψψῆνμα Ὑ 
(σσῃ,; ἣ 06 τι ς ἐπινοεῖς, ἕως γένηται ὡς ψῆγμα y 


Ko) 
(= 
1 


= 9 7 ΟΝ / / + Æ τὰ 
GOÙ XXAUCTOY. Καὶ εᾶαᾶν γένηζαι, TPITULSOV UT θεῖον απ ρον ἢ 


Ἐπ ΛΟ QUI vOv, ἢ ᾧὥγροαν ἀττιχὴν. ἢ - ἐπινοεῖς. 1 

στυπτηριαν CAVUNV, ἢ ὠχρᾶν ἀττιχὴν, Ἢ ὡς ἐπινοεῖς. 
ΤᾺ Ξ . 

200707 0 ALOV Ἢ 


/ D à \ \ \ = D à \ 
GOYUOW OLA TOY 72270, χαι 7.295 OLX TOY 


S 


γὰρ φύσις τὴν φύσιν χρατεῖ. 
7 4 \ = NES = , x ; / ε 
/ O χλαυόιᾶνθν λαῦων, TOLEL μάρμαρον HAL OLXOVOLEL ὡς 


“ + / ra > 5 - ἢ 
ἔθος, ἕως ξανθὸν γένηται. Ξάνθωσον οὖν οὐ τὸν λίθον λέγω, 


x ς 7 Ἂ Ἑ ΄ NS 
ἀλλὰ τὸ τοῦ λίθου γρήσιμον ξανθώσεις δὲ ετὰ στυπτηρίας 
Ψ Î ϊ = 


O1 


5. , , , “ N “" U € 
ἐχσηπτωθείσης θείῳ, À ἀρσενίχῳ, 1 σανδαράχη, ἣ τιτάνῳ, ἣ ὡς 
D) 


. A va 5 à . ss ; 4 = / 
ἐπινοεῖς. Καὶ ἐὰν ἐπιοαλλης ἀργύρῳ, ποιεῖς χρυσὸν 
! ê 


s + δι - 
ἐὰν δὲ χρυσῷ, 


ποιεῖς χρυσοχογχύλιον ἣ γὰρ φύσις τὴν φύσιν νιχῶσα χρατεῖ. 

2. ἐπίδαλε B partout. --- 3. A : signe 11. λιθαργύρω M. — 13. ὀάψει mss. Corr. 
de la lune pour l'argent; B : signe de con). — 14. Avant πυρίτην] ἐνταῦθα νόε! 
la lune avec une adjonction qui semble add. B (note marginale insérée dans le 
indiquer l’électrum (chrysélectrum).(M. texte). — M mg. ωδ yo (ὧδε νόει). — 16. 
B.). — 9. διανιθεως (sic) M ; διὰ νυ B. Après ἐπινοεῖς] χαὶ ὄπτησον add. B. — 21. 
« νύθου, grise ; épithète de la litharge » MBA mg. : περὶ ξανθῆς χρυσοποιίας (1re 


(M. B.). — 10. Après ἢ] ἐν add. B. — main). — 24. ἐξιπωθείσης M. — τετάνω M. 


σι 


10 


15 


20 


DÉMOCRITE. 


—— PHYSICA ET MYSTICA 49 


ἀξ = x , NITE n » = 7 

8] Τὴν χινν ἀδαριν λευχὴν ποίει ὃι ᾿ἐλαίου, ἢ ὄξους, ἣ μέλιτος, 
M ra D eme an le NS nee Ὁ ete 
ἢ ἅλμης, ἣ στυπτηρίας, εἶτα ξανθὴν où μίσυος, ἣ σώρεως, À 

= , si 5 ΄ “ ε - _ 7 : D Ἃ , ΄ 
χαλχάνθου, À θείῳ ἀπύρῳ, à ὡς ἐπινοεῖς. Καὶ ἐπίόαλλε ἀργύρῳ, 

A A LA 1 A 21 αν = τ y" 5 
χαὶ χρυσὸς ἔσται, ἐὰν χρυσὸν χαταδάπτη ᾿ ἐὰν χαλχὸν, ἥλεχτρον 


χικίνῳ, À ῥαφανίνῳ ἢ ὠῶν 


χρυσῷ" 


x »” n \ A 
χρυσὸς γὰρ ἔσται OLX στὸν χϑόσον χαὶ 


«ἱ 
τ ον - . \ ’ , - 
διὰ τὸν χρυσοζώμιον ᾿ À γὰρ τας τὴν φύσιν νιχᾶ. 
CNE # : = Ë 77 . 
10] Τὸν ἀνδροδάμαντα οἰχονόμει οἴνῳ αὐστηρῷ, à θαλάσση, À 
" “᾿ s°1 τὰ Ν 7 o1 - = \ / ᾿ ῃ 
οὔρῳ, ἣ ὀξάλμη τοῖς ὀυναμένοις σόέσαι αὐτοῦ τὴν φύσιν. Δείου 
ῃ 


x , = Nu , Oi LA NI 
μετα στιεὼς γαλχηφονίου. LAOVOULEL O€ TAALY 


M nes Pre 

ἢ OSLAUN  ATOTAUVOV, EWG 

via. Φοῦξον (f. ἕ 

205 

\ 

ἀργύρῳ χα! 

/ . 

ϊ πο φυσι σὴ 
λίθος ὃ λεγόμενος γρουσίτης 
. = CNET ς - Xe vise 


À 1] ΦᾺ ἴον τ \ 
11] Λαδὼν γῆν λευκὴν 
ἢ στίμεως ἰταλιχκοῦ, χαὶ μαγνησίας, 


, À LIN > 25 , 
χανὴς © ILEUXAVELS 0€ αὐτὴν θαλάσσῚ 
4 


: ; se ἢ 
λευχὴν ὡς ψιμύθιον. Χώνευσον οὖν τοῦτον 


χαλχοῦ ἄνθος ᾿ ἰὸν 
λίαν 


H22E0TTOS χαὶ 


φθαρέντ 
LU RSS 
ἄτρητος AIO οε 16 


9 r. ἢ 077000), ἕως 


͵ 
“ = 


GT 


OI A La \ 
> ἢ χαλχίτην “ χα! x 


ν φυγῇ Toi 
" d; 


\ | n 2 
χαὶ ἔψει ὕδατι θείῳ 


͵ » DE ΄ 
ν φύσιν χρατεῖ. Οὗτός 


, λέγω τὴν ἀπὸ ψιμυθίου χαὶ ἑλχκύσματο 


= 
ξΞ)-π 


ἢ χαὶ λευχῆς λιθαργύρου, 
1 À ἅλμη τεθρεωμένη (7) ἢ ὕδατι 


Ω 
υμένην γενέσθα! 


πίῤραλλε 


αὐτὴν λεῖιο 


a 


Ν 
ΩΝ 


υανον επιθαλλε 


, STI À 
EVTGETA!. Τοῦ τὸ ἔστιν τὸ UOAUS- 


3. γαλχάνθης Β. — M mg. (main du 
XV-XVIe siècle) : στυπτηρία ἐστὶν αἰθὴρ καὶ 


ὑδράργυρος χαὶ αλχὸς ἀσχίαστος. --- θείου ἀπύ- 
ΒΡ B, f. mel. — 6. BC au-dessus de χαῦ- 
μι αν : τηυτίαν. τ τ comp] F.1. ἐξυσμένην, 


affinée ? (M. B.). --- 8. ὠῶν λεχίθοις gratté 
M., ὠῶν λεχύνθοις B. — 15. ξανθωθὴ B.— 


ὕδατι om. B.— 19. λευχὸν.... τὸν M. — Au- 
dessus de λευχόν, le signe de l’or M. — 
20. λευχάνης om. B. — 21. On propose 
(M. B.). — 26. Au-dessus de 
μολυδδόγαλχον, les signes du soufre et du 
mercure M. — A mg.: une main, 
d’une écriture postérieure. 


Ἄ ᾿ 
τεθρυμμένη 
CET 


10 


46 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


re + ς ΄ ss NT MES ἐϑ ΄ 
δόγαλχον. Δοχίμαζε οὖν εἰ γέγονεν ἀσχίαστον, xat ἐὰν μὴ γέγονε, 
ΕῚ A 


\ . Ν x rs 
τὸν γχαλχὸν μὴ μέμψη, μᾶλλον δὲ σαυτὸν, ἐπεὶ μὴ χαλῶς ᾧχο- 
γόμησας. oies οὖν ἀσχίαστον χαὶ λείου, χαὶ ὄάλε τὰ ξανθῶσαι 


Ἂ ! - ΄ 3 Ξ Ἂς ΜΝ 
δυνάμενα, χαὶ ὄπτα, ἕως ξανθὸν γένηται © χαὶ ἐπίόαλλε πᾶσι τοῖς 
A S = CRE RE ἐς: : 
σώμασιν * ὃ γὰρ χαλχὸς ἀσχίαστος ξανθὸς ἰὼν] γενόμενος πᾶν σῶμα 
θάπτει “ ἣ γὰρ φύσις τὴν φύσιν νιχᾷ. 
12] Τῷ θείῳ τῷ ἀπύρῳ συλλείου σῶρι χαὶ χάλχανθον * τὸ δὲ 
\ - 


κοὐ 5 € \ LAN ε ΄ 5 ἘΞ , 
σωρι ἔστιν: ως χυᾶνος ψωρώδης, ευρισχομένος ἀεὶ EV τῷ μισυι Ἂ 


“" λ À 2" HS τ μὰ SAN , 
ποῦτο χαὶ χλωρὸν γάλχανθον χαλοῦσιν. Ὅπτησον οὖν αὐτὸ μέσοις 


φωσὶν ἡμέρας Y, ἕως γένηται ξανθὸν ΤΠ ΕΣ  ἐπίδαλλε χαλκῷ 
y 4 Che : " 
ἡ ἀργύρῳ τῷ ἐξ ἡμῶν Ten xal ἔσται χρυσός. Τοῦτο χατάθες 


\ “ N S\ Q] » = - 
χαὶ ἅλας χαππαδοχικὸν, χαὶ νίτρον πυρρὸν, ἢ χαὶ ὡς ἐπινοεῖς ἐπὶ 


ἡμέρας γ΄ ἣ ε΄ à (΄; ἕως γένηται ἰὸς, χαὶ κα- (ἔ- 69 v. 


».-. ΄ 
a 
Ὁ 
σὺ 
2 

-ς-- 

ES 
LA] 


γὰρ χρυσὸν ποιεῖ à χάλκανθος ἰόν " 


19] Χρυσόχολλαν 


ñ Si φύσις τῇ φύσει τέρπεται. 
4 


< 


x = M 4 > ΄ 

Le TOY αχεδόνων τὴν ἰῷ χαλχοῖ παρεμφε-- 
͵ νυν ι 

ἊΣ EN LA - 

ὕρῳ ἀπε αν ς ες ἐχστρᾶαφ 

ἐχσ α 


ραφῇ, χατάῤαψον 


1. M mg.: Le signe du cuivre, ἃ puis sur une ligne verticale, en lettres 
l’encre rouge. — γοῦν B. — 2. C A retournées : χαλόν. ἐν — τῶ {ou miss. 
mg.: Les signes du soufre et du mer- — 11. M sie ept τῆς χαταμῖ (χαταμιγῆς)- 
cure, suivis d’un y coupé par un p — 18. ἢ ὡς ἐπινοεῖς B.— 15. M mg. : ἰὸς, 
(scil. χρήσιμον ὃ). — 5. χαλκὸς] signes du puis le signe de l’or. (Écriture du XVe 
cuivre et de l’or B. — Points rouges siècle). De même dans B mg., et dans 
dans M au-dessous de ἀσχίαστος, au-des- le texte (118 main). — 16. BC Α mg. περὶ 
sus de ξαντὸς ὧν et au-dessous de γενό- τῆς καταμιγῆς. — 18. χεχρύπται B.— αὐτὴν] 


μένος. 8. M mg. : Le signe du cuivre, αὐτὸν M. — 20. ποιεῖ] πύει B C A. 


10 


20 


25 


DÉMOCRITE. — PHYSICA ET MYSTICA 


, 


πάντα ἐργάζεται. Yuñs μὲν οὖν, 


Ὥσοντας, 


. 


τῶν φύσεων οὐχ 

δεθηχυῖαι ᾿ ταῦτα ἀναλυόμενα 
συμπροφῆται, οἷδ ᾿ οὐχ ἀπιστή 
Ἴστε γὰρ τῆς ὕλης τὴν δύναμιν 


5 ΄ 


VOUS χαὶ απιστησαντας τῇ γραφῇ διὰ τὸ ἐν ἀγνοία. τῆς 


> 


47 


εἰσὶν ἄλλαι μείζους ἐν βαφαῖ ς, οὐχ ἴσαι, οὐχ ὑπο- 


F 


ὦ 
ἀλλὰ γὰρ χαὶ θαυμάσαντας. 
DA 

δὲ νέους πάνυ βλαξησομέ- 


ὕλης ὑπάρ- 


- ποῦν ε , ε 
χειν αὐτοὺς, οὐχ εἰδότες ὅτι ἰατρῶν μὲν παῖδες ὁπηνίχα, ὑγιεινὸν 
, 3 3 , - -- Δ , 
φάρμαχον βούλοιντο κατασχευάσαι, οὐκ ἀχρίτῳ δρμῇ τοῦτο πράττειν 
0 
ἐπιχειροῦσιν ἀλλὰ γὰρ πρῶτον δοχιμάσαν τες ποῖόν ἐστιν θερμὸν, 
ἘΝ N y S = \ 
ποῖον δὲ τούτῳ συνερχόμενον μέσην ἀποτελεῖ χρᾶσιν, ψυχρὸν ἢ 
ὑγρὸν ἢ ὅποιον τὸ πάθος, εἰ χατάλληλον τῇ μέση χράσει ᾿ χαὶ 
2 Ὶ τοὶ TO TAUCC, τ Ἢ ἢ μ. n P L 
e ε " +, 4 
οὕτως προσφέρουσιν τὸ πρὸς ὑγίειαν χριθὲν αὐτοῖς φάρμαχον. 
15] Οὗτοι δὲ ἀχρίτῳ καὶ ἀλόγῳ δρμῆ τὸ τῆς ψυχῆς ἴαμα nai 
0 20 τὴν > Υ ὟΣ Pi nl 4 “Ὁ χ' is ϊ 
Ἁ ; 21 CN 2 - LA 
παντὸς μόχθου λύτρον χατασχευάσαι βουλόμενοι οὐχ αἰσθήσονται 


μυθικὸν, ἀλλ ᾿ οὐ μυστιχὸν 
4, = NE : 
ποιοῦνται τῶν εἰδῶν ᾿ οἷον ei 
Ν - 2" » N 
dde ἐπιόλητέον, χαὶ εἰ τόδε 


LA LA 5 “- 
μέν ε ἁρμοστέον, χαὶ τόδε εἰ τὴν ἐπιφάνειαν 
= - Η , " . ENT 
ποιεῖ, xa εἰ χατὰ τὴν ἐπιφάνειαν ἔσται φευχτὸν, χαὶ ἐκ τοῦ δάθους 
Y A 3 LAN ΄ “- ᾿ LAN ἂν \ , 
φεύξεται, χαὶ εἰ τόδε μέν ἐστι πυρίμαχον, τόδε προσπλαχὲν πυρί- 
“ + - A ’ - A 
poyov ποιεῖ, οἷον ei τὸ ἅλας σμήχει τὸ ἐπάνω τοῦ γαλχοῦ χαὶ τὰ 


. \ ste \ » La “ 

TX EVTOG [OL " χαὶ εἰ τὰ ECO τοῦ 
e εν, x » \ 

χει ὑόραργυρος, χαὶ τὰ ἐντὸς 
δ 2 = \ AA " 
χαὶ EX τῶν EVTOG φευζεται: . Ei 


ἐπίστανται τὰ τῶν φύσεων 


1. ὑποδεδηχυῖαι) ὑπερθαίνουσι B. --- 2. 
ἐργάζονται B. --- 3. ἀπιστήσαντας B.—5. M 
mg.: Une main.(Mème écriture que la 
main tracée ci-dessus, p. 45, 1. 26.). — 
11. αὐτοῖς] αὐτὴν M. — 13. λύτρον] λυτήριον 
B ; λητήριον A. — 16. ἐπιχλητέον M. (Con- 
fusion du 6 avec le x, fréquente aux 


1 
ἔξω μετὰ τὴν σμῆξιν, χαὶ 


χρυσοχάλχου λευχαίνει χαὶ σμή- 


, . A » fe "Ὁ 
λευχαίνει * χαὶ εἰ φεύγει ἔξωθεν, 
΄ Br / 
εν τοῦτοις Ὑπηργον ἀσχούμιενοι OL 
DEN \ ne ε - x > \ 
ἔπι τὰς πρᾶζεις Tres οὐ ne 


«Ξὸ 
E 
“1 


Xe et XIe siècles. — 19. τόδε μᾶλλον προσ- 
πλαχεν B.— 22. εἰ τὰ ...] εἶτα M. — χαὶ et 
om. Β. — 23. M [B? partie effacée] C 
A mg. 
(Les 3 premières lettres sont grattées). 
— 25. χρίσε!] ἀχρίτως B. — Les deux sens 
peuvent se soutenir. 


: ὡραῖον. — 24. διδασχούμενο: A. 


10 


ai 
Qt 


20 


43 


x Η , LAN 5 2 
γὰρ ἐλαίου οἷδε πολλὴν ἀφανίσαι 


CS TE ΓΞ A + = = / A 
σαι TONAAX . αὐτα μὲν OUY τεέερι ν ξήριων, χα! 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


πορφύραν, χαὶ ὀλίγον θεῖον 
\ - CAS 
217 οπως 
a » - 
χαθεξῆς εἴπωμεν. Λαδὼν τὸ πόν- 


ΓΤ = w 9 2 » TE \ ! , Se 
, λείου ἐν οἴνῳ dunvaiw αὐστηρῷ ᾿ χαὶ ποίει πάχος χηρωτῆς, 
Q1Y / = \ LAS PL A ΄ 5 1 > 
δέξαι πέταλον τὸ μήνης, ἵνα ποιήσης τὸν γρυσόν * χατεργάζου ὀνυ-- 
͵ὔ “ " LA # +: Ξ 
χόπαχον ᾿ χαὶ τούτου πάλιν ἰσχνότερον χρήσῃ τοῦ φαρμάχου ᾿ καὶ θὲς 
“- A 5 = À , 4 « V4 ΄ Là LA 
εἰς χαινὸν ἀγγεῖον περίφιμον πάντοθεν, ὑπόκαιε ἡρέμα ἕως μεσασθῇ. 
᾿ 
ΕΥ \ LA - “» Al γι: ’ = ’ - 1 
Εἶτα θὲς τὸ πέταλον εἰς τὸ τοῦ φαρμάχου λείψανον χαὶ ἂν 
oùvw τῷ τεταυμένῳ ἕως γυλώδης ζωμός σοι φάνη ᾿ εἰς τοῦτον 
οἷν το τεταγμένῳ εὡς x ς -ομὸς got φάνη CNE τ 
, \ / 2 \ ” τς 
χατάθες εὐθὺς τὸ πέταλον, μήπω Ψυγὲν ἔα συμπιεῖν. Εἶτα λαῤὼν, 
3 3 Lane i : 
΄ ΄ » “ on x EE ΞΕ 
χώνευσον, χαὶ εὑρήσεις χρυσόν Ἐὰν δὲ τὸ ῥὰ ἡ παλαιὸν τῷ χρόνῳ, 
τσὶ -» 37 δ᾽, \ » ΄ € Lu ᾿ 
πρόσμιξον αὐτῷ ἐλυδρίου τὸ ἴσον προταριχεύσας ὡς ἔθος. Τὸ ue 
ἐλ ΠΝ ΔΊΩΝ VE ΡΟΝ ποὸρ σὴ 24 » 727 ξὺν RAR es 
£AUOCLOV £YE UYVYEVELOLV πρὸς τὸ 27. YA) ? GLS τὴ 2UTEL 


NS F4 9 LE , “΄ \ ε " 7 PI = 5. ἦν 
ταγέντι χυλῷ τῆς ἀμπέλου, ποίει Fi ὡς ἔθος “ ὁάπτε (f. 70 wv.} 
ΕῚ - 1" [4 , Là a] Ψῳ ss" D] = 
ἰργυρον ἐκ πετάλων ἕως ἀρέσῃ τὸ χρῶμα ‘ ἐὰν ὁὲ χάλχεον TO 

nl = ” N1à , NA \ = \ ε 5 ka 
πέταλον ἔσται,. βέλτιον. Προχάθαιρε δὲ τὸν χαλκὸν ὡς ἔθος. Εἶτα 

= ἢ ὃς ᾿ ’ 1 ! A ΄ Et OS y A 
βαλὼν ἀριστολοχίας βοτάνης μέρη BP, xai xpéxou χαὶ EAuôgiou τὸ 
Nes ; à PR LS een nd Re) ne en 
διπλοῦν, ποίει πάχος χηρωτῆς, χαὶ χρίσας τὸ πέταλον, ἀπεργάζου τὶ 

΄ - \ ( ‘0 ES 7 LL Le ΄ 3 CES) pen 
πρώτη ἀγωγῆ, χαὶ βαυμάσεις. À γὰρ χιλίχκιος χρόχος τὴν αὐτὴν τῇ 

͵ 
ὑδοχογύρῳω ἔχει ἐνέονειαν, ὡς ἣ χασία τῷ χινναμώμῳ. Ἢ ya 
ὁραργυρῳ πεχιξῦ ἐνερηξε ΘΕ σα ΤΟΣ τειν ΒΙῸΣ TPE 
φύσις τὴν φυσιν νιχᾶ. 
ἶ 


1. M mg. 
correctif. 
εἰρήσθω] εἴρητα: B. — 4. M mg. : 


Bx0.* 


: Renvoi à ῥανὶς, avecsigne 
— 2. ξηρίων] ξηρῶν B. — 3. 
“Ζ. τὸ 
(ἃ l'encre rouge). — signe du cui- 
vre, dans B, au-dessus de πόντιον. (F.1. 
ποντιχόν). --- 5. M mg. en lettres micros- 
copiques : νόει ὡς οἶμαι τὸ ῥὰ ποντιχὸν χα- 
ρύου χυτοῦ (ἢ). --- auorvéw BCA (Cp. ci- 
dessus, p. 8,1. 14 et la note). — 6. μή- 


νης BC; μόνης À, puis le signe du mer- 
— 7. χρήσου Μ. --- τῶ φαρμαχῶ B. 


F. 1. χρίσῃ τῷ φαρμάχῳ. --- 8. περιφιτ 
μῶ περιφ ἡμῶν À. --- ἕως οὗ B, f. 
mel. — 16. χιλίχιον, puis le signe de l’ar- 


senic B. — 17. À la marge supérieure 
du fol. 70 v., dans M 
{(1re main).—18. πετάλου B. — ἕως ἀρέσῃ] 


A). 


212 Ἂν ταν ια 
:ελνόριον 7 EA!OOVE 


ἕως ἄρεστόν σο! φανῇ BA (over 


2 


DEMOCRITE. — PHYSICA ET MYSTICA 49 


1 ων = x ee \ 2 " NES D 
18] Λαξὼν U3 AUS 00 TOY Ἡμῶν τὸν γένομενον ἀρρευστον OX γῆς 
’ \ ! Ἀ [2 LA = \ τ 4 - 
AIUS χα! Πάρου AA! στυπτηρίας, γῶνευσον ἀχύροις χαι χατεραὰ 


: ͵ ΄ ͵ CT , As Ν 
ξις πυριτὴν χαὶ χοόχον χαὶ AV 400 AI! 0! OUEVIOU AVUOS, χαι EAUGOLOV 


΄ 


χαὶ χροχόμαγμα, χαὶ ἀριστολοχίαν 


ι 
» 
- 


Ù \ ἐν 


ot 


La À . ζῇ ἀνε \ 
ζωμὸν ὡς EUoc ᾿ χαὶ τῇ 


ΕΓ ἊΝ Π 
A 4 ἐπεὶ Ἔν ΣΡ ΕΝ ΕἸΠΕ τ τς ΞΟ ee 
19] Αὕτη à Iaupévous ἐστὶν, ἣν ἐπεδείξατο τοῖς ἐν Αἰγύπτῳ 
ea el - ΄ » x . = L 1 
ἱερεῦσιν, ἕως τῶν φυσιχῶν τούτων ἐστὶν ἣ τῆς χρυσοποιίας ὕλη. 
Ne ou ES RTS he BST ΕΒ 
10 Μὴ θαυμάσητε δὲ εἰ ἕν εἶδος τὸ τοιοῦτον ἀπεργάζεται μυστήριον. 
ΕἸ - - ΄ ss ’ ,= 4 “- δ, 
Οὐχ ὁρᾶτε ὡς πολλὰ φάρμαχα χαὶ μόλις γρόνῳ τὴν ἐχ σιδήρου 
j'a 2, ΄ ΄ὔ DA , , - Γ- - 
χολλήσει τομήν ; χόπρος δὲ ἀνθρωπεία οὐ χρόνῳ τοῦτο ποιεῖ ; 
ΜῈ \ ICE 2 , SNS , = 
χαὶ χαυστῆρσι μὲν πολλὰ προσφερόμενα φάρῃμαχα οὐδὲν ἀνύσει πολ- 


y At τ 3 , 0 , - 2 
TUYYIVEL. Δεῖ ον AITATEOUEL Ti ς μαπταιας LT! YAI12500 ὕλης EZEUTS, 
τ NT 2 4 2 f -- Ι x N5 [NE RE) À 1 

χρᾶσθαι οε μόνοις TOI φύσιλοις. d. { Le )MINUVNOEN XL" EX TOUTOU 
pren “ " 4 È , 2 SUR , Τὶ NS 
AOLVATE OTL AVEU τῶν προξιρὴ μένων 2! σεῶν, τις χπεργασται ποτε ΕῸξ 
" ΄ τ ἣν FRS \ STE 2 

20 ἄνεὺ TOUTWY OUOEV ἐστιν TOUTE, τι σγαπῶμεν LA 1" πολυυλον DIVRATUAN ; 

- N A - ΄ 


La ΄ “- \ n'a ὦ sn s \ 4 » \ 
TL, ἡμῖν χαὶ πολλῶν εἰοῶν ἐπὶ TO AUTO GUVOSOUS 


͵ὔ 
1! ξ ») LLC 2° GEUWS νιχωσὴς 


À 4 BN Ses N x \ 5 
TO πᾶν: ἴδωμεν οηλαθη XAL τῶν εἰς χρηφοποι 


1 
20] ΠΕΡῚ ASHMOY ΠΟΙΉΣΕΩΣ. — Yôpdovucoy τὴν ἀπὸ τοῦ ἀρσε- 


1. M mg. : signe de ὡραῖον, puis le 


τὴν αὐτὴν τῶ βοραγΐω E 


signe du mercure. — Au-dessus de γείαν εἰς τὴν χόλλησιν : — + εἰς τὸν χρασ- 
μόλυδδον, les. du mercure dans BCA.— μόν (f. 1. βρασμόν, M. B.) θεῖον καὶ ὄξος καὶ 
Les mots γῆς, πάρου, στυπτ. surmontés | σχόροδον τὸ ὀλίγον ἅλας χαὶ ὀλίγον ὕδωρ : — 
dans BCA du 5. du soufre. --- 2. χείας + ἄλλο τζάλημα - χόχχινον, μέρη δ΄ χαὶ 


tout. --- 4. λείο: M. --- 8. γρᾶσβθα!) χρῆ- 
σθα! Β. --- τοῖς] ταῖς M. --- 12. Ε.]. {οὐ» | Β. -- ποτέ] ποτ 
χελλήσει. — ἀνθρώπου B. --- 19. M mg.° ln Ξ συνδρομὴ} F.1. συνδρομεῖ. — 
au bas du fol. 7o v. (main du XV: 
siècle): ἢ τρυγέα χαυθῆσα (lire χαυθεῖσα) 


χρυσὸν. (Lire χροΐ 


mss. ---χατεραεῖς Μ. ---ϑ, χνίχου mss. par- νἱσατέριν α΄, χαὶ ῥασούχτην yew à 
] Ξ Ξ 
| 


| ποιήσεως ἀσήμου B. Cp. ci-dessus 1. xvi. 
| —- ὑδράργυρος ἢ M. — ἀρσενικοῦ M. 


10 


15 


50 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


νίχου, ἢ 
χαλκῷ σ 10100 


μαγνησία λευχανθεῖσα, χαὶ 


χαὶ σανδαράχη ἄπυρος, ‘x πυρίτης 
2 à , NS PIN SU 
θείῳ ὀπτηθέν. Τὸν δὲ σίδηρον 


S , \ € “- 
μα ..5..: Ἢ ὡς ἐπινοεῖς, 
θειωθέντι, καὶ λευχανθήσεται 


ἀρσένιυχον 


ἥμισυ ἣ μάγνητος βραχύ. Ὁ γὰ 


| 


ΓΌΟΝ 
σὺ 
Ὡ 
φ» 
- Ὁ 
Ha 


Ξ 
ξον ὡς ἔθος, χαὶ 


τ] 


λευχανθεὶς, ι 
= 2 ! = “᾿ ." 
Re ἐπιδάλλων, ἢ Delod 


μάγνης ἔχει συγγένειαν πρὸς τὸν 


FAN) N ἌΣ 2 1 
510 ΩΝ Dr de! OU (Ti OUGEL TEO gel Ε 
710120 ον. ἘΠῚ € ἀρ φύσις ἢ 205 L TEOTETEL 
21! À ξὼν σὴν ronvesv € ν vent) 2e ho χιχί Νὴ 
21] ΔΛαόων τὴν προγεγραμμένην νεφέλην, ἔψει ἐλαίῳ “χιχίνῳ ἢ 
1 , > = ων 
ῥαφανίνῳ, προσμίξας βρ αχιὺ στυπτηρίας. Εἶτα λαξὼν «κασσίτερον, 


χάθαιρε τῷ 


“Ἄ € 


- ἐξῷ 7 # 
ὡς ἐπινοεῖς. Καὶ χατέρα 


͵ 
μετὰ τῆς νεφέλης, χαὶ ποίει μίγμα. «Δὸς ὁπτᾶσθαι φωσὶν εἰλικτοῖς, 


1 
2 . I] ΄ δι 
Χχαῖνει πᾶν σ μια. φοσμισγε OE οἱ 


" È 5 Le « 
ἢ ἀστερίτην, «ἢ ἀφροσέληνον, ἢ 


«δ \ 
τὴ ὑδραργώρῳ μιγὲν πᾶν 
ñ i 


νικᾷ. 


= , 
Λευχάνης 
4 


2920 Fe 


σῶμα λευχαίνει. Ἢ φγὰρΣ φύσις τὴν φύσιν 
ὃς de à I 


\ 


N1 3 e \ , 
δὲ “αὐτὴν, χαὶ Rs 


3. M mg. : ὧδε, à l'encre rose ; main 
du XV: siècle. — Au-dessus de μαγνησία, 
le signe du cinabre M. Les signes 
superposés dans ce passage (M seul) 
sont tous tracés à l’encre rose. — Au- 
dessus de ἀρσένιχον, signe de l’or. — Au- 
dessus de ἐχστραφὲν, signe de l'argent. 
— 3-4. Au-dessus de zaûufx et de σανδα- 
oxyn, Signe du sel ammoniac (9). — 
Au-dessus de ἄπυρος : ἀληῦ (commence- 
ment du mot ἀληθές, exact. — De même, 
ligne 5, au-dessus de θείου. — 5. M 
mg., sur une ligne verticale σχευασία 
ἀργύρου χατὰ ἀλήθειαν (main du XVes.). 
— Au-dessus de λευχανθείς, signe du 
cinabre. — Au-dessus de ψιμύθιον (ψιμ- 
υὔθιον BA présque partout), signe du 
mercure. — 7. σίδηρον] signe de la pl. I, 


lig. 2 (Berthelot, Nofations alchimi- 
ques), dans M ; signe de la pl. V, L 1, 
dans BCA. — Même observation aux 
SS 23, 25, etc. — 8. Au-dessus de νεφέλην, 
signe du mercure. — νεφέλην] signe ἦς 
mercure B. — Au-dessus de χιχίνῳ, 
signe du soufre natif. MB.— 10. Au-des- 
sus de πυρΐτῃ, signe de l'or. --- Ἰ]. μετὰ] 
χατὰ mss. Corr. ΠΟΏ]. --- εἰλιχτοῖς] Εἰ. ]. μει- 
λιχτοῖς ? ἀλήχτοις ? --- 12. Au-dessus de 
Ψιμυθίω, dans M : F. 1. μίγμα du. 
παρεμφ. — 13. ἐν] ἐπὶ BA. — Au-dessus 
signe du cinabre MA. — 17. 
Au-dessus de μαγνησίαν, signe du ci- 
nabre M. —- λευχαίνεις B. — 18. Au- 
dessus de ὕδατι, signe du mercure — 
Au-dessus de αἰθάλῃ, signe du sel am- 
moniac. 


de γῆν, 


σι 


10 


15 


DÉMOCRITE. — PHYSICA ET MYSTICA 51 


- ᾿ 12 : ΝΥ à » ἈΝ 
0 γὰρ χαπνὸς τοῦ θείου λευχὸς ὧν, πάντα λευχαίνει. "ἔνιοι dE! 
σ 


À 
χαὶ τὸν χαπνὸν τῶν xobaliov (f. 71 v.) λευχαίνειν. αὐτήν. Ilsé 


Lui 
Û 0 
Le sr x \ = ΄ GES \ ν “ 
ξον. αὐτῷ μετὰ τὴν λεύχωσιν, χαὶ σφέκλης τὸ ἴσον, ἵνα: λίαν 
’ = r ἈΝ , = es = 4 > 
γένηται λευχή ᾿χαὶ δεξάμενος γαλχοῦ ὑπολεύχου, ὀρειχάλχου λέγω, 


œ 
ο ΔΛ Est τ 2 
Y ὃς χώνευε, ἐπιθα 


ss LA 
ἄλλων χάτω ὀλίγου χασσιτέοου προχαθαρ!σθέντος 


! Ï 
, Ἐς -- cu , 4 τ δι " À , 
Ÿ (r 2 χαθύπο χξιρα ZIVOY εὡς συγγαμησωσιν αὖ. OUGLAL, ἐστοαῖ οηγνὺ- 


1 \ 1 SET 


μενον. "Eriéalks οὖν τοῦ AeuxoD φαρμάχου τὸ ἥμισυ χαὶ ἔσται 
a Ve \ , = Ξ . 2e re A ΄ = 
πρῶτον * ἣ γὰρ μαγνησία λευχανθεῖσα οὐχ ἐδ ῥήγνυσθαι τὰ σώματα, 


: 
Ν , ΤᾺ = LAC , ε JR 
οὐδὲ τὴν oxiav τοῦ: χαλχοῦ ἐπιφέρεσθαι. Ἢ (γὰρ) φύσις τὴν φύσιν 


a à = a , a = : ΞΕ 
"» Λαῤδὼν θεῖον. τὸ λευκὸν, λευχάνης δὲ οὔρῳ λειῶν ἐν ἡλίῳ 


ἡ στυπτηρία. χαὶ ἅλμη. τῇ τοῦ ἁλός * ἄθυκτον. θεῖον, πάνυ λευχότα- 


4 
σον. Λείου αὐτὸ σὺν σανδαράχη, ἢ οὔρῳ δαμάλεως ἡμέρας ἐξ, ἕως 
4 | 
γένηται τὸ φάρμαχον μαρμάρῳ. παρεμφερές. * χαὶ ἐὰν γένηται, μέγα 
ἐστὲ μυστήριον “ τὸν γὰρ χαλχὸν λευχαίνει, μαλάσσει τὸν σίδηρον, 
ἄσρηστον ποιεῖ τὸν χασσίτερον, τὸν μόλυδδον. ἄρρευστον, ἀρρήχτους 


ῃ 
SUR 3 Poe ST A Rue Mare Σ 
ποιεῖ τὰς οὐσίας, ἀφεύχτους τὰς βαφᾶς “ τὸ γὰρ θεῖον θείῳ wrvey 
E 29 T ” = ΗΠ a . i 


; = ; = x = ͵ 
θείας ποιεῖ τὰς οἱ σίας, πολλὴν ἔχοντα τὴν πρὸς ἀλλήλα συγγένειαν. 


ς - δι Ὁ 2 Ξ Ne = 

24] Τὴν δὲ λευχανθεῖσαν λιθάργυρον λείου σὺν θείω, ἢ xaduix, ἢ 

᾿ ῃ “᾿ , nn 5 ΄ 7 2 CL *O + SAS 

ἀρσενίκῳ, À πυρίτη, ἢ ὀξυμέλισι, ἵνα μκηχέτι ῥεύση. ἴθπτησον οὖν αὐτὸ 
4 4 


use 


, > 2 ea 5 2 ΄ 
χαὶ τὐτανουῦ- OT TO! DAY EVTOC οζει TUESTS de tva γένηται SUNATIAO GE 


1. ὃ γὰρ] ὃ surmonté d’um θ᾽ dans — 16. ἄτρηστον M; ἄτρυτον BC; ἄτριτον 
M.— 3. φέώχλλης B. — 5. χάτω ὀλίγου] A. — 17. M mg. Grand astérisque 
F. 1. χατ᾽ ὀλίγον. — 6. M mg., sur suivi de ὧδε, à l'encre rose. — 18. 
le mot συγγαμήσωσιν.: τοῦ χοῆτρος (?). ἔχοντα! lu ἐχούσας. — 20: M mg.: λ" : 
— 7. Au-dessus de φαρμάχου, signe | CA mg : ἐντ αὔθα λύ {σ!ς -dessus 
du plomb M. — Dans B : initiale de λιθάργυρον, l'abréviation M dans 
de μόλυδδον surmonté du signe du MBC; M° dans A. — λείου] signe de 
plomb. — 11. λευκὸν! λευχανθὲν Β. — λείου et de τρίδε M; même signe, sur- 
Après δὲ] αὐτὸ add. B. — 12. ἄθιχτον monté de λείου BC. — 22. F. 1. χαμπρο- 
θεῖον] ανθιγη (sic) M3; ἄθιχτον suivi du τάτο!ς- — 29, τίτανος Mi 


signe du soufre B. — 13. αὐτὸ] αὐτῷ M. 


| 


10 


20 


= 


22 


1272 5 
29 πιοαλλε 
τ 


ίνετα! 


οὖν hu ÀEUZOY Y 


| 
ὶ ξανθὴ, ἐὰν 


" 


TLUEOTOL 


«᾿ 
) Ὁ 


25] Λαῤδὼν ν χρόχο 


À 


oi ε _ [2 
* εἰς ὃν πυρῶν κατάθαπτε πέτ 


ν χιλίχιον, 


Δι 
γίνονται OË λευχά. 


Σ 


Ν “ “Χ ᾽ 
σανδαράγη, ἣ ἀρσενίκῳ λεὺυ 


μὰ 


΄ 7 1 


À A 
(Cou λοιπὸ 


A . 
ον 


AE σ΄ 
γαλχος. Κατερ ργάζου λοιπ 
\ TG: 


] μὲν λευχαίνει, oive 


λιθάργυρ 
7e 
χαὶ μέλιτος, x 


το 


OR 


2 


ίψον θαλάσσῃ À ἅλ 


-- ΡῪ ZEN) 7 
αλα γαλχοῦ, μολύῤδου, σιδήρου, 


. ΓΑ «Ἢ 
τες ΤῊ et ὅλ 


« . LA 
ἥμισυ, χαὶ ὑπόχαιε ὡς ἔθος. 
ἄχου λείψανον, ἀναλύσα 
μίγματα χαλῶς ” 

LA 


μαγα. Ἢ γὰρ φ 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


ν μᾶλλον 


: 


ση 


4 


τ λευχάναι γὰ 


εἐνόμιενο ἢ τὴν ψιμύθιον. 


Ξ à = τ 
TAEOVO στὰ φῶτα 


A 


d 


βούλει τὰ σώ- 


\ LA 
UN, χαὶ ποίησον 


LFP τς , “ ᾿ 
λάῤδε τοῦ φαρμάχου τὸ ἥμισυ, 


υχῷ, ἢ θείῳ ἀπύρῳ, À ὡς ἐπινοεῖς " 
i LA Ἱ 


\ 


A] LA » A 
τὸ πέταλον, ἐς εἰς χαινὸν 


χαὶ 


Ἣν " Elta 


ον, χαὶ λείου αὐτὴν μετὰ φύλλων 


, 


ευχῆς, χαὶ ποίησον 


αἱ σανδαράγχης 


) τὴν φύσιν γιχᾶ. 


1. τὸ Ψψιμμίθιον B. --- 3. ξανθὸν] ξανθὴ B, 
f. mel. — 5. γροΐαν ΒΟ, f. mel. ; 


χρήαν | 
A. — 6, Re εὐχύλως B. Les de 
lecons peuvent se soutenir. Dans la 


petite capitale onciale, le z et le À sont 
souvent de forme presque identique. -— 
9. τρίψον] signe de λείου et de τρίψον M ; 


τρίψον en toutes lettres B. — 10. εἰσὸν 


πυρὸς M. — ἕως ἂν B, mel. — 13. 
χρίσον B. — ΠΝ π Re BEA 
φίμωτον. — θεὶς] F. ἐς. — 15. δα 
γάθες mss. Corr. conj. — 21. χαὶ ποίησον] 
χαὶ om. M. — 22. γρίσον] χρησον (sic) M. 
— 93. Ε΄. 1. ὕδατι «χαὶΣ σποδῷ. 
χίνων] λευχαίνων M. F. 1. πευχίνων. (Cp. 
ci-dessus la note sur la ligne 6.) 


— λευ- 


ot 


10 


15 


DÉMOCRITE. — LIVRE ADRESSÉ A LEUCIPPE 5 


7 P\ = ΄ = Sr 3 τὸ 
21] Λαδὼν τὴν προγεγραμμένην νεφέλην, συλλείου αὐτῇ στυπτηρίαν 
͵ Ω 


, OT D1= = τ Ver 
χαὶ μίσυ ‘ ὄξει τε περιπλύνας, ὁάλε α αὐτῇ χαὶ ὀλίγην λευκὴν χαὸμίαν, 


, à) # La ΒΡ , , / \ 
μαγνησίαν, ἢ ἀσόεστον, ἵνα γένηται σῶμα ἀπὸ σώματος. Totbov σὺν 
D RE TR AR Ξ ἌΣ Te 
ὑέλιτι λευχοτάτῳ ᾿ ποίει ζωμον, εἰς ὃν πύρου χαταθάπτων ὃ θούλει 


14 , JL » 1 DA \ , ῃ \ 57 LA 
ξασον χάτω, χαὶ γενήσεται. Eyéro δὲ τὸ σύνθεμα, χαὶ ὀλίγον ἄπυρον 
Fe τ N \ , : Ἢ Ζ AN : , À 
θεῖον, ἵνα διαδύνη τὸ φάρμαχον ἐντός. [1 (γὰρ φύσις τὴν φύσιν κρατεῖ. 
᾿ 
28] Δέξ τα τ μῦν δὲ ONF ER SENTE 0 _V ὦ La BL Ξ = 
+ 2O| Δέξαι ἀρσενίχου γ᾽ α΄, χαὶ νίτρου γ᾽ τὸ ἥμισυ, χαὶ φλοιοῦ φύλ- 
cl Y 2 < \ =. 
λων περσεῶν ἁπαλῶν γ᾽ 6", χαὶ ἅλατος ἥμισυ χαὶ συκαμίνου χυλὸν γ᾽ 


τς GO VE A ei Re ΜΟΥΖΑ͂Ν γον ΩΝ N ΩΣ 
ας σγιστὴς À. LAN.) πὸ ἴσον. IXELOU ὁμοῦ ξν οζει, ἡ 0020, 750570 


i 
7 , PI πάπενον 2 \ 1 P Ἵ 
OTAX Ti), ξεως VENTE κῶμος εἰς τοῦτον TA ἐνσχια et LATALOOTNTTE πε- 
ΟΕ ΄ ε 7 2 \ / τὸ 
σαλα, χαὶ ATOTALWOELS. YAO:) φυσις τὴν φυσιν χρᾶτει. 
? » NET CS CNT 
1 ? , \ 72 ΄ 5 QA = , 
29] Ἀπέχετε TAVTA τὰ χρυσῷ χαὶ ἀργύρς 1.21 σιλα. Οὐδὲν ὑπολει- 
J ss DE 4 TUTO 
; Du ε = \ = = DS " "Ὁ Ἢ 
METAL, OUOEV UGTTELE!, πλὴν τῆς νεφέλης χαὶ τοὶ ὕδατος f] 27, αλλα 
μ᾿ ΄ N = \ 5 ΄ - 5" - τὸ 
ταῦτα EXWYV παρεσιπησα οιὰ TO ἀφθόνως αὐτὰ ἐγχεῖσθαι χαὶ ἐν τὰ 


R 
S 
S 
8 
ΝῊ 
TE 
Ὁ 
- 
4 
> 
νὴ 
ὦ 
Ὡ 
-"} 
“΄ν 


IL. π. — AHMOKPITOY BIBAOS Ε ΠΡΟΣΦΩΝΗΘΕΙΣᾺ 
ΔΕΥΚΙΠΠΩ 


Transcrit sur Δ, f. 258 r. — {Contenu aussi dans le Laur., xxxv® article.) --- 
N. B. Les leçons introduites dans le texte de ce morceau, fort maltraité par les 
copistes, à la place de celles du ms. À qu'on a jugées inadmissibles et rejetées 
dans les notes, sont toutes, sauf indication spéciale, du fait de l'éditeur. 


A 


1 TO: κνῳ x + F 4 A 4 - - - 
1] Ἰδοὺ μὲν © ἣν, ὦ Δεύχιππε, περι TOUTOY τῶν TE VV των 


- - _ - 2" LA _ 
Λιγυπτίων (ἐν ταῖς τῶν» προφητῶν περσιχῶν βίόλοις, ἔγραψα τῇ 


1. Réd. de B : συλλείου αὐτὴν στυπτηρΐχ d’un commentaire sur l'ouvrage pré- 
χαὶ μίσυ!. — 7. 9) λοιοῦ] φλοὸς ΜΒΟ; φλοιὼν cédent. Dans cette hypothèse, il fau- 
A. Corr. con. — 8. περσαΐου M (B?ef- | drait lire "Epcwsie. Puis: Ἔν ταύτῃ τῇ 
facé) C;: es A. — 12. ἀπέχεται A. — γραφῇ... — 18. Εἰδοῦ μὲν ὁ ἢν ὦ λεύχηπον 
14. παρεσιώπησα M. --- 15. Les mots ἐν περὶ ἱτουτέοντῶν À. --- 19. προφήταις περσ'- 


ταύτη τῇ γραφῖ semblent être le début 


1 


Π 


σι 


54 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


χοιν ἀρ. ἔχει; LUOTL 

ἅπερ. οἱ πρόγονοι, χαὶ θείας 
να" = ë 

θεντο. ᾿γὼ δὲ ὃ. φίλος σου ὡς dy 


s , \ 
χα .TANALT. τε χαὶ 


“» LA 1 = 
Αἰγύπτου βασ!λεῖς 


à » + S 
rois Φοίνιξι ἀνέ- 


ΕΞ 5 7 ͵΄ > 
LELGLY αινιγμαᾶσιν ,ρησομαι <oiæ} 


οὐδεὶς γεγράφατέ. μοι Cv) τοῖς - Αἰγυπτίων. παισίν. ᾿Αλλά (Ε 58 ν. 


Ἂ LA 
καὶ: ὀνηγερμένος; TAVTE 


, NE! ς A 

Περιέγε! δὲ: ἡ συγγραφὴ 
= 7 S Ἐν 

χαλκολίθου. τε μαλαξίας 


“ , 


ANRT 
ἑψησίας,. χαὶ ἐῶ 


» 5 ee, 
OL TAUTONTHL ἀναφανδὸν ἐνεξη- 


/ 


= A QI 
λεύχωσίν τε χαὶ ξάνθωσιν, ἢ 


͵ 
0 


- 19 , . > & π᾿ “ Le . 
ὅσα-παλιν -παραόοςζα γίγνεται. ἐς: αὐτοῦ: τοῦ. γαλχοῦ χαὶ χινναδάρεως 


= 7 


οχῶν, € 


ù 


10 
Er 
rs $ 
»Ρ»»" 
ΠΡΟΣ 
= 
ον 
εὶ 
(2 
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O2 
ΓΝ 
5. 
το 
= 
€ 
SD 
νὰ 
[Ὁ] 
DA) 
Ex 
O2 
ὧν 


Ὡς ΓΕ (CPE) ΟΥ, 39 je 15 
πεταλὰ "βάλλε εἰς τεῦχος στρογγύλον 


ΒΓΕ ΝΣ = , ΕΣ τὸ, N 
γελάση, Eriéahwy γάλα. {πάλαι» 


Ν , - 
χασμίας TE 
LA] 

ως παρᾶοο 


7 
CN ΘᾺ 
Λαξὼν 


A aan re 
ράδοξα: γίγνηται. 
ἀρσένιχον. σχιστὸν, ποίησον 
- pe , nm à 
χαὶ χαῦσον ᾿ δπηνίκα. δὲ δια-- 


3 Ὧι Ξ " A , \ Ὁ , 
ὁπηνίκα δὲ παγῆ; ρον. χαι λείωσον μετα στυπτηρίας ἐξηποριθείσης 
͵ 
1= e / “" À , 2 , - " ΓΟ = 
οὔρῳ ὁαμάλεως ἥμερας C χαὶ ἀναζηρᾶνας εἰς ἥλιον, λείου πᾶλιν 


εἴ ἢ es à 5" ASS " Ε 1 “ 
ἅλμην, τοῦ αὐτοῦ ἁλὸς ἄνθος ἐπίῤαλλε, (ἔχε ἡμέρας ζ΄, χαὶ γίνε- 
La 


ξψει ἐλαίῳ χικίνῳ ἢ ὁ 


λευχανθήσεται. Τοῦτο 
χαὶ ὁμοῦ ἀπὸ γλωρῆς οἰχονομηθεῖσα 


#1 
ξανῆωσιν 


, “ - 
φάνινῳ εῶς CT 


ἤραινε πάλιν εἰς ἥλιον, τοῦτο βάλλε εἰς “ei χος, 


νθὸν ζγίγνηταιΣ, τούτῳ ἐπίδαλλε 


Al = \ ε Ν Le 
OE ŒÙTO ποιεῖ χαὶ ἣ σανοαραχη; 
“ ἊΨ \ = \ ὟΝ , 
οὕτως τοῦτον τὸν γαλχον ὀιχᾶσας 
ἃ à 
\ où sn πὶ M PRIS 
TOY. OE, ἄλλον. εἰς: τινα. TOGELOIL. 


1h 


, - et , e , 
, ταρίχευσον ἐν ἅλατι θ᾽ ἡμέρας, 


1. πρὸς ἣν δὲ À. ---- οὐκ ἔστι] οὐχέτ: A. 


D. παισίν] πάσην. — F. 1. οὐδ᾿ εἰσγεγρά- 
φατέ με τοῖς Αἰγ. πα!σίν. — 6. cou] σὺ A.— 
1. ἢ] ἢ A.— 8. Ε-1. μαλάξεως et ἑψήσεως. 


γίνοντα! ὅλα 


GAS 9 NAN re 


τὰ εἴδη. — ὅσα πάλιν] ὡς ἀπαλὴν A. — 10. 


ἔχε À. — χρυσοῦ A. — χαθμίας À. — 


11. ἐπίπλοχον ὡς A. — 12. ἄρσενα. À. — 


14. ἐξούριχος À. — ῥέψαντι] F. 1. δεῦσαν τι. 
Cp. ci-dessous, ligne 24.— 15. ἐξηπορη- 
θήσεις À. F. 1. ἐχσηπτωθείσης. — 16. λείου] 


λύου A. — 17. ἄνθος] ἄνθου A. — 18. 
ἀναξήρενα: A. — 19. ἔψα: À. — ῥεφανίνω 
A. — ὡς À, -- τοῦτο À. — 922, τὸ δὲ ἄλλον 
A. — 24. ταρΐχεψον À. — ἐν ἅλατ!] ἄλλας 


A. Corr. conj. (M. B.). 


10 


τ 


DÉMOCRITE. —— LIVRE ADRESSÉ A LEUCIPPE 


un 
PA 


» » - œ , 24 
ἢ οὔρῳ à εἶτα λείωσον ὄξε! 


-0 
D 
Oo. 
Ὁ 
e 


’ : , = s = , τ ᾿ - , 
χιτρινῳ ἥμερας €, ᾿μεταξὺ “Λευχοῦ σῶν 'χιτρίων, εἴτα ἀναξζηρᾶνας 
LS = £ RE .) ΤΩ δέ ᾿ NS LU δ \ NS L'4 ’ κ 
ξγξ εἴτα λαδοΐενος τὴν σανοαραγην᾽ τὴν σιθηρίζουσαν χόψον χα! 


δὼ ΕΣ f ὌΝ Ξ - ΄ δὲ = 5 = ΖΞ EAN A 
παρίχευσον ἅλ- (f. 2597.) un ἡμέρας xx ᾿ εἶτα λαδόμενος ὕδατα χαὶ 
ᾷ ; 

᾿ , 0 ’ LA 4 = Pr 
πίτανον, ποίησον χωλὸν ἀποσειρώσας EYE. Ἔπειτα λαξόμενος “τὴν σαν- 
« 1 = F , ἃ . , “; ς , = 
ὁαράχην, ζέσον ἔλαιον ἡμέραν μίαν ᾿ εἰς πρίσματα ζέσον -δμοίως “τῇ 
" 23 = x A = CA : 6 A Δ LA = Se = 4 - —- x 4 
AGOEG TO. χαὶ TO 002 vu 0 με ϑον εν ξγξ εὐτὰ Λαῦομενος TOY 0U0 
= » 2 “- , »Μ “ ’ “ ΄ “- 
ἐξ ἴσου βάλλε εἰς δογήν" ἔψει ἐλαίω κχικίνῳ, À ᾿ῥαφανίνῳ ἕως ἂν 
Fr _ "» »» ὧν τος SEX ΒΞ Ξ ᾿Ξ 
ξηρανθῇ, χαὶ -ἔχε. Ἑπειτα ζλαέόμενοςΣ χαλκὸν “τῆς ἴσου τὼς ὅτι 

ἘΞ ΓΞ 5 Ξ ᾿ CRT ST > = Le 
μάλιστα χοράλλιον ἄθικτον ᾿ οὐχ «ἐχώνων, ἐπίμιξον. ἐχ πῶν -τεγνιτῶν 


ἐπίδαλλε, χαὶ ἔ 
4, Λχέὼν αόνον 


A 


Es , Ν , σαν 
“ποὺ αἀοσενίχου za) TAVGISITS QU. 


΄ ΄ Us = 7 5 A 4 - 
GORE VOEL GE χαλῶς ξγχξιν σιν πο; “ΟἹ ἀναλαμιανομένην ζὲνΣ 
= - Ε J i ϊ ns SE μα 
, , - ΞΣ 7 rs ἘΞ 57 
Αἰνυπτίων τοῦθ ταις ELG GEL γος ὑελιν D, AA! οπτουσιν 0 γον χαὶ 


Ε51 Ἡ ΕΞ Ὧι - C4 Γ x 7 - ΄ - x = 12 

| μεῖς ‘CE “οὐχ οὕτως γὰρ] ὑφεστῶτες “γὰρ “ ἐπιστεύθησαν 
" δ᾿ Η͂ ᾿ a ’ ) Pr = ΄ - x 
ἄνθρωποι, χοινῆ τὴν- μετὰ ταῦτα TÉyVNV. Λαέόμενος χαλχόν τε εἰς τὴν 
. δι -" sh , , . TAN “ 4 - ΄ ’ 
ἰγοὴν ἐλαιῶδες φάρμαχον, χατάθου εἰς πυξίδα χαὶ σῆψον ἡμέρας Ua, 
= FES r = \ x Ut ͵ ͵ Ξ : DEN = 
ἡ χα. ἣ τε, μάλιστα μὲν οὖν ἐν ἱππεία χύπρῳ, εἶτα ἀνε- (f. 2591. 
AT ὦ RE Σ » AE € me 
λόμενος ἔχε λκείωσον ἰατρικῶς, προσδάλλων in τὸ σύνθεμα 


Α. -- 13. μόνος Ἀ. -- 14. ἀρσενιχοῦ À, ici et 


1. ἀφθόρου A. Ε΄. ]. ἀφθόρου {πα:δὸς). — 


ὄξεις χυτρίοις À. — 2. χιτρίων] χυτρ presque dans tout ce morceau. — σανδα- 
. τὸ σανδαράγην À. — 4. ἅλμην A. — 9. ράχη À. — 17. ἀπεσιρώσας À. — ᾧς] ξως A. 


χαλ τῆς ἴσου À. F. l. χαλχίτην (C- Ε- R.) 
« Vaut mieux ». (M. B.).— 10. χόραλλος 
A.— Réd. proposée : οὐχ ἐχ ywv@v τῶν 7e 
ἐπίμ. (M B.) — 


>»! 


ἐξίοι À. — 12. ὡς 


£ = 
αλλ. 


— 390. προφῆται À.— ϑέλινον A. — 23. χοίνοξ 
A.— 24. πυξίδαν À, forme médiévale 
assez fréquente dans ce ms.— 25. A 


mg : σὴ {μείωσα!». — 26. προσδάλλον A. 


10 


15 


20 


56 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


, . 2e. = , . ΤΕΣ N 7 
roro μίσεως ὁμοῦ, γαλχάνθου ἱκανοῦ, χρόχου, ἔλυδρίου τούτων 


, ΄ / \ ! N 
ἰισου. γινόμενον μερος εν προς UE on Lo) 


< 
[Ὁ 
C? 
a 
Ὁ 
ἢ 
ms 
« 
«ἢ 
Ὁ 
DA] 
τ’ 
C 


Ὁ y ᾿ LA -ς La Δι 
σ᾽ dews τῆς τηρησᾶσης πὸ TOËYUA ἀμεταθολον. Οπηνίχα δὲ λειώ- 


σεις ἰατριχῶς, ἐπίδαλλε ἐχ τοῦ ὑγροῦ τῶν βοτανῶν μετὰ ἁλὸς 


5 , ’ =. Li 5 = 4 " 
ἀνθείου, χαὶ πρᾶσου γυλον. Εἶτα ἀνελουξενος εἰς TOOUAALOY EVEL 
, 


Ne boy relayer emiihuconcer Er c1mny EUS 
LATOLAOE OTAULLOY, 90 QE ἐψει ἐπι 14. ρας | EX TOlUV € ne 


“ἤ 


: , NI : ΄ x ef. 

ὁπηνίκα δὲ ἐχτελέσεις τὴν ἕψη- 
à SSSR " 

᾿ηρανθῇ, ἀλλὰ ἐλαίου πάχος ἔχη, βάλλε 
i - vi 


4 4 


: 
à τς Us " Sn , - EE , 
εἰς τεῦχος ὑέλινον, ἔψει ὀλίγον βολέίτοις ἕως παγῇ ᾿ ἄρον χαὶ λείω- 


7) 


l 


) \ ἊΣ 5 = , # 
σον χαὶ Eye ᾿ χαὶ Aabwy γῆς ἀργύρου οὐσίας τῆς ἁπαλωτάτης ἥν 


͵ 
PA Σ᾽ παν N , 
ΚῊΣ ραν χαλοῦσιν, ταύτης μέρη δύο, σινοπίδος 


Ξ 
[Ω] 
υ 
— 
ἘΣ 
< 
= 
à 
Ὁ 
2 
δ 
Ξ 
διε 


Æ ! A . = , ! δ ῃ 
ποντικῆς μέρος ἕν, χαὶ τοῦ... ἐν τῷ ληχυθίῳ μέρη δύο, λείου διμοῦ 


EL RUE Enott SE RP En LE ἐκ ΝΕ ἃ 
TLXOV, f] AIVVAGHOLLOY, ἢ χορὰ ALLOY, f σινωπιτιχον. οὐ πον, 


μέγιστον θαῦμα τοῦτο χαλοῦσιν χρυσοχόραλλον, χαὶ τὰ ἄλλα ὀνό- 


ματα ἅπερ ὀνομάζονται, οὐχ ἴσασιν. Τοῦτο ἐπίδαλλε καὶ χαίε ἄργυ- 


= \ A SRE a NE as Ce + À ΕἸ 2e Ξ rs 2 06 
poy, χαὶ τὸ ἀφ ἡμῶν λευχανῦεν xpUbE, ὦ Δεύχιππε, τὸ πᾶν ᾿ ἐφύο- 


ἘΞ 


II. πι. - η ἈΣΥΝΕΣΙΟΥ ΦΙΛΟΣΌΦΟΥ ΠΡῸΣ AIOZKOPON ΕἸΣ 
ΤῊΝ BIBAON AHMOKPITOY, ΩΣ EN ΣΧΟΛΙΟΙ͂Σ 


Transcrit sur M,f. 72 ν. — Collationné sur B, f. 20 r. ; — sur C, f. 14 (jusqu'à la 


fin duS 5); — sur À, f. 31r. ; — sur S, congénère de B (passim); — sur l'édition de 
Fabricius (Bibl. gr. vaut, p. 235 = Fabr.) — (Contenu aussi dans Laur. Ve arti- 
cle; — le ms. de Vienne; — le cod. Ambrosianus de Milan.) — L'ed. de 
1.— ὁμοῦ] F.1. ὠμοῦ. --- 3. ὁλιχομιξάνθου | dans le ms. — λεχυνθέω A.— 15. ᾿Αδιή- 
A, — 4. τῆρεισάσεις À. — πράγμαν Α. — |  ÿnxov x. τ. À.] Cp. Berthelot, Orig. de 
6. éstpoühoy A. (Corrigé par M. B.).— | l'alchimie, p. 162. — 17. οὐσίσασιν À. — 
7. τρίθον B.— 8. διεὶς A. — 9. ἔχειν A. — aie] χηεὶ A. — 18. λευχανθέντι Α. — ὦ 


13. χαὶ τοῦ...1 Lacune non indiquée Λεύχιππε] ὦ λευχὴ παῖ Α. --- 19. ἔρρωσοι A. 


SYNÉSIUS. — DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 57 


Fabricius a été faite d'après la copie d’un ms. de Paris, probablement À. La 
traduction latine qui l'accompagne est celle de Pizzimenti (= Pizx.) ; elle dérive 
de M.— Lorsque les variantes de BCA Fabr. sont niques on n'a indiqué que B 
— On a maintenu la division en δὲ de Fabricius en dédoublant quelques para- 
graphes au moyen d'un bis. 


? 
, 21 PS 5 SL 25 x NES Sd. 
Δημοχρίτου 616)ou, οὐχ ἀμελέστερον ἔσχον * ἀλλὰ σπουδῇ πολλὴ 
bd il 


i 
x Ε 2 Ν \ rie » > / 
χαι πονῷ ἐμαυτὸν ῥασανίσας, ξορᾶάμον προς σε. Ἐν ῳ οὖν προχειται ἡμῖν 


5 ΞΔ ARTE : : 
εἰπεῖν TLG ἂν εἴ ὁ νὴ εχεῖνος 9 


ἐλθὼν ἀπὸ 


S 
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À 


» | 7 \ τι ΠΣ , 
ABôr, ον φύσιλος ων, χαὶ TAVT α τὰ φυσικαὶ ἐερευνῆσας εἰ ner 
= ἘΞ » Ε: x 7 "A6dn ΝΡ, 2 = À Θ REC : ! διε 

μενος σα OVTA χατὰ φύσιν. ἃ ὃὲ ἐστι πολις ρυχης εγενέετο 0€ ὁ 


2 λο τμὦτατος, ὃς ἐλθὼν ἐν πεν ἢ ἐμυσταγωγη ηθη παρὰ τοῦ ψεγά- 


ὮΝ 
OO 


2 s ΒΝ . - “- LA - ΄ “- 
υ ΠΝ ἐν τῷ ἱερῷ τῆς Mines σὺν χαὶ πᾶσι τοῖς ἱερεῦσιν 
ὰ 


: ἢ ΙΝ ὁ οἷς Ὦ Le PEN ΡΜ α 
Δἰνύπτου. ‘Ex τούτου λαῤδὼν ADOQUTS, συνεγράψατο DLOAQUS τεσσαρας 


5 x = D \ x 1 


πὰς αφορυας λα ων, συνεγράψατο 7 παρὰ τοῦ με εγ 


TS 
=> 
Ὁ 
rs 
"τῷ 
>, 
a 

1 
a 
< 
o 
- 
Ν 
[ΟἹ 
τοὶ 
Ι 


“-“ \ . . 
φύσις τὴν φύσιν χρατεῖ, καὶ ἢ φύσις τὴν φύσιν νιχδᾶ,, χαὶ τὰ ἑξῆς. 


2] Ἀλλ᾽ ἡμῖν ἀναγχαῖον ἐστι τὰ το 


= , = ΄ , 2 24 , 
χαὶ παθεῖν τίς À γνώμη χαὶ ποία. ἣ τάξις τῆς ἐν τὸ ἀχο ΠΤ 


Q 
ἘΞ s 
a 
Ὡ 
«) 
Ὁ 

5 
O2 
=; 


“ΠῚ La N 7, s + “. ! ἊΝ 
Or υἱὲν οὖν OUO χαταλόγους ET λον UV YEY γεν. Λλευ- 


ΟΝ, = - 
χοῦ χαὶ ξανθοῦ 


\ à Is + Ἂν \ 
χαὶ πρῶτον LLEV τὰ OTEDEX χατέλεξεν, ETELTA GE τοὺς 


͵ A ͵ x RES 
μένου ETL τῆς TE VAS. ἘΝ γὰρ HASTUSEL λέγων περ 


ποῦ εγὰ- 
[136 1} i i 


î 
, LA e Ω ᾽ \ s LA = κω » La 
Aou 0 στανοὺ OTL οὗτος O ἀνὴρ Οὐχ ἔχεν 2170 TA τῶν Δἰγυπτίων 


10. πᾶσι] παισὶ Β: πᾶσι MS. — C. ὃ om. Μ. --- xx ἢ] ἢ om. Fabr. — 16. 
ponctue: σὺν χαὶ παισὶ, τοῖς ἵερ. Αἰγ. — Avant ᾿Αλλ᾽ - qui] ᾿Αρχή - MBCA. -- 
12. χρυσοῦ] signe du cinabre Fabr., ici 19. λευκοῦ γὰρ 2. €. BCAS Fabr.— Après 
et partout. — 13. συνεγράψατο γὰρ Fab. ξανθοῦ] χαταλόγους (zarækoyoy Fabr.) add. 
— Ὁστάνους M. — παρὰ] περὶ M. — 14. B. — τοὺς ζωμοὺς] τὸν ζωμὸν Fabr. 


8 


σι 


10 


15 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS : 


Μ Ν -Ν 5 ΄ ; " Q À 
ἐπιθολαῖς, οὐδὲ ὀπτήσεσιν * ἀλλ ᾿ ἔξωθεν ὀιέχριε τὰς οὐσίας, χαὶ 
μὸν 5 , Ἔ 1 : ἊΨ 
πυρῶν, εἰσέκρινε τὸ φᾶρμαχον. Εἶπε δὲ ὅτι ἔθος ἐστὶν Πέρσαις ποῦτο 
ποιεῖν. Ὃ δὲ λέγει, τοῦτό ἐστιν, ὅτι εἰ μιὴ ἐχλεπτύνης τὰς οὐσία 
ποιεῖν. QE ŸE τ ἐστιν. τι EL | ETT ns τας ιᾶς. 


ἥσιν, χαὶ ἀχούσωμεν αὐὖ- 


ὗ 
A LA e 2 (A 
TO TOVTLOY ρα. Βλέπε TOTAUT NV παρᾶ- 


7 


ἵνα pnvÜon τὸ ἄνθος. 


χαὶ τὸ πόντιον ῥὰ, ὡς 


el « Là « “- , . 
ὅτι ὃ Πόντος χαταρρέοιτο ὑπὸ τῶν ποταμῶν χαὶ πάντες οἱ ποταμοὶ 
- ΕἸ 1 LAN ε ἘΠ 
εἰς αὐτὸν χαταρρέουσι. Κατάδηλον οὖν ἡμῖν ποιούμενος, σημαίνει τὴν 
ἜΣ AN » A - > -- 
ἐξυδάτωσιν χαὶ ἄχλυσιν χαὶ λεπτυσμὸν τῶν σωμάτων, ἤτοι οὐσιῶν. 
ΩΣ bis] Διόσχορος λέγει * Kai πῶς εἶπεν ὅτι ὀρχία ἡμῖν ἔθετο 
N τὸ SAN 
unoevi σαφῶς ἐχϑοῦναι ; 
χε -ῳ Ἄν N [2 N \ ᾽ ΄ 5 A 
— Καλῶς εἶπε « μηδενί», τουτέστι μηδενὶ τῶν ἀμυήτων ‘ τὸ 


x N x A << : 
γὰρ «μηδενὶ» οὐ χατὰ π γτος χατηγορειτα" 


μεμυημένων χαὶ γεγυμνασμένον τὸν 


s Σἢ x 2 = 3 LP - - 4 cr - 
4] Βλέπε γὰρ ἕν τῇ εἰσδολῇ τῆς χρυσοποιΐας, τί εἶπεν 
Ν ! ε ᾽ A ΟΡ ΄ A 
ὑοράργυρος ἢ ATO χινναδάρεως, χρυσοόχολλα. 


Διόσχορος. Καὶ τοιούτων χρεία ἐστί ; 
Συνέσιος. Οὐχὶ, Διόσχορε. 
Διόσχορος. ᾿Αλλὰ τίνος Ξ 

- Ἤχουσας, χαὶ πάλιν ἀχου-. 79 1.) σον. Ἢ ἀνάλυσίς ἔστι τῶν 
σωμάτων, ἵνα ἀναλύσης αὐτὰ χαὶ ὕδατα αὐτὰ 


σωσι χαὶ ἀχλυωθῶσι χαὶ λεπτυνθῶσι. Τοῦτο δὲ 


2 - Après ἐστὶν] οὔτ» add. BCA Fabr.— 
3. F. 1. ἐχλεπτυνεῖς, ἀναλύσεις... ἐξυδατώσεις. 
— 6. πόντιον] F. 1. ποντικὸν ici et plus 
loin.—7. ἠνίξατο! ἤρξατο Fabr.; exorsus 
est (trad. lat.), f. mel. — 8. ὡς οὔ. 8. 
— 9. 6 Πόντος ὑπὸ τ. 

BC; ὁ Πόντος ἀπὸ τοῦ χαταρρεῖν (χατωρρέων 
ΑἹ τὸ ὑπὸ τ. ποτ. À Fabr.; ὁ Πόντος 
ται ἀπὰ τοῦ χάτω τῶν ποτ. δεῖν 5. — 10. χα- 


τάδηλον] κατάλληλον AS Fabr. — ποιούμε- 


ποτ. χαταρρέετα: 


λέγε- 


vos] ποιησάμενος B. — σημαίνειδὲ A. Fabr. 
— 11. ἄχλυσιν] ἄχλύωσιν BCS; ἀχλόωσιν 
À Fabr. qui ajoutent καὶ κατάλυσιν. — 


za λεπτυσμὸν] καὶ λελεπτυσμένον À; καϊλελεπ- 
τυσμένων Fabr. — 12. BA mg. : Dialo- 


gus. — λέγει] φησι BCAS Fabr. — 14. 
τουτέστ: — μηδενὶ om. Fabr. — 17. βλέ- 
Fabr. — 18. ὑδράργυρος ἣ ἀπὸ χινν.]} 
Fabr. — 20. Συνέσιος.] 
23. αὐτὰ om. B. 


TE!S 


σελήνη ἀπὸ χινν. 


σύνες; Fabr. — 


10 


25 


SYNÉSIUS. — DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 


39 


” RAIN αν τὸ 5 ς, ᾿ VIE 
θεῖον, χαὶ ὑδράργυρος, χαὶ χρυσόκολλα, χαὶ θεῖον ἄπυρον. Καὶ 
»"" ὌΧ , = >, x = ΄ Pur : \ 
ὅσα ἄλλα ὀνόματά: εἰσιν “ ἣἢ γὰρ, λεύχωσις χαῦσίς ἕστι, xai 
᾿ς τι, ἢ 3 “ DEL ᾿ "πὰ ᾿ A M er, ANR 
ἣ ξάνθωσις, ἀναζωοπύρησις “ αὐτὰ γὰρ ἑαυτὰ χαίουσι, χαὶ αὐτὰ 
5 \ > - . < ε NA ἊΝ ᾿Ξ VA : 1 
aura ἀναζωπυροῦσιν * Ὁ δὲ φιλόσορος πολλοῖς ὀνόμασιν ἐχάλεσεν 
_n Σ: Ν = = 7 , AS 
αὐτὰ, ποτὲ μὲν ÉVIXGG, ποτὲ ὁὲ πληθυντιχῶς, ἵνα γυμνάση ἡμᾶς, 
: 
al EN - » ΄ Εἰ x δι \ F ες ἜἘὰ 
χαὶ ion εἰ ἔσμεν γοήμονες. Bionxe γὰρ ὑποχατιὼν οὕτως ᾿ CE 
4 
NSVOQUEV χαὶ ποιήσης ὡς γέγραπται, ἔσῃ μαχάριος ᾿ νικήσεις γὰρ 
͵ Π ll 
SN τι πο Σ Aeaneméreyee οὗν χδὶ 
μεθόδῳ πενίαν, τὴν ἀνίατον νόσον.» ποδιαπεμπόμενος οὖν χαὶ 
, “ὦ + PT =: - ! À , EN - -» 
ἁποπερισπὼῶν ἡμᾶς τῆς ματαίας πλάνης, DOTE ἀπαλλαγῆναι ἡμὰς 
τὸ 4 / RE - τ Anne 2e PIE) 
τῆς πολυύλου φαντασίας. [loéceye δὲ ἐν τῇ εἰσόολῇ τῆς 61610 
ν» ͵ 
, ç É er NE , \ / δ α:.-ἢ 74 Ὁ x 
τί εἶπεν “«Ἥχω δὴ χἀγὼ ἐν Αἰγύπτῳ φέρων τὰ φυσικὰ, ὅπως 
“- = Ca ’ Φ x DA " x « 
This πολλῆς ὕλης χαταφρονήσητε.» Φυσιχὰ δὲ εἴρηχε τὰ στερεὰ 
΄ Ei 5 s S : = τς \ , en 5: M 
σώματα. δὲ μὴ γὰρ αὐτὰ ἀναλυθῶσι, χαὶ πάλιν παγῶσιν, οὐδὲν 
- ΄ ΤᾺ μν , 
εἰς πέρας προσέλθοι τοῦ πράγματος. 
ΓΝ Εν ’ “ . ΕΞ e = e4 \ FAN 
9] αὶ ἵνα νοήσωμεν ὅτι ἐχ τῶν στερεῶν λαμόάνεται τὰ ὕδατα, 
== ᾿Ξ Ἐπὶ FA » ῃ Ξ “ ΣΎ ou ς -- Τὸ Qu a "» A < A 
τουτέστι. τὸ ἄνθος, ὅρα πῶς εἶπε “ «Τὰ δὲ ἐν ζωμοῖς, xpéxov 
, δύ 23 = , A ἂν ΚΡ τα \ » ῃ s \ Ὁ δὰ 
χιλίχιον, χαὶ ἀριστολοχίαν,» χαὶ τὰ ἑξῆς. Τὰ ἀνθη εἰπὼν, ἐδήλωσεν 
€ ἘΞ “ : τι a x Ὁ 2 1 K A τ“, ε - 
ἡμῖν. ὅτι Ex τῶν. στέρεῶν: τὰ ὕδατα. λαμόάνετανι. Καὶ ἵνα ἥμᾶς 
“- " LL A \ - = ᾿ " ᾿ ἔ 
πείσ᾽ ὅτι ταῦτα: οὕτως ἔχει, μετὰ τὸ εἰπεῖν, οὖρον ἄφθορον, εἶπεν 
AUX > EL \ #9 n Va CE / 
χαὶ ὕδωρ Gobeotou, χαὶ ὕδωρ. σποδοχράμόης, χαὶ ὕδωρ φέχλης, 
A CAN , \ ἘΔ "Ἂ + \ = K x NE" 
χαὶ Üowp στυπτηρίας, χαὶ ἐπὶ τέλει εἶπε χυνὸς γάλα. Kai δῆλον 
a: : : ar ; ῶο τ ρος: 
UV ἐστίν. ὅτι τὸ ἐχ τοῦ χοινοῦ ἀναφερόμενον τὰ γὰρ. λυτιχὰ 
= ᾿ 4 FAN) PR) ὩΣ = 
τῶν. σωμάτων προσήνεγχεν, ὕδωρ νίτρου, χαὶ ὕδωρ φέχλης. 
ZA 4 = 3! 3 e Ê a L "7 
Καὶ ὅρα πῶς εἶπεν “ Αὐτὴ ἡ ὕλη τῆς χρυσοποιίας, (f. 74 τ. 
Ê > : a à “a A: 
ταῦτα. εἰσι τὰ. μεταλλοιοῦντα τὴν ὕλην χαὶ μεταλλεύοντα xat πυρί-- 


1. δὸράργυρος] σελήνη Fabr.— Dans C, 
au-dessus de ὑδραργ. et du signe de θεῖον, 
une main du temps a écrit ὕδωρ θείου. --- 
3. Après θεῖον ἄπυρον] Réd. de B. et de 
ses dérivés: ἀλλὰ δὴ χαὶ ὅσα λοιπὰ Ov. εἰσιν. 
— Ε..]. ἀναζωοπύρωσις. — 4. ἀναζωπυροῦ- 
σιν C. —.5. BCA mg. : ὅρα πονηρίαν 
φιλοσόφων. Voyez la malice des philoso- 


phes! — 7. ποιήσῃ Fabr. — 8. où] ἣν 


B. — 9. ἀπηλλάγηται Fabr. — 11. M 
me., à l'encre rose : ἀπ᾿ ὧδε, avec renvoi 
à φυσιχά. (main du XVe siècle). — 14. 


προσέλθη B. — 15. Au-dessus de χρόχον 
etde ἀριστολοχίαν, signe du mercure M 
(encre rose) BCA. — 23. προσεισήνεγχεν 
B; προεισήνεγχεν CA Fabr. 


10 


15 


60 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


72 e [2 

ἧς νοήμων χαὶ ποιήσῃς ὡς YE 
Εὶ 7 \ τῷ τοὶ ἈΝ 

0] Διοσχορος. Καὶ πῶς €4® ὃ rer ᾿ ἱόσοφε, τὴν μέθοδον 


παρὰ σοῦ δούλομαι μαθεῖν. Ἐὰν γὰρ ἀχολουθήσω τοῖς 


f \ 
οὐ 
es 
Ὁ 

=) 
[Ὡ 
Ὧν 
᾿ τὰ 
[Ὁ 
= 

LA] 

” 


A. TA é. ! \ NY ΄ x 
— Axousov, Διόσχορε, αὐτοῦ λέγοντος, χαὶ ὄξυνόν σου τὸν 


= 2 ΦᾺ 1 τὸ ““΄Ἃὖ = » pre 
γοῦν, Διόσκορε, καὶ ὁλέπε πῶς λέγει © « Ἐχστρεψον αὐτῶν τὴν φύσιν, 
σ᾽ i 
΄ « 1 4 ἊΝ 
ἢ γὰρ φύσις ἔνδον χέχρυπται.» 
Ξ LA ΤΊ LA 
— Ὦ Συνέσιε, τίνα ἐχστροφὴν λέγει ; 
1 À ; ἐὰν 
— Τὴν τῶν σωμᾶτων λέγει. 
- Καὶ πῶς αὐτὴν ἐχστρέψω: ἢ πῶς φέρω τὴν φύσιν ἔξω: 
ἰἰ πῶς αὐτὴν ἐχστρέψω ; ἣ πῶς φέρω τὴν φύσιν ἔξω: 
5---Ξ- "OË: VAN ro! σὸν voi A ΚΞ PIN NEO LA = λένε 3 ὌΝ 
ὕζυνον σοὺ τον νοῦν, ἰσσγχοῦξ, χα! πτροσεξ τ ξγξι. αν 
> A ΄ ε NES / 2 “Ὁ = 
οὖν οἰχονομσης ὡς δεῖ, φέρεις τὴν φύσιν ἐξω. ἰἢἣ yix χαὶ ἄστε- 
4 : 
ρίτης, χαδμία λευχὴ, χαὶ τὰ ἑξῆς. Βλέπε πόση παρατήρησις τοῦ 
PIS, ἃ L SCUAT), καὶ À ESS. \ÊRE ποσὺ RAR 180931 ou 
SANTE = , ἐᾷς ἘΞ ΥΩ τ NZ , a “ὦ; 
ἀνορὸς, πῶς πάντα λευχὰ ἠνίξατο, ἵνα δείξη τὴν λεύχωσιν. Ὃ λέγει 


? 
Δ ΄ ΄ > ᾿ Β , ΄ x = «ἃ 
ουν, ἰοσσγχοῦξ, TOLOUTOV. εστι χλὲε τὰ σωματα μετα τῆς νοραρ- 


γύρου, χαὶ ῥίνησον εἰς λεπτὸν ᾿ χαὶ ἀναλάμθανε ὑδράργυρον ἑτέραν 


- 


Ν AN 4 Ἑ “ Η = 

πᾶντα γὰρ ἣ Vopapyupoc εἰς ἑαυτὴν ἕλχει χαὶ ἔασον πεφθῆναι 
\ , , , = 

ας " χαὶ βάλε αὐτὴν εἰς βωτάριον ἐπὶ θερμοσ- 


> . \ Q ὙΣΔΑΥ ῃ Αι 
ποοιᾶς μιὴ ἐχούσης τὸ πῦρ ὁὀιάπυρον, ἀλλὰ ἐπὶ θερμοσποδιὰν πραεῖαν 


CE , cs - ἂ ra Ζ 
Ο ἔστι κηροταᾶλις. T αὐτῃ OUV τὴ ἀναῦόσει τοῦ πυρὸς, συναρμόζεται 
, 


7: "Ὁ > " , 2 1 
τς βωταρίς ὑξελινον 22 γᾶνον ξγον μαστᾶριον, ἐπὶ τα ἄνὼ πρόσέγον, 
| "] ν ῃ ï ΄ 


2. μαχάριος] Interrompu ici la colla- mg. ση. — Figure d'appareil dans BCA. 
tion de C; noté seulement quelques — 20. Après θερμοσποδιᾶς]) πραείας - ὃ δὴ 
variantes dans la suite. — 7. Après βωτάριόν ἐστι χηροταχίς BCA Fabr. Le 
νοῦν] Διόσχορε om. et τοῖς ἐγχειμένοις add. ms. À restitue en mg. (écriture du 
B. — =] πρόσχες B. — 9. Avant ὦ temps), entre θερμοσποδιᾶς et πραείας : μὴ 
Συνέσιε] ἣν Fabre (abréviation de Διόσ- ἐχούσις (sic) τὸ πῦρ διάπυρον - ἀλλ᾽ ἐπὶ θερ- 
χοροςὶ). — 10, ΒΟΑ mettent cette réponse μοσποδιᾶς. — 22. ϑάλινον Β. — 23. ἐπιχέ- 
en marge. — 12. πῶς λέγε!] τοῖς εἰρημένοις oxka] χατὰ χάρα χείμενον Β. — À mg: 
B. — 14. τοῦ om. M. — 16. M mg. sur ἤγουν ἐπιχέφαλα χύσθω (f. 1. χείσθω). --- Dans 
une ligne verticale et en lettres retour- Fabr.: χαὶ χάτω χάρα * χείμενον ἦ, eten 
nées: φανερόν. BCA ont reproduit ces note : “in ora codicis adscriptum : ἐπιλε 
caractères sans les comprendre. — A φαλαιούσθω. (Note de Α mal déchiffrée.) 


PP FE 


SYNÉSIUS. — DIALOGUE SUR DÉMOCRITE GI 


’ Μ ὩΣ πὸ [2 ἊΝ ES « \ 
δέγου χαὶ ἔχε χαὶ σῆψον. Τοῦτο λένεται ὕδωρ θεῖον Tr: ἐστὶν 
. _ ᾿ “ LA 
ἐχστροφὴ ᾿ ταύτη τῇ ἀγωγῆ φέρει 

ἢ τῇ Eros 


χαλεῖται λύσις σωμάτων. Τοῦτο 


ἀμιηναῖος, χαὶ τὰ ὅμοια. 


σι 


Lay À 7- “ , e \ x TRS , = - 
7] Καὶ ἵνα: θαυμάσης (F. 74 ν.) τὴν τοῦ ἀνδρὸς σοφίαν, βλέπε πῶς 

= ’ J te © ä , 
δύο καταλόγους ἐποιήσατο, χρυσοποιίας χαὶ ἀργυροποιίας, καὶ πάλιν 
“ : 2 = \ κ᾿ Η D Ξ 
δύο ζωμοὺς, τὸν μὲν ἕνα ἐν τῷ ξανθῷ, χαὶ τὸν ἕνα ἐν τῷ λευχῷ, 


4 LS \ < τῷ = 
πουτέστι 2 υσὸν χαὶ ἄργυρον, χαὶ ἐχάλεσε τὸν τοῦ χρυσοῦ χατάλογον 
; ; nee 
10 Pr Πάνυ χαλῶ 


Σ 
Ἰὰς RE 
υνέσιος. Μᾶλλον τὸ λευχάναι. 


= 
Δ ΄ AN Q « , x + ἘΞ 
Διόσχορος. Καὶ διὰ τί τὴν ξάνθωσιν εἶπε πρῶτον; 


" ΄ ss ᾿ = ” ἊΝ \ 
— Où, Διόσχορε, ἀλλὰ γυμνάσαι ἡμῶν τὸν νοῦν χαὶ τὰς φ 


τὸό 

Οὺ- 
< 
S 
LA) 


Oo 


’ Le , ΄ mn 
ὕτω συνετάγησαν  ἄχουσον αὐτοῦ λέγοντος ᾿ «Ὡς νοήμοσιν ὑμῖν 
ε = = N = , 2 τ 
ὁμιλῶ, γυμνάζων ὑμῶν τὸν νοῦν». ᾿Βὰν δὲ βούλη τὸ ἀχριδὲς γνῶναι, 


= 
ς 

4 
, Ἃ7 “ À , Ν 
9 


χαταλόγους, ὅτι πρὸ πάντων ἣ 


LA » \ n 
TP0TE/ € εἰς τοὺς οἱ 


9 
À NE 


- , \ - το ΄ ΡῈ = = D - 
20 ἐτάγη, χαὶ EV τῷ Γανθῷ, TOUTEGTIV γρυσῷ, χαὶ ἐν τῷ λευχῷ, 
Lis DANCE PSE À = ETS ΡΕ Nr: Le a SX 
τουτέστιν ἀργύρῳ. Καὶ ἐν μὲν τῷ χρυσῷ εἶπεν ᾿ὑόράργυρος ἢ TO 
, : Ἂχ τὰ ἢ “ ci Ne À 5 , OI 
Ξρναθάρ EUWC, ἐν 0€ τῷ λευχῷ εἰπεν ᾿ὑόράργυρος ἢ ATO ἀρσενίχου, ἢ 
, \ ΡΣ 
σανδαο ράχης, καὶ τὰ ἑξῆς. 
Q A 2 > ἴ , + - ἘΝ 
δ᾽ ιόσχορος EÎTE Διάφορος οὖν ἔστιν ἣ ὑόράργυρος: 
1. χαὶ σῆψον] εἰς σῆψιν Β. --- 2. ταύτη lement par Olympiodore (II, 1v, 30). 
— χεχρυμμένην Om. B.— 4. ἀμήνεος B. Nous rapportons les principales va- 
— 7. καὶ τὸν ἕνα] τὸν cpoy Β. -- riantes de cette citation, qui sera sup- 
10. «Διόσχορος» ] A. Fabr.— 16. τὸ γυμ- primée dans le texte d'Olympiodore 
νάσα: BC. — ὑμῶν BC. — 17. συνηταγή- et nous les désignons ici par un asté- 
τησαν Fabr. — ὡς νοήμασιν ἡμῶν ὁμιλεῖ risque. — 19. χρυσῷ... ἀργύρῳ] signes 
Fabr.— 18. ἡμῶν Fabr. — ᾽Εὰν δὲ βούλῃ... de l’or et de l’argent dans les mss. — 
Le morceau commençant par ces mots 21. χαὶ om. Fabr.— 24 διάφορος οὖν] zx 
et finissant avec le $ 9 est cité textuel- διάφορος B. 


10 


62 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


mix οὖσα. 


ΓΖ 

€ 
< 
[Q) 
a 
τ 
Ὁ 
Sy 
8 
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ἘΞ 
ῶ- 

- 

Oo 
Ὁ 
Os 
Ua] 
ΓΝ 
a 
«ἢ 
ἘΣ 


- 


΄ 7 » » - 7 
Διόσχορος. Καὶ, εἰ μία ἐστὶ, πῶς ἐστι διάφορος ; 
δ Ξ ΄ S mooone vives “αὶ evt δή 2 
Συνέσιος. Ναὶ, διάφορος γίνεται χαὶ μεγίστην - δύναμιν ἔχει. 
" RC ἘΞ / ᾿ \ = : 
Οὐχ ἤχουσας voi Ἑρμοῦ λέγοντος «Τὸ χηρίον τὸ λευχὸν, χαὶ τὸ 
χηρίον τὸ ξανθόν»: 


Δ / N \ LS Cr Ὁ, 1 \ 
Διοσχορος.. INŒEL nxoUG OTEO δὲ δούλ ομαι te Σιυνέσιε, 


, 
= O0 # , Ξ 
σοῦτο με οιόαζον πὸ ποίημα. Πάντως αὕτη τὰ εἴδη πάντων δέχε- 


/ ᾽ / / more A : \ F Q2 
Συνέσιος. ‘Evénoac, Διόσχορε ᾿ ὥσπερ γὰρ ὃ xnpôc, οἷον δ΄ ἂν 
= δε “ \ ε ε , ΄ 
προσλαμόάνη χρῶμα δέχεται, οὕτω χαὶ à ὑδράργυρος, φιλόσοφε, 
αὕτη λευχαίνει πάντα, χαὶ πάντων τὰς ψυχὰς ἕλχει, χαὶ ἑψεῖ αὐτὰ 
χαὶ ἐπισπᾶται. Διοργανιζομένη οὖν χαὶ ἔχουσα ἐν (f. 7517.) ἑαυτὴῆ 
0 


τὰς ὑγρότητας πάντως, χαὶ σῆψιν ὑφισταμένη ἀμείόει πάντως τὰ 


χρώματα, χαὶ ὑποστατικὴ γίνεται, ἀνυποστάτων αὐτῶν ὑπαρχόντων. 


1ὅ 


τὸ 
σι 


΄ 


ω- »»" 5 3 ε 2 
μᾶλλον δὲ, ἀνυποστάτου αὐτῆς ὑπαρχούσης τότε χαὶ χατόχιμος 
, . κῷ DS à = , -- εἶν 2 "Ὁ 
γίνεται ταῖς οἰκονομίαις ταῖς οια τῶν σωμάτων χαὶ τῶν ὑλῶν αὐτῶν. 

7 πε » (ἃ: x ΄ Al : d 

9] Διοσχορος.. Καὶ ποῖά εἰσι ταῦτα τὰ σώματα, χαὶ αἱ ὥὕλαι 
αὐτῶν ; 

\ ! ἘΠ 5 2 \ ΄ ᾿ 2 

2UVEGLOG. τετρασωμία, χαὶ τούτων TE συγγενῆ. 

7 THEN - > \ δ 
Διόσχορος. Καὶ ποῖά εἰσι τὰ τούτων συγγενῆ ; 


Συνέσιος. Ἤχουσας ὅτι αἱ ὕλαι αὐτῶν ψυχαὶ αὐτῶν εἶσι 


so 


Atécropos. Καὶ αἱ ὕλαι οὖν ψυχαὶ αὐτῶν εἶσι ; 


Ἢ ͵ Τ δ “ Ν Ε , τι ΄ 
Συνέσιος. Ναὶ ὥσπερ γὰρ ὃ τέχτων, ἐὰν λάδη ξύλον 


= 
ἊΣ 
are) 
Ὡ 
ES 
— 
S 
3 
τ 
Όν- 
à 
Oo 
3 
[0] 
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O2 
rs Ὁ 
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ΞΕ 
[Q] 
© 
a 
ς. 
<a 
Ὡν- 


σαι, οὕτω χαὶ ἣ τ 


, 
τ (a x Ξ - 
Αχουσον, ὦ ΕΝ ορε. Ὁ ἌΣ ξέει τὸν λίθον, ἣ Re ἵνα 


“- 10 - , - _ ri ε ,ὔ 4 A « se 
ETRITI0E10 06 γένηται εις τὴν γρειᾶν αὐτοὶ ομοιὼς χαὶ O TEXTOY 
15. Après ὑπαρχούσης] ἐν οἷς add. M*, M} καθέδραν ἢ δίφρον, χαὶ μόνον τ. ὕ. ἐργ. 
f. mel. — 21. ὕλα: οὖν A. — 23. γὰρ om. χαὶ οὐδὲν ἄλλο αὐτῷ χαρίζεται. ὃ τεχνίτης, 
Fabr. — 24. χαὶ ποιῇ θρόνον suppléé par εἰ μὴ μόνον τὸ εἶδος, οὕτω χαὶ ἣ τέχνη 
Fabr. et Pizz. Rapprocher la rédaction αὕτη. ΓἌχουσον 2. τ. À. (Ε΄. mel.). — 25. 


de Μ': ὥσπερ γὰρ ὁ τ. ἐ. À. E. ποιῇ {ποιεῖ χαὶ om. Fabr. 


10 


SYNÉSIUS. —— DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 63 


> 5) Rollers κοὶ Cle ὥστε vevéchar 026 SA SES RSS 
TO SUAOV TOILE HAL GEEL, στε VEVEGUAL ὕρονον Ἢ Οοίφρον, χα! οὐοξ) 
> NE NE ἐν / NE OM NS JS 
(ἄλλοΣ γᾶριςεται © TEYVITNS εἰ μὴ μόνον τὸ εἰοὺς © οὐδὲν γὰρ ζἄλλοΣ 


- 


ε , : , SNS à , 
OUOLWS χαὶ <> χαλχὸς γινεται ἀνὸριὰς (ἢ χύχλος 


Νὴ ἄλλο Ci χεῦος. τοῦ τεγνίτοι To ένον σὲ εἶδος αοιζοιμένου * 
Ὶ \AQ \K72 σχευος, τοὺ τέγνιτου αὐτο μόνον τὸ εἴόος χαριζομένου 

2 z MER GENE) Ἃ ! € ΣΝ ς ῳ -" SIN DEN 
OUT οὖν χαι Ἢ : 02%0%0206 φιλοτεχνουμιένη ϊ 2 μῶν πᾶν εἴοος αὐτὴ 


πολλὴν συγγένειαν ἔχειν ἔλεγεν. 
1 πὰ πος 5-7 7 VON Pr = 
10] Διόσχορος. Καλῶς ἐπέλυσας, φιλόσοφε" ἐδίδαξάς με, φιλόσοφε. 
. 4 
NE: + s τ ANR ᾿ Ν _ τος 4 5 
Βούλομαι οὖν ἐπὶ τὴν τοῦ ἀνδρὸς ἀναδραμεῖν ῥῆσιν, χαὶ ἐξ ἀπαρ- 
& ΝΖ Se ᾽ SE ΕΙΣ , : 5 / à ὮΝ , Ε 
χῆς εἰδέναι τὰ ὑπ ᾿ αὐτοῦ λελοξευμένα ὡς εἰρημένα δράργυρος À 
5 A 21 = - τὰ e D , 3 4 
ἀπὸ χινναδάρεως ᾿ πᾶσα (f. 75 r.) οὖν ὑδράργυρος ἀπὸ σωμάτων yive- 


τὴν ἀπὸ χινναδάρεως οὖσαν: 


FM à n / e D ΤΕ ΄ - # δι ε 
Καίτοι γε ἣ χιννάδαρις ὑδράργυρος ξανθή ἐστιν, αὕτη δὲ λευκὴ, ἡ 


/ , ΄ \ ε € - 

τὸ προσδοχώμενον χαὶ μάτην χάμνουσιν οἱ τὰς ὕλας ἐξερευνῶντες, 
x ΄, , , “ 2 "Dr « ΡῈ 

χαὶ μὴ φύσεις σωμάτων μαγνησίας ζητοῦντες. "Efsoz: γὰρ τοῖς ποιη- 


i 
εις, ἄλλως τε χαὶ ἄλλως σχηματί- 


ὶ 


1. γίνεσθαι Fabr. — χαὶ οὐδὲν — τὸ εἴδο- — 8. συγγένειαν] ἀγγελίαν mss. Corrigé 
om. À Fabr. — 2. οὐδὲν] οὐδὲ mss. Cor- | d’après Μ΄. — Pizz. ἃ traduit affinita- 
rigé d’après M*. — ἄλλο suppléé d’après tem. — Note de Fabr. : Locus ut vide- 
Μ΄, ainsi que les autres mots placés |  1or corruptus. — 10. ἀναδρομοῖν Fabr. 


ici entre crochets obliques. — 3. Pizz. 
traduit, après ἀνδρίὰς : vel circulus vel 
quoddam aliud vas... (d'après M*?). 


— 5. ὑδράργυρος] σελήνη Fabr., ici et 


— ἐξαπαρχῆς M. — ἐξ ὑπαρχῆς B. — 11. 
cidéyat] ἀναλαδεῖν B. — λελοξουμένως Fabr. 
(ms. À mal lu). — 13. χιννάδαρις] ἐχ χιννα- 
θάρεως Fabr. qui omet εἶπεν — δὸράργυ- 
ρος. K.1. χιννάδαριν. — 18. οὐράνια: B. Les 
7. péve:] γίνεται Μ΄. — 29. 2. χρατ. om. deux formes s’emploient. — 22. F. 1. 
B. — Πηδίχιος BC; Ἐπιδήχιος A Fabr. χαὶ μὴ φύσιν σώματος μαγν. 


, 


plus loin. — 6. ἐν τῶ τετραστίχω Β. --- 


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5 


TRAITES DEMOCRITAINS 


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10 


SYNÉSIUS. — DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 03 


, \ , 5 4 ᾿ - À , 
αὐτὸ ποιήση, ἐπήνεγχε στυπτηρίαν ἐχσηπτωθεῖσαν. Βλέπε πόση σοφία 
ῃ 4 
= : δος δ UT Ξ \ - ΄ ’ ὦ Al s D'Or - \ 
ποῦ ἀνὸρός * ἵνα xa οἱ PAR νοήσωσι πῶς αὐτοὺς ἐοσίδαζεν εἰπὼν 
ul | Ξ Es μη 


σὴ 
RTS Ἴ δι MOT ; : , ns SET + 
πειθειν. νὰ ὃξ χαὶ ᾿βεδαιότερά σοι γενηται, εὐθεὼς ἐπηγαγε θεῖον 


ῳ 2" CA _ TS Ne SNS. Le 
Tupov, ὅ ἐστι θεῖον ἄχαυστον, τὸ πᾶν, τουτέστι τὰ ὡς 


νἊ , et \ , ἃ »"» W, 

εἴδη, χάτω, ὅ ἐστι τὰ σώματα ἕν γεγονότα, θεῖον ἄχαυστον χέκλη- 
3 1 Ἶ Se ͵ 

χεν. Καὶ μετέπειτα ἐπιφέρεται πυροίτης ἀπολελυμένος, μὴ 


Ν τ Εν ἘΞ DE 
ἄλλων ἀπροοσδιοορίστως ἐπιδεθαιῶν. Τοῦτο ἀλη 
Ξ 


’ A A τ᾿ ᾿ Ν -- - / 

ATOULELVAVTE n27. AA ταῦτα ATOOLALOUWYV ETIQELE! σίνωπιν ποντι- 
x D SEA = + ze AA A ὡς x , . 5 

40Y, DETHOUS απο τῶν 520 ἐπὶ TO UY2%, GIVOTLY ELLE, ἀλλὰ 


FO: / » A 4 F2 
διὰ] τὴν ποντικήν. Ei γὰρ μὴ ἦν + 


s Ve à 
τὸν τὸ ἀπὸ μόνου θείου, θεῖον 


© 


19] / sus = 7 ΄ - 
131 Διόσχορος. Καλῶς ἐπέλυσας, φιλόσοφε, ἀλλὰ πρόσεχε πῶς 


x [ Le NA à [2 -ἴ ’ 
χαὶ τὸ θεῖον, θυμιώ- Ὁ, 10 γ.) μενον, λευχαίνει. Σαφὴν νείας 


, - ΄ - ΄ , γῇ NES - “ - 
οὖν χάριν εὐθέως ἐπήγαγε θείου αἰθάλην. Οὐχὶ δῆλα ἡμῖν ταῦτα 


΄ T QU ν 5 τὶ “" 
Διόσκορος. Ναὶ ᾿ χαλῶς εἴρηκας ᾿ χαὶ μετὰ τοῦτο σῶρι ξανθὸν, 


χαὶ χάλχανθον ἕ 
Συνέσιος. Τ 


- 5 5 ΄ 


A - ΔῸΣ ὁ Ze € É δος 2 
0 σῶρι xat ἣ χαλχανῦος, ξανθά: πῶς ; οὐχ ἀγνοεῖς ὦ 


LA) 


1. στυπτηρίαν, ici et plus loin]lesigne : FE. 1. ἀλλὰ δὴ --- 11. εἰ un γὰρ B. — εἰ γὰρ 
de l’alun remplacé dans Fabr. par ἅλας μὴ ἣν πρ. τὸ ποντιχὴν om. Fabr. — ἂν] ὧν 
ἀμων!:αχὸν. --- ἐχσηπτωθεῖσαν Β, ici et plus | Fabr.— 12. F. 1. ὕδωρ θείου ἀθίχτου. ---- 
loin; ἐξιπωθεῖσαν M. --- Pizz. : alumen 15. ἀπολελυμένος À ; - μένον Fabr. — 17. 
combustum etplusloin, al. ustum (Pizz. ἐχ] ἀπὸ Β. — τὸ ἀπὸ ταύτης om. B. — 20. 
a peut-être lu ἐξοπτηθεῖσαν, grillé.) Cp, ᾿ἘΕ. L. ποιεῖ, — 22. χιννάθδαριν] le signe du 
ci-dessus II, 1, 7. — σοφία] παρατήρησις B. | cinabre remplacé par ἀμωνιαχὸν ἅλα 
2. χαὶ om. B. — 3. τάχα δὲ τοῦτο] τοῦτο |  Fabr. — 23. Peut-être faut-il disposer 
γὰρ B.— 4. γένηται] γένοιτο B. — 6.2,om. | ainsi le dialogue : Syn. Τὸ σῶρι 2. τ᾿ À. 
B. — 7. πυρ. ἀπολ.)] Pyrites dissolutus |  — Diosc. Πῶς; — Syn. Οὐχ ἀγνοεῖς ὡς 
Pizz. — 9. ὑποδιαιρῶν B, f. mel. — 10. | χλωρὰ : 


66 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


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χλωρὰ εἴη. Αἰνιττόμενος οὖν τὴν τοῦ χαλχοῦ ἐξίωσιν ἤτοι ἐξίγνευσιν, 


A A , 
χαὶ πάλιν 


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μᾶλλον δὲ τὴν τοῦ παντὸς ἀπὸ χρωμάτων τοῦτο εἴρηχεν 


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γίνεται βεδαία ξάνθωσις. » Καὶ ὄντως ἡ ἀφθονία τοῦ ἀν 


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14] Ὅρα γὰρ πῶς εὐθέως συνῆψε τὸν διορισμὸν χρησάμενος, χαὶ 
LA , CN 72 
ι χρόχος χιλίχιος, ἀριστολοχία, 

CAN] 
χνήχου ἄνθος, ἀναγαλλίδος ἄνθος τῆς τὸ χυάνεον ἄνθος ἐχού πε Τούτου 


/ es ; Si WA ; 1 
πλέο OV τι Et EV εἰπεῖν, ἢ χαταλεςζαι, ἵνα πείσῃ ἡμῶν πὰς χαρδίας, ει μη 


δν ΝΟ, ENS " “λλιὸ «ἢ / 5 

διὰ τὸ εἰπεῖν ἄνθος ἀναγάλλιδος ἡαύμασαι γάρ LOL οὐ μόνον ἀναγαλ-- 

70 2 " 5 x x ; ΠΝ sr a QE \ 

Ados, ἀλλὰ χαὶ ἄνθος εἶπε ᾿ πὸ γὰρ ἀναγαλλίοδος ἐμήνυσεν ἡμῖν πὸ 
Ἄν τον x 

ἀναγαγεῖν TO ÜOWP * OLA Ὑ 


Lo τοῦ ἄνθους τὰς τούτων PP ἀναγαγεῖν, 
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TOUTECT! τὰ πνεύματ α. Ei aY" TP ταῦτα οὕτως ἔχοι, Ὁ DEV ἐσπ ι ῥέξαιον . 


, Ν - , . , τς; 

χαὶ μάτην δυστυχήσαντες οἱ πάλανες εἰς τὸ πέλαγος τοῦτο ὑπορριπιζό-- 
NI A, / \ ΕΞ . / 5 É 

μενοι πολλοῖς χόποις χαὶ μογεροῖς ἐμπεσόντες, ἀνόνητοι χαθεστῶτες 


5 
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1] 


ιν ΄ ñ = : SN ATQUQ = 
15] — Καὶ τί πάλιν ὃ ἄφθονος φιλόσοφος καὶ καλὸς διδάσχαλος ἐπή-- 
γᾶγε ῥὰ ποντικὸν; 


B2 ! ( s AN EP, ‘Ps: ES CPAS A 24 5 - , 
— bete GpOoVEe ἀνὸρος α εἶπεν αὖτο, χαὶ ἵνα ἡμᾶς “πεῖση, 
4 


Ne δὰ ΄ » ὙΝ " : 
πήγαγε τὸ TOVTLIXO ὄν. Τίς γὰρ ἀνορῶν φιλοσόφων οὖχ οἷὸὲεν ὅτι ὃ Πόντος 
, . - = Sir ee æ \ 3 
χατάρρους ἐστὶν ἐχ τῶν ποταμῶν πάντοθεν περικλυζό- {4 Το) μενος ; 


"πὸ “ \ © , 
χάλχανθον ξανθὴν, ὧδε ἀπροσοιορίστως, 


Ἰ 
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S or « ᾿ 

με φρο Διὰ τί ἄνω εἶπ 
͵ 

ς χυανοῦ χαλχάνθου, ἐπήγαγεν; 


-- 13. γὰρ] F. 1. δὲ. — 14. ἔχει B. — 18. 


2. ὡς ἀποχρωμάτων Ν΄. ----- ἴ. ὅρα γὰρ] ὅρα 


περ Fabr. (A mal lu).— Τῷ διορισμῷῶ B.— | — Kat τί πάλιν] Pas dechangementd'in- 
8. M mg.: ση ζμείωσα!». — Au-dessus terlocuteur dans M. F. 1. διὰ τί, — 21. 
de χρύχος, signe du mercure BCA. — ἐπήγαγε] εὐθέως ἐπήγαγε B. — τὸ ba πόντιον 


9. χνίχου mss. partout. — 10. χατὰ λέξιν B. 
— 11. F. 1. θαύμασα! γάρ μοι " où μόνον... 
— 12. ἀλλὰ χαὶ — ἀναγαλλίδος om. Fabr. 


A. --- ποντικὸν] πόντιον mss. Corr. Fabr. 
— 95. ἄνωθεν B.— ξάνθον À Fabr. — ὧδε] 
ἐνταῦθα δὲ B.— 20. χυανοῦ] F. 1. χυανέας. 


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10 


SYNÉSIUS. — DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 67 


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FAR ἀοσενίχου χαὶ θείου. Βλέπε πῶς πάντα τὰ λυτιχὰ χαὶ διαφορεῖν 


3 


͵ Ν ΄ δν; LS 4 LA 
δυνάμενα προήνεγχεν, τοῦτο δηλονότι διδάσχων ἡμᾶς τὴν ἀνάλυσιν τῶν 


“ N y 
γάλα; Ϊνα σο! dei 


Ν , ἐπ » x » "Ἃ " 
οεν οτι παντὰ DEUXTI. ἐστιν: Où τε γὰρ OVELOY γᾶλα OUTE 


, 
x 1 7, ἦν ᾿ \ ” ! + 5 ΄ 
χυνὸς γάλα πυριμαχῆσαι δύναται. Τὸ γὰρ ὄνειον γάλα, ἐὰν ἀποθήσης 


- ΄ . x , 
ἐν τόπῳ ἱχανὰς ἥμερας, ἀφαντοῦται. 


ῃ 
1 x x \ 5: ὍΔ À T τῆς > x = "Ὁ \ Pa 
——.#L OE χαϊ TO εἰπεῖν αὕτα εἰσι τὰ μεταλλοιοῦντα τὴν ὕλην, 


καῦτα χαὶ πὶ οίμαχα ποιεῖ, φευχτῶν αὐτῶν ὄντων ᾿ χαί τὰ “ ᾿Εἰχτὸς 


-G 
an 


, e AUS | # > δ, A € 
ἄχουσον αὐτοῦ τί εἶπεν χαὶ ἐπιφέρει. Πὰν ἧς νοήμων, χαὶ ποιήσης ὡς 
χεχρῆσθαι), ἔση μαχάριος. 

0 
7 τὸ ἢ ᾿ < ΟΣ 
— Καὶ τί ἀλλαχοῦ εἶπε: Τοῖς ἐχέφρόσιν 


ὑ 
1 « , \ 7 \ ΝΥ » , 
χῦμναςειν “ας φφενας υμὼν., χαι Ur ἀπατᾶσθαι, EVE χαι τὴν ἄνιᾶτον 


2. δεῖται πήξεως] δεῖ τῆς x. Fabr. — 3 j ments d’interlocuteur. Ε. 1. <'H>iva.. 
ἐπάγε!] ἐπήγαγεν B. — χόμη M. — 4 M | — 10. ἐνόησας] ἐννόησας BCA; ἐννοεῖς 
mg. on «μεΐωσα!». — ὕδωρ στυπτ.] ἁλὸς Fabr. — 14. πυριμαχὴ A; πυριμαχεῖν 
ἀμωνιαχοῦ Fabr. --- νίτρου] μολυδδογχάλχου Fabr. — 15. ἐν τόπῳ] Ε΄. 1. ἐν τῷ πυρὶ. — 
Fabr. — 5. ταῦτα πάντα Α. --- θείου] χαλ- ἀφανιοῦτα: Fabr. — 20. Un point après 
χάνθου Fabr. — τὰ om. B. — 8. Ναὶ] καὶ αὐτοῦ dans M.On pourraitlire: Dioscore. 
A (intercalé par le copiste) Fabr. — 9. τί εἶπεν ; — Synesius. Kai ἐπιφέρει... — 
Dans Fabr. la phrase ἵνα oo! χ. τ. À. est 23. ὑμᾶς] ἡμᾶς Bet Pizz. seulement; ἡμᾶς 
attribuée à Synésius. Les mss. dans tout puis ὑμῶν conviendraient mieux. —24. 


ce passage n’indiquent pas les change- | ὀὀτὴν ἀνίατον πενίαν τῆς νόσου ἐχφύγοιμεν M. 


68 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 
7 πν 2 . ΄ ἢ - \ \ + A » RER 
γόσον τῆς πενίας éxpÜyor-(f. 77 ν.) μεν, καὶ μὴ νικηθῶμεν ὑπ᾿ αὐτῆς, 


» 3 LA n 
χαὶ εἰς ματαίαν π πενίαν ἐμπέσοντες οὐστυγη σωμεν, ἀνόνητοι χαθεστῶτ TE 
\ 


: 
“" ΄ e = \ 5% » La 
τοῦ γυμνάζεσθαι τὰς φρένας δφείλομεν, χαὶ ὀξὺν ἔχειν τὸν νοῦν. 


" 


΄ = x NA 
ÿ 00G0X00 λον, ποῖξ. 0€ PY2POY 
U 


ρ ἘΞ ΡΤ Ἢ ἐς ΠΤ ΟἼΗ; SE τς ΞΡ πεν 
βαθμοὺς τῆς τέχνης ἀνηγᾶγεν ἡμᾶς χαὶ μὴ χενεμθατοῦντες εἰς 


a 


LA 
μαινομένων παρ AUTWY. 


la - LA , = , [2 - 
10 βόθρον ἐμπέσωμεν τῆς αὐτῆς ἀγνοίας τῶν 


Il = € κι τς NN , Ν x \ ; ἊΣ DR ALES 
ολλὴ γὰρ ὑπάρχει τῷ ἀνὸρὶ ἣ σοφία. Μετὰ γὰρ τὸ εἰπεῖν αὐτόν 
: Fe Yi do 3 ΄ / 3 7 D: es 

Δύτη ἡ ὕλη τῆς χρυσοποιΐας εἰρήσθω, ἐπιφέρει λέγων ᾿ Φέρε δὴ χαθεξῆς 
δ 4 2€ ΝΑ, CPR ἃ 

χαὶ τὸν τῆς ἀργυροποιῖας λόγον ὰἀ φθόνω ὡς ἐξείπωμεν, ἵνα δείξη ἡμῖν ὅτι 


: 
“ \ , 
ἀργυροποιῖο. πρὸ πάντων προτετίμηται χαὶ 


ἀπὸ ἀρσενίχου ἣ θείου, ἢ Ψψιμμυθίου, À μαγνησίας, : 


e, ᾿ NZ , D ; , ΕῚ 
ALVVZOT.2EU ὃς ἐνταῦ ῦθα οε Υὸράργυρο ος ἣ ἀπὸ ἀρσενίχου : 


τ 

RS 
ἘΞ 
ἘΞ 
CG 
D 
δ᾽ 
ἘΞ 


20 χαὶ τὰ ἐξῚ 


CC 
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ι 
» » , , \ ’ e D 5 » x 
—"AXN οὐχ ἀπὸ ψιμμιθίου dde ΕΥ̓ εἶπεν ἵνα λάῤδωμεν, ἀλλὰ τὴν 


ΠΟ ; ἐχφύγωμεν Fabr. — thume » (Vieweg, 1886) p. 134. (Cita- 
3. τοῦ] τὸ Β, f. mel. — 4. ἐπιδάλλειν] tion de Plutarque : Αἱ μάστιγες ai χερ- 
ἐπιθαλεῖν 2 ; ἐπιδολὴν Pizz. — ὃ. M mg.: χυραῖα! λέγονται διά φορο!: εἶναι παρὰ 
za <6> ν en lettres retournées. — οὐ τὰς ἄλλας.) — τοῦ om. B. — 6. χρυσὸν] 
διαλέγει] sic Α Fabr. ; οὐ δια (διὰ M), puis Le signe du cinabre Fabr. 3 fois. — 
la place de ὃ à 10 lettres, puis λέγει M 7. ποτὲ δὲ μολ.] δὲ om. M. — 8. ὑπὸ] 
BC. Pizz. semble avoir lu οὐ διὰ τοῦτο ἐπὶ B. — 9. τῆς τέχνης — εἰς βόθρον] μὴ 
λέγει « non ob id dicit..... sed animi οὖν εἰς βάραθρον À Fabr. — 16. λέγοντος 
sensus explicat ». F.1. οὐ διά <oooa> λέγε: om. BC; À add. supra versum. — 17. 
«παρὰ» τὰ προλεγόμενα. « Il ne se con- θείου] γαλχάνθου Fabr. — 19. χινναδάρεως] 
tredit pas. » Cp. « Les textes grecs ἁλὸς ἀμωνιαχοῦ Fabr. — δὲ] λέγε: Α Fabr. 


publiés par Ch. Graux; édition pos- 


F. 1. ἐνταῦθα δὲ λέγει * dde. 


10 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 69 


_ * ν᾿ ’ . LA “ NS 
λεύχωσιν τῶν σωμάτων, εἴτουν ἀνάχαμψιν αἰνιττόμενος εἴοηχεν " ὧδε 


x x x , ç PER ἘΣΑ ΝΥ δ x Ψ Fr Ξ “(0% 
γὰρ τα λευχὰ TAVTA ELTEV EXEL 0€ τὰ ξανθὰ, 'νὰ VONGOU.EY. 2% 

= ψ. NT y ΄ 5 5 ΝΥ - 
πως εἰπεν -ομσ΄ μαγνήσιας ουσοχόραλλον ἐνταῦθα οε TOUT 


D 


, " » ΩΝ PA \ à 
μαγνησίας, μαγνησίας μόνον ἣ στίμμεως ἰταλιχοῦ. Καὶ ταῦτα μὲν 

ε “-- » 4 NA \ 
πρὸς βρῦχά TL αὔταρχες Εν εἰρηήσῇω. []ρογυμνάζεσθαι δὲ τὸν 


2 
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[Ὁ] 
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LA] 
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1S 
SA τῇ τ 25 Θεοῦ συνεργεία. Δεῖ οὖν ὑμᾶς γινώσχειν, «ὅτι» 
2 18 SENS PTE ὁ σὸς AR mr Ne 

τ αι ([. 78 1.) δεῖ τὰ εἴδη πρῶτον χαὶ ταῖς χω «(νεύνδ σεσιν 

7 à TR a 2 \ x SN FAN D) Ν 
διόχροι PR ar ΩΣ εἰς ἕν χρῶμα ‘ χαὶ τὰ μὲν δύο ὑδράργυρα ὑδραρ- 

: 

Ξ 


5 14 E AN S 
v ἀποχωρίζονται. Θεοῦ δὲ βοηθοῦντος ἄρ 


Oo 
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«1 
ζω ] 
Ν 
& 
[Qi] 
EN 
a 
si 
Fe 


I. τιν. — OLYMPIODORE. 


Transcrit sur M, f. 163 τ. — Collationné sur À, f. 107 το; — sur Καὶ (copie proba- 
blement directe de M.\, f. 76 r., seulement les premiers feuillets, plus quelques son- 
dages ; — sur Lou La,f.1r 


OAYMITIOAQPOY ΦΙΛΟΣΟΦΟΥ͂ ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΣ ΕἸΣ 
ΤΟ ΚΑΤ᾽ ENEPTEIAN ΖΩΣΙΜΟΥ͂ ΟΣΑ AIO EPMOY ΚΑΙ TON ΦΙΛΟΣΟΦΩ͂Ν 
ΗΣΑΝ EIPHMENA. 


1 ΤᾺ ΕΞ δι PNR 2 GA τ: ΤΩΝ A a ς \ CAE κἃ 
] LVETOL O€ ty TASUY EUX απο νος μεγ!ρ χε [καὶ] εως μεσωρι 


τ᾽ οὖν M; ἢ Fabr. -- ὧδε] ἐνταῦθα ἧς 

Β. — 2. τὰ om. À Fabr. --- 3. Après ἱερᾶς τέχνης τοῦ λίθου τῶν φιλοσόφων, puis 
μαγνησίας] μόνον add. À mg.sup. Fabr.— | dans L: χαὶ εἰς τὸ χ. ἐ. Ζ. χαὶ εἰς ὅσα ἀπὸ 
χρυσοχόρ.--- σῶμα μαγν. Om. Β; A l’ajoute Ἑρμοῦ χ. τ. À. (comme dans MK). — 
de 1° main à la mg. sup. — 8. δεῖ] yen 13. ἀπὸ] F. 1. ὑπὸ. — 14. Γίνεται — ἀπο- 
À Fabr. — ἐν ταῖς y. A; χαὶ ἐν =. y. Fabr. χείμενα] Texte reproduit dans III, xxx, 
— ὁμοχρύους M. —9. ὑδραργυρίζοντα Fabr, 9, avec quelques variantes que l’on a 
FL ἀργυρίζονται — Pizz. traduit ray. par indiquées au passage cité. Cp. les textes 


(βασιλέαν A) ᾿Αρμενίας περὶ τῆς θείας καὶ 
: 


liquefacere etyw <veÿ> σεσι par conflatio- analogues contenus dans les mss. La, 
nibus (coulées). — 10. ἀποχωρίζοντα Fabr. p. 175 et Le, p. 541. — δὲ om. À. — 
— di om. Fabr. me ôrouvmuatitew] | at est probablement une répétition 
τὸ πᾶν (καὶ τὸ πᾶν A) τοῦ λόγου τετέλεστα: BC altérée de χε΄. — ssl μετοπωρινῆς À. 
À Fabr. — A mg. ἀρξ. ὕπομνημ., avec — Réd. de L :... μεχὶρ, ἤγουν τοῦ φεδρυα-- 
renvoi à βοηθοῦντας. --- 12. Titre dans plou εἰχοστῆς πέμπτης, ἕως μεσωρὶ ἤγουν τοῦ 


AL : OX. φιλ. πρὸς Πετάσιον τὸν βασιλέα αὐγούστου. 


10 


70 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


χε ᾿ ὅσα ἂν δύνη ταριχεῦσαι χαὶ πλῦναι ἕως ἀφῆς πὰ αὐτὰ ἐν 
Ὶ [ 


» , 5 Ζ.- ἃ 5 à Nr - 2 = 
(γγείοις ἀποχείμενα. Καὶ ἐὰν δύνῃ ποιῆσαι, “ποίησον τῆς ταριχείας 
τὴν ἐνέργειαν, χάλλιστε τῶν σοφῶν. 


Ἔθος γὰρ τοῖς ἀρχαίοις Mur οτος τὴν ἀλήθειαν χαὶ τὰ πάντη 


_ : ΄ Que N \ ! . 
τοῖς ἀνθρώποις EUONAX, οι LU τινῶν XL κενῆς ἐμφιλο- 


5 4 Ἷ ΄ , ΒΞ 
σόφου ἀποχούπτειν, οἱ μόνον δὲ ὅτι τὰς πιμιας ταυτὰς τέγνας τὴ 
τὶ ͵ 


5 το DES CAN ; A ὅν S 
ἀφεγγεῖ αὐτῶν al σχοτεινοτάτη ἐχδόσει συνεσχίασαν, ἀλλὰ καὶ αὐτὰ 
; 
\ « e ! ὮΝ >» ΒΕ - ΄ , ’ = ΄ LA 
τὰ χοινὰ ῥήματα δι ᾿ ἄλλων τινῶν ῥημάτων μετέφρασαν ᾿ ὡς ἔχει 


» 


ἐπὶ τοῦ ἐν ὑποχειμένῳ χαὶ οὐχ ἐν ὑπ τοχειμένῳ ᾿ ὡς χαὶ αὐτὸς γινώσ- 
΄ δ, - τ SEEN ΠῚ \ A. 
xeuc, φιλόσοφε Oéanotæ, εἰς τοῦτο αὐτὸ λάτωνα χαὶ ριστο- 
= sn ΄ \ e / = IN ΄ 
τέλην ἀλληγορήσαντας, καὶ πρὸς τὰ ῥήματα ταῦτα ὀιαφερομεένους. 
a A x , ! » - « LA LE 4 
᾿Αριστοτέλης γὰρ τὴν οὐσίαν φησὶν οὐκ ἐν ὑποχειμένῳ εἶπε, τὸ 


ἱ 
NA Ω͂ > € ΄ II , \ 1 > , 
0€ GUUDEDNXOS EV υποχειμένῳ. λάτ ὧν ὁὲ πᾶλιν τούναντιον ποιεῖ 


Ἁ A € La A! 5 2 A 33 e LÀ mn 
χαὶ τὸ οὐχ ἐν ὑποχειμένῳ τὴν οὐσίαν χαὶ τὸ ἐν ὑποχειμένῳ Toi 
συμθεδηκότος, χαὶ ἁπλῶς ὥσπερ ὅσα τοιαῦτα χαὶ τοσαῦτα χατὰ τὸν 
N ͵΄ - 2 7 SEX 7 LES S EN = 
δοχήσαντα αὐτοῖς τρόπον ἐξέθεντο. Οὕτω χαὶ ἐπὶ τῆς τιμίας ταύ- 


΄, NE 4 , ΠΣ καὶ πὸ “ 
τὴς TEY/VNS πᾶσα σπουοὴ γέγονεν τοις αφγδιοις, ενος οντος τοὺ τὸ T2 PAXY= 
/ 


“ ΄ Ν - . 
ματος χαὶ UDC τέγνης διά τινων θεωριῶν χαὶ αἰνιγμάτων ἐχθέσθαι 
3 i Fa ΣΙ ï i 


= ΤΆ , , x - 
ἵνα ἐχ τῶν φυσιχῶν TE) ἀχοντίσαντες τοὺς ζητηπὰς, εἰς 


St SUN 60 me 
πράγματα μεθοδεύσωσιν, à δὴ χαὶ γέγονεν. 


᾽ re x 2 ΄ 
Ex τῶν ἑξῆς γὰρ ὃ παρὼν δηλώσει τρόπος. 

1 ταρίχευε χαὶ πλύνε ταῦτα πρότερον χαὲ ἐνυποχειμένω M ici et presque partout. 
ἄφες αὐτὰ L. — ἕως] ὡς M. — τὰ αὐτὰ] αὐτὰ — ἐν ὕποχ. εἶναι, τὸ δὲ συμό. L. --- Αριστοτέ- 
Α, f. mel. —2.'ayys Ὅτ ἄγγεσιν À. — δύνῃ] λης γὰρ] Cp. Aristote, Catégories 5,p.2a 
δυνείσο! (pour δυνήσῃ ?) A. — 3. χάλλιστα χαὶ 11.— 13. Πλάτων δὲ! Cp. Alcinoüs, sur 
σοφώτατα L.— 5. M mg.: φάρμουθι, ἀπριλλ les dialogues de Platon (dans le Platon 
(Main du XVe siècle). — 6. Après ἀπο- de la collection Didot, τ. ILE, p. 252). — 


χεν add. L. — δὲ ὅτι] γὰρ Après ποιεῖ] Réd. de L : κατὰ ἱμὲν γὰρ τὸ 


ς ᾿ É 
χατὰ δὲ τὸ οὐχ ἐν ὕποχ. 


ἐν ὕποχ. 
. — 17. πράγματος] συγ 


" 


| τὸ συμδεδηχὸς 


Ὁ ἐνυποχειμένῳ L 2 fois. — καὶ οὐχ ἐν χράματος (pOur συγγράμματος } A. — 18. 
02. À. — 10. ὦ φιλόσοφε δέσποτα L. — θεωριῶν sn ἐχθέσθα: L. — 19. τῶν μὴ 
ts τοῦτο γὰρ αὐτὸ Πλάτων χαὶ ᾿Αριστοτέλης | φυσιχῶν L. ἀχοντίσαντες] ἑλχύσαντες IL: 
ἀλληγοροῦσι L. — ἀλληγοροῦνται À. — 11. 120; a) — παρὼν] Réd. dE 
διαφέρονται πρὸς ἀλλήλους L. — 12. ᾽᾿Ἄρισ- γέγονεν αὐτοῖς - τὰ δὲ πάντα ἐχ τῶν ἕξῆς ὃ 


γὰρ L. — φησὶν τὴν οὐσίαν L. — | παρῶν..... 


10 


15 


20 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ σῇ 
— ᾿νταῦθα 


πλῦναι γὰρ χρὴ 


δι AN οἱ 
τῆς πηλώδους γῆς. 


t 
»- 
ES 
Lo] 
1 
Ξ 


"» LA = ’ 
ἧς ὀφειλούσης πλύνεσθαι 


χαὶ πλ τὸ πηλῶδες ἐξέλθη, χατὰ τὴν θείαν Mapiav. 


F 4 


‘ LA - LA 
Häca γὰρ γῆ τοιαύτη σωματο φόρος, πλυνομένη, εἰς ψάμμον χατα- 
λήγει. Μετὰ οὖν τὴν βεόαίαν χαὶ χαθαρὰν πλύσιν εὑρήσεις τὰ 
’ x 


ἣν Ψάμμον, τουτέστιν τὰ πέταλα τοῦ χρυσοῖ 


? 
κὺὶ Vu DOULY 
vi] 1.29 


“ἡ Ν - . ͵ “ 
ἴοντα D μολυΐῤδίζοντα, ὅ ἐστιν ἀργύρου à μολύδοου 
! ᾿Ξ - A \ GW: CEA ù } NE \ ! , 
ξεγο ς XAL τοὺς DUC τ ON AO τ 
ἔχοντα, ὡς χαὶ τοὺς λίθους, αὐτὴν δηλαδὴ τὴν ψάμμον ἀνωθεν 
- τὰ EC τ ιν ΄ ΝΜ “- , 
οὐσιοῦσαν ᾿ ἥν τινα οἱ ἀρχαῖοι διὰ τὸ χύριον ὄνομα ἐπέθηχαν λιθάρ- 


χαὶ εἰς αὐτήν ἐστιν εὑρεῖν χαὶ τὸ 


ὶ 
ἐννεαγραμμον. 


€ \ - SIN Ξ ὅς \ -: “ 
9] Τὸ γὰρ « ἀπὸ μηνὸς μεχὶρ.» οὐδέν ἐστιν τοῦτο γὰρ ἐτέθη ἵνα 


ς N = = / 2 <a 
ὃ ἐντυγχάνων δόξῃ ἀπὸ τοῦ γχρονιχοῦ διαστήματος ξηρίον εἶναι χαὶ 
ἔτ 7 ù x SR « NA \ hr4S Q 
σχευὴν, xa ἐάσας τὴν εὐθεῖαν δὸὸν, πρὸς τὴν ἀκανθώδη dœvaopaun 
͵ 
πλάνην. 


ἀγγείοις ἀποχείμενα D τὰ ὀστρᾶχινα 


La ΄ 
ὧν τινῶν Δώσιμος μόνος μέμνηται. 


' 

ἐνέργεια γὰρ ἐνταῦθα εἰς 

nano. Der παν an ec vb Ge 

πρᾶξιν ἐχλαμόάνεται. ὕστω σοι γνωστὸν, ὡς mal ὅτι τις pou 
ΕΞ y δι. 

τι πῶν ὄψων χαὶ χρόνου τινὸς δεῖται, χαὶ ἡ ὥρα χρόνος ἐστίν 


“ 


ωρσα 
ἔπει 


= = = ax e à \ - \ 
γοῦν τῇ πλυθεὶς ὃ πηλὸς εἰς τὴν 


) Ψάμμον χαταλήξας Ψύγεται. 


1. M mg. sigle ἐξ ὡραῖον. — Γΐνετα αὐτήν] ἐν αὐτῇ L.— 12. Τὸ γὰρ] F. 1. τὸ 


δὲ... Réd. de L : “Απασα ἣ ἐργασία τῆς δὲ. — 13. διαστήματος τοῦ ξηρίου ποιεῖν τὴν 
# ιχεΐας γίνεται, — La phrase Γίνεται — σχευὴν, χαὶ μὴ ἐάσας... L.— 16. ἀποχείμενον 


ΜΚ. εἰσ!] σημαίνει L. — 17. ὧν τινων] 
ὧν L.— 18. Τῷ δὲ] Τὸ δὲ AL, f. mel. — 


est citée dans le morceau ἘΠ σις, 
πε complétée ainsi : μέ) 


ἂν τὸ πηλῶ- 


des ἐξέλθη χαὶ εἰς ψάμμον. χατ RE n. — 2. 
Après ὃ φιλόσοφος] περὶ τῆς γῆς add. L.— 
5. πλύσιν] πλῦσιν M partout ; πλύνσιν AL 
FESSES —6: Après εἰ lei 41 μεταδεόλη- 
μένα add. L. --- ἀργυρίζοντα]) ἢ γρυσΐζοντα 
L.— 7. ὅ ἐστιν — λιθάργυρον] Réd. de 
L : τουτέστιν ἀργ. ἢ γρυσοῦ, ἢ OX. χροιὰν 


ἔχοντα - ὅθεν αὐτῆς ἐπέθ. λιθάργ. — 10. εἰς 


20. Après ἔστω σο!] τοίνυν add. L. --- ὡς 
χαὶ À; om. L. — ὅτ: --- δεῖται!) Réd. de 
L : ὅτι ἢ ταρίχευσις τῶν OÙ. χρ. τ. δεῖται. 
— M mg. : sigle de ὥραϊον et de ypn5- 
τόν. puis : ἀληῦ (ἀληθές). — 22. Après ὃ 
πηλὸς] χαὶ add. L. — φύγεται — μεχὶρ] 
Réd. de A : ἐξ ἀπὸ μηνὸς. 


" 
UEY 1. 


χαΐρεται 


10 


15 


7 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


à (nb NN 5 A A \ ΡΣ \ , 227 e 
0] Τῷ δὲ « ἀπὸ μιηνὸς μεχὶρ χε ἕως μεσωρὶ χε » ἐσήμανεν ὅτι 


: 
ς ταριχείας εἰς τὸ πῦρ ὀάλλεται. Οὐχ εἶπε δὲ ὅτι μετὰ τὸ 


a 
om 
S 
Ὁ 

CA) 
a 
S 
[ΟἹ 
a 
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"Oo 
ον 
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O- 

à 

C 
TO 
TO 


ἄλλεται, ἀλλ᾽ ἀπὸ (F. 164 nr.) τῆς ταρι- 


\ ES À ἊΝ 

0 ὃ « ταριχεῦσαι χαὶ πλῦναι» τὸ τῇ ἧς Enpévocs ce 
᾿Ν ΄ , ἈΦ ΝΑ A \ S 
9 


εἴται γὰρ ταύτης πᾶντοτε ᾿ χαὶ οὕτως πλύνεται, χαὶ τὸτ 
ἐδηλώθη τῷ δεσπότη μου, τίς ἡ ταριχεία, χαὶ τις ἣ πλύσις, χαὶ τίς : 
ΞΟῚΛ ὴ τῷ 0€ ποτ μου, τις ἢ TAPLYE ( τις  TAUGK, (αι τις Ἢ 


ἢ 5, Ξ AE 9 
ξήρανσις, ἤτοι ΕΝ ὡς χαί που Δημόκριτός φησι στυπτηρίαν 


ἐξυποθεῖσαν, (οὐχ ἠθέλησεν ὃ φιλόσοφος τ τοὺς FRASRE 


εἴς τε στυπτηρίας τινὰς ἀπούλέποντας, χαὶ πρὸς στυπτιχὸν ἤδη πλαζομέ- 


2 


5 ΄ - IN τῇ 
VOUS ἀχήρατον χρόνον ἐχδαπανῆσαι. Τὸ δὲ τῆς πλύσεως διττὸν, τὸ μὲν 


δι» S à ; 
μυστικὸν, τὸ δὲ ἀπολελυμένον. [λύσιν οὖν εἰρήχασιν Poe χαὶ πλύ- 
σιν HR ENEE 0 Καὶ πλύσις μυστικὴ ταὐτόν ἐστι, xal ἀὸ re ἥ 
2 CAN < D - 
τις γίνεται διὰ τοῦ θείου ὕδατος. Ἡ γὰρ πλύσις πλύσις ἐστὶν ἣ δι ᾿ 


εἰ φημίας χαὶ μόνης πειθήνιον τῶν δι.0 ορρευστησάντων φευχτ τῶν, ἤγουν 


τὴν τῶν ἀσωματωθέντων σωμάτωσιν Rai τῶν πνεύματων, τουτέστιν 


τῶν ψυχῶν αὐτῶν διὰ μόνης τὴς φύσεως τελούμενα χαὶ οὐ διὰ χει- 
ρῶν ὥς τινες νομίζουσιν. Ὃ γὰρ ΠῚ φησιν « Ὅταν λάῤῃ μετὰ 
URI 


τὴν μεγάλην θεραπείαν, τουτέστιν τὴν πλύσιν τῆς ψάμμου », ἰδοὺ 
τὴ DE YA EPATE , 0 ] T L TS LULU. 2) to 


1. ἐσήμανεν] σημαίνει AL, ici et plus | variantes) après ἀπολελυμένην (ligne 1 5). 
loin. — 2. οὐχ aire] οὐ λέγω L. — μτὰ | —14. οὖν] γὰρ L. — εἰρήκασιν] εἴρηχαν M. 
τὸ τέλος...] Réd. de L : μετὰ τὸ τέλος τοῦ — 15. Après ἀπολελυμένην] Réd. de L: 
μεσωρὶ ἤγουν τοῦ αὐγούστου μηνὸς χαὶ πλύνσεως ὀ  πλύνσιν οὖν ἠθέλησεν ὁ φιλόσοφος ©. ὥστε μὴ 
ἢ μᾶλλον ξηρ. εἰς τὸ πῦρ βάλλεται, ἀλλ᾿ ἀπὸ ἈἘΑστυπτηρίας τινὰς ἀποθλέπειν χαὶ πρὸς τὸ στ. 
τῆς ταρ. ὡς εἴρηται. — ὅ. τῷ δὲ] τὸ δὲ L. | ἤδη πλανᾶσθαι καὶ ἀχήρατον χρόνον ἐχδαπα- 


γᾶν. — ἀδιάφορος L. — 16. Réd. de L : à 
γὰρ πλύνσις ἐστὶ zupla. — 17. Réd. de L : 


— 8. χαὶ τὸ τῆς οὐσίας εἶδος. ’Eônhuün δὲ 
AL. -- 9. τίς ἐστν ἣ ταρ. AL. — 10. ὡς καί 
που Δημ..] φησὶ δὲ ποῦ ὁ Δημ À : φησὶ δὲ χαί 
ὃ Δημ. L,— 11. ἐξυποριθεὶς À ; ἐξιπωθεῖσαν 
Κι; ἐξσηπ᾿ωθεῖσαν (sic) L ; « F. 1. ἐχσηπ- 
τωθεῖσαν. »(M. B.). Cp. p. 44,1. 24. — τῶν πν. τ. ὃ. μ. τιφύσεως τελουμένων. --- 20. 
Les mots ἐθέλησεν --- ἐχδαπανῆσαι sont νομίζουσιν restitué par L. — λάδης L. — 
omis ici dans L qui les place (avec | 21. ἰδοὺ] οἱ δὲ A ; ἰδοὺ τοίνυν L. 


χαὶ μόνης καλλίστης ἐργασίας πειθήνια ἢ τῶν 
ὁμ. φ. -- ἤ τ᾽ οὖν M. — 18. Réd. de L: 


ον σωμάτωσις, ἤτοι τῶν ψυχῶν αὐτῶν καὶ 


Ἷ 
; 
| 
; 
ἡ 


10 Ë 


OLYMPIODORE. SUR L'ART SACRÉ 


73 


Là À , 
» τουτέστιν τὴν μεγάλην 


» Fe Ν Ξ τὰ = 4 τ: ΓΞ 
θεραπείαν. Καὶ ΛΑγαθοδαίμων εἰς τοῦτο συνηγορεῖ. Βαξαὶ τῆς τοῦ 
-- ἰ 
occaoutenlautac le lala toc aan idee Goo A 
φι 23299 1210 ς : OUOEIG TOY 2.27 AY τὼς τὸ πτοαγμια ἐφὼ- 
ΜΕ z » x LAN ve - ε » 
τισεν, χαὶ ὀνομαστὶ τὸ εἶδος ἐξεῖπεν, εἰ ph οὗτος ὃ ἄριστος χαὶ 
, , : ν᾿ 4 = ES 7 = 
πάνσοφος ἀνὴρ * ἢ γὰρ χαθαρὰ πλύσις δῆλον ὅτι μεγάλη θεραπεία 
᾿ , «Ὁ ͵ Nr a “Ὁ = : , 
ἐστίν. ἱποθήσομαι ὁέ σοι χαὶ τὴν τῆς χρυσοχόλλης οἰχονομίαν. 
… ι 


8] ILEPI ΧΡΥΣΟΚΟΛΛΗΣ. -- (f. 


LA \ \ \ 
TEOTLIY τὸν χρόσον προς 


χολλῆσαι, ἅ τινά ἐστι 


Eu “-- 4 # , A =" ’ αἷς \ , « 
τοῦ γρυσοῦ τὰ χωρισθέντα ἀπὸ τῶν ψάμμων. Ιῶς χρὴ αὐτὰ 
ἑνῶσαι, ἤτοι χολλῆσαι, χαὶ πρὸς ἑαυτὰ συνελθεῖν, ἵνα τὸ πνεῦμα 


-: \ \ “" “ > ne \ 
αὐτῆς τὸ βαπτικὸν συντηρηθῇ ; Τὸ πνεῦμα λέγει τοῦ πυρὸς τὴν 
= , ΑΝ -“ τὸ SS — Ὁ. x ͵΄ 
χθαμαλωτέραν χαῦσιν, ἵνα μὴ τῇ πολλῇ ἐχπυρώσει τὰ μὴ καθή- 
. 4 ͵ 
à ᾿ ; : > 
χοντα γενῶνται. ᾿Αλλὰ χυρίως χολαχεία τινὶ χαὶ ἐπιεικεία τὸ πῦρ 
! î > ᾿ û ϊ 
- A : e ἔα - Ἃ 
χαίηται ἵνα μὴ ἐχχαπνισθεῖσα ἣ νεφέλη ἐξαναλωθῆ, ἡἣ νεφέλη 
2 : ΄ re NN ! ER + ς e D “ 5 
ἐστὶν ἣ τρέχουσα ‘ ἣ δὲ τρέχουσά ἐστιν ἣ ὑδράργυρος, ἥτις ἐστὶ 
LEE Δ Ψ ΤᾺ " εἣ , \ 
γεφέλη. Αὕτη οὖν ἡ νεφέλη ἤτοι ὑδράργυρος τῷ πυρὶ προσομιλοῦσα 
παν RAT NL CNE SNS ET ET SR ΠΩ ρκ ας ον τος 
ἐχχαπνίζεται, ζχαὶ ὡς χαπνὸς μόνος διὰ τῆς χώνης ἐξέρχεται, οὔτ 
< PAS ἐν “ 1 = ù κι 
χαὶ τὰ πέταλα τοῦ χρυσοῦ, & τινὰ 0 Δώσιμο ς χλαυοιανα 


χαιόμενα ἐχχαπνίζονται. 


φίλε TOY Μουσῶν, ὅτι τὸ “ἧς οἰκονομίας 


, files À \ ἐ LFP δι = 
Ὄνομα, TL ποτε ἔστιν. Καὶ υ ἢ do LENS ὥς TLVES τὴν ὁιὰ χειρῶν 


2. 6 ᾿Αγαθοδαΐμων L. — 4. Les mots 


Πῶς χρὴ] χρὴ οὖν L. — 10. ἑαυτὰ] F. 1. 


χαὶ ὀνομαστὶ τὸ εἶδος πεν placés plus αὐτὰ. ---- συνελθεῖν] συζευγνῦνα: L. — αὐτῆς] 
loin dans L. (avec variantes) — 5. Après αὐτοῦ Α ; αὐτῶν L, f. mel. — 11. λέγω 
ἀνήρ] Réd. de L : ὀνομαστὶ γὰρ καὶ ἰδίως AL. — τὴν γχθαμαλωτέραν ἔγλυσιν (pour 
τοῦτο τὸ εἴδος ἐξεῖπεν - δηλοῖ γὰρ ὅτι ἣ χαθαρὰ ἔχλυσιν) À. — Réd. de L: -.«τοῦ πυρὸς, 
πλύνσις pey. θεραπεία ἐστίν. — καθαρὰ] χαθα- ἤγουν ἣ χθαμαλωτέρα χαῦσις, χαὶ ἔχλυσις, 


ρεία M. F.1. καθάριος (χαθαρία serait un so- 
lécisme). — 6. χαὶ τὸ τῆς χρύσοχ. ἔχθεσις 
ua Δ. -- οἰκονομίαν] ἔχθεσιν L.—7. À mg., 
à l'encre rouge : 
une main. — Pas de titre dans L. — 
Réd. de AL : χρυσόχολλά ἐστιν ἢ χρυσοῦ 


En en aa NN CRC ME DE CRAN 
πρὸς τὴν χρυσὸν χύλλησιν (χρυσοχύλλησιν À). 


περὶ ἡρυσοχόλλεως, εἴ 


— ἄἅ τινά ἐστι] εἰσὶ ὃ: τὰ πέτ. L. — 9. 


ἵνα!) — 12. ταν γι 
L.— 14. χαΐητα!] καίεσθαι δεῖ L.— ἐξανα- 


λωθῇ restitué par L. — ἢ 


τὰ μὴ χαθήχοντα.] μὴ 


16. ἤτο! δδράργυρος τῷ ru 
ραργθρος το 

τὸ λειοῦν 

ἶ — 17. οὕτω δὲ χαὶ L. 

- 18. ἅ τινα] ἅπερ L. — 20. male τοίνυν L. 


— ὅτι om. L,f. mel. 


w 1” ἊΝ τ , “᾿ 
770! τὸ ὕδωρ τοῦ ἀργυροῦ TYOUV 
î ù ù 1 


TOY ἄργυρον, TUG!... 
PE 


10 


ὧν 


10 


15 


20 


74 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


, PR RE Ne παὶν τὴν, διὰ ren τως 
ἐνέργειαν μόνον ἀρχοῦσαν εἶναι, ἀλλὰ χαὶ τὴν OX τῆς φύσεως 


γινομένην, ὑπὲρ ἄνθρωπον οὖσαν. Ὅτε χρυσὸν ἔλαέες, ὀφείλεις 


Ρ Æ PE ὅτ ESA = 2. ΞᾺ \ éd 
οἰχονομῆσαι, χαὶ εἰ προσεχῶς οἰχονομήσεις, τὸν χρυσὸν ἕξεις. 
Καὶ μὴ ὑπολάδης, φησὶν, ἀπ πὸ ἄλλων τινῶν ἐννοιῶν χαὶ βοτανῶν 
᾿ “ΔΝ D dre. “ »Ἥ LE ΄ Ξ APTE x 
βαφὴν εἶναι, ἀλλὰ αὐτῇ τῇ φυσιχῇ χρήσει σχόλασον, χαὶ ἕξεις τὸ 
«, 7 - 7 “- , 
ζητούμενον. Kai τὸ τῆς οἰκονομίας ὄγομα ἐν μυρίοις τόποις λέλεχ- 
2 © - ᾿ À ’ Ce \ 
ται δι᾿ ὅλων τῶν ἀρχαίων * χάτοχον γὰρ τρόπον τινὰ βούλονται 
> NI » 4 3 , ε , 
εἶναι. Τί δὲ χάτοχον τίνος, εἰ μὴ ἄρα φεύγοντός τινος à χάτοχος 
NA er ἜΣ ΞΩΝ De 7 : 
ὑδράργυρος ; χαὶ αὕτη φεύγει τὸ πῦρ. Δέγει γὰρ Δ ώσιμος 


| 
x e S = , / 

« Πῆξον τὴν ὑδράργυρον τῷ τῆς μαγνησίας σώματι ». 
ΝΣ ἘΠῚ \ 17 Β , δ ΔῸΣ, ὅπ 
10] Χρυσόχκολλαν δὲ εἰρήχασι τὴν μίξιν ἀμφοτέρων “ τὸ δὲ ἐχ 


x 


πούτων ἐξιὸν ἐγχάτοχον τῷ μισγομένῳ οἶδα συντηρεῖν * τὴν μὲν γὰρ 
γεφέλην οἴδαμεν φευχτήν * χαὶ τοῦτο ἐν μυρίοις τόποις χατηγορεῖ- 
ται οὐ μόνον τὴν ([. 165 r.) νεφέλην οὖσαν φευχτὴν, ἀλλὰ χαὶ 
ὅλα τὰ τοῦ χαταλόγου * ἄνω χαὶ χάτω, ὃ φιλόσοφος πρὸς τὴν 
δράργυρον ἀποτείνεται, τὰ δὲ οἷον χαὶ ὅλα τοῦ χαταλόγου φευχτὰ, 
1 οἱ ἀρχαῖοι ἐμνημόνευσαν χρωτῶν χαὶ βοτανῶν χαὶ 
ἑτέρων τινῶν, ὅτι πάντα προσομιλοῦντα τῷ πυρὶ φευχτά εἰσιν. 
Sn 


411 “ Ϊ᾽ x 4 ͵ 
11] Ἵνα οὖν τὰς τάξεις μὴ προφέρω διὰ τ 


μαρσύρας τῶν ἀρχαίων εἰς τοῦτο συνηγορούντων χαὶ χρ όνον ἄχαιρ 


& 


n , ε 
δαπανήσωσιν, ὀλίγα παραθήσομαι ὡς τὰ χάλλιστα χαὶ εὐσύνοπτ 
\ \ 


. » ᾽ τῷ , - 
αἱ πο φλυαρίας ἐχτὸς ὄντα. ᾿νταῦθα τοὺς ἀρχαίους αἰνίττεται 


ῃ ᾿ 


ὥς τινας αὐτῶν φλυαρήσαντας χαὶ εἰς ἄπειρον χρόνον τοὺς 


1. μόνον ἀρχοῦσαν εἶνα: restitué par L. οὐ μόνον δὲ αὐτὴ πυρίφευχτός ἐστιν, ἀλλὰ 
— καὶ restitué par L.— 2. ὅτε] ὅτι mss. χαὶ πάντα τὰ τοῦ χαταλόγου. ᾿Εἰγὼ δὲ χ. τ. 
Corr. conj. — 3. προσόγως M. — τὸν À. (voir 1. 19). — 8. τίνος] τίν: M; τινα A. 
χρυσὸν ἐξ - χαὶ ἕξεις τὸ ζητούμενον] Réd. Corr. conj. — 12. à: τούτων οὐσιῶν ἐξιὼν 
de L : ἕξεις χρυσόν : σχόλαζε ὃ dE ἀεὶ αὐτῇ τῇ A. —17. χρωτῶν] Ε.1. χρωμάτων (M. B.). 
χρυσιχῇ χρήσε: χαὶ ἕξεις τὸ ζητούμενον. --- 6. — 19. Ἵνα οὖν — χάλλιστα] Réd. de L : 
χαὶ τὸ τῆς οἶχ.] τὸ δὲ τῆς où. L. — 7. δι᾽ ὅλων Ἐγὼ δὲ διὰ τὸ πλῆθος οὐ προφέρω σο! τὰς 
τῶν ὌΝ ὑπὸ πάντων τ. ἀ. L. — χάτογον μαρτ. τῶν ἀρχ., ὀλίγα δὲ σο! παραθήσομα!:. 
1e jusqu’à τὰ τοῦ καταλόγου] RÉd'deNET χάλλιστα. — 22. ὄντα restitué par L, qui 
χάτοχον γὰρ τὶ βουλ. εἶναι ἐν τῇ τέχνῃ, ὅ omet la suite jusqu’à RE Ω Ξὸῦξ: 
τὰ φεύγοντα χατέχει - τοῦτο ὃέ ἔστ' τὸ πῦρ, - 29. χαὶ — ἀχοντίσαντας οἵη. A. εἰς 


Ye 4. = ES ’ = 3 - 
τὸ χατέχον τὴν ὑδράργυρον ἥτις ἐστὶν ἢ νεφέλη ἐπ ἄπειρον M. 


σι 


10 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 


, 7 3 , - La “ 
τας ἀχοντίσαντας. Τἱνώτω τοίνυν ἣ σὴ πάνσοφος χρηστότης ὅτι 
es τς Ts | \ ! ΄ ε x 
TRES πίνους ποιοῦσιν OL αργᾶιοι, EVŒ τὸν Tage ς DE! VOTE, ως τὰ 
#5 « a N7 e 4 ῃ LAN εν 7 0 NS / 
θεῖα, Eva βραδέως, ὡς τὰ Demon, Eva μηὸὲ ὅλως, ὡς τὰ σώματα 
ϊ 


τὰ χυτὰ καὶ τοὺς λίθους. 


pe: ILINOS ΠΡΩΤῸΣ O ΔΙᾺ TOY ἈΡΣΕΝΙΚΟΥ͂ O BAIITON TON XAAKON, 


na L » " - 
Σ EN ΤΟΥ͂ΤΟΙΣ. -- Δρσένιχον ὅ ἐστι θεῖον χαὶ ταχέως φεῦγον * φεύγει 
Ν - εἴς Β “ἷ Ρ Los ΡΞ 
ὁὲ δηλονότι πρὸς τὸ πῦρ * χαὶ ὅσα ὅμοια εἰσιν τῷ Rs χαὶ θεῖα 
/ \ , Ἡ NI REX CES Q , 
λέγονται χαὶ φευχτά. δὲ σχευὴ οὕτως ἔχει ᾿ λαθὼν ἀρσενίχου 
4 
ES le Da da AN Le 
σχιστοῦ voi ὙΠ: ΕἸ ΕΞ Υ τὸ, χόψας, σείσας, χνοώδη ποιήσας, 
M D - ΄ 7 nl f ΞΡ CEE NA : -“ / 
ἔμόρεξον ἐν ὄξει. νυχθήμερα δύο ἢ Ὑ εἰς ὑελοῦν ἀγγεῖον στενόσ- 


” ΄ “ 5 S fe K “A CEE 
τόμον ἄνωθεν χατησφαλισμένος, ἵνα μὴ διαπνεύση. Κινῶν αὐτὸ 
Ι 

1 r ε ͵ “᾿ δι πὸ _. D ε ! =. , 5 S 
ἅπαξ τῆς ἡμέρας ἢ δὶς, τοῦτο ποιῶν ἐπὶ ἡμέρας πολλάς * χαὶ μετὰ 

ΕΞ ΄ καὶ ΕΞ FAN ΄ Φ ε " 
ποῦτο χενώσας, üvoy χαθαρῷ ὕδατι μέχρις οὗ ἡἣ ὄσφρησις 

΄ a , ΑΝ NS \ = / δὲ ΕΣ τ 
μόνον τοῦ ὄξους φύγη, φύλαττε δὲ δηλαδὴ τὸ λεπτότατον τῆς οὐσίας 

1 i 

A 1 4 ΒΕΓ. - δος Ε:. ἘΞ = Les 
χαὶ μὴ συναποχέει αὐτὸ τῷ ὕδατι. ira μετὰ τοῦτο ξηράνας 
“ “- .7 A » - e 
ἤτοι στύψας ἐν ἀέρι, μίγνυε χαὶ συλλείου αὐτῷ ἅλατος ([. 165 v.) 


n ΕΝ ο LA x RAI FAN “- 
χαππαδοχιχοῦ γ᾽ ε΄. Τὸ δὲ λας Ἔ 


RATE δι ef An H ra à 
evonôn ἐχ τῶν ἀρχαίων, ἵνα μὴ 
LAN] 74 ΄ PA 
χυθρίδιον, ὅπερ ὑελοῦν χυθρί- 


σεν. ΠΠηλοῦται τοίνυν ἣ χύθρα 


ὑελοῦς αὐτῷ ἐπιχείμενος “ χαὶ 


») , ΄ Ζ, À ον x LE à ΄ LA 

ἄνωθεν σχεπεταν ἕτερα 217. ἢ; χαὶι κατασφαλίζεται πανταχόθεν Eva 
x Β ͵ N F0 > = Ε 

un χαιόμενον το HOGEVLAOV οι πνεύση . Καίεται ον πολλάχις χαὶ 


1. M mg. 
ὅς ἐστιν ὁ ταχέως φεύ- 
(ων, ὡς τὰ θεῖα * 6 ὃ 
δέως φεύγων, ὡς τὰ θ 


, 


Π ἊΣ σὰ ε ᾿ εὐ Ne 
9 Un0€ ολως DEUYUVY, ὡς τὰ μέταλλα, χαι οἱ 


λίθος. χαὲὶ ἢ γῆ. — 3. ἕνα δὲ A. --- 5. τὸν 
1 mM 

γαλχὸν λευχὸν L. — 6. ὡς ἐν τούτοις om. 

L. — 6 om. AL, f. mel. — Réd. de 

ë ὑπὸ τοῦ πυρὸς, χαὶ ὅσα δὲ Op. 

ἔχῳ] L. — 7. τοῦ ἀρσενίχου M. 

- λαθὼν om. MA. — 9.2] à’ 


; τὸ MK. — χαὶ χόψας, 


ἄρσεν 


3 1 \ 
λα! σείσας κα! 


͵ 


χνοώδη ποιήσας. AL, f. mel. — 10. δέλινον 
A; ὑδάλινον L. 
τοῦτο ποιῶν] καὶ τοῦτο rofet L. — 13. Après 
χενώσας] αὐτὸ add. AL. —uéypts ἂν ἢ ὀσμὴ 
τοῦ ὄξους φύγη L. --- 15. συναπόχεε L, f. 
mel. — μετὰ τοῦτο om. AL, f. mel. — 
16. ἤτοι στύψας om. L. — μιγνύεις χαὶ συλ- 
λειοῖς αὐτὸ M. --- 17. τὸ δὲ ἅλας --- ἐκάλεσεν 
om. L (3 lignes). — 19. πηλοῦται --- χατασ- 
oxkterx] Réd. de L 


— στενοστόμιον M. — 12. 


3 


: Εἶτα πήλωσον τὴν 
φιάλην χαὶ χατασφάλιζε. --- 20. ὕελος mss. 


— ἑαυτῷ mss. Corr. con). — 21. σχέπε- 
Ἔ ] 
ται] Ἐς 1; 


σχήπτεται. 


10 


15 


20 


76 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


λειοῦται μέχρις οὗ λευχανθῇ, χαὶ γίνεται στυπτηρία λευχὴ χαὶ στερέμ.- 


vuoc. Εἶτα χωνεύεται χαλχὸς « ετὰ χαλχοῦ νιχαηνοῦ ἄσπρου * χαὶ 
= D! = / - \ D ANT 3 , + 
Aaubavels ἀφρόνιτρα χάτω εἰς τὴν χώνην δύο À τρία διὰ τὴν μάλαξιν. 
ἀπο: πλείους x ELA ΜΕΝ ΛΗ Ne ne) don ΄ 
Εἶτα ἐπιδάλλεις τὸ ξηρίον μετὰ χερχίδος σιδηρᾶς τῇ y τοῦ γαλχοῦ 
Ων Ν 7 Ξῷ - , - τ τς, ἄν 
λίτρας δύο. Kai ὅπ τοῦτο ἐπιρρίπτεις εἰς τὴν χώνην τῇ γ᾽ τοῦ ἀργυ- 
ρίου αν τ ἐν διὰ τὸ συγχραθῆναι τὴν βαφήν. Μετὰ τοῦτο πάλιν 
ἐπιρρίπτεις ἐν τ ñ χώνη ἅλατος βραχύ τι ᾿ χαὶ ἕξεις ἄσημον χάλλιστον. 
2}; . n τ + τὴν τ ΠΩ =, , 
[3] HINOS AEYTEPOS Ὁ BPAAEQY ΦΕΥΓΩΝ. — Ὁ τῶν μαργάρων 
χαλχὸς χεχαυμένος χαὶ τὸ σήριχον χαὶ τὰ τοιαῦτα a μὲν, οὐ Ge 
DAT . T0) O7 δ \ 3:07 Η ΞΕ ΄ 
δὲ, ἀλλὰ τῶν δ χαὶ χρὴ εἰδέναι ἐχ τῆς ποιήσεως τοῦ cap άγδου ἡ- 
3 “ = , Ὰ π- 
τις ἔχει οὕτως ᾿" ἐρυστόλ ον χαλοῦ γ᾽ δύο, χαλχοῦ χεχαυμένου 50. 


2 A ΄ 4 SA : CAN 
Πρότερον ποίει τὸν χρύσταλλον ἀχρόπυρον, χαὶ βάλλε αὐτὸν εἰς ὕδωρ 
\ \ AVE 2 e / ἘΠ ᾽ 24 = \ . 
χαθαρὸν, χαὶ σμῆχε, ἵνα un ἔχη ῥύπον. Rif οὕτως λειοῖς αὐτὸν εἰς 
᾿ - Ν᾽, \ = Ξὸ 12 A D - 
θυείαν ἤτοι ἰγδίον χαθαρὸν, un ἀπολλύων, χαὶ συλλειοῖς αὐτῷ 


» LA 


! 
σήρικον χαὶ τὸν γαλχὸν τὸν χεχαυμὲ ἔγον ᾿ χαὶ χωνεύεις αὐτὰ εἰς χάρδωνα 


7. 
᾿Ξ δ ΄ \ / \ 
λιτρῶν ΟἿ: ΠΕεριπηλώσας ποῶτον χαὶ πωμάσας ἄνωθεν τὴν χωνὴν, χα! 


8, 


= NN, Η , 
μένον. " ρξειττον O€ ἐστιν χωνεῦσ σαὶ εἰς γονὴν τ τῆλο 


: ὃ x A N 
θέντος ᾿ ἐπεὶ εἰς τὰ χρυσοχοϊχὰ χωνεῖα συλλ!ιπαίνεται ὃ σμάραγδος χαὶ 


Al 
3) 


ἱ 
en SO ΠΡ ΠΟ ᾽ς ἄχετῇε . ΩΣ ΤΩ 02 Ni 
ἐργεται εἰς τὸ χωρῆσαι αὐτὸν ἐχεῖθεν, χαὶ χλᾷ αὐτον. Ὅελει 0€ συμ- 


(ef) 

ἘΞ Ξ \ , \ “ à ἊΣ Ξ \ ΤῊΣ 3 RUE 
ψυγῆναι εἰς τὸ χαμίνιον, al οὕτως ἐπαρθῆναι, ἐπεὶ ζέοντος αὐτοῦ ἐὰν 
s ’ » ! = 
ἐπάρης, εὐθέως χλᾶται. 

115» © 

1. λειοῦ L.— γένηται L, f. mel. — 2. L. χαὶ τὸν γαλχὸν τὸν χεχαυμένον Z. τὸ σήριχον 
Υ " χ ἵ in 


om. les mots εἴτα --- χάλλιστον (6 lignes). — Oviay χαὶ γώνευε αὐτὰ εἰς τὸ πῦρ * χαὶ 


3. λαμθάνε: M. — 6. τῇ βαφῇ A. -- 7. ἄση- ριπηλώσας χαὶ πωμάσας... χαὶ Ë το δὰ 
μον χαλλ.] ἄσιμον χαλλ. M; κάλλιστον ἄργυ- ---ρυίαν M partout. — 14. χαθάρειον M. — 
ρον (en signe) A. — 8. M. mg. : Sigle αὐτὸν M. — 15. γώνευς AL.— 17. ὀφείλοντα 
de ὡραῖον (beau ra — 9. μὲν] ἡμᾶς MA.— 19. ξ — εὐθέως χλᾶτα! Om. 
A. — 10 | F. - τῶν σμαράγδων Le = 9 ς θυΐαν A. — 22. M mg.: 
1 ΞΞ ἘΠ ἀν μον ον (χρουστάλου φυγρανθῆνα! (main du XIIe-XIIIe siècle), 


M)] λάδε add. L. — χαὶ πρότερον L. — avecrenvoi au mot συμψυγῆναι. — ζέοντα 
12. χρηύσταλλον M. — βάλε L. — 13. εἴ ? αὐτὸν M. — 93. χλᾶτα! hate À, qui aj. 


οὕτως λε!οῖς...] Réd. de L : εἴτα λειοῦ αὐτὸν εἰς πολλὰ διὰ τοῦτο Ex ψυγρανθῆνα!:. 


10 


15 


20 


OLYMPIODORE. — 5 


UR L'ART SACRÉ 


77 


14] HINOS ΤΡΙΤῸΣ Ο ΜΗΔῈ ΟΛΩΣ ΦΕΥΓΩΝ. — Φεύγειν δὲ εἰρήκασι 


w μὰ 1 ἜΝ PT 1e Or 
αϑσξ' τὴς VEDEANS. τῆν OLX τοῦτο DIV « “ φεύγοντ το ὡς τὰ ἡεῖα 
F7 : Εἰ ἜΣ σα τ τς NS 
ὀξύτατα γὰρ τῷ χαπνῷ τὰ θεῖα * ἐὰν δὲ βραδέως, ὡς τὰ θει ιώδη. 
͵ N \ ᾿Ξ 24 -- Ξ ς = 
Λέγει δὲ τὴν LATATY NV τ 1$ πὶ ξεως TOY αὐτῶν φευχτων υγϑὼν 
22 A 1 δ, ’ \ à) La \ 
GRETA ὕραοι πτερὰ γινονται προς TV φυγὴν οντᾶΣς φευχτῶν χαι 
À 4 QY , NET: ΕἸ Φ € x 
ἀφ EUX TOY, ZA σωμάτων. τα TRITOY Λέγε: εύγοντα ὡς TX 
ν » \ , Τὴ ’ M x κ᾿ 
σώματα To 1.973. οστις χαι χυφιὼς Λέγεται πῖνος. ετα γὰρ 
» LA \ , nl -’ ὥς, ΕΣ Q , 
τὸ ς XOVOUT EVA XX! πιθέναι Ἢ.) ς DE LACS HYEUXTI. τα φευχπα. » 
η: τὸ \ ; 2 PONS » Ν᾿ NES \ Le : 
OÙTO γὰρ εἰς ATOS ρῦσαι αουνατον, ἃ λα χατὰ προ DAOLY ἀνα- 
+ , e! 7 ; G FA , a - 
SP ALVOVTES ES τέλους J.QEU χτό TAT , Oeoi TUVEO 17 , ποιοὶ μεν, ως 
- 2 ἃ , 
τα σωματα τα γοτα. 
151 A5 δι αὶ ù : τὰ \ Fe NT 5 \ \ 
9, Ὥλον O€ OTL OLX τοὶ TU206 TOU XL OLOXOVTOS ŒUTYX TO πριν 
τ αν > : + NES πο SE Ξ / 
Ὥνιχα Ἣν φευχτῶ, OUTLVOS TUYOVTA., οια τῆς παντελοὺυς χφευχπτοτήτος 
pr 2e , , ἜΤΕΙ ΣΎΝ LE ᾿ £ oi ὶ 
ἀνεξάλειπτον ἕξει τὴν φύσιν τῆς βαφῆς ἐν τοῖς σώμασιν οἷς χαὶ 
“ ᾿ ἝΝ ἢ , ; +1 ᾿ , 
QU.01% XATX TO (£. 1 00 Ὗς TUSLUAY ον χαὶ τὴν AYEUSLAV, €7 ρημαπι- 
> N A ὡς τ ΝΛ ν΄ CRE “Ὁ x 
σεν Eav το φΞ. γον σοὺ OLWXOVTOS 7970! ἀνεξάλε ITTOV EGEL τὴν : 
DE * OUEN δὲ ξὼν ὠχούσγΥε σὺν ἮΝ y παντὸς οὐ \ χαὶ ἕως τέλους 
2 σιν DUTY QE ξὰν ἀχὸ σὴς τ OUT πᾶντοὸς οὐσᾶν, χα! ἕως τέλους 
7 a Ne \ / 7 ἜΣ NAS \ 
VOEL συνοῦσαν αἀοιασπαστον XL μενουσᾶν CLEL TOUTO δε EGTLV, TO 
2} 2) μηδὲ ὅλως 


Ἷ ῦ0] ἐκ τοῦ πυρὸς ἄλλως πρὸς τ 
rie L(c’est-à-dire, variante: ) 
Glose insérée dans le texte. 
10. 
διῶχον) ἄλλο τὸ διῶχον L. 
— Réd. de L : Ὁ Δημόχ 


5 ZE9Y0VT0S ὁ 


— 2%! 


ee 


θεντα! ὃ. μ..] διὸ χαὶ ὃ, pu. 


2 


σεν om. M. 


τὸ 


σι SES 
505 0€ 579! 


τῇ ἀναγωγὴ ἤγουν χ. τ. À. 
— 4. ἤτουν MA. MG βραδέως... 
Réd. de L : 


λέγε: τὴν χατ 


περὶ ὃὲ τοῦ βραδέ ως φεύγοντος, 


᾿ ἀργὴν πῆξιν τῶν αὐτῶν φευχ-, 
τῶν χαὶ ὑγρῶν. — ὡς om. À, f. mel. — 8. 
Après γίνοντα!] τὰ θειώδη add. L. — φει 


τῶν ----τὰ φευχτὰ] Réd. de [, : περὶ δὲ τοῦ 


τ D 


à \ .5 , Nr 
χαὶ ἐχτίθενται δύ 
{ rou An At πο 


ἐστ ιν ἐν τῇ ἀναγωγῆ 


ο μυστήρια, ἕν τὸ φεῦγον χαὶ ἕν 


Σ 


ξπο 


πρεῖς ἐποίησεν ᾿ ἕνα 


οὺς ἀρχαίους 2 


τῶν ὑγρῶν, ἤγουν ἐν di 


ἀληθῶς χαὶ χυρίως πῖνος ὃ τοίτος, ὡς τὰ σώματα 


τὰ χυτὰ χαὶ μεταλλιχά * τὸ οἰχονο- 


τιθ. 


μετὰ γὰρ 
' Ca: 


μῆσαι 7%. ταῦτα 


(γίνοντα je 2 


σώματα τὰ ἐπ τς 


ἡμᾶς, μερ. γίνοντα! 
ας HE Ὶ 


corr. Conj.) ἀφ. 
— 11. 


. Koï τοῦτο γὰρ 


τὰ φ., 2 


οἰχονο ἢ 
ILE 
— 1ῦ. χαὶ om. 


ΞΞ- αλλαὶ 


τότε δὴ χατὰ πρύσδασιν MA. 


ΑἸ. δ 1 χὰτ αδιώχοντος. --- τὸ πρὶν — 
φευχτὰ] πρότερον (ὅτε ἧσαν φευχτὰ) L. — 17. 
ξξουσι L.— 18. ἐχρημάτισεν] ἐχαρίσατο 


a AG 


τύγχο! om. L. — 21. vost συνοῦσαν] 


ἐγαρίσαντο L. — 19. ἐὰν] χαὶ 


; Tete 
νόησον τὴν υὖσαν L. 


10 


20 


= \ F - κ- 


᾿ς Ὁ \ 
ἀνεξάλειπτον χαὶ ἀεὶ ὃν 


ἀναλλοίω 


το 


ν. 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


EAN 


ἴδασι πάντα ἀνυπόστατα 


σχοπὸς αὐτοῖς, ἵνα οἱ Dé 


- oi ε A \ - 
γοήσωσι ποῖά εἰσιν ὑποστατιχὰ χαὶ ποῖα ἀνυπόστατα. Καὶ διὰ τοῦτο 
- Fe SE ὩΣ Er ε Mr Ἴ ἘΞ ΕΣ A ef LA 
πᾶσαν ὕλην ἐξέθεντο στερεῶν χαὶ ὑγρῶν. στε “γὰρ ὅτι À τέχνη 
τ Ν \ Ἂ » 0 > μι 
αὕτη διὰ πυρὸς οὐ γίνεται. ὡς οὖν νοήμοσι προσομιλοῦντες γεγρα- 
/ \ + ΄ τ \ » = AA Le \ ε ͵ FAN 
φήκασι, χαὶ οὗτος ὃ σχοπὸς αὐτοῖς. μέλει χαὶ ὃ ἀώσιμος ἴδιον 
τὸ - - “Ἢ x . UT 
λόγον περὶ πυρὸς ποιεῖται Où μὴν ἀλλὰ χαὶ ἐν ἑχάστῳ γνησίῳ 
αὐτοῦ λόγῳ, τοῦ πυρὸς φροντίζει, ὡς χαὶ πάντες οἱ ἀρχαῖοι. Καὶ 
Ε = r= τὸ “ ! τε 3 - 
γὰρ πρῶτον. αἴτιον χαὶ μᾶλιστα τῆς ὅλης τέχνης τὸ πῦρ ἐστιν, ὡς 


πρὼτ 


ον τυγχάνον 


στοιχείων τὴν τέχνην 


οὕτω γὰρ δούλονται οἱ ἀρ- 


΄ % Ε - δα LA Là + \ el « 
ἡ σὴ ἀρετὴ, ἐν ταῖς τέσσαρσι βίόλοις ἐστὶ Δημοχρίτου ὅτε χατὰ 
x ὅδε A e. τ fi » 1 s 
τὰ πέσσαρα στοιχεῖα λελάληχεν, ὡς φυσιχὸς ὑπάρχων. Ἐξέθετο γὰρ 
s \ \ πὰ ὌΑ Le \ 7 0. Ἵ Δ δ == À 
πῆ μὲν πραέῳ πυρὶ, πῇ δὲ λάόρῳ, χαὶ ἄνθραξι, χαὶ ὅσα τοῦ πυρὸς 
(SEE . 7 Φ ΕΥ̓ τὴν > Β a 
δεῖται, πάλιν τὸν ἀέρα, ὅσα τοῦ ἀέρος, οἷον ἀεροπόρα ζῷα ᾿ ὡσαύτως 
\ / e Dr \ x 1" ( / web ND ? 5 ΄ 
χαὶ τὰ τούτων ὑδάτων, χαὶ χολὰς πάλιν ἰχθύων, καὶ ὅσα δι᾽ ἰχθύων 
1 UNS DEN ᾿ - PL x 1 
σχευάζεται, καὶ δι᾿ ὑδάτων ᾿ πάλιν τὰ τῆς γῆς, ὡς ἅλας χαὶ μέταλλα 


A ts , Κ A QE a. ΨΙΣ x 
(χαὶΣ βοταναι. Œt τοῦτῶν πάντων ἕχαστ 0Y τορος 


χροιαῖς χαὶ φύσεσιν 


ὄντα. 
17] Καὶ ταῦτα 


1. Après πάντα (f. 1. πάντες)] οἱ ἀρχαῖοι 
αἀὰ.1,. -- δὲ] γὰρ L, mel. —2. τὰ τοῦ χατα- 
λόγου ὄντα L.— 3. ὑποστατιχὰ] ὑπόστατα L. 
— 5. διὰ πολλοῦ πυρὸς L. --- νοήμοσι] νοή- 
μασι: MA. — Après προσομ'λ.} οὕτω γεγρ. 
L. — 6. αὐτοῖς] αὐτῶν ἐστιν L. — ὁ Ζώσ.] 
6 add. L.—7. περὶ add. L. — γνησίῳ om. 
ΓΞ σίω À. — 8. περὶ τοῦ πυρὸς φροντ’- 
ζει L. En bonne grécité, περὶ est inu- 
tile. — χαὶ γὰρ καὶ LE L. — Réd. de 
A: χαὶ πρῶτον αὐτοῖς μ΄ ἡμέρας (en signe) 
χαὶ μάλιστα. 10. τυγχάνον] τυγχάνε: τὸ 
πῦρ AL.— 11. ἀχριδοῦσθα: AL, puis addi- 
tion de L : 


πλη 


᾿ : 2 5 
Διὸ χαὶ ὁ Δημύχριτος ἐξέθετο πῇ 


«στοιχείοις, app 


n 


ἰδικαῖς χαὶ γενικαῖς 


«} 


A {4 
οὕτων τὴν τέχνην 


μὲν πράῳ πυρὶ. — 12. ὅτε] ὅτι mss. Corr. 
conj. — 13. φυσιχῶς M, sur grattage de 


φυσιχὸς. — 14. Au lieu de ἄνθραξ: — ἀρ 
νγοθήλη ὄντα. (1. 20), réd. de L : φύσει γὰρ 


ρε- 


: = AVE ΞΕ 
ἐμπνευματούμενα πάντα, ἄλλα μὲν δεῖτα! τοῦ 


ἐγ τες PR se  ἘῚᾺ = 
πίθος ὡς τὰ τ τα τα χαὶ τὰ era 


ὡς οἱ us ἄχλαδ à: à 

RE ESC UE ΒΡ Hi 

τά. Τὰ δὲ εἴδη τὰ ὄντα ἐν τούτοις τοῖς τέσσαρσ: 
τι 


ρρενοθήλεα ὄντα, πολλαῖς χροιαῖς 
καὶ φύσεσιν à ee ταλλήλαις, μεριχαῖς χαὶ γεν-- 
καῖς διαχέχρινται πρὸς ἄλληλα. ἹΚαὶ 


εἰδότες 4. τ. À. — 21. διὰ τοῦτο AL, f. mel- 


ταῦτα 


10 


μ 
ot 


20 


OLYMPIODORE. 


πῇ 


ἐχάλυψαν 
À f 


πινὸς τούτων ᾿ ἐχτὸς (f. 167 γ᾿. 


- 
᾿ 


χατὰ 


l 
1 )1 nn , 7 5 
LE Τοίνυν γνῶτῳ 0 ! [ { 


χατὰ ποῦ θείου 


ἀρετῆς ἔντος 


πᾶσης 
ἀγαθὸν τὸ 
ἀρχαίων, ὅτι 


T2 το 
i ἢ ͵ ὶ i 


— SUR L'ART SACRÉ 


πολυπληθεία τῶν λόγων. Iévrwc 
VAR T 
« Οὔτε γὰρ συσταίη ποτέ τι 
NE 

δύναμιν 
τῷ νῷ. Καὶ Un μοι 


ἐτόλμησα 


Ye 
ἀνεξίχαχον. 


, eur 
QELTNVENLAY τὴ τέ 


γνη δι 


YA? 


οὕτων οὐδέν ἐστιν 


γεγράφηχα, ἀσθενὴς ὑπά 


΄ 


υηνιείτω παραχαλῷ 


LA 
σύγγραμμα ποιῆσαι λεών 


αὕται αἱ Αἰγυπτίων γραφαὶ, 


χαὶ ἐχθέσεις 


O2 


UULOVEY 


Q- 


5 = + . ᾿ Ne \ 5 

rot εὐορχοῦσιν. Δόξαι γάρ εἰσιν αἱ γραφαὶ αὐτῶν, χαὶ οὐχ ἔργα 

σινὲς An τῶν #1 ᾿ VV "mn Ào ÉDOY σῶν SN TOY στο EL λόγο 
τινὲς γὰρ τῶν φυσικῶν φιλοσόφων τὸν {περὶ» τῶν στοιχείων ον 

ὶ i à i 

SN \ DA x , < 

ἐπὶ τὰς ἀρχὰς ἀναφέρουσιν, ὡς χαθολιχωτέρας οὔσας τῶν στοιχείων. 
ἔπωμεν τοίνυν πῶς î mo. χαθολικωτέρα ἐστι πῶν Fe : 

αὕτη γὰρ. τὸ πᾶν. τῆς 2 De XX ‘Ayabo δαίμων 


2. Les mots φησὶ γὰρ ὁ Δημ. placés dans 
L après χωρὶς τούτων. — 4. γέγραφα L. — 
5. οὐ μόνον] οὐ μόνῳ L. Corr. conj.; om. 
Le: 


MA. — Kaï μή με μέμφεσθα! 


SES ΞΞ 
6. εὐχαῖς ὑμῶν om. L. — hey] αλλ. 
ἔλεως L. — τοῦτο τὸ σύγγ. συγγράψα!: L. 


.σ αὐτα! 


! add, 


— 7. Après γένοιτο] τὸ θεῖον add. ; 


γοῦν εἰσιν αἱ Αἰγ.γρ. L. — 9. 


— ἣν πέρας τὸ προχ. χαταλήγε! L. — 11. ὀνό- 
μασ' τε πολλοῖς M. -- Réd, de 1, : γνώτω 


τοίνυν ἡ ὑμετέρα ἀγγ. ὅτ: π. ὀν. οἱ ἀργαἴο ἐχρ. 
— 14. παρενδήσω Μ. --- σὺ om. Μ. --- 15. 
Réd. de AL 
90.— 16. Aprèsay.] χαὶ 00m. M; =5om. 
A.— 19. ἀποχρ. τοῖς voruost L.—20.M mg. 
Renvoi à εὐορχοῦσιν, puis : 
τήριον ξένον), main du XIII<-XIVesiècle. 
— Après ἔργα] Laj.: 
τὸ μυστήριον .--- 24. αὕτη γὰρ] εἰς αὐτὴν γὰρ L, 


CALE 


: οἵδα γάρ σοὺ τὸ ἔμπειρον τῶν 


μυστηρὶ ξε ἕξ (μυσ- 
ἐξ , ; es 
: AA EY TOUTOLS 2202709061 


f. mel. — ὡς χαὶ ᾽Αγ.] za γὰρ nat ὁ 


10 


15 


80 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


5 - _ Le ( \ A \ LA “- “ὦ . ἘΦ 2 
τὴν ἀρχὴν ἐν τῷ τέλει θεὶς, χαὶ τὸ τέλος ἐν τῇ ἀρχῆ. Δράχων γὰρ 
2 Ν nl “1 
5 21 2.1" 3 , ΄ δ Ξ: , 
οὐροθόρος δούλεται εἶναι, οἱ a ὡς ὁοχοῦσί τινες ἀμύητοι “ ἀλλὰ 


UVTIXŸ τῇ φωνῆ, ὠά. Καὶ ὅρα, 
ὧν ἄρα τίς ἐστιν * ὡς μέν TLVEC 


μυθεύουσιν ὅτι τις ἀρχαῖός ἐστι τῶν πάνυ παλαιῶν If. 167 v.) ëv 


, ΄ = 2 5 ΜᾺ ἋἋ ΝΡ, Li 9 \ ͵, 
Αἰγύπτῳ φιλοσοφήσας αλλοι ὁὲ φασιν» ELVŒL ŒUTOY μωστιλωτερον 
᾿ 
St: 
““πσο) * 
ΐ Ὶ ι | UTTOU 


SU Nr 5 \ Se τ 

ἄγγελόν τινα, ἣ Δγαθοδαίμονα ἀγαθὸν Co τῆς À 
CS \ ol \ “- ! n Es 

πάλιν τινὲς Οὐρανὸν αὐτὸν ἐχάλεσαν * χαὶ τάχα ὧδε ἔχει λόγ 


χοσμιχὸν UIUNUX. Ἱερογραμματεῖς γᾶρ τινες τῶν Fe. βουλό- 


di FI \ l 
΄ - AA . πο: CV LIEN EVE 24 , 
μένον Z0TU.0Y εγ] FOIS EVATOLG ONEÂLTAOLS ἢ ἐν τοις ἱερατιχοῖς γρᾶμ- 
S ST? 3 2, x NN < , ἊΝ , 
re ὦ ΤΕ ἢ ἐγχολᾶπ ποιοῦσιν Οἱ πων TO"OE ΕΙΣ αὐτοὺ χατὰσ- 
/ TES Ὁ 


= 


ὃς χαὶ βίδλον cree nt χαὶ τοῦτον προ- 


σωποποιησάμενοι, ἐρευνῶμεν τοίνυν πῶς ἣ ἀρχὴ χαθολικωτέρα ἐστὶ 


\ 

L 

\ x [2 ἢ \ τὸ , - . - y N 
τὰ γὰρ TEGTAON στοιχειὰ ἀργὴ TOY σωμάτων εἰσίν οΟ 


, 

“ A -" ἼΣ \ | \ = \ \ 1 \ \ CS 
τοῦτο ZXOL OGTOLYELCY. 00 (Oo T € à η "] το τας 
TOUTO XAL στοιγεῖον oo! 22 το θεῖον XAL τὸ (WOY, XAL TO HLETASU 


me ἐστίν ᾿ ἣ ἀρχὴ τοίνυν πᾶντος 


1. ὃράχοντα γὰ» οὐροδόρον L. --- 2. οὐ A. — 12. Réd. de 1, : Kaï ταῦτα δέ μοι 
φθονῶν — ἀμύητοι] Réd.de L : οὐ 90. τοῦτο εἴρ., φησὶν ὁ ᾿Αγαθοδαΐμων περὶ τῆς ἀρχῆς. 
λέγει, ὡς νομήζουσ' τινες ἀμ. — 3. μύστα ὅτ' — ὃς χαὶ]) τ A. — ἐντίθησιν A. — 13. 
πλ. L. — M mg. : Renvoià w4 puis : χαὶ] ἡμεῖς δὲ L. — 15. λέγωμεν AL. 
περὶ me (en signe). — wa] ὁ νοῦς A; ὃ τοῦτον χαὶ ἢ ἀρχὴ À. — 16. οὐχέτι δὲ ἀργὴ. 
νοῦς ἀχούετα! L. — 4. ὅτι add. L. — ἄρα A. — μεταξὺ] ἄμα A; μετ. χαὶ τὸ ἅμα 


τὶς] τῆς ἀρετῆς AL. — Réd.de Ἁ : ὃς Ι.. --- 19. Réd. de À : εἴπωμεν πότερον 
(lire ὡς) χαὶ τινὲς μυθ. ὅτι ἀργ. à. χαὶ πάντων ἐστὶν ἀογὴ τοίνυν χατά τοινας (lire τινας) 
π. παλ. -- Réd. de I : ὃὴ χ. τ: μῦθ- παντὸς πράγματος ἣ μία ἐστὶν ἢ πολλαὶ. 
ἀργαῖον εἶνα! τ. π. παλ. τῶν ἐν Αἰγύπτῳ φιλο- — 20. χατὰ τινα CHER MKL — Après 
σοφησάντων. — 7. ᾿Αγαθοδαΐμονα...} ἀγαθὸν σημεῖα] ἢ οὔ, χαὶ εἰ μία ἐστὶν ἢ πολλαὶ L. — 
δαίμονα. Λέγω ὃὲ ἀγαθὸν τῆς Αἰγύπτου L. — Réd. et ponctuation PrOpOSÉes : : Φέρε 
8. Réd. de L : πάλιν δέ τινες αὐτὸν οὐρανὸν δὴ εἴπωμέν πως ἥτε ἐστιν ἢ ἀρχή «τοίνυν παν- 
L.— we] τόδε L.— 11. aus τῷ) σώ- τὸς πράγματος χατὰ τινᾶς, ἢ La ἐσεῖν, ἢ 
part αὐτοῦ L. — αὐτῆς" Μ. ---χαταστ. ποι- πολλαὶ, χαὶ, εἰ μέν ἐστι μία, ἢ ἀχίν., ἢ ἄπ.» 


οὖσι πρὸς τ, ὃ. L. ---ὑπάργων M; ὑπερέχων ἢ πεπ. Cp. Aristot. Phys. I, 2,p. 184 b. 


σι 


10 


1ὅ 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ SI 

ἢ ἀχίνητός ἐστιν, ἢ ἀπειρος, ἢ πεπερασμένη ᾿ ὡσαύτως χαὶ εἰ μὲν 
DS \ ᾿ , "» 2" , “" ΕΣ LA 

πολλαὶ ἀρχαί εἰσιν, πάλιν aûtat ἣ ἀχίνητοί εἰσιν, À πεπερασμέναι, 

ἢ ἄπειροι. Μίαν τοίνυν ἀχίνητον raid ἄπειρον ἀρχὴν πάντων τῶν 

ἊΨ a ; St “ » \ 

ὄντων ἐδόξαζεν ζὸ» Μιλήσιος τὸ ὠὸν, λεγὼν ὅτι τὸ ὠὸν τὸ 
FAN ; - Φ 3 FLE san ; 

ὕδωρ θείου ἀπύρου ᾿ τοῦτο γὰρ χαὶ ἕν ἐστι χαὶ ἀχίνητον ᾿ πάσης 


γὰρ σημαινομένης χινήσεως ἀπήλλαχται. ᾿Αλλὰ μὴν πρὸς τούτοις 
5 A 2 . = N 7 θεῖ; \ CNE à Dre 
χαὶ ἀπειρόν ἐστιν ᾿ ἀπειροδύναμον γὰρ τὸ θεῖον, χαὶ οὐδεὶς éExoulur- 
Ν .- , ἊΝ 
σασθαι δύναται τὰς τούτου δυνάμεις. 
of San , Q7 s1= Ε PAIN 
20] Μίαν δὲ ἀκίνητον πεπερασμένην δύναμιν ἔλεγεν ὃ ΙΤαρμενίδης 
mo θεῖον, χαὶ αὐτὸς λέγων ἀρχήν * τοῦτο γὰρ ὡς εἴρηται χαὶ ἕν 
DES Van \ Ξ ἜΝ Β de ere 
ἐστιν, καὶ ἀκίνητον, καὶ πεπερασμένη ἢ ἀπ᾿ ([. 168 r.) αὐτοῦ ἐνέργεια. 


Καὶ σχόπει ὅτι Mur foros Θαλ ἣ ς πρὸς 


LE" » \ » . 

ἔλεγεν αὐτὸν ἄπειρον ᾿ ἄπειρο 

æn0e ja Ἶ mn 4 2) 
πρὸς τὰ ἐς αὐτοῦ προαγόμενα EÂEVEV 


N 7 ς 
οὐ ναυοος γὰρ 0 


ὶ 

\ 5 ἐν 2 me CS 1 
Tv οὐσίαν τοῦ Θεοῦ ἀπούλέπων 
Θεός. Ὁ δὲ Παρ 


A LA 
αὐτὸν πεπεράσμενον Ἷ πάντη 


- ͵ 3 4 , « \ x 
γὰρ που OfAOV ὡς πεπερασμένης ἐστι δυνάμεως τὰ ὑπὸ Θεοῦ προα- 
΄ ὃς NI Ν , " 5 ΄ 
γόμενα ᾿ πεπερ ρασμένης OË ὀυνάμεως, ἄχουε τὰ φθειρόμενα, πλὴν τῶν 
--- LA f: 


OUYUUT ᾿Αλλὰ τούτους 


227 ων. 


\ Ν 
ποὺς OÙo, 


1. ἢ (3 fois)] n M. — Avant ὡσαύτως] 
za gratté M. — 3. Réd. de A : Μίαν 


ἄπ. πᾶντων. Réd.de L: 
ἀρχ.- καὶ ἄπ. π- τ. ὅ. 
— 4, Réd. 


WOY AC 


τοίνυν ἀρχὴν ἀχίν. 
Ἶ , 17 re 
May τοίνυν ἀχ’ν. ἐδόξα- 


AO 


“ AMONT 1 
OT! τὸ W0V v0W2 To 


ζον οἱ ἀργαῖο!. de 


υὐλήσε: σοι τὸ 


(puis: les signes du θεῖον ἄπυρον et de 
l'or) ἐστιν. Réd. de L : Διὸ χαὶ ὃ Θαλῆς 
ὁ Μιλήσιο εἶναι τὸ ë 
τὸ 
χαὶ ἐστ ιν ὃν χαλὸν χαὶ ar! Toy. ΞΞ-Ξ- τὸ ὠὸν] 


τὸ ὧν 2 fois M. Corr. d’ après A (M. B.). 


— δ. 


ὃν εν. "Apa χαὶ 


AMEN ot = > 
ον TUET=20Y, ὕδωρ θεῖον ἐστὶ χαὶ χρυσὸς, 


ὕδωρ θείου ἀπύρου)] signe du θεῖον 


ἄπυρον puis 0 avec boucle à la partie 


inférieure (signe de l'or, altéré ?) M. — 
Réd. de A : Τοῦτο γὰρ χαὶ ἕν ἐστιν ὠὸν 
χαλὸν χαὶ ἀχίνητον. --- 6. M mg. : wôe (sic) 
ζήτημα μέγα (en abrégé, à l'encre rose; 

main du XV°-XVIe siècle). — Réd. de 
AL : ᾿Αλλὰ μὲν πρὸς τούτῳ χαὶ ἄπ. ἐστιν 


χαὶ ἀπειροδ. 


ILE 


Kat γὰρ τὸ 0. οὐδεὶς, — 7. τ 


FA Gr Réd.-de L= Μῶν δὲ 


χαὶ αχίν. χαὶ ἄπειρον δύν. Eh. ὃ [lapu. χαὶ 
ἄλλην πεπερασμένην τὸ θεῖον. — 10. ἀργὴν] 
ἄπειρον L. — R£d de Α: : ἀρχαὶ, τοσοῦτον 


γὰρ ἃ αἱ 


ΣΝ 
αλιίνητον. . 


PR RS CN MIT ES 
11. πεπερασμένη δέ ἐστιν ἢ ἀπ᾿ αὐτὸ 


L. — 12. ὃ Θαλῆς 1. — 18. ἄπειρον χαὶ 
ἀπειροδύναμον - ἀπειροδύναμος γὰρ L. -- 
14. Après πεπερασμένον] χατὰ τὴν δύναμιν 


add. L.— πάντη M partout. — 15. ὡς] 
ὅτι L. — 17. τὸν Μιλήσιον]. Il faut lire 
τὸν Μέλισσον. Aristote, De Caelo, III. 1, 
Ρ- 208. δ᾽ Τὴ: 


Παρμενίδην, οὗς, εἰ χα ταλλα λέγουσι χαλῶς, 


Μέλισσόν τε χαὶ 


O: ge 
ἀλλ᾿ οὐ φυσιχῶς γε δεῖ νομίσα! λέγειν. Sextus 
Empiricus rappelle (Adv. Dogm., IV, 
46) qu’Aristote donne à Mélissus et 
à Parménide l'épithète de ἀφύσιχοι 
(Fragm. Aristot. éd. Didot, n° 33). 

11 


10 


20 


82 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


\ r D 3 ἘΞ τ = -- : ἊΝ ΄ 
χαὶ Παρμενίδην ἐκ τοῦ χοροῦ τῶν φυσιχῶν ὃ ᾿Αριστοτέλης 


. 


δοχεῖ ἐχόάλλειν. Θεολόγοι γὰρ οὗτοι τῶν φυσικῶν ἠλλοτριοῦντο 


Δ , x x , Ἃ 7 
δογμάτων, παρὰ τὰ Un χινούμενα σγολάζοντες 


, 


χινοῦνται * @ Va 


τὰ γὰρ φυσιχὰ 


, 


σις γάρ ἐστιν ἀρχὴ κινήσεως χαὶ ἠρεμίας. 


ύσ 
21] Μίαν δὲ πεπερασμένην ἀρχὴν τῶν ὄντων ἐδόξοζεν Θαλῆς τὸ 


> D = 
ὑδιάπλαστ 


γόνιμον γὰρ οὕτω, 


\ 


Ὁ O1 5 , NI N , Ν . 
ἐπειδὴ γεννᾷ ἰχθύας ᾿ εὐδιάπλαστον δὲ, τὸ δυνάμενον διαπλᾶσθαι ὡσὰν 


δ ἡ ἜΝ VON ἘΝ εν A : , 
βούλης νῦν ᾿ χαὶ τὸ ὕδωρ ὡσὰν θέ Xi ns ὃ διαπλάττεις ᾿ ἐν ᾧ γὰρ ἀγγείῳ 


τὶν αὐτοῦ ἣ ἀρχὴ χινουμένη 


δ “ \ A 
το ὕδωρ, AA, πρὸ 


C1 A 3 \ 
GEOT NV, χαὶ 


CA] 


x ! 5, 
τρίγωνον, καὶ πρὸς τετράγωνον ἄγγος, χαὶ 


χινεῖται γὰρ τὸ 


ν 


οὗτος πλούσιός ἐστιν χαὶ 


\ 

" 
NZ \ » ΄ - ε x 
εὐδιάπλαστος χαὶ αὐτός “ ὡς γὰρ 


Ὁ - Ν ΄ ΄ - 
ὕδωρ, ἐπειδὴ γόνιμόν ἐστιν χαὶ 
- ἃ 
᾿ 
EN , Ν 
βάλης τοῦτο, πρὸς αὐτὸ ὙΠῸ ἘΠῚ 
4 
πρὸς χεράμιον, χαὶ πρὸς 
ὡς ἐθέλεις. Καὶ μία ἐστ 
ὕδωρ. [Πεπερασμένη δὲ “οὔτε γὰρ à 
οωρ. ἐἑπερασμιενὴ 0€ τ Y 
22] Ὁ δὲ Διογένης τὸν ἀέρα 
J Lo» ns T pæ;, 
γόνιμος ᾿ τίκτει γὰρ ὄρνεα ᾿ χαὶ 


1 n = [2 5 CR x - ͵ 
θέλεις διαπλάττεις χαὶ τοῦτον ᾿ ἀλλὰ χαὶ εἷς ἐστιν οὗτος χαὶ χινού- 


3 ΠΝ 
μένος, χαὶ οὐχ ἀΐδιος. 


\ 


23] Ἡράχλειτος δὲ καὶ Ἵππασος τὸ πῦρ ἐδόξασαν εἶναι ἀρχὴν 


, DATES 2 δι Η͂ = . 
πάντων τῶν OVTWY, ETEL0 ὁραστιχόν ἐστιν τοῦτο 


᾿ / ES Se , ᾿ Nr /. y 
παι εἶναι ἡ ἀρχὴ τῶν γινομένων ὑπ᾽ αὐτὴν πλέον, ὡς δέ τινες [f. 168 


\ / 3 


V.) λέγουσι, χαὶ γόνιμόν ἐστιν τὸ πῦ 


᾿ 


Υ, \ x π᾿ > Da 5: D 
24] Τὴν VAE γὴν οὐόεις €00 


’ x 5 
VIT TD de T TEX 
JIVETAL γὰρ εν τό τε χχαύματι 


ν εἰναι ἀρχὴν, εἰ μὴ Ξενοφάνης 


1. χώρου M. --- ὃ om. M. -- 
θάλλειν om. ΜΑ. --- ηλλοτρίωντα! M ; ἀλλο- 
τριούται A ; ἀλλοτριοῦνται L. Corr. con). 
3. Après δογμάτων] εἶνα: add. L. — παρὰ] 
F. 1. περὶ. Confusion fréquente dans 
les mss. — 4, Après χινοῦνται] πάντα 
add. L. — φύσις γὰρ...] Cp. Aristot. 
De Caelo, ἘΠῚ.}2, p. 301 b 17. — 5. 
δὲ] γὰρ Δ. — apy. πεπ. AL. — ὃ Θαλῆς 
AL. Cp. Aristote, Métaphys., I, 3, 
P- 983, b. Ἔ — 6. οὕτω] ἐστιν 1,. 

— 7. δὲ] re Α. --- Réd. de L : εὐδιά- 
πλαστὸν δὲ ὅτι δύναται διαπλασθῆνα: ὥσπερ 


“ A5 ΑΝ ῃ CES [PA 
ἂν βούλῃ : καὶ γὰρ τὸ ὕδωρ... — 9. βάλης 


τι ἮΝ πῆς À 3 “a 
τοῦτο...] βάλλοις ἂν αὐτὸ, τοῦτο rpoôs αὐτὸ 


διαπλ. L, qui om. τὸ ὕδωρ. — πρὸς ξέσ- 


τὴν gui L. — 11. ἕως θέλεις M ; οἷον ἐθέ- 
λης À. --- ἢ ἀρχὴ αὐτοῦ L. --- 12. χαὶ πεπε- 
ρασμένον ὑπάρχει χαὶ οὐχ ἀΐδιον L. --- 13. 


Ὃ δὲ Διογένης... Aristote, Métaphys., 
p- 984 ἃ 5. — Τὸν ἀέρα ἐδόξαζεν ἀρχήν L. 
— 14. εὐδιάπλ. εὑρίσκεται L. — 15. ἐστιν 


χαὶ αὐτὸς 2. χιν. L. — 17. ἐδόξαζον L. Aris- 


tote, 1bid. — 18. Après δραστιχὸν] πᾶν- 
των add. L. — δὲ] rap ERA re 
αὐτὴν] ἐπ᾿ αὐτῶν À; do ᾿ ἑαυτὴν L. — 20. 


γίνεται γὰρ...] γίνονται γὰρ χαὶ ζῶντα ζῷα [ 
— 21. γὰρ] δὲ L,f. mel.— ὃ Æevos. Je. 


Mb ΜΝ 


Qt 


10 


15 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 83 


ἐσθα: ὑπὸ τῶν φιλοσόφων στοιχεῖον εἶναι, ὡς 


À L s N ΝΜ - x 4 
mn οὖσαν γὄνιμον, χαὶ ὧδε ἔχει λόγον εἰς τὸ ζητούμενον. Καὶ γὰρ 
Ἑρμῆς πού φῆσιν " € [Παρθένος ἡ γῆ pres ἐν τῇ οὐρᾶ τῆς 


ΟΡ M: Ni ! 5 \ , ΕΞ y 
29 (AY δὲ χινουμένων ἄπειρον ἀρχὴν πάντων τῶν ὄντων 
ς 4 ἔν) rt En λένε AO οὔσωσ " Eve ris ἢ 
((ει ναξιμένης τὸν ἄερα. λέγει γὰρ οὕτως © « γγὺς εστιν 0 
ἀὴρ τοῦ ἀσωμάτου ᾿ χαὶ ὅτι xaT ἔχροιαν τούτου γινόμεθα, ἀνάγχη 
ἦν + à = ἂς \ δι, a : 
αὐτὸν χαὶ ἄπειρον εἶναι χαὶ πλούσιον διὰ τὸ μηδέποτε ἐχλείπειν. 
; +, N x \ CANIN EN EU a ᾿ a εἶ \ Ni ͵ 
Δναξίμανδρος δὲ τὸ μεταξὺ ἔλεγεν ἀρχὴν εἶναι ᾿ μεταξὺ δὲ λέγω 
fr 


TOV ἀτμὸν ἢ τὸν χαπνὸν * ὃ μὲν γὰρ à 


΄ 


“ο΄ À 
ὺ θερμῶν χαὶ ξηρῶν, χαπνός. 


20] λθωμεν δὲ ἐπὶ τὴν ἑχάστου τῶν ἀρχαίων οἰχείαν δό 
\ 


\ \ EAN 
οξάζειν, χαὶ πρὸς τὸν ἴδιον σχο- 


2 


\ νἊ 3: (4 
χαὶ ἴδωμεν πῶς ἕχαστος βούλεται à 
\ 5 _ TA τ " à _ 
πὸν ALES Ἔνθεν γὰρ ἔνθεν ἔλλειψις γέγονεν (ἐχν τῇ 
7 / , ἘΣ ν 
πολυπλόχου πλάνης. ᾿Αναχεφαλαιωσώμεθα τοίνυν μερικῶς καὶ δεί 
μὲν πῶς x τῶν φιλοσόφων οἱ ἡμέτεροι φιλόσοφοι τὰς ἀφορμὰς 
nee D TT et Net - Mo ᾿ 
λαθόντες συνέταξαν. ἀώσιμος τοίνυν, τὸ στέφος τῶν φιλοσόφων, à 

- ΄ , ΠΥ ᾽ 

ὠχεανόξρυτος γλῶσσα, ὃ νέος θεηγόρος, Νελίσσῳ τὸ πλεῖστον ἀχο- 


ε 


΄ a , \ / © 
λουθήσας χατὰ τὴν τέχνην ὡς χαὶ θεὸς εἷς, μίαν τὴν τέχνην ἔλεγεν 


1. δὲ] γὰρ L, f. mel. — 2 ἀχρι- — τῶν ἀτμῶν... τῶν χαπνῶν mss. Corr. 
60ÿtw] ἀχρίφουλος Α, avec un trait hori- con). — 13. δὲ om. MA. — 14. τὸ δὲ AL, 
zontal au-dessus du mot, comme si f. mel. — χαπνὸς ἐστιν Α. — 18. δείξωμεν 
c'était un nom propre. — 4. εἰς] πρὸς L, Εν mel. — 19. Après φιλόσοφων] μερι- 
L.— 5. ὃ Ἑρμῆς AL. — φησίν που L. χῶς À. — οὗ quér. οἴχοθεν φιλόσοφοι L. — 
— 7. χινουμένην AL, f. mel. — 8. ἐδόξαζεν 20. Après συνέταξαν] grand astérisque 
AL. Cp. Aristote, ibid., p. 084 ἃ. — 9. dans M, et à sa marge, semblant in- 


> 


χαὶ ὅτι...) χαὶ ἐπειδὴ zac ἔχροιαν L. — diquer une lacune, qui est peut-être 


χατέχρυαν MK ; zatérpivay A. — 11. ’Aya- comblée par l’addition de L : τὴν φυσιχὴ 
ξίμανδρος..] Cp. Aristot. Phys., I, 4, p. ἡμῶν τέχνην. — τὸ στέφος] χαὶ στέφανος A. 
187 ἃ: Metaphys. XI, 1, p. 1060 b. — 21. τὰ πλεῖστα καταχολουθήσας L.— 22. 


— λέγω] λέγε: AL. — 12. ἢ] καὶ L,f. mel. à Θεὸς εἷς ἐστι L. f. mel. 


10 


20 


84 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


εἶναι * χαὶ ταῦτα ἐν μυρίοις τόποις πρὸς τὴν Θεοσέδειαν θεηγορεῖ, 


\ 


l 
xai ἀληθὴς © λόγος. Θέλων γὰρ αὐτὴν ἐλευθερῶσαι τῆς πολυ- 


(f. 169 τ.) πληθείας τῶν λόγων χαὶ τῆς ὕλης ἁπάσης, ἐπὶ τὸν ἕνα θεὸν 


i 

TRADE AOULVEL χαὶ ΟΦ. τς Οἴχαδε χαθέζου à σα ἃ 
χαταφεύγειν παραινεῖ, χαί φησιν : € Οἴχαδε χαθέζου ἐπιγνοῦσα ἕνα θεὸν 

ι \ 3 cl P y -- \ el : À x 
χαὶ μίαν τέχνην, χαὶ μὴ péubou ζητοῦσα θεὸν ἕτερον Θεὸς γὰρ 
“Ὑ \ \ 5 τα “᾿ \ 9 S , x à 
ἥξει πρὸς σὲ, ὃ πανταχοῦ ὧν, χαὶ οὐχ ἐν τόπῳ ἐλαχίστῳ, ὡς τὸ 
N 2 4 “ , δι < ΄ 14 + 
δαιμόνιον. Καθεζομένη δὲ τῷ σώματι, χαθέζου χαὶ τοῖς πάθεσιν, χαὶ 


=? n / nu Ω 
οὕτως σαυτὴν ὀιευθύνασα, προσχαλέεση de. ἑαυτὴν τὸ θεῖον, χαὶ 


ῃ Û 
»" PA \ \ \ = ᾿ » “ΠῚ ὌΧ “Ὁ "ὦ 
OVEWE Ὥξει πρὸς σε τὸ θεῖον τὸ πανταχοῦ ον. ὅταν δὲ ἐπιγνῷς σαυ- 


- , \ A f2 CA "» 
τὴν; TOTE εἐπιγνωσὴ χαὶ τὸν μόνον ὅντως θεόν * x ὶ οτῶς ἕνερ- 
ἷ 5 


ῃ 


τῶν γνησίων χαὶ φυσιχῶν, καταπτύουσα τῆς ὕλης. » 


SET < EC 4 LS : 
27] Ομοίως, χαὶ ὃ Χήμης τῷ Ilapueviôn ἀχολουθήσας 


‘ , Ἕ EX En es PER NUE RE ΠΑΝ x Η SN © A - 
φήσιν « ν τὸ πᾶν. OL OÙ τὸ πᾶν τοῦτο YHO EL Ur ἕξοι TO πον: 
δι A c K \ \ ἘΞ A e \ A ( τ δι 
OÙUOEY τὸ πᾶν. D αι οἱ μεν θεο \oÿ0! ως προς το Πεῖα, οἱ O€ φυσι- 


401, ὡς πρὸς τὴν ὕλην 
; 


Ἂς 
> v 1 \ ! DEN 7 
Ἀναξιμένην] τὸν ἀέρα ἔλεγεν. Καὶ ᾿Αναξ 
μεταξὺ, τουτέστιν τὸν χαπνὸν ἣ τὸν ἀτμόν. ᾿λγαθοδαίμων γάρ * 


iu 
1 0 
[72 “ [4 ε r} 7a - 
.« Ὅλως αἰθάλη ἐστὶν, » ὥς φησιν ὃ Δώσιμος. Καὶ τούτοις μᾶλλον 


Φ - , 5 PS LS = / ᾿ / = 
ἠχολούθησαν οἱ πλεῖστοι τῶν ταύτην τὴν τέχνην φιλοσο οφησάντων. 
Καὶ γὰρ Ἑ ρου τῆἧς περὶ τοῦ χαπνοῦ φησιν, ὡς δῆθεν περὶ τῆς μαγνη- 
ἘΠ ὙΠῸ Γι is IEC . . 7.2 - SU LE op 5} 7) ἢ 
ἌΓ Ω F ” 5 \ ὌΝ, , , 
σίας λέγων ᾿ « Ἄφες αὐτὴν, φησὶν, ἀπέναντι τῆς χαμίνου χαίεσθα! 
1. ai διὰ ταῦτα L. --- θεηγορεῖ] Ônur- — 18. τοῦτο γὰρ ἐν τὸ πᾶν.] Réd.de L: 
γορὶ A; συνηγορεῖ L. — : χαὶ ἀληθής χαὶ εἰ μὴ τὸ πᾶν ἔχη τὸ πᾶν, οὐδέν ἐστι τὸ 
au ιν ὃ λόγος αὐτοῦ L. — αὐτὴν] αὐτὸν MA ; πᾶν. — 15. Après ὕλην] λαλοῦσι add. L. 
ἡμᾶς L. Corr. conj. — ἀπὸ τῆς πολυπλ. L. — Réd. de L : ᾿Αναξιμένην ἀποδλέπων, 


LR TR RENE) 
ποιεῖ τὸν ἀέρα. Ὃ δὲ ᾿Αναξίμανδρος 


Réd. de L : διὸ χαὶ 


φησιν πρός τινα γυναῖχα φιλύσοφον οὕτως. 


- 4 Après παρα! 
τὸ μεταξὺ τῶν ἀτμῶν χαὶ τῶν χαπνῶν 


πέρας. — 17. Ὃ ᾿Αγαθοδαΐμων "δὲ 


— 6. ὡς χαὶ τι δαιμόνιον À : ὡς χαὶ τὸ δαιμ. 


L; ὡς τὸ corrigé en ὥς τε M (main du … L, f. mel. — 18. Après Ζώσιμος] 
copiste ?). — 7. χαθεζ' — 9. ὄντως] za ἄλλο: add. L, f. mel. — 19. φιλοσοφη- 
οὕτως A. — τὸ πανταχοῦ om. L. — savrwv] ἐμφιλοσόφως παραδόντων L. — 20. 
ὄν) ὧν MKA. Corr. conj. — 10. τότε ὃ “Ἑρμῆς L. — 21. αὐτὴν] αὐτοὺς M. — 
χαὶ ἐ L. — μόνον ὄντως ὄντα L. — Après χαΐεσθαι] λευχῷ πυρὶ add. À; λευχῷ 


11. χαὶ τῶν φυσιχῶν D. — 12. Χήμης] πυρὶ ἐν add. L., f. mel. 
Χύμης M: ὁ Χήμης L. — ἐξαχολουθήσας L. 


ot 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 85 


; ᾿ Ne : 
λεπύροις φοινίκων χωδαθίων ᾿ ὃ γὰρ χαπνὸς τῶν χωδαθίων, λευχὸς 


» , x 7, Me x ἘΠῚ»: En 
ὧν, λευχαίνει τὰ σώματα ᾿ ὃ γὰρ χαπνὸς μεταξύ ἐστιν θερμοῦ χαὶ 
a NE 5 _ \ e sh! \ x ἈΝ» NZ , δι ANT À 
ξηροῦ χἀχεῖ μὲν ἡ αἰθάλη, χαὶ τὰ ὃι αἰθάλης πάντα ᾿ ὃ δὲ ἀτμὸς 
LD ς ᾿ = Aa , n1 δ Ν 
μεταξύ ἐστιν θερμῶν χαὶ ὑγρῶν. Καὶ σημαίνει αἰθάλας ὑγρὰς, οἷον 


ἢ 5.2 ἢ \ , 
ἀμξδίχων χαὶ τὰ τούτοις ομοια. 


4 , , / / 
40 τῆς D2I.TEUX τ DALTITIUEVOS, TUVTOU.OY 


{ 
98] Καὶ ἵνα τὸ ui 


CIN , f 169 2 N « = 5 , 
σοι παρᾶαόοσιν ποιήσωμαι, TAVTA Ἵ 09 v. TX OX τῶν ἀργαϊῶὼν 
ἶ , \ / ΓΛ, 
! N à L s τὶ 
μενα οιαγορεύσω, ὦ γέννημα χλυτῶν ΠΠπερίδων, 
3 A n°7 τ = : ΄ τ \ 3 
ἔννεα λέγω Μουσῶν), χεφαλὴ τῶν ῥητόρων θεὸς γάρ σε προῆχεν ἐν 
/ » = πὰ δ ! 3 
τούτοις, υάθοις ὃι εὐτελοῦς γραφῆς μέγιστα πράττειν. ὑπαμφοτε- 


" 
A " ΄ 


[2 LA -» 29 

ρίζειν γάρ σε πειρᾶται χαὶ πρὸς μὲν θεοσέδειαν τοῖς ἄνω γνώριμον, 
\ N = , ἢ, , , » , τ ε 

πρὸς δὲ χαλλιεργίαν τοῖς χάτω φιλάνθρωπον. [sûr τοίνυν, ἴσθι ὡς 
\ = r ARS ΓΈ , , £ \ GS LEZ Ne τὰ 

πρὸς τὰ χελευσθέντα ὑπὸ σοῦ συντομίας χγᾶριν, ὡς πρὸς τὰ ἐξ ἀρχῆς 


ες 1 , \ = 7 y DA € = D / 
LONRUEVX συνάψω τον Λογον. Eïonter οξε μον, (0) μέγιστοι, οτι 


ΙΝ 

5) 
= ἢ CRE , PS ἘΞ Ἐπ ᾿ “ ἈΝ 
τῶν τεσσάρων στοιχξιὼν λελαλήχασιν ot 727 7101. στε γὰρ TL OUT. 


ΕΞ 2 ΣΝ , + x re \ Ὦ 
TOY πεσσάσων στοιξιῶν TA. TN0E συνιστᾶνται 50% AI UY2T., θερμὰ 
ὮΝ 0 
/ 


\ ! x ” A ἢ Δύ ᾿ = NON 2 = rire ë \ 
χαὶ Ψυχρὰ, ἄρρεν χαὶ θῆλυ. Δύο dvwpeof, xai OÙo χατωφερῇ ᾿ χαὶ 
τ Ν . ‘ τι 
τὰ δύο, πῦρ χαὶ ἀὴρ, τὰ δὲ χατωρερῇ 
FAN s πὰ = , , τς ͵΄ \ 
ὕδωρ. Διὰ γοῦν τῶν τέσσαρων τούτων πᾶσαν συνιστήσαντο τὴν 


τι GS A / Ὁ 
γραφὴν τῆς τέχνης, χαὶ συνέχλεισαν μετὰ εὐόρχων θεσμοφοριῶν. 


Ἴστε γὰρ αὐτοὶ πάντα τὰ τοῦ χαταλόγου ὅσα ἀπὸ τοῦ πυρὸς, χαὶ 
." LIN \ ͵ “ CN ; LP 
DES, LOL UOUTDS, χαὶι γῆς σνεστηχεν. (0 πῶς CE ἢ TAQUIELT. τοὺ 
παντὸς σχευάζηται, εὔξασθε παρὰ Θεοῦ μαθεῖν, φησὶν ὃ Δώσιμος" 
υδαθέων L.— 2. θερμῶν χαὶ ξηρῶν το! ] πολυπράγμονες add. L, f. mel. Réd. 
ἐν χαὶ εἰμὲν À. — πάντα ὁμοίως de À : Εἴρηχεν γὰρ ἡμῖν ὁ μέγιστος. --- διὰ] 
AL. — ἀτμός] χαπνὸς À. — 4. θερμοῦ χαὶ F. 1. περὶ (διὰ amené sans doute par le 
ὑγροῦ À. — χαὶ σημαίνει: ὃὲ L. — οἷον] ὡς voisinage de ἴστε γὰρ ὅτι διὰ...). — 15. 
L.— Ὁ. χαὶ ἵνα δὲ L. — 9. ἐννέα] ἑνιέα M; Après ἀρχαῖοι] τὴν τέχνην γίνεσθα: add. L. 
ἐνιέα A; ἑνιαία L. Corr. con]. — κεφαλὴ M mg. groupe de points avec renvoi 
καὶ ῥητόρων L. — ἐν τούτο!ς] ἐπὶ τούτοις L. à ἀρχαῖο: (indice de lacune?). ἔσται γὰρ 
— 10. μαθήση ὃὲ ὃ: ᾿ εὖτ, γρ. L.— 11. ἴσται (pour ἴστε) ὅτι... A. 16. --- τῇδε] 
Après πειρᾶται] ὁ Θ)εὸς add. L. — τὴν θεο- τοϊαὸς A. — 20, Après συνέχλεισαν)] μετὰ 
σέυειαν À. — Après γνώριμον) βούλετα! σε ἐν κύσμω add. À, -- ἐν χύσμῳ add. L. — 
εἶν add. L. --- 12. ὡς] χαὶ A. — 13. χοσμοφοριῶν À. — 23, τοῦ παντὸς συνθήμα- 


συντομίας] συντόμου Μ. --- 14. Après μέγισ- τος L. — À mg. : on {μείωσαι».. 


ΕΣ 


1 


15 


19 
© 


ot 


0 


:) 


86 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


y x 3 


΄ » ἊΝ, à \ 
{ ἀνθοωποι γὰρ οὐ παραδιόόασι, at . 
1 


le] 


ANTENS Ξ — Ὲ Ὑ 
ἡ ὁδὸς οὐχ εὑρίσχεται “ σοφοὶ ς 
χαὶ πολλὴ ὕλη, χαὶ πολλὴ ἀμηχανία γίνεται 


« ΄ ΄ ὮΝ 
τοῦ ζητουμένου, πανταχόθεν ἕρπων, ἔνδο πα; χαὶ ἔξωθεν, ποτὲ ὀλιγωρίας 


. 


ὶ 
ποτὲ χαὶ ζημίαις, ὡς καὶ ἀπαλλάττεσθαι ([. 


À \ Que À ς , e © 
προς AUTOY, ὡς DE ἂν KO DTA" Et 0 οαίμων, 


͵ A 


" ΄ 


.… : + φθονοῦσιν nai 


, .Ν 
τοῦνται, χαὶ αἱ γραφαὶ ἀδιάγνώστοι" 


3 


χαὶ εἰ Un πολλῷ 


, 


Là 7 - A A FE 4 
AVUETOL RASE ZA ses AOL πόλεμος εσται. 


ς ὃ δαίμων, χωλύων ἡμᾶς 


\ > à LS 
προσάγων, ποτὲ Ébov, ποτὲ ἀπροσδοχίαν, AE χαὶ Me ποαυμάπτων 


2 


οὖχ ἄν σοι παραγῶρήησῳ - 


VS “ = = 5 ΤᾺ F2 5 , 
λ EULULEV 0 εῶς ἂν πελεσιουργηῆσας, YYo τὸ ER A OX ATOLIUVO 


si , 3 


ἔχων τὴν χὰρ ερίαν ἀντιστρατευομένην σὺν 61 ᾧ ἀγαθῷ χαὶ ἀγνείαις ἐν-- 


6 
eo 
S 
[Ὁ] 
a 
Oo 

-G 
O 

ΓΝ 
ΞΞ 
le] 
5. 
= 
< 

1 
[=] 
ῳ 
μ᾿“ 
a 
[Ὁ 
τῷ 
τα 
= 


/ \ , SN 
DULETEOT 7 VOL παρα TOY U.U LV ξεν ὦ 
ε -Ὸ A = ? LA 

DYeuY TE XAL στερεῶν. ν τούτοις Ὃ 910] μ. 


0 
CE. » Ξ' : 3 
αὐτῶν ὄντων, χαὶ ὀπτῶν, χαὶ ἐν τ 
΄ / 3 5 
γυοντῶν χαὶ Hi” τὰ ἐν ταῖς οπτησεσι 
ES NI 
τὰ χρώματα, ποῦ μὲν λαύρῳ πυρὶ, ποῦ 0€ 


τήρησιν εἰσιόντων τῇ τέχνη- 


. 


ΕΣ ΠΕΣ πὰ χρήδιμδν ὡς ἐξ 


ου γὰρ ξεν οφωνεῖται ἢ 


ὯΝ χαταλέγουσιν οἱ ἀρχαῖοι, 


N 2 » ΕΣ " 
ἅτων οιἰαφορὼν ὠμῶν ετι 


90 ΠΣ ἃ δ SERIES ἼΔΕ SR { 
πον αὕτα O€ μοι ELonTat OLX TO γιηνώσχειν DUT OTL αἱ μωριαι 


1. Entre χαὶ et φθονοῦσι, M et K ont ὑπάρχε: δ, sur grattage, à l'encre rose 
un signe, doublé, ressemblant au signe M. (main du XIIÏe siècle?) — 10. ἐμ- 
du vinaigre (ὄξος). MK mg. : renvoi à ce ueyw M. — χαὶ οὐχ ἀποχ. AL. — 11. 
: ξ = He : 
signe. À cette place, ἃ donne le signe συμδίω MA. — ἀγαθῷ add. L. — ἐνφιλο-- 
de δαίμων, doublé (à lire dafuoves ?). Réd. σόφοις] φιλοσοφιχαῖς L. Ε΄. 1. ἐμφιλοσόφοις. 


de 1, : παραδιὸ. - ἀλλήλοις γὰρ φθονοῦσι. 


x add. L. — 4. μόγθω καὶ τέρα À. 


— 12. Τῶν σοφῶν τοίνυν LES 14. ἣμε- 


— 8. y! — 15. χαὶ ἐν τούτοις AL. — 
πολέμω Δ. —M mg, : dessin d’une fiole χρωμάτων] γραμμάτων A; σωμάτων L, f. 
avec renvoi à μάχη. Réd. de M : μάχη mel. — χαὶ ὠμῶν L. —-16. Réd. de 
χαὶ βία χαὶ πολέμω. — ἔσται om. MA. — L : χαὶ ἐν τῷ ὀπτᾶσθαι ταῦτα ἀναδειχνύουσι 
6. ποτὲ μὲν.. ποτὲ δὲ L.— 7. ἀπροσδοχησίαν τὰ χρώματα, τὴν ποιότητα * ἐναλλάσσον- 
AL. — ἄλλοτε δὲ χαὶ L. ---- λύπας L. — ται γὰρ τὰ χρώματα διὰ τῆς ποιώσεως, 
8. ποτὲ δὲ za ζημίας ὥστε χαὶ LL -- τὸ μὲν λαύρῳ πυρὶ, τῷ δὲ πράῳ, πολλῆς 
Après ἥμᾶς] τῆς ἐγχειρήσεως add. 1. --- παρατηρήσεως οὔσης ἐν τῇ τέχνη. -- 17. 
Réd. de L: ᾿Αλλ᾽ ἐγὼ πρὸς αὐτὸν ἐρῶ * πρὸς om. À. -- 18. λαύρῳ] 1] faut lire 


ὅς τις ἂν ὑπάοχοις, ὦ δαΐμων (sic). — 9. χαὶ λάδρῳ. 


σι 


10 


OLYMPIODORE. — SUR 


αἰθριάσεων, χαὶ 


Υ̓ LE 
TOY προσ πελαζοντων 


L'ART SACRÉ 87 


τούτων χαὶ ἄλλων μυρίων 


+ 7 ἈΝ, ΄ = \ 
σήψεων διαφόρων, θερμῶν χαὶ 
ἄλλων ie Καὶ ἐν πολυ- 
οἰχονομίαις συγχεῖται ὃ VOUS 

Kai τούτων ἁπάντων ἐλευ- 
πάντων τῶν ἀνάθων δοτήο 
νυ ν φ" ἷν “ἢ ν ΙΓ 


« ν , = " _ ! \ À = ἘΣ 
0] ‘Axoue τοίνυν, ὃ ἔνθεος νοῦς, ὅτι ὡς πρὸς Διγυπτίους γεγρᾶξ 


- 7 
φήχασι, χαὶ οὐχ ἐξέ, 


το 


χονται τοῦ ζητουι 
YEY pau LOAGL, 
dou Yu τῶν χαὶ 


RE : À 
αὐτῶν πρὸς τὰ 


ἀλλὰ χαὶ ἱεράτευσαν αὐτὰ, χαὶ μ. 


0 


2 


! γον, ἢ 
μενου. Καί μὴ οια ρυσωρυγεῖα 


N_ O7 
τρὰ OEOWXAOL 


= 
ον TOY 


" - Ἃ “Ὁ JET NA N 7 a. π᾿ 
σὴν ἀνατολὴν ὁιαδόντες τῇ λευχὴ οὐσία, τὴν δὲ δύσιν τῇ ξανθῇ 
i 4 ᾿ 4 4 
A Ξ 5 ΄ . - 5 = ἊΣ 
Ἐσὲ Ta y PHARE εἴα τοῦ ἀρσενοήτου ἐν τῇ ἀνατολιχῆ θύρα 


f. 170 v.), τουτέστιν ἐν τῇ εἰσθολῇ 


Ν - - N = - ΩΣ πὰ ας - 
Ἰσιδος, ἐν τῇ δυτιχῆ εἰσόδολῇ 
2. σήψεων om. A. --- θερμῶν τε χα 


σίμων αἰθρ. L. — 3. Kai] διὸ χαὶ L.— 4. 
Réd. de MA 
συγγέεται. — ὃ. Kai] ἀλλὰ L, f. mel. — 
6. ὑμᾶς) qu%s AL. — ἀποχατ 
mel. Fa χαὶ οὐχ ἐξέρχ 


τα ον EE 
p.010 κα! οὐ ὃ 


τὸν τούμε- 


ξνον φανερῶς L. — τὸ fn 
νον À. --- χαὶ οὐ μόνον μυρία L, f. mel. — 
eat. MA. 
Ἱ ἐξ: LT -- τῶν εἰσθάσεων αὐτῶν À. — 
Réd. de 1, : τῶν εἰσό. καὶ 
ἐποιήσαντο. — 11. ἀφορῶντες) ἀφοροῦντας 
M ; ἀφιρώντος À. --- M mg. : Dessin d’un 
cône incliné à droite, reproduit sur le 
mot ἀφοροῦντας. (Indication probable 
d’uneautre rédaction.) — ποῦ uëy —0ÿs7] 
Réd. de A : που μὲν τῇ ἀγατολὴ διδώντος τὴν 


9. ἀλλὰ γὰρ ie - 10. ἀλλὰ om. 


2 ρ. = 
EZLOXGEU)Y αὐτῶν 


à dpo- τὴν μέλανσιν ει ὙΠῸ τὴν } 
! 000 ED] ᾿ανσιν, TTROE ἂν πὴν À 
᾿ 


: χαὶ τῶν ἀφάτων οἰχονομμ!ῶν σιν. 


2 0 ομ ἧς οὕτως: « Τὰ Su 


ψάμμον zax ? 


πήχεως εἰ 


Ξ τὰ τ τς 
« ἕωθεν » δηλοῖ ὅτι 


ci 


χανσιν, τῇ 


εἐσημόρία τὴν ἴωσιν, τῇ δὲ δύσε: τὴν ξάνθω- 


Πάλιν δὲ τῇ μὲν ἀνατολῇ ἀπένειμαν τὴν 


FO 
χὴν οὐσίαν, ἤγουν τὸν ἄργυρον, τῇ δὲ Dose! 


. ἢ ΚΑΤ Σ 
τὴν ξανθὴν, ἤγουν τὸν χρυσόν. Φησὶ γὰρ ὁ 


τοῦ ἄρσε- 


τουτέστιν 


ΞΞ = Ses 
ὄρυγμα A1 0Y τριῶν, τῶυ 9: 


οι ς . 5 
τὸ ἥμισυ εὑρήσεις ζώνην μέλαιναν, 


ἢ χλωρᾶν - χαὶ ἄρον σὺ, χαὶ οἰχονόμει. ᾿Άχους 
SO RE ON ETS εἰς, en DES μοβι 

de χαὶ τοῦ ᾿Απόλλωνος λέγοντος 071 ἢ ψάμμος: 
οἰχονομείσθω, ἕωθεν λαμθανομένη. » Τὸ δὲ 


πρὸ τῆς ἀνατολῆς ἐστιν ὃ 


πρὸ τῆς λευχώσεως χαιρὸς τοῦ παντὸς ἔργου 


λευχὴν οὐσίαν, τῇ δὲ διαίτη ξανθῇ aa τὰχ. (La χαὶ ἢ χαταργή. — 14. εὑρίσχει À. --- 18. ἐν 
suite comme dans M, sauf les variantes dE σχ. χαὶ ἐν Tep.] ἀπὸσυνθεῖνα! ἑτέραν νού- 


indiquées). Réd. de L, jusqu’à la fin du 


paragraphe : Τῇ μὲν γὰρ ἄρχτῳ ἀπένειμαν 


θην À. — 16. M mg. ὧδε (en lettres re- 
tournées). 


T1 
10 ς 


20 


58 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


\ > “- - 2 NY πόζα σις Ἶ ΟΞ τ τς 
μετὰ ὀρύγματος πηχῶν τριῶν, ποῦ CE πήχεως ἥμισυ. Eic πὸ ἥμισυ 
2 ΓΛ ΑΝ 2 5 5» = 5 TE Η \ 
τῶν τριῶν πηχῶν εὑρήσεις ζώνην μέλαιναν * ἄρας οἴχονομει χαὶ 


ἣ ᾿ 


= , “- τί » ‘4 τὸ Ὁ Ἐπ ΩΣ 
ἀλλαχοῦ χλωράν ᾿" χαὶ ἐν τῷ ἀπηλιώτη χαὶ τῷ λιδυχῷ ὄρει γεγραμ- 


ἰ 


ἐξ , : / ἘΚ RES 
μένα χρυσωρυχειν, πάντα EV UUGTT 21 ELO TUE ενα. Καὶ μι παραοραυης" 


; 


μέγαλα μυστήριά εἰσι. ἸΠαρατήρει ὅτι ἀληθῆ πεφανέρωται πάντα 
91] Ἔντεῦθεν τὴν ἀρχὴν τῆς ἐργασίας ποιεῖται 


͵ 
et τὸ , τ = A . , Εν ᾽ 
οτι τὴ ἀνατολὴ οιόοντες τὴν λευχὴν OUGIAYV, TOUTEOTLV τὴν YA ν 
4 4 . 


, 7 . Cr ἜΡΙΣ ὁ se ER ee D 
ἄνθωσιν, ἀρχὴ τῆς ὅλης ἐρὴ εἰ χαὶ οὐκ εὐθὺς παρ 
« , ! ε - ΕἸ A , [4 \ \ ΕΝ 
αὐτὰ ἀρχομένη ἡμῖν αὐτὴ γίνεται ἕως ἂν ἣ χωρὶς πυρὸς σῆψις 
γένηται. 
tre Re SE φὴν LE 
is a πῶς oi νοεῖν re παρὰ τὴν ἀρχὴν τὸν πρὸ τῆς 


-- [4 À δι C4 N ΄ 
À D A λα ἄρ ΝΣ » D δὲ « ἕωθεν » ὁὀηλονότι πρὸ τ᾽ 
[ 


Ξ 
͵ 1 
, Æ ΠΗ ε \ ΚΞ = 2 ΕΝ \ 7 
ἀνατολῆς ἐστίν ἢ προ τῆς Λευχώσεως Toi ξργον TAVTOC χαταργη 
F x _ à > Sr [Ἃ δι x C1 \ δ᾿ 
Εἶτα τὴν τοῦ παντὸς ἔργου τελείωσιν [λεγὼ 0€ τὴν ξάνθωσιν τῇ 
͵ 
D 7 ; DE Se ἘΠ ΡΝ er Ἢ ΤΩ NS 
ούσει ἀπένειμεν, À ἐστὶ πληρωμα τῆς ὅλης ἡμέρας ὃ δὲ 
5 Ὁ Per τὴ AS OO ΧΩ πε 
(« εἰς τὸ ἥμισυ TOY τριῶν Ti OV, EULTGELR COVNV μελαιναν » Et20- 
\ ( NV , ἐδ 129 : = Ξ τ \ 
ται περι Toy θειωσῶ V, τουτέστιν τοὶ Ho A! 009 μων, τοὺ μετα τὴν 
= , θέ = ὡς ῃε = SCA RE ES PA TR te 1 
λεύχωσιν εὐθεως ὁιὰ τῆς θερμῆς σήψεως χαὶ πήξεως χατασπωμένου 
Ἂν 9 = ἘΞ N 4 À > ῇ ΄ "Ἀν ΄ > 
TAW210100, εὐτελοῦς τῷ ELOEL ον. φησιν, ἐπεῆ: μισῶν LOELV οἱ ἋΣ LYUT- 
FlOY προφῆται. 
1 
DORE re ΡΣ obroe Do UM END: 
Ὁ] 4, ρα τι 9 σχοπὸς οὗτος O τῶν ψάμμων ἀλληγορία 
+ 
1. μετὰ ὀρύγματος] ὄρυγμα A. — Τοῦ δὲ M mg. : groupe de trois demi-cercles 
πὶ ς τοὺς ὑμίση τῶν γ΄ πιχῶν À. -- avec point au centre de chacun d’eux, 
2. μελάνην M. — ἀρα σὺ οἰχονόμε: A. — ὃ. à l'encre rose; guillemets jusqu’à la 
χαὶ ταῦτα ἐν τῶ ἀπηλ. À. — 4. πάντα] ταῦτα ligne 23 inclusivement. — τὸ δὲν ἐπὶ τῶν 
A ,f. mel. --- ἐν τῷ μυστ. γεγραμμένα À. — τριῶν πηχῶν L. --- 19. Après μέλαιναν] ἢ 
5, pee παρὰ τὸ ὅρη A. — 6. M ms : χλωρὰν add. L. — 20. pok'65os M, ici et 
ὥδε (sic) en lettres retournées. — 11. plus loin. — τγυτέστιν περὶ τοῦ μολ. L. — 
ἀρχομένην M. — 13. ἀλλ + ἀλόγως Après ἡμῶν) ἤγουν add. L. — 31. θερ- 
“Βιρμῆς Ἀ- Ε΄. 1. ἀλλ ὁ εἴ — 17. μοσήψεως AL. — 22. Après φησὶν] μόλυδ- 


ἢ. — 18. τὸ πλήρωμα AL. ὃον add. L.— οἱ τῶν Aïy. ze. L. 


me 
Ἢ 
© 


10 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 89 


Ν = , : Ἂς 
δύσις τῇ θηλείᾳ; χαὶ Ex τοῦ 


χατ 


i 


μαθήση ὡς ὃ σπείρων σῖτον σῖτον γεννᾷ. Οὕτω γάρ σοι 
‘ 


πὰς οὐσίας ἀπὸ τῶν 


ὑχὶ τὴν ([. 171 r.) ψάμμον αἰνίττονται, ἀλλὰ τὰς οὐσίας. 
ὲ Fe) nul 6 εῇ ὑναπ: A+ ς- Ν 
ἐ στηριζόμεθα ὅτι ἡ ἀνατολὴ τῷ 
᾿Αδάμ. 


Ἂς Ὁ : M , , a ἂν δι \ 
£VEVETO εχ τῶν τεσσάρων στοιχείων. Καλεῖται ὁξ χαὶ παρ- 


οὐσιῶν Lao φησιν À γραφή * 


, 


\ 


ἄρρενι ἀπενεμήθη, À ὁὲ 


οὗτος γὰρ πάντων ἀνθρώπων 


ν -: \ ΚΣ = à \ ΝΗ ΄ [ON = “- 
πυρὰ γῆ, καὶ σαρχίνη γῆ, καὶ γῆ αἱματώδης. Ταῦτα 
ταῖς Πτολεμαίου βιδλιοθήχαις. Ταῦτα. δέ μοι ἐρρέθη " 


- “ » »Ἃ 72 . / à 
ὧν, ὅτι οὐκ ἀλόγως ἐρρέθη τοῖς 


δι, Ὥ 
ἣ QUO 


Καὶ Ζώσιμος ἐν τῇ 


ἐνέργειαν BA ποῦ |Aéyou * ὅτι “ΠῚ σοι προσφωνῶ μάρτυρα 
ἔγοντα " « Λπελθε πρὸς "Aya τὸν γεωργὸν, χαὶ 


᾽ \ Μ 
χἀγὼ ἔλεγον 

τὸ δὲ βάπ- 
\ 


Fe εἰς σῶμα χαὶ ἀσώματον. Ἢ 


» Τὰ μὲν σώματ τα λέγει εἶναι τὰ 


\ 


᾿ πεν ὃ . ἀνούσια λέγει τὰς ψάμμους * τὰ 


Ni \ A SN ΤΙ 3 ΄ : , , ΄ \ \ 
ὃε χωρὶς πυρός, OLX τὴν πρώτην ἐργασίαν. Πελάγιός φησιν πρὸς τὸν 


x , 7 
Adôn τὰ μίγματα; » Kai φησὶν ὁ 


ν᾿ «θέλεις ἵνα βάλωμεν αὐτὸν εἰς 


\ 


τὴν θάλασσαν πρὶν à συλ- 


Ἑρμῆς " « Καλῶς ἔφης χαὶ ἀχρι- 
Sa 


Géorara » * Ἢ δὲ θάλασσά ἐστιν, ὥς φησιν ὃ Δώσιμος, ἀρρενόθηλυς. 


1. οὐχὶ γὰρ τὴν ψ. L. --- αἰνίττεται L. 
— 2. πόθεν] ὅθεν A ; ἔτι δὲ L. --- 3. χαὶ ἐκ 
τοῦ ᾿Αδάμ --- ἐγένετο] Réd. de 1, : Καὶ γὰρ ὁ 
᾿Αδὰμ πάντων τῶν ἀνθρ. πρ. ἐγ. --- 4. Après 
στοιχ εἴων] addition de L : καὶ δέδωχεν αὐτῷ 
ὃ Θεὸς τὴν ἀνατολὴν, 
M mg. : groupe de 5 points, en rose, 
répété sur χαλεῖται. — 5. χαὶ 
AL. F. 1. πυρρὰ γῆ. — αἱματώδης γῆ L qui 
ajoute : τῇ δὲ "Eux ἐδόθη ἣ δύσις. Cp. Zo- 
sime, Instruments et fourneaux, ci-après 
III, xL1x, 5. — 6. ἐν ταῖς τοῦ Πτολ. AL. — 


Ξ MORE 
χαὶ ταῦτα δέ μοι L. — 7. ὡς διὰ τὸ μὴ παρ. 


χαλεῖται χ. τ. À. — 


πυρὰ γὴ OM. 


À; ὥστε παρ. ὑμῖν L.—8. ἥ τι τῶν ὄντων A. 
— τῇ δὲ θ. ἣ δύσις om. L. --- Καὶ Ζώσιμος 
— λέγοντα] Réd. de L : Kat ὁ Z. ἐν τῇ χατ ? 
Οὕτως 


ἐν. αὐτοῦ βίόλῳ τοῦ καταλόγου φησίν -" 


ἔγω σοι προσ. χαὶ χαλῶ τὸν “Ε). ἀληθῆ μάρ- 
τυρα λέγοντα. --- 11. M mg. : περὶ σίτου. 
— ἔλεγον] λέγω AL. — 12. ὅτι τὰς οὐσίας L. 
— 13. M mg. : σώματα, en lettres re- 
tournées, 'sur une ligne verticale descen- 
dant jusqu’au bas de la page du ms. — 
14. ἀμφότερον A. — διαδέχεται AL. — τὰ 
μὲν γὰρ σώμ. L. — 15. τὰ δὲ ἀσώματα — 
ψάμμους] Réd. de L : 
μους * ἀνούσια γὰρ σώματα χαλοῦμεν τὰς à. 
— M. mg. δῇ rose : περὶ A0 --- 16. τὰ 
δὲ] τὸ δὲ L. — A mg. : σῆ. — ‘O Πελ. 
dé ©. L. — 17. M mg.: :/., signe répété 
sur θέλεις. — ΠΠάνσηριν AL. — βάλλωμεν 
AL. — 18. Kato. ὁ Ἑρμῆς] καὶ οὗτος ἀπε- 
χρίνατο L.— 19. δὲ] K. 1, γὰρ. — ἄρρενο- 
θήλεια L, f. mel. 


TRES tr 
τὰ ὃς ἀσώμ. τας ψαμ- 


12 


10 


15 


90 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


33] ‘Ont οἰκονομηθεῖσά ἐστιν ἕωθεν Aauéavouévn, ἔχουσα ἔτι τὴν 
: Ë = ; x QUES 5 Νὰ τὶ Ἂς Η 
δρόσον ἐν ἑαυτῇ ᾿ ἀνατείλας γὰρ ὃ ἥλιος ἀρύεται διὰ τῶν ἀχτίνων 
͵ 


2 ΕῚ - Ν » À 
αὑτοῦ τὴν ἐπιχειμένην αὐτῇ πρὸς τροφὴν ὁρόσον. Kai εὑρίσχεται, 


ὥσπερ χῆρα χαὶ ἄνανδρος, ὥς φησιν χαὶ ᾿Απόλλων ᾿ τὸ θεῖον ὕδωρ, 


\ 


3 ᾽ “Ὁ 7 ON 
τὴν ἐμὴν δρόσον λέγω, τὸ ἀέριον ὕδωρ. Kai ἰδοὺ πόσαι μαρτυρίαι 
δεῦται 


τινος τὸ αὐτὸ σύνθεμα “ ἵνα, φησὶν, 


OX 


TL πρῶτον 
(- 171 v.) ἡ ὕλη φθαρεῖσα ἀμετάτρεπτον τὸ 


> & NES "» 
ἐχ τοῦ « φθαρεῖσα » ἐσήμανεν ὅτι γρόνου τινὸς ὁεῖται εἰς τὸ σήπεσ- 


ὑγροῦ 
εἶδος φυλάξη. Καὶ 


Oo * σῆψις γὰρ οὐ γίνεταί ποτε εἰ un à ὑγροῦ τινος. ‘0 γὰρ 


χατάλογος τῶν ὑγρῶν, φησὶν, caca τὸ. μυστήριον. 


94] ΠΕρὶ 


17 
φροντιζουσι 


δὲ τῶν ψάμμων, ὅτι ΕἼΣ αὐτῶν πάντες οἱ ἀρχαῖοι 


\ 


τὸν λόγον, παραθήσω 


\ 


χαὶ ὅτι πρὸς 


{33 


Αἴγυπτον ποιο 


, Na 5... ἧς 
πάλιν ἐξ αὐτῶν μαρτυ 
4γιν r, Æ , » 02 
ν 0€ σοινὴν ε -᾿ 
90] Δώσιμος τοίνυν ἐν τῇ 
ποιούμενος τὸν λόγον, φησίν ᾿ 
ν ἘΞ εν en 
γῦναι, 
λάθρα ταῦτα 


ρίας χάριν τῆς κι 


© 
D 
O 
< 
A $ 
NO 
a 
.-. € 


ἀπὸ τῶν τριῶν x. τ. À. (f. 1 


ποιεῖν χαὶ γράφειν, χαὶ ἐχδι 


Sr πρὸς Θεοσέέξειαν 


ύπτου βασίλειον, ὦ 


NE ἡ τς δὲ 


Ιουδαίοις ἐξὸν ἦν 


δόναι. Διὸ χαὶ εὑρίσχομεν 


΄ A LA 4 e A ΓΞ LA 
Θεόφιλον τον Θεογένους γῥάψαντα ὅλα τὰ τῆς χωρογράφιας χρύσω- 


ρυχεῖα, καὶ Μαρίας τὴν χαμινογραφίαν, χαὶ ἄλλους ᾿Ιουδαίους 
ἐπ ω " Ρ “ μυ. ir dd Fe ω ù ς £ 3 3 


\ 


36] Καὶ Συνέσιος πρὸς Διόσχορον or φησὶ περὶ τῆς ὑδραρ- 


γύρου..τῆς ἐτησίας τῆς 


ἀρχαῖοι λευκὴν χαὶ φευχτὴν χαὶ ἀνυπόστατον, 


γεφέλης, ἐπειδὴ 


δι 


PIN : o 
οἴδασιν αὐτὴν πάντες oi 


n ΄, NI 
EZOHEVNY ÔOE TAY 


1. “Ὅτι οἶχον. — τὴν δρόσον] Réd. de 
τ: ΤΠ δὲ 
λαμθανέσθω χαὶ ἐχέτω ἔτι τὴν δρόσον. --- 4. 
ὁ ᾿ΑΛπόλλων L. --- 5. λέγω] λέγω δὲ L. 
F. 1. λέγω δὴ. — ἀέριον] ἔριον M ; ἐναέριον 
AL. Corr. conj. — καὶ ἰδοὺ] ἰδοὺ τοίνυν 
L. — μαρτυρίαι εἰσὶν L. — 
τοιοῦτον σύνθημα AL. — ἵνα, ὡς φησὶν AL. 
— 10. M mg. : χατάλογος (?) en abrégé; 
main du XVe siècle. — 12. πρὸς τοὺς 
Αἰγυπτίους ποιοῦνται τοὺς Adyous L. — παρα- 
θήσω] παραδίδωσιν À; παραθήσομαί σο: L. 


οἰχονομείσθω σημαίνει τὸ ἕωθεν 


Se x 
OELT&L TO 


13. μαρτυρίας τινὰς L. — 14. ὁ Ζώσιμος L. 
— ἀποχῇ] πηγὴ Α.--- 15. “Ὅλον τὸ τῆς Αἰγύπ- 
του...] Citation du traité de Zosime pu- 
blié ci-après (IT, Lu, 1-3). Voir, au dé- 
but de ce même traité, la note relative 
aux variantes fournies par le texte 
d'Olympiodore. — 16. τριῶν] δύο. MA. 
— 90. Réd. de L : 
Διόσχ. γράφει περὶ τῆς τῆς ὑδρ. χαὶ νεφ. αἰτίας. 

— 21. τῆς ἐτησίας] αἰτίας A. — 22. φευχτὴν 
— σῶμα] Réd. de 1,: φ 


ὃ ν δ Sie 
χαὶ λευχὴν χαὶ δεχ. πᾶν σῶμα. 


ὃ Συνέσιος πρὸς τὸν 


φευχτὴν [καὶ ἀνυπ. 
: 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ ! 
δ À - - 4 “ € \ ς Γ “Ὁ Fr \ 
σῶμα χυτὸν χαὶ εἰς ἑαυτὴν ἕλχουσαν, ὡς χαὶ ἣ πεῖρα ἐδίδαξεν, χαὶ 
21 ᾿ - 
φησὶν οὕτως ᾿« ὰν βούλη τὸ ἀχριδὲς γνῶναι x. τ. ‘À. 
͵ 
ὦ ἈΝ 2 4; \ » »" 

« Καὶ διὰ τοῦτο ᾿Πηδίχιος πολλὴν συγγένειαν ἔχειν ἔλεγεν. -- 


LE) 1 
5 97] Τούτων πλέον τί ἔχομεν ἀχοῦσαι: ς ὅτι ἡἣ ὑδοάογυρος 
5 ν ἐνλιξ νν- ξχομε ν 0, ss νυ f 27.2YUP0S 
φιλοτεχνουμένη ὑποστατιχὴ γίνεται, ἀνυποστάτου αὐτῆς οὔσης συμ- 
= ΄ Γ᾿ 5 ᾽ ᾿ NI 
μεταδαλλομένη παντὶ σώματι χυτῷ; ἀπὸ ἀφυΐας δὲ γινομένη φευχτὴ 
, a \ AU ALT \ ΒΞ Β ῃ 
γίνεται. Οὕτως χαὶ à ἡμῶν μαγνησία, n vof 173 1.) στίμμι, ἢ οἱ 
πυρίται, À ψάμμοι, ἢ ὅσα φημίζουσιν ἡμῖν σώματα χατασπώμενα 
10 νιτρελαίῳ À αὐτοματαρείῳ À φυσητηρίῳ ἢ ὅπως ἂν ὀνομάζειν ἐθέ- 
λοιεν, χατασπώμενα ὑπὸ € ὑφυΐας ἐχτεφροῦνται. Καὶ γὰρ σῶμα ὑποσ- 
τατιχὸν, à. φημιζόμενος παρ᾽ αὐτοῖς μόλυδδος μέλας, ὃν ἐπεθύμησαν 
- , ἊΝ “": = Ν “Ὁ 

εἰδέναι οἱ Αἰγυπτίων προφῆται, χαὶ οἱ τῶν δαιμόνων χρησμοὶ ἐξέ- 

RE , \ 2 M , ἘΠΕ . = 
ὅωχαν, σχωρίδια καὶ τέφραι Mapiac. Ἔξ ἀρχῆς γὰρ αὐτὰ ἴσασιν 
15 Evo Διὰ τοῦτο μέλανσις ᾿ χαὶ ἐν τῇ ἐργασία, ἀπομέλανσις, ἤτοι 

Ὶ . 
λεύχωσις ᾿ οὐδὲν γὰρ ἄλλο σημαίνει ἣ λεύκωσις, εἰ μὴ τὸ ἐχμελα- 
x 7 el s 2 LT C4 Ν 
νίσαι χατὰ στέρησιν τοῦ μέλανος. Καὶ ὅρα ἀχρίδειαν, ὦ σοφέ. Ωδε 

« » τ = en s! » δ 5 

γὰρ ἔχεις πάντα τὸν μόχθον αἰχμαλώκου ᾿ ὧδε ἔχεις τὸ ἀπ᾽ αἰῶνος 


là εΥ -" 
ζητούμενον ᾿ οἶδα σοῦ τὸ ἀνεξίχαχον τῆς σοφίας. 
n ΧΑ DA δα» D EyVne + / ΄ D 
20 98] Τοσαύτη χλεῖς λόγου τῆς ἐγχυχλίου τέχνης À σύνοψις. Νὴ 
D 7 ΝΕ CE , , τς - 
παραὸράμτης τι τῶν ἐνθάδε ᾿ ἀνοίξει γάρ σοι πύλας τοῦ θεωρητιχοῦ 
ῖ ἔσο er ic Lt ῖ 
1. ἕλκουσαν αὐτὸ L. — ἡμᾶς ἐδίδαξεν L. f. mel. — ἐθέλης L. — χαὶ ἐγχατασπ. L. 
᾽Εὰν βούλῃ z. τ. À.] Citation de — 11. τὸ σῶμα τὸ ὑποστατιχὸν L. — 13. 
Synésius (p. 238, éd. Fabricius et ci- ὡς χαὶ οἱ τῶν dau. L. — 14. τέφρας " rat 
dessus, II, πι, fin du 8 7, 88 8 et 0.) ἢ Μαρία γὰρ EE ἀρχῆς A. — ἐξαρχῆς M 
Voir, sur les variantes de cette cita- artout. — Réd. de L': ... τέφρας * χαὶ f 
ἢ Ρ ξ D n 
tion, page 61, notes de la ligne 18. — Μαρία δὲ ἐξ ἀργῆς αὐτὸν οἷδε τὸν μόχυδδον. 


Ἑς 


φιλο- 


τοίνυν 
L. — 6. 
ἡμῶν AL. — οὔσης! ὕπαρ- 
χούσης AL. — Après συμμεταδαλλομένη) 
δὲ add. L. 
L. — 8. οὕτως — ἢ ὅσα φημίζουσιν] Réd. 
ΠΕ: 


στ. χαὶ ἢ 


΄ 
τουτοῦ —= 


5. Τούτων] τούτου A ; 
ὡς ὅτι] ὡς om. À ; ἢ ὅτι 


τεχνουμένη do ? 


— 1. χυτῷ — γίνεται om. 


οὕτω δὲ χαὶ D ἡμετέρα μαγν. χαὶ TO 


ψάμμος χαὶ ὃ πυρίτης χαὶ ὅσα φημ. 


— 10. αὐτοματαρείῳ] αὐτῷ τῷ βοταρίῳ AL, 


— 15. ἤτοι: λεύχωσις γίνεται L. — 16. οὐδὲν 
— λεύχωσις Om. À ; οὐδὲν --- μέλανος OM. 
L. — 18. αἰχμάλωτον mss. Corr. conj. 
20. Réd. de L: 


ty ἢ χλεῖς τοῦ λόγου χαὶ “τῆς 


- ἀπὸ τῶν αἰώνων L. — 
Το ἐγλ. τ. 
— Kai μὴ AL. -- 21. παραδράμης] παράθεις 
(παραδῇς ?) À. — Après πύλας] ἐντεῦθεν α«ἀ4. 
L.— Réd. de L : 


ἣ τέχνη " καὶ μαθήσῃ ὅτι τὰ σχωρ. 


σ. ἐστὶ 


τοῦ θεωρ. x. πραχτ. αὐτὴ 


Il 


[=] 


15 


20 


92 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


\ τι \ e N 10 7 » Ne: ΄ Ca 
χαὶ πραχτιχοῦ, γνοὺς ὅτι τὰ σχωρίδιά εἰσιν τὸ ὅλον μυστήριον * ὅλοι 
γὰρ εἰς αὐτὰ χρέμανται χαὶ ἀπούλέπουσι ᾿ χαὶ τὰ μυρία αἰνίγματα 
εἰς αὐτὰ ἀνατρέχει ᾿ χαὶ αἱ βίόλοι αἱ τοσαῦται αὐτὰ αἰνίττονται : 
λεύχωσιν γὰρ χαὶ ξάνθωσιν ὑποτίθενται. Δύο γάρ εἰσιν ἄχρα ypo- 

A \ ΄ 5 \ A A \ N ΄ > A 
ie λευχὸν χαὶ μέλαν ᾿ χαὶ τὸ μὲν λευχὸν διαχριτικόν ἐστιν, τὸ 
δὲ μέλαν συνεχτιχόν. Καὶ τοῦτὸ à Δώσιμος αἰνιττόμενός φησιν * «Τὴν 

: À > , Δ τ 

χόρην τοῦ ὀφθαλμοῦ παραφέρει καὶ τὴν ἶριν τὴν οὐρανίαν ». Καὶ οὐχ 
αἰσθάνονται οἱ ἀνόητοι τί ἐστιν τὸ διαχριτιχὸν χαὶ συνεχτιχόν. Τὸ 
μὲν γὰρ συνεχτιχὸν χαὶ συνεχόμενον εἰς αὐτὸ πυχνόν ἐστιν χατα- 
€ - 5 D ; "δ᾽ A € - 

χομιζόμενον ὑπὸ τῶν ἰδίων σωμάτων. Καταχομίζεται γὰρ ὑπὸ τῆς 


Fi LA ς 


ὑγρᾶς οὐσίας χαθελχομένη ἣ φύσις τοῦ μολύδδου, ὥς φησιν ὃ ἔνθεος 
Ζώσιμος, πάσης ἀληθείας ἐστήρι-[[. 173 v.) χται γνώσεως θεοῦ * καὶ 
\ s/ L4 Là “» . - 
τὸν ἀόρατον χόσμον μιηχέτι ἐν cr ἐπιδεικνύουσα, τουτέστιν ἣ ψυχὴ 
5) - 5) ΄ Ἢ ᾽ “" Ν Ἷ2 “- 2, ᾽ “ \ 
ἄλλως ἐν ἄλλῳ σώματι τοῦ ἀργύρου ἐπιδειχνύει, ἐν τῷ ἀργύρῳ TO 
πυρροῦν αἷμα, τουτέστιν τὸν χρυσόν. 
39 20) , ΄ » / τῷ ε - 1F \ x 
] Ὦ ἀφθόνως ἔχων φίλε μοι, στῆσον ὡς ἐν παρατάζει τὸν σὸν 
λόγον, ἀμυντηρίοις χρώμενος “τῆς σῆς SE * σὸ πρᾶον χαὶ 
νγεξίχαχον πρὸς τὸ ῥάθυμον τῆς πολυφλοίσδου σπ τουδῆς, οὐ τὴν σπου- 


ὰ 

δι Ν _ x ᾿ = 

δὴν λοιδορῶν μὴ γένοιτο, ἀλλὰ τὸ ῥάθυμον τῆς σπουδῆς. Τοίνυν τὸ 
Ν 

ὃ 


\ 


ιαχριτικόν ἐστιν τὸ λευχόν ᾿ τὸ γὰρ λευχὸν χρῶμα οὐ λέγεται χυρίως" 


1. γνοὺς] μάθης δὲ Α. --- ἐστι Μ. -- ἔνθεος Ζώσιμος en petites onciales M. — 
μυστήριον] Voir III, 1v bis, Appendice 1. ὥς φ. καὶ ὁ ἔ. Ζώσ. À. — 12. στηρίζω régit 
— 2. ὅλοι] πάντες L. — M mg. : σῆ. d'ordinaire le datif et non le génitif; 
— 3. αὐτὰ] αὐτῶ A. F. 1. αὐτὸ. — 4. A f. 1. «ἐπὶ πάσης ἀλ. ἐστ. x. yv. — 13. 
mg. : une main. — 7. παραφέρε!] περιφέ- ὁρατὸν AL. — M mg. : σῆ, de première 
ρει L, qui ajoute ἢ μᾶλλον εἰπεῖν τὰ τρία main. — Réd. de A:... χόσμον ἐν 
χρώματα τοῦ ὀφθαλμοῦ. (Glose marginale ἑαυτῶ μῆχετι ἐπιδειχνύουσα. --- Réd. de 
insérée dans le texte ὃ) — Tv οὐρανίαν) L : χύσμον ἐν £. οὐχ ἔτι ἐπιδειχνύει, tout. à 
τοῦ οὐρανοῦ AL. — 8. ἀνόητοι] Ε΄. 1. ἀμύη- ψυγὴ αὐτοῦ, ἀλλ᾽ ὡς... --- 14. ἐπιδείχγυσιν L. 
τοι, ut infra (p. 93 1. 8). — 9. αὐτὸ] ἑαυτὸ — ἐπὶ τοῦ ἀργ. AL. — 15. πυρροῦν] πυρὸν 
L. — χαταχομιζόμενον et 1. 10, χαταχομίζε- A; πυρρὸν L. — τουτ, τοῦ χρυσοῦ AL. 
ται] χαταχυμ, M. — Réd. de L : ἐστὶν, ὅπερ — 16. ὦ ἀφθ. — ἐστι τὸ λευχὸν om. L. — 
χαταχομίζεται ὑπὸ τῶν à. σωμάτων. ΚΚατα- 17. Après ἀμυντηρίοι:] χρώμασιν add. A. 
χοιμίζεται. γὰρ ἣ φύσις τ. μολύδδου ὃ. τ. ὃ. — 20. Après κυρίως] χρῶμα add. L. 


Φ᾽ r , ε “ ΄ 
οὐσίας χαθώς φησιν... — 11. ὡς φησὶν ὁ. 


20 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 


A VAN “ 
TA 2.2 1 


νὶ ἰ 
χυρίως, χαὶ τοί 
Se συγχεῖται 


΄ 


x PA] ΄ 
ὧν λογισμῶν. Μέλανα γὰρ οἴδασιν οἱ 


\ 


“τ δ, νι 
ρωμα QE ET XA OL αχρίνει 


μέλανος πολλαὶ 


\ # - U “- 
τὸ γὰρ μέλαν χρῶμά ἐστι 
À , K \ \ , Ν 
διαφοραί. Kai περὶ χρωμάτων δια- 
5 ’ 4 Ἃ 2 - - 
ἀμυήτων ᾿ ἀλλ᾽ ἡμεῖς μὴ a6 
ϊ ἰ di À 


\ , "» 
χαὶ πάλιν εἰς 


\ e Là s 4 ε | "Ὁ 5 τας δὰ 
τὸ ἡμέτερον ἐπανιέναι. Ἢ Μαρία τοίνυν ἐξ ἀργῆς μέλανα μόλυόδον 
e ! 2 » “ e € = , FAN 
ὑποτίθεται, καί φησιν ‘ « Ἐὰν ὃ μόλυδοος ἡμῶν μέλας γένηται, ἰδοὺ 

ΣΈ ς ΄ Ν & SU a : ; Es 
γεγένηται © ὃ γὰρ μόλυδοος ὃ χοινὸς ἐξ τ Me ἐσ a ». Οὐχοῦν 
LA 


-- 
LU 


χαὶ 


le] 


4 
σωματώσης, 


δοχωμένων ἔσται. D 


Καὶ ἀλλαχοῦ * « ᾿δῪν μὴ τὰ πάντα τῷ πυρὶ ἐχλεπτυνθῆ, χαὶ ἣ 
4 
EAN He ca βασταχθῆ ὑδὲν εἰς πέρας ἀχθήσεται. » Καὶ 
(ΟῚ ΐ 


μόλυ- 


ἔπε 
ζςισοὺ τὰ 


, . ΄ Ἢ N « 
πάντα δμορρευστήσαντα χρύσοπτα πᾶντα ποιεῖ ᾿ δυνάμει τὰ ὠμὰ 
NS > A 3 x N ἈΝ ΚΟ, αι M \ 4 C4 \, € -» 
ὀπτὰ ποιεῖ, τὰ ὀπτὰ διπλοῖ ᾿ εἰ dE χαν λευχάναι εὕροις ἣ ξανθῶσαι. 

» 1 on , ᾿ ιν “- , > N 3 ε 
οὐχέτι δυνάμει, ἀλλὰ χαὶ ἐνεργεία. « Eyo δὲ λέγω αὐτὸν, φησὶν à 


Ναρία, χαλχὸν μόλυ ὄὅδον 


- O7 ε ù à , 
μία TOY σχωριδίων, ἣ διδαγή 


Η N « » € C2 : 
ELVOŒL OLX OX ονομίας ὄντα. » H οὖν OLXOVO- 


ἐστιν αὕτη ᾿᾽Βτήσιον ἢ Δλιθοφρύγιον 


1. Après διαχρίνει) ἐν ἑαυτῷ add. L. — 
Réd. de L : To δὲ (mel.) μέλαν yo. μόνον ἐστὶ 


χυρ. χρῶμα, za πολλαί εἶσιν af dan. τοῦ 
μέλ. puis addition : πηγὴ γάρ ἐστι πάντων 


NE : VAE - κι Δ 
τῶν ἄλλων χρωμάτων τὸ μέλαν χρῶμα * διὸ 


χαὶ περὶ χρ. διαλεγομένων ἡμῶν... — τ μὴ 
om. AL. — 7. εἰς ἑαυτὸν Α. --- 10. 
M. — 13. μολίόδου mss. --- ἀλλὰ 


y. AL. — 14. Au-dessus de σώματ Fe 
πῶς M (main du XVe siècle. — Après 
σώματα] πῶς δὲ γένοιτ᾽ ἂν; add. L. (Glose 


insérée dans le texte). — χαὶ τὰ ἀσώματα 
σωμ. om. M A.— 15. Au-dessus de δύο] 
πῶς M (XVe siècle). — 18. M mg. : ὧδε, 
en lettres retournées. — λίθος ἐστίν L. 
— χαὶ ἐξ ἴσου L. — 19. πάντα om. L. — 
20. εὕροις] βουλήσῃ L. — Après ξανθῶσα!ι] 
εὑρήσεις add. L.— 22. τὸν μόλυδδον χαλκὸν 
MKL ; signes du cuivre et du plomb 
A. Corr. conj. — 23. τῶν δύο σχωρ. AL. 
— καὶ ἣ διὸ. L. — λιθοφρύγιον " ὄξυνε δὲ χαὶ 
re. L.— ὄξει καὶ A. 


ὄξυνε * 


: 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


προχατάθαπτε, χλιάνας, λείου χαὶ ἔχε. Καὶ Δημόχριτος : 


στίμμεως χαὶ λιθαργύρου χατάσπα μόλυδδον.» Καὶ παρεγγυᾶται, 


οὐχ ἁπλῶς λέγων, ἵνα μὴ πλανηθῆς, ἀλλὰ μέλανι τῷ ἡμῶν. Καὶ 
| N , ως HAN ss τ = πὸ x ΤΥ ἃ \ 
ἈΑγαθοδαίμων διὰ μολύδδου τοῦ ἡμῶν ποιεῖται τὰς ἰώσεις, χαὶ cxeu- 


, ’ Ν 
5 ἄζει μέλανα ζωμὸν ἀπὸ μολύδδο 


ρωθῆναι τὸν χρυσόν. 


υ λειῶν χαὶ 


TO 1 εἶ' 17 L£e* = ZA Ἄ « Φ £ 
41] Ἰδοὺ ὅλως σχευάζουσιν μέλανα μόλυδδον ᾿ ὡς γὰρ εἶπον, ὃ 
IN - ᾽ Ξε - , ε Ν 
χοινὸς μόλυόδος ἐξ ἀρχῆς μέλας ἐστίν * ὃ δὲ ἡμέτερος γίνεται μέλας, 
5 ε 2 Q D 2 
μὴ ὄντος αὐτοῦ τοιούτου. Ἢ πεῖρα ὁὀιδάσχαλος, πάλιν τε ἀληθεῖς 


πιθαν 


x Ν - 

ανὰς συνάδειν τῷ προχειμένῳ, χαὶ εἰς τὸ πρότερον 
AT 5 ΞΕ , = a a Su i 
ἡμέτερον ἐπανιέναι πειρῶμαί. Οὐ γὰρ, ὥς φησιν, à ἄσημος γίνεται 
χρυσὸς, μὴ γένοιτο, ἀλλ᾽ à ἐργασία ἐστίν Οὐ γὰρ ἐχφαυλίζειν 


δίκαιον τοὺς ἀρχαίους " 


»" δα 10 \ 
ζωοποιεῖ. » Τοῦτο συνᾶοει χαι 


ἤκτ 


"A ; -- > x = 7 = τῶ 
15 τῶν εἰς ταῦτα ἠσχολημένων, τὸ ὑπὸ τοῦ Κυρίου ΠΕ, τοῖς 
- ’ LA 
ἐρωτήσασιν αὐτὸν μὴ λογιζομένων. Εἰ χαὶ τὴν χεχρυμμένην τέχνην 
l i τι i (l 
τῆς χυμείας ἐπίσταται, φησὶν πρὸς αὐτοὺς ὅτι « πῶς μεταδολὴν νῦν 
a A \ CAN A À 7 » \ 
δρῶ; πῶς τὸ ὕδωρ χαὶ τὸ ur ἐχθρὰ χαὶ ἐναντία ἀλλήλοις. χαὶ 
ζπρὸς τὴν» ἀντιπ ράθεσιν πεφυχότα εἰς τὸ αὐτὸ συνῆλθον ὁμονοία 
NES 127 PUX 
4 ee | : N / 
20 χαὶ φιλίας χάριν » χαὶ τὰ ra 174 v.) ἑξῆς: ὦ παραδόξου χρά- 
LA =: “- πῇ 5 O7 , 
σεως | πόθεν ἥτις ἣ τῶν ἐχθρῶν ἀπροσδόκητος φιλία - 
2] Πάλιν οἱ ἡσμοὶ τοῦ ᾿Απόλλωνος συνηγοροῦσι * ταφὴν 
! Ξ "μὴν τ} 
\ » L Ν \ Ὁ ᾽ , 3 
γὰρ, Ὡσίρεως ὑποτίθενται. Ἢ δὲ ταφὴ τοῦ Ὡσίρεως TL ἐστιν; 
1. χαὶ χλιάνας L. — eo M; συλλείου δὲ nat L. — 11. χαὶ ἡμέτερον L. — ὥς ©. ὁ 
χ 
L. — 6 Δημόχρ. AL. — 2. χατὰ παντὸς ἄργυρος ἤγουν ὁ ἄσ. L. — 12. ὁ χρυσὸς L. 


χατασπᾶν τὸν μολ. L. — χαὶ παρεγγ.] xx 
om. AL. — 3. λέγω AL. — 4. ’Ayal. δὲ 
L. — σχευάζεται AL. — 5 Après μολύθ- 
δου] ποιῶν χαὶ add. L. — 
do ὧν L, f. mel. 


ἰδοὺ δὲ ὅλως πάντες σχ. 


δατεῖν A ; ἐξυ- 

πᾶντες σχ. À; 
- 

— 8. χοινὸς μὲν 


- 7. ἰδοὺ 
ΤΕ 
μόλ. L. — 9. αὐτοῦ! αὐτῷ L.— Après 
τοιούτου] τινὸς πρότερον add. L.— χαὶ à 
πεῖρα διδ, A; hr. δὲ διὸ. ἔσται L.— πάλιν 


— 13. M mg. :/. τὸ μὲν σῶμα, avec ren- 
voi ἃ γράμμα. — τὸ μὲν γὰρ σῶμα, γράμμα 
A. Cp. Paul, II, Corinthiens, III, 6. — 
14. τοῦτο δὲ L. — 16. μὴ λογιζ.] χαὶ μὴ 
λογιζομένοις L. — 17. χιμείας M. Ε΄ I. 
χημείας. — φησὶν — φιλία Ὡς 21) om. 
L:— 22. πάλιν] ἔτι δὲ χαὶ LL. 23. 
’Oclpidos L 2 fois. Ὄσιρις, ‘dos, est la 
forme usuelle. — ὑποτίθ. εἶνα! L. 


10 


20 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 95 


+ 
2 
τ 
Ν 
oO 
Oo» 

LA] 
[QE 


LA 4 
στιν χηρίαις χατισ μενος, TO πρόσ σῶπον μόνον γυμινὸν £ ων. 
iï 3 δ ᾽ ι 6 


K r ᾿ς : ἈΠ cr : 3 Ve À 10) À ὯΝ - = τ 
αι φησιν ÉOUNVEUWY 9 γρησμος τὸν SGIOLV [Ce «σιρις ἔστιν Ἢ 


ῃ 
- , , » ΄ 
ταφὴ ἐσφιγμένη, χρύπτουσα πάντα τὰ σίριδος μέλη, μόνον᾽ πρό- 


D 


- a ΄ A N 4 1 
σῶπον ἐμφαίνουσα. τοῖς ῥροτοις, τὰ δὲ σώματα χρύψασα ἐθάμθησεν 


ε -" , , À , 
ὑγρᾶς οὐσίας πάσης, χάτοχος ὑπάρχων 
LA 22 


Ἢ 
, SX - NN 
πυρὸς σφαίραις. Αὐτὸς τοίνυν συνέσ σφιγξεν μολύῤδου τὸ 


43] Καὶ ἄλλος χρησμὸς αὐτοῦ οὕτως et * € Χρυσόλιθον Adée, 
ὃν χαλοῦσιν ἄρρενα τὸν se χαὶ ἄνδρα συμπεφυρμένον. Στα- 

x > Pa AN = » ΄ 
γόσιν γὰρ αὐτοῦ -τίχτει τὸ χρυσ » Δἰθιοπίδο ς γῆς: Ey0x υυρμιήχων 
΄ 72 πὴ 


“"» f 4 LA , 
γένος χ χρυσόν τε ἐχφέρει, χαὶ ἀνᾶγει, καὶ τέρπεται. Καὶ θὲς σὺν αὐτῷ 
ς AN . = 
γυναῖχα ἀτμίοος ἕως ἐχστραφῇ 


IN 
ο 
΄ OI \ > = ES En Ai [2 ΄ 
μένον, Ἢ AA IOVTA ZX! πριον ZA LYURTIAS J.29T000GTeU7 OU 
Ν 


5 Καὶ γώνευε χρυσὸν ἀγχαλούμενος. Πάλιν Πετάσιος ὃ φιλόσοφος 


PQ PTE EN 9.5 2 Ὰ 2 \ ΝΣ / , . 
ς μολι DOoou. Καὶ AUTOG EXUTOY or. φῆσιν 
΄ À : [4 5 \ » CAN 
«- Τουτέστιν ἀπὸ Toi ἐργομενοῦ απο τοὺ ἀρρενῖχο νοωρ. Ἔστι δὲ 
5» A “ + 7 με ΄ N 
τὸ αοοξένιχον οπεοὸ ELTEV σφαιραᾶν TOU πῦυορος. Τοσαύτης ᾿ δαιμονιο- 


ι 
, S y A = ὩΣ cr ἜΤΙ “ δ 
πληξίας χαὶ ἀναιδείας τὸν μόλυδοον Ὁ εἶπεν ὅτι οἱ θέλοντες 


1. χηρ. δεδεμένος καὶ χατεσχημένος L. | θεῖον jusqu’à ἀγχκαλούμενος (1. 15)] Réd. 
— 2. À mg. : 3. Réd. de de L : ὕδωρ δὲ 0. τοῦτο χαὶ πιχρόν ἐστι, 
L. πάντα τὰ τοῦ Oo. μ. χαὶ μ. τὸ προσ. ᾿ καὶ εἶδος ἐστυμμένον, χαὶ ἰὸν χύπριον χαὶ 
— 4. ἐθαύμασεν. AL.— 5. αὐτὸς] αὐτῆς ττίον χρυσοδόστρυχον, χαὶ χυλὸν χα- 
À ; αὐτὴ L. — ἐστιν ἀρχὴ πάσης 6y. οὐσίας λοῦσ: * χαὶ αὺν τούτῳ χρίε τὰ πέτ. τῆς φ. θ. 
Τ᾽. — ὑπάρχουσα L. — 6. αὐτὸς] αὕτη L. τῆς χυπρ. nat χώνευε χρ. ἀγαλλόμενος. — 
- κάτοχος] F. 1. ἐγχάτογχος. --- τοῦ μολύδ- 15: ἀγχαλούμενος] ἀγαλώμενος À. — πάλιν 


δου L. --- 8.° λάδε] λαδὼν MA. — A dE χαὶ ὃ ΠΠετ. L. — 16. τὰ αὐτὰ ouvader [,. 


| 
mg. : guillemets jusqu’à χώνευε ypuody |  —18. διὰ τῆς μολύδδου ἐργασίας L, f. mel. 
ἀγχ. (1. 15).— 10. τὸν χρυσὸν τῆς Aït. METRE ἀρσενιχοῦ ὕδατος L. — 21, 
AL. — M. mg. : grosse étoile. — 11. | +03 μολύδδου L. — ὅτι οἱ θέλοντες — περι- 
ἐχφέρε: τε χρυσὸν L.— θὲς σὺν αὐτῷ] τίθητ: πίπτουσι Ἀεό- de L : ὥστε τοὺς θέλον- 
ἐν αὐτῷ L. --- 12. ἕως ἂν 1,. — ὕδωρ δὲ τας μαθεῖν εἰς μανίαν περιπίπτειν. 


σι 


10 


15 


20 


96 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


L4] "Too ἐξ. ἀρχῆς 


δ ἴτ Te “ὁ όλ 6è εἶπον ὸν τὸ à 
οημνηγορειταιν. ον γὰρ μο ὉΌοοΟν ELTOY ὧοὐν τὸ EX τ 


σωμάτων, ὥς πού φησιν ὃ Δὼσ 


La 


λήγει 


capa ἕν, φησὶν ἡ Μαρία. 


5 


ῶ 
\ NI πε AE ὟΝ 
μος. Τὸ δὲ πᾶν τῷ μολύδοῳ 
\ EN ΝΥ, 
οἷον γὰρ εἶδος χαταλέγουσιν 


Ἐὰν γὰ 


εἰρημένον περὶ τῶν στοιχείων, χαὶ ἐνταῦθα 


, 
ν τέσσᾶρων 


5 ! χατα- 
Nr SU. BPM ! 
πὸ ὅλον αἰνίττονται ᾿ τὰ δὲ τέσ- 


, A EAN ΄ 
ψά μμοὺς ἀχούσῃς, τὰ εἰοὴ VOEL î 


12 


ἐὰν δὲ εἴδη ἀχούσης, τὰς ψάμιμους νόει. Τὰ γὰρ τέσσαρα σώματα ἣ 


͵ 


τετρασωμία ἐστίν 
οὕτως ἣ τάλαινα-ἐν σώματι TET 
εὐθέως 


s 


ἢ λευχὸν, ἣ ξανθὸν, 


5 a INA 12 A 7 Ξ \ ΓΕ, ἘΣ 
Εἴτα υποοεςαμιενη τα χρωμαᾶτα χαι χατ ὀλίγον 1? σωσα ἕως 


ἔρχεται χαὶ 


σιδήρῳ, 


ποις ὡς φθειρομένη, χαὶ μάλιστ 


: 

τετρασωμίας φησὶν ὃ 
“" " δ = 

αστοίχῳ πεσοῦσα ἣ χαὶ πεὸδηθεῖσα 

ΕΑ Le A nt ΕΞ ΣΤ ee 

χαὶ χρώμασιν ὑποπίπτει οἷς βούλεται ὁ τῇ τέχνη πεὸ 


\ ΓἋ » \ 
ἡ μέλαν αὐτὴν, 


΄ ἂν N LES / 5 
TOTE HN OUVALLEVN) QEUYELY 


μὰ 


ὥώσιμος " € Εἷτα 


BUS 


δὰ / δὰ ΣΎ ΝΕῚ A (a “- 
ἢ μέλανι ἢ λευχῷ, ἢ ξανθῷ. 


= 


γήρους 


τελευτᾷ ἐν τῷ τετραστοίχῳ σώματι, τουτέστιν χαλχῷ, 


ὮΝ es s 
χασσιτέρῳ χαὶ μολύδδῳ, χαὶ συντελευτᾶ ἐν τῇ ἰώσει, τού- 


4 


TE 


\ = ER \ \ = HE PAIN 
συμπλαχεῖσα αὕτοις. χαι pen δυναμένη φεύγε ιν. αλιν μετ αὐτῶν 


τουτέστιν χρυσόν. 


LA 

ἔχουσα τὸν διώχοντα 
᾿ [TAN 5 ἘΣ 
ἀνεξόδευτον ἔχει τῆς φυγῆς τὸ 
ὥσπερ ἐν νόσῳ τοῦ προτέρου αἴματος 


ἐπιδειχνύει 


LE 
χαὶ ἔξωθεν 


, 


ἐᾷν \ Ἄν \ " ΕΣ a " A πὶ 
re où. » Τὸ δὲ ὄργανον τὸ χυχλικὸν τί ἐστιν ; À τὸ πῦρ 


45] ᾿δοὺ πᾶσαι μαρτυρίαι χατὰ τὸ δυνατὸν (ἀντὶ τῶν πολλῶν 


> € - 


οὔχ. ὅτι σπανιοῦμιν σοῦ 


β ΕἿΣ ον 3 

δμιλιῶν ἐχχόψας ὡς ὁιὰ τὸν 
Late ὁ D 

1. ᾿Ιδοὺ ἐξ ἀ.] τοίνυν τὸ ἐξ ἀρχῆς L. — 2 

τῶν om. L. --- 3. dore φησὶν ὁ Ζώσιμος 


AL. — Réd. de L: τὸ δὲ πᾶν τοῦ μολύδδου 
χρόνῳ χαταλήγει. — 5. À me. : guillemets 
jusqu'à οἷς βούλεται (L. 0). — ψάμμον AL. — 
0. τοῦς ψάμμους À. — 8. yat ἐπιδωθεῖσα A ; 
ἐπιδεθεῖσα L. — 9. ὅτι τέχνη A. — Réd. de 
L : πεδήσας αὐτὴν ἢ μέλανι, ἢ λευχῷ, ἢ ξανθῷ. 
— 12. Réd. de L : 


χ. τοῦ σιδήρου, χαὶ τοῦ χασσιτέρου, καὶ τοῦ 


; Ξ - 
τουτέστιν τοῦ γχαλχοῦ 


: ; Nu SES 
μολύθδου, χαὶ συντελευτᾷ.... — 14. ἅτε δὴ — 


φεύγειν om. L. --- 15. χαὶ πάλιν L. --- 17. 


Βα. ΘΕ  - ἢ 


se 1 RES DA 
ELOEL φιάλῃ OV ŒYESOOEUTOY €7 0V... 


τὸ πῦρ; τὸ δὲ ἐν τῇ σφαιρο- 
— 19. χαὶ 
— 20. Après γεννήσασα] 
F. suppl. ἢ φύσις. — γεννῆσαν L. — 21. 
τὸν χρυσόν L. — 22. ἸΙδοὺ τοίνυν L. — 
— 23. Réd. de L : 


ὁμιλιῶν σοὶ ἔστωσαν ἅλις. ἹΚατέλιπον dE χαὶ 


ἐν τῇ ἀναλήψει L. 


πᾶσαι αἵ μαρτ. AL. 


, , 
ἄλλα πολλὰ οὐχ ὅτι σπανιζόμεθα χάρτου © 


> 5, ἢ 5 ᾿ 1 Ste , 
ἀλλ ? ἵνα μὴ σοὶ φορτιχοῖ δόξωμεν * πόσος 


γὰρ... 


10 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 97 


, « Ν ΄ x Ν , τῇ 
χάρτου : ποῖος γὰρ χᾶρτης ὀυνήσηται τὰς τηλιχαύτας δυνάμεις τῶν 


: : Ars s 
ἐγχωμίων τῆς τέχνης; Τοσοῦτον 


CRETE à “ = \ " 7 
EVTAGAL οσὸν XATU τὴν £VGUWUOV ὕλην. 


-ν “- LA - ! 
J'IUVALOUEVOS ÉRETUYES, ETES TOY γυμνᾶσιων 


= 
[OR 
= 
C 
= 


δέ μοι (f. 175 v.) χά τοί 
έ μοι (£. .) χάρτην ἑτοίμασον 


Δ \ De » ne 
Διὸ γυμνάζεσθαι ὀφείλομεν, 


40] Καὶ ὅρα ὅτι πάντα εὐσύνοπτά σοι χαθέστηχεν, ἀναλεξάυ. LLEvO 


, =" LA 
> ἀναλογίαν 


“, Ν 
ς, ἵνα χἄν τι μόριον δυνήσωμαι 


« Διὸ γυμνάζεσθαι ὀφείλομεν χαὶ 
1 


». Καὶ ὁ Ζώσιμός φησιν " « Ei μὲν 


Toy χάματον "A γὰρ 


/ ! 
ποιούμενος τῶν παρατεῦεν- 


À 


A "» Γ » « -Ὁ -Ὁ 
TOY σοι πάντων. Ἢ γὰρ εἰρηκέναι αὐτοὺς περὶ ὑγρῶν οὐσιῶν χαὶ 


Û ῃ 


" 
ξηρῶν πλάνην ποιεῖ τοῖς ἐν ντυγχάνουσιν. Τὸ γὰρ ὑγρὸν διττῶς νοεῖται ᾿ 


πὸ + al EU 
(λιν ὑγρὸν χαλεῖ- 


7, , 5 


N 0 \ A τῷ nr ZA τὰ : 
ται RAOX τοῖς τέγνιταις TO τραῦλον τῶν λίθων. ] αι OUO ἐναντία χατὰ 


ἀχηθῇ * ἀλλὰ συγγνώμης τύχω 


. -- = / 
ὑμῶν χατορθοῦσθαι, χαὶ γενέσθα 


:ε:τψι΄ὦΡΡνΉχ͵ γα, , 
p οἱ ὄντες τῆς ἀφθον 


φῶς. 


ι 
\ , 
ας αργηγοι πᾶαντ 


ἐν 


N τῇ x \ 3 \ 
OUVATOY γὰρ το ξμιον AUTOTNU. 


8 
Σ 


πάλιν χάλυμμα οἷς οὐ θέμις. 


1. M mg. : grosse étoile (Siese de la- 
cune ?).— 2. Réd. de L: Τοσοῦ 


τέχν. περιλαδεῖν: οὐδὲ γὰρ 


a ἐν 
ἔν τ' μόριον δυναΐμην ἂν τὴν θείας 


ἐστ'ν ὃ οὐρ. εν 


ταύτης τέχνης ἐντάξαι 


οὐ τῳ ὅσον χατὰ τὴν ἐνσω- 
μον ὕλην. Τῷ γὰρ Lo χαὶ ἀρρήτῳ νῷ ὁμοία 
ἐστὶν αὕτη ἣ τέχνη. --- 6. ἀφομ. ἐστιν] om. L 
(Glose marginale insérée dans le texte 
de MA ?) — Διὸ γυμν. 09. om. L. — 7. ὡς 
καὶ ὁ Ζώσ. L. - 8. 8 2 
νη, φησὶν À; καὶ γὰρ᾽ ἢ τέχνη, 

. — 10. ὅτ] ὡς L; om. À. — 
co: Om. L. — χαθέστηχεν — πάντων 1. 14)] 


Réd. de L : 


De er τῆς 
OÙey χαγὼ ἀναλεξάμενος [τὰ 


“ατι ὰ δύναμιν 7 ci 
περὶ] παρὰ A. — 13. de ἐμποιεῖ L. — 15. 
Ko τὰ δύο δὲ ἐναντία... L. — 16. ἐμφέρεσθα! 
AL.— 17. Τοσαύτης --- ἀλλ᾿ οὐ νοΐ (1. 10}} 
Réd. de 1,: Φησὶ ya 


μονοπληξίας χαὶ ἀχαθαρσίας χαὶ αὐῇ. τ, μολ., 


Ὁ τοσαύτης γέμοντα δα:- 


ὥστε τοὺς θέλοντας μαῦ. εἰς μανίαν περιπ.) ἀλλ᾽ 
οὐχ εἰς νοῦν. --- 19. ᾿Αγαθὲ — ὥς en oncia- 
les M; om.L.— 30. Οἴδασι --- δυνατὸν] Réd. 
de L : Οἴδασ! y. of φιλόσοφοι εἶναι τῆς ἀφθ. 
ἀργ. κατὰ πάντα ἀληθῆ " ἀλλὰ συγγν. ἂν τύχοιμι 


δυν. γάρ ἐστιν 2. τ. À. 


13 


πάντως ἀληθοῦς * 


10 


15 


20 


x 


47] Τὰ γὰρ μολύδδῳ τὰ 


Var? \ ΕΣ θ᾽ Κ x x cr LU = » ε ἂς 
χαὶ ξηρὸς χατὰ τὴν αἴσθησιν. Καὶ τὰ τρία ἔχει ἐν ἑαυτῷ 
ξανθὸς καὶ μέλας [[. 170 ΤΣ ἀλλὰ χαὶ ὑγρός. Ἰδοὺ 

ἊΝ 
Ô 


λευχὸς χαὶ € 


νονται χαὶ 


7 N ; , ͵ ECS 
Καὶ δικαίως ἐν αὐτῷ ἀνατίθησι τὴν τέχνην, χαὶ ψεῦδος 


A] 
ποχριτικὸν, τὸ 


εἰς αὐτὸν ἀνατιθέασιν τὴν 


πᾶν τῷ μολύξδῳ χαταλήγει. 


Ν - , ᾽ € 
δύο ἐναντία ἀνατίθησιν, ἐπεὶ ὑγρός 


χρώματα τοῦ ξανθοῦ διά 


αὐτοῦ 
À “ 
τέχνην, ὡς 


Καὶ 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


ὅς ἐστιν 
5, 


στιν γὰρ 


τέσσα ρα γί- 


φορα. "Eye: χαὶ δύο οἰχονομίας. 


αὐτῷ 


ῃ 


προσ- 


φαινόμενον, ὡς ἀλήθεια, τουτέστιν τὸ αὐτὸ 


ὸ 
ἀλλαχοῦ * « Ὁ δὲ μόλυδδός 


ἐστιν ἡμῶν ἡ μαγνησία, ὑγροῦ αὐτοῦ ὄντος χατὰ τὴν φύσιν. » 
. 10 ἐπε δ SE = N Se 

᾿Αλλὰ χαὶ τὸ σχωρίδιον αὐτοῦ ἔοιχεν αὐτῷ τῷ σχωριδίῳ τῷ ἐχφε- 
ρομένῳ διὰ τῆς οι τῆς χρυσάμμου. Διὰ τοῦτο χαὶ μάλιστα 
» » ᾽ LA 77 
εἰς αὐτὸν ἀνατιθέασιν: τὴν τέχνην. 

sa Δεῖ οὖν τὸ σῶμα τοῦ σχωριδίου τὸ πᾶσι τοῖς θεωμένοις ἄποιον 
χαὶ εὐτελὲς χαὶ χαταφρονούμενον εἰς αὐτὸ προσχυρῶσαι τὰ εἰρημένα 


. ΄ - , SF À NES : 
ἐγκώμια χαὶ σὺν πᾶσι τοῖς ἀρχαίοις δοξάσαι, χαὶ αὐτῷ τὸ κλέος ἀνα- 
πέμπειν, χαὶ τοῦτο τεγνιτεύειν. « Καὶ ἵνα μὴ ὑπὸ τῆς ἀπειρίας δει- 
ἐν t ἐξ. νιν ν υν TE. ν᾿ . . pen ἐν τς της! - Φ 
« ΄ “ AN , NS] 

λανθῆς, φησὶν ὃ δΔώσιμος, ὅτε ἴόης πᾶντα σποδὸν γενόμενα, τότε 
νόει ἔπι χαλῶς ἔχει, ...... καὶ εὑρήσεις τὸ ζητούμε-- (f. 170 v.) νον. » 

A ε \ Q7 ” 1 “- Es πα ΄ δι x 
Καὶ ἡμεῖς μὲν ἀδύνατοι ὄντες πέρας ἐπιθῆναι τῷ λόγῳ διὰ τὴν 
ἄφατον εὔκλειαν τῶν ἐγχωμίων τῆς τέχνης, ὃ λόγος ἑαυτὸν σεμνύ- 
νας ἑαυτῷ πέρας ἐπέθηχεν ᾿ χαὶ οἶχον αἰνίττεται φιλοσόφων ψυχῶν, 


Σ 

ET ac σιο cie 
χαὶ λευχὸς χαὶ ξανθὸς L. — ἀλλὰ --- διάφορα 
om. L.— 5. Kai διχαίως --- τέχνην] F. 1. 
Καὶ διχ, αὐτῷ ἀνατιθέασιν τ. 
δος] F. 1. ψευδῶς. --- αὐτῷ] αὕτη À; αὐτῇ 
L.— 6. ὡς ἀλ fera] τῇ ἀληθείᾳ L. — τὸ 
αὐτὸ ἀστέρι] τὸ ἐν τῷ ἀέρ! L. — 8, εἰς αὐτὸν 


— a λευχὸς — μέλας] μέλας 


τέχνην. — ψεῦ- 


τὸν μόλυδδον ἀνατιθέασι L. --- Τὸ δὲ πᾶν 

Νυνὶ δὲ τὸ πᾶν L. --- 11. Réd. de AL : 
ἔοιχεν τῇ χωνείᾳ ἐχφερομένῳ τῆς γρυσοψάμμου 
([Ἰοῖα souscrit en moins dans ΑἹ. — 18. 
τὴν τέχνην add. L. — 14. Α mg. (à l'encre 


rouge) :un cercle avec une longue barre 
horizontale sur le côté de gauche. — 
τοῖς θεωμ..] τοῖς τοῦτο Dewy. L.—15. Après 
χαταφρονούμενον] Add. de L : εἰς αὐτὸ 
ὑπάρχον ζητεῖν ἀχριθῶς χαὶ. — 16. 
M. --- 17. τεχνητεύειν Π155. (τεχνήτης est 
connu). --- δειλανθῇς] βλαφθῇ L. --- 18. 


συμπᾶσ' 


φησὶ γὰρ ὁ Ζώσ. L. --- πάντα] τὰ πάντα L. 
— Ὅτε ἴδης f. 1. ὅτι «ἐὰν» ἴδῃς. On trou- 
vera cette citation de Zosime dans le 
morceau III, xLvi, 2, depuis ἐὰν γὰρ 
ἴδης, jusqu’à la fin du même $2, avec 
les variantes du passage supprimé ici. 


10 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 


χαί φησιν ᾿ « Οἶχο 


ς 
τὴν διαγοαφὴν ἐν 
ἱ LT 


491 Πάλιν ἀναφέρου 


ἥλιος τῆς 


Le 


\ A] s ΄ 
μουθὶ μηνὸς ἐλθόντος, 


βοτά 


A vf \ 21! 
« Αὔξησιν γὰρ λαμδάνει 


A 
]Y χαὶ σπερι 


, 
ἴττ 


LA LA » « 
πλύσιν λεύχωσιν αἰνίττονται, ὡς 


Ua] 
= 
a 
-G 
Ὁ 
ὡς 
[0] 
© 
οὺ 
us 
O2 


Ἂς 
ὅ- 
« 
το. 
>» 
© 
14 
" 
΄ὺς 
eo 
᾿Ξ, 
Se 
ς. 
rs] 
ς- 
a 
= 


4 . \ Je 
» ἣ γὰρ αὔξησι 
#1 
ἅπωσιν αὐξάνουσιν. 

" za Μαρία χαὶ 


ἕως φύγη ἣ μελανία τοῦ 
ce di À ME Ξ ë 


σελήνην. Καὶ ὃ μὲν 
πιθανὰς 


λελαλή- 


θειώδη τινὲς, 


ἈΝ 
ς δύσεως. Καὶ 
ἄμμου τι 
LA 
Ταριχεύοντες 


C4 “- 
EXAGTOY τῶν 


ον 
- 
ς τ᾿ 
Es 
a 
Φ- 
Ὁ 
= 
s 
= 
Ὁ 
LA 


νὴν 


LA] 


Δημόκριτος ὅτι « IA5- 
στίαμεως “ χαὶ ταύτην τὴν 


, LA 
χαὶ ἀνωτέρω 


κ᾿ "π- Ἐξ + 2 5 , 

80] Πάλιν περὶ τῆς ξανθῆς οὐσίας φροντίζοντες χατάλογον 
τρνῆῷ NE Eve NAT RES IN EN ue ee 
ξανθῶν εἰδῶν ποιοῦνται * χαί φησιν ᾿ « Δύο εἰσὶ λευχώσεις, ὡς ai 
δ, κ᾿ ΄ vd ἢ ΄ té A Ne À L > 
δύο ξανθώσεις, χαὶ δύο συνθέματα, ξηρὸν χαὶ ὑγρὸν, τουτέστιν ἐν τῷ 

ΣΑΣ ΚΠ ΤΣ ες QE DRE 
χαταλόγῳ τοῦ ξαν-([. 177 r.) θοῦ βοτάνας καὶ μέταλλα, xai ζωμοὺς 
N 72 . A τς “ : τ τῷ : ἡ Τ᾽ = 
δύο, Eva ἐν τῷ ξανθῷ, χαὶ ἕνα ἐν τῷ λευχῷ ‘ χαὶ ἐν μὲν τῷ ξανθῷ 


ἢ £ 


s © ΕΑ 
τα OLX τῶν 


- 9 - 
ξανθῶν βοτανῶν, ο 


ον 


1. φασὶν M.— Réd. de L : οἶχος ἣν 59., 
βλέπων πρὸς δυσμάς, 7 ἃς 


τς 


ἔχει τὰς εἰσό- 
ὅους. — 4. Πάλιν δὲ aux. — 6. Toÿzov 


A.— 7. Réd. de L: ταριχ. 


ἔχαστον. — 8. M 


τοῦφαρμ. 

DR one RUE 
μ. €. ἤγουν τοῦ arret τὸν 
mg: : φαρμουθὲ ἀπριλλ (main du XVe siècle). 
— εἰς λευχὸν χαὶ λινοῦν χαὶ στερεὸν L.— 12. 
ὧν] ὥς AL. --- ὃ Ἑρμῆς L. — ὅτι] λέγει 
γὰρ αὐτὸς L.— 13. χαὶ αὐτὸς διχαίως L. — 
15. σπερμάτωσιν] σπερματιάσαι M; σπερμα- 

(a Pt t 


τιώσιν À. — αὐξάνουσιν] λαμδάνετα: χαὶ αὖ- 
ξανομένη À ; λαμθάνεσθαι αὐξανομένη L. — 
Kai μεμν. πολλοὶ] Διὸ χαὶ 7. ueuv. L. — 


16. ἣ Μαρία at ὃ Δημ. L. — ὅτι] λέγουσι 
γὰρ L. -- 17. ἕως ἂν AL. -- στίμμεος L.— 


19. ΚΚαὶ πάλιν περὶ τῆς λευχῆς χαὶ ξανθῆς AL. 


— 20. zx! φησιν - δύο] Διὸ z. φησίν - δύο 


τοίνυν L. -- 21. ξηρὸν τε χαὶ ὅγ. L. — 22. 
τοῦ ξανθοῦ] τῶ ξανθὸν A. F. 1. τῶν ξανθῶν. 


— βοτάνας] εὑρήσεις βοτ. L, f. mel. 


σι 


10 


15 


100 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


1" 


/ . ῃέ _ es À RATE 
μοίων ᾿ χαὶ ἐν τῷ λε υχκῷ πᾶλιν συνθέμιατ ι, χαὶ ἐν μὲν τῷ ζὴ 


«ἢ 
où 
GE 


πάντα τὰ λευχὰ, οἷον γῆ χρητιχὴ, χιμωλία, χαὶ ὅσα τοιαῦτα. Ko 
πάλιν ἐν τῷ ὑγρῷ τοῦ λευχοῦ, ὅσα λευχὰ ὕδατα, οἷον ζύθον χαὶ 


χυλοὺς χαὶ brodc βοτανῶν ᾿ Καὶ ταῦτα πάντα περὶ χρωμάτων αἶνιτ- 


΄ τ À 10 » NON A ’ 
TOUEVOL, ποιοῦνται τὴν φροντιοῦ. Δύτοὶ 0€, ὡς OUVETOL, AOLVATE, προ- 
4 > ΄ ε 5 x κ᾿ , 
γεγυμνάσμενον εν τουτοις. Ἡμεῖς μὲν γὰαρτ πάντων TOUTOY 29709 00 


ἴσμεν γὰρ τῆς ὕλης τὴν 


\ « τς = ἘΞ 5 > : Q A τοῖς 
γὰρ ἀπ τὰ συλλειοῦται, ἀλλ᾽ ἐν ὁώματι ἱερατιχῷ 


( ἐχ δὲ τοῦ 


ί 
\ τ , = er δ πο ἘΣ ΄ A Ζ : 
XI ANTOL ἜΘ. ΣῈ tv Ur 9) κέφυρος πνεῶὼν χαι XOVLY EX 


μὰ 2 a TO \ Ex 
τοῦ σύνεγγυς ἐπισύρηται χατὰ τῆς θυείας. » Ἰδοὺ τὸν τόπον τῆς 


= , τὸ Ὁ A 2 1 
λειώσεως εἶπεν μυστιχῶς. « Kai αὐτοὶ, ὡς συνετοὶ, χρίνατε τὸ μέσον 


. 


e S TR \ : ph 
σοῦ ὁ ματος. » αὶ τὸ « λίμναι χαὶ χητοι, D TL EOTLY 


΄ 
ω 

LA il € S ’ \ ΄ , \ " 

9 ] E fe] μιῆς TOLVUY μῖχρον χοσμοον ς ποτίθεται τον ἄνθρωπον, 


ri Î ï 
λέν ν ὅτι ὅ ἔχει € ἔνας χόσμος. ἔγχει à ὶ ὃ χνῇο πος ἜΣ) ει ὃ 
EYOV OTL OX Eye ο μεγᾶς LOTUS, EZEL AOL O ἂν φωτός. JE 0 
Lune 0 GE ven cni PR EN o en mp χνῃ 
μεγᾶς κόσμος ὡς α γξῶσαια και nu Ἐὰ RU πο Ὁ ὧν PUTOS 


ς 
ποταμοὺς, πηγὰς, θαλάσσας ᾿ ἔχει ὃ Poe os τὰ ἔντε-[ 177 v.) 


» É / SE ἡ cree 
ο- Eye 0 υεγαᾶς 2971.06 TI ἀέρι COX 


To 


1. χαὶ ἐν τῷ] ἐν à τῷ AL, f. mel. — — χαὶ κόνιν] χαὶ om. L. — 15. κατὰ τ. 0. 
2. γῆν χρητιχὴν, χιμωλίαν L. — 5. ἐν τούτοις om. L.— 17. αἱ λίμναι L.— 18. ‘O δὲ 
(avec ΑἹ ποιοῦνται τ. φρ.].. ---- θ. χαταφρονοῦν- “Ἑρμῆς L, qui om. τοίνυν. --- 19. Ἔχει 
τες AL.—9. Réd. de L: ἐν τῷ δευτ. λόγῳ τ' ὁ μέγας κόσμος ζ. y. χαὶ Ev.] Réd. de A: 
φ. ὁ Δώσιμος.--- 10. ἢ μία ὃ. À. 2. έ "yet ὁ 2. μεγάλα (avec A) €. y. za ἔν. ὁ χ. 
11. οὖν] δὲ L. — γίνεται ἡμῖν πρώτη L. — μεγάλα(ανες ΑἹ χαὶ μιχρὰ ζ. γ. καὶ ἕν. — Voir 
13. τοῦ ἱεροῦ οἴκου om. L. (Glose marginale la réd. suivie de L (jusqu’à la fin du para- 
insérée dans le texte de M 2. de. ᾿ἴσα graphe), un peu plus loin (Appendice r1). 
τὰ μέρη] ἐχφύσα τ. μ. A; ἐχφύσα φησὶ τὰ — 21. χαὶ φθεῖρας, καὶ ἕτερα ἐλμίγχας Α.-- 22. 


μέρη L. — ue καὶ παντ. εἰχότως τὰ ἔντερα] rxom.AL.— Après ἔντερα] φλέδας 
L. — 14. παρεστήχεισαν A; περίχεινται L. za ἐξέδρας αἀά. AL. — 23. ἀέρια] ἄγρια A. 


10 


20 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ IOI 


\ Ἂν, - 5 δῷ, 
ποὺς χώνωπας. Eye: ὃ μέγας χόσμος πνεύματα ἀναδιδόμενα, οἷον 
Ξ Ἀν EN \ + IN “HE e ΕΞ 
ἀνέμους * ἔχει χαὶ ὃ ἄνθρωπος τὰς φύσας, οἷον τῷδε. ὥχει ὃ μέγας 
ε 3 \ N » 
χόσμος ἥλιον χαὶ Vie ἔχε! χαὶ ὃ ἄνθρωπος τοὺς ὁύο ὀφθαλ- 


À \ A A 2 ῃέ “ἃ δ 5 
μοὺς, χαὶ σὸν μεν 0€ μον τῷ ἡλίῳ ἀναπτ ιθέεασ!, τον 0€ αρισ- 


Ὁ - 

« 
2 

D 


À - ss’ ” e ! » 4 οὐδ το «δος 
τερὸν τῇ σελήνη. Eye ὃ μέγας χόσμος ὄρη χαὶ βουνούς χαὶ ὃ 
», N > s / ἊΨ ΄ ΄ À » Mars 2 À . 
ἄνθρωπος τὰ οστξα. Eye 9 EVA 2051.06 σὸν οἱ ραᾶνον EE καὶ ὁ 
“ \ , Ἔ Ἄ = A \ DD 710 EAN ἫΝ τ 
ἄνθρωπος τὴν χεφαλήν. JE! (9) οὐρᾶνος τα οὐοεχα MO απο 7.210! 


RS En EN HS NU 
τὴν χεφαλὴν ἕως ἰχθύων τοὺς ποόας. Kat τὸ 


α 
͵ ς ΄ 1 > 
μευνήπται ο Δώσιμος. Toi το ἐστιν χαὶ ἢ γῆ ποῦ χα 


ὃ S 
Ἔ 
Èè 


4 


΄ , , \ A J: \ » / 
TôueEvos, κυρίως οὐσίαν χαὶ χρυσοχόλλης χαὶ σελήνης ἔλεγεν τὸ ὠόν. 


Ταῦτα λέγει ἐν τῇ ἀρχαϊχῆ διε Ἔν αὐτῷ 
i ͵ ͵ 


LA τ 

ï i i ï 3 
ε :Ἑ x SU 2 RNA. 2 St 7 iN 
ὡς εξείπῶν τὰ τοῦ Ἥλιου μυστηρια. αἱ ἐποίησεν ŒUTOY TUDAOV. Ἀ- 

ἐλ ETS , = ES - \ - Ὁ 
μέλει καὶ ἐὰν φθάση θεωρηθῆνα! ὑπὸ τοῦ ἡλίου, οὐ δέχεται αὐτὸν ἢ γῆ 

ἢ ἃ 
1. Après χώνωπας] μυίας (udyas ΑἹ χαὶ τὰ — 11. μὴν] un M, avec second accent 
Ρ ἔ υυγ μὴν) μη 

ξξῆς add. AL. — 2. Après el 6p0y- | grave à l'encre rose, sans doute pour 


τας χαὶ ἀστραπὰς add. AL. φύ 
M. Corrigé d’après L.— τῷδε] ἀσθεν 
χαὶ χινδύνους AL. — 3. Après x05u0;:| 


corriger à en ἣν; un ΑΚ. --- ἐπιθαλεῖν] ἐπι- 
θάλα: MK ; ἐπιδάλλον φησὶν A. Corr. conj. 
13. πυραμίδι] χυριανίδη A; χυρανίδι K. — 


La 
ὧν 
el 
-G 
Ὁ 
a 
- ὦ 
ὧν 


δύο φωστῆρας add. AL. --- 6. ὀστέα χαὶ τὸ ὠὸν] ὠὸν gratté M; espace blanc Καὶ; 
ἄρξαι ας AL. — Après οὐρανὸν] χαὶ τοὺς τόσον À. --- 14. Τὸ ὠὸν. Koi γὰρ τὸ ὠὸν 
ἀστέρας add. AL. — 7. Après χεφαλὴν] προχαλεῖται] τὸ (ὠὸν gratté). Kai γ. τὸ ζωὸν 
χαὶ τὰ ὦτα add. AL. --- ἔχε: χαὶ οὐρανὸς πρ. M; τόσον τὸ ζῶον πρὸς χαλὴ (]. προσχα- 
— χαὶ τοῦτο] même rédaction dans A. λεῖ 9) A. — 15. τὸ ὠὸν] τὸ ζῶον MK; τόσον 
que dans L (voir “VAppendice Il), puis À. Corr. conj. (M. B.). — χρυσύχομον 
A continue ainsi : χριὸν συναρμομένα [lire χόσμον] χύσμον précédé du signe de l'or 
συνηρμοσμένα ?) ἐπὶ (lire ἀπὸ ?) τοῦ σώματος MA; χρυσόχομον L. Corr. con). (M. B.) 
αὐτοῦ ἕως χάτω τῶν ποδῶν τοὺς ἰχθύας. — — 16. ἡλίου] ou χρυσοῦ. C’est le même 
9. ὃ] οὗ L. mel. — 10. τοῦτο ἐστιν jus- signe (M. B.).— 17. ἐν αὐτῷ] ἐνταῦθα A. 


qu'à συμφωνοῦσιν (p. suiv., 1. 8) om. L. 


10 


15 


102 TRAITÉS DEMOCRITAINS 


ἕως ἑσπέρας. Λέγει ὅτι « ὡς χαὶ γιγνώσχων τὴν μορφὴν τοῦ ἡλίου ὁποία 


ισεν αὐτὸν ἐν τῇ μελαίνη γὴ, ὡς παρανομήσαντα, χαὶ 


= 
Ÿ 
δὲ 
ΡΞ 
[ΩἹ 
“νυν 
ἘΣ 
10 


ἐξειπόντα τὸ μυστήριον τοῖς ἀνθρώποις. 


89] Ὁμοίως τὸ συναγόμενον ἐκ τούτων συντομίας χάριν ᾿ ἔσω γινώσ- 


SN 1 N If 
χων ὡς πρὸς τὰς γονὰς γένος ὑπάρχει καὶ τῷ εἴδει μόνον da-(f. 178 1.) 


| ι 
ΓῚ \ 


φέρον κατὰ τῶν πτηνῶν διὰ τὸ πρόχειρον, χαὶ ὑπὸ ἐαυτοῦ Fu 
μενόν ἐστιν, κἄν TE τῶν γαμερπῶν ζῴων, χἂν τετραπόδων, χἂν re 


γόχασιν ἀλλήλων πρ ρὸς εἶδος, ἀλλὰ τῇ δυνάμει συυφωνοῦσιν. Ὃ δὲ 


ἄνθρωπος ὡς τιμιώτερος πάντων τῶν ἀλόγων ζῴων, τοῦτο φέρουσιν ἐπὶ 
ί 


οὐ πρὸς Διόσχορον Ye ἄφοντος. Φησίν ac Προ- 


τετίμηται ὃ ἄνθρωπος πάντων τῶν ζῴων τῶν ἐπὶ τῆς γῆς. » Τὸ γὰρ 


υνήμης πάλιν, Zuves 


χυρίως τῆς ὅλης τέχνης, φησὶν Ὥρος « λαθραίως εἰληφέναι τὸ τοῦ 


ἄρρενος σπέρμα, ἀλλὰ πάντα ἀρρενόθηλυ ὑπάρχειν, » ὥς πού φησιν À 
Ναρία᾽ « Ζεύξατε ἄρρενα χαὶ θήλειαν, καὶ DRE τὸ ζητούμενον ᾿ 
χωρὶς γὰρ ταύτης τῆς οἰχονομίας τῆς συζυγίας, οὐδὲν δύναται κατορ- 


- ae x / - 
θωθῆναι ᾿ ἣ γὰρ φύσις τῇ φύσει τέρπεται ». Καὶ τὰ ἑξῆς. 


54] Ὁ δὲ Δημόχριτος ἐκ τούτων Χαῦ δὼν ζἀφορμὰ ἃς συνεγράψατο 
βιόλία τέσσαρα τῷ τῆς ἀφορμῆς ὀνόματι. Καὶ Mapia” « Λαόδὼν πέτα- 
λον τὸ μήνης... » Καὶ ἀλλαχοῦ " « Τὸ πέταλον τῆς κηροταχίδος... » 


AN ΄ LS \ Q οἱ \ 
χηροταχίδα χαλήσασα τὴν θάλψιν τὴν διὰ πετάλου. Καὶ γὰρ τὸ πέτα- 


λον ῥάχος ἐχ βοτάνης ἐστὶν εἰργασμένον... » Καὶ ἀλλαχοῦ à αὐτή 
' l ὮΝ χρυ ἢ l 


1. ἡλίου ὁποία] ποιΐας précédé du signe 64, 1. 12. — 11. To γὰρ — ἀλλὰ om. 
de l'or et du soleil A. Le copiste a L. — 12. “Ὅρος MA. — 13. πάντα τὰ 
voulu écrire χρυσοποιίας. — 2. μελαίνῃ ἀρρενοθήλυα ὑπάρχουσιν A: παντὰ δὲ ἀρ- 
ΥἹ] μέλαν: δὴ γὴ M; μελαν!δήγη À; μελα- CREUSE ὑπάρχουσιν"... --- 14.. Ζ. y. φ. 
γίδῃ γῆ K. Corr. conj. --- 4. ἔσω γινώσ- ἄρρ. χαὶ θήλεα L. --- θήλειαν) θήλυ A. — 
χων] ἔσο γιν. M; ἔσο ἐπὶ γινώσχον A. K. 1. εὑρήσετε L. f. mel. — M. mg. : groupe 
ἐπιγίνωσχε. — 5. διαφέρει À, f. mel. — dé points. — 15. οἰχονομιχῆς out L, ἢ. 
π᾿ αὐτοῦ Α. — 6. χατὰ] M. 1. χἄν, τε. — mel. — 16. τῇ φύσει] τὴν φύσιν AL. — 
7. χἂἄν τε] χαὶ A. — κἂν] χαὶ Α. — 8. Ὁ 18. ἡ Μαρία AL. — τέ ἕρπει L. — 19. τὸ 
δὲ ἄνθρωπος --- προτετίμηται] Réd.de L : unvns (sic) M5 τὸ μύνης A; τὸ μήνης K. 
Διὸ χαὶ ὁ Συνέσιος πρὸς Διόσχ. διαλεγόμε- - ΚΚαὶ ἀλλαχοῦ! καὶ πάλιν ἢ αὐτὴ L. — 
γός φησιν - Ὃ ἄνθρ. προτ. --- 9. τιμιώτερον 20. χηρ. δὲ χαλεῖ L. — πετάλων AL — Ko 
π. τ. χτηνῶν ζ. Α. — 10. μνήμη “ πάλιν... γὰρ τὸ πέταλον] Réd. de L : πέτ. δέ ἐστι 
A. — Après φησὶν; point rouge À. — χαὶ βοτάριον εἰργασμένον * καὶ ἀλλαχοῦ πάλιν 
Cp. Synésius, ci-dessus IT, 117, 11, Ρ. ἡ αὐτή - μὴ θέλε 2. τ. À. (p. suiw., L 5). 


πως _ 0 bé 


10 


15 


20 


25 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 103 


ré DE + ’ LE 0% Neue IP) \ 1) \ LU 
« τῷ αὐτῷ μωταριῳ τῆς ζανθῆςς σανοαράχη. ἰδοὺ χαὶ θη \UXOY Ὄνομα 


n ’ £. Ν x Στ LA # ΄ Ξ » a Fi οι ! "» \ 4 “» 
TAVOASIYN τα Y22 μωτάρια, ως ITTE, EX 072006 ELOLV, XŒL ἐν τῇ στήλῃ 
ἜΡΙΞΕ ἜΤ ΈΕ tes. con ΤΥ ΕΑ ΠΡ ΟΝ 
τῆς ἀρσενοειδοῦς ὑποχάτω τοῦ ζῳδίου Μαρίας ἐστὶν τὰ ὧδε" «Σὺν ai 


ΤᾺ 


πᾶσι χρήμασι.» Καὶ ἀλλαχοῦ " «Πύρινον où 
δε ταὶ; 6 i 


μαᾶχον...» Καὶ ἀλλαχοῦ 


Ex) 


rs ñ Ἐπ ον ᾿« Νὴ θέλε ψαύειν χειροῖν * oùx εἶ γένους ᾿Αύρα- 


- “ Ν , DZ 
χνὴ ([. 178 v.) καὶ οὐ χοινὴ, ὥς τινες δοχοῦσιν, καὶ πρὸς εἰδότας À 


ak 
Pa 


πὰ λελαλήχασιν. ᾿Αλλὰ σὺ, κάλλιστε υἱὲ, τὰ δοκοῦντα LP 


5 , 5 _ € a TZ 

ἀναλέγου, παραινούμενος παρὰ τοῦ φιλοσόφου ὡς * « Νοήμοσι λέγω, 
ε Ξ x / "» τα 74 9 4 ͵ 

γυμνάζων ὑμῶν τὰς φρένας εἰς τὸ τίσι δεῖ χεχρῆσθαι ». Καὶ εἰ ἐν τού- 


i 
D Don ΠΕ πο Re ΕΣ 
εις ορμωντέες. αι ᾿ («{ἡἰνεσῦε παϊὸες ἰάτρων, IVX νοὴτε τὰς φύσεις, 
A , LA ΕἸ 
ὃν ἐύρρατον χατασχευάσαι βουλόμενοι, τοῦτο oùx 
Ÿ 


σιν». Καὶ τὰ ἐξ! 


i 
, 5 πὶ x 1F N πὰ “- [2 5 , , x » 
ψάμμων ᾿ τῶν γὰρ τάξεων μηδαμῶς εἰς πέρας ἀχθεισῶν. Τίς γὰρ οὐχ 
EN e A \ \ " \ \ AN \ 
οἶδεν ὅτιπερ χαὶ χρυσὸς χαὶ ἄργυρος χαὶ χαλχὸς χαὶ σίδηρος χαὶ 


ρος χαὶ γαῖ χαὶ ee χαὶ μέταλλα Ex τῆς γῆς 


1 
+ 2 / 7 2 ᾿ - ͵ 
εἰσιν χαὶ χρήσιμα τυγχάνουσι ; Καὶ ἐχ τούτων τὴν συγγραφὴν ἐποιή- 
΄ \ ὅ4. \ - - Ne “- rs © 
τοιήσαντες χαὶ ζωμοὺς ἐχ ΠΡ χυλῶν χαὶ ὁπῶν, δένδρων 


a 
Ὡ 
à 4 

1 
le] 
a 


At μωταρίῳ] θοταρίω A, f. mel. —2. σαν- αὕτη ἣ τέχνη, χαὶ οὐ χοινὴ. Puis omission 
γῆς À, f. mel. — 3. ἀρσενοειδοῦς]} Κ..1. des mots ὥς τινες δοχοῦσιν Jusqu'à χαὶ τῶν 
ἀρσενοήτου. Cp. le paragraphe 3 39. — 4. εἰδῶν (l. 17). 11. κρίσει] ἀδιακρί τως 
δ ΕΠ F. 1. πυρεῖον (M. B.).—-5. χε A. F. 1. διαχρίτως. 26 ὅρος ΜΚ; ὃ ἔρος. 
ροῖν] χεροῖν M; χερρὶν AL. Corr. con). — Corr. conj. — 17. Avant μιχρὸν] ᾿γὼ δὲ 
Réd. de L : Où γὰρ ἐχ γένους εἰ ἀδρα- add. L. --- 18. Après ποιησάμενος]. Voir 
μιαίου." χαὶ γὰρ εἰ μὴ ἐχ τ. y. ἡμῶν. ἢ; (lire ci-après, Appendice πὶ, la rédaction de 


ei), οὐ δύνασαι ψαῦσαι, ὅτι μεριχὴ ἐστὶν L jusqu’à la fin du texte d'Olympiodore. 


10 


20 


104 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


= Er, δὸς = δἰ Ὁ / D 

χαὶ χαρπῶν χαὶ ξύλων ξηρῶ ν χαὶ ὑγρῶν ᾿ EX τούτων ζωμοὺς χατασ- 
4 2 Ξ -" e Δ N 

TNONVTES, συνεστήσαντο τὴν TE: (νην ἐκ ταὔτης τῆς μιᾶς, ὡς ἐν δέν- 


Ἃ272 


/ 10 N , 24 à ͵΄ 2 
ριοὺς αὶ \HOOUS OLEAOVTEC, HUBIUS TOGELC ἐποιήσαντο. Eyes 
N 

Ô 


CAN 7 , \ Ὁ [ La \ κῷ δὲ Δ = Ν 
οὖν ὧδε ὅλη δυνάμει τὸ ὅλον (E470)/r.) τοὺ ἔργου " χαλχομόλυδδος, 
Ὶ ê 
Ur 7 7 ñ 2 / , ΟΝ \ M 
ἐτήσιος λίθος ἐξίσου ὁμορρευστήσαντα χρύσοπτα πάντα ποιεῖ. To δὲ 
τ W2 ὡς: » δι VX 7 ’ 2 Ne —- \ » » à a ͵ 
«ὁμορρευστήσαντα» οὐδὲν ἄλλο σημαίνει, ἢ τὸ ὁμοῦ χαὶ κατ᾿ αὐτὸν ῥεύ- 


IL iv, - OLYMPIODORE. — APPENDICES. 


APPENDICE 1 
$ 38. — (Voir p. 92.) 


Nous croyons devoir donner ici une page écrite en tête du 1°" folio du ms. 
M, d’une main du XV°siècle et dans un dialecte presque barbare, texte dont 
nous tentons la restitution. Cette page est suivie par des termes magiques, 


puis par la formule de l’Écrevisse, avec interprétation; enfin par les mots 


» 
ἢ 


᾽ 


ἱστέον ὅτι τὰ λεγόμενα σχωρίδιά εἰσιν τὸ ὅλον υυστήριον .— Les variantes intro- 


duites dans ce texte sont toutes des corrections conjecturales. 


0 


2 \ \ 5 1 + x 1 
Λαξὼν τὴν ATROUEVOUTAY SPA χαὶ με \AVO οὐ μιενὴν τρυγέαν, λεύχανον 
, \ N_ 2, (22 
O OL αἀσθεστου ὕδωρ, ἤτοι 


e / 
ὕτως. .. GT σοὶ τινι προχυπεσχευάσμιενον τ 


\ N τὸ ε - “ 
ιατεταγμένον διὰ σποδοῦ ἀλαθαστρίνου ὡσεὶ σαπουναριχῇ σταχτῆ. 
4 ͵ 


E 12 , Ξ 2 \ es + , 
Tibahe τὴν TE EV TOUTE XX πλῦνον αὐτὰ χαλῶς ἕως 00 μελάνωσις 


AN Le De GRO ΙΝ \ ù ve roù. ἢ 
τῳ VOUTL γένηται AU! ἡΠοῦ χα τάγγιζε TO υοῶραπ αὐτου. τερον 


“- , " LA ( 
ἐπίδαλον χαὶ, εἰ βούλει, προχαταχώσας à 


γείον * πλῦνον δικοίως χατὰ τὴν προ οδηλωθεῖσαν τάξιν. Εἶτα χαταγγίσας 

3. διελόντες] διήχωντας (λων écrit de ττὸ | ὅμορ. om. À. — ποιεῖ] F. 1. ποίει. --- 6. 
main au-dessus de χὼν M; διήχωντας K;  ὠἃἢ τὸ] ἤτο: A. F. 1. ἢ τὰ. --- — 18. Après 
διάχεινται À. Corr. conj. Dans le passage 5 οὕτως, espace blanc dansle ms. — "Esrw 
correspondant (Appendicern), Laëdeñzov. | σο!τίν!] ἐστοσιτινὴ ms.— 19. στάχτη ms.— 


R 


— 4. ὅμορευστ. mss. ici et |. suiv. — M 21 χατ à βούλε!:] ἢ Boux 


mg. : groupe de points. — 5. ypÿsorta | ms. — 23. χατεγγύσας ms. 


10 


OLYMPIODORE. — APPENDICES 105 


αὖθις, τὸ μελανίζον γὰρ ὕδωρ ἐπὶ τὸ ἄλλο μέρος συνεπίόαλε. Εἶτα 


χώσας τοσαύτας ns ᾿ ῦ τος ἀνῖγε(}), καὶ πλῦνον. Καὶ τοῦτο ποιῶν 
ee χαὶ λευχόχροος γίνεται. Τὰ 
NA ( a : À 

δὲ Ἐς ἐμέο ἐν ὕδατα εμόαλε ἐν σχεύει τινὶ ὑελίνῳ, χαὶ περιπη- 


λώσας, ξηράνας χατάχωσον QUES 


ρας τινάς. Καὶ ὡς ἰὸν - γενόμενον, ἄνιγε (?) 


ὀργάνου μασθωτοῦ * χαὶ λευχὸν πάλιν γίνεται. ee οὕτως προσ- 


5 Let \ = - - ΝΡ», “- ᾿ = 
λευχάνας χαθὰ προλέλεχται, ξήρανον χαὶ βάλε ἐν ἰγδίῳ * ἐπίδαλε αὐὖ- 


ποῖς ἐχ σὸν ποι νον (?) λει ΑΕ Ὁ ΡΥ ΕῊΣ δὶ toy [ὁλί ἐπί 
τοῖς EX τὸν προὴτ ἡμασμιένο V \EUXOV UOWQ ZXAT 0 γον ολίγον ἐετπι- 


D " “Ν 


ι 
ύαλε χαὶ volée, ἄχρις ἂν χαλῶς προ πλυθὴ χαὶ KT 


Q: 
< 
ξ 
ἐστόν 
O2 
δ 
fi 
“ 
τὴ 
ὩΣ 
Ὁ 
δὲ 
Ce) 
2 
ΓΟ 
= 
Ὁ 
C 
ε 
o 
5 
O2 
= 
-- 
2 
& 
O2 
= 
ν 
Œ 
= 
OO 
ST 
D. 
è 


ται 

PQ PRE Δ x \ 

5O0Ù γινόμενον. υνατὸν γὰρ οὕτως ΕΝ Fe χαὶ ἀσθεστος 
υ 


ΔῚΣ ΒΞ NI NE \ ΑΒΕ , ur ἘΞ N ; \ 
πεθέντα δηλαδὴ τὸν ἡμέτερον λίθον ἐπάνω τοῦ ὄξους δριμέον ἀτμὸν, 

ù IN , = , 1e 
μολύόδδινον πέταλον. Εἰ δὲ ξανθὸν ταῦτα κατασχευάσα! βούλιον μέτα (ἢ 


οανθῆναι [δαὶ ξῃ ρανθῆναι]) 


΄ Ἐπ ΤΟΣ a 
ἱκανῶς πλυθῆναι χαὶ En: 


“Ὁ Ψ 
ὕδασιν ποτισθῆναι χαὶ πλυθῆναι, χαὶ πλασθῆναι αὐτὰ λευχὸν, χαὶ μετέ- 
- \ = x x ss \ Ἢ , 
πειτὰ ξηρανθῆν καὶ χαλῶς θῆναι ᾿ χαὶ ἐπληρώθη σὺν becs χρίσις 
ma ξηρανθῆναι, χαὶ χαλῶς θῆναι ᾿ χαὶ ἐπληρώθη D χρίσις 
9. 
Ἰουστινιανοῦ. 


APPENDICE II 


$ 51 (après le mot ἔνυδρα). Rédaction de L. (Voir p. 100, 1. 19.) 


1. ἐπὶ τὸ ἀλλον (sic) μέρος οὖν ἐπίθαλε ms. ms. F. 1. ἀραιωθῇ τε. --- 14. a 


— 2. où τος ἀνῖγε] F. 1. ἠθοῦ τὸ ἀγγεῖον τ ξ ms. — 15. γινομένου ms. --- 17. 


(ut supra). — 5. ἄνιγε] F. 1. ἄναγε. — 7. δὲ] ἢ δὲ ms. — βούλιον μέτα] F. 1. Bouof- 
ς ἐχ τὸν προητημασμένον) F.1. αὐτῆς ἔχτον μεθα. — 21. ᾿Ιουστιανοῦ ms. --- 24. x. 90.} 
Nous abrégeons la plupart des mots 
existant dans le texte d’Olympiodore 
publié ci-dessus. 


DES 
αὐτοῖ 
(sc. μέρος) προχατεσχευασμένον. — 9. χτήσεται 
καΐρουσις τασηντὰ Ms. — 11. ἄχρις οὗ τετχα 


ὀιαθεισα ms. — 12, ἀραιωθεῖσα] ἀρεοθίσαν 
11 


en 


10 


20 % 


97 


“Ὁ 


τοῦ TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


La 
2 


: - Ὁ : ΄ » N + 5 
χών., υυίας, AA TA ἕζης. Eye ο μ.. χ. πνευματα ŒVXO., οἷον ἂν. 


\ 2 " x το \ HN 
βροντὰς, AOTRATAG © NÉYEL Χ: ὁ avbo. τὰς φύσας, HAL τὰς πορὸᾶς, 


Νὴ x Üz= vd mode y SA OÙ. YO σὴ Ba "E: ἜΝ ἢ 5 
χαὶ τὰς ἀσθενείας, χαὶ τοὺς χινόύνους, καὶ τὰ ἑξῆς. Eye ὃ mx. 

\ INR τ \ 1 = SPA Ne y 
τοὺς δὺο φωστῆρας, τὸν ἥλιον χ. τ. σελ. ᾿ ἔχει χαὶ à ἄνθρ. τοὺς 
δ ἥδ π᾿ “Ὥς σοὺς δῇ “-ολ £\ δεῖ ὧν 000 De σὸν FX 0) «ef 
δύο φωστῆρας, τοὺς ὀφῦ., τὸν μὲν δεξιὸν ὀφθ., ὡς τὸν ἥλιον, τὸν 
ΝῊ ς Doro lis NE Ver 
δὲ ἀρ., ὡς. πὴν σελήνην. yet ὃ pe. x: Gpn χαὶ 6. “ ἔχει x. ὃ 
AT: 5 2 1 "E e \ ; \ 5 / Ἂ 
ἄνθρ. ὀστέα χαὶ χρέας. [ὕχει ὃ μι. x. τὸν οὐρ., χαὶ τοὺς ἀστέρας 
5 n ” \ \ D ΤΑΣ, “19 Ἂς Ω s ΤΑΙ 19 
ἔχει 2. ὃ ἄνθρ. τὴν χεφ. χαὶ τὰ ὦτα. ἄχει ὃ μ. x. τὰ ὁώδεχα ζώδια 


‘ \ C1 Je S ΄ y 
θένον, ζυγὸν, σχορπίον, τοξότην, αἰγόχερον, ὑὸροχόον, ἴχθυας 


” e 5, "» A ᾿ Pa 3 € ᾽ - -" 
ἔχει χ. ὃ ἄνθρ. αὐτὰ ἀπὸ no ἤγουν ὡς ἀπὸ τοῦ χριοῦ 


a 
Ὁ 
<a 
Ὁ 


μέχρι τῶν ποδῶν, οἵ τινες νομίζονται οἱ ἴχθυες, χα 


APPENDICE ΠῚ 


8.55 (après le mot ποιησάμενος). Rédaction de L. (Voir p. 103, 1. 18.) 


» ; , τ “ Ne = , 
Ιστε TOLVUY, ὦ φίλοι γρυσοτεέγνιῖαι, OTL ὁει χαλῶς χαιεὺυτ γνέστατὼς 


14 x , LA / EN ΄ : 
χατασχευάζειν τὰς ψάμμους, ὧν (£. 1. oc) χαὶ πρότερον ΠΣ ΟΝ 


On » - ᾽ , £ LA = πο 
οε Vauuot EX τῶν TOY AUO)V TAVTA τὰ ETTX nn εχ τὴς 


, 
s 
2 


vhs γάρ εἰσι, χαὶ λιθώδη, χαὶ χρήσιμα τυγχάνουσι χαὶ περὶ 
NI 


οὕτων ἅπαντες συνεγράψαντο. Ext δὲ χαὶ οἱ ζωμοὶ, οἱ ἐχ Éorav@y, 


\ COURS 3 _ Q7 © \ = NRA ra = N 
pa An γϑλῶν, ZAL οπὼν ὀενόρων, χαι χαζπων, χα! ξύλων SNPOY χαι 
e - 4 . ἣν: / € ΛΝ 
UYPOY εχ πούτων γαρ GUVEO" τὴσ σαντο τὴν πέχνην, ἣν ως ὁενόρο ν 
2 τι , “αιἌἰινδ [NES , Fra 
ποιήσαντες, εἰς μυρίους χλαόδους πανταχόσε ὁιῆχον εἰς | υυρίας τᾶξεις 


Ἢ \ 14e ἘΞ με ἊΣ ἜΣ Ps 5 δ. ὅλ S 
χαι ποᾶζεις χατεσχευάσαντ 9 ταύτ Ἣν. LES οὖν OOE, ὁ Ἢ οὐνὺ μει, 


΄ 2 , ’ x ὩΣ , \ NI € 
ρεύσαντα χρυσόπτα χαὶ πάντα ποίει τὰ τῆς τέχνης. Τὸ δὲ « διμιορ- 
4 CN 5 “- a 
ρεύσαντα » οὐδὲν ἀλλὸ σημαίνει À τὸ ὁμοῦ καὶ χατὰ ταὐτὸν ῥεύσαντα, 
D = / Ν 7 2 Ὁ AND δ, 
δηλονότι, ὁιὰ τοῦ πυρός. Τέλος τοί Ολυμπιοδώρου. 


COPELE TION 


ΟΠ τ τ Ὁ 


TRADUCTION 


NOTE PRÉLIMINAIRE 


Les sigles des manuscrits et les abréviations sont les mêmes que pour le 


texte grec. — Elles ont été indiquées à la page 2 de ce texte. 


PREMIÈRE PARTIE 


INDICATIONS GÉNÉRALES 


I. 1. — DÉDICACE 


Regarde ce volume comme renfermant un bonheur secret, qui que tu 
sois qui es l’ami des Muses. Mais si tu veux en explorer les veines char- 
gées d’or, qui sont habilement cachées; ouvre l'œil vif de l'esprit et élève-le 
vers les natures divines, avec une parfaite perspicacité ; parcours ainsi ce 
très savant écrit, et trouves-y le trésor d’une connaissance supérieure, en 
cherchant et explorant la nature trois fois heureuse, la seule qui domine 
les natures d’une manière divine (1), la seule qui enfante l’or brillant, celle 
qui fait tout; celle que seuls ont découverte, par leur esprit inspiré des Muses, 
les amants de la gnose divine. Celui qui la inventée, je ne dirai pas qui 
il est. Admire l’intelligence, la sagesse de ces hommes divins, créateurs des 
corps et des esprits (2); (Admire, dis-je) comment ils ont atteint la hauteur 
sublime de la gnose, de façon à animer, à tuer et à vivifier, à créer des 
figures et des fermes étranges (3). 

O merveille ! ὃ bien heureuse et souveraine matière ! Celui qui la con- 
naît à fond et qui sait les résultats cachés sous ses énigmes, celui-là, oui, 
c’est l'intelligence digne de tout honneur, c'est l'esprit éminent de Théo- 


dore, qui s'enrichit d’une manière divine, lui le fidèle défenseur des prin- 


(1) C’est la formule favorite du Pseu- | lement les substances volatiles que l’on 
do-Démocrite. peut fixer sur les métaux, ou en sépa- 
(2) Le mot corps, σώματα, s'applique rer (v. /ntroduction, p. 247). 
dans la langue des alchimistes, aux mé- (3) Ces expressions mystiques signi- 
taux régénérés de leurs oxydes et autres fient la productiondes métaux, leur dis- 
minerais. — Le mot esprit, πνεύματα, a parition par oxydation, dissolution, etc., 
un sens plus vague; il signifie spécia- et leur régénération. 


4 INDICATIONS GÉNÉRALES 


ces. Il a rassemblé, il a fait entrer une collection étrange dans ce volume 
de conceptions savantes. 


En le protégeant, Christ, souverain maître, tiens-le en ta garde! 


Sur le Théodore auquel est adressée cette Dédicace. 


L'indication de ce nom, qui se rapporte à un haut fonctionnaire de l’empire 
byzantin, est la seule que nous possédions sur la formation de la collection alchi- 
mique. Elle concerne une époque comprise entre Héraclius et le commencement 
du xre siècle, date du ms. de Venise; époque qui comprend celles des compilations 
de Photius et de Constantin Porphyrogénète (voir Origines de l'Alchimie, p. 98). 
— Le nom de Théodore est d’ailleurs trop répandu pour qu’on puisse espérer iden- 
tifier, sans autre indice, le personnage actuel avec quelque byzantin, connu autre- 
ment dans l’histoire. Dans les ouvrages de Zosime, on trouve aussi, sous le titre de 
« Chapitres à Théodore », un résumé des sommaires de divers traités (Origines de 
l’Alchimie, p.184). Stephanus écrit pareillement à un Théodore (Ideler, t. Il, p. 208), 
lequel pourrait être'notre personnage : il serait alors contemporain d'Héraclius. 


I... — LEXIQUE DE LA CHRYSOPÉE 
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE (1) 
À 


SEMENCE DE Vénus. — C’est l’efflorescence du cuivre (2). 
ALBATRE OU ALABASTRON. — C'est la chaux tirée des coquilles d’œufs, le sel 


des efflorescences (3), le sel ammoniac {4}, le sel commun. 


(1) D’après le manuscrit L : Lexique | 


métallique, par ordre alphabétique, des 
noms de l’art divin et sacré employés 
dans ce volume sur la matière d’or. — 
D’après À E : Lexique métallique de 
l'artsacré, par ordre alphabétique, ren- 
fermantles signes etlesnoms, écrit pour 
la première fois en langue grecque, etc. 
— Ce qui semblerait indiquer qu’il 
aurait été traduit d’une autre langue à 
l'origine (?). 


(2) Vert de gris et corps analogues 
(v. Introd., p. 232). 

(5) Salpêtre, ou sesquicarbonate de 
soude, ou sulfate de soude, ou même 
chlorure de sodium{(v. Nitrum:Introd., 
p. 263), suivant les terrains. 

(4) Ce mot ne désignait pas à l’ori- 
gine le chlorhydrate d’ammoniaque ; 
mais, à ce qu'il semble, une variété 
de natron. Plus tard il a pris son sens 
actuel (voir {ntrod., Ὁ. 237). 


LEXIQUE 5 


CHaux D'Hermès. — C’est la chaux tirée des œufs (1),-sublimée par le 


vinaigre, et exposée au soleil (?); elle est meilleure que l’or (3). 


SEL EFFLORESCENT (3). — C'est la mer, la saumure, la mousse du sel. 


ECcumE D’uNE ESPÈCE QUELCONQUE. — C'est le liquide mercuriel. 


LIQUIDE ARGENTIN. — C'est la vapeur sublimée du soufre et du mercure (4). 


AsÈm. — C'est l’ios provenant de la vapeur sublimée (5). 


Fceur p’Acaïe. — C’est la laccha (6). 


FLEeur pu cuivre. — C’est la couperose, la chalcite (7), la pyrite, le soufre 
P 7), la P ; 


blanc après traitement. 


Sec. — C'est la coquille de l'œuf; le soufre est le blanc de l'œuf; la coupe- 


rose en est le jaune (8). 


ANDRoDaMas. — C’est la pyrite et l’arsenic (0). 


CE QUE L’ON ΜΕΤ A PART. — C’est le son du blé. 


Vapeur SUBLIMÉE. — C'est l’eau du soufre et du molybdochalque (10). 


APHROSÉLINON (Ecume d'argent). — C’est la comaris, la coupholithe (11). 


AMPHORE a viN. —- C’est un vase de terre cuite. 


Bave. — C'est le mercure tiré de l’argent et la pierre scythérite. 


EsacuLaTiON pu SERPENT. — C'est le mercure (12). 


InpEsTRUCTIBLE. — Ce qui ne peut être volatilisé. 


(1) Il s’agit icides œufs philosophiques 
et d’une préparation mercurielle. — 
D'après BAL: « c’estla vapeur des œufs 
dissoute par le vinaigre, etc. » 

(2) Les mots « que l'or » sont omis 
dans plusieurs ms. — Au lieu de : «ex- 
posée au soleil » il faut peut-être lire : 
« devenue couleur d’or »; le même si- 
gne représentant l’or et le soleil. 

(3) Voir la note (3) de la page pré- 
cédente. 

(4) M donne le signe du mercure, 
puis vient cette phrase : 

(5) Asèm, Electrum, alliage d’or et 
d'argent (voir Origines de l’Alchimie, 
p. 215;et/ntrod., p.62). Divers alliages 
et amalgames étaient désignés par le 
même nom : ce qui explique le rôle 
attribué ici au mercure (x«ibxAn)-I0s que 


l’on traduit d'ordinaire par rouille, signi- 
fie plutôt ici la matière que l’on prépare 
au moyen de la vapeur sublimée. 

(6) Orcanette. 

(7) Minerai de cuivre (Zntrod., Ὁ. 243). 

(8) Voir Texte grec, ou Traduction, 
I, πὶ et 1v. 

(o) Pyrite arsenicale et sulfures d’ar- 
senic. 

(το) BAL. « C’est l’eau de l’étain et du 
plomb et du cuivre »; le mercure des 
philosophes (Orig. de l’Alchimie, p.272 
et 270). Le mercure se retire aussi par 
sublimation de ses amalgames avec les 
métaux. 

(11) Syn. de talc, ou desélénite. 

(12) BAL ajoutent : « Extrait du 
cinabre. » 


6 INDICATIONS GÉNÉRALES 


Pierre D’ArGce. — C’est la chrysolithe, le porphyre, la pierre pourprée de 
Macédoine et la pierre polychrome. 

IxcomeusTiBiLiTÉ. — C’est le blanchiment. 

Cuivre coUvERT D'OMBRE (ou oBscurci). — C’est la fleur du cuivre. 


CHANGEMENT DE NATURE. — C’est la teinture (1). 


SaumurEe. — C'est la chrysocolle. 

ARGYROLITHE (Pierre d'argent). — C'est la sélénite. 

Tour mercure. — Se dit du mercure composé avec les trois soufres 
apyres. 

Narir (produit). — Se dit de ce qui est pur et non souillé, C’est, à pro- 


prement parler, ce qui est intact, non obscurci et brillant comme la 


fleur de l’or. 


B 
Rexoxcuze. — C’est la chrysocolle et la chrysoprase (aigue-marine). 
Boz (ou masse pilulaire). — C'est le soufre cru. 
BosrryemiTe. — C’est la pyrite, la pierre étésienne, la chrysolithe. 


Pierre ΡῈ roucxEe. — C’est la pierre du mortier. 


TenTure (ou trempe). — C’est le changement de nature. 
Toutes PLANTES JAUNES. — Ce sont les chrysolithes. 
OrGe. — C'est le germe (2) de la bière. 

ni 


Larr DE LA vacHe Noire. — C'est le mercure extrait du soufre (3). 

Terre (dite) asrérire. — C'est la pyrite, la terre de Chio, la litharge, le 
soufre blanc, l’alun, la cadmie blanche, le mastic (4). 

Terre ν᾿ Ἔσυρτε. — C'est la terre à poterie. 


TERRE DE Samos. — C’est l’arsenic et le soufre blanc. 


LarT DE Tour ANIMAL. — C'est le soufre. 
Gypse. — C'est le mercure solidifié. 
(1) Dans L, les articles précédents (3) C'est-à-dire du sulfure noir de 


sont confondus, par suite de quelque mercure. 
erreur de copiste. | (4) Résine naturelle. 
(2) Orge germée. 


LEXIQUE 7 


Δ 


ἘἈΟΞΈΕ. — C'est le mercure extrait de l’arsenic (1). 

Lirière. — C'est l’eau du mercure. 

Brice pu sERPENT, — C'est le mercure extrait de l'étain (ou du cinabre ; addi- 
tion de BAL). 

E 

Heccysma. — C’est le plomb brûlé (2). 

Excépxare. — C’est la chaux des coquilles des œufs. 

Décocriox. — C’est la dispersion, le délaiement, le grillage. 

ADJONCTION. — C'est l’agglomération attractive. 

Huire. — Répond aux fleurs (3) des teintures. 

PuLvÉRISATION COMPLÈTE. — C’est le blanchiment, la mutation, la réduction 
en mercure (des espèces BAL). 

RaFFINAGE. — C'est l’extraction au moyen des liquides, c’est-à-dire la 
transmutation. 


PIERRE ÉTÉSIENNE. — C'est la chrysolithe. 


Z 


PETIT LEVAIN. -— C’est le soufre. 
Levarx. — C'est la combinaison des corps métalliques avec la vapeur 
sublimée de l’échoménion (4) et avec la fleur du carthame (5). 
LiQUEUR TINCTORIALE. — C’est la couperose traitée suivant les règles {de 
l'Art., AL.) 
H 


Dewi-corrs. — Ce sont les vapeurs sublimées (6). 


(1) C'est-à-dire l’arsenic sublimé, | serait donc une variété de litharge. 
regardé comme un second mercure, à | (3) Couleur, flos. 
cause de sa volatilité et de son action (4) Basilic? — Voir plus loin. 
sur le cuivre (Zntrod., p. 99 et 230). (5) Cet article est tiré de L. σώματα 
(2) Puixe, ἢ. Ν., 1. XXXIII, 35. | signifie les métaux réduits de leurs mi- 
Scoriam in argento Græci vocant hel- | nerais. 
cysma. — Dioscoripe, Mat. méd., 1. (6) Cette expression rappelle les demi- 
V, 1or, dit aussi: « La scorie d'argent métaux des auteurs du xvine siècle. 


s'appelle helcysma ou encauma. ». Ce :; 


8 INDICATIONS GÉNÉRALES 


ÉcHoménion (1). — C’est la fleur de carthame. 


Écecrrum. — C'est la poudre (de projection) parfaite. 


CueveLure pu Soceiz. — C'est le soufre extrait de l’or. 


Disque s@Laire. — C’est le mercure extrait de l'or. 


SourrE BLANC. — C’est la vapeur sublimée du mercure, fixée avec la compo- 


sition blanche. 


Sourre BLanc. — C’est la pierre chrysétésienne, l’hématite. 


SourRE NON BRULÉ. — C'est la vapeur sublimée et le mercure. 


SourRE LIQUIDE (ou fusible). — Ce sont les deux antimoines et la litharge. 
Eau pe sourre (2). — Ce sont les blancs d'œufs coagulés (?) et le marbre 
travaillé. 


RamEaAux Des PALMIERS. — C'est le soufre blanc. 


SOUFRE NON CaLCINÉ. — L'eau mêlée et blanchie, extraite de l’arsenic et 


de la sandaraque (3). 


SOUFRE NATIF. — C'est le safran tiré des liqueurs. 


Eau ΡῈ sourre. — Celle qu’on tire du plomb (4). 


Eau ΡῈ sourre. — C’est celle que l’on extrait par dissolution de la chaux 


et de l’albâtre. 


SOUFRE EN SUSPENSION (5). — C’est une eau. 


(1) Ce mot ne se trouve nulle part 
ailleurs que chez les alchimistes. — 
Serait-ce pour Ὠχυμένιον : Basilic ? Le 
Basilic, plante etanimal, joue un grand 
rôle dans les sciences occultes du moyen 
âge. Il était assimilé au Serpent qui se 
mord la queue, à la Salamandre, au 
Phénix, etc. (Bibl. Chem. de Manget, 
11, p. τοῦ et 706). 

(2) Eau de soufre ou eau divine par- 
tout : le mot grec étant le même. Les 
mêmes signes désignent quelquefois 
l’eau de plomb. — Les articles relatifs 
au soufre offrent de nombreuses va- 
riantes et interversions dans les ma- 
nuscrits. — On voit par les textes du 


Lexique que le sens des mots soufre, 
eau de soufre, etc., était singulièrement 
flottant. 

(3) Au-dessus du mot arsenic, on lit 
son signe ouvert à droite dans M; au- 
dessus du mot sandaraque le signe de 
l'arsenic est retourné et ouvert vers la 
gauche (ce qui rappelle le signe du mer- 
cure opposé à celui de l'argent). Cet 
article est confondu dans M avec la fin 
de la ligne 7 (texte grec). 

(4) Rappelons que le même signe 
exprimait le plomb et le soufre. 

(5) Cela se rapporte-t-il à l'extrait de 
Saturne, précipité formé dans l’eau ordi- 
naire par les sels de plomb basiques ? 


D PT 


LEXIQUE 9 


Corps suLFUREUXx. — Ce sont les minerais métalliques. 

Eau ΡῈ sourRE. — C’est la décoction du plomb (1). 

Eau ΡῈ sOurRE (pour le jaunissement, tirée de la sandaraque) (2). — C’est le 
vin aminéen, extrait de la chélidoine. 

SOUFRE LAMELLEUX. — C’est l’arsenic (orpiment). 

DEux sOUFRES : ce ne sont pas des compositions; ils accomplissent l'œuvre 
divine. 

Le MARBRE THÉBAÏQUE. — C'est la chaux des œufs; il est (appelé) aussi tita- 
nos; alun lamelleux — celui de Mélos est le soufre apyre. 

L'Eau ΡῈ sourrE. — C’est notre vinaigre. 


Sourre BLanc. — C’est le plomb après traitement. 


Sourre. — C’est le cuivre après traitement. 
I 
los racLÉ (3). — C’est la vapeur sublimée et la chrysocolle {soudure 
d’or). 


los. — C’est le jaunissement ; l’eau de soufre natif ; le comaris de Scythie ; 
le pastel de l'Inde; la renoncule ; la chrysoprase ; la chrysocolle. 
PIERRE sacRÉE. — C’est la chrysolithe. 


PIERRE sacRÉE. — C’est le mystère caché (A E). 


K 
(SuBsTancE) BRULÉE DE Copros. — C’est la lie, l'écume de l’argent. 
FIENTE ΡῈ L’OR ET MINERAI D'OR, CHRYsamMMOs. — C’est la chrysolithe (pierre 
d’or). 
Eran. — C’est le cinabre. 


Eav ΡῈ Caraïs (4). — C’est l’eau de chaux. 


(1) Même sens que plus haut. 

(2) D’après B A.— Il s’agit de l’acide 
arsénieux impur, obtenu par le grillage 
du réalgar. 

(3) Ios a un sens complexe : c’est la 
rouille des métaux; c’est la pointe de 
la flèche ; c’est le venin, c’est-à-dire le 
principe actif, l'extrait doué de pro- 


priétés spécifiques, et, par extension, le 
principe de la coloration et la propriété 
spécifique elle-même, etc. (Zntrod., 
p. 254). 

(4) Ce mot se trouve appliqué au 
cuivre dans la Diplosis de Moïse : il 
semble que ce soit un nom de lieu. 


τῷ 


10 INDICATIONS GÉNÉRALES 


Cinazre. — C’est la vapeur sublimée, obtenue par cuisson dans les mar- 


mites (1). 


Cxourxion (2). — C’est le chapiteau (de l’alambic). 


Fume pEs ΘΟΒΑΤΗΙΑ. — Ce sont les vapeurs de l’arsenic (sulfuré) (3). 


Cozze ATrIQUuE. — C’est la larme de l’amande (4). 


Gomme. — C'est le jaune (d'œuf). 


Czaupraxos. — C’est la chaux des œufs, le peuplier noir et le cassia (5). 


Cowaris ΡῈ ΘΟΥΤΗΙΞ. — C’est le soufre et l’arsenic, avec tous ses noms. 
? 


Capmre. — C’est la magnésie. 


Huize DE riciN. — C'est celle que l’on extrait des figuiers sauvages ; car 
4 8 ; 


beaucoup la préparent ainsi. 


CIRE sOLIDE. — Signifie les corps (métalliques) solides (6). 


SUBSTANCE BRULÉE. — C est la substance blanchie (7). 


Roseau. -— C’est le soufre. 


Comaris. — C’est l’arsenic. 


SANG DE MOUCHERON (δ). — C’est l’eau d’alabastron après traitement. 


Cuivre D'OsEILLE (9). — C’est le vinaigre. 
Pierre DE Dionysios. — C'est la chaux. 
PIERRE BLANCHE (leucolithe). — C'est la pyrite. 


PIERRE QUI N'EST PAS UNE PIERRE. — C’est la chaux et la vapeur sublimée, 


délayée avec du vinaigre. 


PIERRE PHRYGIENNE (10). — C’est l’alun. 


(1) C'est-à-dire le mercure sublimé 
(v. Dioscoripe, 1.V,1 10), ou son sulfure. 

(2) Tiré du nom du dieu Cnouphi 
(voir Origines de l’Alchimie, p. 31). 

(5) Rucaxous (Lex. Alch., p. 158) tra- 
duit ce mot par Kobolt; c’est toujours 
un composé arsenical (v./ntrod., p.245). 

(4) Le lait fait avec la pâte d'amandes. 

(5) Voir ntrod., p. 244. 

(6) C'est-à-dire les métaux fusibles ou 
les amalgames, sesolidifiant à la façon 
de la cire. 


(7) Par exemple, le zinc, le plomb, 
l’antimoine, etc., changés en oxydes 
blancs par le grillage. 

(8) Voir la nomenclature prophétique, 
dans l’Introduction, p. 10 à 12. 

(9) C'est-à-dire le verdet, acétate de 
cuivre basique etanalogues (v. {ntrod., 
ὍΣ 292): 

(10)V. Dioscorine, Mat.med.,l.V,140. 
ΞΘ ῬΕΙ͂ΝΕ; LAN PU XX 90: ΞΟ ΤΕ 
d’alunite, employée par les teinturiers 
(v. Introd., p. 48). 


SR ΝΕ Se ES de dt 


RS à «. 
οὐ 


LEXIQUE ΓΙ 


ἘΘΑΙΠΓΕΒ. DES coBATHIA. — Ce sont les (matières) sulfureuses, et surtout 


l’arsenic. 


ORcANETTE. — C’est la fleur d’Achaïe (1). 


LiTHARGE BLANCHE. — C’est la céruse. 


Cuivre BLANC. — C'est l’eau de soufre apyre. 


TEINTURE BLANCHE. — C'est ce qui teint profondément et qui ne suinte pas. 


PIERRE PHRYGIENNE. — C'est l’alun et le soufre (2). 


BLanc BRILLANT. — C’est ce qui pénètre profondément. 


Pros. — C’est le semblable de la céruse. 


Macxésie. — C’est le plomb blanc et la pyrite (3). 


MAGxésie. — C’est le vinaigre non adouci, et l'extraction. 


Macxésie. — C’est l’antimoine femelle (4) de Chalcédoine. 


Emozuiens (ou amalgames). — C’est toute matière jaune et amenée à per- 


5 
fection (5). 


ΝΑΤΟΒΕ uNE. — C'est le soufre et le mercure, après traitement différent. 


Noir INDIEN. — Est fait d’isatis et de chrysolithe. 
y 


Minium DE MONTAGNE. — C’est le misy jaune, avec celui qui coule tout 
seul (6). 

MieL ATTIQUE ET PLoms. — C'est l’eau divine (7). 

Norre PLrous. — C'est celui qui se prépare avec les deux antimoines (8) et 


avec la litharge. 


(1) Je corrige ici le texte en admet- 
tant λαχγὰ ᾿Αχαίας. — {Orig. de l'Alchi- 
mie, p. 350, 361). 

(2) Répétition de l’un des articles pré- 
cédents. Ceci montre que le lexique de 
M résulte de la réunion de plusieurs 
listes plus anciennes. 

(3) V. plus haut : Cadmie,au K.—On 
voit, que le mot magnésie a plusieurs 
sens. Il s'applique aussi à l’oxyde de 
fer magnétique, à la pyrite etau sulfure 
d’antimoine (v. Introd., p. 255). 

(4) BA L : de Macédoine (v. Diosco- 
RIDE, Mat. méd., 1. V, 09.) — PLine, 


(4. N., XXXIII), distingue l’antimoine 
femelle, qui est lamelleux et brillant; 
c’est notre sulfure d’antimoine natif. 

(5) L : «c’est tout mélange accompli. » 

(6) Ici il s’agit d’un oxyde de fer ana- 
logue à la sanguine, dérivé du misy qui 
coule tout seul; c’est-à-dire de la pyrite 
en décomposition (v. Introd., p. 242). 

(7) Ceci semble faire allusion à la 
saveur sucrée des sels de plomb. 

(8) Mâle et femelle : variétés de no- 
tre sulfure. En outre, on voit que le 
régule d’antimoine était confondu avec 
le plomb (v. Introd., p. 224 et 238). 


12 INDICATIONS GÉNÉRALES 


MozyspocHALQuE. — C'est la soudure d'or. 

MYSTÈRE DE TOUTE PIERRE MÉTALLIQUE. — C’est la pyrite. 
GRANDE PLANTE. — C'est l’orge. 

Nuace Noir. — C’est la vapeur sublimée et la pierre d’or. 


N 
Nuace. — C'est la vapeur sublimée du soufre. 
RACLURE DE LA PIERRE DE Naxos. — C'est la matière à aiguiser des bar- 
biers (1). 
Νάτκον. — C'est le soufre blanc qui rend le cuivre sans ombre (2). La 


(même substance) se nomme aphronitron (3) et terre résineuse (ou fluidi- 
fiante). 
Nue. — C'est l'obscurité des eaux, la vapeur sublimée, l'humidité vapo- 


risée, le précipité qui reste en suspension (?). 
E 


VAPEUR JAUNE SUBLIMÉE DU CINABRE. — C'est la vapeur sublimée des sub- 
stances sulfureuses et l'argent liquide. 
PRÉPARATION JAUNE. — C'est le minerai de fer, traité par l’urine (et) le 


soufre [c’est aussi la cadmie, ΒΑ L]. 


0 


CoQuUILLAGE ET OS ΡῈ SEICHE. — C’est la chaux des œufs. 


Suc DE caLpasos. — C’est la sève de cette plante. 


AXONGE DE PORC. — C’est le soufre non brûlé. 


VINAIGRE (4) commun. — C'est celui qu’on obtient par la litharge et par la lie. 


(1) Dioscorine, Mat. méd., 1. V, 167. 

(2) Parfaitement brillant. Il s’agit 
d’un fondant employé dans la réduc- 
tion du cuivre oxydé ou sulfuré. 

(3) Il semble qu’il s'agisse ici de notre 
salpêtre. 

(4) Cette définition semble signifier 
l'acétate de plomb. Mais le mot vin- 
aigre avait chez les alchimistes un sens 
beaucoup plus compréhensif. Il dési- 


gnait tous les liquides à saveur piquante, 
tels que : 

1° Lesliquides acides,assimilés à notre 
vinaigre; 

20 Certaines liqueurs alcalines, à sa- 
veur piquante, comme le montre l’assi- 
milation de ce motavec l’urine altérée; 

3° Diverses solutions métalliques, 
acides ou astringentes, à base de plomb, 
de cuivre, de zinc, de fer, etc. 


μὸν ἐν... οἱ 


LEXIQUE 13 
Suc DE Tous ARBRES ET DE TOUTES PLANTES. — C’est l’eau divine (1) et le 
mercure (2). 
CE QUE τῦ sais. — C’est l’alun. 
Cuissox. — C'est la décoction et le jaunissement. 


Osrris. — C’est le plomb et le soufre. 


VAsE CYLINDRIQUE. — C’est (le mortier L et) le pilon. 


II 


Pompxozyx (3). — C'est la fumée de l’asèm. 


ΕἸΧΕΖ. — Au lieu de «renforcez » (4). 


CE qui S'ÉvaPpoRE au FEU. — C'est la vapeur sublimée du soufre. 


Pyrire. — C'est le sory et la magnésie {et la pierre blanche, A). 


Me compceT. — C’est l’eau de soufre (5). 


TenNTURE (Pinos). — C’est ce qui teint à l’extérieur (6). 


Fixations. — Ce sont les opérations chimiques utiles. 


PoryxcHrome. — C’est la couleur de pourpre. 


Porpxyre. — C’est la pierre étésienne et l’androdamas. 


DissozvanT UNIVERSEL. — C'est la vapeur sublimée qui émane de toutes 


choses, c’est-à-dire l’eau native. 


FEUILLES QUI ENTOURENT LA COURONNE. — Ce sont la pyrite et la ma- 
gnésie. 

« AYANT AIGRI PRÉALABLEMENT ». — C’est : « ayant baigné dans le vinaigre ». 

« AYANT AIGRI FORTEMENT ». — C’est : «ayant passé au feu ». 

« AYANT ÉTÉ TORRÉFIÉE AU SOLEIL ». — Cela se fait en 6 jours. 

Limox ΡῈ Vurcain. — C'est l'orge (7). 


(1) On voit que le nom d'Eau divine 
désignait, non seulement les solutions 
de sulfures alcalins (/ntrod., p. Go), 
mais aussi tout suc végétal actif. 

(2) Le mot mercure désigne ici toute 
liqueur renfermant un principe actif 
essentiel. 

(3) Oxyde de zinc sublimé, et mêlé 
d’oxydes de cuivre, de plomb, d’anti- 
moine, d’arsenic, etc. (/ntrod., p. 240). 


(4) Fixer un métal, c'était lui ôter 
sa volatilité, sa fluidité, etc. (Introd., 
p. 252). 

(5) V. plus haut le miel attique. 
Allusion au goût sucré des sels de 
plomb ? 

(6) Πίνος opposé à Βαφή. 

(7) Souvenir de la nomenclature pro- 
phétique (Introd., p. 10). 


14 INDICATIONS GÉNÉRALES 


P 


PurtrraxT. — Cest le natron jaune (1) et l’aphronitron. 
Repnecca (2). — C'est le cyclamen. 


Limarzce D'or. — C’est la soudure d’or. 


Σ 
NéNuPHARS DESSÉCHÉS. — Ce sont ceux qu'on tire des cours d'eau 
d'Egypte. 
Lie. — C'est la sélénite et l’alun lamelleux. 
ΘΑΝΡῪΧ (3). — C'est l'or. 
Ατῦν. — C'est le soufre blanc et le cuivre sans ombre. 
Sanparaque. — C’est le mercure extrait du cinabre. 
Les (QuaTre) Corps MÉTALLIQUES. — Ce sont le cuivre, le plomb, l’étain 


et le fer. On en extrait le stibium en coquille. 

Corps INTERVENANT DANS LA COMBINAISON. — On les appelle caméléon : ce 
qui signifie les quatre métaux imparfaits. 

ΘΤΙΒΙΌΜ. — C’est le coquillage ou la coquille (4). 

Murarion ET RÉGÉNÉRATION. — C’est la calcination et le blanchiment. 

ÉPONGE Marie. — C'est la cadmie, la chrysolithe, la pierre sacrée, le 
mystère caché, la cendre de la paille, l'émeraude, l’'émeril. 


Fer. — C’est le tégument de l’œuf. 


Trraxos.— C’est la chaux de l’œuf. 

No PROPRE DE LA COMPOSITION LIQUIDE. — C’est l’eau divine, tirée de la 
saumure, du vinaigre et des autres matières. 

Non PROPRE DE LA COMPOSITION SOLIDE. — Ce sontles quatre corps, appelés : 


le claudianos, le plomb, la pyrite, le mercure. 


(1) Nitrum flavum de Puis, H.N., |  Pune, AH. Ν., 1. XXXV, 23. — Diosc. 
1. XXXI, 46. Il en est aussi question 1.7 V, 103, vers la fin. — Minium pré- 
dans le Papyrus de Leide (Zntrod., paré en calcinant la céruse. — Rappe- 
p. 39). lons que l’écarlate figurait au moyen 

(2) Mot inconnu. âge, et figure encore l’or dans le blason. 

(3) Couleur rouge (v.Zntrod., p.260). (4) Voir Introd., p. 67. 


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LEXIQUE 15 


MERCURE, fixé au moyen des vapeurs sublimées : blanchit le cuivre et 


fait l'or. 


Eau scyraiQue. — C'est le mercure (1). 


Eau DIVINE NATIVE. — C’est le mercure fixé avec les sels. 


Eau ΡῈ CarRTHAME. — C'est l’eau native du soufre. 


Eau LuNaIRE. — Eau de cuivre [eau de sel, L], eau ignée, eau de verre, 


eau d'argent, eau de sandaraque, eau d’arsenic, eau de fleuve ; c’est le 


nuage. A]. 


Eau FLiuviace, Eau ne PLoms. — C'est le soufre et le mercure (2). 


Hyssore. — C'est le lavage des laines en suint. 


EAU DE MERCURE TINCTORIALE (3). — C’est le mercure extrait du cinabre. 


Eau De VÉNUS, DE Lune, D'ARGENT, ΡῈ MERCURE, ET EAU FLUvVIALE. — C'est 


l’eau divine etle mercure (4). 


Eau ΡῈ SOUFRE NATIF. — C’est la composition blanche qui disparaît. 


Eau simpce. — C’est celle que l’on fabrique avec les trois composés sul- 


furés, au moyen de la chaux. 


Eau (ExTRAITE) DE L'AsÈM (5). — Elle est dite écume, rosée, aphroselinon 


liquide. 


EAU DIVINE TIRÉE DU MERCURE. — Elle est appelée (6), d’après Pétasius, bile. 


de serpent. 


EAU DIVINE FIXÉE PAR LES TRANSMUTATIONS. — C'est le mercure {que l’on 


extrait) du cinabre, c’est-à-dire la tétrasomie (7). 


(τ) Variante : la sandaraque BAL. — 
Il s’agit de l’arsenic métallique sublimé, 
regardé comme un second mercure. 
Introd. p. 280. 

(2) Il y a diverses variantes et inter- 
versions dans les articles précédents, 
suivant les manuscrits. 

(3) De la teinture blanche, L. 

(4) Répétition de l’un des articles 
précédents. Variantes diverses. 

(5) De l'argent, L,, au lieu de l’asèm; 
ce qui indique que le texte de L est 
plus moderne. 


(6) Le nuageestdit:eau élevée pardis- 
tillation, bile de serpent. B. Le mot bile 
de serpent répond à la nomenclature 
prophétique (/ntrod., Ὁ. 10 à 12). Péta- 
sius ou Petesis, seul auteur cité dans le 
Lexique, est un nom égyptien, cité 
aussi par Dioscorine; il désigne un 
vieux maître alchimique (Origines de 
l’Alchimie, pages 128, 158, 168, etc. 
— Introd., Ὁ. 11 et 68). 

(7) Réunion des quatre métaux im- 
parfaits. 


16 INDICATIONS GÉNÉRALES 


Φ 
Lie. — C’est le dépôt du vin, la chaux avantageuse pour les pourpres (1). 
ALGUE (2). — C'est la teinture extérieure et brillante, 
PréparaTion. — C’est la vapeur sublimée, composée au moyen du trai- 
tement. 


« Fais GRILLER ». τς C'est-à-dire « Fais cuire ou jaunis ». 
(TeinTure) qui (NE) passe (pas). — C'est la véritable (?). 


SCORIE DES LENTILLES. — C’est la couperose. 
X 


ScoRiE pu cuivre. — C’est la couperose. 

Or. — C'est la pyrite, la cadmie et le soufre (3). Σ 

CuazkyprioN. — C’est l'or fabriqué et rouillé par les manipulations de fixa- 
tion, faites au moyen du soufre. 

Cunysiris (4). — C’est la composition tirée des vapeurs sublimées. 

Cuivre MÉépicaz.— C’est le métal blanchi, le soufre et la céruse. 

Sueurs pu cuivre. — C’est le jus de camomille. 

CuarysocoLLe ET EAU DE cuivre. — C'est le molybdochalque (5). 

Lioueur D'or, CHÉLipoixe, Coquizce D'or, Îos sans oMBRE. — C'est le 
soufre blanc [ou bien le mercure fixé avec la composition blanche. 
A L]. 

Courerose. — C'est le jaune de l'œuf. 

PIERRE CHRYSÉTÉSIENNE. — C'est l’hématite. 

CHALCOPYRITE FULGURANTE (6). — C’est l’eau de soufre (7); c’est le soufre 


tiré du mercure (L). 


(1) Il s’agit de la crème de tartre, 
employée pour fixer les matières colo- 
rantes sur les étoffes. 

(2) Orseille. 

(3) Voir {ntrod., p. 206, etles deux au- 
tres définitions de l’or données plus loin. 

(4) Litharge couleur d’or, dans PLINE 
et dans Dioscorine, Mat. méd.,1.V,102. 
Peut-être s'agit-il dans le Lexique de 
l'oxyde de mercure. 


(5) Variantes de L. « Le corail d’oret 
l'eau de chrysochalque, c’est le plomb 
et le cuivre. » Cette variante semble ré- 
sulter d’une interprétation différente 
des mêmes signes. 

(6) A cause de sa couleur : Pyrite cui- 
vreuse. 

(7) C’est le soufre, l’eau de mercure, 
BA. 


LEXIQUE 17 


OR (τὴ. — Ce sont tous les fragments et les lamelles jaunis (2) et amenés 
à perfection (3). 

Lnaizce D'or, SoupurE D'or, FLEUR D'or, LiQuEuRr D'or. — C’est la chrysitis, 
la coquille d’or. l’ios, le soufre et le mercure. 

Cuivre. — C'est la coquille des œufs. 

Or curr. — Ce sont les vapeurs sublimées jaunes. 

CHALKYDRION, ARGENT LIQUIDE, BILE DE TOUT ANIMAL. — C'est l’ios parfait, 
le soufre, le cuivre, l’électrum, lorsque leur éclat devient accompli 
et tourne au jaune et qu'ils se fixent ; c’est le mercure (extrait) du 
cinabre. 

CHÉLIDOINE. — C’est l’élydrion. 

ΟΝ a4PPELLE On : Le blanc, le sec, le jaune et les (matières) dorées, à l’aide 
desquelles on fabrique les teintures stables (1). 

CarysocoLce. — C’est le molybdochalque (4), c’est-à-dire la composition 
complète. 

SPHÈRE D'OR. — C’est le safran de Cilicie [ou bien l’arsenic et la sandara- 
que, B A 1: 

CHrysoPHITE. — C'est la vapeur sublimée, après traitement avec le cuivre, 
pulvérisation et réduction en ios. 

Cuivre ΡῈ Cuvpre. — C’est le cuivre calciné et lavé; c’est le terme du blan- 


chiment et le début du jaunissement. 


Ψ 
Morceaux. — C’est ce qui est transformé quant ἃ l’espèce. 
Perir Morceau. — Ce sont les cendres délayées dans l’eau, celles qui 


tapissent le fond du fourneau, à l'épaisseur d’un doigt. 
SABLE (ou minerai). — C’est la chrysocolle. 
CÉRUSE. — Est produite par le plomb. 


’ 


(1) Cette définition estcaractéristique minerais, μεταλλά, au lieu des feuilles 
et conforme aux procédés de teinture πέταλα. 
en or du Papyrus de Leide. (/ntrod., (3) Et atténués, AL. 
ΒΞ 20.) (4) Répétition. 


(2) D’après BAL. Dans M ce sont les 


18 INDICATIONS GÉNÉRALES 


Q 


Ocres, obtenues par un mélange de vin et d'huile, sont dites blâmables (ou 
falsifiées) ? 

Mercure cru. — C’est le mercure produit par le plomb [par le molybdo- 
chalque, L.]. 

Oïris (pierre d'œuf?). — Est nommée aussi Terenouthin et Chrysocolle. 

OcrE ATTIQUE. — C'est le jaune de l’œuf. 

OcrE ATTIQuE. — C'est l’arsenic. 


OricHAzque ΡῈ Nicée. — C’est celui qu’on obtient par la cadmie. 


Le Lexique alchimique, tel que nous venons de le reproduire, esttiré du manu- 
scrit de Saint-Marc (fin du x° ou commencement du xt siècle) : il n’a guère été 
modifié dans les manuscrits postérieurs. Il est formé de portions diverses, ajoutées 
successivement, comme le prouvent par exemple les articles relatifs au soufre, à 
l'eau de soufre, à la magnésie, etc. Certains articles remontent jusqu’à la vieille 
tradition gréco-égyptienne, ainsi que le montrent les rapprochements (cités en note) 
aveclanomenclature prophétique de Dioscoride et du Papyrus de Leide. Les catalogues 
du blanc et du jaune, attribués à Démocrite (Origines de l’Alchimie, p. 155-156), 
lesquels formaient la base de la Chrysopée et de l’Argyropée, ainsi que les nomen- 
clatures de l’œuf philosophique, paraissent représenter les premières formes de ce 
Lexique. Au moyen âge, il a pris une extension considérable et s’est enrichi d’une 
multitude de mots arabes, en même temps que les mots grecs disparaissaient en 
partie. On peut en voir une forme nouvelle dans le manuscrit 2419 de Paris, 
transcrit vers 1460 (v. Zntrod., Ὁ. 205). Plusieurs de ces Lexiques ont été rassemblés 
par Johnson dans la Bibliotheca Chemica de Manget (Genève, 1702), t. I, p. 217 
à 291. Mais l'ouvrage de ce genre le plus utile à connaître et le mieux rédigé, est 
le Lexicon Alchemiæ, auctore Rulando (Francfort, 1612). Je l'ai cité fréquemment 


dans mon /ntroduction. 


Lou. — SUR L'OŒUF PHILOSOPHIQUE 


Voici ce que les anciens disent sur l'œuf (τ): 


1. Les uns (l’appellent) la pierre de cuivre, [les autres, la pierre d’Armé- 


(1) Cp. Origines de l’Alchimie, p. 24. 


SUR L'ŒUF PHILOSOPHIQUE 19 


nie, Al;d’autres, la pierre encéphale; d’autres, la pierre étésienne ; d’autres, 
la pierre qui n’est pas unepierre{r); d’autres, lapierre égyptienne ; d’autres, 
l’image du monde (2). 

2. La coquille de l’œuf, c'est la partie (3) crue, le cuivre, l’alliage de fer et 
de cuivre, l’alliage de plomb et de cuivre et (plus généralement) les corps (4) 
métalliques solides. 

3. La coquille calcinée signifie : la chaux vive, l’arsenic, la sandaraque, 
la terre de Chio, la terre astérite (5), la sélénite (6), l'argent cuit, l’antimoine 
de Coptos, la terre de Samos, la terre convenable, la terre Cimolienne, la 
terre brillante, le bleu (7) et l’alun (8). 

4. Les parties liquides de l’œuf sont dites : les parties séparées, l'ios et l’ios 
du cuivre, l’eau verte de cuivre, l’eau du soufre natif, la liqueur de cuivre, 
la préparation de cuivre à apparence de miel, la vapeur sublimée, les corps 
réauits en esprits (0), lasemence universelle. (Ces parties liquides) reçoivent 
encore beaucoup d’autres dénominations. 

5. Le blanc de l’œuf s'appelle la gomme, le suc du figuier, le suc du 
mûrier et celui du tithymale. 


6. Le jaune de l’œuf s'appelle le misy, le cuivre, la couperose de cuivre, 


(1) Cette expression mystique a été 
souvent reproduite au moyen âge. Je 
citerai Roger Bacon : De Secretis ope- 
ribus artis et naturæ (Bibl. Chem. de 
Manget, t I, p. 622). Il attribue à Aris- 
τοῖς (27 libro Secretorum) les paroles 
suivantes : « O Alexandre, .je veux te 
raconter le plus grand des secrets... 
Prends cette pierre qui n’est pas une 
pierre, présente en tout temps, en tout 
lieu... On l'appelle l'œuf philosophi- 
que. » De même dans le traité qui porte 
le nom d’Avicenne (Bibl. Chem., τ. I, 
p.635): est lapis et non lapis. Dans la 
Turba philosophorum (mème recueil, 
τ, I, p. 440) : Hic igitur lapis non est 
lapis, etc. (v. aussi Bibl. Chem. I, 035). 

(2) En marge de M. « Ceci doitêtre 
entendu dans un sens mystique et non 
un sens physique.» 


(3) Ou peut-être l’ensemble (μὸν au 
lieu de ὠμὸν), par oppositionaux parties 
séparées. 

(4) Métaux et alliages métalliques. 

(5) Pune (A. Ν., 1. XXXWVII, 47) 
donne ce nom à une pierre précieuse 
blanche, à reflet intérieur. Mais il s’a- 
git plutôt de l’une des deux espèces 
de terre de Samos, désignée sous le 
nom d’aster, dans Dioscorine, Mat. 
Meéd., 1. V, 171. 

(6) C'est-à-dire notre argent, AL. 

(7) Sel de cuivre. 

18) A ajoute après le bleu : le vermil- 
lon de Coptos, la terre de Pont. 

(9) σῶμα exprime un métal régénéré 
de son oxyde ou de ses minerais; — 
on pourraitaussi lire : ἀσώματα πνεύματα; 
les esprits séparés des métaux. 


20 INDICATIONS GÉNÉRALES 


la couperose cuite, l'ocre attique, le vermillon du Pont, le bleu, la Pierre 
d'Arménie, le safran de Cilicie et la chélidoine. 
7- Le mélange de la coquille des œufs et de l’eau préparée avec la chaux 


vive, c’est ce que l’on appelle la magnésie et les corps (métaux) de la magné- 
sie, l’alliage de plomb et de cuivre, notre argent (1), l'argent commun, la 
céruse. 

8. Le blanc, on l’appelle l’eau de la mer, parce que l’œuf est rond comme 
l'océan ; l’eau d’alun, l’eau de chaux, l’eau de cendre de chou, l’eau de chè- 
vre (2) des anciens. (Prendre l’eau dans le sens du lait.) 

9. La liqueur jaune, on l’appelle le soufre natif, le mercure, celui qui est 
dit (extrait) du cinabre; l'eau du natron roux, l’eau du natron jaune, le vin 
Aminien. 

10. La composition jaune s’appelle l'or et l’électrum en décomposi- 
tion, la teinture d’or, la teinture d’argent (3) extraite des citrons, celle qu’on 
extrait de l’arsenic et de l’eau du soufre apyre. De même que le citron pré- 
sente la couleur jaune à l'extérieur, et, à l’intérieur, la saveur acide ; de 
même aussi, l'eau tirée de l’arsenic. L'eau du soufre apyreest le vinaigre des 
anciens. 

11. Le blanc de l'œuf (4) s'appelle mercure, eau d'argent, cuivre blanc, 
vapeur sublimée blanche, ce qui se volatilise au feu, soufre excellent, eau de 
soufre natif, écume marine, eau fluviale, rosée, miel attique, lait virginal, 
lait coulant de lui-même, eau de plomb, ios de cuivre, ferment irrésistible, 
nuage, soif ardente, astre suspendu de la vapeur sublimée. 

12. Quant à toi, aie ceci dans l'esprit : la nature se réjouit de la nature; 
la nature maîtrise la nature; la nature triomphe de la nature. C’est elle qui, 
mélangée d’en haut, accomplit le mystère cherché et tiré d’un seul (corps). — 


Ces phrases signifient que les sulfureux sont maîtrisés par les sulfureux, les 


(1) L’argentdes adeptes, opposé à l’ar- 
gent commun. 

(2) Voir la nomenclature des Pro- 
phètes ou prêtres égyptiens dans Dros- 
CORIDE et dans les Papyrus de Leide 
(Introd., p: 11). 

(5) M. donne ici un signe dont le 
sens est inconnu, mais qui ressemble 


au chrysélectrum, c’est-à-dire à l’élec- 
trum. Ce signe est omis dans À, comme 
si le sens en eût été déjà perdu. 

(4) Toute cette fin n'existe pas dans 
M. Le ὅτι rappelle le langage amphi- 
gourique et de plus en plus vague, des 
alchimistes arabes et deceux du moyen 
âge occidental. 


NOMENCLATURE DE L'ŒUF 21 


humides par les humides correspondants. — Siles corps ne perdent pas l'état 
corporel et si les corps ne reprennent pas l’état corporel (1), ce qui est 
attendu ne se réalisera pas. 

13. Il y a deux (2) compositions opérées par les corps métalliques et par 
les eaux divines et les plantes; elles transmutent la matière, celle que tu 
trouveras en poursuivant la chose cherchée. Si deux ne deviennent pas un, 


ettrois un, et toute la composition une, le but cherché ne sera pas atteint. 


FIN DE L'ŒUF 


Ι. 1v. — NOMENCLATURE DE L'OEUF ° 


Nomenclature de l'Œuf: c'est le mystère de l’art. 

1. On a dit que l’œuf est composé des quatre éléments, parce qu’il est 
l'image du monde et qu’il renferme en lui-même les quatre éléments. On 
l'a nommé aussi « pierre que fait tourner la lune », pierre qui n’est pas 
pierre, pierre d’aigle et cerveau d’albâtre (4). 

2. La coquille de l’œuf est un élément semblable à la terre, froid et sec; 
on l’a nommée cuivre, fer, étain, plomb (5). 

Le blanc d'œuf est l’eau divine; le jaune d'œuf est la couperose; la partie 
huileuse est le feu. 


3. On a nommé l’œuf la semence, et sa coquille, la peau; son blanc et 


(1) C'est-à-dire : si les métaux ne 
disparaissent pas par oxydation ou 
métamorphose chimique, et s'ils ne 
reparaissent pas à l'état métallique. 
Le $ 12 est formé de citations des plus 
vieux auteurs. 

(2) Variantes de AE. « Telles sont les 
eaux divines, parmi lesquelles je com- 
prends celles qui sont tirées des natures 
molles, aussi bien que des métaux. Si 
tu es intelligent, il y a deux composi- 
tions, etc. » 

(3) L'article 1v est une variante de 
it. J'ai reproduit dans l’Introduction 


(p.215), un autre article analogue, at- 
tribué à Justinien et tiré du Codex 
Voss. de Leide. Il en existe encore un 
autre dans les ouvrages de l’Anonyme, 
qui seront donnés dans la troisième 
livraison. « 

(4) L’albâtre est la chaux tirée des co- 
quilles d'œuf : (v. Lexique alchimique, 
p- 4). La coquille entoure l'œuf comme 
le crâne entoure le cerveau ; de là ce 
symbolisme bizarre. 

(5) Ce sont les quatre métaux impar- 
faits, qui servent à la transmutation et 
à la composition de l’or et de l'argent. 


22 INDICATIONS GÉNÉRALES 


son jaune, la chair ; sa partie huileuse, l'âme; sa partie aqueuse, le souffle 
ou l'air. 

4. La coquille de l'œuf, c’est ce qui élève ces choses hors du fumier [τὶ 
pendant dix jours. Délayez-la, avec l'aide de Dieu, dans du vinaigre ; plus 
vous la broyez, plus vous faites œuvre utile. Lorsque vous aurez battu la 
composition pendant huit jours, vous ferez fermenter; et vous préparerez 
la poudre sèche. Lorsque vous aurez accompli ce travail, jetez-y du mer- 
cure, et si vous n’obtenez pas la teinture du premier cou», répétez une 
seconde et une troisième fois. 

5. On a nommé d’abord le jaune de l’œuf : ocre attique, vermillon du 
Pont, natron d'Égypte, bleu d'Arménie (2), safran de Cilicie, chélidoine; 
le blanc de l'œuf délayé avec l’eau de soufre est le vinaigre, l’eau d’alun, 


l’eau de chaux, l’eau de cendres de chou, etc. 


I. v. — LE SERPENT OUROBOROS 


1. Voici le mystère : Le serpent Ouroboros {mordant sa queue), c’est la 
composition qui dans son ensemble est dévorée et fondue, dissoute et trans- 
formée par la fermentation (3). Elle devient d’un vert foncé, etla couleur d’or 
en dérive. C'est d’elle que dérive le rouge appelé couleur de cinabre : c’est 


le cinabre des philosophes (4). 


(1) Dans le bain-marie, chaufié au 
moyen du fumier. Il y a là la descrip- 
tion sommaire d’un procédé pratique, 
laquelle contraste avec le style vague 
des autres paragraphes. Le $ 4 semble 
une intercalation. Ξ 

(2) Dans l’article précédent, ces mots 
signifient deux bleus distincts, comme 
dans Dioscorine, Mat. med., 1. V, 105 
et 106. — Ce sont des minerais de 
cuivre analogues à l’azurite (Zntrod., 
p. 243). 

(5) Le mot σήψις est plus général, et 
signifie toute décomposition analogue 


à une fermentation, ou à une putré- 
faction. 

(4) Il est difficile de savoir exactement 
à quels phénomènes chimiques ces for- 
mules mystiques font allusion. On 
pourrait y voir une allusion à la décom- 
position des pyrites, fournissant des 
sels basiques de cuivre verts, telsque la 
chrysocolle (/ntrod., p. 243); puis le 
misy et le sory, sels basiques de fer et 
de cuivre, jaunes (Zntrod., p. 242), et 
l’oxyde de fer rouge (/ntrod., p. 261). 
Cette décomposition préoccupait beau- 
coup les alchimistes grecs. 


SR ΘΒ 00000Ψ0Ψ00ΒΟΡΒΘΒΉΟΝΝ 


LE SERPENT 23 


2. Son ventre et son dos sont couleur de safran; sa tête est d’un vert foncé: 
ses quatre pieds constituent la tétrasomie {1); ses trois oreilles sont les 
trois vapeurs sublimées. 

3. L'Un fournit à l'Autre son sang (2); et l'Un engendre l'Autre. La 
nature réjouit la nature; la nature charme la nature ; la nature triomphedela 
nature; et la nature maîtrise la nature (3); et cela non pas pour telle (nature) 
opposée à telle autre, mais pour une seule et même nature (4), (procédant) 
d’elle-même par le procédé (chimique), avec peine et grand effort. 

4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces matières 
et tu ne tomberas pas dans l’erreur; mais travaille sérieusement et sans 
négligence, jusqu’à ce que tu aies vu le terme {de ta recherche). 

5. Un serpent est étendu, gardant ce temple (et) celui qui l’a dompté; 
commence par le sacrifier, puis écorche-le, et après avoir pris sa chair 
jusqu'aux os, fais en un marchepied à l'entrée du temple; monte dessus et 
tu trouveras là l’objet cherché. Car le prêtre, d’abord homme de cuivre, a. 
changé de couleur et de nature et il est devenu un homme d'argent; peu de 


jours après, si tu veux, tu le trouveras changé en un homme d’or (5). 


1. γι. — LE SERPENT 


1. Voici le mystère : le serpent Ouroboros, c’est-à-dire la dissolution des 


corps effectuée par son opération. 


(1) Les quatre métaux imparfaits : ΠῚ, ch. 8), faite dans la Bibl. Chem. de 


Plomb, Cuivre, Etain, Fer, exprimés 
en un seul mot. 

(2) Ou bien selon une autre version : 
lPUn fait naître l’Autre. 

(3) Ce sont les axiomes du Pseudo- 
Démocrite. 

(4) S'agit-il ici de la transmutation 
opérée sur un métal unique; et non 
sur un alliage ὃ —Voir I, xv : Assemblée 
des Philosophes, et la citation du traité 
De Mineralibus (d'Albert le Grand livre 


Manget, τ. I, p. 934. 

(5) Origines de l’Alchimie, p. 60. Zo- 
sime a reproduit cet exposé avec plus 
de développement; ce qui montre que 
c'étaient là de vieilles formules, expri- 
mant la transmutation des métaux. On 
pourrait imiter ces changements par des 
précipitations galvaniques successives : 
mais rien ne prouve l'identité des opé- 
rations anciennes avec celles là. 


24 INDICATIONS GÉNÉRALES 


2. Les lumières (1) des mystères de l’art, c’est la teinture en jaune. 


3. Le vert du serpent, c’est l’i0sis, c’est-à-dire sa fermentation: ses quatre 
᾽ ; q 


pieds, c’est la tétrasomie employée dans la formule de l’art; ses trois oreilles, 


ce sont les trois vapeurs et les douze formules ; son 105 (2), c’est le vinaigre. 


4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces ma- 


tières. 


5. Un serpent est étendu, gardant le temple (et) celui qui l’a dompté. (La 


suite comme au $ précédent.) 


1. vu. — INSTRUMENT D'HERMÉS TRISMÉGISTE ὦ 


1. Pour l'amour de l’art, exposons la (méthode) indiquée par Hermès. Il 


conseille de compter depuis le lever du Chien (4), c’est-à-dire depuis Epiphi, 


25 juillet, jusqu’au jour où le malade est alité, et de diviser le nombre ainsi 


obtenu par 36. Maintenant, voyez le reste dans le tableau ci-dessous. 


2. La lettre Z (ζωή) désigne la vie; Θ, (θάνατος) la mort; K, (χίνδυνος) le 


danger (5). 


(1) L'auteur joue sur le mot φῶτα, 
qui signifie aussi les feux des fourneaux 
sur lequel on exécute lesopérations. 

(2) Venin, ou rouiile, ou propriété 
spécifique active (v. Zntrod., p. 254). 

(3) Voir Zntrod., p. 86 : les médecins 
astrologues. 


(4) Sirius. 

(5) Ces lettres sont prises en même 
temps pour leurs valeurs numériques 
dans le tableau : Z signifiant 7; @, 9; 
K est pris pour 11 (au lieu de 20). 
Le signe du nombre 35 dans le grec est 
également erroné. 


LISTE PLANÉTAIRE DES MÉTAUX 25 


Ι. vu. — LISTE PLANÉTAIRE LES MÉTAUX ὦ 
LES MINÉRAUX (2) 


1° Saturne : Plomb; litharge; pierres de miel; pierres gagates (3); clau- 
dianos (4) et autres substances analogues. 

2° Jupiter : Etain ; corail (5) ; toute pierre blanche; sandaraque; soufre et 
autres substances analogues. 

3° Mars : Fer; pierre d'aimant; pséphis (6); pyrites rousses (7) et substan- 
ces analogues. Ν 

4° Soleil : Or; escarboucle; hyacinthe; diamant (?); saphir et substances 
analogues. 

5° Vénus : Cuivre; perle; onyx; améthyste; naphte; poix; sucre; asphalte; 
miel; (gomme) ammoniaque; encens. 

6° Mercure : Emeraude ; jaspe ; chrysolithe ; hésychios (8) ; mercure; 
ambre; oliban et mastic. 

7° Lune : Argent; verre ; antimoine; cuir ; chandra (9) ; terre blanche et 
substances analogues. 


La liste transcrite dans R, c'est-à-dire dans le manuscrit 2419 (traité d’Al- 
bumazar); /ntrod., p. 79 et 206, mérite une attention particulière. Elle répond 
à une tradition astrologique plus complète et plus ancienne, remontant pro- 
bablement aux Chaldéens; car elle est encadrée entre une liste de plantes 
et une liste d'animaux, également consacrées aux Planètes{r10). Un certain 
nombre de noms de pierres précieuses (saphir, sardoine, jaspe, chrysolithe, 


perle), de minéraux (pierre d’aimant, litharge), d’alliages (claudianos, asèm 


(1) Cp. Origines de l’Alchimie, p.232 
et suivantes. — Les signes des planètes 
sont en marge des manuscrits, à côté du 
nom du métal. — Voir Jntrod., p. 79, 
206 etles notes du Texte grec. 


(4) Alliage métallique. — /ntrod., 
Ρ- 244- 

(5) Dans R: au lieu du corail, le béryl. 

(6) Mot à mot : caillou; c’est quelque 
minerai de fer. 


(2) Consacrés à chaque planète, R. 
voir la note du Texte grec. 

(3) Pierre bitumineuse. — Drosco- 
RIDE, Mat. meéd., 1. V, 145. — Introd., 
p. 254. 


(7) R : Pierre de feu. 

(8) Corps inconnu : Ce mot manque 
dans R. 

(0) Corps inconnu. 

(10) Texte grec, p. 24, note. 


4 


26 INDICATIONS GÉNÉRALES 


- 


ou diargyros), sont transcrits en caractères, hébraïques, comme si l’on avait 
voulu en interdire la connaissance aux gens non initiés : c’est l'indice d’une 
vieille tradition mystique. 

L'ordre des corps est parfois plus naturel: le sucre, par exemple, n'étant 
pas interposé entre la poix et l’asphalte, comme dans les manuscrits alchi- 
miques, mais se trouvant à côté de son congénère, le miel. 

Le mercure (métal) est placé tout à la fin de la liste de la planète Her- 
mès; ce qui accuse l’addition de ce métal à une liste plus ancienne, où l’é- 
meraude, mise à la suite du nom de la planète, jouait le rôle d’un métal, 
comme le mafek égyptien (Origines de l'Alchimie, p.220, 234). L'existence 
de cettelisteantérieure est indiquée plus nettement encore par les mots ajou- 
tés: « les Persans attribuent à cette planète (au lieu du mercure) l’étain. » 
— De même, dans la liste des matières attribuées à la planète Jupiter, après 
le mot Etain, on lit: « Les Persans attribuent à cette planète (au lieu de l'é- 
tain) le métal argentin » ; ce qui signifie l’asèm ou électrum. Il y a là une 
indication très remarquable des changements survenus dans les attributions 
des métaux aux planètes, après que l’asèm ou électrum eut disparu de la 
liste des métaux, vers 16 vi ou vn® siècle de notre ère (v. Introd., p. 81 à 85). 


Ι. 1x. — NOMS DES FAISEURS D'OR ἢ 


1. Connais, mon ami, les noms des faiseurs d’or : 

Platon, Aristote, Hermès, Jean le grand prêtre dans la divine Evagie (2); 
Démocrite, Zosime, le grand Olympiodore, Stephanus le philosophe, 
Sophar le Persan, Synésius, Dioscorus le prêtre du grand Sérapis à 
Alexandrie, Ostanès l’Egyptien, Comarius l’'Egyptien, Marie, Cléopâtre 
la femme du roi Ptolémée (3), Porphyre, Epibechius (4), Pélage, Agatho- 


(1) Voir Origines de l'Alchimie, p.128 a été confondue plus tard avec la reine 
et suivantes. Voir aussi la liste ancienne de ce nom. Origines de l’Alchimie, 
du manuscrit de Saint-Marc, donnée ὉΠ 172. 
dans l’Zntrod., p. 110. (4) Alias, Pebechius, Pebichius. C’est 

(2) Cp. Origines de l'Alchimie, p. 118. Horus l’Epervier : Origines de l’Alchi- 


(3) Cléopâtre, la femme alchimiste, mie, p. 168. 


NOMS DES VILLES 27 


démon, Héraclius l’empereur, Théophraste, Archélaüs, Pétasius (1), 
Claudien, le philosophe anonyme, le philosophe Menos (2), Pauséris, 
Sergius. 
_ 2. Ce sont là les maîtres partout célèbres et œcuméniques, les nouveaux 
exégètes de Platon et d’Aristote. 

3. Les pays où l’on accomplit cette œuvre divine sont: l'Egypte, la 


Thrace, Alexandrie, Chypre et le temple de Memphis (3). 


I. x. — NOMS DES VILLES 


Sur la pierre métallique ; en quels lieux elle est préparée (4). 


1. Il faut connaître en quels lieux de la terre de Thébaïde se prépare la 
paillette métallique : Cléopolis (Héracléopolis); Alycoprios (Lycopolis); 
Aphrodite; Apolenos (Apollinopolis) ; Eléphantine. 

2. La pierre métallique ressemble au marbre ; elle est dure, et les hommes 
qui, dans les lieux précités en font l'extraction avec beaucoup de peine, la 
préparent à l’intérieur (de la terre) ; ils portent des lampes.., et lorsqu'ils 
trouvent un filon, ils occupent. Leurs femmes broient (la pierre) et en 
font mouture. 

3. Lorsque, après avoir réduit le minerai en poudre, ils l’ont étalé sur 
des tables garnies de rainures contrariées et disposées en pente douce, ils y 
font couler de l’eau ; la partie pulvérisée, légère et inutile, est entraînée par 
l’eau, tandis que la partie utile, retenue par son poids, est recueillie dans 


les rainures des planchettes. Alors, pour la cuisson, ils resserrent le dépôt, le 


(1) Ou Pétésis — Isidore en grec. Chéops (Sophé).— Origines de l’Alchi- 
Introd., p. τι et Lexique alchimique, | mie, p.58. 
traduction, p. 15. (3) Le temple de Phtha. 

(2) E L. «Memnonlephilosopheetles (4) Voir Origines del’ Alchimie, p.129. 
autres anonymes. » [Il n’est pas question C'est l’abrégé d’un morceau d’Agathar- 


roi Ménès? Il existe des écrits alchi- rais ; morceau qui se trouve intercaléau 


ailleurs de ce Menos. Serait-ce le vieux chide sur l’extractiondel’ordesesmine- 
miques sous le pseudonyme du roi | milieu des recettes alchimiques dans M. 


28 INDICATIONS GÉNÉRALES 


placent dans un vasede terre cuite et, faisant un mélange selon la formule (1), 
ils lutent le vase, et le font chauffer sur un fourneau, pendant cinq 


jours et cinq nuits ; le vase a une issue pour l’extraction (des produits). 


Un Traité des Poids et Mesures, attribué à Cléopâtre, se trouve dans la 
plupart des manuscrits alchimiques grecs. 1] ἃ été imprimé d’abord par 
H. Etienne, au début de son Thesaurus Græcæ linguæ, puis reproduit, 
discuté, commenté par les auteurs qui se sont occupés des mesures antiques, 
par Hultsch en particulier : ce qui n’a paru en rendre la réimpression su- 
perflue. 

Je crois au contraire utile de reproduire ici la liste des mois égyptiens, 
avec traduction latine grécisée, d’après le manuscrit À, fol. 280; en mettant 
en regard les noms des mois coptes actuels, qui montrent la permanence des 


vieilles traditions. (Je les ai tirés de l'Annuaire du Bureau des Longitudes, 


pour 1886, p. 24.) 


NOMS ANCIENS 


NOMS LATINS GRÉCISÉS 


NOMS COPTES MODERNES 


Phamenothé ο--.᾿: Martios (Mars)........ Barmhat. 
Phasmouthis-. 0... Aprilios (Avril)....... Barmudeh. 
Bachon center Maïos (Mai) Ἐς Bachones. 
Payne ere προς Junios (Iuin)E Pere Bawne. 
ἘΡΙΡΕ sonoagoctoosae Julhios({uillet) 28e Abib. 
MESORIP PETER CEE Augustos [Août)...... Mesori. 
ΠΟΙ ΠῚ Septevrios (Septembre) Tut (γε mois de l'année). 
ῬΗΒΟΡΒΙΣΝΣ συ Octobrios (Octobre)...  Bobeh. 
ἈΦ τον TE τ. Noevrios (Novembre).  Hatur. 
CRIAR EF Decevrios (Décembre). Koyhak. 
Mb NOR. AMEN Januarios (Janvier)....  Tubeh. 
ΜΕΘ Fevruarios (Février)...  Amchir. 


(1) Cette formule est donnée par Agatharchide, p. 128 (Geogr. græci, Éd. Didot). 


SERMENT 29 


Ι. x. — SERMENT 


τ. Je te jure (1), mon honorable initié, par la bienheureuse et vénérable 
Trinité, que je n'ai rien révélé des mystères de la science qui m'ont été 
transmis par elle, dans les retraites secrètes de mon âme : toutes les choses 
dont je tiens la connaissance de la Divinité, relativement à l'art, je les ai 
déposées sans réserves dans mes écrits, en développant la pensée des anciens 
d'après mes propres réflexions. 

2. Toi-même, aborde tous ces écrits dans un esprit de piété et de 
prudence; si nous avons dit quelque chose d’erroné, par ignorance, mais 
sans mauvaise intention, corrige nos fautes dans ton intérêt et dans l'intérêt 
des lecteurs fidèles à Dieu, exempts de malice et honnêtes, qualités qui 
sont en vérité difficiles à rencontrer (2). Salut ! au nom dela sainte et consub- 
stantielle Trinité; je veux dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit (3). La Tri- 
nité (3) dans l'unité, c’est le Fils, qui s’est incarné sans péché parmi les hom- 
mes, pour la glorification de la dyade (4), à laquelle il participe lui- 
même; il a revêtu la nature humaine, tout en demeurant irréprochable; la 


voyant sujette à faillir, il l’a redressée. 


Ι. xx. — (SERMENT) DU PHILOSOPHE PAPPUS © 


1. Je te jure par le grand serment, qui que tu sois : j'entends le Dieu 
unique, par l'espèce et non par le nombre, celui qui a fait le ciel et la terre 


et le quaternaire (6) des éléments et les substances qui en dérivent; ainsi que 


(3) C’est une formule finale. La suite 
manque dans l’une des copies de A; 


(1) Ce serment est tout imprégné des 
idées de la métaphysique chrétienne 


des Grecs byzantins, du 1ve au vie siè- 
cle; surtout dans les deux additions 
finales; car le commencement pourrait 
avoir été écrit par un néo-platonicien. 
(2) La suite manque dans plusieurs 
manuscrits : c'est une addition. 


elle répond sans doute à une seconde 
addition postérieure. 

(4) Le Père et le Saint-Esprit. 

(5) Appelé aussi Pappoas. 

(6) La Tétractys, formule pythagori- 
cienne, 


30 INDICATIONS GÉNÉRALES 


nos âmes rationnelles et intelligentes, en les harmonisant avec le corps; 
le dieu que portent les chars des chérubins, et que célèbrent les légions 
des anges. 

2. Quelques-uns (τὴ ont délayé le jaune d'œuf (2) avec les liquides du même 
genre, jetant une cotyle (3) d’eau dans une once du corps (en question); 
après avoir renfermé (ce mélange), ils l'ont soumis à l’action des étuves; 
l'opération accomplie, ils ont enlevé l’ios; — après l’avoir exposé à l’air, 
ils l'ont incorporé à la cire et au soufre. Ayant ainsi soumis le mélange 
à l’action de la chaleur, pour parfaire l’opération dans des étuves régulières, 
c’est-à-dire par des dissolutions ou des cuissons, ils ont déposé le produit 
solide dans des vases de verre, suspendus dans un local chaud et recevant 
de préférence la lumière du côté du levant, ou du couchant et du midi, 
plutôt que du nord; ainsi que l’a prescrit en détail Stephanus, très aimé 
de Dieu, et comme nous l’avons exposé en abrégé dans notre traité dédié à 
Moïse, le trois fois bienheureux. 

3. Ainsi nous avons bien composé notre écrit. En effet, si tu vois que le 
liquide s'étend vers le nord, comme il est dit dans le discours sur l’eau de 
soufre natif, alors hâte-toi de le corriger en délayant avec la saumure, le 
natron, l’antimoine, la couperose destinée à l’affinage (4). — Il voulait dési- 
gner par là la mortification du produit (5) et l’accomplissement de l’œuvre 
exposée dans tout son discours (6). 


(1) Cette fin est étrangère au serment. vagues à diverses opérations chimiques. 


Peut-être est-ce une recette, dont la 
révélation devait être précédée par le 
serment de l’initié. 

(2) Voir la nomenclature de l’œuf, 
Ῥ- 07. 22. 

(3) Mesure de volume. 

(4) Cette description énigmatique du 
grand œuvre repose sur des allusions 


Elle est d’une basse époque, postérieure 
au vue siècle, à en juger d'après la cita- 
tion de Stephanus. 

(5) Qu'il fallait éviter, pour accom- 
plir l'opération. 

(6) La phrase finale est une glose de 
commentateur, ajoutée en dernier lieu. 


ISIS A HORUS 31 


I. x. — ISIS A HORUS 


(re RÉDACTION) 


Isis la Prophétesse (1) à son fils (2). 


1. Isis, la prophétesse à son fils Horus: « Tu devais t'éloigner, mon enfant, 


et aller combattre contre l’infidèle Typhon, pour le trône de ton père. Moi- 


même m'étant rendue ἃ Hermonthis, ville {où l’on cultive) l’art sacré de 


l'Egypte (3), j'y ai passé un certain temps. D’après le cours des circonstan- 


ces, et la révolution nécessaire du mouvement des sphères (4), il arriva que 


l’un des anges qui résident dans le premier firmament, m’ayant contemplée 


“d'en haut (5), voulut s’unir à moi (6). Il s’avança, se disposant à en venir à 


son but : mais je ne lui cédai point, voulant apprendre de lui la prépara- 


(1) Voir BERTHELOT, Orig. de l’Alch., 
Ρ- 1358. Cp. H&æreR, Hist. de la Chimie, 
t. I, p. 200, 2e édition. — Titre de L : 
Isis, reine d'Égypte, épouse d’'Osiris, 
sur l’art sacré, à son fils Horus ».— Les 
variantes notables de la seconde rédac- 
tion du texte, d’après L, sont données 
en-notes dans la traduction présente. 

(2) Le titre est suivi du signe de la 
lune dans le manuscrit A. Ce signe, qui 
est aussi celui de l’argent, indique que 
tout le morceau a un sens alchimique 
caché, — Ici il remplace le nom du fils 
d’Isis, ce qui semble se rapporter à 
l'identification d'Horus enfant avec 
Harpocrate, et au rôle lunaire de l’'Har- 
pocrate thébain, désigné sous le nom 
de Khons (v. les mots Aah [dieu lunaire] 
et Khons, dans le Dictionnaire d’Ar- 
chéologie égyptienne, par Pierret, 1875). 
Ceci tend à faire remonter jusqu'aux 
vieilles traditions égyptiennes la pre- 
mière rédaction de ce morceau. L’exis- 
tence de deux rédactions, notablement 
différentes, pourrait répondre à deux 
interprétations distinctes d’un même 
texte hiéroglyphique. 


(3) D'après L : « Moi-même, après 
ton départ, m’étant rendue à Ormanou- 
thi (Hermonthis), où l’art sacré de 
l'Égypteestcultivé mystérieusement.…» 
Ceci correspond à une note marginale 
de A : «elle parle dans un sens mysté- 
rieux », et nous rappelle le symbolisme 
alchimique de ce morceau. 

(4) Cette phrase, quirépond au carac- 
tère sidéral d'Horus et d’Isis, manque 
dans L; on y lit seulement : « Je voulais 
meretirer; pendant que je m'éloignais, 
l’un des prophètes ou anges, etc. » 

(5) Manque dans L. Il y a quelques 
variantes peu importantes dans ce qui 
suit. 

(6) Dans À, ce mot est suivi du signe 
du cuivre, c’est-à-dire d'Aphrodite (Vé- 
nus), déesse assimilée à Isis-Hathor. Il 
semble donc qu’il s'agisse ici, dans un 
langage mystique, d’une combinaison 
chimique où le cuivre figurait comme 
matière de la transmutation (voir la 
note 2); combinaison assimilée, sui- 
vant un symbolisme fréquent chez les 
alchimistes, à l'union de la femme avec 
l’homme. 


32 INDICATIONS GÉNÉRALES 


tion de l'or et de l’argent. Comme je l'interrogeais là-dessus, il me dit qu'il 


ne lui était pas permis de s’expliquer à cet égard, vu la haute importance de 


ces mystères, mais que le jour suivant, il viendrait un ange plus grand, 


l'ange Amnaël (τὴ, et celui-là serait en état de me donner la solution de la 


question. 


2. Et il me dit que celui-là porterait un signe sur sa tête (2) et qu’il me 


montrerait un petit vase non enduit de poix, rempli d’eau transparente. Il 


(ne) voulut {pas) révéler la vérité. 


3. Le jour suivant, lorsque le soleil était au milieu de sa course, apparut 


l'ange Amnaël, plus grand que le premier ; pris du même désir à mon égard; 


il descendit vers moi, il ne resta pas immobile, mais se rendit en hâte au 


lieu où je me tenais ; et moi je ne cessai pas de m’informer de la question. 


4. Et comme il tardait (à me répondre), je ne me livrai point, mais je 


contins son désir jusqu’à ce qu'il m'eût fait voir le signe qu'il avait sur la 


tête et qu'il m'eût transmis sans réserve et avec sincérité les mystères que je 


cherchais. 


5. Enfin, il me montra le signe et commença la révélation des mystères ; 


proférant des serments(3), il s'exprima ainsi: Je tele jure parleciel, la terre, la 


lumière etles ténèbres; jete le jure par le feu, l’eau, l’airetla terre; jetelejure 


par la hauteur duciel, parla profondeur dela terreetdu Tartare; jetelejurepar 


Hermès, par Anubis, par les hurlements du Kerkoros (4), par le serpent qui 


(1) En marge de A : « Elle parle d’un 
être versé dans la connaissance de 
Dieu. » Dans L, tout le passage est 
abrégé en ces termes : 

« 1. Le jour suivant, vint à moi leur 
premier ange prophète appelé Amnaël. 

«2. Je l’interrogeai de nouveau sur la 
préparation de l'or et de l’argent. Il me 
montra un signe qu'il avait sur la tête, et 
un vase,non enduitdepoix, remplid’eau 
transparente, qu’il avait dans les mains, 
et il ne voulut pas révéler la vérité. 

« 3. Le jour suivant, il revint, il re- 
nouvela sa tentative amoureuse et 
s’efforça d'atteindre son but. Mais je ne 
m'occupais pas de lui; et il continua à 
me tenter et à me prier par son désir. 


« 4. Mais je ne me livrai point, et 
je le dominai jusqu’à ce qu’il m’eût fait 
voir le signe, etc. » 

(2) Ceci paraît une allusion au disque 
qui surmonte les cornes en croissant 
(demi-cercle), lesquelles servent de coif- 
fure au dieu lunaire Khonsou Aah. Dans 
L ce signe est décrit seulement un peu 
plusloin, lors de l'apparition d'Amnaël. 

(3) IL semble que le serment aurait 
dû être prononcé par Isis. Le début 
rappelle le serment des Orphica. 

(4) Her-Hor est le premier prophète 
d'Ammon; c’est le nom d’un per- 
sonnage historique de la XXe dynastie 
(Dict. d'Arch. égypt. de Pierret). Ici il 
est devenu un personnage infernal. 


- 


ISIS A HORUS 33 


garde le temple (1); je te le jure par le bac et par Le nocher de l’Achéron; jete 
le jure par les trois Nécessités (Parques), par les Fouets (Furies), par l’Épée. 

6. Après tous ces serments, il me demanda de ne (rien) communiquer 
à qui que ce fût, excepté à mon fils chéri et légitime, afin que toi-même tu 
fusses lui et que lui fût toi (2). Ainsi donc, observe en passant, interroge 
lagriculteur Acharantos (3) et apprends de lui quelle est la semence et 
quelle est la moisson, et tu sauras que celui qui sème le blé récolte du blé, 
que celui qui sème de l’orge récolte de l'orge. 

7. Quand tu auras, mon enfant, entendu ces choses, par manière de préam- 
bule, considères-en toute la création et la génération, et sache que l’homme 
sait engendrer l’homme, le lion engendre le lion, et le chien engendre le 
chien. S'il arrive qu’un être soit produit contrairement à la nature, c’estun 
monstre qui est engendré et il n’a pas de consistance (4). La nature charme 
la nature, et la nature triomphe de la nature. 

8. Les adeptes ayant participé à la puissance divine, et ayant réussi 
par l'assistance divine, éclairés par l'effet dela demande (d’Isis) (5); ils firent 
des préparations avec certains minerais métalliques, sans se servir d’autres 
substances (non convenables). Ils réussirent ainsi au moyen de la nature 


substantielle à triompher de la matière employée dans la préparation (6). 


(1) C’est le serpent Ouroboros. Dans 
L onlit : «le hurlementde Kerkourobo- 
ros le serpent, et du chien tricéphale, 
Cerbère, gardien de l'Enfer ». — Ker- 
koros et Ouroboros sont ici confondus 
en un seul mot, par l’erreur du co- 
piste. D'ailleurs le hurlement du ser- 
pent n'a pas de sens. Cerbère paraît 
avoir été ajouté en raison de l’ancien 
mot, gardien (du temple); (voir l’article 
I, v, 5), qui n'était plus compris et qui 
a été appliqué à l'Enfer par l’un des 
copistes dont L procède. 

(2) Ceci semble faire allusion à l’iden- 
tité du Dieu lunaire Aah, (symbole de 
l'argent) avec Khons (Harpocrate, qui 
est encore Horus. — Cette phrase 
mystique, tirée du culte égyptien, a 
disparu dans L. 

(3) Aïlleurs : Achaab (Texte grec, 


Ρ- 89, 1. 10). Ces noms propres ont 
été remplacés par «un certain agricul- 
teur » dans L. 

(4) Cette phrase philosophique man- 
que dans L. 

(5) Le commencement de ce paragra- 
phe jusqu’à cetendroit manque dansL, 
qui débute ainsi : « ὃ. Il faut préparer 
la matière avecles minerais métalliques 
et non avec d’autres substances. En 
effet, comme je l’ai dit précédemment, 
le blé, etc. » 

(6) Ceci paraît vouloir dire qu'il faut 
faire intervenir la nature prépondérante 
de l’or, jouant le rôle d’un germe ou 
élément générateur, pour surmonter et 
changer la nature de la matière des 
autres substances employées dans les 
transmutations. 


σι 


34 INDICATIONS GÉNÉRALES 


En effet, de même que j'ai dit précédemment que le blé engendre le blé et 
que l’homme sème l'homme ; de même aussi l’or sert à la moisson de l'or, 
et généralement le semblable, à celle de son semblable (1). Maintenant le 
mystère a été révélé. 

9. Prenant du mercure, fixe le{2):soitavec laterrebolaire,ouavecle métal 
de la magnésie, ou avec le soufre ;etgarde-le: c’est l'amalgame fusible (3). 

Mélange des espèces : plomb facilement fusible (amalgame), 1 partie; pierre 
blanche, 2 parties; pierre crue (ou entière) (4), 1 partie; sandaraque (5) jaune, 
1 partie; renoncule (6), 1 partie; mélange tout cela avec du plomb pris en 
masse, et fais fondre par trois fois. 

το. Mélange de la préparation blanche, laquelle est le blanchiment de tous 
les corps (métalliques) (7). Prends 1 partie de mercure blanchi avec addition 
de cuivre (8); et prenez 1 partie de magnésie, désagrégée par les eaux (chi- 
miques); 1 partie de lie de vin, traitée par le jus de citron; 1 partie d’arse- 
nic (9), délavé avec l'urine d’un enfant impubère; 1 partie de cadmie; 


1 partie de pyrite, cuite avec de la litharge; 1 partie de céruse, cuite avec du 


(1) Tout le paragraphe 8 semble une 
addition, faite après coup, au texte pri- 
mitif du ὃ 7, qu’ellerépète en grande par- 
tie. C’est en quelquesorte une transition 
mal agencée entre ce texte et les re- 
cettes techniques des paragraphes sui- 
vants, recettes très anciennes d’ailleurs 
et fort voisines de celles du Papyrus 
de Leide. 

(2) Ceci signifie :soitlemercureéteint 
par son mélange avec une argile, soit 
le mercure amalgamé avec un alliage 
métallique, soit le mercure sulfuré par 
l'action du soufre, ou des sulfures 
métalliques. 

(3) L: «c'est l’amalgame fusible, sui- 
vant le mélange des espèces : plomb 
facilement fusible » etc. 

(4) V. la Nomenclature del'Œuf, p.10. 

(5) Réalgar. 

(6) Ce nom symbolique exprime 
quelque substance minérale jaune : voir 
le Lexique, p. 6. 

(7) Cette préparation représente un 


mélange de divers oxydes métalliques 
(cuivre, mercure, fer, arsenic, zinc, 
plomb, etc.), salifiés plus ou moins 
complètement par le bitartrate de po- 
tasse et par le vinaigre très fort; c’est- 
à-dire par un acide, ou un alcali, ou 
un autre corps piquant, assimilé au 
vinaigre; le tout est ajouté au mer- 
cure éteint ou amalgamé. En fai- 
sant chauffer ce mélange dans un creu- 
set, avec addition d’un fondant, on 
obtiendra un alliage complexe. — Les 
Recettes d’asèm dans le papyrus de 
Leide, Introd., p. 29 (recettes 5, 6), p- 
30 (recette 9), p. 31 (recette 13), p. 
(recette 18), p. 33 (recette 19), p. 
(recette 27), p. 37 (recette 37), p- 45 
(recettes 84, 85, 86), p. 47 (recette go); 
sont tout à fait analogues aux descrip- 
tions contenues dans les $ 10, 11 et 12. 

(8) Il y a là une inversion : c’est au 
contraire le cuivre qui est blanchi par 
le mercure. 

(9) Orpiment. 


ISIS A HORUS 35 


soufre; 2 parties de litharge, cuite avec de la chaux; 1 partie de cendres de 
cobathia (1). Délaie tout cela avec du vinaigre blanc très fort et, après avoir 
fait sécher, tu obtiendras la préparation blanche (2). 

11. Ensuite (3), prenant du cuivre et du fer, fais-les fondre, puis jettes-y 
peu à peu les substances que voici, pulvérisées : soufre, τ partie ; magnésie, 
10 parties; jusqu’à ce que le fer devienne bien ductile. Après avoir broyé, 
mets de côté. 

12. Prenant (4) un peu de cuivre rendu ductile par la chaleur, fais-en 
fondre 4 parties, et jettes-y 1 partie de fer broyé (5), en l'ajoutant peu 
à peu et l’agitant, jusqu'à ce que le feretle cuivre fassent un alliage. 

Puis, prenant de cet alliage le poids d’une livre, fais-le fondre, en y pro- 
jetant 3 onces de la préparation blanche, {ajoutée) peu à peu, jusqu’à ce 
que la matière broyée devienne blanchâtre. Puis, en la prenant au sortir 
du creuset, ajoutes-y du mercure: 1 partie pour 2 parties du mélange; 
donne-lui l’épaisseur d’un ongle. Si le métal n’est pas tout-à-fait ductile, 
fais le fondre de nouveau, et il deviendra mou comme la cire (6). 

13. Ensuite (3), après avoir préparé une liqueur pour la dorure (7), une 
liqueur de coquille d'or (8), sans couperose, ni résidu de creuset, place les 
lames dans un vase de verre, mets à part pendant 35 jours, jusqu’à ce que 
le dépôt soit rassemblé. Puis, enlève et garde le produit (9). 

14. Ensuite (τοὺ, prends la préparation blanche obtenue au moyen du 
mercure, de la magnésie, de la lie de vin, de l’arsenic, de la cadmie, de la 


pyrite et de la céruse; prends aussi du mercure, mêles-y la liqueur du sidéro- 


(1) Voir {ntrod., p.255. 

(2) Tout ce paragraphe estune répé- 
tition plus développée de la recette 
contenue dans le précédent. 

(3) Le mot « ensuite » signifie sim- 
plement que l’auteur passe à une pré- 
paration nouvelle ; laquelle ne fait pas 
nécessairement suite à la précédente. 
Souvent le copiste, ayant sous les yeux 
deux recettes semblables, en a mis bout 

bout les parties parallèles. 

(4) Mot à mot:un Kéras ou Kération, 
c'est-à-dire un Carat, tiers d’obole, poids. 

(5) Limaille de fer, ou fonte broyée ὃ 


(6) Cect paraît encore se rapporter à 
la formation d’un amalgame. Le ὃ 12 
développe la recette du $ τι. 

(7) Il y avait probablementicilesigne 
de l'or, que le copiste grec a traduit par 
ἡλιοχόσμιον, POUT χρυσοχόσμιον. 

(8) Le mot d’or en coquille estencore 
usité chez les bijoutiers. 

(9) Recette sommaire pour dorer, 
analogue à celles des Papyrus de Leide 
(voir Zntrod., p. 70). 

(10) Ce paragraphe est une variante 
des précédents. 


36 INDICATIONS GÉNÉRALES 


chalque et les espèces susdites. Que la liqueur surnage la préparation de 
l'épaisseur de deux doigts; laisse macérer pendant quinze jours à l’ombre, 
et conserve le dépôt. 

15. Lorsque tu veux blanchir quelqu'un des corps métalliques (1), procède 
ainsi : prenant du mercure, de la lessive de chaux, de l’urine, du lait de 
chèvre, du natron et du sel, délaie et blanchis. 

16. On sait pareillement que les choses qu’il me reste à expliquer (2), 
c’est-à-dire les diplosis, les teintures et tous les traitements, tendent à un 
seul et même sens, à une seule et même œuvre. Comprends donc, mon 
enfant, le mystère de la préparation de la veuve (3). 

17. Voici comment on élève la vapeur sublimée (4) : prends de l’ar- 
senic (5), fais-lebouillir dans l’eau, et le mettant dans un mortier, pile-le avec 
le stachys et un peu d’huile ; mets le matras et la fiole (6) sur des charbons. 
Au-dessus de l’entrée (du fourneau?) dispose l'appareil, jusqu’à ce quela 


vapeur s’en aille. Traite la sandaraque de la même façon. 


I. χιν. — LES MOEURS DU PHILOSOPHE 


Quelles doivent être les qualités morales de celui qui poursuit l'étude 
de la science (7). 


Celui qui poursuit l’étude de la science doit premièrement aimer Dieu et 
les hommes, être tempérant, désintéressé, repousser le mensonge, toute 


fraude, toute mauvaise action, tout sentiment d’envie, être enfin un sin- 


(1) C’est une recette pour blanchir 
les métaux par amalgamation, analogue 
à l’une des précédentes. 

(2) Ceci semble indiquer l’inten- 


mation, opérée dans l’alambic, au mo- 
yen des sulfures d’arsenic, mélangés de 
divers produits organiques. 

(5) Orpiment. 


tion de l’auteur d’exposer tout un en- 
semble de recettes, dont ce qui pré- 
cède aurait été seulement le début. 

(3) Isis, veuve d’Osiris. Ce mot mar- 
que la fin de la principale addition. 

(4) Ceci est une recette, ajoutée à la 
suite des précédentes. C’est une subli- 


(6) Voir figure 11, Introd., p. 132. 

(7) Voir Origines de l'Alchimie, pages 
119, 160 et 206. Ce morceau est attri- 
bué à Démocrite par Cedrenus. Il se 
retrouve avec développement dans 
Geber et les alchimistes arabes. 


LES MŒURS DU PHILOSOPHE 37 


cère et fidèle enfant de la sainte, consubstantielle et coéternelle Trinité (τ). 
Celui qui ne possède pas ces belles qualités, agréables à Dieu, ou qui ne 
s'efforce pas de les acquérir, celui-là se trompera lui-même, en voulant 
atteindre les choses inaccessibles ; il ne fera que se nuire à lui-même. 


Ι. xv. — SUR L'ASSEMBLÉE DES PHILOSOPHES 


1. Les philosophes envoyèrent les uns chez les autres en vue de former 
une réunion, attendu qu’une querelle et un grand trouble les avait assaillis; 
ce trouble venait de l’erreur qui s’est abattue sur le monde en ce qui concerne 
les natures, les corps (2), les esprits (3), touchant la question de savoir si c’est 
au moyen de plusieurs espèces, ou d’une seule, que s’accomplit le mystère (4). 

2. Le philosophe, répondant clairement des choses connues d’eux, 
s'exprime ainsi : « 11 n'appartient pas à ceux de notre race (5), provenant 
d’une seule espèce, de nous reprocher nos livres et de nous jeter des impré- 
cations à la tête. Relativement à la teinture de l’or que l’on veut obtenir, 
voici ce qui m'a été indiqué par les gens du métier : Si quelqu'un vient 
à exposer les enseignements relatifs à la multiplicité des espèces, il est dans 
l’erreur ; car le but poursuivi est autre. Le fourneau est unique, unique le 
chemin à suivre, unique aussi l’œuvre ». 

3. Rien ne conduira au but (même au prix de 50 deniers) (6). Mais le sei- 


gneur Dieu l’a livré (gratuitement), à cause des mendiants et des désespérés. 


(1) C’estle langage des Grecs byzan- 
tins de la fin du 1ve et du ve siècle. 

(2) Métaux, corps fixes. 

(3) Corps volatils (v. Introd., p. 247). 

(4) Cela paraît signifier : La transmu- 
tation s’opère-t-elle sur un métal 
unique, dont on change la nature spé- 
cifique; ou bien fabrique-t-on l'or et 
l'argent, en les composant à la façon 
des alliages, tels que le bronze et le 
laiton? On pourrait encore entendre 
par là la pierre philosophale. En effet,on 
Mit dans un commentaire sur la Turba 


philosophorum (Bibl. chem. de Manget, 
τ Ï, p. 400) : Multis disputationibus 
Lapidem vel diversis, vel duabus, vel 
un tantum re constare, diversis nomi- 
nibus contendunt. — Voir plus haut la 
note 4 de la page 23. 

(5) Il y a là, ce semble, une allusion 
au rôle des Juifs parmi les alchimistes; 
des phrases analogues, mais plus préci- 
ses, sont attribuées à Marie (Origines 
de l’Alchimie, p. 56). 

(6) Ce passage est une interpolation 
évidente. Il semble qu'il y ait là un 


38 INDICATIONS GÉNÉRALES 


4. Le philosophe parle ainsi: « Prends dans les chairs (1) la partie jaune, 
car c’est la meilleure parmiles produits macérés (2); et prends la pierre; mets 
sur le feu, et aussitôt après, dans l’eau; puis reprends cette pierre, ainsi 
qu’une partie des chairs macérées, et mets (le tout) dans un fourneau solide, 
destiné à faire le verre. Prends l'huile qui surnage la pierre (3), et (alors)la 
pierre demeure à l’état de verre. En prenant le même vinaigre, on possède 


le vinaigre des philosophes (4) ». 


I. xvr. — SUR LA FABRICATION DE L’ASEM ὃ 


Prenez du Plomb fusible (6),tiré des minerais lavés. Le Plomb fusible est 
très compact. On le fond à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu'il devienne asèm. 
Après avoir obtenu l’asèm, si vous voulez le purifier, projetez dans le creuset 
du verre de Cléopâtre et vous aurez de l’asèm pur. Car le plomb fusible fournit 


beaucoup d’asèm (7). Chauffez le creuset sur un feu modéré et pas très fort. 


débris de quelqu’autre écrit, intercalé 
au hasard. La phrase qui le termine 
peut être rapprochée de certains énon- 
cés, très fréquents chez les alchimistes 
arabes, d’après lesquels la pierre philo- 
sophale était formée de matières qui 
se trouvaient partout, à la disposition 
des plus pauvres : Est vilis in plateis 
et in vüs ejectus pedibus hominum 
calcatur et ab uno quoque paupere 
potest acquiri. (AVICENNE, dans Bibl. 
Chem. de Manget, t. 1, p. 633, — voir 
aussi p. 935). 

(1) L'auteur se sert ici du langage 
symbolique des parties du serpent (v. 
p. 23). Le mot chair signifie quelque 
matière insoluble dans les liqueurs 
employées, matière colorée en jaune 
ou en rouge. 

(2) Il y a dans le grec un jeu de mot 
symbolique, relatif à l’embaumement 
des corps humains. 

(3) Il semble qu’il s'agisse d’un fon- 


dant liquéfié, qui coule à la surface du 
métal dans le creuset. 

(4) Vinaigre des philosophes, ou eau 
mercurielle qui dissout les métaux. 
Cette dernière phrase ne semble pas 
faire suite à ce qui précède. — La pre- 
mière partie de larticle XV est relati- 
vement claire; mais la fin est trop 
vague pour offrir un sens précis : c’est 
une addition de copiste. 

(5) M. fol. 106. Il y a deux titres; 
le signe du second est celui de l’ar- 
gent. 

(6) Le signe traduit ici par fusible 
est celui de l'eau. S'agit-il de l’amal- 
game de la page 34? Cette recette et 
celles qui suivent sont des recettes 
techniques, positives, analogues à celles 
du Papyrus de Leide. 

(7) Entendre par asèm un alliage 


‘ de plomb et d’argent (voir les recettes 


du Papyrus de Leïde, Introd., p. 65). 


FABRICATION DU CINABRE 39 


2. Fabrication de l'asèm.— Prenez de l’étain (1), fondez-le, et après cinq 
fusions, jetez du bitume à sa surface dans le creuset. Chaque fois que vous 
le refondrez, coulez-le dans du sel ordinaire, jusqu’à ce qu’il devienne un 
asèm parfait et abondant. Si vous voulez l’employer pour un travail 
d'Eglise (2), opérez entre le moment de la fusion et celui du durcis- 
sement. 

3. Fabrication de l'asèm.— On letire du plomb ordinaire purifié; comme 
il est dit sur la stèle d’en haut. Il faut savoir que cent livres de plomb 


ordinaire fournissent dix livres d’asèm. 


Ι. xvu. — FABRICATION DU CINABRE 


1. On met dans un mortier une livre de soufre apyre et deux livres 
de mercure; on les broie ensemble pendant un jour. On introduit le tout 
dans un alambic de verre; on en ferme l'orifice avec un lut charbonneux, 
capable de résister au feu, épais de trois doigts. On soumet ce vase à l’ac- 
tion du feu, pendant 6 à 9 heures. Après ce traitement, vous trouverez une 
masse agglomérée, d'apparence ferrugineuse. Broyez-la à plusieurs reprises 
avec de l’eau, pour obtenir une couleur dorée. Car plus vous broierez, 
plus elle deviendra jaune. Le soufre apvyre rend fixes les matières vola- 
tiles. 

2. Sur le cinabre. — Il faut savoir que la régénération (du mercure au 
moyen) du cinabre se fait au moyen de l'huile de natron (3). On fond sur 
un feu léger, comme vous le comprenez bien. 


3. Autre article sur le cinabre (4). — Il faut savoir que la magnésie (5) 


(1) S'agit-il de notre étain moderne ? 
ou bien de cet alliage de plomb 


(3) Emploi de la soude pour réduire 
le sulfure de mercure. 


et d’argent, désigné par Pline sous 
le nom de Stannum? (Introduction, 
p. 250). 

(2) Addition d’un copiste praticien; 
à moins qu'il ne faille lire ἐχπλάσεως, 
(œuvre de) moulage, au lieu de ἐχχλη- 
σίας. 


(4) Dans ceK, cinabresignifie la san- 
guine, ou hématite, et non le sulfure 
de mercure. 

(5) Le mot de magnésie désigne ici le 
minerai de fer magnétique, employé à 
la fois dans la fabrication du verre et 
dans celle des armes. 


40 INDICATIONS GÉNÉRALES 


du verrier est de la nature de celle de l'Asie, au moyen de laquelle le verre 
recoit des teintures ; c’est avec elle que se fabriquent le fer de l'Inde et les 


épées merveilleuses. 


1. xvi. — DIPLOSIS DE MOISE 


Cuivre de Calaïs (2), 1 once; arsenic, soufre apyre, 1 once, et plomb (3) 
natif, 1 once; sandaraque décomposée, 1 once. Broyez dans l'huile de rai- 
fort, avec du plomb, pendant trois jours. Mettez dans l’acmadion (vase de 
grillage) et placez sur des charbons, jusqu'à désulfuration; puis retirez, et 
vous trouverez votre produit. De ce cuivre, prenez 1 partie et 3 parties 
d'or; faites fondre, en poussant vivement la fusion, et vous trouverez le 


tout changé en or, avec l’aide de Dieu. 


I. xx. — DIPLOSIS D'EUGENIUS © 


Cuivre brûlé, 3 parties; or, 1 partie. Faites fondre, et ajoutez de l’arsenic. 
Faites brûler et vous trouverez le produit ramolli. Ensuite broyez dans du 
vinaigre, pendant 7 jours, au soleil. Puis, après avoir desséché, faites fondre 
de l'argent, et quand il est à point (5), projetez-y cette composition : vous 
trouverez l'argent à l'état d’électrum. Mélangez au produit de l'or, à 


parties égales, et vous aurez un bel or pur. 


(1) Voir Jntrod., p. 6r. C’est un pro- 
cédé pour fabriquer de l’or à bas titre; 
aussi bien que le procédé suivant. 

(2) Voir Lexique Alchimique, p. 0. 

(5) Le signe du plomb est parfois le 
même que celui du soufre : Zntrod., 
p.102. — Voir aussi dans le Lexique, 
p. ὃ et 9, deux des articles : Eau de 


soufre, p. 9, l’article Soufre blanc; et 
p. 13, l’article Osiris. 

(4) Ce nom ne reparaît pas ailleurs 
dans nos ouvrages alchimiques. — Il 
rappelle celui du rhéteur païen, pro- 
clamé empereur par Arbogaste et mis 
à mort par Théodose en 304. 

(5) J'adopte γελάσαντι. 


net De οι 


LE LABYRINTHE DE SALOMON 41 


t 


1. xx. — LE LABYRINTHE 


QUE SALOMON AVAIT FAIT CONSTRUIRE (1) 


As-tu entendu parler, étranger, d’un labyrinthe dont Salomon forma le 
plan dans son esprit et qu’il fit construire avec des pierres rassemblées en 
rond? Ce dessin en représente la disposition, la forme et la complication, 
tracées par des lignes fines, d’une façon rationnelle. En voyant ses mille cir- 
cuits, de l’intérieur à l’extérieur, ses routes sphériques qui reviennent en 
rond, de çà et de là, sur elles-mêmes, apprends le cours circulaire dela vie, 
te manifestant ainsi les coudes glissants de ses chemins brusquement repliés. 
Par ses évolutions sphériques, circulaires, il s’enroule subtilement en cor- 
dons composés ; de même que le serpent pernicieux, dans ses replis, rampe 
et se glisse, d’une facon tantôt manifeste, et tantôt secrète. 

Il a une porte placée obliquement et d'un accès difficile. Plus tu accours 
du dehors, en voulant t'élancer, plus lui-même, par ses détours subits, (t’}en- 
gage à l'intérieur, vers la profondeur où se trouve la sortie. Il te séduit 
chaque jour dans tes courses; il se joue et se moque de toi par les retours de 
l'espérance ; comme un songe qui t'abuse par des visions vaines, jusqu’à ce 
que le temps qui règle la comédie se soit écoulé, et que le trépas, hélas ! 


règlant tout dans l’ombre, t'ait reçu, sans te permettre de réussir à atteindre 


la sortie. 
(1) Voir la figure 30, Introd., p. 157. pas à la vieille tradition des Alchi- 
— Ce labyrinthe est une œuvre caba- mistes grecs. 


listique du moyen âge, quin’appartient 


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DEUXIÈME PARTIE 


TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


II. 1. —.DÉMOCRITE 
QUESTIONS NATURELLES ET MYSTÉRIEUSES 


1. Mettez dans une livre de pourpre, un poids de deux oboles de scories 
de fer, macérées dans sept drachmes d’urine, posez sur le feu jusqu’à ébulli- 
tion. Puis, enlevant du feu la décoction, mettez Le tout dans un vase. Reti- 
rant d’abord la pourpre, versez la décoction sur la pourpre et laissez trem- 
per une nuit et un jour. Puis, prenant quatre livres de lichen marin (1), 
versez de l’eau de façon qu'il y ait au-dessus du lichen quatre doigts d’eau, 
et tenez (le mélange dans cet état) jusqu’à ce qu’il s’épaississe ; filtrez alors, 
faites chauffer et versez sur la laine disposée d'avance. Foulez ce qui est trop 
lâche, de façon que le jus pénètre la laine à fond ; puis laissez deux nuits et 
deux jours. Prenez ensuite et faites sécher à l’ombre ; déversez le jus. 

Puis reprenez le même jus et, dans deux livres de ce jus, mettez de l’eau, 
de façon à reproduire la première proportion. Tenez de même {le mélange 
dans cet état), jusqu'à ce qu’il s’épaississe; puis l'ayant filtré, mettez-y de la 
laine, comme tout d’abord, et laissez une nuit et un jour. Prenez ensuite 
et rincez dans l'urine, puis séchez à l'ombre. 


Prenez de l’orcanette (2), broyez; mettez quatre livres d’oseille et faites 


(1) Orseille. estindiqué comme traduction commune 

(2) Ici commence un second procédé pourles mots laccha et anchusa, par les 
de teinture en pourpre, indépendant du dictionnaires (Voir aussi SAUMAIsE, Pli- 
premier. On procède cette fois au nianæ exercitationes). 


moyen dela Laccha.—Lemot orcanette Dans la recette 96 des Papyrus de 


ῳ; 


44 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


bouillir avec de l'urine, jusqu’à ce que l’oseille soit délayée; ayant filtré 
l'eau, mettez l’orcanette, faites cuire jusqu’à épaississement et, ayant filtré 
à nouveau l’orcanette, mettez la laine. Ensuite lavez avec l’urine, et après 
cela avec de l’eau. Faites sécher de même à l'ombre. Exposez aux vapeurs 
des algues marines la laine trempée dans l'urine, pendant 2 jours. 

2. Voici ce qui entre dans la composition de la pourpre : l’algue qu’on 
appelle fausse pourpre (1), le coccus (2),la couleur marine (3), l’orcanette (4) 
de Laodicée, lecremnos{5), lagarance d'Italie, le phyllanthiond'Occident (6), 
le ver à pourpre (7), tiré de....., le rose d'Italie. Ces couleurs ont été 
estimées entre toutes par nos prédécesseurs. Celles qui ne donnent pas de 
teinture fixe sont de nulle valeur. Telles sont la cochenille de Galatie, la 
couleur d'Achaïe, qu'on appelle laccha, celle de Syrie qu'on appelle 
rhizion, le coquillage et le double coquillage de Libye, la coquille 
d'Égypte de la région maritime qu’on appelle pinna, la plante appelée 
isatis, et la couleur de la Syrie supérieure que l’on appelle murex. Ces cou- 
leurs ne sont pas solides, ni estimées parmi nous, excepté celle de l’isatis (8). 

3. Ayant recueilli ces notions de notre maître précité, et connaissant la 
diversité de la matière, nous nous sommes efforcés de faire concorder les 
natures. Maïs, notre maître étant mort avant que nous fussions initiés, et 
dans un temps où nous nous occupions encore de la connaissance de la 
matière, on nous dit qu’il fallait essayer de l’évoquer de l’Hadès. Et je 


n’efforçais d'atteindre ce but, en l’invoquant directement par ces mots : Par 


Τ 6146 (/ntrod., Ὁ. 48) ; il y a aussi deux 
procédés parallèlesdeteinture, l'unavec 
l’orseille, l’autre avec l’orcanette. Ces 
deux matières différentes formaient- 
elles la base des teintures doubles 
(étoffes δίδαφοι, dont parlent les anciens 
auteurs) ? ou bien celles-ci étaient-elles 
exécutées avec une même matière? La 
description ci-dessus, reproduisant deux 
fois le traitement avec l’orseille, est 
plutôt favorable à la seconde opinion. 

(1) Mot à mot : faux coquillage. 

(2) Sorte de cochenille. 

(3) Orseille. 

(4) Anchusa, 


(5) Matière inconnue : 

(6) Ou des plongeurs ? 

(7) Voir Salmasii Plinianæ exer- 
citationes, p. 192, b, E et Ε΄. et pages 
suivantes (1689). 

(8) Ce qui précède est le fragment 
de divers procédés de teinture en pour- 
pre, tirés des notes de quelque teintu- 
rier et analogues aux recettes du Papy- 
rus de Leide (/ntrod., p. 48). Puis 
vient un morceau magique, suivi d’un 
fragment alchimique : v. Origines de 
l’Alchimie, p. 150. — La traduction 
actuelle du premier fragment a été 
soumise à une révision nouvelle. 


- 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 49 


quels dons récompenses-tu ce que j'ai fait pour toi? Après ces mots, je 
gardai le silence. Comme je l’invoquais à plusieurs reprises, lui demandant 
comment je pourrais faire concorder les natures, il me dit qu’il lui était 
difficile de parler sans la permission du Démon (génie). Et il prononça 
seulement ces mots : « Les livres sont dans le Temple. » 

Retournant au Temple, je me mis à chercher si je pouvais être mis en pos- 
session des livres ; car il ne m'avait pas parlé de ces livres de son vivant, étant 
mortsans avoir fait de dispositions testamentaires. Ilavait, à ce qu’on prétend, 
pris un poison pour séparer son âme de son corps ; ou bien, àcequeditson 
fils, il avait avalé du poison par mégarde. Or, avant sa mort, ilcomptait mon- 
trer les livres à son fils seulement, quand celui-ci aurait dépassé le premier 
âge. Aucun de nous ne savait rien de ces livres. Comme après avoir fait 
des investigations nous n'avions rien trouvé, nous nous donnions un mal 
terrible (pour savoir) comment s'unissent et se confondent les substances et 
les natures. Mais lorsque nous eûmes opéré les compositions de la matière, 
le temps étant venu d’une cérémonie dans le Temple, nous fimes un festin 
en commun. Donc, comme nous étions dans le naos, tout d’un coup, une 
certaine colonne s’ouvrit, mais nous n’y vimes rien à l’intérieur. Or, ni lui, 
ni personne ne nous avait dit que les livres de son père y eussent été dépo- 
sés. S'étant avancé, il nous conduisit à la colonne; nous étant penchés, 
nous vimes avec surprise que rien ne nous avait échappé, saufi cette for- 
mule précieuse que nous y trouvâmes : 

« La nature jouit de la nature; la nature triomphe de la nature; lanature 
maîtrise la nature. » 

Nous fûmes très surpris qu’il eût rassemblé en si peu de mots tout son écrit. 

« Je viens (1) moi aussi apporter en Égypte le traité sur les (questions) 
naturelles, afin que vous vous éleviez au-dessus de la curiosité du vul- 


gaire (2) et de la matière confuse. » 


(1) Ceci paraît être le vrai commen- et la Chrysopée, dont parle Synésius. 
cementdu traité du Pseudo-Démocrite; (2) Cette expression semblait consa- 
ce qui précède représentant des lam- crée dans les expositions de doctrine 
beaux surajoutés. Le traité même est secrète : διὰ τὴν τῶν πολλῶν περιεργίαν, dit 
constitué par les deux livres sur le blanc aussi le Papyrus V de Leide, col. 12, 


et le jaune, c’est-à-dire l'Argyropée 1. 18 (Introd., p. 10). 


46 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


CHRYSOPÉE 


4. Prenant du mercure; fixez-le aveclecorps métallique(r) dela magnésie (2), 
ou avec le corps métallique (τὴ de l’antimoiïne d'Italie, ouavec du soufreapyre, 
ouavecdela sélénite, ou avec de la pierre calcaire cuite, ou avec l’alun de Milo, 
ou avec l’arsenic (3), ou comme vous l’entendrez. Mettez la terre blanche 
{ainsi préparée) sur du cuivre et vous aurez du cuivre sans ombre (4). Ajou- 
tez de l'argent jaune (5) et vous aurez de l’or; avec l'or (le résultat) sera 
du chrysocorail (6) réduit en corps (métallique). 

Le même effet s'obtient avec l’arsenic jaune (7) et la sandaraque (δὴ 
traitée convenablement, ainsi qu’avec le cinabre tout à fait transformé. Le 


mercure seul produit le cuivre sans ombre. La nature triomphe de la na- 


ture (0). 


(1) Métal réduit de ses minerais, ou 
autres composés. 

(2) Ce mot signifiait à l’origine la 
pierre magnétique ; mais dans le Le- 
xique, il est traduit par : plomb blanc, 
pyrite, antimoine femelle (sulfure d’an- 
timoine en grands cristaux), cadmie 
(oxyde de zinc impur, mêlé de cuivre). 
ΤΙ désignait aussi l’étain et l’alliage du 
cuivre et du plomb. Les sens multiples 
de ce motontété donnés dans l’/ntro- 
duction, p. 255. Il semble en particu- 
lier qu'il s’appliquât à tout minerai 
noir ou blanc, susceptible de fournir 
par sa réduction un métal, un alliage, 
ou un amalgame, blanc et fusible. 

(3) Sulfure d’arsenic : soit l’orpiment. 

(4) C'est-à-dire désoxydé, blanchi et 
amené à un éclat uniforme. D’après 
le Lexique, p. 6 : le cuivre couvert 
d'ombre, c’est la fleur de cuivre (pro- 
toxyde,sous-sels, vert-de-gris).(Zntrod., 
p. 232.) 

(5) Ou plutôt de l’Electrum, d’après 
lesigne de B. 

(6) Autrement dit coquille d’or, ex- 
pression encore usitée en orfèvrerie. 


(7) Orpiment. 

(8) Réalgar. 

(9) Voici quelle paraît être la signifi- 
cation générale des recettes de ce para- 
graphe. Faitesavec le mercure un amal- 
game, ouéteignez le avec une substance 
quelconque. Puis étendez le produit 
(terre blanche) sur le cuivre; celui-ci 
deviendra d’un éclat argentin uniforme. 

Cette terre ou pâte blanche est encore 
désignée sous le nom d’amalgame fusi- 
ble, et de préparation blanche, à la fin 
de la lettre d’Jsis à Horus, p. 34. 

Les composés arsénicaux peuvent 
aussi blanchir le cuivre par sublimation; 
de même le cinabre, soit à chaud, soit 
en le décomposant par quelque artifice. 
Enfin le cuivre blanchi à la surface 
peut être doré ensuite par un traite- 
ment convenable, au moyen de l’élec- 
trum,oude l’or en feuilles, ou en poudre 
(coquille d’or). 

Il s'agirait donc en fait d’un procédé 
d’argenture apparente ducuivre, précé- 
dant une dorure superficielle : ce qui 
est conforme aux analogies tirées du 
Papyrus de Leïde. (Zntrod., Ὁ. 56.) 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 47 


5. Traitez la pyrite d'argent, que l’on nomme aussi sidérite, suivant l’u- 
sage, de manière à la rendre fluide. Or, on la rendra fluide au moyen de 
la litharge grise, ou de la blanche, ou au moyen de l’antimoine d’Italie. Puis 
saupoudrez avec du plomb {je ne dis pas simplement avec du plomb, pour 
que vous ne fassiez pas d’erreur, mais avec le plomb de Coptos) et avec notre 
litharge noire, ou comme vous l’entendrez. Faites chauffer, puis mettez dans 
la matière du jaune factice et teignez (1). La nature jouit de la nature. 

6. Traitez la pyrite jusqu’à ce qu’elle devienne incombustible (2), après 
ayoir perdu sa couleur noire. Traitez-la avec la saumure, ou avec l'urine 
non corrompue, ou avec l’eau de mer, ou avec l’oxymel, ou comme vous l’en- 
tendrez, et faites cuire jusqu’à ce qu’elle devienne pareille aux paillettes 
d’or qui n’ont pas subi l’action du feu. Cela réalisé, mêlez-y du soufre 
apyre ou de l’alun jaune, ou de l’ocre attique, ou ce qui vous conviendra. 
Puis ajoutez de l'argent, pour avoir de l'or; et de l'or, pour avoir la coquille 
d’or. La nature domine la nature (3). 

7. Fabrication de l'or jaune.— Prenant du claudianos (4), rendez-lebrillant 
et traitez-le selon l'usage, jusqu’à ce qu'il devienne jaune. Par conséquent 
jaunissez-le (pour jaunir je ne parle pas de la pierre, mais de la partieutile 
de la pierre) (5). Or vous jaunirez avec l’alun décomposé, avec le soufre, ou 
avec l’arsenic, ou avec la sandaraque, ou avec le calcaire, ou avec ce que 
vous voudrez. Et si vous ajoutez ce composé à l’argent, vous obtiendrez de 
l'or ; si vous l’ajoutez à l'or, vous obtiendrez de la coquille d’or (6). La 


nature victorieuse domine la nature. 


mant du chlorure de sodium. Finale- 
ment, on prépare un alliage couleur 


(1) Cette recette paraît signifier que 
l’on doit traiter un minerai d’argent 


(argent sulfuré, couleur gris d’acier) 
par la litharge et le plomb (ou lanti. 
moine), de façon à obtenir un alliage; 
puis on colore cet alliage en jaune, à 
l’aide d’une matière non définie ici. 
(2) C'est-à-dire grillez, jusqu'a désul- 
furation et disparition de la couleur gris 
d’acier du sulfure d'argent, ou analogue. 
(3) Cette recette paraît exprimer le 
grillage de la pyrite argentifère, suivie 
de traitements par des liqueurs renfer- 


d’or, et renfermant soit de l'argent, 
soit une certaine dose d’or, associés au 
cuivre et à d’autres métaux. 

(4) Alliage du plomb avec le cuivre, 
l’étain, le zinc, etc. (Zntrod., p. 244, et 
Lexique, p. 10). 

(5) Glose d’un copiste, intercalée 
dans le texte. 

(6)Cette recette a pour objet la fabri- 
cation d’unalliage couleur d’or, avec le 
concours de l’arsenic (/ntrod., p. 67). 


43 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


8. Rendez le cinabre (1) blanc au moyen de l'huile, ou du vinaigre, ou du 
miel, ou de la saumure, ou de l’alun (2); puis jaune au moyen du misy, 
ou du sory (3), ou de la couperose, ou du soufre apyre, ou comme vous 
l’'entendrez. Jetez (le mélange) sur de l’argent et vous obtiendrez de l’or, 
si vous avez opéré la teinture en vue de l’or; ou de l’électrum, si vous avez 
opéré sur du cuivre (4). La nature jouit de la nature. 

9. Faites blanchir selon l'usage la cadmie de Chypre, je parle de celle qui 
a été affinée. Ensuite faites-la jaunir ; or vous la jaunirez avec de la bile de 
veau, ou de la térébenthine, ou de l'huile de ricin, ou de raifort, ou avec des 
jaunes d’œufs, toutes substances pouvant la jaunir : puis jetez le mélange 
sur de l'or. Car l'or s'obtiendra au moyen de l'or et de la liqueur d’or. La 
nature triomphe dela nature (5). 

10. Traitez l’androdamas (6) avec du vin âpre au goût, ou de l’eau de mer, 
ou de l'urine, ou de la saumure, toutes substances pouvantéteindre sa force 
naturelle. Délayez avec de l’antimoine de Chalcédoine, puis traitez de nou- 
veau avec de l'eau de mer, ou de la saumure pure, ou mêlée de vinaigre. 
Lavez jusqu’à ce que la couleur noire de l’antimoine ait disparu (7). Faites 
griller ou cuire, jusqu'à ce que la matière ait jauni (8); puis faites bouillir 
dans l’eau du soufre natif (0). Jetez sur l'argent et, lorsque vous aurez mis du 


soufreapyre,vousobtiendrez delaliqueur d’or(ro). Lanaturedominela nature. 


(1) S'agit-il du sulfure de mercure, ou 
bien du minium καὶ (V. Introd., p. 244). 

(2) Un commentateur du xve siècle a 
écrit en marge une interprétation mys- 
tique. « L’alun, et l’éther, et le mer- 
cure, et le cuivre sans ombre. » 

(3) Minerais de cuivre. Voir /ntrod., 
Ρ. 242. 

(4) Dans cette recette, il s’agit d’un 
vernis couleur d’or (Zntrod., p. 50). 

(5) C’est une recette de vernis pour 
teindre superficiellement en or; oupour 
modifier la couleur d’un objet d’or. 

(6) D’après le Lexique, p. 9 : Pyrite 
etarsenic, c'est-à-dire pyrite arsenicale. 
M et À mettent er marge le signe de 
l'or, qui se rappo ‘a couleur de ces 
substances : du moins à l’origine de ces 


recettes, et tant qu'elles ont eu un ca- 
ractère pratique ; car plus tard les com- 
mentateurs les ont entendues dans un 
sens mystique. 

(7) Les sulfures métalliques sont 
changés par là, en vertu d’une oxydation 
lente, en oxysulfures, et sels basiques. 

(8) Formation d’oxysulfures. 

(9) Polysulfure de calcium, ou ana- 
logue, d’après le papyrus de Leiïde. 
(Introd., p. 68). Maïs le sens du mot 
est plus compréhensif d’après le Le- 
xique, Ὁ. 8 et 9. 

(10) C'est-à-dire teignant l'argent en 
or, par une sulfuration superficielle. — 
Une recette analogue se trouve dansle 
papyrus de Leide, à la suite de l’article 
sur l’eau de soufre (/ntrod., Ὁ. 47). 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 49 


11. Prenant de la terre blanche, j'entends celle que l’on tire de la céruse, 
et des scories d’argent (τὴ, ou de l’antimoine d'Italie: puis de la magnésie, 
ou encore de la litharge blanche, faites blanchir. Or vous faites blanchir 
(cette terre) avec de l’eau de mer ou de la saumure adoucie, ou de l’eau du 
ciel : j'entends en l’exposant à la roséç et au soleil, de facon que (cette terre) 
réduite en poudre devienne blanche comme la céruse. Faites fondre et mettez 
de la fleur de cuivre (2) et de la rouille raclée (je parle de cellequi a subi letrai- 
tement); ou bien du cuivre brûlé très altéré, ou de la chalcite; et jetez-y du 
bleu (3), jusqu’à ce que la matière devienne solide et compacte, effet qui sera 
facilement obtenu. Ce que l’on obtient ainsi, c'est le molybdochalque (4). 
Assurez-vous si le produit est d’une teinte claire: s’il n’en est pas ainsi, ne 
vous en prenez pas au cuivre, mais plutôtà vous-même, vu que vous n’aurez 
pas fait une bonne opération. Préparez donc un métal de teinte claire, divi- 
sez-le et ajoutez les substances capables de le jaunir ; cuisez, jusqu’à ce que 
la couleur jaune soit obtenue. Ajoutez-en dans toute espèce de corps métal- 
lique, ; car le cuivre de teinte claire, en devenant jaune, teint toute espèce 
de corps (5). La nature triomphe de la nature. 

12. Délayez avec du soufre apyre, du sory et de la couperose. Le sory 
est une matière bleuâtre, rugueuse, que l’on trouve toujours dans le misy:on 
l’appelle couperose verte (6j. Faites le cuire sur un feu modéré pendant 
trois jours, jusqu’à ce qu'il devienne jaune (7). Jetez-le sur le cuivre, ousur 
l'argent fabriqué par nous, et vous aurez de l’or (8). 

Déposez le métal réduit en feuilles dans du vinaigre, de la couperose, du 
misy, de l’alun, du sel de Cappadoce, du natron roux, ou ce que vous 


voudrez, pendant trois ou cinq ou six jours, jusqu’à ce qu’il se forme de la 


(1) Après coupellation. 

(2) Voir Dioscoripe, Mat. méd., V,S88, 
— Ce mot désigne un protoxyde de 
cuivre impur et des sous-sels. (Zntrod., 
Ῥ- 232). 

(3) Azurite, hydrocarbonate de cuivre 
ou corps analogues. (/ntrod., p. 243). 

(4) Alliage de cuivre et de plomb (par- 
fois avec antimoine, etc). — Ce qui pré- 
cède en décrit la préparation avec assez 
de clarté. 


(5) Ceci est une recette d’alliage 
jaune (bronze ou laiton), à base de 
cuivre et de plomb (et d’antimoine). 

(6) Sulfate de protoxyde de fer, 
probablement mêlé de sulfate de cui- 
vre. 

(7) Le sulfate de fer se change ainsi 
en sel basique de peroxyde. 

(8) C'est-à-dire que le métal sera teint 
à la surface d’une couleur dorée. 


“1 


50 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


rouille, puis teignez (1). Car la couperose fait de l’or avec la rouille. La 
nature jouit de la nature. 

13. Mélange pour la teinture. Traitez la chrysocolle de Macédoine (2), qui 
ressemble à la rouille de cuivre, en (la) délayant dans l’urine de génisse, 
jusqu’à ce qu'elle soit transformée. Car la nature est cachée à l’intérieur 
(des substances). Quand la chrysocolle sera transformée, plongez la dans 
l'huile de ricin, en faisant passer au feu à plusieurs reprises et en teignant. 
Ensuite mettez cuire avec de l’alun, après avoir préalablement délayé avec 
du misy, ou du soufre apyre; jaunissez et teignez tout le métal en or (3). 


14. Ὁ natures productrices des natures (4), ὃ natures majestueuses qui 


A 


triomphez des natures par les transformations, ὃ natures qui charmez les 
natures d'une façon surnaturelle ! Telles sontdonc les choses qui concernent 
Ja grande nature. [1 n’y a pas d’autres natures supérieures à celles-ci, dans 
les teintures ; il n’en est pas d’égales, ni d’inférieures. Toutes ces choses sont 
exécutées au moyen de la dissolution. O mes confrères en prophétie, je 
sais que vous n’avez pas été enclins à l’incrédulité, mais à l’étonnement; 
car vous connaissez la puissance de la matière. Tandis que les jeunes 
gens sont embarrassés et n’ajoutent pas foi à ce qui est écrit, parce qu'ils 
sont dominés par leur ignorance de la matière; ne sachant pas que les 
enfants des médecins, lorsqu'ils veulent préparer un médicament propre 
à guérir, n’entreprennent pas de le faire avec un élan inconsidéré; mais 
ils essaient d’abord quelle substance est chaude, quelle autre réunie à celle- 
ci opère un mélange moyen; quelle substance est froide ou humide, et dans 
quelle condition elle doit être pour favoriser un mélange moyen. Et c’est 
de cette façon qu’ils préparent le médicament qu'ils destinent à la guérison. 

15. Mais ceux-ci, qui se proposent de préparer la cure de l’âme et la déli- 
vrance de toute peine, ne s’apercoivent pas qu’ils serontembarrassés en procé- 


dant par un élan dénué de discernement etde raison. En effet, croyant quenous 


(1) Cette phrase se rapporte à une 
autre recette, probablement celle de 
l'affinage de l'or par voie sèche. (V. In- 
trod., p. 14 à 16.) 

(2) Chrysocolle signifie à la fois 
alliage d'or pour soudure, et ma- 


lachite. (V. Introduction, page 245.) 
(3) [1 semble qu'il s'agisse d’un affi- 
nage superficiel, par cémentation de 
l'alliage d’or. 
(4) Le charlatan enthousiaste reparaît 
ici. 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 51 


tenons des discours fabuleux et non symboliques, ils ne font aucune épreuve 
des espèces : de manière à voir par exemple si telle espèce est bonne pour 
nettoyer, telle autre accessoire ; telle bonne pour teindre, telle pour produire 
la combinaison complète ; si telle convient pour donner du brillant; tandis 
que telle autre est à éviter par rapport au brillant. Ils ne cherchent pas si telle 
substance ressortira du fond (de la matière teinte); si telle autre résistera 
au feu, et si telle autre par son adjonction rendra le corps plus résistant au 
feu. Ainsi, par exemple, comment le sel nettoie la surface du cuivre et même 
ses parties internes ; etcomment il rouille (1)les parties externes, après le dé- 
capage, et même les parties internes. Etensuite, comment le mercure blanchit 
les parties externes du chrysochalque et les nettoie, et comment il blanchit 
les parties internes ; comment il est éliminé à la surface et comment il sera 
éliminé des parties internes. Si les jeunes gens étaient exercés dans ces 
matières, ils n'échoueraient pas dans les préparations entreprises précipi- 
tamment. Car ils ne savent pas qu'une seule espèce transforme jusqu’à 
dix espèces de natures contraires. En effet une goutte d’huile suffit à faire 
disparaître une grande quantité de pourpre, et un peu de soufre peut brûler 
beaucoup d'espèces. Voilà ce que nous avions à dire sur les substances 
sèches, et comment il faut donner son attention à ce qui est écrit. 

16. Maintenant, parlons des liqueurs. Prenant de la rhubarbe pontique, 
broyez-la dans du vin aminéen de saveur âpre. Amenez en consistance ci- 
reuse, étendez sur la feuille d’argent (2), afin de produire l'or (3). Donnez 
l'épaisseur de l’ongle et servez-vous d’une couche encore plus mince de la 
préparation ; placez-la dans un vase neuf, luté de toutes parts; faites chauf- 
fer doucement jusqu’à pénétration jusqu’au centre de la feuille. Puis met- 
tez la feuille métallique (4) dans le reste de la préparation. 

Délayez dans le vin prescrit pour cet usage, jusqu’à cequelaliqueur s’épais- 


sisse. Mettez-y aussitôt la feuille, avant qu’ellene soit encore refroidie. Laissez 


(1) Par une action immédiate, il dé- | à sa surface (v. Papyrus de Leide et 


cape ; tandis que par un contact et une 
action prolongés, il détermine la for- 
mation d’une rouille (oxychlorure de 
cuivre). Tout ceci est assez clair. 

(2) Il s’agit ici de teindre en or l’argent 
(μήνη), à l’aide d’une couleur appliquée 


Introduction, p. 6). Il en est de même 
du procédé suivant. 

(3) C'est-à-dire la couleur d’or super- 
ficielle, ou vernis. 

(4) Que vous voulez teindre. 


52 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


l’imbibition se faire. Puis prenant (la feuille), fondez etvous trouverez de l’or. 

Si la rhubarbe est ancienne, mêlez-y une égale quantité de chélidoine, 
que vous aurez préalablement macérée selon l’usage; en effet la chélidoine a 
de l’affinité pour la rhubarbe. La nature jouit de la nature. 

17. Prenez du safran de Cilicie (1); délayez les fleurs de safran dans le jus 
de la vigne prescrit pour cet usage et faites une liqueur, à la manière ordi- 
naire. Trempez-y l'argent en feuilles, jusqu’à ce que la couleur vous 
plaise. Et si c’est une feuille de cuivre, cela vaudra mieux : purifiez le 
cuivre au préalable, suivant l’usage. Puis prenant de la plante aristolo- 
che, deux parties ; du safran et de la chélidoine, une dose double : mettez 
en consistance de cire et, après avoir enduit la feuille, travaillez suivant 
la première marche : vous serez surpris du résultat. 

En effet le safran de Cilicie a la même action que le mercure; comme 
le cassia a la même action que la cannelle. La nature triomphe de la nature. 

18. Prenant notre plomb rendu peu fusible (2), au moyen de la terre de 
Chio, de la pierre de Paros et de l’alun; faites-le fondre sur un feu de 
paille et projetez sur de la pyrite. 

Prenez (d'autre part) le safran, le carthame, la fleur d’œchomène (3), la 
chélidoine, le marc de safranet l’aristoloche; délayez-les dans du vinaigre très 
fort et faites une liqueur, suivant l’usage; puis laissez le plomb s’imbiber dans 
de la rhubarbe, et vous trouverez de l'or (4). Que la composition contienne 
aussi un peu de soufre. La nature domine la nature. 

19. Cette matière de la Chrysopée, accomplie par des opérations naturelles, 
est celle de Pamménès, qui l’enseigna aux prêtres en Egypte. Or ne vous 
étonnez pas si une seule espèce accomplit un tel mystère (5). Ne savez-vous 


pas que la multiplicité des préparations, même avec beaucoup de temps et 


(1) Dans les ms. A etB il y a au-dessus la Chimie de Moïse (publiée plus loin). 
le signe du mercure (arsenic métallique). (2) Voir Introd., p. 28, τὴ recette du 
Peut-être s'agit-il d'un composé arseni- Papyrus de Leide; — p. 35, 24° recette; 
cal. En effet le mot safran a été appliqué p. 44, 845 recette. 
jusqu’à notre temps à divers composés (3) Echomène dans le Lexique. — 
minéraux jaunes : safran de Mars signi- Basilic ὃ — (Lexique, p. ὃ. note). 
fie un oxyde ou sel basique de fer ; safran (4) C’est encore une recette pour ver- 
des métaux, un oxysulfure d’antimoine. nirencouleur d’orlasurface des métaux. 


—- Misy cru signifie aussi safran, d’après | (5) Voir I, xv, p. 37. 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 53 


de peine, ne ressoude pas la fracture du fer; tandis que l’excrément 
humain (1ὴ y réussit aussitôt. Dans les maladies qui exigent l'emploi des 
caustiques, la multiplicité des remèdes ne sert à rien; tandis que la chaux 
vive seule, mise en œuvre convenablement, guérit la maladie. Souvent la 
variété des traitements dans l’ophthalmie a pour effet de faire du mal; tan- 
dis que le nerprun épineux est une plante qui réussit bien, dans toute affec- 
tion de ce genre. Il faut donc dédaigner cet ensemble de matières vaines et 
intempestives et se servir des seules substances naturelles {(convenables) (2). 
Maintenant jugez d’après cela si quelqu'un peut accomplir l'œuvre, sans 
les natures exposées précédemment. Mais si l’on ne peut rien faire sans 
elles, pourquoi aimons-nous cette fantaisie de matières diverses ? Pourquoi, 
chez nous, ce concours de nombreuses espèces tendant au même résultat, 
étant donné qu’une seule nature triomphe du Tout ? 


Voyons la composition des espèces, en vue de l’Argyropée. 


FABRICATION DE L'ASÈM (3) 


20. Fixezsuivantl'usage le mercure (4) tiré de l’arsenic ou de la sandaraque, 


ou préparé comme vousl’entendrez; projetez (le) sur le cuivre et le fer (5)traité 


par le soufre, et le métal deviendra blanc (6). 


Le même effet est produit par la magnésie blanchie (7), l’arsenic (δ) 


(1) Il s’agit de quelque recette pour 
raccommoder le fer. 

(2) Note du xive siècle dans M, au bas 
de la page : «La lie brûlée avec le sel a la 
même vertu que le borax pour la soudure. 

Pour braser (?) : le soufre et l'urine, 
et le vinaigre et l’ail, un peu de sel et 
un peu d’eau ». 

Suit une troisième recette, avec des 
mots barbares. 

(3) Ce titre, comparé à la phrase pré- 
cédente, tend à identifier l’asèm avec 
l'argent; ce qui est en effet le sens 
moderne du mot ἄσημος. Mais à l’origine 
l’asèm était un alliage spécial, intermé- 
diaireentrel’or et l'argent, etanalogue à 
l’électrum.—(/ntrod., p. 62.) 


(4) Le mot mercure signifie ici notre 
arsenicsublimé. (/ntrod., p. 99 et 230.) 

(5) Leçon de A B : « mettez du cuivre 
dans du fer... ». 

(6) Cette recette répond au blanchi- 
ment d'un alliage cuivreux par les 
composés arsenicaux. — La suivante 
est plus obscure; mais elle paraît avoir 
le même sens. — En raison de ce blan- 
chiment, on croyait que les composés 
arsenicaux contenaient une espèce de 
mercure. (Introd., p.90.) 

(7) Signe du cinabre au-dessus, dans 
M. S'agit-il d’un amalgame? (Voir 
Introd., p. 255.) 

(8) Signe de l’or au-dessus, M. Est-ce 
l’arsenic couleur d’or (orpiment)? 


54 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


transformé (1), la cadmie calcinée, la sandaraque (2) apyre (3), la pyrite bian< 
chie (4), et la céruse (5) cuite avec du soufre. Vous amollirez le fer en y 
mettant de la magnésie, ou du soufre (6), moitié moins, ou de la pierre 
magnétique en petite quantité; car la pierre magnétique a de l’affinité pour 
le fer. La nature charme la nature. 

21. Prenant la vapeur (7) décrite précédemment, faites la cuire dans 
l'huile de ricin (8) ou de raifort, avecaddition d’un peu d’alun. Puis prenant de 
l’étain, purifiez avec du soufre suivant l’usage, ou avec de la pyrite (9), ou 
comme vous l’entendrez. Incorporez avec la vapeur (mercurielle) et faites le 
mélange. Mettez cuire sur une flamme enveloppante, et vous trouverez un 
produit analogue à la céruse. Cette préparation blanchit toute sorte 
de corps (métalliques). Mêlez-y dans les projections la terre de Chio (το), 
ou l’astérite, ou la sélénite, ou ce que vous voudrez; car la sélénite 
mêlée au mercure blanchit toute sorte de corps. La nature triomphe de la 
nature (1 1]. ᾿ 

22. Magnésie blanche (12) : blanchissez-la avec de la saumure et de l’alun 
lamelleux, dans de l’eau de mer (13); ou dans unjusnaturel, je parle du jus de 
citron; ou bien dans la vapeur de soufre. Car la fumée du soufre étant blan- 
che, blanchit tout. Quelques-uns disent aussi que la fumée des cobathia (14) 
blanchit (la magnésie ?) Mêlez-y après le blanchiment une quantité égale 


de lie, afin qu’elle devienne très blanche. Après avoir pris 4 onces de cuivre 


1) Par grillage. Signe de l'argent au- 8) Au-dessus, le signe du soufre, M. 
δ Oo D Oo 3 δ 


dessus, M. 

(2) Les deux signes (PI. I, 1. 17; 
Introd., p. 108) du sel ammoniac, au- 
dessus des mots cadmie et sandaraque, 
MA 

(3) Au-dessus, le mot «exact», M. Ce 
quisembleindiquerque les signes précé- 
dents représentent une variante de 
la recette, par interprétation. 

(4) Au-dessus, le signe du cinabre,M. 

(5) Au-dessus, le signe du mercure,M. 

(6) Au-dessus, le mot «exact » dans M. 

(7) Dans A et B à la place de νεφέλην, 
le signe du mercure. Est-ce le mercure ? 
ou l'arsenic ἢ 


(o) Au-dessus, le signe de l’or, M. — 
Pvrite couleur d’or. 

(10) Au-dessus, le signe du cina- 
bre, M. 

(11) Cette recette répond à la prépa- 
ration d’une composition propre à 
blanchir les métaux par amalgamation 
superficielle. — Voir papyrus X de 
Leide, recette n° 86. (/ntrod., p. 46.) 

(12) Signe du cinabre au-dessus, M. 

(13) Au-dessus, le signe du mercure,M. 

(14) Vapeurs des sulfures arsenicaux 
(grillés), d’après le Lexique, p. 10. 
(Introd., p. 245.) 


PR CS 


DÉMOCRITE : QUESTIONS NATURELLES 55 


blanchâtre, je parle de l’orichalque, fondez-les et jetez-y peu à peu 1 once 
d’étain purifié d'avance, en agitant par en bas (le creuset) avec la main, 
jusqu’à ce que les substances se soient mariées. Projetez ainsi la moitié de 
la préparation blanche, et ce sera la première (opération); car la magnésie 
blanchie ne rend pas les corps métalliques fragiles, et ne ternit pas l'éclat du 
cuivre. La nature domine la nature. 

23. Prenant du soufre blanc, blanchissez-le en le délayant au soleil, avec 
de l'urine, ou avec de l’alun et de la saumure de sel. Le soufre natif est de 
beaucoup le plus blanc. Délayez-le avec de la sandaraque, et de l’urine de 
génisse, pendant 6 jours, jusqu'à ce que la préparation devienne semblable 
au marbre. Quand elle le sera devenue, il y aura là un grand mystère; car 
elle blanchit le cuivre, elle amollit le fer, elle rend l’étain compacte (1), et le 
plomb peu fusible; elle rend solides les substances métalliques et fixe les 
teintures. Le soufre mêlé au soufre rend les substances métalliques sulfu- 
reuses, parce qu'elles ont une grande affinité pour lui. Les natures 
charment les natures (2). 

24. Broyez la litharge propre à blanchir avec du soufre, ou de la cadmie, 
ou de l’arsenic, ou de la pyrite, ou de l’oxymel (3), afin qu’elle ne soit plus 
fluide. Faites cuire sur un feu très clair, après avoir consolidé le vase. 
Tenez la composition dans l’état, en y ajoutant du calcaire cuit, imbibé de 
vinaigre, pendant 3 jours, afin qu’elle devienne plus propre à décaper. Pro-. 
jetez donc {sur le métal) la préparation devenue plus blanche que la céruse. 
Elle devient souvent jaune, si le feu a été excessif; mais si elle devient 
jaune, dès lors elle ne vous est plus utile; car il s’agit de blanchir les 
corps métalliques. Faites-la donc cuire convenablement et jetez-la sur tout 
corps métallique destiné à être blanchi. Si la litharge perd sa fluidité, 


elle ne peut plus redevenir du plomb. Or cela arrive facilement, car la 


(1) Sans cri? — Voir les développe- 
ments de Geber.Bibl.Chem. de Manget, 
ἘΠ Ip- 575: 

(2) Il s’agit ici d’un alliage blanc à 
base de plomb, rendu moins fusible par 
addition de quelque autre substance. 
Toutes les préparations qui précèdent 
reposent sur un blanchiment opéré 


par le mercure, ou l’arsenic, ou sur la 
fabrication d'alliages blancs. 

Celles qui suivent (sauf peut-être le 
n° 24) sont des simples vernis superfi- 
ciels. Le même ordre a été suivi plus 
haut, dans les recettes de dorure. 

(3) Voir Lexique, p.11 et13. Il s'agit 
de quelque sel de plomb. 


56 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


nature du plomb se transforme aisément en beaucoup d’autres. Les natures 
triomphent des natures. 

25. Prenant du safran de Cilicie, broyez-le dans de l’eau de mer ou de 
la saumure et faites une liqueur; mettez sur le feu et teignez-y des feuilles 
de cuivre, de plomb, de fer, jusqu'à ce que le résultat vous plaise (1). (Ces 
feuilles) deviennent aïnsi blanches. Puis prenez la moitié de la prépara- 
tion, et délayez avec de la sandaraque, ou de l’arsenic blanc, ou du soufre 
apyre, ou ce que vous voudrez, et donnez (au mélange) la consistance cireuse. 
Enduisez la feuille et placez dans un vase neuf bien luté, selon l’usage. 
Placez sur un feu de sciure de bois pendant tout un jour. Ensuite, ayant 
enlevé (du feu), placez dans une liqueur pure, et le cuivre sera blanc, 
très blanc. Faites le surplus comme l'artisan; car le safran de Cilicie 
blanchit avec l’eau de mer et jaunit avec le vin. La nature charme la nature. 

26. Prenez de la litharge blanche et broyez-la avec des feuilles de laurier, 
de la terre Cimolienne, du miel et de la sandaraque blanche, et faites un 
mélange visqueux. Enduisez le métal avec la moitié de la préparation, puis 
mettez au feu selon l’usage. Trempez dans le reste de la préparation, après 
avoir délayé avec de l’eau et de la cendre de bois de peuplier ; car les 
mélanges sans substance propre (2) opèrent bien sans feu. On rend ainsi 
les teintures (3) capables de résister à la chaleur, même aidée des liquides. La 
nature triomphe de la nature, 

27. Prenant la vapeur sublimée décrite plus haut, broyez avec de l’alun 
et du misy, et après avoir imbibé avec du vinaigre, jetez-y un peu de cadmie 
blanche, ou de magnésie, ou de chaux vive, afin que d’un corps métallique il 
s’en formeun autre. Broyez avec du miel très blanc ; faites une liqueur, dans 
laquelle vous teindrez à chaud ce que vous voudrez ; laissez déposer etlatrans- 
formation sera accomplie. Ajoutez à la composition un peu de soufre apyre, 


afin que la préparation pénètre à l’intérieur (4). La nature domine la nature. 


(1) C’est un procédé pour colorer 
superficiellement le cuivre, le plomb, 
oule fer en blanc d'argent, à l’aide d’un 
enduit. (Voir Papyrusde Leide. Introd., 
p. 52 


(2) 


.) 
Ceci semble s'appliquer aux ver- 


nis appliqués à la surface du métal; 
par opposition au cas où le métal même 
est attaqué. 

(3) Teinture par vernissage. 

(4) Il semble qu’il s'agisse ici d’une 
teinture par amalgamation. 


DÉMOCRITE A LEUCIPPE 57 


28. Prenez 1 once d’arsenic, une demi-once de natron, 2 onces de la pel- 
licule des feuilles tendres du pêcher, une demie (once) de sel, 1 once de suc 
de mûrier, de l’alun schisteux une quantité égale. Délayez tout ensemble 
dans du vinaigre, ou de l’urine, ou de la chaux liquide (τὴ, jusqu’à ce qu’il 
se forme un liquide (homogène). Teignez-y à chaud les feuilles obscurcies 
(oxydées) du métal et vous obtiendrez un métal sans ombre (brillant) (2). La 
nature domine la nature. 

29. Ecartez toutes les choses utiles à l’or et à l’argent, et il ne reste rien; 
il n'y a plus rien à exposer, excepté la montée (évaporation) de la vapeur 
sublimée et de l’eau (3); mais je passe à dessein ces choses sous silence, 
attendu qu’elles figurent largement dans mes autres écrits. Profitez du 
présent écrit (4). 


En "DÉMOCRITEMANLEUCIPPE 


(Livre V de Démocrite adressé à Leucippe.) 
Démocrite à Leucippe, son ami, salut (5). 


1. Sache ce qu’il y avait sur ces arts des Égyptiens, ὁ Leucippe, dans les 
livres des prophètes persans (6). J’ai écritdansle dialecte vulgaire; parce que 
c'est celui qui convient le mieux au sujet; mais le livre lui-même n’est pas 
vulgaire ; car il contient des énigmes mystiques, anciennes et très raisonna- 


bles ; énigmes que les ancêtres et les rois de la divine Égypte ont exposées (7). 


(1) Eau de chaux, ou lait de chaux. 
(2) Teinture par amalgamati on. 


nères de celles du Papyrus de Leyde; 
mais à la suite desquelles l’auteuraajou- 


(3) En d’autres termes, l’auteur s'en 
réfère à ses autres ouvrages sur la dis- 
tillation. 

(4) C’est la conclusion des deux trai- 
tés relatifs à lateinture en or etenasèm, 
ou argent : teinture opérée tantôt à la 
surface, par coloration directe du mé- 
tal ou vernissage ; tantôt à fond, par fa- 
brication d’un alliage. Ces traités con- 
sistent en une série de recettes, congé- 


téles axiomes mystiques relatifs à la na- 
ture. L'idée de la transmutation vraie 
n'y est pas manifeste. 

(5) Cette phrase a été omise par acci- 
dent, dans le texte grec imprimé. 

(6) Cp. Orig. de l'Alch., p. 47. 

(7) Il y a là dansle grec quelques mots 
inintelligibles, par suite des erreurs 
du copiste. 


[9.4] 


58 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


Quant à moi qui suis ton ami, je me servirai d’énigmes raisonnables, 
telles que personne n’en a écrites pour moi parmi les initiés Egyptiens. 
Toi, médecin, qui as l'esprit éveillé, j'aurai soin de t’expliquer ouvertement 
toutes choses. L'ouvrage comprend le blanchiment et le jaunissement, ainsi 
que les amollissements et les cuissons du minerai de cuivre. Je laisse de 
côté la teinture; mais plus tard je reviendrai surtous les produits sin- 
guliers qui se fabriquent au moyen de ce même cuivre et du cinabre. 
Tu peux faire de l'or avec la cadmie et les autres espèces, par calcinations et 
alliages, et fabriquer des produits singuliers. 

2. Or, le livre commence ainsi : Prenez de l’arsenic lamelleux, et fabri- 
quez des feuilles métalliques. Mettez dans un pot rond, et brûlez. Puis, - 
lorsque (la préparation) est à point, jetez-y du lait ancien, en le versant sans 
incliner le vase. Lorsqu'il est coagulé, enlevez et délayez avec de l’alun 
arrosé d’urine de génisse, pendantseptjours ; puis, faites sécher au soleil; et 
délayez-y de nouveau de la saumure; jetez-y l’efflorescence saline (τὴ; gar- 
dez pendant sept jours, et le produit se forme. Prenez-le; faites sécher de 
nouveau au soleil ; mettez cette (préparation) dans un pot, faites-la cuire avec 
de l'huile de ricin ou deraifort, jusqu’à ce qu’elle devienne jaune. Projetez-y 
du cuivre et il blanchira. Le même effet est produit par la sandaraque. En 
traitant de même par la matière verte, la moitié du cuivre sera employée 
pour le jaunissement, et l’autre partie pour certains arrangements (2). 

3. Voici comment s'opère le traitement des matières sulfureuses pour le 
blanchiment du cuivre. Prenant de l’arsenic, faites macérer, soit dans le sel 
pendant neuf jours, soit dans l’urine d’un impubère; ou bien, car cela vaut 
mieux, pendant vingt et un jours. Puis délayez dans’ du vinaigre (3) de 
citron, pendant sept jours, en y mélangeant la partie blanche des citrons; 
ensuite faites sécher. Puis, prenant de la sandaraque couleur de fer, mettez- 
la en morceaux et faites macérer dans la saumure, pendant vingt et un jours. 
Puis, prenant de l’eau et du calcaire, faites une liqueur, desséchez et conser- 


vez. Ensuite, prenant la sandaraque, faites la bouillir avec de l'huile pendant 


| cette paraît être une teinture pour 
| blanchir le cuivre au moyen de l’arsenic. 
| (3) C'est-à-dire dans le jus acide. 


(1) Dioscorine, Mat. med., V. 128. 
— Introd., p. 267. © 
(2) Le commencement de cette re- 


4 


DÉMOCRITE A LEUCIPPE 59 


un jour; faites bouillir pareillement sur (un feu) de sciure de bois, avec 
de la chaux et maïintenez l’eau en contact pendant un jour et une nuit. 
Ensuite, prenant de l’une et de l’autre parties égales, jetez dans une 705 6 (1). 
Faites cuire dans l’huile de ricin ou de raifort, jusqu’à ce que la matière 
soit sèche, et conservez. Ensuite (prenant) du minerai de cuivre, pareil 
(en couleur) au corail natif, sans opérer la fusion à la façon des artisans, 
mélangez (). D’abord nettoyez le vase de verre (destiné à contenir le 
mélange ἢ) ; puis, affinez de la manière que j’exposerai plus tard. Ensuite, 
projetez (sur le métal), et le produit sera blanchi (2). Partagez en deux pour 
l'usage, ainsi que je vous l'ai dit plus haut (3). 

4. Prenant seulement deux parties du cuivre traité; de l’arsenic et 
de la sandaraque, une partie de chaque; de l’alun, une demi-partie; et de 
la pâte de safran, deux parties ; délayez, pendant vingt et un, ou quatorze, 
ou sept jours. Pour délayer, jetez le liquide sur la matière, et après l'avoir 
épuisée, vous verrez pendant le délayement, un changement de couleur, 
pareil à ceux du caméléon. Mais lorsque la matière ne change plus et cesse 
d'offrir plusieurs apparences, alors comprenez que vous obtiendrez heu- 
reusement le délayement en opérant, suivant le procédé des Prophètes 
égyptiens, dans un vase de verre; ils font cuire légèrement et ils projettent. 

5. Pour notre part, ceux qui nous inspirent confiance exposent autrement, 
en langage ordinaire, les opérations subséquentes. Prenant le cuivre et 
placant dans le mortier la préparation huileuse, mettez le produit dans une 
boîte et faites macérer pendant 31, ou 21, ou 15 jours, principalement dans 
le crottin de cheval (4); enlevez ensuite et gardez. Délayez à la façon des 
médecins, jetant dans la composition du misy, de la couperose, en quantité 
convenable, du safran, de la chélidoine, à raison d’une partie de chaque 
contre quatre parties de rouille (5) macérée. Puis faites fondre, après avoir 
délayé avec un peu de jaune (bile de veau), et attendri avec de la gomme 


le produit amené à un état constant par la macération consciencieusement 


(1) Nom de quelque vase ou instru- 
ment, qui ne se trouve pas dans les 
dictionnaires. 

(2) C’est encore un procédé pour 
blanchirle cuivre au moyen del’arsenic. 


(3) A la fin de la recette précédente. 

(4) Afin d'entretenir une douce cha- 
leur. 

(5) De cuivre ? 


60 " TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


pratiquée. Lorsque vous aurez délayé à la manière des médecins, ajoutez 
quelque peu de la partie aqueuse des plantes, avec de l’efflorescence saline 
et du suc de poireau (1). Ensuite reprenant le produit, faites le cuire à la 
manière des médecins dans une cuiller, en agitantavec une spatule. Broyez, 
faites cuire pendant trois jours : trois décoctions de quatre heures chaque 
jour. Lorsque vous aurez achevé la cuisson, en veillant à ce que la com- 
position ne se dessèche pas, mais conserve la consistance oléagineuse ; 
mettez dans un vase de verre; faites digérer peu à peu dans du fumier, jus- 
qu’à ce que la matière sesolidifie. Enlevez et délayez : gardez. 

Prenant du minerai d’argent; de la terre de la qualité la plus tendre, 
celle que quelques-uns nomment terre de Chio ou ochre, deux parties; 
du minium du Pont, une partie, et du contenu de la fiole, deux parties ; 
délayez avec la partie liquide du soufre et faites cuire sur un feu régulier : 
vous trouverez un corps puissant, possédant la couleur du cinabre, ou 
du corail, ou du minium. Cette grande merveille, cette merveille iné- 
narrable, on la nomme chrysocorail (corail d’or). Quant aux autres noms 


qu’elle reçoit, le vulgaire les ignore (2). Projetez cette substance et sou- 


mettez l’argent à l’action du feu. Cache ce Tout (3) que nous avons blanchi; 


par crainte de l’envie, ὃ Leucippe. Bonne santé. 


IL. nr. — SYNÉSIUS LE PHILOSOPHE A DIOSCORUS 
SUR LE LIVRE DE DÉMOCRITE. — COMMENTAIRES 
A Dioscorus, prêtre du grand Sérapis, à Alexandrie, avec l'approbation 
de Dieu, le philosophe Synésius, salut. 


1. La lettre que tu m'as adressée sur le livre du divin Démocrite ne m'a 


pas laissé indifférent; loin de là. Avec beaucoup de zèle et un grand effort, je 


1) Ou d’algue marine. sente une préparation dont nous ne 
5 Prep 


(2) Cette recette estcelle d'une poudre connaissons pas le sens exact. 
de projection ; elle esttrop obscure pour (3) Synonyme de l’alliage de plomb 
que le sens puisse en être précisé. Le et de cuivre. (Zntrod., Ὁ. 153.) 


nom même du « corail d’or » repré- 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS * 61 


me suis mis l'esprit à la torture et j’ai eu hâte de venir auprès de toi. Nous 
nous proposons de dire quel était cet homme, le philosophe Démocrite, ce 
naturaliste venu d’Abdère, qui a dirigé ses investigations sur toutes les 
choses de la nature et qui a traité des êtres naturels. Abdère est une ville de 
Thrace. Démocrite était un très savant homme qui, venu en Egypte, fut 
initié aux mystères par le grand Ostanës, dans le sanctuaire de Memphis, 
par lui etses disciples, prêtres d'Egypte. Tirant de lui ses principes, il com- 
posa quatre livres de teinture, sur l’or et l’argent (1), sur les pierres et sur 
la pourpre. Par ces mots, « tirant ses principes », j'entends qu’il écrivit 
d’après le grand Ostanès. Car cet (écrivain) est le premier qui ait émis ces 
axiomes : « la nature est charmée par la nature »; et « la nature domine la 
nature »; et « la nature triomphe de la nature », etc. 

2. Mais il est nécessaire que nous recherchions (le sens des écrits) du 
Philosophe (2) et que nous apprenions quelle est la pensée et quel est l’ordre 
de ses enseignements successifs. Qu'il ait formé deux catalogues, c’est un 
fait certain pour nous; car il a fait deux catalogues, à savoir : celui du jaune 
et celui du blanc. D'abord il a catalogué les solides, puis les liqueurs, c’est- 
à-dire les matières aqueuses, bien qu'aucune de celles-ci ne soit employée 
dans l’Art. En effet, lui-même, en parlant du grand Ostanès, atteste que 
celui-ci ne s'était pas servi des projections des Egyptiens, ni deleurs procé- 
dés 'de cuisson; mais qu’il opérait sur les substances avec des enduits 
placés au dehors, et faisant agir le feu il effectuait la préparation. Et il dit: 


c’est l'usage chez les Perses d'opérer ainsi (3). Or ce qu’il dit signifie que: si 


(1) Les deux premiers de ces livres, 
ou leurs extraits, ne sont autres que 
les deux collections de recettes sur l’art 
de faire de l’or (ou de teindre en or)et 
sur la fabrication de l’asèm (ou de l’ar- 
gent), quiconstituent la partie essentiel- 
le du Traité intitulé : « Questions natu- 
rellesetmystérieuses ». — Le troisième 
est perdu : cependant l’ouvragesur l’art 
de fabriquer le verre et les pierres pré- 
cieuses artificielles, que nous trouvons 
dansles Collectionsalchimiques, doiten 
tirer sa première origine. Quant à l’ou- 


vrage sur la pourpre,il n’en subsiste 
qu'un débris en tête des « Questions 
naturelles ». — Ces divers sujets sont 
demeurésla matière commune des vieux 
traités alchimiques, comme le prouve 
le titre que j'ai reproduit (Origines de 
l’Alchimie, p. 123) et le contenu du 
Traité de Moïse, donné plus loin. 

(2) Le Philosophe par excellence, 
Démocrite. 

(3) Ce passage semble établir une dis- 
tinction entre les métaux colorés, après 
fusion au creuset, par la projection de 


62 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


tu n’atténues (1) pas les substances, si tu ne les dissous pas, si tu ne les épui- 
ses pas de leur partie liquide (2), tu ne feras rien. 

3. Arrivons maintenant aux discours de l’écrivain; écoutons ce qu'il dit (3). 
Il est d’abord question de la rhubarbe du Pont, Remarque la circonspection 
de notre auteur. Il a commencé par les plantes, afin d’indiquer la fleur (4); 
car les plantes portent des fleurs. Il a parlé de la rhubarbe du Pont, parce 
quele Pont-Euxin (5) estalimentéparles fleuves qui s'y écoulent, Voulantdonc 
mettre ce point en lumière, il entend par là (6) l'épuisement de la partie 
liquide, l’assombrissement (7) et l’atténuation (8) des corps métalliques, ou 
des substances. 

3 bis. Dioscorus.— Et dans quel sens dit-il: «leserment nous a étéimposé 
de ne rien exposer clairement à personne » ? 

Synésius. — Il a dit avec raison « à personne », c’est-à-dire à personne 
d’entre les non initiés. Le mot personne ne se rapporte pas à tout le monde 


absolument; car lui-même parle pour ceux qui sont initiés et qui ont 


l'esprit exercé. 


certaines matières, et les métaux colo- 
rés par voie d’enduit. L’enduit pouvait 
d’ailleurs constituer un simple vernis 
superficiel ; ou bien attaquer le métal, 
en formant à sa surface un alliage, 
amalgame, sulfure, ou arséniure, dont 
la nuance était en outre modifiable par 
l’action du feu. (V.Introd.,p. 59 et 60.) 

(1) C'est-à-dire qu’il faut réduire les 
corps à leur dernier degré de division; 
à leur quintessence, comme on a dit 
plus tard au moyen âge. 

(2) On voitapparaîtreici l’idée de fixer 
les corps, en leur enlevant leur liqui- 
dité, ou fusibilité ; cette qualité étant 
envisagée comme un élément distinct 
des corps. (Cp.,Origines de l’Alchimie, 
p. 280 et 281.) 

(3) Aux recettes obscures, mais posi- 
tives du Pseudo-Démocrite, qui sont 
celles d’un expérimentateur, succèdent 
les commentaires mystiques d’un phi- 
losophe néo-platonicien. 


(4) C'est-à-dire la couleur, los, ἄνθος 
Il y a ici un jeu de mots. 

(5) Le grec dit simplement: πόντος, la 
mer. Il y a là un autre jeu de mots 
dontle sens nous échappe. A moins que 
l'on n'interprète cette phrase par la 
figure 18 de l’Introd., p. 141; où se 
trouve représenté un récipient appelé 
πόντος, en forme de bassine, et dans 
lequel s'écoule le jet d’une distillation, 
opérée avec les produits désignés ici 
sous le nom mystique de fleurs. 

(6) Voir la note (2) ci-dessus. 

(7) Oxydation ou sulfuration superfi- 
cielle qui détruit l'éclat du métal. Les 
métaux en effet perdent leur éclat en 
s'oxydant et se changeant en matières 
pulvérulentes, telles que le vert-de-gris, 
la rouille, etc. 

(8) C'est-à-dire la réduction ἃ leur 
dernier degré de division. Voir la note 
(1) ci-dessus. 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 63 


4. Remarque encore ce qu'il dit dans l’Introduction de la Chry-sopée : «le 
mercure, provenant du cinabre et la chrysocolle ». 

D. — A-t-on besoin de ces sortes (de substances) ? 

S.— Non, Dioscorus. 

D. — Mais desquelles a-t-on besoin ? 

S. — Tu l’as entendu dire; entends-le encore une fois. En parlant de la 
dissolution des corps (métalliques), on veut dire que tu les dissolves et que 
tu en fasses des eaux (τὴ; afin qu’ils deviennent fluides et qu’ils s’assom- 
brissent (2) et qu’ils soient atténués (3). C’est là ce que l’on appelle eau 
divine (4), mercure, chrysocolle, soufre apyre. 

Il y a aussi d’autres dénominations. Ainsi le blanchiment est une cal- 
cination, et le jaunissement une régénération ignée,; car telles de ces 
(substances) se calcinent elles-mêmes, et (telles autres) se régénèrent elles- 
mêmes (5). Mais le Philosophe les a désignées par plusieurs noms (6) et 
tantôt au singulier, tantôt au pluriel, afin de nous exercer et de voir si nous 
sommes intelligents ; car il a dit, en poursuivant son discours : «Si tu es 
intelligent et que tu procèdescomme il a été écrit, tu seras bienheureux; car 
tu vaincras par la méthode la pauvreté, ce mal incurable ». Il nous détour- 


ne donc et nous détache de la vaine erreur, afin de nous affranchir de 


cette imagination de la pluralité des matières (7). 


(1) Des liquides. 

(2) Voir la note (7) de la page précé- 
dente. 

(3) Voir la note (1) de la page précé- 
dente. 

(4) Ou eau de soufre. — En d’autres 
termes, pour obtenir ces effets, les 
métaux doivent être attaqués avec le 
concours de l’eau divine, du mercure, 
de la chrysocolleet du soufre. La phrase 
grecque est elliptique. En affirmant 
que l’on n’a pas besoin de ces subs- 
tances, l’auteur paraît vouloir dire que 
ces agents n'éprouvent pas par eux-mê- 
mes la transmutation : ils n’en sont 
pas la matière fondamentale, mais les 
intermédiaires. 


(5) Faut-il entendre par là les pyrites 
qui, une fois échauffées, brülent, se 
grillent et se changent en oxydes, sans 
combustible extérieur ? Et les sulfures, 
qui peuvent régénérer leurs métaux 
par un grillage ménagé, comme les 
sulfures de plomb, d'antimoine, etc ὃ 

(6) Sur cette multiplicité des noms 
mystiques, destinée à voiler la science 
aux non-initiés, voir la nomenclature 
prophétique, Introd., p. 10. Ces noms 
d’ailleurs ne s'appliquent pas nécessai- 
rement à une même substance; mais 
ils désignent parfois les substances 
différentes, employées dans la suite 
d’une même opération. 

(7) Voir I, xv, p. 37 de ce volume. 


64 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


Fais attention à ce qu'il dit dans l’Introduction de son livre : « Je viens 
moi aussi en Egypte, apportant les questions naturelles, afin que vous 
dédaigniez la matière multiple » (1). Or il appelle naturels :les corps (métal- 
liques) solides. Car si ces (corps) ne sont pas dissous, puis de nouveau soli- 
difiés, rien n’aboutira pour l’accomplissement de l’œuvre. 

5. Pour que nous comprenions bien que les liquides dérivent dessolides, — 
autrement dit la fleur (2), — vois comment il s'exprime : « Les produits 
contenus dans les liqueurs sont le safran de Cilicie, l’aristoloche, etc. ». 
En parlant ainsi des fleurs, il nous a fait voir que les eaux dérivent des soli- 
des. Et pour nous persuader qu’il en est ainsi, après avoir dit «l'urine d’un 
impubère », il ajoute : « l’eau de chaux, l’eau de cendre de choux, l’eau 
de lie, l’eau d’alun » ; et, à la fin, il parle du lait de chienne. Il est évident 
pour nous que cela est pris dans le sens vulgaire ; car il a introduit comme 
substances propres à dissoudre les corps (métalliques), l’eau de natron et 
l’eau de lie. Vois comment il a dit : « L’objet même de la Chrysopée, ce 
sont les choses qui transforment la matière et produisent les métaux (3) et 
les (substances) qui résistent à l’action du feu; car en dehors de ces choses 
il n'y a rien de sûr. Si donctu es intelligent et que tu procèdes comme il 
a été écrit, tu seras bienheureux». 

6. D.— Et comment dois-je comprendre ? Philosophe, je désire apprendre 
de toi la méthode. Car si je m'en rapporte seulement aux explications 
données (précédemment), je n’en tirerai aucun profit. 

S.— Écoute, Dioscorus, comment il parle; aiguise ton esprit sur le texte 
de son discours, et applique-toi (à saisir) dans quel sensil dit : « Transforme 
leur nature, car la nature a été cachée à l’intérieur » (4). 

D. — O Synésius, de quelle transformation parle-t-il ? 

S. — De celle des corps (métalliques.) 


(1) Le texte grec de Démocrite donné | des mots μεταλλοιοῦντα et μεταλλεύοντα. 
plus haut est un peu différent (v. p. 43 (4) S'agit-il ici de la régénération 
du Texte grec et p. 44 de la Tra- des métaux, latents dans leurs mine- 


(2) Le principe colorant fourni par diversement colorés et qu'il con- 
une dissolution (v. Flos, Floridus. — vient de teindre, non seulement à 
Introd., p. 232). la surface, mais dans la profondeur ? 


duction). rais ? ou de la fabrication des alliages 
(3) L'auteur joue sur la similitude | 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 65 


D. — Et comment l’accomplir, comment en transporter la nature au 
dehors ? 
S. — Aiguise ton esprit, Dioscorus, et fais attention aux expressions 


employées. 

D. — Comment s'exprime-t-il ? 

S. — Si donc tutraites {la matière) comme il faut, tu transportes la nature 
au dehors. Il s’agit de la terre de Chio, de l’astérite, de la cadmie blanche, etc. 
Remarque quelle est la circonspection de l’auteur, comment il a fait 
allusion à toutes sortes de substances blanches, afin de faire entendre le 
blanchiment. Ce qu’il dit, Dioscorus, revient donc à ceci : Mets les corps 
(métalliques) avec le mercure et divise finement, puis reprends un autre 
mercure. Car le mercure attire à soi toutes choses. Laisse macérer 3 ou 
4 jours ; jette le produit dans un botarion (matras ou vase de digestion), et 
place sur un bain de cendre qui ne soit pas chauffé par un feu ardent, 
mais chauffé doucement; c’est-à-dire sur un bain à kérotakis. Pendant 
l’action du feu, on ajuste au botarion un instrument de verre en forme de 
mamelle, adapté à sa partie supérieure, avec chapiteau (1). Reçois l’eau 
qui s'échappe par la pointe de la gorge et garde-la pour la décomposition : 
c’est là ce qu'on appelle l’eau divine (ou l’eau de soufre). 

Elle produit la transformation, c’est-à-dire l'opération qui amène au 
dehors la nature cachée : c’est ce qu’on appelle la dissolution des corps 
(métalliques). 

Cette (préparation), lorsqu'elle a été décomposée, prend le nom de vinai- 
gre, ou de vin aminéen, et des noms analogues. 

7. Pour que tu admires l’habileté de l’auteur, vois comment il a formé 
deux catalogues : (l’un) de la Chrysopée, (l’autre) de l’Argyropée, et en outre 
deux liquides : l’un pour le jaune, l’autre pour le blanc, c’est-à-dire pour l’or 
et pour l'argent; il a nommé le catalogue de l'or, Chrysopée, et celui de 


l'argent, Argyropée (2). 


D. — Tu parles tout à fait bien, philosophe Synésius. Maïs quel 

(1) Cette description est celle d’un (2) Ce sont les deux chapitres des 
alambic, avec bain-marie et fiole de con- « Questions naturelles et mystérieu- 
densation (v. fig. 40, Introd., p. 164). ses », p. 45 et p. 52. 


66 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


est le premier point de l’art, est-ce le blanchiment, ou le jaunisse- 
ment ? 

S.— C'est plutôt le blanchiment. 

D. — Et pourquoi parle-t-il d’abord du jaunissement ? 

S.— Parce que l'or est préféré à l'argent. 

D. — Devons-nous procéder ainsi, Synésius ? 

S.— Non, Dioscorus; mais il convient d'exercer notre esprit et notre 
pensée. Voici comment les choses ont été arrangées. Ecoute le parler : «Je 
m'entretiens avec vous comme étant des gens intelligents, et j’exerce votre 
esprit.» Maintenant si tu veux savoir exactement les choses, fais attention que 
dans les deux catalogues le mercure a été classé avant toutes choses, et dans 
le jaune : ce qui signifie l'or; et dans le blanc:ce qui signifie l’argent. Dans 
(le traité de) l'or, il est dit : « Le mercure qui provient du cinabre ». Et dans 
le (traité du) blanc, il est dit: « le mercure qui provient de l’arsenic ou de la 
sandaraque (1) », etc. 

8. D. — Le mercure est donc de différentes sortes ἢ 

S. — Oui, il est de différentes sortes, tout en étant un. 

D. — Mais, 511 est un, comment est-il de différentes sortes ? 

S.— Oui, il est de différentes sortes, et il a une très grande puissance, 
N’as-tu pas entendu dire à Hermès : « Le rayon de miel (2) est blanc», et 
« le rayon de miel est jaune » ? 

D.— Oui, je (le lui) ai entendu dire. Mais ce que je veux apprendre, 
Synésius, enseigne-le-moi : c’est l'opération que tu sais. Le mercure prend 
donc de toute manière les apparences de tous les corps ? 

S.— Tu as compris, Dioscorus. En effet, de même que la cire affecte 
la couleur qu’elle a reçue; de même aussi le mercure, ὃ philosophe, 
blanchit tous les corps et attire leurs âmes; il les digère par la cuisson et 


s’en empare. Etant donc disposé convenablement, et possédant en lui- 


(1) Ceci montre que le mot mercure 
signifiait à la fois notre mercure et notre 
arsenic ({ntrod., p. 230 et 99). — Il 
s’agit ici de l’action tinctoriale que l’ar- 
senic, aussi bien que le mercure ordi- 
naire, peut exercer sur les métaux. De 
là l’idée d’une essence commune aux 


deux agents. Il semble que les observa- 
tions relatives à ces deux corps aient 
été le point de départ de la notion du 
mercure des philosophes, ou matière 
première métallique, destinée à être 
l'intermédiaire de la transmutation. 


(2) C'est-à-dire le mercure. 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 67 


même le principe de toute liquidité, lorsqu'il a subi la décomposition, il 
opère partout le changement des couleurs. Il forme le fond (1) permanent, 
tandis que les couleurs n’ont pas de fondement propre. Ou plutôt le mer- 
cure, perdant son fondement propre, devient un sujet modifiable par les 
traitements exécutés sur les corps métalliques et sur leurs matières (2). 

9. D. — Et quels sont ces corps et leurs matières (3)? 

S. — C’est la tétrasomie (4) et ses congénères. 

D. — Et quels sont ses congénères ? 

S.— Tu as entendu dire que leurs matières sont leurs âmes (5). 

D. — Ainsi les matières (des métaux) sont leurs âmes ? 

S.— Oui; car de même que le menuisier, lorsqu'il prend un objet de 
bois et qu’il fabrique un siège, ou un char, ou quelque autre chose, ne tra- 
vaille que sur la matière; de même aussi opère cet art, ὃ philosophe, lorsqu’il 
divise les corps. Ecoute, ὃ Dioscorus : le tailleur de pierre taille la pierre, 
ou bien la scie, afin de la rendre propre à son usage. Semblablement aussi 
le menuisier scie et taille le bois, pour en faire un siège, ou un char: l'artiste 
ne cherche pas par-là à modifier autre chose que la forme; car iln’ÿarien 
là que du bois. Semblablement aussi, l’airain façonné en statue, en 
anneau, ou en! tout autre objet : l'artiste ne cherche à modifier que la 
forme (6). 

De même aussi le mercure travaillé par nous reçoit toutes sortes de for- 
mes. Fixé sur un corps formé des quatre éléments, ainsi qu'il a été dit, il 
y demeure fermement attaché et il est impossible de l'en chasser : il est à 


(1) La notion de la matière première 
apparaît ici très clairement (v. Origines 
de l’Alchimie, p. 265 et 267), et cela 
avec le double sens opposé, développé 
dans le Timée. D’une part, la matière 
première est le fond permanent des 
choses et subsiste par là; tandis que, 
d'autre part, elle est dépourvue d’une 
forme qui lui soit propre, et éprouve les 
modifications qui répondent aux qua- 
lités particulières des corps; à leur cou- 
leur, par exemple, dans le cas actuel. 

(2) C'est-à-dire que le mercure est: 
d'une part, la matière première et 


générale, qui forme le fond de la trans- 
mutation; et, d'autre part, qu'il perd 
son caractère propre et individuel, dans 
l'exécution de celle-ci. 

(3) L’auteur distingue la matière du 
métal, c’est-à-dire son fond propre, de 
ses qualités apparentes. 

(4) Mot qui désigne l’ensemble des 
quatremétauximparfaits: cuivre,plomb, 
étain, fer. 

(5) Cp. Introd., p. 248. 

(6) Cp. Enée de Gaza : 
l’Alchimie, p. 75. 


Origines de 


68 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


la fois dominé et dominant. Voilà pourquoi Pébéchius disait qu’ilavait une 
grande afhnité. 

το. D. — Tu as bien résolu (165 difficultés), philosophe. Tu m'as instruit, 
philosophe. 

S.— Je veux donc revenir en hâte à la parole de l’auteur, en repre- 
nant dès le commencement les choses qu'il a dites en langage indirect : 
« le mercure (ordinaire) provient du cinabre ». Mais tout mercure est 
engendré par les corps (métalliques) (1). 

D. — Ne parle-t-il pas ici du cinabre, afin de montrer que le mercure 
(ordinaire) provient du cinabre ? 

S.— Le cinabre désigne la substance mercurielle jaune; tandis que la 
substance mercurielle blanche est le mercure. En acte, il existe à l’état 
.blanc; tandis qu’en puissance, il devient jaune (2). 

D.— Le Philosophe n’a-t-il pas dit: «O natures célestes, créatrices des 
natures, vous triomphez des natures au moyen des transmutations |! ». 

S.— Oui; c’est pour cela qu'il a dit: « … car si tu n’opères pas la trans- 
formation, il est impossible que l'effet attendu se produise. C’est en vain 
que prendront de la peine ceux qui approfondissent l'étude des matières, à 
moins qu'ils ne recherchent les natures des corps (métalliques) de la magné- 
sie». Car il est permis aux opérateurs et à ceux qui transcrivent les mêmes 
enseignements d'employer indifféremment telle ou telle manière. Donc il a 
dit : « le corps de la magnésie » ; ce qui signifie le mélange des substances. 
C'est pour cela qu’il dit, en poursuivant, dans l’introduction de {son livre 
sur) la fabrication de l'or : « Prenant du mercure, fixez- (le) avec le corps 
(métallique) de la magnésie » (3). 

11. D. — Ainsi le mercure est l'élément qu'il faut préférer ? 

S.— Oui, car c'est par lui que le Tout est défait, puis rétabli de 


nouveau : suivant le degré convenable pour chaque traitement, on réussit 


(1) Ceci paraît signifier que tout mé. le métal de la magnésie, formé proba- 
tal renferme un élément mercuriel. blement par l’union des quatre corps 
(2) Ceci est très clair : il s’agit ici d’un ou métaux fondamentaux, et auquel on 
côté du mercure libre, et de l’autre du associe le mercure, pris dans son sens 
mercure combiné, existanten puissance ordinaire, ou plutôt dans le sens mys- 
dans le cinabre, son minerai. tique du mercure des philosophes (v. 


(3) I s’agit ici d’un alliage complexe, aussi Zntrod., p. 256). 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 69 


avec la chrysocolle (1), autrement dite batrachion (2), qui se rencontre parmi 
les pierres vertes. 

D. — Qu'est-ce que la chrysocolle ou batrachion ? Quelle est la significa- 
tion de ces mots: « qui se rencontre dans les pierres vertes » ? 

S. — Il est nécessaire que nous le cherchions. Nous devons donc con- 
naître ce qui est relatif aux couleurs vertes. Eh bien! parlons-en, d’après 
ce qui est relatif à l'homme. Car l’homme est le plus important de tous les 
animaux vivant à la surface de la terre. Nous disons de l’homme qui ἃ 
pâli (3), qu'il est devenu vert; il est évident que, comme l’ocre, il change 
de qualité spécifique en passant à la couleur dorée. Ceci est encore plus évi- 
dent, si on le compare à l'écorce de citron, qui représente la qualité même 
de la couleur jaune pâle. L'auteur poursuivant a parlé aussi de l’arsenic 
jaune (4), afin de montrer qu’il s’agit bien de la qualité spécifique de la 
couleur pâle. 

12. Mais, pour que tu voies combien il a mis de circonspection pour expo- 
ser cela en détail, observe avec attention dans quel sens il dit : « Le mercure 
qui provient du cinabre, (c'est) le corps métallique de la magnésie » (5). Puisil 
ajoute la chrysocolle, le claudianos, l’arsenic. Il a introduit le nom de 
l’arsenic (6) (c'est-à-dire du masculin), afin de le distinguer des substances 
féminines (7). Après le claudianos, il parle de l’arsenic jaune : il met d’abord 
deux substances jaunes du genre féminin (8), puis deux substances du genre 
masculin. Il faut donc approfondir et voir ce que cela peut vouloir dire. 


Comme j'avance, Dioscorus l'Ici il transforme l'or, puis il reprend la 


(1) Malachite ; employée dans la sou- 
dure de l’or. — Introd., p. 243. 

(2) A proprement parler : la matière 
couleur de grenouille verte. Ce mot 
signifie aussi Renoncule aquatique. 

(3) L'auteur joue sur le mot pâli, ὠχ ρία- 
σαντα, signifiant littéralement jauni et 
qui peut être dérivé de ὥχρα, ocre jaune. 
Il veut expliquer comment la chryso- 
colle ou malachite, matière verte, sert à 
faire l’or quiestjaune ; ilcherche doncà 
montrer la parenté de la couleur verte 
à la couleur jaune et le passage de l’une 
à l’autre : ces deux couleurs ou qualités 


des corps étant envisagées comme ayant 
une existence propre. 

(4) Orpiment. 

(5) C'est-à-dire la matière première 
du métal de la magnésie. 

(6) L'auteur joue sur le double sens 
de ἀρσένιχον : arsenic où masculin. 

(7) Il s’agit d’abord du mercure, qui 
est féminin, ἣ ὑδράργυρος; puis de la 
chrysocolle. 

(8) Le mercure, c’est-à-dire le cinabre, 
et la chrysocolle, opposés au claudianos 
et à l’arsenic. 


70 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


cadmie, ensuite l’androdamas; or, l’androdamas et la cadmie sont des 
substances sèches. Il met en évidence la sécheresse (1) des corps, et afin 
de rendre cela bien manifeste, il a ajouté l’alun décomposé. Remarque 
quelle est la circonspection de l’auteur. Il voulait que les gens sensés com- 
prissent dans quel sens il les instruisait, en parlant de l’alun décomposé; 
car il devait se faire entendre en cela, même des non initiés. Mais, afin que 
la chose devint plus certaine pour toi-même, il a ajouté aussitôt le soufre 
apyre, c’est-à-dire le soufre non calciné. Le Tout, c’est-à-dire les espèces 
desséchées, signifie les corps métalliques amenés à l’unité (2). Ensuite 
il ajoute la pyrite désagrégée, ne désignant aucun autre corpset sans spé- 
cifier. Ceci est établi comme une vérité, à savoir que ce qui reste à Îa 
fin est sec. Faisant des subdivisions dans cette matière, il ajoute le mi- 
nium du Pont (3). Ainsi, passant des substances sèches aux substances 
liquides, il a parlé du minium, et spécialement de celui du Pont. Car s’il 
n'avait pas ajouté « du Pont», il ne serait pas arrivé à se faire compren- 
dre (4). Et voulant confirmer (son dire), il a ajouté l’eau du soufre natif, 
provenant du soufre seul. 

13. D. — Tu as bien résolu (165 difficultés), philosophe; mais prends 
garde dans quel sens, il a dit : « si en le purifiant par la chaux... » 

S. — O Dioscorus, tu ne fais pas attention. La chaux vive est blanche, 
et l’eau qui en provient est blanche et âpre, et l’eau de soufre, par ses 
exhalaisons, blanchit. Pour plus de clarté, il a ajouté aussitôt : «la vapeur 
de soufre ». N'a-t-il pas rendu tout cela évident pour nous ? 

D. — Oui, tu as bien parlé. Après cela (il mentionne) le sory jaune, la 
couperose jaune et le cinabre (5). 

S.— Le sory et la couperose, des substances jaunes ? Comment cela? 
Tu n'ignores pas qu’elles sont vertes (6). Ayant donc en vue la réduc, 


(1) La sécheresse, qualité, est prise ici 
avec un sens substantiel ; comme plus 
haut la couleur jaune. 

(2) La fin de la phrase est inintel- 
ligible, le copiste ayant probablement 
répété le membre de phrase qui pré- 
cède. 

(3) Introd., p. 261. 


(4) Jeu de mots sur la mer, πόντος, 
matière humide par excellence, v. p.62. 

(5) Une variante indique ici le sel 
ammoniac, au lieu du cinabre. 

(6) Le mot χάλχανθος, couperose, ex- 
prime à la fois le sulfate de cuivre bleu, 
le sulfate de fer vert et leurs mélanges. 
Le sory est un sulfate de cuivre basique, 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 71 


tion du cuivre (à l’état métallique), c’est-à-dire sa recherche, ou plutôt la 
teinture du Tout (1), il s’est exprimé ainsi, en apportant une nouvelle 
confirmation, et il a ajouté sur la fin : « Après que l’on a fait disparaître la 
rouille, opération appelée réduction, alors la projection des liquides ayant 
eu lieu, il se produit un jaunissement stable. » Réellement la libéralité de 
l’auteur est rendue ici manifeste. 

14. En effet, vois comme aussitôt il réunit les choses dans son explica- 
tion. « Quant aux substances susceptibles de former des liqueurs, ce sont 
le safran de Cilicie (2), l’aristoloche, la fleur de carthame, la fleur du 
mouron à fleurs bleues ». Que pouvait-il dire ou énumérer de plus, afin de 
nous persuader, sinon parler de la fleur du mouron ? En effet, admire avec 
moi. Il ne parle pas seulement « du mouron», mais encore de « sa fleur »; le 
mot mouron nous indiquant l’ascension de l’eau (3), et le mot fleur, l’ascen- 
sion des âmes de ces plantes, c’est-à-dire celle de leurs esprits (4). En effet, 


+ ὅ» 


plus ou moins ferrugineux, provenant 
de l’altération des pyrites. Mais le sul- 
fate de fer pur, ou son mélange avec le 
sulfate de cuivre, ne tarde pas à s’oxy- 
der à l'air humide et à se changer en 
sels basiques qui sont jaunes. Ces 
composés peuvent donc passer du vert 
au jaune, par des actions en apparence 
spontanées. Quant au cinabre, sa cou- 
leur rouge est ici, comme précédem- 
ment, rangée sous la rubrique du jaune. 

(1) Le mot Tout, πᾶν, revient dans tout 
ce morceau avec un sens mystérieux, 
qui semble s'appliquer à la matière 
première des transmutations métalli- 
ques. C'était à proprement parler le 
molybdochalque, ou encore le métal 
de la magnésie (v. Zntrod., p. 153). 

Il s’agit toujours d'étudier comment 
une même matière peut affecter des 
couleurs diverses, suivant les traite- 
ments et les procédés de teinture. 

(2) Au-dessus le signe du mercure 
dans A. B. 

(3) L'auteur jouesur la ressemblance 
des mots ἀναγαλλίς (mouron) et ἀναγαγεῖν 


(faire monter). Faire monter l’eau signi- 
fie la distillation ou la sublimation. 

(4) Le jeu de mots continue, en s’ap- 
pliquant à l’ascension (sublimation) des 
matières volatiles, appelées esprits ou 
fleurs des métaux, et assimilées aux âmes 
des plantes; lesquelles fleurs se produi- 
sent pendant les fusions et traitements 
des minerais. Ce sont pour nous des 
oxydes sublimés (oxyde de zinc), ou 
entraînés par les gaz. On dit encore 
aujourd’hui, dans un sens analogue qui 
remonte aux alchimistes : fleurs argen- 
tines d’antimoine; fleurs de zinc ; fleur 
de soufre. On disait également au siè- 
cle dernier : fleurs d'antimoine, pour 
le sublimé jaune et en partie oxydé 
formé par le sulfure naturel; fleurs rou- 
ges d’antimoine, pour un sulfure rouge 
formé en présence du sel ammoniac; 
fleurs d'arsenic, pour l’acide arsénieux 
sublimé ; fleurs de sel ammoniac, pour 
ce sel sublimé, fleurs de benjoin, pour 
l'acide benzoïque sublimé, etc. (Dict. 
de Chimie de Macquer, 1778). — On 
lit de même dans le Lexicon Alchemiæ 


72 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


s'il n’en est pas ainsi, il n’y a rien de sûr. Livrés à de vains efforts, les 
misérables qui sont ballottés sur cette mer, avec une multitude de peines 
et de fatigues, ne pourront jamais avoir aucun profit. 

15. D. — Et pourquoi, encore une fois, ce philosophe généreux, ce 
maître habile, a-t-il ajouté la rhubarbe du Pont ? 

S.— Remarque la libéralité de l’auteur. Il a parlé de la rhubarbe elle- 
même, et afin de nous persuader, il a ajouté « du Pont ». Car y a-t:il un 
philosophe qui ne sache que la mer (πόντος) est alimentée de tous côtés par 
l’eau des fleuves (τὴ ? 

D. — Tu as parlé véridiquement, Synésius, et tu m’as réjoui l'âme 
aujourd’hui ; car ces choses ne sont pas médiocres. Maintenant je te prie de 
m'enseigner en outre, pourquoi il a parlé plus haut de la couperose jaune; 
tandis qu'ici, il ajoute ce mot, sans spécifier « avec la couperose bleue » (2). 

S. — Ces mots, ὃ Dioscorus, indiquent les fleurs, car elles sont jaunes. 
maispcomme l’eau que l’on fait monter (3) a besoin d’éprouver une fixa- 
tion, il a ajouté aussitôt : «la gomme d’acanthe ». Ensuite il a ajouté: «l’urine 
d’un impubère, l’eau de chaux, l’eau de cendres de chou, l’eau d'alun (4), 
l'eau de natron (5), l’eau d’arsenic et de soufre (6) ». Remarque commeil a 
mis en avant toutes les (substances) susceptibles de produire la dissolution 
et la dispersion, nous enseignant évidemment par là la dissolution des corps 
(métalliques). 

16. D. — Oui, tu as bien parlé. Et dans quel sens a-t-il dit à la fin: « le 
lait de chienne » ? Est-ce afin de montrer que le Tout est tiré de la chose 
commune (7) ? 

δ. — Réellement, tu as compris, Dioscorus; mais observe avec attention 
dans quel sens il dit : « Cette matière est celle de la Chrysopée. » 


D.— Quelle matière ? 


de Rulandus, p. 216 (1612) : Flos est 
bolus per sublimationem extractus…. 
Flos Sspirituosa rei substantia est. 
Omnis flos per se volatilis et spiri- 
ἐμοϑιι5. 

(1) V. p. 62 et la note (4) de la p. 70. 

(2) C'est-à-dire avec le sory (?) — Voir 
plus haut, p. 70, note 6. 


(3) Par évaporation et distillation. 

(4) Variante: l’eau de sel ammoniac, 
Fabr. 

(5) Variante: l’eau de molybdochal- 
que, Fabr. 

(6) Variante: l’eau de couperose, Fabr. 

(7) Y a-t-il là un jeu de mots, sur 
χυγός (de chienne) et χοινός (commun)? 


SYNÉSIUS A DIOSCORUS 73 


S. — Qui ne sait que toutes les choses (dont il s’agit) sont volatiles? Car 
ni le lait (τὴ d’ânesse, ni le lait de chienne ne peuvent résister au feu. Le 
lait d’ânesse, si tu le déposes quelque part, pendant un nombre de jours 
convenable, finit par disparaître. 

D. — Que signifient ces mots : « Telles sont les (substances) qui transfor- 
ment la matière; telles sont celles qui rendent les corps résistant au feu, 
étant elles-mêmes volatiles » ? Et ces mots :« En dehors de ces substances, 
il n’y a rien de sûr » ? 

δ. — C'estafin que les misérables pensent que ces choses sont vraies (2). 
Mais écoute encore ce qu'il dit et ajoute : « Si tu es intelligent et que tu 
procèdes comme il a été écrit »; au lieu de : « Si tu es habile et que tu dis- 
cernes le calcul qu’il faut employer ; alors tu seras bienheureux. » Et que 
dit-il ailleurs? « Je m'adresse à vous qui êtes des gens sensés. » 

Il faut donc que nous exercions nos esprits et que nous ne nous trompions 
pas, afin que nous évitions la maladie incurable de la pauvretéet que nous ne 
soyons pas vaincus par elle; de crainte qu’étant tombés dans la vaine pau- 
vreté nous ne soyons malheureux, étant devenus incapables de tirer profit 
de nos travaux. Nous devons exercer nos esprits, aiguiser notre intelligence. 

17. D. — Pourquoi ajoute-t-il le mot « projeter » ? 

S.— Il ne parle pas des choses dites au commencement, maïs de celles 
qu’il faut entendre. Voilà pourquoi il dit encore : « Traitez par (projection) 
l’or, par le corail d’or; l’argent, par l'or; le cuivre, par l'or; le plomb ou 


l’étain, par le molybdochalque » (3). Voici qu’il nous a fait monter les degrés 


(1) Le mot lait est pris ici dans un 
sens symbolique ; de même que les mots 
sang, bile, semence, etc., dans la lan- 
gue des prophètes ou prêtres égyptiens. 
(Introd., p. 10). Ainsi, le lait de la vache 
noire a signifié le mercure (Lexique, 
p. 6). — Les mots lait de chaux, lait de 


cieux, destiné à le transformer en en 
changeant les propriétés; de façon à le 
rendre identique à lui-même (diplosis), 
par une sorte de fermentation. Rappe- 
lons d’ailleurs que les recettes (7) et 
(60) du Papyrus (Zntrod., p. 20, 41, 57) 
reposent sur une pratique analogue. 


soufre, se sont conservés jusqu’à notre 
temps dans la langue des chimistes. 

(2) Les non initiés étant décus, parce 
qu'ils prennent les noms dans leur sens 
littéral. 

(3) Ainsi chaque métal est modifié 
par la projection d’un métal plus pré- 


On voit comment la préparation des 
alliages décrits dans le Papyrus de 
Leide (Zntrod., p. 70, et dans les Ques- 
tions naturelles et mystérieuses, p.44 et 
suivantes) est devenue, par une inter- 
prétation mystique, la transmutation 
même des métaux. 


10 


ER 


δας 
ὉᾺ 


74 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


de l'Art, (afin que) nous n’allions pas, en faisant de vains efforts, tomber 
dans le gouffre de l'ignorance et méconnaître les choses qu’ils ont voulu 
désigner (1). Grande est l’habileté de l’auteur ; car après qu'il a dit : «Ainsi 
a été exposée la matière de la Chrysopée » ; il ajoute ces mots : « maintenant, 
et à la suite, traitons amplement la question de l’Argyropée (2) »; afin de 
montrer qu'il y a deux opérations (distinctes), et que l'Argyropée a été con- 
sidérée avant toutes les autres; elle les précède et, sans elle, rien ne se fera. 

18. Écoute-le encore lorsqu'il dit: « Le mercure tiré de l’arsenic, ou du 
soufre (3), ou de la céruse, ou de la magnésie, ou de l’antimoine d'Italie.» Et 
(plus) haut dans la Chrysopée : « Le mercure, qui provient du cinabre» (4). 
Ici il dit : « le mercure, tiré de l’arsenic, ou de la céruse, etc. 

D. — Et comment admet-il que la céruse se change en mercure ? 

S.— Π n’a pas dit que nous extrayons le mercure de la céruse: maisila 
voulu exprimer le blanchiment des corps (métalliques), c'est-à-dire leur 
retour (à une forme commune ?) (5). En effet, ici, il parle de toutes les (subs- 
tances) blanches, et dans l’autre passage, des substances jaunes, afin que 
nous comprenions. 

Vois comment il s’est exprimé : « Le corps (métal) de la magnésie (pro- 
duit) seul le chrysocorail. » Là il s’agit du corps (métal) de la magnésie, de 
celui de la magnésie seulement, ou de celui de l’antimoine d’Italie. 

Qu'il suffise de vous dire ceci brièvement. Mais il faut exercer l’esprit 
d'avance, afin que nous discernionsles actions de la nature, relativement aux 


choses qui doivent être accomplies avec leconcoursde Dieu (6). Sachez qu’il 


(1) Probablement il s’agit des anciens 
chimistes, ou prophètes égyptiens. 

(2) Cette phrase et diverses autres, 
citées par Synésius, ne se retrouvent 
pas dans les Questions naturelles de 
Démocrite, telles que nous les possé- 
dons. Il est probable que nous avons 
seulement un extrait de l'ouvrage ori- 
ginal. 

(3) Var. : de la couperose, Fabr. 

(4) Var. : du sel ammoniac, Fabr. 

(51 Celle du mercure des philoso- 
phes ? — On pourrait encore appliquer 


ce passage à l’asèm, lequel désigne tout 
alliage doué d'un brillant argentin : 
qu’ilaitété préparé, soit par amalgama- 
tion superficielle ; soit par blanchiment 
superficiel au moyen de l’arsenic; ou 
bien encore, par des compositions di- 
verses de cuivre, de plomb, d’étain, ou 
d’antimoine. — Jntrod., p. 62. 

(6) Cette phrase a une signification 
mystique et implique l'intervention 


d'actions supérieures à celles de 
l'homme. — Voir plus loin Olympio- 
dore, 81 εἴ 89. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 75 


faut d’abord faire macérer les espèces et, dans les fusions, amener celles qui 


ont des couleurs pareilles à l'identité de couleur. Les deux mercures (1) exer- 


cent ainsi leur action mercurifiante, et se séparent dans la décomposition. 


Avec le secours de Dieu, je commencerai mon commentaire (2). 


Il. τν. — OLYMPIODORE, PHILOSOPHE D'ALEXANDRIE ὃ 


Commentaire sur le livre « Sur l’action » de Zosime, et sur les dires 


d'Hermès et des philosophes. 


1.« La macération se fait depuis le 25 méchir (février) jusqu’au 25 mésori 


(août). Toutes les choses que tu peux faire macérer et lessiver, laisse-les 


- - “ 
déposer dans des vases (convenables); et, si tu le peux, accomplis l'œuvre de 


la macération, toi le meilleur des sages » (4). 


IL était d'usage chez les anciens de cacher la vérité et les choses tout 


à fait évidentes pour les hommes, au moyen des allégories et (du langage) de 


(1) Celui du cinabre et celui de l’ar- 
senic (/ntrod., p. 09 et 239). 

(2) Il semble par ces mots que le petit 
traité de Synésius soit l'extrait et le 
préambule d’un ouvrage plus étendu. 

(3) À ajoute ces mots intercalaires : 
« à Pétasius, roi d'Arménie, sur l’art 
divin et sacré et sur la pierre des philo- 
sophes ». Les diverses copies de ce 
traité offrent des variantes considéra- 
bles; spécialement le manuscrit L, qui 
appartient à une classe à part. Petasius 
ou Petesis (Isidore), peut être un per- 
sonnage réel; mais le titre de roi d’Ar- 
ménie est fictif, et ajouté par quelque 
adepte (v. Orig. de l’Alchimie, p. 139 
et 168.) 

(4) Ce premier paragraphe représente 
le texte proprement dit (de Zosime sans 


doute); puis vient le commentaire. Ce 
texte répondait à l’origine à l'opération 
de la lévigation des minerais d’or; 
comme le montre l'insertion du mor- 
ceau d’Agatharchide relatif aux mines 
d’or dans M.; (Orig. de l’Alchimie, p. 
22), morceau abrégé et mutilé dans À 
(v. le présent volume, p. 27). Ce traite- 
ment des mineraisnaturels semble avoir 
été envisagé plus tard comme représen- 
tantsymboliquement la transmutation. 

C'est toujours le passage du sens 
matériel et positif d’une opération pra- 
tique, à un sens mystique postérieur. 
Peut-être s'agit-il d’ailleurs d’une opé- 
ration réelle, accomplie surles minerais 
destinés à fournir plus tard par des trai- 
tements convenables) non plus les pail- 
lettes d’or, mais un alliage imitant l'or. 


76 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


l’art des philosophes (1). En effet, non seulement ils ont tenu dans l'ombre 
ces arts honorables et philosophiques par leur exposition obscure et téné- 
breuse;maisencore ils ontremplacé les termes communs par d’autres termes: 
comme cela a lieu quand on intervertit ce qui est dans le sujet et ce 
qui n’est pas dans le sujet. Tu sais toi-même, philosophe mon maitre, que 
Platon et Aristote ont procédé de même par allégories et modifié le 
sens des mots. Ainsi Aristote dit que la substance n’est pas dans le sujet, 
mais que c’est l’accident qui est dans le sujet. Platon de son côté établit la 
même opposition : d’une part, il ne place pas la substance dans le sujet; et, 
d’autre part, il place l'accident dans le sujet. En un mot, de même qu’ils ont 
exposé beaucoup de choses de cette nature, suivant la manière qui leur a paru 
convenable ; de même, en ce qui concerne cet art honorable, les anciens y 
ont mis toute leur application, ayant pour unique affaire et pour art unique 
d'exposer (les faits) au moyen de certaines considérations et énigmes ; ils se 
proposaient d’aiguillonner les chercheurs et de les faire sortir des choses 
naturelles, pour les tourner vers la poursuite des choses mystérieuses : ce 
qui eut lieu en effet. C'est ce que montrera le présent traité. 

2. « La macération s’effectue au moyen de la terre limoneuse ». 

Ici le philosophe veut parler de la terre qui doit être lessivée. Car 
il faut laver et relaver, jusqu’à ce que la partie limoneuse disparaisse, 


suivant ce que dit la divine Marie. En effet toute terre de cette nature, 


(1) Cp. Origines de l’Alchimie, p.20. 
τὰς ἀρχὰς τῶν πραγμάτων ἀποχρύψαντες 
(Clément d'Alexandrie, Stromates, V). 
D’après la lettre apocryphe, mais an- 
tique, de Platon à Denis: les philosophes 
employaient des symboles, susceptibles 
deplusieursexplications, qui permissent 
de communiquer le secret à des per- 
sonnes choisies, en maintenant les au- 
tres dans l’illusion. — On lit dans le 
Pseudo-Aristote arabe (Bibl. Chemica 
de Manget, t. I, p. 622, citation de Roger 
Bacon) : « Celui qui révèle les secrets 
naturels, rompt le sceau divin et il en 
résulte pour lui de grands maux. On 
rencontre dans les livres une multitude 


dechoses quel'’onne peut entendre sans 
un maître ». — D’après Rhazès (même 
ouvrage, t. I, p. 923) : « Il a plû aux 
anciens de cacher le sens de ces choses 
sous tant de noms qu’on n’en peut guère 
inventer de nouveaux.— De même Mo- 
rienus : « Rien n’a causé plus d’erreurs 
dans cetart que la multitüde des noms. 
Les anciens se sont servi de comparai- 
sons, d’énigmes, de fables poétiques. » 
— D'après Geber (p.918) : «ilsont écrit 
de telle sorte, qu’ils ne peuvent être 
compris que par Dieu, ou par l’aide de 
sa grâce, etc.» — C'était là unetradition 
constante, jusqu’au temps de la science 
moderne. 


ἊΨ 
OLYMPIODORE. — sun L'ART SACRÉ 77 


contenant un corps (métallique), lorsqu'elle est lavée, est réduite à l’état de 
minerai (1). 

Ainsi donc, après un lavage sérieux et purificateur, tu trouveras les corps 
métalliques dans les sables; c’est-à-dire les paillettes d’or (2), argentées 
ou plombées {ce qui veut dire ayant la couleur de l'argent ou du plomb), ainsi 
que les pierres (3); le minerai qui contient la substance s’apercevant d’en 
haut. C’est celui que les anciens ont appelé par le nom propre de pierre 
d'argent, et il est permis d'y trouver le mot dont le nom a quatre syllabes et 
neuf lettres (4). 

3. L'expression « depuis le mois de méchir » ne signifie rien (en soi) : 
elle a été placée là, afin que celui qui la rencontre croie que la poudre 
sèche (5) et la manipulation dépendent d’un certain intervalle de temps, 
et que, laissant de côté la droite voie, il recoure à la route incertaine et 
épineuse. 

4. L'expression « déposer dans des vases », signifie les digesteurs de 
terre cuite. Zosime est le seul à en faire mention. 

5. Par les mots « Accomplir l’art de la macération », il nous exhorte à 
l'œuvre efficace. Et en effet le mot « action » est pris ici dans 16 sens d’opéra- 
tion pratique. Sache que celui qui macère a besoïn d'ingrédients, d'un 
certain (laps de) temps et d’une époque favorable (6). Ainsi donc le limon 


lessivé à cette époque, ayant été réduit à l’état de sable, est desséché. 


(1) La lévigation isole ainsi les pail- les deux dernières lettres ne comptent 


lettes d’or et les autres minerais métal- 
liques, plus denses que les matières 
argileuses et les gangues analogues, 
qui sont entraînées par l’eau. 

(2) C'est-à-dire l’or, ou les métaux 
susceptibles de l’imiter par leuralliage. 

(3) Les pierres, c’est-à-dire les frag- 
ments de roche volumineux, ne sont 
pas entraînées par la lévigation à cause 
de leur poids. 

(4) Allusion à l’Énigme de la Sibylle 
(Origines de l'Alchimie, p. 136). Le mot 
grec λιθάργυρος ayant dix lettres, on ne 
voit pas bien comment Olympiodore 
l'applique à cette énigme; à moins que 


que pour une seule, ou que l’on ne 
prenne une autre terminaison, telle que 
λιθάργυρα. 

(5) La poudre ἀφ projection,ou pierre 
philosophale. — Ce paragraphe semble 
une interpolation postérieure. 

(6) La nécessité d’une époque favo- 
rable, et d’un laps de temps déterminé, 
a toujours été reconnue par les alchi- 
mistes, conformément aux doctrines 
de l'astrologie. Sa dernière expression 
se trouve dans le Lexicon Alchemiæ 
Rulandi, p. 330, à l’article Mensis phi- 
losophicus (mois philosophique). « C’est 
dit-il, le temps de la décomposition, 


78 TRAI IOCRITAINS 


ἴδ 

6. L'expression « depuis le 25 du mois de méchir, jusqu’au 25 mésori », 
signifie que, à la suite dela macération, le minerai est traité par le feu. Or, 
il n’a pas dit : € après la fin de mésori », il est traité par le feu; maïs à partir 
de la macération, ou du lessivage, ou plutôt du desséchement. 

7. Les mots : « Toutes les choses que tu peux faire macérer et lessiver », 
signifient l’espèce qui renferme la substance (1) et celle qui est obtenue par 
le desséchement., « Toutes les choses », c’est l'espèce qui renferme la subs- 
tance; « macérer et lessiver », c’est l'espèce obtenue par le desséchement; 
car on a toujours besoin d’y recourir. Ainsi s’opère le lessivage. Ces mots: 
« l'espèce qui renferme lasubstance » ont fait voir à mon maître ceque c’est que 
la macération, le lessivage, la dessiccation, l’évaporation. Démocrite parle 
quelque part de l’alun décomposé (2) : ce philosophe (n’)a (pas) voulu que les 
lecteurs imaginassent qu'il fallait prendre n'importe quels aluns, ou qu’ils 
fussent égarés parmi les espèces, gaspillant (ainsi) tout leur temps. Il y a deux 
sortes de lessivage, le lessivage mystique et le lessivage au sens propre. On 
a donc parlé du lessivage mystique et du lessivage au sens propre. Le lessi- 
vage mystique est précisément celui qui se fait au moyen de l’eau divine. 

C'est là le lessivage essentiel, celui dont on assure le succès par les paroles 
de bon augure et l’obéissance (aux règles) (3) : il s’agit des matières fluides 
qui s’écoulent ensemble, c’est-à dire de la régénération à l’état métallique des 
métaux qui en avaient été dépouillés, ainsi que des esprits, c’est-à-dire de 


leurs âmes (4) : opération qui s’accomplit par la seule action de la nature 
(4 q put p ᾽ 


dont la durée répond au mouvement dans Olympiodore, $ 12, et qui pré- 


δ 


de la lune; il est de trente jours pour les 
uns; de quarante pour les autres. Il 
répond à la fabrication de la pierre phi- 
losophale; et peut être renfermé dans 
un moindre nombre de jours, étant 
défini par la nature de l’objet et l’accom- 
plissement de l’œuvre. » 

(1) C'est-à-dire le minerai, dont l’or 
(ou l’alliage qui offre l'apparence) sera 
extrait ensuite par l’action du feu. 

(2) P. 47; $7. Il s’agit probablement 
du sulfure d’arsenic, changé en acide 
arsénieux par oxydation, à l’aide de 
diverses opérations décrites plus loin 


cisent les désignations vagues : macé- 
ration, lessivage, etc. 

(3) Réd. de L : « en suivant les règles 
de l’œuvre unique et excellent. » 

(4) Les métaux purs ou alliés sont 
d’abord transformés par des opérations 
chimiques, qui les privent de leur état 
ou apparence métallique. Puis, en y 
fixant certains éléments volatils (esprits) 
qui restituent aux métaux leurs âmes, 
(principes intérieurs d’activité), on les 
régénère avec une couleur et des pro- 
priétés nouvelles. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 79 
ie 


et non par la main des hommes, comme le croient quelques-uns. Car 
Hermès dit : « Lorsque tu auras pris (quelque substance) après le grand trai- 
tement, c’est-à-dire le lessivage du minerai...» Voilà donc qu’il a nommé le 
minerai, substance, et le lessivage, grand traitement. Agathodémon parle 
dans le même sens. Ah ! quelle libéralité chez le Philosophe! Aucun des 
anciens n’a jeté ainsi la lumière sur l'œuvre; aucun n’a appelé l'espèce par 
son nom, sinon cet homme excellent et doué de toute science ; car le 
lessivage purificateur est évidemment le grand traitement. 


Je vais expliquer (maintenant) l’économie de la soudure d’or. 
SUR LA SOUDURE D'OR 


8. La soudure d’or, c’est (1) l’art de réunir l’or avec l’or, en opérant sur les 
paillettes d’or tirées du minerai. Comment faut-il unifier ces paillettes, 
c'est-à-dire les souder et les joindre entre elles, afin que l'esprit tinctorial 
de la chrysocolle y soit conservé (2)? 

Pour conserver cet esprit, il dit qu’il convient d'employer une combus- 
tion à feu modéré, afin que, par suite d’une grande incandescence, des 
choses non convenables n'arrivent pas. Il faut que le feu brûle avec modé- 
ration et douceur, de crainte que la vapeur ne s’en aille en fumée et ne soit 
perdue. Il s’agit de la vapeur, qui tend à s'échapper. Cette vapeur, c’est 
le mercure. Cette vapeur donc, autrement dit le mercure (3), éprouvant 
l’action du feu, s’en va en fumée. Or, lorsqu'elle s’en va en fumée et sort 
du creuset, les paillettes d’or, celles que Zosime appelle paillettes de clau- 


dianos, brûlées maladroitement par la violence du feu, s’en vont aussi en 


fumée (4). 

(1) C’est la réunion de l'or avec l'or. (3) Réd. de L : « Donc cette vapeur, 
Les paillettes d’or sont les parties tirées autrement dit l’eau d’argent, c’est-à- 
du minerai. Le mot or comprend dire l’(élément) qui atténue l'argent ». 
d’ailleurs aussi les alliages couleur d’or. Le mercure dont il s’agit ici paraît être 

(2) Il s'agit de réunir les paillettes l'arsenic métallique (/ntrod., p. 61, 99 
métalliques d’or (ou de l’alliage qui en et 230). 
offrel’apparence), en une masse unique, (4) Toute cette description est obs- 
au moyen de la chrysocolle ; en leur cure, quoiqu'’elle paraisse se rapporter à 
donnant une couleur homogène, et desopérationsréelles. La mention finale 


sans qu’on voie la soudure. du claudianos, alliage de plomb, de 


80 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


9. Apprends, ὃ ami des Muses, ce que signifie le mot économie (1), et 
ne va pas croire, comme le font quelques-uns, que l’action manuelle à elle 
seule soit suffisante; il faut encore celle de la nature, une action supérieure 
à l'homme (2). Lorsque tu as pris de l'or (3), tu dois le traiter, et si tu opères 
avec soin, tu obtiendras de l'or {4). Et ne suppose pas, dit-il, que la tein- 
ture aura lieu avec certaines autres idées'et certaines autres plantes (5); mais 
travaille suivant une pratique conforme à la nature (6), et tu obtiendras 
l’objet cherché. 

Quant au mot économie, il a été employé en mille endroits par tous les 
anciens (7); car ils veulent parler de la marche opératoire pour fixer la 
teinture (8). Or qu'est-ce que la fixation d’une teinture? sinon la fixation 


de quelque mercure fugace. Car Zosime dit: « Fixe le mercure avec le corps 


(métallique) de la magnésie. » 


cuivre, dezincetautres métaux (/ntrod., 
p- 244), y jette quelque jour; car c'était 
launalliage métallique, destiné à imiter 
l'or. — La description s'applique à la 
fois à l’or pur et à l’or simulé, c’est-à- 
dire au claudianos. Il semble que l’or 
véritable, aussi bien que le faux or, 
fussent obtenus d’abord à l’état de 
paillettes ; que l’on agglomérait ensuite 
au moyen du mercure (ou plutôt de 
l’arsenic métallique, envisagé comme 
un second mercure). Puis on chauf- 
fait à feu doux, en évitant la déper- 
dition de la vapeur, du mercure, ou de 
l’arsenic par volatilisation ou oxyda- 
tion. 

La mention finale s’appliquerait à la 
destruction de l’alliage et à la vaporisa- 
tion de certains de ses composants, tels 
que le zinc, sous forme d’oxydes, par 
l'influence d’une calcination trop éner- 
gique. 

(1) Le mot économie est employé, 
même dans la pratique de notre temps, 
avec le même sens que dans ces textes. 
On dit, par exemple : « Voici toute 
l'économie du procédé », etc. 


(2) Le côté mystique et magique des 
opérations apparaît ici. 

(3) Il semble que dans cette phrase le 
mot or soit employé successivement 
dans deuxsens différents : Lorsquetuas 
un métal quial’apparencedel'or..., etc.; 
tu obtiendras de l’or véritable. On 
peut encore entendre d’abord le métal 
en paillettes ; puis le métal aggloméré 
par la soudure. 

(4) Réd. de L : « Tu auras de l’or; mais 
travaille toujours conformément à la 
pratique de l'or ». 

(5) Plantes, dans le même sens mys- 
tique que fleurs, p. 71. 

(6) C'est-à-dire les opérations pure- 
ment manuelles sont insuffisantes, etc.; 

(7) Réd. de L: « Car ils veulent qu'il 
y ait dans l’art un principe fixateur, 
qui retienne les substances fugaces; ce 
principe, c’est le feu, qui fixe le mer- 
cure, c’est-à-dire la vapeur. Or ce n’est 
pas seulement le mercure qui fuit le 
feu, mais encore toutes les substances 
(de la même classe) du catalogue ». 

(8) Κάτοχος fixation d’une matière 
colorante, sur uneétoffe, par exemple. 


ET 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ SI 


10. On a dit que la soudure d’or est le mélange des deux substances; 
le principe fixateur qui en résulte, je sais le maintenir dans le composé. 
Nous savons en effet que la vapeur (mercurielle) (1) est fugace; et il est 
spécifié en mille endroits que ce n’est pas seulement la vapeur (mercurielle) 
qui est fugace, mais encore toutes les {substances de la même classe) du ca- 
talogue. Avant et après, le philosophe s'attache au mercure, comme à toutes 
les substances fugaces du catalogue, telles que celles dont les anciens ont 
fait mention, couleurs et plantes, et autres; parce que toutes ces subs- 
tances, en éprouvant l’action du feu (2), sont fugaces. 

11. Quant à moi, je ne t’en expose pas toutes les classes, vu leur grand 
nombre etles témoignages des anciens, tous d’accord sur ce point; afin de ne 
pas perdre le temps mal à propos. Mais je te soumettrai un petit nombre de 
choses, comme les plus intéressantes, les plus faciles à comprendre, et à l'abri 
du reproche de futilité. 

Il fait allusion ici (3) aux anciens, dont quelques-uns ont dit des choses 
futiles et fait perdre aux chercheurs un temps infini. Sache donc, dans ta 
science excellente, que les anciens font trois teintures : La première est celle 
qui se dissipe promptement (4), comme les soufres; la seconde, celle qui se 
dissipe lentement, comme les matières sulfureuses ; la troisième, celle qui 
ne se dissipe pas du tout, comme les corps métalliques liquéfiés et les 
pierres (5). 

12. Première teinture, teignant le cuivre en blanc au moyen de l’arsenic, 


comme il suit. 


(1) Le mercure proprement dit (ou 
l’arsenic métallique), employé dans la 
teinture du métal, est volatil; mais le 
mercure des philosophes, fixé par l’ac- 
tion du feu, ne doit pas l'être : de telle 
façon que la teinture dont il fait par- 
tie demeure fixée sur le fond métal- 
lique. Il ya là un mélange d’idées réelles 
et d'idées mystiques. 

(2) Le mot fugace s'applique ici à la 
teinture et aux agents qui la produisent. 
Il signifie, non seulement la volatilité 
de l’agent colorant, mais le défaut de 


fixité de la teinture, dû à une oxyda- 
tion ou à une cause quelconque. 

(5) C’est uneglose ducommentateur ; 
la phrase précédente est probablement 
de Zosime. 

(4) On avait d'abord traduit φευχτά 
par volatiles. Mais le sens semble com- 
prendre aussi les corps colorants quidis- 
paraissent parliquéfaction, dissolution, 
oxydation,etc.;c’est-à-direqu’ilest plus 
général. 

(5) L ajoute : « Et la terre ». 


11 


82 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


L'arsenic (sulfuré) est une espèce de soufre quise volatilise promptement; 
je veux dire, se volatilise au feu. Toutes les substances semblables à l'arsenic 
sont aussi appelées des soufres et des corps volatils (1). Or la préparation se 
fait ainsi : prenant de l’arsenic lamelleux couleur d’or, 14 onces (2), tu le 
coupes en morceaux, tu le porphyrises de façon à le réduire en parties aussi 
fines que du duvet ; puis tu fais tremper dans du vinaigre, pendant deux ou 
trois jours et autant de nuits, la matière renfermée dans un vase de verre à 
col étroit, en lutantle haut avecsoin, afin qu’elle ne sedissipe pas. Agitantune 
fois où deux par jour, fais cela pendant plusieurs jours; puis, vidant le (vase), 
lave avec de l’eau pure, seulement jusqu’à ce que l’odeur du vinaigre ait dis- 
paru. Garde la partie la plus subtile de la substance ; maïs ne la laisses pas 
s’écouler avec l’eau (3). Ensuite, laissant la masse se dessécher et se con- 
tracter à l’air, mélange et broie avec 5 onces de sel de Cappadoce. 

Or l'emploi du sel a été imaginé par les anciens pour éviter que l’arsenic 
adhère au vaisseau de verre. Ce vaisseau de verre est nommé asy-mpoton, par 
Africanus. Il est luté avec de l'argile (4); un couvercle de verre en forme de 
coupe est posé par-dessus. A la partie supérieure, une autre coupe enveloppe 
le tout ; elle est assujettie de tous les côtés, afin que l’arsenic brûlé ne se 
dissipe pas (5). 

Fais-le donc brûler à plusieurs reprises et pulvérise-le, jusqu’à ce qu'ilsoit 
devenu blanc; on obtient ainsi de l’alun blanc et compacte (6). Puis on fait 


fondre le cuivre avec du cuivre dur de Nicée ; ensuite tu prends de la fleur 


(1) Réd. de L:« Or il se dissipe sous 
l'influence du feu, etc. ». 

(2) Var. AL : 4 onces. 

(3) C'est-à-dire : décante avec soin 
le dépôt du liquide surnageant. 

(4) Réd. de L : «Ensuite lute la coupe 
et assujettis-la de tous les côtés ». 

(5) Cette description répond à celle 
d’un appareil de sublimation, formé 
d’un récipient inférieur, surmonté de 
deux coupes ou chapiteaux, emboîtés 
l’un dans l’autre en forme d’aludel. 
Ce dernier appareil a été attribué aux 
Arabes; mais la description actuelle le 
fait remonter jusqu’à Africanus (re siè- 


cle). On lutait avec soin; et on con- 
densait dans ces chapiteaux la partie 
sublimée. — Voir Zntrod.; p. 143, 146, 
fig. 20 et 22. La double coupe répond 
à la figure 22, mais sans kérotakis; 
ou bien encore aux figures 26 et 27, 
p. 150, 151. — Voir aussi fig. 44 et 45, 
P- 170, 172. 

(6) Dans cette opération, on oxyde 
lentement l’orpiment ou sulfure d’ar- 
senic, de façon à le changer en acide 
arsénieux. On voit que ce dernier 
est désigné ici sous le nom d’alun 
blanc. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 83 


de natron, tu en jettes au fond du creuset 2 ou 3 parties pour ramollir (τὴ. 
Tu projettes alors la poudre sèche (arsenic brûlé), avec une cuiller de fer; 
tu en jettes la valeur d’une once pour 2 livres de cuivre. Après cela, tu 
ajoutes dans le creuset pour une once (46 cuivre) un peu (2) d'argent, en 
vue de rendre la teinture uniforme. Tu projettes encore dansle creusetune 
petite quantité de sel. Tu auras ainsi un très bel asèm (3). 

13. Deuxième teinture, celle qui se volatilise lentement: 

Le cuivre brûlé (4), la rubrique et les substances analogues ne sedissipent 
pas promptement, mais lentement. Or il faut savoir que la fabrication de 
l’'émeraude se fait ainsi. Prends: deux onces de beau cristal; cuivre brûlé, 
une demi-once. Chauffe d’abord le cristal, dans ses parties extrêmes, etjette-le 
dans l’eau pure; puis nettoie-le, afin-qu’il n'ait pas de crasse. Ensuite (5) tu 
le pulvérises dans un mortier propre, sans le réduire en poudre impalpable; 
et tu délaies, avec la rubrique et le cuivre brûlé. Tu en fais fondre la valeur 
de 4 livres sur un feu de charbon. Après avoir luté tout autour et fermé le 
creuset à sa partie supérieure, et après avoir chauffé sur un feu bien régu- 
lier (6), tu auras ce que tu cherches. Or il est préférable d’opérer la fonte 
dans un creuset d'argile crue, non cuite; parce que dans les creusets des 
orfèvres, l’'émeraude fond avec la matière du creuset et donne lieu à un 
retrait qui fait éclater le creuset. Elle demande à être refroidie dans le four- 
neau même, et à être enlevée après refroidissement; attendu que si tu l’en- 


lève pendant que le fourneau est encore chaud, le creuset éclate aussitôt(7). 


(1) C’est un fondant. 

(2) μιλιαρίσιον ne se trouve pas dans 
les dictionnaires. — A moins que 
ce ne soit le mot latin millième, gré- 
cisé. 

(3) Variante de A : argent. Cette va- 
riante est postérieure. La recetteprécé- 
denteest une préparation positive : c’est 
celle d’un arséniure de cuivre blanc, 
analogue à lalliage appelé tombac. 
Elie rappelle quelques-unes des fabri- 
cations d’asèm du Papyrus de Leide 
traduit dans l’/ntroduction, p. 34,45, 61. 

(4) L'auteur ajoute μαργάρων : mot à 
mot, des perles ; sans doute parce que 


ce produit servait à colorer les perles 
artificielles. Le cuivre brûlé répond à 
notre protoxyde de cuivre : c’est une 
matière rouge (V. Introd., p. 233). 

(5) Réd. de L : « Ensuite pulvérise-le, 
ainsi que le cuivre brûlé et la rubri- 
que, dans un mortier ; fais les fondre 
sur le feu, Lutant le creuset, le fermant 
à sa partie supérieure et chauffant sur 
un feu égal, etc. ». 

(6) Glose insérée dans le texte : « le 
feu ne doit pas chauffer une partie, en 
n’échauffant pas une autre partie ». 

(7) C'est là un procédé technique de 
fabrication d’un verre coloré en vert, 


84 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


14. Troisième teinture, celle qui ne se dissipe pas du tout. 

On a dit « se dissipe au feu »; et deux mystères sont exposés parlà(1):lun 
concerne le corps dissipé ; l’autre, le corps qui détermine la dissipation. 
De même Démocrite a parlé quelque part des trois (teintures) antiques: 

L'une se dissipe promptement, c’est-à-dire par le départ des liquides (2), 
ou par la montée de la vapeur (3). C’est pour cela qu'il dit: Les substances 
qui se dissipent promptement, telles que les soufres; car les soufres sont 
très prompts (ἃ se réduire) en fumée. 

Les autres se dissipent lentement, telles sont les matières sulfureuses. 
Et il parle du principe de la fixation des mêmes liquides fugaces, lors- 
qu'ils deviennent plus lents à se dissiper (étant composés par le mé- 
lange) des (substances) fugaces avec les substances fixes et les corps métal- 
liques (4). 

Ensuite il parle de la troisième classe : celle qui se dissipe à la façon des 
corps (métalliques) fusibles. C’est là ce que l’on appelle proprement la tein- 
ture. (On l'obtient) après avoir fait le traitement et placé séparément les 
corps qui ne se dissipent pas et les corps qui se dissipent. 

En effet il est impossible de faire cela {en une seule fois); mais c’est en 


desséchant progressivement et jusqu'à la fin qu'avec la coopération de Dieu 


nous rendons les (substances) tout à fait fixes (5). 


15. « Comme les corps métalliques fusibles. » 


ou émeraude artificielle. C’est donc 
encore une teinture; mais il ne s’agit 
plus d’un métal (Voir Origines de l’Al- 
chimie, p. 220, 222, 230). 

(1) Réd. de L: « et c’est pourquoi 
deux mystères sont exposés..... ». 

(2) Réd. de L: « mais Démocrite dit 
au sujet de ce qui se dissipe prompte- 
ment, que cette chose se dissipe dans le 
départ des liquides, etc. ». 

(3) La disparition de la teinture ou 
coloration peut avoir lieu : soit par l’éva- 
poration (ou l’oxydation) de la matière 
qui teint; soit par son extraction au 
moyen d’un liquide, à l’aide duquel elle 
est dissoute ou décomposée. 


(4) Réd. de L: « Quant à ce quine se 
dissipe pas du tout, il dit que cette (tein- 
ture est véritablement et proprement 
la troisième teinture : tels sont, par 
exemple, les corps fusibles et métalli- 
ques. Car après que nous avons traité 
et disposé ces (substances) séparément, 
les matières dissipables deviennentfixes 
et les corps non métalliques sechangent 
en métaux ». 

(5) La matière colorante se fixe par 
suite de l’évaporation du liquide qui 
la contenait. C’est la pratique de la 
teinture des étoffes qu'il faut prendre 
comme terme de comparaison, pour 
entendre tout ceci. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 85 


Il estévident que ces corps étaient d'abord dissipables par l’action du feu, 
parce qu'ils ne rencontraient rien qui pât les fixer; lorsqu'ils ont au contraire 
été amenés à une fixité complète (1), la nature indélébile de la teinture les a 
fait passer à l'état de métaux. Ces corps ont reçu un nom semblable, en 
raison de leur résistance au feu et de leur fixité. Si le corps dissipable 
rencontre l’agent fixateur, il acquiert une nature indélébile. Entends par 
là, la nature qui existe dans le Tout; conçois celle qui subsiste jusqu’à la 
fin, inextractible et demeurant toujours: c’est là l’indélébile, ce qui reste à 
jamais inaltérable. Car les anciens connaissaient toutes les (matières) sans 
stabilité qui existent dans le catalogue, et leur but était de faire comprendre 
aux gens intelligents de quelle nature sont les matières stables et les matières 
instables. C’est pour cela qu’ils ont établi que toute matière appartient soit 
à la classe des solides, soit à celle des liquides (2). 

16. Sache que cet art ne se pratique pas au moyen d’un feu (violent). Ainsi 
donc, ils ont écrit comme s’entretenant avec des (lecteurs) intelligents, et 
tel était leur but. Zosime fait un discours particulier sur le feu; néan- 
moins dans chacun de ses livres il s'occupe du feu, comme tous les anciens. 
Le feu estile premier agent, celui de l’art tout entier ; c’est le premier des 
quatre éléments. En effet, le langage énigmatique des anciens, par cette 
expression « les quatre éléments », désigne l’art. Que ta vertu examine avec 
soin dans les quatre livres de Démocrite les endroits où il parle des quatre 
éléments, dans le langage qui convient à un naturaliste. Il s’explique (ainsi): 

Il a exposé d’abord les choses qui ont besoin du feu, et qu’il convient de 
traiter tantôt sur un feu doux, tantôt sur un grand feu, tantôt sur des char- 
bons (3). 


(1) Ceci désigne à la fois la résistance 
à la volatilisation, à la fusion et même 
à la dissolution. 

(2) On voit que la liquidité est regar- 
dée ici comme le symbole de l'aptitude 
à se dissiper; et la solidité, comme celui 
de la fixité. 

(3) Réd. de L : « Car, naturellement, 
toutes les choses pourvues d’esprit ont 
besoin les unes du feu, comme les subs- 


tances métalliques, celies qui se ratta- 
chent à l’art culinaire, etc. ; 

Les autres ont besoin de l’air, comme 
les animaux qui vivent dans l’air; 

D’autres ont besoin de l’eau, comme 
les poissons; 

D’autresont besoin delaterre, comme 
les plantes. | 

Mais les espèces qui sont dans ces 
quatre éléments, étant mâles et femel- 


86 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


Puis il parle de l’air et des choses de l'air, telles que les animaux qui 
vivent dans l’air. 

Pareillement des choses des eaux, telles que la bile, les poissons, tout ce 
qui se prépare au moyen des poissons et au moyen des eaux. 

De même il parle des choses de la terre, telles que le sel, les métaux et les 
plantes. Il sépare en classes chacun de ces êtres, d’après leurs couleurs, leurs 
propriétés spécifiques et génériques, tous étant susceptibles d'être mâles et 
femelles. 

17. Sachant cela, tous les anciens voilèrent l’art sous la multiplicité 
des discours. De toute manière l’art a besoin de quelqu’une de ces choses; 
en dehors d’elles, il n’y a rien de sûr. Démocrite le dit : rien ne pourrait 
subsister sans ces (éléments). Mais sache-le, sache que j’ai écrit suivant mon 
pouvoir; étant faible, non seulement dans mon langage, mais encore dans 
mon intelligence. Et je demande que par vos prières, vous empêchiez la 
justice divine de s’irriter contre moi, pour avoir eu l’audace d’écrire cet 
ouvrage : Qu'elle me soit propice de toute manière (1). 

Voici les écrits des Egyptiens, leurs poésies (2), leursopinions, les oracles 
des Démons, les expositions des prophètes : une intelligence infinie est né- 
cessaire pour embrasser ce sujet, et il tend vers un but unique. 

18. Que ta sagacité sache que les anciens ont employé plusieurs noms 
pour l’eau divine. Cette eau divine désigne ce que l’on cherche, et ils 
ont caché l’objet de la recherche sous le nom d’eau divine. Je vais te 
donner une petite explication: écoute, toi qui es en possession de toute 
vertu. Car je connais le flambeau de tes pensées, ta bonté, ta patience. Je 
veux te présenter l’esprit des anciens; te dire comment, étant philosophes, 
ils ont le langage des philosophes et ils ont appliqué la philosophie à l’art, 
par le moyen de la science; ne cachant rien aux (esprits) intelligents, maïs 


décrivant toutes choses avec clarté. En cela ils tiennent bien leur ser- 


les, ont été distinguées entre elles par 
des couleurs multiples et des natures 
multipleset réciproques, au pointde vue 
particulier et au point de vue général ». 

La rédaction de M, traduite dans le 
texteprincipal,semblela plus ancienne; 


car elle esten relation plus directe avec 
l'idée de classification, qui est la base 
du traité démocritain. 

(1) V. p. 76 note (1). 

(2) Ou leurs procédés opératoires, le 
mot grec ayant un double sens. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 87 


ment (1). Car leurs écrits traitent de la doctrine, etnon des œuvres pratiques. 

Quelques-uns des philosophes naturalistes rapportent aux principes 
le raisonnement sur les éléments, parce que les principes sont quelque 
chose de plus universel que les éléments. Disons donc comment le 
principe premierest plus universel que les éléments. En effet, c’est à lui que se 
ramène tout l’ensemble de l’art. Ainsi Agathodémon ayant placé le principe 
dans la fin, et la fin dans le principe, il veut que ce soit le serpent Ouro- 
boros;. et s’il parle ainsi, ce n’est pas (pour cacher la vérité) par jalousie, 
comme le croient certaines personnes non initiées. Mais cela est (rendu) 
manifeste, ὃ initiateur, par le mot pluriel : les œufs (2). 

Vois, toi qui sais tout, et apprends ce qu'est Agathodémon. Quelques-uns 
racontent que c’est un ancien, un personnage des plus vieux, qui philo- 
sopha en Egypte. D’autres disent que c’est un ange mystérieux; ou que 
c'est le bon génie (3) de l'Egypte. D’autres l’ont appelé le Ciel, et peut-être 
tient-on ce langage parce que le serpent est l’image du monde. En effet, 
certains hiérogrammates égyptiens, voulant retracer le monde sur les obélis- 
ques, ou l'exprimer en caractères sacrés, ont gravé le serpent Ouroboros. 
Or son corps est constellé d’astres. Telles sont les choses que j’ai expli- 
quées au sujet du principe, dit Agathodémon. C’est lui qui a publié le 
livre de la Chimie. 

Après lavoir personnifié, cherchons maintenant comment il se fait que le 
principe soit plus universel que les éléments. Nous disons que ce qui 
est pour nous un élément, est aussi un principe; car les quatre éléments 
constituent le principe premier des corps. Mais tout principe n'est pas 


pour cela un élément. En effet le divin (4), l'œuf (5), l'intermédiaire, les 


(x) Réd. de A:« Ils se sont parjurés 
en révélant le mystère; car les écrits 
des étrangers, εἴς.» L ajoute ici : « Et 
en cela ils jurent par le mystère ». L 
met ce membre de phrase, après les 
œuvres pratiques. 

(2) Il s’agit ici de l’assimilation entre 
le serpent qui se mord la queue et l'œuf 
philosophique, tous deux emblèmes de 
l'œuvre. La pluralité sur laquelle le 


texte insiste semble être celle des qua- 
tre éléments. 

(3) C’est la traduction du grec ’Ayao- 
δαίμων écriten deux mots.— C’étaitenef- 
fetlenomgrecd’unedivinité égyptienne. 

(4) L'auteur joue sur le mot θεῖον, qui 
veut dire à la fois:le soufre et le divin. 

(5) L'œuf philosophique, image du 
monde. L donne ὄν : l'être. La confu- 
sion desdeux mots est peut-être voulue. 


88 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


atomes (1), sont pour certains philosophes les principes des choses ; mais 
ce ne sont pas des éléments (2). 

19. Cherchons donc, d’après certains signes, quel est le principe de toutes 
choses et s’ilestunou multiple. S'ilestunique,est-ilimmuable, infini, ou dé- 
terminé? S'il y a plusieurs principes, les mêmes questions se posent: sont-ils 
immuables, déterminés, ouinfinis (3)? Qu'il y ait donc un principe unique, 
immuable et infini de tous les êtres, c'était l'opinion de Thalès de 
Milet, disant que c'était l’être (de l’eau) (4), [c’est-à-dire l’être de l’eaudivine, 
l'or; c’est-à-dire l'œuf (5) de l’eau divine, l'or] (6). Car celui-ci est un et 
immuable; il est exempt de toute mutation apparente; il est de plus infini: 
en effet le divin (7) est d’une puissance infinie, et personne ne peut en 
dénombrer les puissances. 

20. Parménide (8) prend aussi pour principe le divin (9), dont la puissance 
estune,immuable, déterminée; car celui-ci, comme on l’a dit, estunet immu- 
able, et l'énergie qui en émane est déterminée. Observe que Thalès de Milet, 
considérant l'essence de Dieu, disait qu’il est infini; car Dieu est d'une puis- 
sance infinie. Mais Parménide, (ayant en vue) les choses qui proviennent de 


lui, disait qu'il est déterminé (τοὶ ; en effet, il est partout évident que, la 


(1) Au lieu de τὰ ἄτομα (M): A porte 
τὸ ἅμα : l’ensemble; ce qui semble une 
faute de copiste. — L, qui représente un 
arrangement postérieur :70 ἅμα καὶ τὰ 
ἄτομα. C'est-à-dire que le dernier copiste 
a ajouté les deux versions. 

(2) Voir ARISTOTE, Physica, ]. I. 

(3) Réd. de L : «Qu’ilyaït un principe 
immuable et infini de tous les êtres, 
c'était l'opinion des anciens. C’est pour- 
quoi Thalès de Milet disait que l'être 
était un. Il s’agit pour nous de l’eau de 
soufre et de l’or : c’est un principe un, 
beau, immobile ». 

(4) Plusieursmanuscrits portent l'œuf, 
boy, identifié avec l'être, ὄν, ou le 
monde. Voir la note (5) de la page 87. 
— D'après Thalès, l'eau étaitleprincipe 
des choses. V. Origines de l’Alchimie, 
p.251 et suiv. 

(5) Mèmes remarques. 


(6) Gloses d'’alchimiste. L'or, en 
raison de son caractère un, inaltérable, 
divin, et de la puissance qu’il commu- 
nique, est assimilé par ces gloses au 
principe universel. 

Tout ce texte est rendu fort confus 
par le symbolisme alchimique. Il est 
probable qu’à l’origine, il était écrit en 
grande partie en signes à double sens, 
que les copistes ont ensuite transcrits et 
commentés de diverses façons. 

(7) Ou le soufre. — Toujours le même 
emploi de mots à double sens. 

(8) Réd. de L : « Parménide disait 
qu'une puissance est immuable etinfi- 
nie et qu'une autre est limitée, le 
divin (ou le soufre) ». 

(9) Ou le soufre. 

(10) Parce que toute action s'exerce 
dans des conditions finies et limitées. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 89 


puissance étant déterminée, ce que Dieu produit répond à une puissance 
finie (1). Entends (par là) les choses périssables, à l'exception des choses 
intellectuelles. Ces deux hommes, je veux dire le Milésien et Parménide, 
Aristote est d'avis de les rejeter du chœur des naturalistes [2]. Eneffet, cesont 
des théologiens s’occupant de questions étrangères aux choses naturelles, 
et s’attachant aux choses immuables ; tandis que toutes les choses naturelles 
se meuvent, car la nature est le principe du mouvement et du repos. 

21. Thalès a admis l’eau comme principe déterminé des êtres, parce 
qu’elle est féconde et plastique. Elle est féconde, puisqu'elle donne 
naissance aux poissons ; et plastique, puisqu'on peut lui communiquer la 
forme que l’on veut. En effet tu fais prendre à l’eau la forme que tu veux : 
dans quelque vase qu’on la mette, elle en prend la forme ; je veux dire dans 
un setier, ou dans un pot de terre, ou dans un vase triangulaire ou qua- 
drangulaire, où enfin dans tout autre que tu voudras. Ce principe unique 
est mobile; l’eau se meut en effet; elle est déterminée et non pas éternelle (3). 

22. Diogène soutint que le principe est l’air, parce qu'il est opulent et 
fécond : car il engendre les oiseaux. L'air, lui aussi, est plastique; car on 
lui donne la forme que l’on veut; il est un, mobile et non éternel (3). 

23. Héraclite et Hippasus ont soutenu que le feu est le principe de tous 
les êtres, parce qu’il est l’élément actif de toutes choses. Un principe en effet 
doit être la source de l’activité des choses issues de lui, d'après ce que 
disentquelques-uns. Le feu est aussi fécond ; car tous les êtres naissent dans 
l’échauffement. 

24. Quant à la terre, nul n’en a fait le principe, sinon Xénophane de 
Colophon ; comme elle n'est pas féconde, nul n’en a fait un élément. Et 
que celui en qui réside toute vertu (4) remarque ce fait que la terre n’a pas 


été considérée par les philosophes comme un élément, parce qu’elle n'est 


(1) «Τὶ est déterminé quant à sa puis- « le Milésien et Parménide », et il est 


sance » L. | la conséquence du développement qui 
(2) Parménide ἀφύσιχος. Cp. Arist. À| précède. 

fragm., n° 33, (éd. Didot); — Méta- | (3) L'auteur entend plutôt: noninfi- 

phys., 1, 4, p. 472,1. 30-40. — Dans nie, non illimitée. 

le fragment aristotélique tiré de Sextus | (4) Son interlocuteur. Dans A le 

Empiricus, on nomme Mélissus et Par- | mot « remarque » est remplacé par 

ménide. Letexte d'Olympiodoreindique |  « Acriboulos » nom propre ? 


12 


90 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


pas féconde : le sens de cet énoncé se rapporte à notre recherche. En effet 
Hermès dit quelque part: 

« La terre vierge se trouve dans la queue de la Vierge » (1). 

25. Anaximène professe que le principe de toutes choses, un, mobile, 
infini, est l'air. Il parle ainsi: L’air est voisin de l’incorporel, et comme 
nous existons grâce à son écoulement, il faut qu'il soit infini et opulent, 
puisqu'il ne fait jamais défaut. 

Anaximandre dit que le principe est l'intermédiaire : ce qui désigne la 
vapeur humide, ou la vapeur sèche (fumée). Car la vapeur humide est in- 
termédiaire entre le feu et la terre. En général, tout ce qui est intermédiaire 
entre le chaud et l'humide est vapeur ; tandis que l'intermédiaire entre le 
chaud et le sec c’est la fumée. 

26. Venons à l'opinion propre de chacun des anciens, et voyons comment 
chacun veut établir la sienne et se poser en chef d'école, par son point de 
vue personnel. En effet, çà et là quelque omission a eu lieu, par suite de la 
complication de notre marche. 

Récapitulons donc par parties, et montrons comment nos philosophes 
(chimiques), empruntant à ceux-là le point de départ, ont construit leur 
système. Zosime, la couronne des philosophes, dont le langage a l’abon- 
dance de l'Océan, le nouveau devin, suit en général Mélissus en ce qui 
concerne l’art et dit que l’art est un comme Dieu. C’est ce qu’il expose 
en mille endroits à Théosébie ; et son langage est véridique. Voulant 
nous affranchir de la confusion des raisonnements et de celle de toute la 
matière, il nous exhorte à chercher notre refuge dans le Dieu un et 1] 
dit (2): « Reste assis à ton foyer, ne reconnaissant qu’un seul Dieu et 
qu'un seul art, et ne va pas t’égarer en cherchant un autre Dieu; car 
Dieu viendra à toi, lui qui est partout; il n’est pas confiné dans le lieu le 


plus bas, comme le Démon. Repose ton corps, et calme tes passions: te 


J'ai interprété le texte d'Hermès en 
disant : « Hermès associe l’idée de la 


(1) Ceci est énigmatique. L’expres- 
sion de la terre vierge se retrouve 


plusieurs fois dans les auteurs de ce 
temps (Orig. de l’Alch., p. 258 et 333). 
On la lit aussi dans Theoctonicos, au 
xIve siècle (Zntrod., p. 210. V. aussi 
la note 4 de la p. 95, plus loin). — 


terre à celle de la vierge non fécon- 
dée ». 

(2) Réd. de L: « C’est pourquoi il 
parle en ces termes à cette femme phi- 
losophe ». 


| 
| 


+ | OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ ol 


dirigeant ainsi toi-même, tu appelleras à toi l'être divin, et l'être divin 
viendra à toi, lui qui est partout (1). Quand tu te connaîtras toi-même, 
alors tu connaîtras aussi le seul Dieu existant en soi; agissant ainsi tu 
atteindras la vérité et la nature, rejetant avec mépris la matière ». 

27. De même, Chymès suit Parménide et dit : « Unest le Tout, par le- 
quel le Tout est; car s’il ne contenait pas le Tout, le Tout ne serait rien. » 

Les Théologiens parlent sur les choses divines, comme les naturalistes 
sur la matière. 

Agathodémon, tourné vers Anaximène, parle de Pair (2). 

Anaximandre parle de l'intermédiaire, c’est-à-dire de la vapeur humide 
et de la fumée sèche. 

Pour Agathodémon, c’est tout à fait la vapeur sublimée. Zosime le dit 
aussi ; et il a été suivi de préférence par la plupart de ceux qui ont fait la 
philosophie de notre art. 

Hermès parle de la fumée, à propos de la magnésie: « Laisse-la, dit-il, 
brûler en face du fourneau (3), en la soumettant à l’action des écailles de 
cobathia rouges » (4). Car la fumée des cobathia, étant blanche, blanchit les 
corps. La fumée (5) est intermédiaire entre le chaud et le sec; et, dans le 
cas présent, cette fumée est la vapeur sublimée (6) et tout ce qui en 
résulte. Mais la vapeur humide (7) est intermédiaire entre le chaud et 
humide ; elle désigne les vapeurs sublimées humides, celles par exemple 
que distillent les alambics et les appareils analogues. 

28. Pour éviter une vaine phraséologie, je te ferai une transmission brève; 


je t'expliquerai clairement ce qu'ont ditles anciens, ὃ rejeton des nobles 


(1) Il y a là quelque réminiscence de 
l'extase des philosophes alexandrins. 

(2) D’après L : « Regarde l'air comme 
l'essentiel. Anaximandre dit que l’es- 
sentiel est l’intermédiaire, etc. ». 

(3) À ajoute : « sur un feu blanc ». 

(4) D'après le Lexique (p. 10) : La 
fumée des cobathia, ce sont les vapeurs 
de l’arsenic. Le mot cobathia semble 
donc signifier le sulfure rouge d’arse- 
nic où un arseniosulfure (v. {ntrod., 
p.245), qui en produirait par sa subli- 


mation en vase clos. Le grillage de ces 
composés développe de l'acide arsé- 
nieux, qui se volatilise, et il joue unrôle 
dans le blanchiment du cuivre. 

(5) Kazvos. 

(6) Αἰθάλη s'applique spécialement au 
mercure et à l’arsenic métallique subli- 
mé, blanchissant le cuivre comme le 
mercureetassimilable par là à un second 
mercure (]ntrod., p.99 et 230). 

(7) ᾿Ατμός: 


92 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 18, 


Piérides, (je veux dire) des neuf Muses, ὃ chef des orateurs; car Dieu t'a 
envoyé pour cela. Apprends, au moyen d’un écrit de peu de prix, à faire 
les plus grandes choses (1). Car Dieu veut t’'éprouver de deux côtés, par ta 
piété notoire aux êtres supérieurs, et par ton habileté bienfaisante à l'égard 
des êtres terrestres. Sache donc, sache, pour abréger les choses que tu 
devras prescrire, comment j'ajusterai mon discours aux écrits primitifs. 

Or il vous a été dit, ὃ vous les hommes les plus considérables, que les 
anciens ont parlé des quatre éléments. Sachez en effet, que c’est au moyen 
des quatre éléments que sont constitués les choses sèches et les choses 
humides ; les choses chaudes et les choses froides (2), le mâle et la femelle. 
Deux (éléments) se portent en haut, et deux en bas. Les deux éléments 
ascendants sont le feu et l’air ; les deux éléments descendants sont la terre 
et l’eau. Ainsi donc, c'est au moyen de ces quatre (éléments) qu'ils ont cons- 
titué toute la description de l’art; ils l’y ont renfermé (3), en en garan- 
tissant les lois par des serments. Connaissez vous-mêmes toutes les subs- 
tances du catalogue, telles qu’elles sont constituées par le feu, l’air, l’eau et 
la terre. 

Mais pour que la composition se réalise exactement, demandez par vos 
prières à Dieu de vous enseigner, dit Zosime; car les hommes ne trans- 
mettent point (la science) ; les démons sont jaloux, et l’on ne trouve pas 
la voie. On cherche en vain ceux qui la savent, et les écrits n’ont pas de 
précision. La matière est multiple; l'embarras se produit; et (l’œuvre) ne 
s’accomplit pas sans une grande fatigue; il y a lutte, violence et guerre. Le 
démon Ophiuchus (4) introduit la négligence dans ces choses, entravant 
notre recherche, rampant de tous côtés, du dedans et du dehors, amenant 
tantôt des négligences, tantôt la crainte, tantôt l'imprévu, en d’autres 
occasions les afflictions et les châtiments, afin de nous faire abandonner 
(l'œuvre) (5). Mais moi, je lui dirai : Qui que tu sois, ὃ démon, je ne te céderai 
point; mais je tiendrai bon jusqu’à ce que, ayant consommé (l’œuvre), j'aie 
connu le résultat. Je ne me laisserai pas abattre, étant doué de persévérance et 


(1) Voir la note 6 de la page 37. | (4) Constellation, envisagéeicicomme 
(2) Voir les éléments actifs d’Aristote, un démon ennemi. 

Introd., p. 247 et p. 259, 260. (5) Tout ce passage met en évidence 
(3) A L ajoutent : «dans le monde». | le côté mystique de l'œuvre alchimique. 


Lt à ΚΕΝ 


4ν OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 93 


luttant, en prenant mon appui sur une vie honnête et des purifications 
philosophiques. Ainsi donc, ayant recueilli les préceptes utiles des sages, je 
vous les présenterai (en commençant) par le commencement, d’après les 
anciens ; Car votre sagacité en présence d'un langage étranger n’est pas 
déroutée par les milliers d'espèces, tant liquides que solides, dont les 
anciens donnent le catalogue. Parmi ces couleurs diverses, les unes sont 
crues, les autres cuites; dans la cuisson, certains corps prennent les couleurs 
et d’autres s'y conservent sans changer de couleur ; tantôt ils doivent être 
traités sur un feu vif, tantôt sur un feu doux : (toutes circonstances) qui 
exigent une grande circonspection dans (la pratique de) l’art (1). 

29. Ces choses ont été dites par moi, afin que vous sachiez que les mille 
classes {de corps) que les anciens établissent doivent passer par ces diverses 
opérations et par mille autres encore, tel que pulvérisations, décoctions, 
décompositions diverses, à chaud et à froid, expositions à la rosée, ou en 
plein air, et mille autres choses. C’est pourquoi, en raison de la multiplicité 
des explications et à cause des traitements dont on ne parle pas, l'esprit 
de ceux qui abordent cet art est jeté dans la confusion. Or il nous affranchit 
de tout cela, ie Dieu dispensateur de tous les biens. 

30. Entends donc, toi dont l'esprit est inspiré, ce qu’ils ont écrit en s’a- 
dressant à des Égyptiens(2); c’est pourquoi ils n’expliquent pas clairement 
l’objet cherché. Non seulement ils ont décrit mille procédés pour faire de 
l'or; mais encore ils ont ritualisé [3] ces choses. Ils ont donné les mesures 
des excavations et des intervalles et assigné les positions (4) des entrées et 


des sorties de leurs temples, en considérant les quatre points cardinaux (5); 


(1) Réd. de L : « Dans la cuisson ces 
choses font voir les couleurs et la qua- 
lité; car elles changent leurs couleurs 
suivant le mode de fabrication sur un 
feu vif, ou sur un feu doux; vu qu'il y 
a une grande circonspection à mettre 
dans la (pratique de) l’art ». 

(2) Accoutumés au langage des sym- 
boles et écritures sacrées. 

(3) Il semble que nous ayonsici affaire 
à une interprétation alchimique des hié- 
roglyphes et des procédés mis en 


œuvre par les Égyptiens pour ériger 
leurs temples et creuser leurs mines. 
(V. Introd., p. 235). 

(4) Orientation. 

(5) Après les mots: « en considérant 
les points cardinaux», L continue:«en 
effet ils ont attribué à l’Ourse (nord) le 
noircissement, au levant le blanchi- 
ment, au midi la coloration en violet, au 
couchant le jaunissement. D'un autre 
côté, ils ont attribué au levant la subs- 
tance blanche, c’est-à-dire l'argent, et 


94 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


attribuant le levant à la substance blanche, et le couchant à la substance 
jaune. Les mines d'or de l’Arsenoéton (1) (sont) à la porte orientale, c'est- 
à-dire que tu trouves à l'entrée du temple la subtance blanche. A Térénou- 
thi (2), dans le temple d’Isis, à l'entrée occidentale du temple, tu trouveras 
du minerai jaune, après avoir creusé (à une profondeur) de trois coudées (3) 
et demie. À la moitié des trois coudées tu trouveras une couche noire. 
Après lavoir enlevée, traite-(la) [et tu en trouveras une verte ailleurs]. 

Ces choses relatives aux mines d’or, inscrites sur la montagne de l'Est, 
et sur la montagne Libyque, ontété dites dans un sens mystérieux. Ne passe 
pas légèrement à côté; ce sont de grands mystères : remarque qu'ils ontété 
tous démontrés vrais. 

31. C’est de là qu'il fait partir son opération; c’est pour cette raison qu'il 
a dit: « Attribuant au levant la substance blanche », c’est-à-dire, assignant 
à l’origine des opérations le commencement du jour, le lever du soleil sur 
la terre. Car le blanchiment, par rapport au jaunissement, est le véritable 
commencement de l'opération; lors même que celle-ci ne se fait pas en débu- 
tant de suite par là, parce que l’on attend que la décomposition ait débuté 
sans le {secours du) feu. 

Est-ce sans raison qu’Hermès (4) a voulu faire entendre au prêtre, outre 
le commencement, cette circonstance qui précède le blanchiment? Ecoute 


Apollon (5) disant : « {laterre) est traitée, étant prise dès l'aurore ». Or l’ex- 


Co bts nat 


au couchant le jaune, c’est-à-dire l’or. 
En effet Hermès, s'exprime ainsi : « Les 
mines d'or de l’Arsenoéton sont à la 
porte orientale, c'est-à-dire qu’à l’en- 
trée du temple d’Isis tu trouveras des 
caractères où 1] est question de la subs- 
tance blanche; et à l’entrée occidentale 
du temple tu trouveras le minerai jaune; 
en creusant (à une profondeur) de trois 
coudées; à une demi-coudée, tu trouve- 
ras une couche noire ou verte. Enlève- 
là toi-(mème) ettraite-(la). Ecoute aussi- 
Apollon disant : Que le sable soit traité, 
étant pris dès l’aurore. Or l'expression 
« dès l’aurore, etc... » 

(1) Voisines d’Arsinoé (᾿Ἀρσινόη), ville 


d'Égypte fondée par Ptolémée Phila- 
delphe. 

(2) Denderah et son temple consacré 
à Hathor ? 

(5) Par suite d’une erreur de lecture, 
on avaittraduitailleurs, «troissources» 
(πηγῶν), 4ὰ lieu dectroiscoudées»(7n/@v). 

(4) On suit ici le texte de A : la 
phrase, telle que la donnent les manu- 
scrits, est peu intelligible; mais les 
mots ἀλόγως et ἱερῶν se retrouveñt à la 
page suivante. 

(5) Les Oracles d’Apollon, cités plu- 
sieurs fois dans les écrits alchimiques. 
C'était quelque recueil analogue aux 
livres Sibyllins et aux Orphica. 


ω OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 95 


pression « dès l’aurore » fait voir que le moment qui précède le lever (du 
soleil), est aussi celui qui précède le blanchiment et le commencement de 
tout l’œuvre. 

Ensuite l’achèvement de tout l’œuvre (j'entends par là le jaunissement), 
il l’a attribué au couchant, qui est l’accomplissement du jour entier. La 
phrase : « à la moitié de la hauteur des trois coudées, tu trouveras une couche 
noire (1) », a été dite au sujet des matières sulfureuses, c’est-à-dire au sujet 
de notre plomb (2), celui que l’on retire des scories {espèce de peu de valeur) 
aussitôt après le blanchiment,au moyen de la décomposition opérée à chaud 
et de la fixation. (C’est ce plomb), dit-il, que les prophètes des Egyptiens, 
s’efforçaient d'obtenir. 

32. Sache que cet énoncé des minerais est une allégorie (3). Car ils 
r'entendent pas parler des minerais, mais des substances. 

Sur quoi nous appuyons-nous (pour dire) que le levant a été attribué au 
masculin, et le couchantau féminin? Il s’agit d'Adam (4). Car celui-ci, le pre- 
mier de tous les hommes, est issu des quatre éléments (5). On l'appelle aussi 
terre vierge (6) et terre ignée, terre charnelle et terre sanglante (7). Tu 
trouveras ces choses dans les bibliothèques de Ptolémée. Je les ai dites pour 
établir relativement aux choses sacrées, qu'aucun des êtres n’a été expliqué 


irrationnellement par les anciens. Car le couchant est attribué à l’élément 


(1) L ajoute : « ou verte ». 

(2) Le plomb et le soufre étaient 
exprimés par un même signe (/ntrod., 
p. 114, planche V, 1. 12, et Lexique, 
p. 13, article Osiris). 

(3) Les anciennes descriptions posi- 
tives des traitements de minerais sont 
devenues ainsi des récits symboliques 
pour les alchimistes (v. p. 75). 

(4) Les quatre lettres du nom d'Adam 
étaient prises comme exprimant les 
quatre points cardinaux : ᾿᾿Ανατολὴ, 
Δύσις, "Apzros, Mesnu6pla (voir aussi Ori- 
gines de l’Alchimie, p. 64). Les noms 
d'Adam et Eve ont conservé un sens 
mystique chez les alchimistes latins. On 
lit en effet dans la Biblioth. des Philo- 


| sophes chimistes, τ. IV, p. 570 et 578 


(1754): « Adam: terre rouge, mercure 
des sages, soufre, âme, feu de nature — 
Ève, terreblanche, terre de vie, mercure 
philosophique, humide radical, esprit. » 
De même dans le Lexicon Alchemiæ 
Rulandi (1612), p. 324 : « Matière pre- 
mière (185 sens), c’est l'épouse, ἔνε». 
On voit par là que les expressions du 
texte: terre vierge et terreignée, etc. de- 
vraient être attribuées à Êve. Il y a eu 
quelque erreur de copiste sur ce point. 

(5) L ajoute : « et Dieu lui attribue 
le levant ». 

(6) Orig. de l’Alch., p. 64 et 333. 

(7) L ajoute : « A ἔνε, le couchant a 
été attribué ». 


96 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


féminin. Zosime dans son livre sur l'Action (1) (dit ceci) : « Je proclame et 
j'appelle Hermès comme témoin véridique, lorsqu'il dit : Va-t-en auprès 
d’Achaab le laboureur (2) et tu apprendras que celui qui sème le blé pro- 
duit le blé ». Moi aussi je dis de même que les substances sont teintes par 
les substances, d’après ce qui est écrit. Or le fait d’être teint ne comporte 
pas d’autre distinction que celle de la substance corporelle (3) et de la subs- 
tance incorporelle (4) : cet art admet l’une et l’autre. Il dit que les substances 
corporelles sont les substances (métalliques) fusibles; tandis que les subs- 
tances incorporelles (sont) les pierres. Il désigne comme n'ayant pas le 
caractère de substances (5) les minerais et les matières qui n’ont pas été 
traitées par le feu, à cause de la nécessité de ce premier traitement (6). 

Pélage dit à Pausiris : « Veux-tu que nous le jettions dans la mer, avant 
que les mélanges soient effectués (7)? » Et Hermès dit : « Tu parles très bien 
et avec une grande exactitude ». La mer, comme le dit Zosime, c’est l’élément 
hermaphrodite (8). 

33. (La terre) est traitée, étant prise dès l’aurore, cela veut dire étant 
encore imprégnée de la rosée (9). En effet le soleil levant enlève par ses 
rayons la rosée répandue sur la terre, pour s’en nourrir. La terre (ainsi) se 


trouve comme veuve et privée de son époux, ce que dit aussi Apollon. 


Par l’eau divine, j'entends ma rosée, l’eau aérienne (10). 


(1) Lajoute: «à propos du catalogue ». 
(2) Voir plus haut (I, x) cet axiome, 
cité dans la lettre d’Isis.a Horus, p.35: 
Le laboureur y estnommé Acharantus. 

(3) Par exemple les métaux. 

(4) Métal oxvdé ou transformé. 

(5) C'est-à-dire ne possédant pas le 
caractère d'un être défini, homogène. 
L, aprèsles minérais, continue : « Nous 
appelons les minerais des corps sans 
substance ». 

(6) Traitement nécessaire pour obte- 
nir des produits définis proprement 
dits, existant par eux-mèmes et séparés 
du mélange confus primitif, qui consti- 
tuait les minerais. 

(7) L ajoute : « Et celui-ci répondit» 
au lieu d'Hermès). 


(8) Pour l'élément hermaphrodite, 
Cp. Origines de l’Alchimie, p. 64. — 
Tout ce langage symbolique est diffi- 
cile à interpréter. Peut-être s’applique- 
t-il à l’action de l’eau salée surles mi- 
nerais, qu’elle transforme, en enisolant 
certains composés, opération compa- 
rable à une fécondation. En chimie, 
même aujourd'hui, on dit : la généra- 
tion des composés. 

(9) Réd. de L : « Les mots qu’elle 
soit traitée, signifient qu’elle soit prise 
dès l’aurore et qu’elle soit imprégnée 
de rosée ». 

(10) C'est-à-dire produite par la con- 
densation dans l’alambic, après réduc- 
tion sous forme aérienne par la distil- 
lation ἢ 


nat D 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 97 


Vois combien il y a de témoignages pour établir que cette composition a 
besoin d’abord de quelque.liquide; afin , dit-il, que la matière ayant été cor- 
rompue garde son caractère spécifique invariable. Par les mots « ayant été 
corrompue », il a faitentendre qu’il faut un certain temps pour que la décom- 
position ait lieu. Orla décomposition ne se produit jamais sans le concours 
de quelque liquide (1). En effet, c’est au catalogue des liquides, dit-il, que 
le mystère a été confié. 

34. Au sujet des minerais: « Tous les anciens s’en sont préoccupés ». 
Comme ils adressent leurs discours aux Egyptiens, je t’alléguerai encore leur 
témoignage, à cause de ton incrédulité. 

35. Zosime donc, dans son livre de l’Accomplissement (2), s'adressant à 
Théosébie, s'exprime ainsi: « Tout le royaume d'Egypte, ὃ femme, est sou- 
tenu par ces trois arts (3), l’art des choses opportunes (4), l’art de la nature et 
l'art detraiter les minerais. C’est l’art appelé divin, c’est-à-dire l’art dogma- 
tique pour tous ceux qui s’occupent de manipulations et de ces arts (5) ho- 
norables, que l’on appelle les quatre (arts) chimiques (6). (Cet art divin), 
enseignant ce qu’il faut faire, a été révélé aux prêtres seuls. En effet la 
manipulation naturelle du minerai appartenait aux rois; aussi lorsqu'un 
prêtre, ou ce qu’on appelait un sage, expliquait les choses qu’il avait 
reçues en héritage des anciens, ou de ses ancêtres, lors même qu'il en pos- 
sédait (complètement) la connaissance, il ne la communiquait pas sans 
réserve : car (autrement) il était puni. De même que les artisans chargés de 


frapper la monnaie royale ne la frappent pas pour eux-mêmes (7), attendu 


(1) C'est l’axiome : Corpora non 
agunt nisi soluta. 


le second cas une synonymie qui alté- 
rerait le sens. 


(2) Origines de l’Alchimie, p. 183. 

(3) Var. : Deux. — Le texte grecsera 
publié seulement dans la 3e partie, 
parmi les œuvres de Zosime. Mais on 
a cru utile d’en reproduireici la traduc- 
tion, afin de donner un caractère plus 
complet à l'ouvrage d'Olympiodore. 

(4) καιριχῶν. — Peut-être l'astrologie. 

(5) Le mot art divin comprend les 
quatre arts chimiques. On a préféré 
répéter le motart, au lieu d'adopter dans 


(6) C'est-à-dire des quatre livres de 
Démocrite : relatifs à la Chrysopée, à 
l’Argyropée, etpeut-être à l'art des vitri- 
fications, et à l’art de la teinture des 
étoffes, conformément au titre de vieux 
traités conservés dans les manuscrits 
(Origines de l’Alchimie, p. 123; — le 
présent volume, p. 61, note 1). 

(7) Réd. de L : «les artisans chargés de 
frapper les monnaies royales et qui les 
altèérent secrètement pour eux-mêmes». 


19 


98 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


qu’ils seraient châtiés (τ). De même aussi, sous les rois d'Egypte, les artisans 
préposés aux opérations faites par la voie du feu, ainsi que ceux qui avaient la 
connaissance du lavage du minerai et de la suite des opérations, ne travail- 
laient pas pour eux-mêmes ; mais ils étaient chargés d’accroître les trésors 
royaux. Ils avaient des chefs particuliers, préposés aux richesses du roi (2), 
et des directeurs généraux, qui exerçaient une autorité tvrannique sur le tra- 
vail du minerai par le feu. C'était une loi chez les Egyptiens que personne 
ne divulguñât ces choses par écrit. 

« Quelques-uns reprochent à Démocrite et aux anciens de n’avoir pas fait 
mention de ces arts dans des termes appropriés, mais d’avoir exposé seu- 
lement ceux donton parle publiquement(3).Ilestinjuste de leleur reprocher; 
car ils ne pouvaient faire autrement. Etant amis des rois d'Égypte, et s’hono- 
rant d'occuper les premiers rangs en dignité parmi les prophètes, comment 
auraient-ils pu révéler au public des connaissances contraires aux (intérêts 
des) rois et donner à d’autres le pouvoir dominateur de la richesse? Quand 
même ils l’auraient pu, ils ne l’auraient pas fait; car ils étaient jaloux (de 
leur science). Les Juifs seuls parvinrent à en connaître la pratique, ainsi qu’à 
décrire et à exposer ces choses clandestinement. Voilà comment nous 
trouvons que Théophile, fils de Théogène, a parlé de toute la description 
topographique des mines d’or; il en est de même de la description des 
fourneaux par Marie et des écrits des autres Juifs.» 

36. Synésius s'adressant à Dioscorus parle du mercure (et) de la vapeur 
sublimée étésienne (4) et dit que tous les anciens savent que ce sublimé est 
blanc et volatil, et sans substance propre. Il s’unit à tous les corps fusibles ; 
illes attire en lui-même, comme l’expérience l’a enseigné; l’auteur s'exprime 


ainsi : « Si tu veux savoir exactement les choses, etc. » — (Olympiodore 


(1) « Car ils étaient châtiés s'ils le fai- traités relatifsaux métaux et aux indus- 


saient. » L. (Cp. Origines de l’Alchi- 
mie, Ὁ. 23, et Diodore de Sicile, 1. 1v, 
v. la note de la p. 76). 

(2) Origines de l’Alchimie, p. 23. 

(5) « Les arts principaux et honora- 
bles.» L. — Dansles livres hermétiques, 
promenés en procession, suivant la des- 
cription de Clément d'Alexandrie, les 


tries chimiques ne sont pas mention- 
nés (Origines de l’Alchimie, p. 40 et 
44). Même de nos jours, les industriels 
cherchent toujours à tenir leurs pro- 
cédés secrets. 

(4) Pierre étésienne ou chrysolithe 
(pierre d’or) : d'après le Lexique, p. 7. 
C’est la cadmie, qui sert à faire le laiton. 


ile di 


= 


MS D D D cé 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 99 


reproduit ici le passage de Synésius, donné de la p. 66 jusqu’à la p. 68). 
— « Voilà pourquoi Pébéchius disait qu’il possède une puissante affinité. » 

37. Que pouvons-nous entendre de plus? C’est que le mercure travaillé 
devient matière réceptive, échangeant sa substance contre celle de tout 
corps (métallique) fusible. Privé de nature propre, il devient volatil (1). 

De même aussi notre magnésie, ou l’antimoine (sulfuré), ou les pyrites, 
ou les minerais, ou (enfin) tous les corps métalliques que l’on peut nom- 
mer, transformés au moyen de l'huile de natron (2), soit dans le récipient 
à digestion spontanée (3), soit par l’action du soufflet (4), soit par un autre 
appareil, de quelque nom que tu veuilles l'appeler ; — je dis transformés con- 
formément à leur aptitude naturelle, — sont réduits à l’état de cendres (5). 
En effet, le corps réceptif par excellence, celui qui est appelé parmi 
eux le plomb noir, celui qu'ont désiré connaître les prophètes des 
Egyptiens, celui que les oracles des Démons ont révélé, ce sont les 
scories et les cendres de Marie (6). Car 115 savent que ces choses 
existent dès le principe. C’est pour cela qu’il y a coloration en noir 
et dans (le cours de) l’opération, décoloration, c’est-à-dire blanchiment; 
car le mot blanchiment ne signifie pas autre chose que le fait de décolorer, 
par privation du noir. Vois l'exactitude de tout ceci, ὃ sage. Car tu possèdes 
ici le fruit de tout le labeur du captif; tu possèdes ici ce que l’on cherche 
depuis des siècles : je sais la persévérance de ta sagesse. 

38. Telle est la clef du discours, et le résumé de l’art dans son ensemble. 
Ne passe légèrement à côté d'aucune de ces choses; car cette clef t’ouvrirales 
portes de la théorie et de la pratique; tu as appris que les scories sont le 
mystère tout entier. Tous (les philosophes) sont suspendus et attentifs à ces 


(scories) ; des milliers d’énigmes s’y rapportent ; des livres en aussi grand 


(1) L'auteur parle ici du mercure des 
philosophes, qui constitue la matière 
première de toute fluidité métallique, 
privée desubstance propre, mais suscep- 
tible d’être associée aux diverses subs- 
tances métalliques. 

(2) Substance mal connue. 

(3) M : αὐτοματαρείῳ — Dans A il 
s’agit du botarion (v. p. 65; v. surtout 
le motarion, p. 112). 


(4) C'est-à-dire en chauffant dans un 
fourneau, avec le concours du soufflet. 

(5) C’est la transformation des mi- 
nerais métalliques en oxydes ou corps 
analogues, par grillage, ou après disso- 
lution. 

(6) Réd. de L : « les scories et Îles 
cendres. Et Marie a su que c'est le 
plomb lui-même, dès le principe » 
(v. p.101). 


100 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


nombre y font allusion; c’est le fondement du blanchiment et du jaunisse- 
ment. En effet, il y a deux couleurs extrêmes : le blanc et le noir; le blanc 
est séparatif, et le noir compréhensif. Zosime faisant allusion à cette cou- 
leur, dit : « Elle entoure la pupille de l’œil (1), ainsi que l’arc en ciel. » 
Les gens sans intelligence ne saisissent pas ce que c’est que le séparatif et 
le compréhensif. Or le compréhensif, ainsi que ce qu’il comprend, est tiré 
des corps (métalliques) eux-mêmes. C’est ainsi que de l’essence liquide (2), 
on extrait la nature intime du plomb, comme le dit aussi le divin Zosime; 
et il s'appuie sur toute vérité et connaissance venant de Dieu. Cette nature 
intime, dis-je, c'est-à-dire cette âme (du plomb), cessant de manifester en 
elle-même le monde invisible, se manifeste dans un autre corps (métallique), 
celui de l'argent; et dans l’argentelle manifeste le sang rouge, c’est-à-dire l'or. 

39. O mon ami, toi qui es généreux, institue ton discours pour ma jus- 
tification, employant les moyens de défense que te suggère ton honnêteté; 
que ta douceur et ta patience, en présence de la négligence et du désordre 
de cette étude, ne s'en prenne pas au sujet de l'étude elle-même, mais à la 
négligence de la forme. 

Ainsi le blanc est séparatif; car le blanc ne s'appelle pas à proprement 
parler une couleur. En effet toute couleur comprend et distingue (certaines 
variétés) : ainsi le noir est une couleur véritable, puisqu'il y a plusieurs 
variétés de noir (3). Lorsqu'ils discourent sur les couleurs, l'esprit des non- 
initiés tombe dans la confusion ; mais nous, ne nous écartons pas du bon 
sens. Les anciens savent que le plomb est noir. Or le plomb possède l’es- 
sence liquide; remarque l'exactitude de ce que nous disions plus haut de 
l'âme attirée par l'essence liquide. Car par sa pesanteur celle-ci tend à des- 
cendre et attire tout à soi. Voici que tous les mystères t’ont été divulgués. 


40. Il faut d’abord apporter quelques témoignages, puis revenir à notre 


sens est parfois difficile à pénétrer. 

(3) Réd. de L : « mais la couleur noire 
est seule une couleur à proprement 
parler et il y a plusieurs variétés de 
noir ; car la couleur noire est la source 
de toutes les autres couleurs. C’est 
pourquoi discourant, » etc. 


(1) L:« Ou pour mieux dire les trois 
couleurs de l'œil. » 

(2) C'est-à-dire de la liquidité, envi- 
sagée comme substance ou élément; 
ou plutôt comme matière première 
des métaux (note 4 de la p. 103). 
— Ce paragraphe est un mélange 
de subtilités et d'allégories dont le 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ IOI 


opinion. Marie suppose que le plomb est noir dès le principe, etelle dit: «Si 
notre plomb noir est fabriqué, voici dans quel sens; car le plomb commun 
est noir dès le principe » (1). Ainsi elle ne parle pas du plomb commun, 
mais du (plomb) produit par l’art. 

Or « comment est-il produit ? » dit Marie. « Si tu ne rends pas les subs- 
tances corporelles incorporelles et si tu ne rends pas incorporelles les subs- 
tances corporelles (2), et si des deux (corps) tu n’en fais pas un seul, aucun 
des (résultats) attendus ne se produira » (3). 

Et ailleurs : « Si tous les corps métalliques ne sont pas divisés par l’action 
du feu, et si la vapeur sublimée, réduite en esprit, ne s'élève pas, rien ne 
sera mené à terme. » 

Et ailleurs encore : « Le molybdochalque est la pierre étésienne (4). 
Toutes les (substances) fondues et coulées ensemble, (il) les change en or 
par l’action ignée. En puissance, il a la vertu de cuire les choses crues et 
de doubler les choses cuites (5). Mais si tu réussis à blanchir ou à jaunir, 
ce ne sera plus seulement en puissance, mais en acte. Voici ce que j’aflirme, 
dit Marie : le molybdochalque existe par l'effet du traitement. » 


Il s’agit du traitement des deux scories (6) et la doctrine est la suivante. 


(1) Ceci semble indiquer une distinc- 
tion entre le métal factice et le métal 
naturel; distinction que l’on retrouve 
souvent chez les anciens; par exemple 
pourlemercure (Pline, H.N.,I.XXXIII, 
32-42. — Introd., p. 257). 

(2) C'est-à-dire : si tu ne transformes 
pas les métaux, en leur ôtant leur état 
métallique, et si tu ne les régénères pas 
dans cet état, avec des propriétés nou- 
velles, en réunissant plusieurs métaux 
en un seul. C’est ce que nousappelons 
un alliage; mais il était assimilé aux 
métaux véritables. 

(3) Au-dessus du premier mot « cor- 
porelles » dans M., une main du xv® 
siècle a écrit « comment ? » ce qui a 
passé dans le texte de L sous la forme 
suivante : « comment cela peut-il arri- 
ver ? » Au-dessus du mot « deux » la 


même main a écrit dans M : « com- 
ment ? » 

(4) Appelée aussi pierre d’or, dans le 
Lexique, p.7 (v. la note 1 de la page 98). 

(5) C’est la diplosis, ou art de doubler 
le poids de l’or et de l'argent, par l’ad- 
dition de la cadmie. 

(6) Ceci paraît vouloir dire que l’on 
réduit ensemble la pyrite de cuivre et 
le sulfure de plomb (ou d'antimoine), 
préalablement scorifiés, c'est-à-dire 
grillés par voiesèche, ou désagrégés par 
voie humide, ou sublimés sous forme de 
cadmies. Leur réduction simultanée 
fournit le molybdochalque, alliage des 
deux métaux, que l’on peut ensuite as- 
socier par fusion à l’or ou à l'argent 
pour en opérer la diplosis. Tout ce pas- 
sage éclaircit ce qui précède, relati- 
vement au mystère des scories (p. 99). 


102 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


Traite par le vinaigre la pierre étésienne, ou la pierre phrygienne; trempe 
(la) d'abord dans la liqueur, puis après l'avoir ramollie, broie-la et con- 
serve. 

Démocrite disait : «de l'antimoine (sulfuré) et de la litharge (1), retirele 
plomb», et il observe : « Je ne parle pas dans le sens propre, de peur que tu 
ne t’égares; mais il s’agit de notre (plomb) noir » (2). Agathodémon, au 
moyen de notre plomb, fait les affinages; il prépare une liqueur noire avec 
le plombetles eaux (chimiques), liqueur destinée à désagréger l'or. 

En général, ils préparent du plomb noir; car, ainsi que je l'ai dit, si le 
plomb commun est noir dès le principe, le nôtre est noir par fabrica- 
tion, ne l'étant pas d’abord. 

41. L'expérience nous servira de maître et je m’efforcerai de nouveau 
d'expliquer la question par des démonstrations véridiques, en revenant à 
notre premier sujet. L’asèm ne devient pas or de lui-même, comme on le 
dit; etil ne le deviendrait pas, sans le secours de notre œuvre. 

I] n'est pas juste de déprécier les anciens ; car « la lettre tue, mais l'esprit 
vivifie ». Ce mot adressé par le Seigneur à ceux qui l’interrogeaient sans 
réflexion, s'applique à tout ce qu'ont dit les anciens qui se sont occupés de 
ces matières. Celui qui connaît l’art caché de la chimie, leur dit (3) : « Com- 
ment dois-je entendre maintenant la transmutation? Comment l’eau et le 
feu, ennemis et contraires l’un à l'autre, opposés par nature, se sont-ils 
réunis dans le même (corps), par concorde et amitié? etc. O l'incroyable 


mélange ! D'où vient cette amitié inattendue entre des ennemis ? » (4). 


(1) Ceci montre que l’antimoine était 
assimilé au plomb (/ntrod., p. 224, 
238 et Lexique, p.11). 

(2) La tradition d’après laquelle le 


a-dire dans le plomb), joint aux natures 
complémentaires, la terre, l’eau, l'air 
et le feu. » Au lieu de la tétrasomie 
métallique, il parle ici des quatre élé- 


plomb jouait un rôle fondamental dans 
la transmutation, se retrouve chez les 
alchimistes du moyen âge, comme un 
souvenir des alchimistes grecs, qu'ils 
ne connaissaient pas directement. Ainsi 
on lit dans la Bibl. Chem. de Manget, 
τ 1, p. 917. « Pythagore dit que tout 
le secret est dans le plomb. Hermès dit 
aussi qu'il existe dans Saturne (c’est- 


ments antiques. 

(3) À ceux qui l’interrogent. 

(4) Tout ce passage montre combien 
les phénomènes chimiques avaient 
excité l'admiration des premiers obser- 
vateurs et revêtu dans leur esprit et 
dans leurs écrits une forme poétique. 
C’est le premier germe des poèmes al- 
chimiques. 


ET PESTE NU CE CUS PES τὰ 


bé 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 103 


42. Ici encore les oracles d’Apollon déclarent la vérité, car ils parlent du 
tombeau d’Osiris (τὴ. Or qu'est-ce que le tombeau d’Osiris? C’est un mort 
lié et entouré de bandelettes, n’ayant que le visage découvert (2). L’oracle 
dit, en désignant Osiris : « Osiris, c’est le tombeau étroitement resserré, 
cachant tous les membres d'Osiris et ne laissant voir aux mortels que son 
seul visage. Mais en cachant les corps, la nature a voulu exciter notre 
étonnement. Car Osiris (3) est le principe de touteliquidité (4) ; c’est lui qui 
opère la fixation dans les sphères du feu. C’est ainsi qu'il lie et resserre 
le Tout (5) du plomb, etc. » 

43. Un autre oracle du même Dieu s'exprime ainsi : « Prends le chryso- 
lithe, celui que l’on nomme le mâle de la chrysocolle (6), c'est-à-dire l'homme 
destiné à la combinaison. Ce sont ses gouttes (7) qui enfantent l'or de la 
terre Ethiopienne. Là une espèce de fourmi extrait l'or, le porte au jour et 
en jouit (8). Mets avec lui la femme de vapeur, jusqu’à ce qu'il soit 
transformé (9) : c’est l’eau divine, amère (10) et styptique (11), celle que 
l’on appelle la liqueur de Chypre et la liqueur de l'Egyptienne aux tresses 


d’or (12). Avec ce (produit), enduis les feuilles de la déesse lumineuse (13), 


(1) Origines de l’Alchimie, p. 32. 

(2) Momie dans sa gaine. 

(3) Ce mot était traduit par soufre 
et plomb, dans le langage chimique. 
Lexique, p. 13. 

(4) D’après les idées mystiques expo- 
sées ici, il semble que le plomb, métal 
fusible, ait été regardé à l'origine 
comme le support de la liquidité mé- 
tallique et la matière première des mé- 
taux (v. p. 102, note 2); attributions 
qui ont passé depuis au mercure, dont 
la découverte est plus récente. C’est 
ainsi que le plomb paraît à l’origine 
avoir joué dans la dorure le rôle attri- 
bué plus tard au mercure (/ntrod., 
Ρ. 58). 

(5) C'est-à-dire le molybdochalque. 

(6) Chrysolithe est masculin, chryso- 
colle féminin. 

(7) Le liquide résultant des traite- 
tements ignés (v. p. 101). 


(8) Origines de l’Alchimie, p. 103. 

(9) L'homme exprime ici le minerai 
primitif ; la femme de vapeur signifie 
l'eau divine, distillée. 

(το) Réd. de L. Après l’eau divine: 
« elle est amère ; on l'appelle aussi l’es- 
pècestyptique, l’ios de Chypre, l'Égyp- 
tien aux tresses d'or, et le suc ». 

(11) Dans le Papyrus de Leïde, cette 
eau divine est un polysulfure, capable 
de colorer les métaux par voie humide 
et de dissoudre l’or par voie sèche 
(Introd., p. 68). 

(12) Hathor ou Cypris, c’est-à-dire 
le cuivre. Tout ce langage offre l’obs- 
curité des oracles ; mais on entrevoit 
le sens des allusions. Il existait un 
livre alchimique désigné sous le nom 
d’« Oracles d’Apollon » (p.94, note 5). 

(13) C’est le synonyme d’Aphrodite, 
c'est-à-dire du cuivre (Zntrod., p. 104, 
planche I, 1. 6). 


104 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


celles de Cypris la blonde, et fais fondre, en comprenant l'or dans ton invo- 
cation. » 

A son tour, Petasius le philosophe,parlantdu principe del’œuvre,s’accorde 
avec ce qui a été déjà exposé au sujet de notre plomb et dit : « La sphère de 
feu est retenue et enserrée par celle du plomb » (τ). Et le même, se faisant 
son propre commentateur, ajoute : « Cela veut dire à partir du produit qui 
vient de l’eau mâle » (2). Or c'est l’eau mâle qu’il a appelée la sphère de feu (3). 
Il a dit (aussi) que le plomb est tellement possédé du démon (4) et livré à 
l'impudence, que ceux qui veulent apprendre {la science) tombent dans Ja 
folie, à cause de {leur) ignorance (de ses propriétés). 

44. Voici ce qui a été dit dès le début au sujet des éléments,ce qui est pro- 
clamé ici. J'ai dit que le plomb est l’œuf (philosophique), composé des 
quatre éléments; Zosimel'exposeaussi quelque part. Or le Tout{(5) aboutit au 
plomb. En effet, quelle que soit l'espèce qu'ils comprennent dans le cata- 
logue, ils entendent par là l’ensemble : « les quatre sont un » dit Marie. Si 
tu entends parler des minerais,comprends par là les espèces (métalliques); 
et si tu entends parler des espèces, comprends les minerais. En effet, les 
quatre corps forment la tétrasomie. 

C'est au sujet de cette tétrasomie que Zosime dit: « Ensuite la malheu- 
reuse(6),tombéeet enchaînée dansle corps (métallique) du quadruple élément, 
subit aussitôt les colorations voulues par celui qui l’assujettit au moyen de 
l’art : telles que la coloration noire, ou la blanche, ou la jaune. Ensuite, 
ayant reçu les couleurs et, parvenue peu à peu à l’adolescence, elle atteint 


la vieillesse et finit dans le corps à quadruple élément : [ce qui signifie (l’en- 


(1) L : « par le travail du plomb ». d'opérer les colorations et transmuta- 


(2) Il y a ici un jeu de mots, le même 
terme signifiant mâle et arsenic. 

(3) S'agit-il ici de la teinture en jaune 
du plomb (ou des alliages fusibles con- 
fondus sous ce nom) par la vapeur des 
sulfures d’arsenic, dans les instruments 
à kérotakis des fig. 20, 21, 22, etc.; ou 
peut-être même par ces sulfures fondus 
dans une certaine région des appareils ? 
(v. Introd., p. 144 et suiv.) 

(4) Allusion allégorique à la difficulté 


tions prétendues du plomb. 

(5) Ce motsignifie à la fois l'ensemble 
des quatre éléments, la composition 
complète etle molybdochalque(/ntrod., 
Ρ- 153). 

(6) Allégorie relative à la matière mé- 
tallique, envisagée en général, et aux 
transformations et colorations qui l’in- 
corporent dans les alliages métalliques, 
jusqu’à transmutation totale. 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 105 


semble constitué par) le cuivre, le fer, l’étain et le plomb (1)]. Elle finit avec 
eux dans l'opération de l’iosis, comme détruite par ces (métaux) et surtout 
ne pouvant plus s'échapper; [c'est-à-dire entrelacée avec eux et ne pouvant 
s’en échapper (2)]. Et de nouveau elle se retourne avec eux, retenant lié avec 
elle celui qui la poursuit du dehors, au sein de l’appareil circulaire » (3). 
Or qu'est-ce que l’appareil circulaire? si ce n’est le feu et la cause de l’éva- 
poration sans issue, opérée dans la fiole sphérique. De même que, dans la 
maladie le premier sang étant corrompu, il se forme un nouveau sang dans 
le rétablissement (de la santé) ; de même il manifeste dans l’argent le (nouveau) 
sang couleur fauve, c’est-à-dire l’or. 

45. Tels sont tous les témoignages. Autant que possible, je les αἱ résu- 
més, les tirant de beaucoup de discours; non que nous manquions de 
papier (4); en effet quelle quantité de papier suffirait pour exposer les puis- 
sances si vastes de l’art? Lors même que je préparerais un papier aussi étendu 
que le ciel, je ne pourrais développerici qu'une petite partie de cequiconcerne 
la matière rendue corporelle. En cela, notre art ressemble à l’intelligence 
parfaite et ineffable. C'est pourquoi nous devons nous exercer, selon le 
divin Démocrite [c'est là une comparaison (5)}, disant : « C’est pour- 
quoi nous devons nous exercer et avoir une intelligence ouverte et per- 
çante. » Zosime dit aussi: « Si tu es exercé, tu possèdes le fruit de tes 
exercices ; en effet l’art demande de l'intelligence, et se développe par 
elle. » 

46. Vois comment toutes choses te sont devenues faciles à comprendre. 
Après avoir recueilli ce qui a été dit dès le principe, j'ai fait un choix de 
tout ce qui t'a été présenté (6). 

Ce fait qu'ils ont parlé des substances liquides etsèches, induitles lecteurs 
en erreur. En effet le mot liquidité a un double sens. Tantôt il s’agit d’un 


liquide proprement dit, tel que l’eau; tantôt on nomme liquidité, comme 


(1) Glose. (4) L ajoute : « afin de ne pas te pa- 
(2) Glose. | raître fatigagt». 
(3) Ce langage allégorique répond à la | (5) Glose omise dans L. 

circulation des vapeurs opérées dans le | (6) L ajoute : «je te l’ai exposé, sui- 


χαρχίνος (Introd., p. 145).C’est ce qu’ex- |  vant mon pouvoir et mon goût ». 
plique d’ailleurs la phrase suivante. | 
14 


106 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


parmi les artisans, la qualité onctueuse des pierres (1). Or, il est impossible 
d'exprimer deux choses contraires par un seul (mot).: 

Ici s’applique vraiment la parole de Petasius le philosophe, disant que 
«le plomb est tellement possédé du démon (2) et présompteux, que ceux 
qui veulent apprendre tombent dans la folie et perdent l'esprit ». Mon 
cher ami, éclaire-moi sur les choses obscures. Il faut que tout mensonge 
disparaisse. Car les philosophes, ces modèles de générosité (3), connaissent 
toute vérité. J'ai besoin de pardon, car il est possible que vous ayez à 
corriger mes erreurs ; tandis qu’elles deviendront un voile pour ceux à qui 
il ne nous est pas permis de faire la révélation (4). 

47. On (5) attribue au plomb les deux qualités contraires, attendu qu'il 
donne à la fois la sensation d’un corps liquide et celle d’un corps sec. Il pos- 
sède trois propriétés en lui-même, il est blanc, jaune et noir (6); et il est 
aussi liquide (7). Voici qu’il se produit aussi (avec le plomb) quatre couleurs 
différentes du jaune (8). Le plomb comporte encore deux traitements. C’est 
à bon droit que (Petasius) fait reposer l’art sur lui; mais c’est à tort qu'on 
lui adjuge le caractère théâtral et éclatant (9), le même en vérité qu’à la 


(pierre) astérie (10). C’est à cause d’une semblable nature, que la plupartdes 


(1) La notion de l’eau répond en (4) Voir la note 1 de la p. 76. 
effet à des sens multiples, chezles alchi- (5) L : « Petasius attribue... » 
mistes et chez les philosophes anciens (6) C'est-à-dire qu’il possède de lui- 
(Cp. Orig. de l’Alch., p. 268). Citons même chacune de ces trois couleurs, 
encore, pour jeter quelque lumière ou produit des composés qui les pos- 
sur ces opinions subtiles, celle d'Albert sèdent : Par exemple la céruse, blanche; 
le Grand, de Mineralibus, liv. III, ch. 2; la litharge, jaune; le sulfure de plomb, 
ch. 5, tr. 2 : « Dans les métaux, il y a noir. 
deux humidités onctueuses, l’une exté- (7) Voir la note 4 de la page 105. 
rieure, subtile et inflammable; l’autre (8) Tels sont les oxydes etautres com- 
interne, retenue au fond du métal, et qui posés blancs (céruse), noirs (sulfure), 
ne peut être ni brülée, nirendue com- rouge (minium), puce (bioxyde), et d’au- 
bustible; telle estcelle des matières vitri- tres teintes encore, qui dérivent du 
fiables, » Bibl, Chem. de Manget, t. I, plomb. 
p. 036. Cette théorie semble voisine (9) Ce verbiage signifie peut-être que 
de celle d'Olympiodore. - le plomb ne produit pas de composés 

(2) L ajoute : « et impur ». doués de couleur éclatante. 

(3) D’après L : «car les philosophes (10) Pierre précieuse blanche, bril- 
savent être des modèles de générosité lante et à reflet intérieur. Pline, H.N., 
dans le domaine des choses vraies ». | 1. XXXVII, 47, distingue l’asteria 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 107 


anciens placent l’art dans le plomb. Zosime le dit ainsi : « Le Tout aboutit 
au plomb. » Et ailleurs : « Le plomb, c’est notre magnésie ; il est liquide 
par nature. » En outre la scorie du plomb ressemble à la scorie produite par 
la fonte du minerai aurifère (τὴ. C’est surtout pour cette raison, qu’on fait 
résider l’art dans le plomb. 

48. Ainsi le corps (métallique) de la scorie, regardé par tous commeun 
produit sans application, vil et méprisé (2), mérite au contraire les éloges 
qui viennent de lui être décernés. On doit penser (à ce sujet) comme tous les 
anciens, lui rendre sa gloire et le traiter par l’art. «Ne sois pas intimidé 
par ton inexpérience, dit Zosime, etlorsque tu verras que tout est devenu 
cendre, comprends alors que tout va bien » (3). Pulvérise donc cette scorie et 
épuise-la de sa partie soluble, lave-la six ou sept fois dans des eaux édulco- 
rées (4), après chaque fonte. Ces fontes ont lieu en raison de Ja richesse 
du minerai. En suivant cette marche et ce lavage, dit Marie, la composition 
s’adoucit. 

Tout l’art repose sur les éléments; car après lan de l’iosis,une projection 
ayant lieu, le jaunissement stable des liquides se produit. En faisant cela, 
tu fais sortir au dehors la nature cachée à l’intérieur (5). En effet, transforme 
leur nature, et tu trouveras ce que tu cherches. 

C’est là, pour nous, un sujet inépuisable : tant il est difficile de louer 
dans une mesure suffisante la gloire de l’art; c'est donc par respect pour 
notre propre sujet que nous mettons un terme à notre discours. 

Il fait aussi allusion à la demeure des âmes des philosophes et dit: « Il y 
avait une demeure sphéroïde, ou ovoïde (6), regardant le couchant, côté où 
elle avait son entrée; elle était en forme de spirale. » Tu en trouveras la 


description dans le discours rappelé plus haut. 


l'astrion;V'astroiïtes et l’astrobolon; con- 
génères de la ceraunia et de l'iris. On 
attribuait à plusieurs de ces pierres à 
reflet des propriétés magiques. 

(1) La coupellation, qui sert à puri- 
fier l'or, s’accomplit au moyen de la 
litharge. 

(2) Voir la note 6 de la p. 57. 

(3) Le texte grec des dix lignes qui 


suivent sera donné dans les œuvres de 
Zosime, III, xLvi, 2. 

(4) Allusion au goût sucré des sels de 
plomb ? 

(5) C'est-à-dire : tu développes une 
matière colorante, qui ne préexistait 
pas sous forme sensible. 

(6) Œuf philosophique. 


108 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


49. On rapporte encore l’art au soleil et à la lune; or le soleil préside au 
levant, et la lune au couchant. On apporte comme démonstrations plau- 
sibles sur ces choses, ce qui a été dit du minerai, c’est-à-dire des substances 
que l’on en tire (1). 

Quelques-uns font macérer les substances sulfureuses (2) : quand arrive 
le mois de pharmouthi (3), ils placent chacune des espèces dans une étoffe (4) 
de lin solide et d’un tissu serré. Ils les font bouillir dans de l’eau de mer (5), 
rejetant le bouillon produit et laissant de nouveau baigner dans de l’eau de 
mer. Ils ne connaissent pas à simple vue le résultat, mais par les (signes) 
dont parle Hermès en plusieurs endroits (lorsqu'il dit) : « Fais bouillir dans 
une étoffe de lin solide.» 

Lui-même a dit de faire bouillir la plante (6), et (cela) avec raison : «en effet 
elle prend de l'accroissement ». Cet accroissement n’est pas une chose vaine, 
car les plantes croissent pour la nourriture et la production des semences. 

Un grand nombre d’anciens ont mentionné les ébullitions. Marie et 
Démocrite (ont dit) : « Lave et relave, jusqu’à ce que l’antimoiïne ait perdu 
sa couleur noire » (7). Par ce lavage, ils veulent faire entendre le blanchi- 
ment, ainsi qu'il a été dit plus haut. 

50. En s’occupant maintenant de la substance jaune, ils font le catalogue 
des espèces jaunes. C'est pourquoi l’on dit: « Il y a deux blanchiments, et 
deux jaunissements; il y adeux compositions, l’une sèche, l’autre liquide» (δ); 


c'est-à-dire que dans le catalogue du jaune, tu trouveras des plantes et des 


(1) Le soleil, c'est l'or; la lune, c'est |  mènes assimilés à l'accroissement d’une 
l'argent : métaux que l’on extrait des | plante? 
minerais. (7) Le sulfure d’antimoine peut être 


(2) Pyrites. Leur traitement jouait 
un grand rôle dans les pratiques des 
alchimistes. 

(3) Avril, M. d’après une addition du 
xve siècle. 

(4) L. ajoute « blanche ». 

(5) Traitement des sulfures métalli- 
ques par une solution de sel marin. 

(6) S'agit-il ici du gonflement et de 
l’exfoliation de la pyrite soumise à l’ac- 
tion de l’air et de l'humidité, phéno- 


changé par là en oxychlorure. 

(8) Rappelons ici que les recettes du 
Papyrus de Leiïde se rapportent à deux 
catégories, savoir : d’une part, par voie 
sèche, les argentures ou dorures, ainsi 
que les alliages couleur d’or ou d'ar- 
gent; et, d'autre part, par voie humide, 
les vernis jaunes ou blancs, ainsi que 
les couleurs d'amalgamation, appliqués 
à la surface des métaux (/Zntrod., p. 57 
et 60). ὦ 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 109 


minéraux. Tu trouveras aussi deux liqueurs : l’une dans le chapitre du 
jaune, et l’autre dans celui du blanc. 

Dans le chapitre des liqueurs jaunes {1}, figurent les produits obtenus 
avec les plantes jaunes, telles que le safran, la chélidoine et autres sem- 
blables. 

Dans la liste des compositions blanches, et parmi les matières sèches, sont 
toutes les (substances) blanches, telles que la terre de Crète (la craie) (2), la 
terre de Cimole et autres analogues. 

Dans le chapitre des liqueurs blanches,sont toutes les eaux blanches, telles 
que la bière, les sèves, les sucs propres des plantes. 

Rangeant toutes ces choses parmi les couleurs, ils y ont appliqué leurs 
soins. Jugez-en vous-mêmes, gens intelligents, après vous être préala- 
blement exercés en ces (matières). Quant à nous autres, dédaignant toutes 
ces choses, suivant Démocrite, « nous connaissons les diversités de la 
matière et nous allons au plus utile ». 

Vois dans le traité de l'Action, au second livre, ce que dit Zosime au sujet 
du blanchiment : « [1] y a deux blanchiments, comme aussi deux jaunisse- 
ments, l’un par délaiement (3), et l’autre par cuisson. Voici comment on opère 
par délaiement : l'opération n’a pas lieu simplement, mais elle s’accomplit 
dans une demeure consacrée. A l’extérieur de cette demeure sacrée, distribués 
pareillement dans tous les sens, sont disposés à l’entour des pièces d’eau et 
des jardins, afin que le zéphir en soufflant (ne dessèche pas) la poussière 
et ne l’enlève pas hors du mortier. » C'est ainsi qu'il a parlé, en termes 
mystiques, du lieu de la pulvérisation. « Et vous-mêmes, gens intelligents, 
distinguez « le centre de la demeure »; ainsi que le sens de ces mots : 
« les pièces d’eau et les jardins ». 

51. Hermès suppose que l’homme est un petit monde [microcosme), 
lorsqu'il dit : « Tout ce que possède le grand monde, l’homme aussi le pos- 
sède. Le grand monde a des animaux (4) terrestres et aquatiques; l’homme a 


aussi des puces et des poux, en fait d'animaux terrestres, et des helminthes, 


matières jaunes sèches. risation. 
(2) Toute terre ou argile blanche (4) AL : « petits et grands ». 
était appelée de ce nom. | 


(1) Il manque, pour la symétrie, les | (3) Délaiement précédé d’une pulvé- 
| 


4 


110 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


en fait d'animaux aquatiques. Le grand monde a des fleuves, des fontaines, 
des mers; et l'homme a des intestins (1). Le grand monde a les animaux 
aériens, et l'homme a les cousins (2). Le grand monde a les souffles partout 
répandus, tels que les vents (3); et l’homme ἃ les flatuosités (4). Le grand 
monde a le soleil et la lune (5); l’homme a ses deux yeux, et l'on consacre 
l'œil droit au soleil, erl’œil gauche à la lune. Le grand monde a des mon- 
tagnes et des collines, et l'homme a des os (6). Le grand monde a le ciel (7); 
l’homme a la tête (δ). Le grand monde a les douze signes du Zodiaque (0), 
savoir : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, 
la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Pois- 
sons. L'homme a ces choses depuis la tête, c’est-à-dire depuis le Bélier, 
jusqu'aux pieds, qui répondent aux Poissons. 

C'est là ce que les anciens expriment, en disant que l’homme est l’image 
du monde; ce que rapporte Zosime dans son livre de la Vertu. De même la 
terre est l’image du monde. 

52. Ne pouvons-nous pas aussi délayer l'homme et en faire des projec- 
tions ? dit le philosophe, s'adressant à Zosime. Or celui-ci dit : « Nous avons 
prouvé que cet œuf (philosophique) est la reproduction de l’univers. » Her- 
mès, aussi, faisant entendre par énigme l'œuf dans la pyramide (ro), disait 
que l'œuf était à proprement parler la substance de la chrysocolle et de 
l'argent (11). L’œuf est appelé le monde à la chevelure d’or; et Hermès 


désigne le coq (12) comme étant un homme maudit par le soleil. Voilà ce 


(1) À ajoute : « des veines et des tement à la figure astrologique dufolio 1 
varices (?) ». du ms. 2419 et aux développements 
(2) ALajoute : «les moucherons, etc. ». traduits dans l’Zntrod., p. 205. 


(3) AL ajoutent : «les tonnerres et 
les éclairs ». 

(4) AL ajoutent : « les ventosités, les 
maladies, les accidents, etc. ». 

(5) AL, après le mot monde, ajoute : 
«ἃ deux flambeaux ». 

(6) AL : « et de la chair ». 

(7) AL ajoutent : «et les astres ». 

(8) À : «et les oreilles ». 

(9) L’énumérationde ces douzesignes 
n'existe pas dans M.— Elle est tirée de 
AL, — Cette description répond exac- 


(10) Dansle livre des Kyranides, À K. 
Cp. Origines de l'Alchimie, p. 47. 

(11) C'est-à-dire la conjonction des 
métaux dans une même composition, 
susceptible d’engendrer Por. 

(12) Dans la Bibl. des Philosophes chi- 
miques, t. IV, p. 575, on lit : « le coq 
pris pour le symbole de la chaleur natu- 
relle, attachée à Mercure, qui la lui 
transmet du ciel astral, dès la pointe du 
crépusculaire de l’aurore matinale ». 
Est-ce le même symbole ? 


OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ ΒΤ 


qu'il dit dans le livre antique (1). C’est là qu'il fait mention de la taupe, 
disant que cet animal avait aussi été un homme ; il avait été maudit de Dieu, 
pour avoir révélé les mystères du soleil (2) et (Dieu) l'avait rendu aveugle. 
Et de fait, si la taupe monte à la face du soleil.fla terre ne l’accueille plus 
jusqu’au soir. Il dit que cela est arrivé parce que cet homme avait connu la 
forme (mystérieuse) du soleil (3). (Dieu) le relégua dans la terre noire, comme 
ayant transgressé la loi, et révélé le mystère aux hommes. 

53. Résumons tout ceci, pour abréger (4). On reconnaît que le genre (ani- 
mal) existe en raison de ses générations successives et se distingue en espèces, 
telles que lesêtres volatils {et ceux qui nele sont pas), lesquels sont à la portée 
de la main,sans auire défense qu'eux-mêmes. De même les reptiles et les qua- 
drupèdes, distincts entre eux quant à l'espèce, tandis qu’ils s'accordéht par la 
puissance {de reproduction) (5). Mais l’homme est supérieur à tous les ani- 
maux sans raison, comme Synésius l'écrit à Dioscorus {6). Il dit: « L'homme 
est le plus important de tous les animaux vivant à la surface de la terre. » 

« Le but propre de tout l’art, dit Horus, c’est d’avoir pris secrètement la 
semence du mâle (7); tandis que toutes choses sont mâles et femelles. » 
Comme le dit quelque part Marie : « Unissez le mâle et la femelle et vous 
trouverez ce qui est cherché. En effet sans le procédé de cette réunion, rien 
ne peut réussir, car la nature charme la nature, etc. » 

54. Démocrite, à l’occasion de ces choses, a composé quatre livres sous 
ce titre : Le Principe (8). 

Marie dit : € prenant une feuille d'argent... »; et la même, ailleurs : 


« prenant la feuille de la kérotakis (9) ». Or elle appelle kérotakis l’instru- 


(1) Il y a là quelques vieux mythes 3 suite de notes et d’extraits incohérents. 
égyptiens défigurés. — Doit-on enten- | (5) Tout ce passage est obscur; il 
dre que la taupe est citée ici parce paraît fondé'sur l'opposition des ter- 
qu’elle fouille la terre et révèle ainsi | mes :genreetespèce. 
l'or ? — A-t-elle été aveuglée par l'éclat (6) Cp. Synésius, S 11, p. 69. 
de l’or, assimilé au soleil ? (7) Allusion obscureaumythe d’Osiris. 

(2) C'est-à-dire de l'or; le signe est V. aussi la mention de la terre veuve, 
le même. privée de la rosée fécondante;c'est-à- 

(3) Var. dans A : « La forme de la | dire de son époux, comme Isis, p. οὔ. 
Chrysopée.»— L’auteurjouesurl'iden- | (8) Cp. Orig. del’Alch.,p.131,1.7,en 
tité du signe de l’or et du soleil. | montant : « Sur les dissertations. » 

(4) Ces paragraphes renferment une (9) V. Zntrod.,p. 144. 


D el 


112 j TRAITÉS DÉMOCRITAINS 


ment employé pour échauffer la feuille.[Le mot feuille désigne (aussi) un 
débris de plante [1]]. 

Et ailleurs, la même : « Dans le même motarion (mets) de la sandaraque 
jaune. » [Remarquez le nom féminin de la sandaraque. Quant aux motaria, 
comme vous le savez, ils sont faits avec du linge (2)]. 

τ΄ Etsur la stèle, au-dessous dela figure de l’espèce masculine (3), il y a ces 
mots de Marie : « et avec toutes Choses »; et ailleurs : « la préparation 
ignée ». Marie dit encore : « Ne va pas toucher avec tes mains; tu n'es pas 
de la race d'Abraham; tu n’es pas de notre race » (4). 

55. Remarque que l’art est spécial et non commun, comme quelques-uns 
le croient : ils ont parlé comme à des auditeurs ordinaires, capables de 
connaîffe et de comprendre. Mais toi, mon excellent fils, recueille les 
choses qui te paraissent utiles, conseillé par le philosophe en ces termes : 
« Je (vous) parle comme à des gens intelligents, exerçant vos esprits à 
connaître de quelles choses il faut se servir ». Si les modernes avaient été 
exercés dans ces matières, ils n'auraient pas échoué en s’engageant sans 
discernement dans les opérations. Et (encore) : « Devenez tels que les fils 
de médecins, afin de comprendre les natures; en effet les fils de médecins, 
lorsqu'ils veulent préparer un remède salutaire, n’opèrent pas avec une 
précipitation inconsidérée, etc. » 

Voici dans quel sens il a été dit que l’art est spécial et non livré à tous. 
Ecoutez, gens sans réflexion, ce que dit Horus (5) l’extracteur d’or à Cro- 
nammon, sur l’art des divisions et des espèces : « J’introduirai une petite 
explication, exposant l’interprétation de la véritable nature, seulement en 


ce qui touche les classes mentionnées parmi nous; la vérité concernant 


(1) Le mot feuille est pris ici pour 
lame métallique ; mais#le glossateur 
rappelle son autre sens, qui veut dire 
partie de plante. Dans L, au lieu de 
cette phrase, il y a: « la feuille est tra- 
vaillée dans le botarion »; ce qui con- 
corde avec les figures d'appareils plus 
modernes, telles que les fig. 37 et 38 de 
l’Introd., p. 162, 163. | 

(2) Linge dans lequel on enveloppait 
le minerai, tel que la sandaraque, que 


l'on faisait digérer dans l’eau de mer. 
Voir plus haut, p. 108 et 99, note 3. 
La partie entre crochets est une glose. 

(3) Ou arsénicale, opposée à la san- 
daraque féminine nommée plus haut. 

(4) Var. de L : « Si tu n'es pas de 
notre race, tu ne peux le toucher, parce 
que l’art est spécial et non commun. » 

(5) A. porte l'Amour, ἔρως, au lieu 
d'Horus : sur ce mot, Cp. Origines de 
l’Alchimie, p. 85. 


Φ ᾿ 


OLYMPIODORE. — APPENDICES 113 


» 


les minerais οἵ 165 pierres n'ayant été publiée nulle part. Je dis la vérité 
relative aux minerais; car les classes n’ont jamais Ἧς 2 jusqu'au 
bout. En effet qui ne saitque l'or, l'argent, le cuivre, le fer, le plomb, l’étain, 
comme aussi les terres, les pierres, les minerais métalliques sont (extraits) 
de la terre et sont mis en œuvre? » 

C’est d’après ces (données) qu'ils ont fait leur écrit; ils exposent aussi les 
liqueurs tirées des sèves et des sucs des plantes, des arbres, des fruits, des 
bois secs et humides. En composant des liqueurs avec ces substances, ils 
ont constitué l'art. [ls ont partagé cet art unique comme un arbre divisé en 
mille rameaux, et ils en ont formé mille classes. 

Tu as donc ici, en toute puissance, l’ensemble de l’œuvre. Il comprend 
le molybdochalque, la pierre étésienne et toutes les substances dorées, 
obtenues par cuisson et qui s'écoulent ensemble. Or ces mots : « les 
substances qui s'écoulent ensemble » ne signifientpas autre chose que les 
substances qui se liquéfient simultanément et par cet agent (1), c’est-à-dire 


/ 


au moyen du feu. 


IL. τν ὅς — OLYMPIODORE, — APPENDICES 


APPENDICE I 
Texte anépigraphe. — Commentaire de la Formule de l'Ecrevisse (2). 


Prenant le sédiment sec et noirci qui reste, blanchis-(le) de cette façon. Prends 
de l’eau de chaux préparée à l’avance, ou de l’eau de chaux fabriquée au moyen de 
ja cendre d’albâtre, en guise de lessive pour savonner. Projette les matières dans le 
liquide et lave bien, jusqu’à ce que l'eau soit noircie; filtre, puis transvase l'eau qui 
en provient. 

Ajoute d'autre eau, si tu veux; après avoir laissé l’eau digérer pendant quelques 
jours, filtre; lave encore le (contenu du) vase, en suivant l’ordre indiqué précédem- 


ment. Ensuite transvase de nouveau l’eau noircie, avec la précédente. Puis ayant 


(1) C'est-à-dire la fabrication des ! (2) Zntrod., p. 152.— On reproduit ici 
alliages métalliques couleur d’or, dont ce texte en petits caractères, p u’il 
les composants demeurent unispendant est donné comme développement des 
la fusion et la coulée du métal, sans qu’il SS 31, 58,40, ’Olympiodore, relatifs 
y ait séparation ou liquation. aux scories à 99; 101, 107). 

15-1 


4 “æ 


# . 
4 + 


114 us TRAITÉS DÉMOCRITAINS Μ 


fait digérer pendant le même nombre de jours, filtre le contenu du vase et lave. 

En faisant M. με fois, la couleur noire disparaît à la surface, etla matière 
devient d’une couleur blanche. Quant aux eaux noircies auparavant, mets-(les) 
dans un vase de verre et, après avoir luté le vase tout autour, laisse sécher et fais 
digérer pendant quelques jours. Le produit passé à l’état d’ios doit être mis dans 
l'appareil à gorge. Il redevient ainsi blanc. 

Après Me τ d'abord, comme il a été dit précédemment, sèche-le et mets- 
le dans un mortier; jettes-y de l’eau blanche, (provenant) des produits précédents. 
Ajoutes-en peu à peu et broie, jusqu’à ce que la matière soit bien lavée d'avance et 
arrive à l’état et à la forme voulue. Après l’avoir desséché, mets-le dans un alambic 
de verre luté soigneusement (1); fais digérer pendant quelques jours, c’est-à-dire 
jusqu’à ce que la cendre se délaie, puis parvienne à un blanchiment convenable. 
Qu'elle se délaie et se désagrège. Expose-la au-dessus du vinaigre : sous l’influence 
de vap@urs piquantes, la matière se divise et devient blanche comme la céruse 
provenant du plomb. 

Il est possible de produire aussi cet effet avec de la chaux, en plaçant notre pierre 
au-dessus de la vapeur acide du vinaigre, à la façon d’une feuille de plomb (2). 

Mais pour donner à ces matières la coloration jaune, après que la prépara- 
tion a été convenablement lavée et desséchée, il faut d’abord l’arroser avec des eaux 
jaunes et faire macérer : la matière prend ainsi la couleur blanche : il faut ensuite 
dessécher et traiter convenablement (3). 

Ainsi aura été accomplie, Dieu aidant, la pratique de Justinien. 


Cette recette s'applique à la transformation d’un composé métallique noir, tel 
qu’un sulfure où un résidu de fusion, en oxyde blanc (ou carbonate), par l’action 
lente de l’eau et de l’air. Quant au rapport entre cette recette, qui s'applique au 
lavage des scories, et la formule de l'Ecrevisse, il résulte de ce que l'oxyde ainsi 
obtenu servait à la préparation de l’alliage appelé molybdochalque (/ntrod., p. 153; 
voir aussi le présent volume, p. 101, texte et note 4). 


APPENDICE II 


S 51. — Rédaction de L pour le passage relatif au microcosme et au macrocosme. — 
Ces variantes ont été données en détail dans les notes de la Traduction du texte. 


(1) Ceci semble répéter l'alinéa pré- (3) Cette phrase est tronquée; on 
cédent. n'aperçoit pas l'agent qui détermine 
(2) C'est-à-dire comme dans la pré- la coloration jaune. 


paration de la céruse. 


LA * 
ϑ x 


- OLYMPIODORE. --- APPENDICES 115 


APPENDICE ΠῚ ww 


᾽ 
5. 55. — Rédaction de L. Après le passage : « Horus à Cronammon exposant 
l'interprétation de la véritable nature », le manuscrit poursuit en ces termes : 


Sachez donc, ὃ mes amis, vous les artisans de l'or, qu'il εἴ préparer les 
minerais convenablement et avec une grande habileté, si que je l’ai 
expliqué précédemment; car autrement l’opération ne pourra être amenée à 
son terme. Or le nom de minerais est donné, d’après les anciens, à l’ensem- 
ble des sept métaux; car leurs minerais sont extraits de la terre, et de nature 
pierreuse : on les met en œuvre. Tous ont écrit sur ce sujet. 

(Il y a), en outre, les liqueurs (extraites) des plantes et des sèves, des sucs 
des arbres, des fruits et des bois secs et humides. Avec ces données, ils 
ont constitué l’art et, le traitant comme un arbre divisé de tous côtés en 
mille rameaux, ils l’ont distribué en mille classes et opérations. 

Tu possèdes donc ici, en toute puissance, l’ensemble de l’œuvre du cui- 
vre, c’est-à-dire la pierre étésienne, les substances dorées, obtenues par 
cuisson et qui s’écoulent ensemble, et tout ce qui concerne l’art. Or ces mots: 
« les substances qui s’écoulent ensemble », ne signifient pas autre chose que 
les substances qui se liquéfient simultanément et par cet agent, c'est-à-dire 


au moyen du feu. — Fin d’Olympiodore. 


… 


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